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27/10/2016

Swim Mogador Island 2016

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Une île chargée d’histoire

Au large d’Essaouira (ancienne Mogador) se trouve un archipel constitué de deux grandes îles et de petits îlots proches de la côte. Cet Archipel, connu des Romains sous le nom d’iles Purpuraires, du latin purpura, nom de la couleur pourpre qui provient d’une matière première locale étonnante, le Murex. Il s’agit tout simplement d’un coquillage qui, une fois traité, devient une teinture et donne le pourpre. Cet Archipel fut visité durant toute l’Antiquité par les marchands méditerranéens. Des traces révélées par les fouilles archéologiques marquent le passage successif et la présence sur place des Grecs, Chypriotes, Phéniciens, Carthaginois et surtout Romains. L’île principale s’appelle « île de Mogador », « îlot de Mogador » ou « Grande île », elle s’étend sur 30 hectares et fut fortifiée au temps de Mohamed Ben Abdellah (18ème siècle). A l’exception de la présence de mouettes, goélands et de rares faucons Eléonore, l’ile est aujourd’hui déserte et ne laisse entrevoir que quelques ruines. Parmi ses ruines, une mosquée avec son minaret, quelques fortifications abandonnées et la prison de Mogador construite par le Sultan Moulay Abdelaziz au 19ème siècle.

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Cette prison encore bien visible de nos jours est un vaste carré à ciel ouvert de 150m de côtés, fermé par des murailles hautes de 3m, et sans aucune construction au milieu. Des tessons de verre au sommet de la muraille de la prison dissuadent tout visiteur. Pour y pénétrer et en sortir, il existe un passage unique à cinq portes de différentes tailles qui s’enchaînent les unes après les autres de la plus grande à la plus petite. L’histoire raconte que dans les premiers temps, il était permis aux prisonniers de s’installer sous des tentes. Mais l’autorisation fut rapidement retirée, lorsque quelques prisonniers, à la faveur de cet abri, ont tenté de creuser un tunnel pour s’enfuir : les habitants de cette prison ont donc été par la suite exposés été comme hiver à toutes les intempéries. Au début du 20e siècle, la prison fut utilisée pour accueillir les pèlerins à leur retour de la Terre Sainte, pour le contrôle médical réglementaire.
Aujourd’hui, l’île de Mogador est devenue une réserve biologique et ornithologique prisée. Afin de préserver la vie sauvage les îles sont fermées au public et seuls quelques pêcheurs sont autorisés à s’en approcher.

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De l’île de Mogador à Essaouira - 2,2km

Le samedi 22 octobre 2016 au matin, je marche avec mes accompagnateurs à travers les dunes de sable sur la plage d’Essaouira en suivant un dromadaire qui tracte ... notre bateau . A l’horizon, les îles, magnifiquement éclairées par le soleil qui se lève, protègent la baie contre les rouleaux de l’Atlantique. Lorsque nous arrivons au bord de l’eau qui commence à se retirer sous les effets de la marée, nous mettons immédiatement à flot l’embarcation. C’est avec un vent force 3 à 4 et des vagues de bord de presque 2 mètres que j’embarque sur le bateau moteur qui va me conduire 2km plus loin jusqu’à une petite plage située au sud de l’île, au pied de l’ancienne prison. Cette baie d’Essaouira est mondialement connue des véliplanchistes et des surfeurs car ici la force et la régularité des vents en font un « spot » de rêve. A l’approche de l’île, nous sommes secoués par les vagues provenant de l’Atlantique et les courants inverses causés par les effets de la marée. Le bateau ne peut s’approcher et c’est à la nage que je rejoins le lieu de départ de ce qui doit être ma 21ème évasion à la nage d’une ancienne île-prison jusqu’au continent.

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Lorsque je pose le pied sur le sable, je suis accueilli par des centaines de goélands qui tournent autour de moi. Tout comme le vent et les vagues, les cris des goélands font partie de l’atmosphère de l’île. Comme elle est interdite au public, ma présence les intrigues et ils me le font savoir par leur cri strident. Je marche sur le sable où, à demi enfoui, se trouve un canon du temps de la fortification de l’île. Je m’assied à ses côtés en attendant le moment du départ qui devrait être donné par le bateau accompagnateur. Malheureusement l’embarcation a noyé son moteur à cause des fortes vagues et ne peut plus assurer ma sécurité. Les goélands, de leur côté, se sont habitués à ma présence et quelques-uns s’approchent de moi par curiosité. L’attente commence à se faire longue et je profite de l’occasion pour contempler les différentes ruines. C’est un moment privilégié, car les visites sont interdites sauf dérogation à caractère scientifique. J’admire ce cadre magnifique. Evasion, détente, culture, bien-être… Je réalise à quel point mes aventures aquatiques peuvent me faire découvrir des sites extraordinaires.

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Soudain, les goélands se remettent à voler et crier dans le ciel, des embarcations arrivent aux abords de l’île pour m’accompagner et me font signe de me mettre à l’eau. Je jette un dernier regard vers l’île et sa prison et rentre progressivement dans l’eau. Je plonge dans cet océan Atlantique à 17°C qui me secoue dans tous les sens. Je suis emporté par les courants et repoussé par les vagues, un peu comme dans une « lessiveuse ». Je m’éloigne du bord pour être protégé de l’île et la remonte en la longeant. Je ne distingue que des falaises où se trouvent les fortifications avec leurs canons d’origine puis un petit port où seuls quelques pêcheurs accostent ponctuellement.

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A sa hauteur, je change de direction et me dirige vers la grande plage d’Essaouira. Les vagues me viennent de la droite et légèrement de dos. Je respire donc sur la gauche pour éviter d’avaler de l’eau. A chaque respiration, je distingue la ville d’Essaouira avec son vieux port, ses remparts et sa médina. De temps en temps lorsque je respire sur la droite je distingue les dunes et ses collines d'arganiers. Je me dirige vers la plage, les vagues sont de plus en plus puissantes et m’emportent, certaines font plus de 2 mètres, je nage au milieu des surfeurs et j’en termine avec mon évasion en faisant du bodysurf. Après plus de 2km, je pose les pieds sur la plage où je suis accueilli par la foule venue m’encourager. Parmi eux, il y a les nageurs qui vont prendre part à la 1ère édition du « Swim Mogador Island » ( une épreuve de 4km dans la baie pour promouvoir la natation en eau libre au Maroc), les dirigeants de Fédération Royal Marocaine de Natation et celles que je remercie chaleureusement pour leur incroyable talent d’organisation, Edith Molina et Renata Thieck Alami pour m’avoir permis de m’évader de ma 21ème île-prison.

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A la suite de mon évasion à la nage de l'île de Mogador à Essaouira, j'ai pu participer en collaboration avec la Fédération Royale Marocaine de Natation, à une sensibilisation aux risques de noyades, aux marées, aux courants et apporter des notions de base autour de la natation en eau libre à une cinquantaine d'enfants de l'Association "Au Coeur de L'amitié Euro-Marocaine". Une très belle initiative mise en place par les organisateurs Edith et Renata qui œuvre pour la pratique et le développement de l'eau libre au Maroc !

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07/10/2016

Plan d'entraînement en vu du Morocco Swim Trek 2016

Voici une planification succincte avec pour objectif final le "Morocco Swim Trek" qui se déroulera du 29 novembre au 4 décembre 2016 :

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Explications du tableau :
La première et deuxième colonne correspondent aux mois et semaines
La troisième colonne correspond au kilométrage à effectuer lors des séances d'entrainements en piscine ou en mer
La quatrième colonne correspond au kilométrage à réaliser lors d'une sortie en mer si possible en fin de semaine

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Une séance d'entraînement en piscine sera décomposée de la façon suivante :
Echauffement : environ 25% de l'entraînement permet de préparer les muscles à l'effort. ne pas hésiter à intégrer des éducatifs
Le corps de séance : environ 60% avec des séries qu'il faut varier à chaque séance pour éviter la monotonie
Récupération, retour au calme : environ 15% qui correspond à une récupération active avec des mouvements amples et relachés.

Exemple d'une séance de 4000m :
Echauffement
- 500m en faisant 75 crawl, 25 dos
- 10 x 50m R=10'' en faisant 50 resp à droite, 50m resp 3tps, 50m resp à gauche, 50m resp devant (voir le plot), 50m en faisant la vrille alternance crawl/dos tous les 3 mouvements de bras, le tout 2 fois
Corps de séance :
- 8x50m R=10'' ; 400m R=1' ; 4x100 R=15'' ; 400m R=1' ; 2x200m R=20'' ; 400m En faisant les 400m de plus en plus rapides par 100m et le dernier 25m du dernier 400m en sprint à fond jusqu'au mur.
Récupération :
- 600 en pullboy en faisant (50m respiration 3 temps, 50m resp 5 tps, 50m resp 3tps, 50m resp 7tps) le tout 3 fois

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Pour les séances en milieu naturel, la règle de sécurité à respecter impérativement :
"Ne jamais nager seul, même le corps le mieux entraîner peut avoir une défaillance"

05/09/2016

Stage eau libre d'automne à Palavas

Le weekend du 30 septembre au 2 octobre 2016, j'organise à Palavas un stage en mer pour ceux qui désirent participer dans l'aventure du Morocco Swim Trek où tout simplement s'initier à l'eau libre !

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In the South of France on the Mediterranean Sea. An open water swim camp in october.

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Tarifs : 130€ (hébergement non compris)

INSCRIPTION AQUALOVE RAID EN MER 2016.pdf

 

Résultats de la 10ème traversée de Palavas

13419129_267179320305741_5811348626802685873_n.jpgVoici les résultats complets de la traversée de Palavas à la nage qui s'est déroulée le samedi 27 août 2016 : Résultats TRAVERSEE DE PALAVAS A LA NAGE 2016.xls

Plus de 140 nageurs ont participé aux 4 épreuves proposées. Cette année une nouveauté avec la "Traversée des Fadas", une épreuve de 500m sans classement tout public avec possibilité de se déguiser. Les bénéfices des inscriptions sont reversés à l'association France Choroïdérémie, maladie génétique orpheline qui entraîne la cécité.

Un grand merci à tous les bénévoles du club Aqualove sauvetage pour l'organisation de cette 10ème édition

17/02/2016

Le remake de "Papillon" en Guyane

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Les îles du Salut au large de Kourou, en Guyane Française, sont surtout connues pour le bagne qu’elles ont abrité. Elles furent d'abord nommées « Îles du Triangle » (en raison de leur disposition) par les premiers explorateurs puis prirent ensuite le nom sinistre d'« Îles du Diable » en raison des forts courants marins qui rendait leur accès très périlleux. C’est Jean-Baptiste de Chanvalon qui leur donna leur nom en 1763, quand il y installa des colons survivants d’une épidémie.

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Ensuite, détenus politiques et condamnés de droits communs vont se succéder de 1849 à 1946. Elles virent passer le Capitaine Dreyfus, Guillaume Seznec et le légendaire Henri Charrière, plus connu sous le surnom de Papillon qui inspira le film avec Steve Mc Queen et Dustin Hoffman en 1973. Les conditions de détention dans ce bagne étaient inhumaines. Il faut dire que le climat chaud et humide, la présence continuelle de moustiques et d’araignées venimeuses n’en faisait pas un lieu idéal de villégiature. Les bagnards ne survivaient en moyenne guère plus de cinq ans dans ces conditions. Si l’idée leur venait de vouloir s’évader, le seul moyen de s’en échapper était la nage et, malgré une eau chaude, ce sont les courants et les requins qui les attendaient, empêchant ainsi toute velléité d’évasion.

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De l’île Saint Joseph à Kourou - 14km

L’Ile St Joseph, l’une des 3 îles que composent les îles du Salut, fut choisie pendant la période du bagne, comme lieu de réclusion cellulaire, d'asile de fous et de cimetière des surveillants. Le traitement des forçats lui valut d'être surnommée « l'île du silence », « la mangeuse d'homme » ou qualifiée de « guillotine sèche ». Des ruines importantes y subsistent, envahies par la végétation, ce qui donne à l'endroit une ambiance très particulière.

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Pour Ned Denison (nageur irlandais de 58 ans), Jills Vanegas (nageur Guyanais de 46 ans) et moi-même, ce sera notre lieu de départ pour tenter de nous évader à la nage. Le mercredi 17 février 2016, revêtus d’un simple maillot, de lunettes et d’un bonnet de bain nous sommes prêts à nous élancer depuis le ponton de l’île pour une traversée dans l’océan Atlantique et relier les 14km qui nous séparent de la terre ferme à Kourou. La météo annonce une mer agitée et des vents soufflant à 30km/h. C’est à 12h33 que nous plongeons dans une mer à 26.6°C, c’est beaucoup plus que les 18°C que l’on connaît habituellement. Il va falloir gérer différemment pour éviter l’hyperthermie.

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Dès le départ, le vent occasionne des clapots et des courants de surface qui nous font dévier de la trajectoire. Nous faisons une totale confiance à notre pilote de bateau qui nous accompagne et nous indique le cap à suivre. Il s’agit de Bruce Foulquier, de l’école de voile de Guyane, un local qui connaît très bien les lieux. Dans cette première partie, on s’oriente vers Cayenne, une direction impensable lorsque l’on veut aller vers Kourou depuis les îles. Mais les courants et le vent nous obligent à nager « en crabe » pour dériver le moins possible.

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Dans l’eau, on ne distingue rien, elle est couleur marron. Quelque part, c'est préférable car cela nous évite de voir la vie marine parait-il abondante dans les parages. A l’époque du bagne, les requins étaient très nombreux. Les morts étaient d'ailleurs jetés en pâture aux requins qui rappliquaient au son de la cloche annonçant le festin…
Tout se passe bien pour le moment, nous écoutons attentivement les consignes de nos accompagnateurs, Andrea Egea et Michael Mac Krabe, sur le bateau chargé de nous ravitailler toutes les 30’. Nous buvons et nous alimentons comme nous pouvons tout en nous laissant dériver par un courant défavorable.

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Après mon premier ravitaillement, je sens une décharge électrique sur mon bras : le filament d’une méduse vient de s’accrocher et le mouvement l’entraîne sur mon épaule. J’ai l’impression que mon épaule est paralysée. Je ne distingue rien dans cette eau marron et j’espère qu’il n’y en a pas d’autres. Celles que j’appelle communément les « Gardiennes des îles-prisons » viennent encore de frapper. Mes compagnons de nage n’ont pas l’air d’y avoir eu droit. La brûlure occasionnée par la piqûre va être douloureuse pendant plus d’une heure trente de nage et me laisser une jolie marque les jours qui suivront.

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Arrivés au milieu de l’Atlantique et une fois moins abrités par les îles, les conditions extrêmes pour nous sont au rendez-vous. On a des creux de 2 mètres, un vent à plus de 30km/h et des courants peu favorables. Nous montons et descendons au gré des vagues, nous avons l’impression d’être dans un manège ou une lessiveuse.

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Arrivés au 2 tiers, nous venons de réaliser le plus dur. Grâce à notre super pilote, nous avons réalisé une très bonne trajectoire. A partir de maintenant, plus nous nous approchons de la côte et plus nous allons nous faire aspirer vers elle grâce aux courants de marée générés par les effets de la marée montante. A grande vitesse, toujours secoués dans une mer agitée et parfois noire comme si on était en pleine nuit, nous nous approchons enfin du rivage.

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Portés par le courant et les vagues, nous atteignons notre but en 3h45. Après s’être embourbés dans les alluvions, nous allons à la rencontre des nombreux supporters venus nous accueillir sur la plage. Nous sommes heureux d’avoir pu réaliser cette très belle traversée à 3 pour la cause que je soutiens qui est celle de France Choroïdérémie !

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Les détails de notre parcours : on s’aperçoit qu'au final, malgré les courants défavorables mais grâce au bons conseils de notre pilote de bateau Bruce Foulquier, notre trajectoire a été parfaite.

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09/02/2016

Le journal "Direct Matin - Montpellier Plus" du 09/02/2016

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11/01/2016

Stage raid eau libre à Palavas !

Le weekend du 15 au 17 avril 2016, j'organise un stage en mer spécial raid eau libre conseillé à ceux qui désirent traverser la Manche ou d'autres détroits à la nage !

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A l'issu du stage sera organisé le test des 6 heures (pour les solos) et 2 heures (pour les relais) nécessaire pour s'inscrire à la traversée de la Manche.

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In the South of France on the Mediterranean Sea. A Channel swim camp in April with the 6 hours and 2 hours pre-requisite swims.

Tarifs : 125€ (hébergement non compris)

INSCRIPTION AQUALOVE RAID EN MER 2016.pdf

26/10/2015

Le journal "La Croix" du lundi 26 octobre 2015

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12/10/2015

La gamme XTREMSWIMMER d'Aquadeus !

Une gamme en édition limitée pour tous les nageurs passionnés désireux de relever les plus grands défis aquatiques !!! 

Attention, il s'agit d'une édition limitée en pré-commande jusqu'au 20 octobre ! Après il sera trop tard et Noël approche !

 

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11/10/2015

Nage en Mer à Palavas

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LA SECTION NAGE EN MER

Passionnés de nouvelles expériences, nageurs confirmés, en combinaison, avec palmes ou tout simplement en maillot de bain...

Venez nager toute l'année en mer !

AU PROGRAMME

Des entraînements en mer avec des conseils sur la sécurité et les techniques de nage liées au milieu naturel... Des déplacements en groupe pour participer à des traversées en France, en Espagne, en Italie... Des sensations fortes avec des entraînements de nuits...

LIEU

Maison de la Mer à Palavas (Hérault) où nous disposons de vestiaires et de sanitaires/douches chaudes.

HORAIRES NAGE EN MER

Saison 2015/2016 : Les samedis de 14h30 à 15h30

COMMENT S'INSCRIRE ?

http://www.aqualove.fr/nage-en-mer.html

01/09/2015

Résultats de la 9ème traversée de Palavas à la nage 2015

palavasalanage15-web.jpgVoici les résultats complets de la traversée de Palavas à la nage qui s'est déroulée le samedi 29 août 2015 : TraverséePalavasRésultats2015.xls

Plus de 120 nageurs ont participé aux 4 épreuves proposées. Les bénéfices des inscriptions sont reversés à l'association France Choroïdérémie, maladie génétique orpheline qui entraîne la cécité.

Un grand merci à tous les bénévoles de Palavas Natation Sauvetage et du club Aqualove sauvetage pour l'organisation de cette 9ème édition

21/07/2015

Le journal "Le Parisien" du mercredi 21 juillet 2015

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01/03/2015

Rottnest Channel Swim 2015

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La Rottnest Island (''Rotto'' pour les australiens), qui signifie ''Nid de rats'' en hollandais, est une île située à une vingtaine de kilomètres de la côte occidentale de l’Australie, près de Fremantle et de Perth. Longue de 11km et large de 4,5km cette  ancienne terre aborigène a émergé des eaux il y a 7 000 ans lorsque la hausse du niveau de la mer a séparé l’île du continent. Elle était auparavant rattachée au reste de l'Australie. P1110449b.jpg

Avant de devenir l'île paradisiaque qu'elle est actuellement, Rottnest Island a servi de prison. D'août 1838 jusqu'en 1903, des prisonniers aborigènes furent envoyés sur l'île. Cette île servit d'établissement pénitentiaire pour les aborigènes du continent condamnés pour vol de bétail, incendie de forêt ou vol de légumes. On estime à 369 le nombre d'aborigènes enterrés sur l'île et à 3 700 le nombre total de prisonniers aborigènes ayant séjourné sur l'île. Pendant les deux guerres mondiales l'île servit de prison pour les ennemis : Allemands et Autrichiens pendant la Première Guerre mondiale, Italiens pendant la Seconde. 
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Aujourd'hui, l'île vit du tourisme, de la pêche et de la plongée. Avec de larges plages de sable blanc et fin, Rottnest Island attire chaque année de nombreux curieux mais aussi des fêtards qui profitent des bars branchés le long de la côte.. Classé réserve naturelle, l'espace insulaire est un bien que les australiens préservent avec ferveur.

Traversée de Cottesloe jusqu’à Rottnest (19,7km)

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Le 24 janvier 1956, Gerd Von Dincklage est la première personne à traverser le Détroit de Rottnest et c’est en 1991 qu’est organisée pour la première fois la course de la Rottnest Channel Swim avec 44 participants (16 en solo et 7 en relais de 4 nageurs). En février 2015, je me rends en Australie pour prendre part à la 25ème édition de cette traversée de 19,7km, qui est devenue au fil des années une épreuve très réputée dans le monde de l’eau libre.

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Le samedi 21 février à 4h00 du matin, le service météorologique prévoit un vent de 60km/h et une houle de 1m pour la journée, mais les gardes-côtes malgré tout donnent le feu vert pour l’organisation et le déroulement de la traversée. A 5h00 du matin, je me retrouve sur la petite plage de Cottesloe avec plus de 2400 autres nageurs.
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Il y a 324 inscrits en solo (40% de plus qu’en 2013) et 2100 nageurs en équipes de 2 ou 4. Dans le cadre de mon challenge des îles-Prisons à la nage je me suis inscrit dans la catégorie des nageurs solos avec le numéro 86. Les départs de la traversée sont prévus par vagues de 80 nageurs environ espacées de 10 à 15mn. Il y a au total 13 séries. Les 4 premières sont pour les nageurs solos et je fais partie de la 2ème vague qui part à 5h55.
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J’ai 45 minutes pour me préparer et comme la journée est annoncée très ensoleillée, mon épouse va me tartiner de crème solaire haute protection en grande quantité afin d’éviter d’être brûlé par le soleil. Je vais également peindre mes avants bras avec de la graisse colorée : vert pour l’avant-bras gauche et bleu pour l’avant-bras droit. Ceci afin d’être reconnu par mon bateau accompagnateur au milieu de tous les nageurs. A 5h45 pile, le départ est donné aux nageurs de la 1ère série, je dois maintenant me rendre dans l’aire de départ. 

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Il fait encore sombre et il y a un feu sur le sable au milieu de la zone de départ pour se tenir au chaud. Je n’ai pas encore plongé que je suis très fatigué. Je n’ai dormi que 2h la nuit dernière et je ressens la fatigue du décalage horaire (+7h) ; mais faire un peu moins de 20km n'est pas si inhabituel pour moi et je reste confiant. Un petit avion survole la plage, il tracte une banderole où il y a écrit : « Good Luck Rotto Swimmers ! » . Puis pour annoncer que le départ est imminent, un homme joue sur un rythme très lourd du Didgeridoo, un instrument de musique traditionnel des aborigènes.  04.jpg

C’est le compte à rebours et à 5h55, le départ est donné. Je marche et plonge dans l’océan indien, la température de l’eau est de 23°C. Nous suivons un long couloir matérialisé par 2 longues lignes d’eau, je longe celle située sur la droite comme convenu avec mon pilote de bateau. Après 500m matérialisé par 2 grosses bouées, des kayaks rejoignent les nageurs. Pour ma part je n’en ai pas car cela aurait occasionné un coût supplémentaire. Le kayak est recommandé par l'organisation mais pas obligatoire contrairement au bateau pour cette traversée.
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Le soleil commence à faire son apparition et après 1000m, une porte formée de 2 grosses bouées marque l’endroit où les bateaux peuvent rejoindre les nageurs. Vu depuis l’eau c’est assez impressionnant : il y a près de 800 bateaux qui scintillent par les rayons du soleil et qui attendent leur nageur. Parmi toute cette flottille se trouve celui de Digby, mon pilote, et son frère Tim à bord pour me ravitailler. Je nage la tête hors de l’eau, façon water-polo, pour essayer de distinguer mon bateau où mes accompagnateurs agitent un drapeau Français.
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J’ai 500m pour le trouver car au 1500m, il faut passer ensembles, nageur plus bateau. Une porte matérialise cette limite par un vieux 3 mats et un bateau de l’organisation sinon on est sorti de l’eau. Une centaine de mètres avant la porte fatidique, j’aperçois enfin le bateau de Digby qui me reconnait. Je peux me remettre à nager normalement et c’est parti pour une échappée à la nage de plus de 18km.
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Les conditions météos rendent la progression des plus difficiles, un vent de travers me déporte continuellement sur la droite et je suis ballotté par une houle d’environ 1 mètre. Comme le diront d’autres nageurs, nous sommes dans une « washing machine » (machine à laver). Un bateau accompagnateur d’une équipe relais va même en faire les frais, car après une mauvaise manœuvre par rapport aux vagues, il va se mettre à couler…et ce sera malheureusement terminé pour ce relais ! 483534-855f5496-b96d-11e4-a5f5-f6d8716b3afa.jpg

Comme convenu, toutes les demi-heures Tim va me ravitailler en boisson énergétique à l’aide d’une perche. Avec la houle, cela ne sera pas évident et certaines de mes boissons seront mélangées avec de l’eau salée. Dans l’eau, j’ai longtemps distingué le fond à environ 5 mètres de profondeur. J’ai croisé quelques méduses, une urticante et les autres non puis lorsque c’est devenu plus profond j’ai vu beaucoup de plancton mais heureusement rien de plus inquiétant. Après 3h15 de nage, j’arrive à peine à la bouée des 10kms, psychologiquement, j’en prends un coup, je pensais la passer au bout de 2h30 – 2h45.
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Mais l’état de la mer a certainement réduit ma vitesse et ma fatigue du départ y a contribué aussi. Je pense que maintenant cela va aller mieux, surtout que je vais avoir des bouées plus souvent pour matérialiser les points kilométriques, ce qui est bon moralement. Entre le 10ème et le 12ème kilomètre, à force de boire de l’eau salée mélangée avec ma boisson énergétique et d’être ballotté par les vagues, je vais être hyper nauséeux et commencer à régurgiter tout mon ravitaillement. A partir de ce moment, je ne pourrai plus rien absorber.
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Autour de moi, je sens comme des mouvements anormaux, j’ai l’impression qu’il se passe quelque chose mais Digby et son frère me font signe que tout va bien. J’apprendrai plus tard à la sortie de l’eau, qu’au 10ème kilomètre a été aperçu un requin de 3 mètres qui a été canalisé par les lifegards. Durant toute la compétition, un hélicoptère spécial survolait le site de la compétition pour prévenir d’éventuelle présence de requins. Il me reste encore 7 kilomètres, dans ma tête, je me dis qu’en 2 heures j’en aurai certainement fini.
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Mais là je recommence à voir les fonds marins et ô surprise … je n’avance plus ! Je fais quasiment du sur-place, on m’avait prévenu, mais je n’avais pas imaginé que ce serait à ce point. J’ai l’impression d’être dans un « Flume », vous savez ces piscines à contre-courant. C’est l’horreur !!! Lorsque je m’arrête, j’ai l’impression de reculer. Sous l’eau, j’aperçois des méduses qui passent à toute vitesse. Je ne verrai pas le fond j’aurai l’impression d’avancer vite. Mais là, je fais quasi du surplace.
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Je vais même mettre à un moment 30’ pour faire un kilomètre. A l’esprit, il me revient une information que l’on nous avait donné la veille au brieffing : « A partir du 12ème kilomètre, ceux qui font demi-tour sont déclarés abandon ». Je ne comprenais pas ce que cela voulait dire, mais maintenant oui ! En fin de compte ceux qui reculent et n’avancent plus sont retirés de l’eau. C’est hyper dur et maintenant pour y arriver tout se passe dans la tête. Je pense à tous ceux qui m’ont encouragé et soutenu avant mon départ, je pense à tous les copains de France Choroïdérémie, à mon épouse qui m’attend à l’arrivée et je me dis qu’il ne faut pas lâcher, malgré la fatigue, le peu de sommeil, je peux y arriver !!! Il faut juste que je tourne les bras et cela devrait passer, à un moment il n’y aura plus de courant contraire.
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Mais en fait il y en aura jusqu’à l’arrivée, même quand on a l’impression que cela diminue, ça continue encore. Je vais faire 9km en 3h30. 700 mètres avant l’arrivée, Digby et son frère vont devoir m’abandonner, car les bateaux n’ont plus le droit de nous accompagner, je vais nager seul avec d’autres nageurs. Tout au long du parcours j’aurai nagé avec du monde devant, derrière, sur les côtés, plus de 2400 nageurs dans l’eau c’est impressionnant.
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J’arrive enfin dans la zone d’arrivée, j’ai du mal à me lever, je suis vidé, épuisé, fatigué,…mais hyper ravi d’en avoir fini avec la 8ème évasion de mon challenge. J’ai mis 6h52’47 ‘’10 pour effectuer 19,7km ce qui correspond à 20’57 du kilomètre. Je n’aurai jamais imaginé cela avant mon départ. Je termine 126ème nageur solo (6ème de plus de 50 ans) sur les 260 qui ont réussi à terminer. A l’arrivée, je vais recevoir mon pack de finisher avec des lots super sympas (sac, veste molletonnée, polo...).
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Je vais mettre une bonne demi-heure avant de récupérer physiquement et me remettre à marcher. Comme certains le disent : « Cette traversée est une bonne préparation pour ceux qui désirent traverser la Manche ». Il y a en même qui disent avoir trouvé la Rottnest plus dur que la Manche !!!
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A 17h, la course est terminée et tous le nageurs solos sont conviés au pied du podium pour la remise des récompenses et la photo de groupe. Comme tous les autres nageurs, je vais recevoir une médaille souvenir gravée à mon nom. Avant de retourner vers Perth, avec mon épouse nous allons profiter d’un bon restaurant au bord de la mer après s’être promenés sur l’île et mis les pieds dans l’ancienne prison qui aujourd’hui est transformé en ... hôtel, le principal sponsor de l’épreuve : Karma Resorts Rottnest Lodge.
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Malgré les difficultés rencontrées ce jour-là, cette traversée fait partie des plus belles que j’ai réalisées à travers le monde avec une organisation hyper rodée. 2400 nageurs pour 19,7km, il n’y a qu’en Australie que l’on peut voir ça !!!

10/02/2015

"Natation Magazine" n°155 de Février 2015

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04/01/2015

Journal "L'Indépendant" de Narbonne du dimanche 4 janvier 2015

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31/12/2014

L'hebdomadaire de "La Vie du Rail" du 31 décembre 2014

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28/12/2014

L’Indépendant du dimanche 28 décembre 2014

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07/12/2014

Douche Froide (livre)

douche froide.jpgDouche Froide : Genève Natation 1885

 

C’est un condensé d’histoire, d’anecdotes et de photos qui retrace l’historique de l’événement médiatique de fin d’année vieux de 80 ans connu sous le nom de « Coupe de Noël de natation » organisé par le Genève Natation 1885 depuis 1934.

A travers ce livre on y découvre  l’ambiance festive, le défi sportif et humain qu’elles représentent !

« Douche Froide – La Coupe de noël de Natation à Genève » , est un ouvrage unique de Genève Natation 1885. C’est une édition limitée en vente sur le site de Genéve Natation :
http://www.coupedenoel.ch/category/presentation/livre-douche-froide/

01/12/2014

Open Water Swimming Magazine de décembre 2014

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06/11/2014

Direct Matin Montpellier Plus du jeudi 6 octobre 2014

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02/11/2014

Deux Français nominés aux ''WOWSA awards 2014''

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Chaque année depuis 2009, l'association mondiale de nage en eau libre (WOWSA – World Open Water Swimming Association) attribue différents Prix aux meilleurs représentants planétaires de la discipline. À cet égard, nous sommes deux Français nominés, Joanes HEDEL, dans la catégorie la plus prestigieuse ''Nageur de l'année'' pour son palmarès et moi-même, dans la catégorie ''Performance de l'année'' pour mes Traversées ''Evasions à la nage''. En s'inscrivant sur le site du WOWSA, vous pouvez nous soutenir en votant pour nous. C'est gratuit et il est possible de s'exprimer dans les deux catégories... 

Merci à vous !!!

12/10/2014

Sainte Marguerite - Cannes à la nage : l'île-prison du légendaire Masque de Fer

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L'île Sainte-Marguerite est la plus grande des quatre îles de Lérins, en face de Cannes. Elle est séparée du continent par un détroit de 1 300 m peu profond. Le Fort royal de l'île Sainte-Marguerite, bâti par Richelieu puis par Vauban, servit de prison d'état. Son prisonnier le plus célèbre, de 1687 à 1698, fut  le fameux « Homme au masque de fer », dont l'identité n'a jamais été établie. Après la révocation de l'édit de Nantes, le fort de l'île de Sainte-Marguerite fut l'un des quatre lieux d'emprisonnement des huguenots… La prison d'État est supprimée après la Révolution et devient prison militaire. masque de fer.JPG

Le maréchal Achille Bazaine y sera détenu après sa défaite contre les Prusses en 1870. Âgé de 63 ans, il réussira en 1874, à s’en évader dans des conditions rocambolesques en descendant une muraille de 23 mètres à l’aide d’une corde puis se rendra en Italie à l’aide d’un bateau de pêche qui l’attendait. Il est le seul prisonnier à s’en être évadé ! Au début du XXe siècle, le fort perd toute activité carcérale. L'armée quitte le fort avant son classement au titre des monuments historiques. Il accueille désormais le Musée de la Mer présentant des collections d'archéologie sous-marine.

De l’île Ste-Marguerite jusqu’à Cannes (1,3km)

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Le dimanche 12 octobre au matin, je me rends avec Ned Denison et Jean-Yves Faure à Cannes. Nous avons rendez-vous à la plage située à la pointe Croisette près du célèbre « Palm Beach » avec Jean-Christophe, un kayakiste de Seafirst qui va assurer notre sécurité lors de cette évasion à la nage entre l’île Sainte-Marguerite et Cannes. Nous avons pris l'initiative de faire cette traversée nous-mêmes, ce qui nous permet, une fois sur l’île Sainte-Marguerite, d'effectuer une visite touristique du fort Royal. DSCF3528.jpg

Il y a beaucoup d activités culturelles sur l'île : le Musée de la mer mais aussi des centres d’animation et des séjours pour les jeunes. Nous nous dirigeons sur la « plate-forme aux citernes » où nous avons une vue splendide sur Cannes et sa croisette. Ce magnifique décor donne vraiment envie de s’évader à la nage, c’est alors que nous fuyons par la porte Marine à l’ouest de la forteresse pour nous diriger vers une petite plage en contrebas des remparts. DSCF3554.jpg

Le vent d’Est et le clapot annoncent une évasion qui ne va pas être de tout repos. Vers 11h, comme 3 fugitifs, nous débutons notre escapade en direction de Cannes. Pour la saison, la température de l’eau est agréable, plus de 22°C ! Dans ce détroit qui sépare l’île du continent, il y a peu de profondeur et l’eau claire me permet d’admirer la flore marine. J’observe des herbiers de posidonie, une espèce protégée en France depuis 1988. Ce ne sont pas des algues mais des plantes à fleurs, elles tirent leur nom du Dieu grec de la mer Poséidon et constituent un élément clé dans l’équilibre de l’écosystème marin de la mer Méditerranée. grande-nacre-posidonies-geom.jpg

En regardant bien, je découvre enfiché verticalement dans le sable au milieu de ces herbiers de Posidonie de nombreuses « grandes nacres », le plus grand mollusque bivalve de Méditerranée. Malgré la beauté du site, notre traversée n’est pas de tout repos, je suis gêné par le vent d’Est qui crée des vagues et m’empêche de respirer convenablement à droite. DSCF3560.jpg

Je suis donc obligé de modifier ma respiration et j’en profite pour regarder plus souvent devant moi. Cela permet de voir où nous devons nous rendre et la trajectoire à prendre. Le point de repère pour en terminer avec notre fuite sont les bâtiments du « Palm- Beach », ce lieu de prestige depuis plus de 80 ans où se déroulaient de somptueux gala. Pour la petite anecdote, la piscine de l’établissement fut, en 1946, le lieu du record du monde du relais 4 fois 200m effectué par les champions de l’époque. Après une vingtaine de minutes de nage nous arrivons sur la plage de sable du Palm Beach, quelques petits rochers méritent une certaine prudence pour éviter de se faire mal. DSCF3577.jpg

A la sortie de l’eau, nous sommes ravis de la traversée que nous venons d’effectuer et remercions chaleureusement Jean-Christophe qui nous a suivi et photographié lors de cette évasion. Les 3 évadés que nous sommes faisons le bilan respectif de nos évasions à la nage. Au compteur j’en suis à ma 7ème, Ned à sa 6ème et Jean-Yves sa 2ème … 

11/10/2014

Le Défi du Levant 2014

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L’île du Levant est une des îles de l’archipel d’Hyères (aussi appelées îles d’Or) située en mer Méditerranée face à la corniche des Maures dans le Var. L'île est une longue arête rocheuse qui culmine à 140m et s’étend sur 8 km de long pour seulement 1 km de large. Un dixième de sa surface est accessible au public, l’autre partie de son territoire est un terrain militaire. C’est sur ce domaine militaire que se trouve l’ancienne «colonie agricole» de Sainte-Anne. C’est ainsi qu’étaient baptisés les centres pénitentiaires et bagnes pour mineurs, autorisés par Napoléon III dans le but de vider les villes des orphelins, enfants abandonnés et jeunes mendiants.  

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 En 1855, le comte Henri de Pourtalès (1815-1876) achète l'île du Levant et crée légalement en 1860 une « colonie agricole » privée pour enfants afin d'exploiter l'île. Les premiers arriveront en février 1861 sur la plus sauvage et la plus belle des îles d’Or en Méditerranée. Et l’île, cernée par les flots, constitue une prison parfaite, un endroit difficile d’accès, un lieu où la sortie n’est d’aucun secours si on ne sait pas nager. La colonie pénitentiaire du Levant fonctionnera pendant 17 ans. De 1861 à 1878, une centaine d’enfants (dix pour cent des internés), dont quatre avaient moins de dix ans, sont morts au bagne de l'île du Levant car les conditions de vie austères, la malnutrition, les sévices sexuels et la maladie y avaient fait des ravages. Une « toute petite stèle », récemment posée, rappelle leur histoire...

De l'île du Levant jusqu'à Hyères (25km)

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L’idée de mettre en place une telle évasion a été lancée par Denis Colombe un nageur d’eau libre d’Isle sur Sorgues qui a fait son service militaire sur l’île du Levant et avait imaginé une traversée à la nage de l’île jusqu’au Lavandou soit une distance de 14km. En juin de cette année, il s’est mis en contact avec la municipalité d’Hyères et notamment Jean-Louis Viale l’adjoint spécial au Levant, afin d’obtenir le soutien logistique pour une dizaine de nageurs. Le projet a immédiatement séduit les élus de la ville de Hyères qui ont mis tous les moyens en place pour l’organisation de cette traversée baptisée « Défi du Levant 2014 ». Une seule obligation, l’arrivée doit se faire à Hyères et cela entraîne donc un nouveau parcours d’une distance de 25km. Denis, connaissant mes projets d’évasions à la nage pour France Choroïdérémie, propose aux élus que cette traversée soit également au profit de la recherche contre la maladie. DSCF3360.jpg

Son idée généreuse remporte un vif succès et tout va être mis en place pour ce défi. Le club de Natation l'Aquatic-club Hyérois et sont président Sylvain Barale, va être désigné le club support de événement et toute la logistique va être merveilleusement mise en place pour tous les nageurs et accompagnateurs. Mr Jean-Louis Viale et son épouse Lucienne vont œuvrer pour réserver aux participants un accueil formidable sur l’île du Levant. Pour cette belle aventure, sept amis nageurs ont répondu présents : Ned Denison (nageur irlandais qui m’avait invité en Irlande pour la traversée de Spike Island), Denis Colombe (à l’initiative du projet), Didier Padovani, Alain Barrucand, Philippe Fort, Lionel Guillen et moi-même. DSCF3373b.jpg

Une soirée au profit de France Choroïdérémie suivie d’un repas « spécial nageurs »  est organisée le vendredi soir dans le magnifique restaurant de Jean-Louis et Lucienne : « Le Gambaro ». Il s’agit d’une petite conférence où Jean-Yves et moi-même allons prendre la parole pour expliquer la maladie et les différentes actions menées par l’association. Lors de cette soirée, le discours de Jean-Yves (papa concerné par la maladie) sera très émouvant et grâce aux généreux donateurs présents, France Choroïdérémie récoltera plus de 1000€ de dons pour la recherche ! 10321070_10204272577672212_4685049754411592608_o.jpg

Le samedi 11 octobre au matin j’ai rendez-vous avec les 6 autres nageurs sur la petite plage située à côté du port de plaisance d’Héliopolis sur l’île du Levant. Les conditions météorologiques sont des plus désavantageuses. Le ciel est très orageux et le vent assez fort. Pendant que Jean-Yves, mon accompagnateur, installe les affaires pour mon ravitaillement à bord du bateau de Jean-Louis, je commence à me tartiner de crème solaire. DSCF3368.jpg

Les autres nageurs me regardent en souriant car le temps ne s’y prête pas du tout, mais mon expérience m’a appris que pendant plus de 6 heures de nage il pouvait y avoir des conditions météo complétement différentes. De plus ce produit immuniserait des piqûres de méduses, on va dire que c’est plus psychologique qu’autre chose car lors de ma traversée en Espagne cela n’avait rien fait, j’avais été bel et bien piqué. Je termine ma préparation en mettant de la graisse aux différents endroits où se produisent les frottements, puis avec les autres nageurs nous nous rendons vers le lieu de départ. DSCF3389.jpg

Lorsque nous arrivons au bord de l’eau, la pluie commence a tomber très vite cela devient un véritable déluge : « douche obligatoire !!! » comme avant d’aller à la piscine. On ne distingue même plus l’île de Port Cros située en face de nous, on a une visibilité d’à peine une centaine de mètres. Malgré ces conditions, nous nous mettons à l’eau aux environs de 8h40 et commençons notre évasion à la nage dans une eau à 22°C et des conditions extrêmes. Jean-Yves qui doit me ravitailler et Jean-Louis qui va piloter le bateau ont du mal à me repérer en raison de ces mauvaises conditions. 10700265_10204272612273077_6056008280118503568_o.jpg

Le bateau me rejoindra après que j’ai parcouru plus d’une centaine de mètres. Mais la pluie redouble de violence, les éclairs et le tonnerre grondent à quelques centaines de mètre de nous et pour couronner le tout le vent et les vagues nous arrivent de face. Je nage au milieu de la passe qui sépare l’île du Levant et l’île de Port Cros. Je distingue à peine le fort de Port-Man situé sur cette île. Il s’agit d’un ancien ouvrage militaire construit au 17ème siècle pour protéger la passe ainsi que l’accès à la rade. DSCF3404.jpg

Les conditions sont tellement désastreuses que j’ai l’impression que le Fort reste toujours à la même hauteur. La traversée s’annonce des plus difficiles !!! Et comme en milieu naturel, il faut faire avec la nature, en plus des conditions météo défavorables se rajoutent les désagréments liés à la vie marine : au fond de l’eau, je distingue des pélagia, ces fameuses méduses urticantes, qui, comme des gardiennes de l’île, semblent être présentes pour nous empêcher de nous évader. Heureusement pour nous, elles sont situées légèrement en profondeur hors de portée de nos bras. D’autres nageurs vont aussi avoir le privilège ou le désagrément de croiser des serpents de mer sur leur chemin. DSCF3411.jpg

Cela ne sera pas mon cas et j’en suis ravi ! La pluie est tellement violente que dans l’eau j’ai l’impression d’avoir un nageur devant moi qui tape des pieds. A ce moment, j’ai une pensée pour mes accompagnateurs qui doivent vivre un moment des plus désagréables et certainement doivent me maudire. Mais ils ne laissent rien paraître et, entre deux coup de tonnerre, ils m’encouragent à l'unisson comme si de rien n’était. C’est très motivant et j’en oublierai même les conditions difficiles… DSCF3415.jpg

Heureusement pour nous après une bonne demi-heure qui en paraissait le double, la pluie cesse et fait place enfin à des éclaircies. Le vent commence également à faiblir et à tourner en notre faveur. La traversée devient plus agréable et je distingue mieux tout ce qui m’entoure. Je suis maintenant dans la rade de Hyères avec, dans mon dos, les îles d’or, et face à moi le massif des Maures. DSCF3430.jpg

Les nuages disparaissent et je commence à me dire que j’ai bien fait de me mettre de la crème protectrice solaire. Jean-Yves me transmet mon ravitaillement toutes les demi-heures et lors de ces haltes requinquantes, je distingue que nous nous rapprochons de plus en plus du cap Bénat, une petite pointe rocheuse qui abrite un sémaphore de la Marine Nationale. Lorsque nous arrivons à au vue du cap, nous changeons de direction pour nous diriger vers Hyères qui se trouvait jusque-là sur ma gauche. DSCF3444.jpg

On effectue un petit détour connu avant notre départ car c’était la trajectoire obligatoire que nous devions emprunter pour des raisons de sécurité et d’autorisations. Maintenant je distingue sur ma droite le fort de Brégançon, cette ancienne résidence d’Etat utilisée comme lieu officiel de villégiature du Président de la République et sur ma gauche les îles d’Or que j’ai quittées il y a un peu plus de 3 heures. DSCF3441.jpg

Les épaules se font lourdes mais les encouragements de mes accompagnateurs et le vent d’est qui me pousse vers la destination finale me donnent de l’énergie. En fait, je ne pense plus à rien et je laisse tourner mes bras tout en regardant les fonds marins !!! Je nage un peu comme une machine qui s’arrête toutes les 30’ pour recharger les batteries. Mes accompagnateurs ne cessent de m’encourager et m’informer de ma situation par l’intermédiaire du tableau blanc, cela coupe à la monotonie de ma nage. 10733572_10204272643553859_6929787584291191334_o.jpg

Lors de mon ravitaillement des 5h30, je commence à bien distinguer les habitations de la ville de Hyères et Denis et Lionel, qui avait malheureusement dû arrêter leur traversée, me rejoignent dans l’eau pour terminer avec moi. Je commence à rencontrer quelques branches et troncs d’arbre. Suite aux fortes pluies, la rivière qui se jette non loin de la ville a drainé dans la mer pas mal de détritus. Certains peuvent même être dangereux. Des branches, telles des épées, peuvent m’embrocher. Denis va éviter de peu une... citrouille avant de jouer avec, tel un ballon. 10481388_10204995012625684_1810750117466238201_n.jpg

L’eau devient marron, on ne distingue plus rien, c’est de moins en moins agréable. Après 6h50 de nage, je pose enfin les pieds sur le sable, je suis accueilli par une haie d’honneur réalisée par les nageurs de l’Aquatic-Club Hyérois venus applaudir les nageurs-évadés à l’arrivée. Je suis félicité par Mr Francis Roux premier adjoint venu représenter le Maire et tout ceux qui ont œuvré pour la réussite de ce magnifique défi. 1462728_10204272636953694_2637824623594672603_o.jpg

Je tiens particulièrement à remercier Denis qui est à l’origine du projet, Jean-Louis et Lucienne Viale pour l’organisation, leur accueil chaleureux, et pour m’avoir accompagné en bateau, Sylvain Barale pour la mise en œuvre de la manifestation, Jean-Yves qui a été un super coach pendant toute la traversée et tous les autres acteurs (nageurs, accompagnateurs, partenaires, …) de cette belle traversée !!!!

 Article de presse : Var Matin 15102014.pdf

07/09/2014

Résultats de la 8ème traversée de Palavas à la nage 2014

Palavasalanage2014[1].jpgVoici les résultats complets de la traversée de Palavas à la nage qui s'est déroulée le dimanche 7 septembre 2014 : traversée Palavas 2014.xls

Environ 150 nageurs ont participé aux trois épreuves proposées. Les bénéfices des inscriptions sont reversés à l'association France Choroïdérémie, maladie génétique orpheline qui entraîne la cessité.

Un grand merci à tous les bénévoles de Palavas Natation Sauvetage et du club Aqualove sauvetage pour l'organisation de cette 8ème édition

01/09/2014

Une manche pour faire « Connaître les Syndromes Cérébelleux »

Le 1er septembre 2014, j’ai traversé pour la seconde fois la Manche mais cette fois en relais sous les couleurs de l’association « Connaître les Syndromes Cérébelleux [CSC] » 212163712.jpgIl s'agit d'une maladie rare ayant comme origine une atteinte du cervelet. Notre relais avait pour objectif de faire connaître l’association et de récolter des dons pour financer la Recherche sur la thérapie génique de ces maladies héréditaires orphelines. Notre équipe pour ce challenge à la fois sportif et solidaire était composée de nageurs Franco-Suisse de tous horizons : Michèle Chan (Suisse), François-Xavier Chagnaud (France), Sergio Bianchini (Suisse), Hugues Le Bel (France) et moi-même. Ce fut une bien belle aventure sportive et humaine pour l’équipe appelée « Team Petit Frère »  ! 

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Tout a vraiment commencé pour moi en mars 2014, après avoir été contacté auparavant par François-Xavier (FX) et Michèle pour faire équipe avec eux pour une traversée de la Manche en relais, je leur avais proposé de venir jusqu’à Palavas pour effectuer le test des 2 heures nécessaire pour s’inscrire auprès de la Channel swimming association et voir leur motivation avant de me prononcer sur la suite. Ils ont été rejoints par Sergio et Philippe, 2 autres nageurs pour compléter l’équipe, j’ai pu observer leur réaction face à une température de l’eau avoisinant les 12°C. Ils sont tous allés courageusement jusqu’au bout : quatre nageurs avec quatre styles de nage différents, mais tous avec une motivation et une détermination exceptionnelle qui ne pouvait laisser entrevoir qu’une grande chance de réussite. Je n’ai donc pas hésité longtemps à faire partie de l’équipe et leur faire part de mon expérience de la Manche. C’est au cours de ce week-end dans l’Hérault que l’ordre de passage pour la traversée a été établi. Je partirai en premier, suivi de Michèle puis Hugues le brasseur, Sergio et enfin FX… Le rendez-vous est donc pris pour la première semaine de septembre !!! 02.JPGLe dimanche 31 août juste après avoir effectué une évasion à la nage de Spike Island en Irlande, je prends à 16h00 l’avion pour Londres puis le train à destination de Douvres afin de rejoindre le groupe déjà sur place depuis la veille. A mon arrivée à 20h20 en gare je suis attendu impatiemment par Hugues et FX qui m’annoncent la nouvelle : « On part dans 4h !!! Nous avons rendez-vous au port à 00h30… » A la fois fatigué et ravi de savoir que la traversée va pouvoir se faire (les conditions météo sont toujours aléatoires) je commence déjà à me préparer mentalement à ce qui va m’attendre. Sur les lieux de notre hébergement chez David et Evelyn au « Channel Swimming Holiday Park » de Varne Ridge, je retrouve le groupe ainsi que Sandrine qui sera notre ange-gardien pendant la traversée. Elle est médecin urgentiste et s’occupera de toute la logistique. Ils sont déjà tous prêts pour le grand départ et ils ont préparé leurs affaires : boissons énergétiques, vêtements chauds, repas…. Je me dépêche d’en faire autant avant de me mettre à table pour dîner et discuter stratégie sur la traversée avec le groupe et les journalistes présents qui vont nous suivre lors de notre relais. 

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A 00h30 toutes nos affaires sont chargées dans la voiture et nous rejoignons le port de Folkestone. Une fois au port, tous les bateaux sont à sec car c’est marée basse et il n’y a personne !!! Oups, un doute s’installe, est-ce la bonne heure de rendez-vous ? Notre pilote Peter Read, son fils et l’observateur de la CSA nous rejoignent un quart d’heure plus tard. Le temps de discuter et préparer les affaires, la mer est montée à une vitesse impressionnante et les bateaux sont déjà à flot. Nous embarquons sur le bateau de pêche « Rowena FE75 » et nous dirigeons vers Shakespeare Beach, la plage de départ située entre Douvres et Folkestone. Cinq minutes avant d’arriver, je commence à me préparer et m’enduire de graisse. Il fait nuit noire et je rajoute sur mon bonnet et mon maillot des sticks lumineux afin d’être repéré la nuit. D’autres prétendants pour la Manche nous rejoignent avec leur bateau, mais je suis le premier à me mettre à l’eau et à rejoindre la plage à la nage. En effet, les départs se font toujours de la terre ferme. A 1h45 du matin, je lève les bras au ciel pour signifier que je suis prêt et c’est le départ ! C’est parti pour une heure… Je nage au milieu d’une flottille de bateaux éclairés puis après 500 mètres c’est le noir absolu. Je distingue à peine mes avant-bras sous l’eau. 05.JPG

Elle est à 16°C et l’air à 12°C. Lorsque je respire, je vois sur ma gauche les lumières de Douvres et sur ma droite l’éclairage du bateau. J’essaie de me mettre à une distance de 2 à 3 mètres du bateau car la mer est assez plate et il peut me suivre assez facilement. Mais de temps en temps, comme le bateau ne peut suivre une vitesse constante, je me retrouve parfois seul devant le bateau dans le noir total ! A bord du bateau, cela tangue malgré tout pas mal, je vois FX qui me regarde nager et Sergio figé sur sa chaise semble avoir le mal de mer. Les journalistes, quant à eux, prennent des images mais ils me paraissent mal en point aussi.DSC00674.jpg

Sandrine prépare Michèle qui doit prendre le relais. Est-ce que tout le monde va pouvoir tenir toute la journée comme ça avec en prime les odeurs des gaz d’échappement ??? S’il y en a un qui abandonne, c’est malheureusement fini pour l’équipe !!! Après une heure de nage on me dit de m’arrêter et Michèle se met à l’eau derrière moi. Pour faire le relais elle doit me doubler par l’arrière et on ne doit surtout pas se toucher…Je monte ensuite sur le bateau en faisant de l’équilibre sur une petite échelle. Ça fait plus de 20h que je suis debout sans dormir et il ne me tarde qu’une chose, me sécher, me couvrir et enfin me reposer… 06.JPG

C’est ce que je vais faire pendant plus de 3 heures, allongé par terre sur le pont du bateau bercé par les vagues. Je ne vais malheureusement pas pouvoir voir mes coéquipiers nager.
Au bout de 3h30 de repos, j’émerge de mon sommeil avec la tête dans les chaussettes. FX est dans l’eau et je dois me préparer car c’est bientôt mon tour. Le jour se lève et on assiste à un magnifique lever de soleil quand tout à coup j’aperçois un aileron, puis 2.. Puis 5... je me mets à crier : « Regardez des dauphins !!! » Peter Reed Junior, le fils du pilote de bateau sort de sa cabine émerveillé et nous dit alors : « C'est incroyable d'en voir, quelle chance, la dernière et l'unique fois que j'en ai vu c'était il y a 4 ans quand j'accompagnais Philippe Croizon ». C’est alors que je lui réponds : « 
je sais, j'y étais, j'étais sur le bateau avec vous ! » Quel drôle de coïncidence !!! Etonné, il me répond: "c'est toi alors, tu les attires !". 07.jpg

Nous sommes tous sur le bateau à les observer nager autour de nous, malheureusement FX n’a pas réussi à les voir. Alors qu’ils évoluent près de notre bateau, je me positionne pour me remettre à l’eau. Avec un peu de chance, je vais pouvoir les voir de près. Cela ne sera malheureusement pas le cas, dès que je saute à l’eau et commence à nager, je ne les distingue plus, ils font leur chemin et s’éloignent de notre embarcation… Le soleil se lève et l’eau me paraît plus chaude que dans la nuit, c’est effectivement le cas car le thermomètre affiche maintenant 17°C. Je suis en plein milieu de la Manche et cette 2ème heure va être relativement paisible, bien qu’à plusieurs reprises je vais avoir quelques inquiétudes en croisant d’assez près des méduses éparses !!! Une fois mon tour passé, je retourne m’allonger sur le bateau. DSC00698.jpg

A bord, Sergio et les deux journalistes ne sont pas au top de leur forme, FX est toujours accroché à sa rambarde avec Sandrine à ses côtés. Le seul, en dehors de l’équipage, à tenir le coup, c’est Hugues qui se balade un peu partout et aide tout le monde, on sent qu’il a vraiment le pied marin lui… Je suis tellement fatigué que je ne sens même plus le bateau tanguer ni l’eau qui commence à rentrer sur le pont du bateau et mouille ma serviette. Je dors vraiment profondément. 08.JPG

Lorsque je me réveille, la mer commence à bouger de plus en plus et les côtes françaises me paraissent encore loin. Je me prépare car cela va bientôt être à moi. FX en est à 55’ de nage et au vu des mauvaises conditions qui commencent à se lever, le juge m’autorise à me mettre à l’eau comme prévu par le règlement (1heure plus ou moins 5’) et commencer à nager. A ce moment, l’heure qui va passer me paraîtra le double, la mer est très agitée, le vent souffle à Force 5 et les vagues font plus d’un mètre… J’ai l’impression d’être revenu 12 ans en arrière lors de ma traversée où j’ai eu des conditions similaires, ce qui m’avait valu de remporter le trophée Van Vooren du nageur ayant réussi dans des mauvaises conditions. DSC00712.jpg

Cela devient une véritable lessiveuse et j’espère que le pilote ne va pas stopper la traversée, ce serait dommage !!! Je m’éloigne le plus que je peux du bateau pour éviter de me le prendre à chaque passage de vagues mais c’est difficile, car pour éviter de boire la tasse je suis obligé de respirer le plus souvent à gauche et j’ai donc du mal à le voir manœuvrer sur ma droite. Je me heurte souvent à la petite barque qu’il traîne à l’arrière du bateau et qui sert pour accompagner le nageur à l’arrivée lorsqu’il n’y a plus beaucoup d’eau. J’ai du mal à tourner mes épaules mais pendant cette heure interminable où j’ai l’impression de nager dans une lessiveuse, on s’est rapproché rapidement des côtes. Je pense que cela va être mon dernier tour…et quel soulagement lorsque je vois mon relayeur Michèle se mettre à l’eau… DSC_0241.jpg

Une fois à bord, je m’assois et bien mal en point je vais passer les derniers moments à essayer d’encourager mes coéquipiers. Le bateau tangue, on doit s’accrocher pour ne pas passer par-dessus bord à chaque vague. Michèle est en train de souffrir des conditions, on sent que les bras sont lourds mais malgré la fatigue, elle est déterminée, cela se voit sur son visage. Pendant sa nage, nous avons bien avancé, on distingue bien les côtes, elles sont à moins de 3km et avec un peu de chance, Hugues peut en découdre avec la Manche. C’est à son tour et il se met à nager avec une brasse déterminée dans l’espoir d’être celui qui touchera terre, mais les courants sont traitres dans la Manche et ils nous déportent latéralement. On ne sait pas trop où nous allons arriver. DSC00738.jpg

Lorsque Hugues en termine avec son heure de nage, il reste moins d’un kilomètre et c’est Sergio qui s’élance pour en terminer avec la traversée. Peter Junior prépare le petit bateau pour l’accompagner dans les derniers mètres. Malheureusement, nous devons rester à bord, on ne peut pas l’accompagner sur la fin car les conditions ne sont pas très bonnes. Sergio nage à fond les derniers mettre, puis on le voit se mettre debout et lever enfin les bras au ciel : ça y est nous avons réussi cette traversée en 13h13 !!! 

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Sur la plage, il est attendu par Eric, un membre de l’association CSC qui était en contact avec Hugues depuis le bateau. Il est venu exprès pour nous accueillir et nous féliciter, c’est super de sa part mais malheureusement on ne peut pas s’éterniser, il faut impérativement rentrer. La fête avec les membres de l’association se fera plus tard dans un restaurant de Wissant. En attendant, nous sommes tous heureux de ce que nous venons de réaliser mais la galère n’est pas terminée. Nous repartons pour 3 heures de bateau (ou de torture), plein gaz vers Folkestone. DSC00750.jpg

Tout le monde est malade à bord et personne ne parle à l’exception d’Hugues et de l’équipage, pour ma part j’ai presqu’envie de revenir à la nage… Il est 18h30 lorsque nous arrivons au port, après avoir débarqué nos affaires nous faisons une dernière photo souvenir avec la famille Reed et l’observateur, un grand merci pour leur aide et leur gentillesse ! Je ne leur dit pas « à la prochaine »… mais bon, on ne sait jamais !!! 11.JPG

Arrivés à Varne Ridge on voit le drapeau français hissé au sommet du mât à l’entrée du camping ainsi qu’une banderole « Congratulations on swimming the Channel » sur notre mobile home : c’est une tradition des propriétaires qui sont tenus au courant des réussites des nageurs du camping et c’est leur façon de nous accueillir et nous féliciter !!! 01.JPG

Félicitations à toute l’équipe (Michèle, Sergio, Hugues et FX), votre motivation et détermination vous ont emmené au bout d’un rêve et d’une belle aventure, récompensée par l’accueil et le sourire des membres de CSC lors de notre retour ! J’ai été ravi d’être des vôtres.17.JPG

Pour Damien, Freddy ... et tous les autres, vous avez été des killers !!! Cependant, n’oublions pas que la recherche a besoin d’aide, notre traversée est terminée mais CSC a toujours besoin de soutien pour faire avancer la Recherche !!!

31/08/2014

De Spike Island jusqu’à Cobh en Irlande

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L’île de Spike est située dans le sud-ouest de l’Irlande dans le comté de Cork elle est accessible uniquement par voie maritime. Propriété du gouvernement anglais en 1779, elle est devenue par la suite une prison et a été surnommée "l'Alcatraz d'Irlande". Cette île-prison a abrité les prisonniers de l'IRA pendant la Guerre d'Indépendance Irlandaise (de 1919 à 1921) et notamment le fameux Richard Barrett, un des leaders de l'IRA de cette période. spike_island.jpg

Puis, suite au traité Anglo-Irlandais, l'île a été rendue à l'Irlande en 1938. Spike Island est restée une prison et une base militaire pour l’armée Irlandaise pendant des années. Plus récemment, elle a été utilisée comme Centre Correctionnel pour Adolescents, jusqu'à une rébellion générale des "prisonniers" en 1985, qui ont pris le contrôle de la prison en mettant le feu à un des blocs (connu maintenant sous le nom de Burnt Block). Le centre a fermé en 2004. Aujourd’hui l’île est vide et est devenue un site touristique que l’on peut relier par un service de ferries au départ de Cobh. SI2.jpg

Le dimanche 29 août 2014, dans le cadre de mon challenge des 7 îles-prisons à la nage pour France Choroïdérémie, je me rends au port de Cobh avec Ned Denison, spécialiste comme moi des évasions à la nage depuis des îles-prisons, et qui m’a spécialement organisé cette traversée. Sa compagne, Catherine Fravalo va nous accompagner sur le bateau. Nous rejoignons deux autres nageurs qui feront la traversée avec nous : Danny et John Walsh. SI3.jpg

C’est leur père, Dan, qui va nous conduire en bateau sur l’île et nous suivre pendant notre évasion. Dan connaît bien l’île car il y a passé son enfance, son père travaillait à la garnison et avait pour mission de tirer les coups de canon ! Le fils de Danny, Daniel, assurera notre sécurité en kayak, il restera à côté de Ned et moi pendant la traversée. SI1.jpg

C’est donc en bateau que nous nous rendons vers 7h30 sur l’île de Spike. L’activité touristique n’a pas encore débuté et l’île est déserte. Comme nous avons un peu de temps, avec Catherine et Daniel nous en profitons pour faire une petite balade et se rendre jusqu’à la prison. Il y a un très joli panorama sur le port de Cobh et le lieu porte encore les traces de son passé étrange et mouvementé. SI5.jpg

Vers 8h40 nous nous "évadons" et je laisse derrière moi l’île de Spike et sa prison. Je nage dans le deuxième plus grand port naturel au monde et me dirige en direction de Cobh. Plus connu sous le nom de Queenstown avant 1922, c’est aussi un des ports principaux des transatlantiques irlandais et le point de départ de millions d’Irlandais qui ont émigré en Amérique du Nord entre 1848 et 1950. Le Titanic effectua ici sa dernière escale avant de traverser l’Atlantique pour son fatal voyage vers New-York. L’eau est calme et la température de l’eau est de 14,5°C. Avec Ned, nous nageons ensembles côte à côte à un bon rythme. Nous avons lâché les 2 nageurs qui s’évadent avec nous. Daniel nous suit en kayak et Catherine prend des photos de notre évasion depuis le bateau. SI4.jpg

En nous dirigeant vers Cobh, je distingue en haut d'une butte, les pointes de la cathédrale néo- gothique de Saint-Colman qui montent la garde sur la ville. Sur les quais, une rangée de maisons aux couleurs de l'arc-en-ciel égaye le front de mer. Notre trajectoire de nage vers le point d’arrivée s’effectue en direction d’une ancienne église presbytérienne transformée aujourd’hui en musée, située sur la gauche de la ville. SI6.jpg

Nous traversons maintenant l’endroit où il est censé y avoir le plus de trafic. Le service portuaire est avisé de notre passage et en ce dimanche matin très tôt, il n’y a pas trop de circulation maritime. Le plan d’eau est calme, je ne distingue aucune vie marine, il y a 2 mois de cela un orque avait élu domicile dans le port mais il en était déjà reparti... DSCF3133b.jpg

Après 25 minutes de nage environ, nous arrivons à « l’Heritage Center » de Cobh au pied du Mémorial à Annie Moore (et ses 2 frères) qui fut la première immigrante enregistrée à Ellis Island aux Etats-Unis le 1er janvier 1892. Nous sortons de l’eau par un escalier sur les quais, je viens d’en terminer avec ma 5ème évasion à la nage de mon challenge !! SI8.jpg

Ned quant à lui en est à sa 4ème, au cours de ce week-end eau libre en Irlande une grande complicité s'est créée entre nous et je pense que nous allons programmer d’autres évasions ensemble ! !

30/08/2014

Entraînement avec les nageurs de Sandycove (Irlande)

sandycove0.jpgLe vendredi 29 août 2014 je débute un week-end d’eau libre en Irlande. A mon arrivée à l’aéroport de Cork en milieu d’après-midi je suis accueilli chaleureusement par Catherine Fravalo et Ned Denison, mes hôtes pour le week-end. Ned est un passionné et une figure de l’eau libre en Irlande et dans le monde, il a traversé la Manche, Catalina, Manhattan, Jersey-France et bien d’autres…Mon frère jumeau de nage en quelque sorte. Pour ce court séjour, il m’a concocté un programme de rêve. Cela commence dès le vendredi soir par 2 séances à Sandycove. C’est une petite île située dans l’estuaire de la rivière Pil près de Kinsale dans le comté de Cork. Elle est peuplée uniquement de chèvres sauvages qui apparaissent sur le logo des Nageurs de Sandycove. Nous arrivons à 18h à la cale de halage en face de l’île. Des nageurs sont déjà dans l’eau et d’autres se préparent. Sandycove1.jpg

Le concept du club est simple : il s’agit tout simplement d’une base d’entraînement pour nageurs de marathons. Les passionnés d’eau libre, une cinquantaine environ, se retrouvent pour nager et faire le tour de l’île, une, deux, voire plusieurs fois au cours d’une séance. Cela permet aux nageurs d’échanger leurs expériences, la plupart d’entre eux ont traversé la Manche et ce site est un endroit idéal pour ceux qui désirent s’y préparer. La température de l’eau est généralement plus froide que dans la Manche et donc idéale pour une bonne préparation. Des évènements en eau libre sont organisés tout au long de l’année autour de l’île. Chaque année, début juillet, Ned organise d’ailleurs un stage d’une dizaine de jours pour ceux qui désirent effectuer la traversée de la Manche ou autre grand raid aquatique… DSCF3188b.jpg

Avant de me mettre à l’eau je prends la température, l’eau est à 15°C mais Ned m’informe que tout autour de l’île on peut avoir des variations de température et qu’en fonction des endroits il peut y avoir facilement 2° de moins ! J’enfile le bonnet des Nageurs de Sandycove que m’a remis Ned et nous partons faire un tour de l’île ensemble. Le tour varie en fonction de la hauteur de la marée et fait environ 1800m que l’on contourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. On se dirige d’abord dans une eau calme en direction de la pleine mer, ensuite l’eau se rafraîchit progressivement et la mer devient de plus en plus houleuse. 

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Derrière l’île, nous sommes exposés à la pleine mer, il faut faire attention de ne pas être emporté vers les rochers par les vagues. Ned est habitué, il nage au plus près de l’île et je me mets dans son sillage car nous nageons à la même vitesse. Puis ensuite nous contournons l’île pour nous retrouver de nouveau dans une eau qui se réchauffe tout en devenant plus calme. Sur l’île verdoyante, j’arrive à distinguer quelques chèvres sauvages mais dans l’eau difficile de voir la faune marine. Je touche parfois quelques algues mais aucune autre surprise. Il arrive parfois, avec un peu de chance, de voir des lions de mer. 10357679_10204551010201764_5808457809175506326_o.jpg

On termine notre tour de l’île en reprenant pied à la cale de halage. Ned m’apprend que parmi ceux qui ont nagé à Sandycove, je suis le 103ème nageur à faire partie de ceux qui ont traversé la Manche. La soirée n’est pas encore finie car un tour de l’île est également organisé chaque année de nuit et cela tombe justement ce soir-là. Après un sympathique BBQ chez Ned, nous retournons pour être à 22h à Sandycove. Nous rejoignons d’autres nageurs, parmi eux 7 ont déjà traversé la Manche et les autres ont déjà participé à de grands marathons à la nage. Il fait beaucoup plus frais qu’en fin d’après-midi mais la mer est moins agitée au large. 

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Nous nous équipons de sticks lumineux accrochés à nos bonnets et me voilà reparti à refaire le tour de l’île. L’eau me semble plus froide que la fois d’avant, il faut dire qu’il y a aussi la fatigue du voyage. Nous nageons en petit groupe, je nage avec Ned et celle qui est à l’initiative de cette petite virée nocturne. Lorsque je nage, j’entends des petits cris au dessus de ma tête. Les chèvres sauvages ont laissé place à ce qui me semble être des chauves-souris. Mais cela ne trouble en rien notre nage et nous terminons notre tour de l’île tranquillement. Je vais avoir du mal à me réchauffer et de retour chez Ned une bonne douche chaude et un bon chocolat chaud de Catherine vont permettre heureusement de me requinquer avant la journée de samedi où il est prévu de nager dans d’autres endroits tout aussi agréables dans la région. loughtHyre.jpg

En dehors de Sandycove, il y a effectivement pleins d’endroits magnifiques près de Cork et même en Irlande en général pour nager. Ainsi dans la journée de samedi, je vais découvrir deux autres sites où les nageurs marathoniens se retrouvent la plupart du temps : Lough Hyre et le lac de Gougane Barra … 

Si vous comptez vous rendre en Irlande, n'hésitez pas à passer à Sandycove, vous y trouverez certainement des nageurs en train de s'entraîner tout au long de l'année, été comme hiver et vous découvrirez une belle région avec des nageurs dévoués à leur passion ... 

09/08/2014

Vidösternsimmet en Suède - 21,5km

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Il s’agit d’une traversée à la nage en Suède de 21,5km dans le lac Vidöstern au sud de Värnamo dans le comté de Jönköping. En 2014, je participe à la 4ème édition de cette épreuve qui remporte un succès de plus en plus croissant vu le nombre d’inscrits d’année en année, une dizaine en 2011, une vingtaine en 2012, une trentaine en 2013 et environ 90 en 2014 ! Les organisateurs espèrent atteindre le chiffre de 200 nageurs l’année prochaine et pourquoi pas dans quelques années, faire parler de la Vidostersimmet en natation longue distance comme on parle de la Vasaloppet en ski de fond. DSCF2944.JPG

Le samedi 9 août, accompagné de mes proches (mon épouse et mes enfants), j'arrive à 6h00 sur la plage de départ d’Osudden à Värnamo, là les organisateurs s’affairent. Il fait assez frais, environ 13°C, et les bénévoles préparent un grand feu de bois pour les nageurs et accompagnateurs qui désirent se tenir au chaud. Je retrouve mes 2 amis Français qui vivent en Suède et qui ont gagné les éditions précédentes : Sylvain Estadieu (qui a traversé la Manche en papillon en 2013) et Nicolas Bathfield (ancien nageur de mon club de Montpellier, vainqueur en 2013). Ils me donnent quelques conseils pour la course et surtout m’aident à comprendre ce qui se dit. DSCF2943.JPG

La particularité de cette épreuve longue distance, c’est que chaque nageur ne dispose pas d'un bateau accompagnateur mais d’une bouée de sécurité à tracter. Cela permet ainsi d’augmenter le nombre de participants. Pour le ravitaillement, l’organisateur a prévu 4 sites (1 dans l’eau et 3 hors de l’eau) à passer obligatoirement. Je récupère donc ma bouée marquée de mon numéro de compétiteur, pas la peine donc de se faire numéroter au feutre sur le corps. Sur les 90 inscrits, nous sommes 7 nageurs à participer en maillot de bain : 3 Français, 2 Autrichiens, 1 Polonais et 1 Suédois. La température de l’eau est à 21°C, ce qui est très confortable pour un lac en Suède. DSCF2945.JPG

Un peu avant 7h00, les nageurs se regroupent sur une ligne de départ fictive large de 20 mètres quand soudain : BOUM !!!! Nous sommes surpris par le bruit d'un grand coup de canon annonçant le départ. Après une seconde d’hésitation, nous nous mettons à courir dans le lac. Cette partie du lac est très peu profonde et nous allons courir pendant plus de 200m avant de pouvoir commencer à nager. A partir de ce moment-là, nous allons traverser toute la longueur du lac en passant par 4 points de contrôle correspondants aux lieux de ravitaillements et en suivant une vingtaine de grosses bouées jaunes placées tous les kilomètres environ. A chaque bouée et entre les bouées sont positionnés des bateaux pour assurer la sécurité.
Le lac est calme et je nage tranquillement jusqu’au premier ravitaillement situé à 3700m, cela fait à peine 6 jours que j’ai nagé en Serbie et j’ai besoin de voir si mes épaules ont récupéré. Ce premier ravitaillement s’effectue dans l’eau depuis des pontons installés par l’organisation. On me tend mon ravitaillement personnel que j’avais remis au départ pour chaque site. Je bois rapidement ma boisson énergétique tout en prenant le temps d’admirer un drakkar Viking transportant les organisateurs et VIP près de moi. 
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Je repars avec un groupe de nageurs en combinaison qui avait pris du temps pour se ressourcer. Nous nageons dans le brouillard qui vient de faire son apparition l’espace d’une petite demi-heure, juste le temps d’inquiéter les organisateurs. Je me sens bien et j’arrive à tenir ce petit groupe jusqu’au 2ème point de ravitaillement situé 3900m plus loin. C’est une première pour moi car là, 50 mètres avant la table de ravitaillement situé sur la terre ferme, je suis obligé de marcher. Je passe de la position horizontale à la position verticale, les muscles de mes épaules se mettent à l’arrêt pour faire travailler ceux des jambes comme si l’épreuve était terminée. Mais non, il reste encore 14km à parcourir. Je vois ma famille m’encourager et cela me donne de l’énergie. Je m'avance jusqu’à la table où sont offerts toutes sortes de ravitaillements.DSCF2940.JPG

Attiré par ce qui m’est présenté, je laisse tomber ma boisson énergétique perso pour une barre chocolatée qui me fait plus envie !!! C’est l’occasion pour moi de tester pour une fois un aliment solide pendant une épreuve. J’ai encore une cinquantaine de mètres à marcher pour prendre le temps de mâcher et d’avaler cette gourmandise. Au moment de me remettre à nager…l’horreur !!! Mes muscles se sont refroidis et j’ai du mal à relancer. Je n’arrive plus à accrocher le groupe de nageurs en combinaison qui ne semble pas souffrir comme moi de cette transition. Le plus terrible encore, c’est que le prochain point de ravitaillement ne se situe qu’à 5500m. C’est à dire dans plus d’1h voir 1h30, alors qu’habituellement je me ravitaille toutes les 30mn. P1100019.jpg

Cela me parait durer une éternité mais heureusement que mes bras ont réussi à reprendre un bon rythme et que j’ai un nageur en point de mire pour me donner la cadence. Dehors, la météo est en notre faveur et le soleil alterne avec quelques passages nuageux. Au 3ème point de ravitaillement, je n’ai qu’une obsession, reprendre une voire deux barres chocolatées qui me fait tant envie depuis 5km. Là aussi, il faut sortir de l’eau pour s’alimenter, mais au lieu de me ressourcer, cela m’épuise encore plus. Je prends mon temps mais j’ai du mal à mettre à profit ces transitions hors de l’eau. J’ai des courbatures qui s’installent et c’est dur de repartir. DSCF2941.JPG

Comme le prochain ravitaillement est annoncé à 3400m, cela me motive un peu mais je nage avec les épaules très lourdes et j’ai du mal à sortir les bras de l’eau. Je me concentre sur les bouées placées environ tous les kilomètres, j’ai l’impression que cela dure une éternité entre chaque bouée mais pourtant lorsque je passe à côté je m’aperçois que j’ai un bon rythme. Je suis tellement concentré sur la trajectoire des bouées que je ne vois pas le 4ème point de ravitaillement. C’est lorsque je passe à sa hauteur à plus de 200m au large que je vais l’apercevoir. Comme il s’agit d’un passage obligatoire, je vais devoir impérativement faire un détour. Il vaut mieux car il n’y a plus rien jusqu’à l’arrivée située 5000m plus loin. Ce détour va bien me faire perdre plus d’une dizaine de minutes et me fatiguer physiquement et mentalement. Ce 4ème ravitaillement est aussi éprouvant que les autres musculairement et je vais prendre mon temps pour reprendre des forces. 10599285_10203828407903162_5468376652252942142_n.jpg

Les encouragements de mes amis venus m’accompagner en Suède pour la traversée (Anne et Gil qui m’avaient accompagné sur le Beltquerung ainsi que leurs fils) vont me donner la force de continuer et repartir. Il ne reste plus que 5000m à faire, cela va durer une éternité. Le vent s’est levé, mais de face, créant une difficulté supplémentaire avec un léger courant contraire à notre sens de nage… Je distingue au loin le petit pont situé une centaine de mètres avant l’arrivée. Je décide donc de ne plus suivre les 4 bouées qui longent le bord mais de tirer tout droit vers le point d’arrivée. Erreur !!! Je me retrouve à nager dans 20cm d’eau et à me racler les mains et les pieds sur des cailloux. J’essaie tant bien que mal de sortir de cet endroit hostile pour retrouver un peu plus de profondeur et effectuer les derniers kilomètres. Je passe une maison située à quelques mètres du pont, j’entends ma famille et mes amis m’encourager. Ça y est, je suis au bout de mes peines, la plaque d’arrivée est en vue … je termine ces 21,5km en 6h51’15, à plus d’une heure par rapport à ce que je comptais mettre. 10606201_10203829215683356_7136661361359381464_n.jpg

Je suis content d’avoir été jusqu’au bout de cette épreuve. Au classement je suis à la 24ème place (sur 66 arrivants) en étant le 1er des nageurs sans combinaison. A la sortie de l’eau, on me remet une médaille, un T-shirt et je réponds en anglais aux questions du commentateur. Après avoir mangé un bon plat de pâtes servi aux nageurs et bu quelques boissons gazeuses, je fini ensuite dans un jacuzzi construit sur le site de l’arrivée en 2 temps 3 mouvements par l’organisation. Cela permet de me ressourcer et décontracter les épaules. Je suis rejoint dans ce bain hyper chaud par Nicolas (7h15’15), Sylvain (7h17’32) et mon fils qui lui a brillamment participé ce même jour à une course de 500m. P1100044.jpg

Cette course est amenée à attirer de plus en plus de monde, car l’organisation est au top et bien rodée pour accueillir encore plus de nageurs. De nombreux partenaires soutiennent l’épreuve et offrent des produits aux nageurs, accompagnateurs et au public présents à l’arrivée mais également sur les sites de ravitaillement. L’ambiance y est très conviviale et familiale…

06/08/2014

L’île prison de Långholmen en Suède

Stockholm est une ville construite sur 14 îles, elle est riche en paysages aquatiques à la beauté et luminosité hors du commun. Långholmen est une de ces îles située au centre de la ville. Elle est en grande partie non bâtie et est couverte de végétation. 

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Sur cette île se trouve la prison de Langholmen que les suédois appellent « l'île prison ». Pendant plus de 250 ans, et jusqu'à sa fermeture en 1975, le plus célèbre pénitencier du pays de 500 cellules a accueilli les criminels les plus dangereux. 

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Les prisonniers ne pouvaient pas s’évader, mais en jetant un œil aux superbes alentours, on se demande bien pourquoi on voudrait en partir ? Le centre a été fermé en 1975, et a été reconverti en parc public. 

DSCF2709b.jpgAujourd'hui la prison change totalement de vocation, mais pas de peau, elle garde ses cellules qui ne servent plus à enfermer les prisonniers mais plutôt à accueillir les touristes. Les bâtiments ont été restaurés et réhabilités en un hôtel (où ils ont conservés la thématique de la prison) et une auberge de jeunesse.

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L'île de Långholmen est devenue un lieu de baignade incontournable, l´eau du lac qui entoure l´île est suffisamment propre. On y accède par deux ponts qui traversent Långholmskanalen. En suivant le chemin qui longe l'eau ou en remontant le parc vers l'ouest, on accède à la plage principale. Elle est souvent bondée et bruyante, aussi faut-il aller plus loin pour trouver des endroits plus secrets. 

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Voilà une occasion pour moi de réaliser une petite évasion de cette île-prison jusqu'à la terre ferme en traversant le Långholmskanalen large d'une trentaine de mètres environ. Après m'être évadé au milieu des nénuphars, j'en ai profité pour faire un petit entraînement en longeant le canal afin de profiter du calme et admirer le paysage. 

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03/08/2014

Le marathon international Jarak - Sabac en Serbie (19km)

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Dimanche 3 août, j’ai participé au 45ème marathon international Jarac-Sabac à la nage de 19km en Serbie le long de la rivière Save. La Save (Sava en serbe) est une rivière longue d'environ 1 000 km qui coule en Slovénie, en Croatie, en Bosnie-Herzégovine et en Serbie. C'est un affluent de la rive droite du Danube, qui conflue à Belgrade. On considère souvent qu'il marque la limite nord des Balkans. 

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Cette traversée est née un peu accidentellement en 1970, lorsqu’un groupe de nageurs traverse la Save d’une rive à l’autre. Cette traversée sans caractère officiel est notifiée par des étudiants sur les tablettes du club local de Sabac. L’année suivante, la compétition devient officielle et la présence d’un nageur hollandais donne un caractère international à l’épreuve. D’années en années, cette traversée a gagné progressivement en importance et est devenue une épreuve incontournable pour les nageurs en eau libre. Elle fait partie des plus anciennes épreuves de marathon en Europe. Depuis 1982, elle se nage sur la distance de 19km et se déroule le premier week-end d’août. Elle est connue également sous le nom de «Peace Race » (course de la paix) en la mémoire des 4500 habitants de Sabac qui furent, en 1941, contraints sous la menace de courir 22km en direction d’un camp Allemand à Jarak. Beaucoup de prisonniers ont survécu grâce à des habitants du village de Jarak qui leur ont donné de l’eau et du pain au péril de leur vie.

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Cette épreuve est organisée par mon ami Vojislav Mijic que j'ai rencontré à plusieurs reprises lors de mes traversées. Cela fait au moins 15 ans qu'il me propose de venir participer à son épreuve en Serbie et, cette année, j'ai enfin réussi à m'organiser. Cela a été un grand plaisir de le revoir avec son épouse à mon arrivée à l'aéroport. Sur le trajet qui nous emmène à l'hôtel, pendant plus d'une heure, nous n'avons pas arrêter de parler de notre passion : l'eau libre et toutes les traversées que nous avons respectivement réalisées. Je vais apprécier 2 jours pendant lesquels les organisateurs vont être aux petits soins de tous les nageurs et nous accompagner  aux différentes obligations protocolaires. 

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Le samedi 2 août, dès midi, nous avons rendez-vous dans un petit village près de Jarak avec la presse et les élus pour une présentation des nageurs. Je vais faire la connaissance de celui qui va me ravitailler tout au long de l'épreuve, il s'agit du beau-frère de Vojislav qui est habitué à l'épreuve et à déjà accompagné de nombreux nageurs. Je me sens rassuré malgré nos difficultés à nous comprendre. Le soir, après le contrôle médical et le briefing à l'hôtel, nous sommes amenés sur un podium situé sur la plage de « Stari Grad », le lieu d'arrivée de la course à Sabak, pour être présentés aux habitants de la ville. Présentation très rapide mais très sympathique car le lendemain matin une course de 19km nous attend... 

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Le dimanche 3 août, nous sommes conduits en autocar de l'hôtel jusqu'au lieu du départ. Nous arrivons vers 9h30 alors que la traversée est prévue à 11h. Cela laisse le temps aux nageurs et aux organisateurs de se préparer. Après le marquage et les vérifications réglementaires de rigueur (maillots, ongles coupés,...), je fais la connaissance de mon pilote de bateau et de la juge qui m'accompagneront tout au long de la traversée. Je retrouve également le beau-frère de Vojislav à qui je donne mon ravitaillement et la planification. Difficile de se comprendre et j'ai bien vite  l'impression que cela va se faire un peu comme il le sentira sur place... 

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Quelques jours avant la traversée, il y a eu de fortes pluies et le niveau de la Save a monté d'un mètre environ. L'eau dans laquelle nous allons nager est saumâtre et il y a un fort courant qui transporte des troncs d'arbres et des détritus. La course très attendue dans cette région de Serbie aura bien lieu et c'est à 10h50 que l'appel des nageurs commence. Ce n'est pas un peu de courant qui va faire peur aux 18 nageurs expérimentés venus de 10 nations différentes. 

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Le départ est donné à 11h00 et nous nous élançons dans cette eau à 23°C où je distingue à peine mon bras dans l'eau lorsqu'il passe sous moi. Le courant nous emporte à vive allure. Je me situe en arrière du peloton et mon bateau accompagnateur ne tarde pas à me rejoindre. Il m'indique la meilleure trajectoire et le meilleur courant, à bord ce sont des habitués du site. Le seul inconvénient, c'est qu'ils ont du mal à me prévenir des troncs d'arbres qui flottent en surface. J'ai vais ainsi en heurter quelques-uns pendant le parcours avec la crainte tout de même de me blesser. 

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Les ravitaillements, quant à eux, vont m'être donné moins espacés que prévu. Une initiative très judicieuse de la part de mon accompagnateur en raison de la rapidité de la course. Je suis parti pour nager 3h30 mais je sens que cela risque d'aller plus vite. Sur les côtés, le paysage défile à vive allure, en plus des troncs d'arbres, il faut se méfier des branches présentes qui peuvent à tout moment nous heurter. 

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Tout au long du parcours, il y a des panneaux qui nous indiquent le nombre de kilomètres qui restent à effectuer mais j'ai du mal à lire les chiffres inscrits. La seule chose que j'ai bien noté lors du briefing, c'est que le seul pont à passer se situe à 1km de l'arrivée. A un peu moins de 2 heures de nage, j'ai l'impression d'avoir nagé 10km et qu'il me reste 9km à nager. Je prends un ravitaillement et là j'apprends qu'il ne me reste plus que 5km. Incroyable, je vais certainement finir en moins de 3h !!! 

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Avec tous les bons nageurs présents, dont le belge Brian Ryckeman vice-champion du monde du 25km , ma crainte était de ne pas terminer dans les délais (moins d'une heure après l'arrivée du premier). Là, je repars hyper-motivé pour ces derniers kilomètres, je rentrerai certainement dans les temps ! Je nage toujours en faisant attention à ce qui se trouve devant moi, mais là c'est sous l'eau que je vais avoir une surprise. Je touche quelque chose de très visqueux qui se faufile dans ma main provoquant une sensation très désagréable !!! Impossible de voir ce que c'est, mais je continue en espérant ne pas renouveler l'expérience.

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Le fameux pont symbolisant le dernier kilomètre est en vue et, sur les côtés, les maisons de Sabac défilent à toute allure (soit environ 7km/h). Maintenant, en point de repère, il y a une forteresse en ruine qui signifie qu'il faut se rapprocher du bord si l'on ne veut pas rater la ligne d'arrivée. Mon bateau accompagnateur s'éloigne de moi et il ne me reste plus qu'à me diriger dans entonnoir qui me conduit à la plaque d'arrivée. Je termine les 19km en 2h49'!!! Un temps record pour une telle distance... et encore plus plus pour le premier qui effectue le parcours en 2h19' (l'équivalent d'un 12km).

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La journée se termine avec la remise des récompenses sur le même podium que la veille. Tous les nageurs sont chaleureusement applaudis et je reçois une récompense de l’organisation en tant que "moins jeune nageur de l'épreuve". Je tiens à féliciter et à remercier Vojislav pour son professionnalisme dans l'organisation de cette belle épreuve qui figure parmi les 3 principales manifestations organisées par la ville de Sabac. Une belle traversée que je conseille à des nageurs chevronnés...  

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Le lendemain, lors de mon retour à l'aéroport, je vais avoir droit, avant de prendre mon avion, à une visite guidée d'une heure de la ville de Belgrade...