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27.06.2011

Traversée du lac d'Orta : 13km en Italie

Samedi 25 juin 2011, j'ai participé à la 3ème édition de la traversée du lac d'Orta en Italie. C'est un petit lac alpin situé dans le nord de l'Italie entre la Lombardie et le Piémont. Le cadre y est magnifique. Le lac fait 13,4km de long et 2,5km de large.

 

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Avec une centaine de nageurs, nous allons en effectuer la traversée dans sa longueur depuis la petite plage de Gazziano située au sud jusqu'à la ville d'Omegna au nord en passant entre le village d'Orta et l'île de San Giulio, le tout sur une distance de 13,2km et dans une eau à 21°C.

Contrairement à la légende typique d'Orta qui veut que "San Giulio (leur Saint Patron) jeta son manteau sur la surface du lac pour y grimper et à l'aide de son bâton ramer du village jusqu'à l'île pour chasser les monstres et le dragon", nous, nous allons traverser le lac pour le plaisir car « non competitiva » sur l'affiche, en tractant un ballon de plage avec notre numéro d'inscription.

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Le matin de la course notre rendez-vous à lieu à Omegna où un bateau va nous emmener sur le lieu de départ. Je vais effectuer le trajet au côté de Marco, l'organisateur principal et nageur lui aussi. Tout au long du parcours, il nous fait un briefing sur les conditions de ravitaillement, le trajet, les points repérables, ...mais également nous avons droit à des commentaires touristiques sur le lac.

Cette traversée n'étant pas officielle (réglement FINA), tous les nageurs sont en combinaison à l'exception d'une dizaine de nageurs dont je fais parti. On me remet une bouée avec une ficelle à attacher autour du ventre pour la sécurité. Ce n'est pas la première fois que j'effectue une traversée dans ces conditions : j'avais nagé en 1994 dans le lac majeur (entre Brissago et Diranella) en tractant déjà un ballon. En fait, toutes les épreuves en lac dans cette région se font accompagné d'un ballon ! L'avantage c'est qu'on voit les nageurs de loin.

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Le départ est donné un peu après 10 heures sous un soleil éclatant. Il fait 26°C à l'extérieur et pas un nuage à l'horizon. Une superbe randonnée aquatique en perspective. 100 ballons se mettent à avancer en ordre éparpillé dans le lac, encadrés par une vingtaine de bateaux à moteur et une vingtaine de kayak. Tout autour de moi, les montagnes sont verdoyantes et des petits villages sont dominés par les clochers des nombreuses églises. J'évite de me laisser entraîner par le rythme soutenu des premiers nageurs, mon objectif principal est de voir mon état de forme 15 jours avant d'aller traverser le détroit de Catalina. Après 4,4km et après avoir dû nager quelque mètres à reculon pour récupérer mon ballon que j'avais perdu, j'approche du petit village d'Orta où se situe le premier ponton de ravitaillement. Ce petit village pittoresque à son centre d'intérêt  sur la place du marché où se trouve un palais communal style Renaissance de 1582. Là, j'entends et vois mes supporters, ma femme et mes deux enfants, venus pour m'encourager.

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Sur ma gauche je distingue la petite île de San Giulio avec son cloître baroque et sa grande basilique romane. Le cadre dans lequel je me trouve est magnifique et c'est dans ces moments là que l'on apprécie encore plus la discipline de l'eau libre. Encore quelques mètres et, à hauteur de l'Hôtel de ville, depuis un ponton, on me tend mon premier ravitaillement. Il s'agit d'une nouvelle boisson énergétique que je teste avant Catalina et malheureusement l'essai n'est pas concluant. Me voilà reparti pour ma promenade à la nage. Je quitte le petit village d'Orta et ses splendides habitations pour rejoindre 3,8km plus loin le 2ème point de ravitaillement. Je n'ai pas trop le temps d'apprécier cette partie du paysage, un nageur s'est mis dans mes pieds et me met la pression en me touchant.

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J'étais venu pour un entraînement et maintenant l'esprit de compétition reprend le dessus. Je nage pour essayer de le distancer et me fatigue inutilement. Arrivée au 2ème point de ravitaillement, je m'aperçois que je l'ai distancé et me raisonne pour éviter de me « mettre dans le rouge ». Je repars pour les 5,5km restant. Je peux admirer une cascade et je distingue au loin les maisons d'Omegna, la ville d'arrivée. Le vent vient de se lever et heureusement pour nous dans le bon sens.

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Il arrive parfois que le ballon me rattrape. Mes épaules deviennent lourdes et les inquiétudes avant Catalina apparaissent. Il faudra faire l'équivalent de 3 fois le lac d'Orta et là franchement je ne me sens pas capable de retourner vers le départ. J'entends de nouveau mes fidèles supporters et la ligne d'arrivée salvatrice n'est pas loin. A ce moment, je vois de part et d'autres, deux nageurs en combi qui me suivent. Il ne me reste plus qu'à faire un petit sprint final pour le fun !!!

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Je termine la traversée à la 18ème place en 3h24'28. Au final, je suis très satisfait de cette traversée que je conseille à tous les passionnés de nage en milieu naturel mais ne me rassure pas pour autant sur mes conditions physiques pour Catalina...

19.08.2010

Stavoren - Medemblik : 22km en Hollande

Présentation

Jusque dans les années 70, la natation marathon était un domaine réservé aux professionnels.

Les distances des épreuves sont généralement supérieures à 25km. Mais après 1970 des marathons réservés exclusivement aux amateurs vont se mettre en place. Ces épreuves sont moins longues et réservées uniquement aux nageurs appartenant à des clubs dont la fédération nationale dépend de la FINA.

Parmi ces traversées il y en a une qui se déroule dans les Pays-Bas. Elle fait partie des plus anciennes épreuves réservées aux amateurs et a su résister avec le temps. Elle a fêté sa 40ème édition en 2009.

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Elle se nage entre les villes de Stavoren et de Medemblik sur une distance de 22km. Dans les années 30, une très grande digue, l’Afsluitdijk, est construite afin de protéger le pays des inondations. Elle a pour objectif de fermer un ancien golfe de la mer du Nord, le Zuiderzee et de le transformer en une immense étendue d’eau douce, aujourd’hui dénommé l’IJsselmeer. C’est dans ce plus important lac des Pays-Bas qu’a lieu la traversée.

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Après avoir réussi le temps de sélection lors des 15km de la traversée de Cépoy (Loiret) en France, je m’inscris à la 41ème édition de ce marathon international qui a lieu en 2010, le samedi 14 août. Lors de mon inscription par courriel, j’ai de très bons contacts avec les organisateurs. Les messages sont très chaleureux et j’apprends que la veille et le soir de la traversée des chambres nous sont réservées chez l’habitant pour ma famille et moi (soit 2 adultes, 2 enfants et mon accompagnateur, mon cousin Benjamin). Nous profiterons de l’occasion pour prolonger le séjour et faire un petit circuit d’une semaine dans le plat pays.

 

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Le voyage

Les Pays-Bas, ce n’est pas la porte d’à côté, il y a plus de 1200 kilomètres à faire en voiture (et nous avons besoin sur place d'un moyen de locomotion pour nous 5 + les affaires donc le train ou l'avion ne sont pas envisageables). Une distance bien usante pour le corps avant de nager un 22km. Je vais donc me rendre à Medemblik par étape. Tôt le mardi matin, j’effectue à Palavas une séance d’entraînement d’une demi-heure en mer. L’eau est à 16°C et je commence à me poser des questions. J’espère qu’elle sera un peu plus chaude en Hollande car je me vois mal tenir 6 heures à cette température. Je ne suis plus préparé pour l’eau froide... Une fois ce bain revigorant terminé, c’est le grand départ pour ma famille et moi. Nous allons faire de l’autoroute pendant trois jours. Après des haltes à Reims et Bruxelles pour quelques visites touristiques, nous arrivons le jeudi en milieu d’après-midi à Amsterdam. C’est le samedi que doit avoir lieu le marathon et je n’ai pas nagé depuis le mardi matin du départ. Cinq jours sans nager avant de faire un 22km ce n’est pas raisonnable et j’ai intérêt à trouver une piscine pour faire quelques longueurs et me dégourdir les épaules. Grâce au GPS acheté quelques jours avant mon départ, je recherche la piscine la plus proche de notre hôtel en banlieue d'Amsterdam. Super ! Il y en a une à 1500m. Arrivé sur place, pas de chance ! Je tombe sur un établissement fermé. Il est déjà 18 heures passé et nous apprendrons un peu plus tard à nos dépends que pour les hollandais c’est déjà l’heure du dîner. Je tente ma chance une deuxième fois et le GPS m’indique une piscine à 2km. Nous voilà donc repartis en voiture. Oups ! Il faut faire attention, les cyclistes sont prioritaires et à Amsterdam, il y en a de partout. Il y a plus de place sur la route pour eux que pour les voitures. Pour une visite de la ville, c’est le moyen de locomotion idéal. J’arrive enfin devant une piscine qui paraît ouverte mais il faut se renseigner car en fonction des horaires, la fréquentation de la piscine varie. Il y a des créneaux réservés aux enfants, aux femmes ainsi qu’aux naturistes, ou bien encore aux gays… A l’heure où j’arrive, un petit bassin est réservé pour l’aquagym et coup de chance, l’autre est ouvert au public avec 3 lignes pour nager. Je m’y rends avec mon fils qui veut venir avec moi. Il est hyper motivé car lui veut se préparer pour nager les 400 mètres de la traversée de Palavas qui doit se dérouler quinze jours plus tard. Traversée qu’il terminera sans démériter en remportant le prix du plus jeune nageur. Après avoir mis 15 bonnes minutes à comprendre le fonctionnement des casiers, nous arrivons au bord du bassin de 25 mètres. Le cadre est très beau car la piscine est située au bord d’un canal. Il y a juste une grande baie vitrée qui le sépare du bassin : les deux plans d’eau sont à la même hauteur. Dans la piscine, j’ai l’impression de nager dans le canal car lorsque je respire, je vois passer les bateaux à côté de moi. L’avantage c’est qu’ils ne font pas de vagues. Nous allons nager dans ce cadre agréable une bonne demi-heure avant d'aller nous battre à nouveau avec nos casiers. Après ce petit entraînement, nous allons reprendre des forces et manger vers 20h30 dans un snack situé en bas de notre hôtel. Et là, oh, surprise ! Nous sommes à peine installés depuis une dizaine de minutes que nous nous faisons mettre dehors. En effet, l’établissement ferme ses portes à 21 heures. Cela fait déjà longtemps que les hollandais ont diné. Nous finirons donc notre repas dans le hall de l’hôtel.

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 Le briefing

Le vendredi, nous partons vers Medemblik où à lieu le rendez-vous des nageurs. En route nous en profitons pour faire une halte à Alkmaar et son célèbre marché aux fromages où interviennent, comme au XIVe siècle, les porteurs de fromage. Le temps d’une dégustation et quelques achats et nous voilà repartis vers notre destination finale. Après quelques arrêts obligatoires devant les ponts-levis sur les canaux , nous arrivons en début d’après-midi devant le Q.G. de la traversée. Il s’agit d’un bar situé juste devant la ligne d’arrivée. Il est tenu par un ancien nageur qui a participé 7 fois à cette traversée. Maintenant il est devenu un des principaux organisateurs de l’épreuve. Nous sommes bien accueillis par les responsables présents mais ils nous font gentiment remarquer que nous sommes très en avance. Le rendez-vous n’a lieu qu’à 19h30, après le dîner. Pour attendre l’heure du briefing, nous allons rencontrer notre famille d’accueil chez qui nous résiderons pendant deux jours. Cela nous laisse le temps de nous installer, de nous promener dans la ville et surtout de manger un bon plat de pâtes. A 19h30, le dîner à peine englouti, nous sommes de nouveau devant l’entrée du bar tout proche de notre maison. Il y a beaucoup de monde. Nageurs, entraîneurs et organisateurs discutent le verre à la main. Les nageurs consomment de l’eau ou des produits énergétiques et les autres de la bière.

Nous sommes invités à nous rendre dans une arrière salle du bar. L’atmosphère ressemble à celle d’un pub irlandais avec sur les murs des affiches, des photos et les trophées de la traversée. Nous nous installons au fond de la salle. A quoi ça sert d’être devant, de toute façon je ne vais rien comprendre à ce qui va être dit. La salle se remplit et le médecin de la traversée vient à ma rencontre, il parle un peu le français et nous servira de traducteur. Il a déjà participé 4 fois en tant que nageur et maintenant il officialise sur la course en qualité de médecin. Là, j’apprends que cette traversée qui ne fait que 22km est considérée comme le championnat de Hollande des 25km. En effet la dureté de l’épreuve est due essentiellement au froid, au vent et aux vagues qui en font une épreuve en réalité supérieure à un 22km. Ce lac immense peut être aussi redoutable qu’une mer déchaînée. Mon ami Jean-Luc en avait déjà fait les frais quelques années auparavant. Avec une forte pluie, un vent de face, des creux de 2,5m et une eau très froide, il a été sorti de l’eau au bout de 7 heures à seulement 1500m de l’arrivée. Il était en hypothermie et inconscient. Dit comme ça, cela risque de ne pas être une partie de plaisir surtout avec une tendinite au coude et les quelques petits entraînements que j’ai dans les bras. A écouter le médecin, il est parti pour ne pas chômer pendant l’épreuve. A bord du voilier qui doit me suivre lors de ma traversée, en plus de mon cousin Benji présent pour me ravitailler, il y aura un juge qui surveillera à tout moment si je suis en capacité de continuer, auquel cas le médecin sera appelé de toute urgence. Sympa comme pression !!!

Ensuite, il y a la présentation des nageurs, des entraîneurs et des pilotes de bateau. Nous sommes au total 14 inscrits dont 4 femmes. Nous sommes seulement deux étrangers (un nageur danois et moi). J’apprends que le temps limite pour la traversée est de 7 heures. Si tout va bien, je pense mettre entre 6 heures et 6 heures 15. Il ne me reste plus qu'à aller jusqu’au bout.

Le briefing terminé, nous quittons la salle sans oublier de saluer le médecin et en espérant ne pas avoir à faire à lui le lendemain.

 

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La préparation

La nuit est très courte car nous avons rendez-vous devant le bar à 6 heures du matin, Le départ en voiture des nageurs, des entraîneurs et des juges vers Stavoren est fixé à 6 heures 30 précises. La personne qui nous héberge est du voyage avec son véhicule pour accompagner des personnes sur Stavoren. Et là, rien à voir avec la Grèce, pas de minutes méditerranéennes en plus. L’heure c’est l’heure et c’est même avant l’heure ! A 5h50, le propriétaire tape à la porte de notre chambre pour nous conduire au lieu de rendez-vous. Nous ne sommes pas encore prêts et sans attendre il s’en va. Il nous laisse en plan dans la cuisine ce qui nous oblige à nous rendre à pied jusqu’au café situé à 500 mètres de la maison. Sur place nous allons patienter quelques instants jusqu’à l’arrivée de tous les participants. Le soleil commence à se lever et la journée s’annonce des plus belles. Les nageurs se concentrent déjà et les organisateurs s'affairent dans tous les sens. A 6 heures 25, tout le monde embarque dans les voitures et c’est le grand départ vers Stavoren. Le trajet va durer plus d’une heure et nous allons passer sur cette fameuse grande digue qui fût achevée en 1933. Cet ouvrage où se trouve l’autoroute qui nous mène de l’autre côté du plan d’eau a une longueur de 32km pour une largeur de 90 mètres. La route est longue et je contemple l’immense plan d’eau dans lequel je vais devoir nager en sens inverse. Il n’y a pas un brin de vent, pas un nuage dans le ciel et il n’y a pas une ride sur le lac. Le plan d’eau n’a rien à voir avec ce qui a été présenté la veille lors du briefing. Je suis un peu plus rassuré !

Un peu avant 8 heures nous arrivons dans le petit port de Stavoren. Alors que les officiels font un dernier point et boivent le café, les nageurs et leurs entraîneurs sont à la recherche de leurs voiliers alignés le long des 2 pontons du port. Je suis à la recherche de celui en possession du numéro 9 correspondant à mon numéro de participant. Il est introuvable malgré mes passages répétés sur les deux pontons. Je demande en anglais à un autre nageur de me donner un coup de main. Il y a un voilier sans numéro et sans personne sur le pont. Le nageur crie en hollandais et soudain quelqu’un sort du bateau. C’est bien lui le numéro 9. Je monte à bord et avec mon cousin nous faisons connaissance avec le pilote et son épouse qui nous offrent le café de bienvenue. Pendant que je dépose mon matériel et que je commence à me mettre en maillot, le pilote installe le fameux numéro sur son voilier. Il est un peu plus de 8 heures et c’est le moment du graissage. Il est hors de question de le faire à l’intérieur du bateau et je rejoins donc les nageurs dans un hangar à poissons ouvert pour l’occasion. Au sol est posée une grande bâche pour éviter de salir. Muni de gants en caoutchouc, je commence à me tartiner de crème solaire car la journée s’annonce chaude et ensoleillée. Je vais ensuite me mettre de la graisse sous les aisselles et sur la nuque. Pas besoin d’en mettre plus, la température de l’eau est annoncée à 19°C. L’ambiance est détendue et les nageurs discutent entre eux. Ils savent que la traversée va être moins dure que les années précédentes. Il est 8 heures 30, nous effectuons une photo de groupe et nous sommes invités à rejoindre la vedette de sauvetage avec à son bord le médecin qui doit nous conduire sur la ligne de départ. Le départ est prévu à 9 heures à la sortie du port de Stavoren. Nous allons effectuer une centaine de mètres en bateau suivi des voiliers accompagnateurs.

 

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La course

Arrivé à hauteur des 2 phares qui matérialisent la sortie du port, on nous prie de nous mettre à l’eau. Après quelques : « Good Luck ! » et sans avoir pu gouter l’eau, nous sautons du bateau et effectuons quelques mètres pour nous aligner. C’est une sensation bizarre de se retrouver avec de l’eau douce au milieu d’un décor marin. Nous sommes dans un port avec une immense étendue d’eau à perte de vue. Un peu avant 9 heures, la corne de brume retentit, le départ est donné aux 14 nageurs. Nous nous élançons à la poursuite du bateau ouvreur. Derrière, la flottille de voiliers commence à nous rattraper. Mes premières sensations sont quelques petits frissons liés à la température de l’eau et surtout une grosse douleur au niveau de mon coude droit. Je me retrouve après 100 mètres de nage en avant dernière position. C’est parti à toute vitesse. Je suis le plus vieux et il n’y a que des jeunes. Ils ont plein d’énergie, mais auront-ils le même rythme au bout de quelques kilomètres quand les bras seront un peu plus lourds ? Les voiliers des premiers me dépassent sur la droite et la gauche. Après 500 mètres de nage, nous sommes au milieu d’un immense couloir matérialisé de part et d’autre par les voiliers. Il suffit pour nous d’aller tout droit. Mon voilier numéroté 9 se tient sur ma droite comme je l’avais demandé. Cela fait 30 minutes que je nage et mon cousin me tend mon premier ravitaillement. Je le sens un peu fébrile, c’est la première fois qu’il fait ça et je vois bien qu’il veut être à la hauteur de mes attentes. Il n’y a rien à dire, je bois mon mélange énergétique et repars à la poursuite du nageur qui me précède d’une cinquantaine de mètres. Derrière, la personne qui me suit est à plus de 200 mètres. J’en profite pour faire le point avec mon corps : ma tendinite me fait mal mais c’est supportable, mes épaules vont bien et je pense que cela doit tenir pendant les 6 heures d’effort que je me suis fixé. Tout se passe bien jusqu’à mon troisième ravitaillement. Là, je vois mon apprenti-entraîneur qui prépare ma perche de ravitaillement. Je commence à me rapprocher du bateau et lorsqu’il me la tend je suis dans l’incapacité de l’attraper. Le voilier continue sa route avec mon ravito à quelques centimètres devant mon nez. Un peu comme lorsque l’on présente une carotte à un âne pour qu’il avance. Impossible de l’attraper et je finis par voir ma boisson tomber à l’eau. Après avoir de nouveau rempli le verre, rebelote, j’augmente ma vitesse de nage pour rattraper ma boisson qui finit de nouveau à l’eau, histoire de donner de l’énergie aux poissons. Là, je commence à me poser des questions : « si ça continue, il ne me restera plus rien en fin de course ! ». Je sors la tête de l’eau et je crie au bateau de stopper. La troisième tentative se passe mieux et je peux enfin me réhydrater. J’apprendrai plus tard que pour le pilote c’était la première fois qu’il suivait un nageur et qu’il n’avait donc pas l’habitude de ce genre de situation. Heureusement pour moi, il a très vite compris et les autres ravitaillements se passeront sans encombre. Après mon troisième ravitaillement, je commence à ressentir une douleur à l’épaule gauche. Certainement due à l’effort fourni pour attraper le gobelet. Mon moral en prend un coup : une douleur au coude droit, une à l’épaule gauche et les autres nageurs qui n’ont pas l’air de faiblir. Ma motivation va vite revenir, lorsque Benjamin va m’annoncer qu’après 1h50, j’ai déjà parcouru plus de 7 kilomètres et qu’il ne me reste plus que 14,5km. J’en suis déjà au 1/3 de la course. Si je tiens le coup je peux finir en moins de 6 heures. Après un peu plus de 2 heures, un nageur abandonne. Tout en nageant je me dis : « Voilà, à partir de maintenant, ceux qui sont partis trop vite vont commencer à lâcher, je viens de gagner déjà une place ». Manque de peau, je vais vite apprendre que celui qui vient d’abandonner était derrière moi. Je suis donc maintenant en dernière position. La course devient monotone : derrière moi et sur ma gauche il n’y a que de l’eau, à droite le voilier et devant moi toute une flottille qui semble s’éloigner. Cette monotonie est de temps en temps stoppée par un vol de canards, des kayakistes qui m’encouragent, le bateau des VIP qui prennent des photos et surtout les nombreuses indications que me donne Benjamin par l’intermédiaire du tableau blanc. Il va me tenir régulièrement au courant de la distance qu’il me reste à parcourir et cela va me faire du bien moralement. Malgré des épaules lourdes je sais que je peux terminer en moins de 6 heures. Au loin, je commence à distinguer les clochers de Medemblik, je tiens le bon bout. Le premier nageur vient de terminer sa traversée en 4h22 et il me reste encore un peu plus de 5 kilomètres. Un vent léger vient de se lever et de petites vaguelettes se forment sur le plan d’eau : rien de bien méchant. En plus du voilier, le bateau du médecin m’accompagne. Il surveille que tout va bien. Il est rejoint par le bateau des VIP. Ils vont m’accompagner jusqu’à l’arrivée. Devant moi, je distingue l’entrée du chenal matérialisée par un phare vert. Au pied du phare ma femme et mes enfants sont là pour m’encourager. Il ne me reste plus que 300 mètres à faire dans le chenal. Sur les berges, les spectateurs m’encouragent et m’applaudissent. Je touche le ponton d’arrivée après 5h47 de nage et bon dernier. Deux gros balaises en tenue militaire vont me sortir de l’eau, car il n’y a pas d’échelle et après l’effort fourni, il est impossible de monter le rebord à la force des bras. Les organisateurs me félicitent et me tendent une serviette ainsi qu'un bouquet de fleurs.

 

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La remise des récompenses

Pendant que je prends ma douche, les bénévoles s’activent pour mettre en place les remises de récompenses. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on ne perd pas de temps.

Nous assistons d’abord à la remise des récompenses du championnat de Hollande puis aux différents remerciements d'usage. Vient ensuite le tour des récompenses de la traversée proprement dit. Je suis appelé au micro pour donner mes impressions sur la traversée en anglais. J’ai pu ainsi dire ma satisfaction d’avoir pu participer à cette épreuve et de l’avoir réalisée dans d’aussi belles conditions. J’en garde ainsi un très bon souvenir. Ensuite, je me vois remettre un diplôme, une plaque événementielle et la coupe ...du dernier de la traversée, comme la fameuse cuillère en bois au rugby ! Ce trophée est à remettre en jeu tous les ans. Comme je ne pense pas revenir l’année suivante, j’ai donc laissé le trophée sur lequel mon nom sera gravé et qui sera mis bien en évidence au bar. Les organisateurs vont me remettre également la feuille remplie par le juge lors de ma traversée. Je vais apprendre qu’en tout et pour tout, au court des 22 kilomètres, je me suis arrêté exactement 3 minutes 40 pour me ravitailler. Mais également que j’ai nagé avec une fréquence de nage de 68 mouvements de bras par minute, soit un total de 23600 mouvements de bras. Dis comme ça, mes épaules méritent bien quelques jours de repos et une bonne séance de massage.

 

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06.07.2010

Golfe de Maliakos : 11km en Grèce

 Présentation

Comme nous avons été bien accueillis en Grèce et que j’y ai pris du plaisir à y nager lors de mes deux marathons précédents, je programme d’y retourner en 2010. Il faut dire qu’ils ont pas mal de courses supérieures à 10kms. En 2010, mon choix se porte sur un marathon en mer dans la région de Fthiotida situé 200km au nord d’Athènes dans la Grèce centrale. Il s’agit du marathon du golf de Maliakos d’une distance de 11km le samedi 3 juillet. Ce marathon est considéré par les nageurs Grecs comme des plus beaux mais également très difficile ! Après quelques recherches sur Internet, il y est mentionné que l’eau est à 16°C ! Surprenant lorsque l’on sait que la température en Grèce est déjà de 35°C à l’extérieur et que la mer y est généralement chaude à cette période. Mais il y aurait pas mal de vent dans cette région, ce qui pourrait expliquer cette faible température.

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Cette compétition internationale est organisée par la municipalité de la ville de Raches et j’apprends 15 jours avant l’épreuve que je suis retenu par le comité d’organisation. Heureusement pour moi, car j’avais déjà tout réservé à l’avance pour bénéficier des tarifs de transport les moins chers. Lors du séjour, les concurrents sont hébergés gracieusement dans les hôtels de la région. Et c’est bien là mon premier stress avant de m’y rendre. Je dois arriver jeudi en fin de soirée, vers 21 heures à Raches, et la seule indication fournie par l’organisateur pour mon hébergement est le nom d’un hôtel (Scala) et un numéro de téléphone, mais sans aucune adresse. Après avoir de nouveau consulté internet, je m’aperçois qu’il y a plusieurs réponses et possibilités d’hôtels dans la région et aucune ne correspond aux indications données. C’est comme si j’avais rendez-vous dans un « Formule 1 » dans le département de l’Hérault, avec en prime, les indications inscrites en Grec. Je vais bien m’amuser ! Cela risque de devenir pour moi un « Athènes Express », à l’image d’une émission Télé réalité du moment, mais sans caméra. Au final, je gagnerai peut être une « amulette » de la compétition si j’arrive au bout…

 Le séjour

Après 10 heures de trains et d’avion j’arrive à l’aéroport d’Athènes. Je récupère ma voiture de location et me voilà seul au volant sans savoir lire, écrire ni parler le Grec pour trouver ma route vers Raches. J’ai juste en ma possession une carte routière acheté en France. Me voilà donc parti pour une course d’orientation de plus de 250km en voiture tout en restant extrêmement prudent, car là-bas, rappelez-vous, le code de la route n’est pas vraiment respecté. Après 3 heures de trajet dont une grande partie sur l’autoroute, j’arrive dans le petit village de Raches.

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Et là, oh, joie ! Des banderoles et des affiches annoncent la traversée, mais surtout il y a un panneau indiquant : « Hôtel Scala 400m ». Je suis sauvé, c’est bien là ! Je suis très bien accueilli par le responsable de l’hôtel. Il me remet un T-shirt et une casquette de l’épreuve à revêtir en présence des médias. Il me conduit ensuite à ma chambre et s’assure que je ne manque de rien. J’entre dans une grande pièce avec 3 lits, une cuisine et un balcon qui donne sur la mer et sa promenade. Je vais pouvoir enfin récupérer de cette longue journée de voyage malgré le bruit des télévisions retransmettant la coupe du monde de football dans les restaurants situés en dessous de ma fenêtre.

 

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 Après une bonne nuit de sommeil, je suis levé à 9 heures. Dehors rien ne bouge. Alors que le soleil affiche ses 30°C, la vie dans le village n’a pas encore commencé. Les rues sont désertes et les terrasses vides. Je décide d’aller faire une petite baignade afin de gouter l’eau. La température n’a rien à voir avec ce qu’il était annoncé sur Internet (16°C). Elle doit bien faire 25°C. Elle est très limpide et je distingue parfaitement le fond. Il y a quelques poissons par ci par là et au bout d’une centaine de mètres des substances gélatineuses. Incroyable ! Me voilà au dessus de quelques méduses à l’air inoffensif. Décidément, où que j’aille, elles me suivent partout ! Je ne vais pas m’attarder et vérifier leur passivité. Je verrais bien cela demain. Je retourne vers la plage, la trempette est finie. Autant allait se promener et visiter la région. Je fais un tour en voiture à travers les étendues d’olivier vers les villes de Stylida et de Lamia. Mais il n’y a rien d’extraordinaire à visiter si ce n’est leurs églises d’un style très Orthodoxe. Avec la chaleur, je retourne en début d’après midi à l’hôtel afin de me reposer.

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 L’organisation

Au retour de ma promenade, je croise les organisateurs. Il s’agit d’employés de la municipalité d’Echineon. Ils mettent tout leur cœur et leur savoir-faire pour que la traversée soit une réussite. Ils n’ont rien à voir avec le domaine de la natation, il n’y a pas de club à Raches. C’est une organisation digne d’un meeting électoral. Il y a des banderoles et des affiches placardées partout dans la ville. C’est bien simple, dans toutes les rues, on ne parle que du marathon et l'équipe organisatrice est aux petits soins des nageurs. Continuellement on nous demande si tout va bien et si on a besoin de quelque chose… Les nageurs arrivent au fur et à mesure, les organisateurs leur remettent les clés de leur chambre, le document reprenant le déroulé de la journée du lendemain ainsi que le T-shirt et la casquette. Il n’y a pas de briefing, tout est noté sur le document.

Les organisateurs me souhaitent à leur tour la bienvenue et me remercient de ma participation. Le marathon reste international du fait de ma présence car tous les autres nageurs sont Grecs. On me présente Christina, mon interprète lors de la compétition. Elle a également pour mission de m’accompagner sur le bateau afin de me ravitailler. Elle m’explique le programme de la journée de samedi et je lui montre ce dont j’aurai besoin lors de la traversée : le positionnement du bateau sur ma droite ; le ravitaillement à l’aide des bidons préparés à l’avance et à me passer toutes les 30’ ; la gestuelle pour m’indiquer la trajectoire. Puis elle me donne rendez-vous au lendemain matin sur la plage de départ. Je la retrouverai là avec le pilote de bateau. Mon numéro est le 18. Nous sommes d’ailleurs 18 participants pour la traversée dont 4 femmes. Je ne m’attarde pas trop car le lendemain le rendez-vous devant l’hôtel avec le bus qui doit nous amener sur le lieu du départ est prévu à 6h15 « impératif » (5h15, heure française).

 

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Après une courte nuit de sommeil, je suis au rendez-vous à 6h10. Il n’y a personne, je suis le premier et le bus n’est pas encore arrivé. Me serais-je trompé ? Et bien non, j’ai oublié de rajouter des minutes supplémentaires grecques, les fameuses minutes méditerranéennes. Le bus se présente vers 6h30 suivi sans trop se presser, des organisateurs et des nageurs. Après avoir pointé tout le monde et passé un dernier coup de téléphone au retardataire (un habitué de la traversée), nous quittons l’hôtel peu après 7 heures. Dommage, j’ai perdu une bonne demi-heure de sommeil !

 

La traversée

Nous allons rouler un peu plus d’une demi heure au cours de laquelle le responsable de la course va nous faire signer une décharge et présenter les nageurs un par un. Evidement, je n’ai pas compris ce qu’il a dit sur moi… Nous arrivons un peu avant 8 heures dans la petite station balnéaire de Karmana Vourla. C’est sur une des plages de la station que nous attendent les bateaux qui vont nous accompagner pour le 12ème marathon du golf de Maliakos. Je retrouve Christina qui récupère mes affaires et me présente le pilote du bateau, un jeune homme chaleureux ravi de m’accompagner.

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 Le départ prévu à 8 heures et décalés de 15’ afin de nous laisser le temps de nous préparer et aux accompagnateurs d’embarquer. Je me badigeonne d’une crème protectrice contre le soleil et les méduses. On ne sait jamais au vu de mon entraînement de la veille, cela peut toujours être utile.

Le départ est donné à 8h15 au 18 concurrents. Nous allons devoir nager 6 miles, soit un peu plus de 11kms pour nous rendre jusqu’à la plage de Raches. Après quelques mètres de nage, nous sommes au milieu d’une flottille de bateaux qui cherchent à grands cris où se situe leur nageur. Cela va dans tous les sens. Je manque de me prendre un bateau qui me coupe la route et me stoppe net. Après une centaine de mètres, je suis rejoint par mon bateau et son équipage. La traversée peut commencer sereinement.

 

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 La température de l’eau est de 25°C et dehors le thermomètre affiche déjà 28°C. Le temps est très ensoleillé et la mer est ultra plate. Des conditions de rêve vite stoppée avec les premières méduses. Il y en a de toutes les tailles et de toutes les formes. Pour certaines, c’est la première fois que je les vois. Par chance, elles sont éparses et à mi-profondeur. Avec la limpidité de l’eau, on les voit venir assez tôt. Je ne sais pas si c’est la pommade ou les méduses qui sont inoffensives mais je n’ai pas été piqué. Dès les premiers 500 mètres, je me retrouve aux commandes de la course avec un jeune nageur Grec. C’est alors que nous allons commencer à jouer au « Yo-yo ». La position change en fonction de la prise des ravitaillements. Un coup, il est devant, un coup c’est moi. Par contre nos trajectoires sont différentes. Il nage environ 100 mètres sur ma gauche.

 

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Derrière, le troisième nous talonne à quelques mètres sur ma droite. A mi-parcours je peux contempler sur ma droite l’île d’Evia. Toutes les 30’, Christina remplit son rôle comme nous l’avions convenu. Elle me fait passer ma gourde reliée à une ficelle. A l’intérieur, la boisson énergétique qui doit me permettre d’aller jusqu’au bout. Lorsque je nage, je la vois souvent regarder avec des jumelles et discuter avec le pilote. Cela me rassure, elle doit prendre la bonne trajectoire. Dans la 2ème partie du parcours, une flottille de bateaux nous a rejoint et nous escortera jusqu’à l’arrivée. A bord de certaines d’entre eux, il y a les médias. Mes accompagnateurs m’applaudissent, il reste encore 2 kilomètres à parcourir et je jongle toujours entre la première et deuxième place avec le jeune Grec. Nous sommes sur la même ligne mais espacé d’environ 50 mètres. Il n’y a pas d’entonnoir d’arrivée. Le premier sur la plage gagne. Dans les derniers 500 mètres, la jeunesse l’emporte et termine en 2h56’. Je fini 40 secondes derrière.

 

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A la sortie de l’eau, l’accueil est des plus chaleureux. Le maire me tend une serviette et une bouteille d’eau puis il me prend dans ses bras, me félicite et m’embrasse ! Va s’enchaîner ensuite de nombreuses accolades des organisateurs. Curieusement, les hommes me font la bise alors que les femmes me serrent la main ! C’est la tradition grecque… J’ai droit à de nombreux : « Congratulation ! » Les personnes sont à mes petits soins. Christina et le pilote me rejoignent et me félicite. J’en profite surtout pour les remercier de ce qu’ils ont fait pour moi. Sans eux, je n’aurais peut-être pas réalisé cette place. Je vais ensuite répondre aux questions des journalistes télé et me livrer aux séances photos avec plaisir. Pendant ce temps, les autres nageurs en terminent avec l’épreuve. Les 18 concurrents vont en découdre en moins d’une heure par rapport au premier. Nous avons tous rendez-vous à 14 heures pour la cérémonie protocolaire. Cela laisse le temps de retourner à l’hôtel se doucher et se reposer.

 

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 La cérémonie protocolaire

Le lieu de la cérémonie est prévu dans un restaurant à l’intérieur du village. Le maire et son équipe d’organisation sont déjà là. Il y a au centre les trophées et les récompenses et tout autour des tables pour accueillir les nageurs autour d’un repas. Il est 14 heures et je suis le premier. J’ai encore oublié l’heure méditerranéenne. J’ai encore droit aux félicitations et à leur gentillesse à mon égard. Les autres nageurs, les pilotes de bateaux et tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette épreuve ne tardent pas à arriver à leur tour. Nous passons à table et nous avons droit à un repas typiquement Grec. Avant les desserts, le maire prend la parole, c’est l’heure des remerciements puis de la remise des récompenses. Tout les participants reçoivent une médaille, un diplôme et des produits locaux (huile d’olive, olives…) pour les trois premiers, nous avons droit en plus à une coupe. Mais ce que je vais trouver de super, c’est que pour une fois on n’oublie pas les pilotes de bateaux. Chaque pilote est appelé avec le nageur et se voit attribuer un diplôme. Un petit geste sympa à garder en mémoire si j’organise un jour un marathon. Nous passons ensuite au dessert et le maire va de nouveau reprendre la parole pour me remercier de nouveau de ma présence entraînant les acclamations de la salle. Chapeau pour l’hospitalité et la qualité d’organisation ! C’est vraiment agréable de venir nager en Grèce. Les deux premières expériences m’avaient laissé le même sentiment. Je reviendrais surement, ils ont d’autres marathons et si j’ai un conseil : « N’hésitez pas à aller faire une traversée là-bas… »

En attendant d’y revenir, me revoilà parti à 2 heures du matin sur les routes grecs en direction de l’aéroport pour un voyage de plus de 10 heures qui me ramènera à la maison.

22.06.2010

Cologne : 12km en Allemagne

 Une traversée au parfum !

En surfant sur la vague du Net, je découvre qu’en Allemagne vient d’être créer une nouvelle épreuve de 12km à la nage sur Cologne. Cette épreuve se déroule le dimanche 20 juin 2010 et vient s’ajouter aux épreuves de natathlons (nage et course à pied) existantes lors des deux éditions précédentes. L’organisation de cette journée incombe aux clubs de triathlon de Cologne. L’épreuve a lieu dans un lac situé au nord de la ville appelé « Fühlinger See ». Il s’agit d’un plan d’eau où se disputent habituellement les compétitions d’aviron. Plus d’une cinquantaine de nageurs sont inscrits sur ce petit marathon. En plus des Allemands, il y a des Ukrainiens, des Grecs, des Anglais et deux Français, Cathy et moi. Alors que les « natathloniens » longue distance auront à effectuer deux tours de bassin de 2km à la nage avant d’enchaîner 21km de course à pied, les « athloniens nageurs » que nous sommes aurons à parcourir quatre tours supplémentaires de 2km. A la veille de l’été, nous n’avons toujours pas eu de période de grosse chaleur et avec la vague de froid qui s’étend sur l’Europe notre inquiétude se porte sur la température de l’eau. J’espère que nous pourrons y participer en maillot. De toute façon nous n’avons pas de combinaison et espérons qu’ils ne nous empêcherons pas de nager.

Les repérages

Nous arrivons sur Cologne la veille de l’épreuve, il fait froid et le temps est orageux. Notre plus grande inquiétude dans ces conditions est de connaître la température de l’eau. Pour cela nous nous empressons de nous rendre sur le lieu où doit se dérouler l’épreuve. C’est également l’occasion de faire des repérages et voir combien de temps il nous faut pour nous rendre sur le site. Après bien des péripéties pour trouver notre itinéraire, transport en train avec plusieurs correspondances, transport en bus et marche à pied, nous arrivons aux abords du " Fülhinger See ". Nous cherchons sur un plan le lieu de rendez-vous et nous voilà parti au milieu de la végétation et de nombreux chemins de terre vers le plan d’eau. Sans plan, ni boussoles, je fais aventurer Cathy et son mari, qui doit nous ravitailler, vers un chemin sans issu au pied d’un plan d’eau qui ne correspond pas du tout au site de l’épreuve. Pris sous la pluie, nous décidons de prendre la température de l’eau à cet endroit puis de rentrer vers le centre ville. Je sors le thermomètre, il affiche à l’extérieur un pénible 16°C. Lorsque nous le mettons dans l’eau, nous avons l’agréable surprise de le voir grimper et afficher un 17,8°C. Ouf ! Quel soulagement, nous allons pouvoir nager en maillot et sans utiliser de la graisse. Nous voilà donc de retour sur le centre ville de Cologne moins tendus et inquiets qu’à l’aller. Nous allons visiter la Cathédrale de la ville dont les tours sont les plus hautes du monde.

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Dans l’eau de Cologne

Le dimanche 20 juin au matin, le ciel est couvert mais il ne pleut pas. Grâce à nos repérages de la veille, nous voilà partis sans stress pour le " Fülhinger See ". A notre arrivée, une superbe organisation est en train de se mettre en place. La sono joue de la musique entraînante et des enfants se préparent déjà pour leurs mini-triathlons. Avec Cathy, nous allons retirer nos bonnets et nous renseigner sur la suite des événements.

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 Notre départ est prévu à 10h et il y a plus d’une quarantaine de nageurs d’inscrits (une trentaine de garçons et une dizaine de filles). Nous rejoignons les gradins pour commencer à nous préparer et voir les enfants participer aux différentes épreuves. Il est 9h45 et nous sommes appelés pour le départ. La température de l’eau est à 17°6C. Nous sommes une dizaine à être en maillot et les autres en combinaison. L’épreuve est organisée par un club de triathlon et les combinaisons sont acceptées. A 9h55, nous avons droit à l’hymne Allemand puis nous nous mettons à l’eau. A 10h00, le départ est donné et nous voilà partis pour 6 tours de 2km dans une piscine géante. Le plan d’eau est un site de compétition d’aviron, tous les 10 mètres il y a une petite bouée, tous les 50 mètres une grosse bouée et tous les 250 mètres de grosses pancartes. Au bout d’1km nous contournons une bouée et faisons le chemin à l’envers. A chaque bouée de contournement il y a un ponton de ravitaillement. Sur l’un deux, Bernard, le mari de Cathy, s’y est installé pour nous ravitailler.

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 Je mets un peu plus de 31’ pour faire le premier tour et je suis dans les 15 premiers. Je vais nager régulièrement dans les tours suivants (32’ environ) et dépasser progressivement les nageurs qui me précédent. Je me ravitaille tous les deux kilomètres avec une boisson énergétique. Lorsque j’attaque mon dernier tour je suis en 9ème position. J’ai des nageurs en point de mire. 

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Ils sont en train de craquer… Je vais doubler 4 nageurs et me retrouver en 5ème position. Le plus dur reste à faire car une fois les 12km de nage terminés, il nous faut courir environ 200m jusque sous un portique d’arrivée, avec les jambes complètements ramollies. J’arrive devant les marches d’escalier qui nous permettent de sortir de l’eau, on me lève péniblement, je marche un peu et arrive à courir les quelques derniers mètres. Sous les encouragements des pom-pom-girls qui font une haie d’honneur, je franchis la ligne en 5ème position (sur 27 arrivants), je viens de mettre 3h13’22’’.

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 Je suis content de mon résultat, je voulais mettre moins de 3h15. Derrière les autres nageurs arrivent : pour certains épuisés avec des difficultés pour marcher, d’autres le cou en sang suite aux irritations de la combinaison… Cathy terminera un peu moins de 30’ après moi, elle finit 6ème des filles (sur les 7 arrivants). Nous recevons une médaille de " finisher " et un collier de fleurs en tissu. Après une bonne douche, nous allons profiter des séances de massage proposés par l’organisation.

Pour ceux qui désirent faire une épreuve de plus de 10km en Europe, je vous recommande vraiment celle-ci…

09.06.2010

Montargis - Cépoy : 15km coupe de France

 Dans le but de promouvoir la natation en eau libre et faire connaître les principales traversées existantes en France, la FFN met en place, en 1999, la première coupe de France de natation en eau libre. Cette coupe a pour objectif de permettre aux nageurs amateurs de grands espaces de pratiquer leur sport tout au long de l’été ainsi que de les préparer et les sélectionner aux championnats de France et autre compétitions internationales. Elle permet également aux principales organisations existantes de se fédérer, tout en les labellisant. Treize étapes de 5km ont composé la première édition. Cette coupe de France remporte un vif succès et les organisateurs présents la première année décident de renouveler l’expérience l’année suivante. D’autres sites intéressés font leur demande pour intégrer le circuit. Devant cet engouement, la FFN doit modifier son règlement et inclure les traversées d’une distance inférieure et supérieure à 5km. A partir de 2003 le championnat de France 25km compte comme étape de la coupe de France. C’est la seule distance supérieure à 10 kilomètres. Il faudra attendre 2008 pour voir apparaître dans le calendrier national une étape de 15 kilomètres dans le Loiret.

 Présentation

Cette épreuve a lieu le premier week-end de juin dans le cadre du « Trophée des 3 îles de Cépoy ». En 2010, elle se déroule dans le cadre de la fête du nautisme de l’Agglomération Montargoise sur le plan d’eau de Cépoy. Il faut effectuer neuf boucles d’un circuit d’1km600 autour de 3 petites îles. Ce type de parcours est fréquent en plan d’eau ayant une surface réduite. Cela comporte beaucoup d’avantages pour les organisateurs. Le nageur dispose de ses affaires au départ et à l’arrivée, le public voit souvent passer les nageurs et il y a possibilité d’un point de ravitaillement fixe. En ce qui me concerne, s’il y a bien une chose que je déteste, ce sont ces circuits à reproduire plusieurs fois. Je préfère nettement les épreuves en ligne droite car, pour moi, c'est plus facile à gérer psychologiquement. Mais s'il existe une épreuve de plus de 10 kilomètres en France, pour un passionné de marathon comme moi, il faut que j’y participe au moins une fois ! N’ayant pu m’y rendre lors des précédentes éditions en raison d'un planning assez chargé, en 2010, je bloque ce week-end là sur mon agenda sportif et n’hésite pas à m’inscrire dès l’ouverture des inscriptions. Un autre impératif m’oblige à participer à cette épreuve : durant l’été 2010, j’aimerais pouvoir participer en Hollande à l’un des plus anciens marathons amateur européen, la traversée de Stavoren à Medemblick. Pour pouvoir envoyer mon dossier et espérer participer à la course hollandaise, je dois justifier avoir nagé un 15km en moins de 4h11’.

 

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Un ami de 30 ans

Mais voilà, quinze jours avant la traversée, nous avons quelques jours de beau temps et j’en profite pour aménager mon jardin et faire du désherbage. Quelle erreur ! Au final, j’ai droit à une superbe tendinite du coude droit : mon « désherbelbow ». Lorsque je nage, j’ai une légère douleur et il m’est difficile d’attraper une bouteille pendant les ravitos. Cela risque d’être un peu gênant lorsque je vais devoir me ravitailler. Je pense déjà que cela va être dur de réaliser le temps pour la Hollande. Mais malgré la douleur et les mauvaises conditions météos annoncées, je monte y participer car cette traversée dans le Loiret est l’occasion pour moi de revoir mon ami nageur Jean-Luc et sa famille. Je ne l’ai plus revu depuis notre dernière virée en Italie pour les championnats du monde des maîtres de 2004. Je vais monter la veille chez lui et faire le trajet en train que j’ai souvent fait auparavant lorsque je montais le rejoindre avant de nous rendre sur des traversées. Il habite à 200 mètres de la piscine où il s’entraîne habituellement. Ce jour-là se déroule une compétition pour les enfants. Je vais avoir l’occasion de revoir des amis et dirigeants que je n’avais pas vu depuis longtemps. Nous allons nous remémorer tous nos souvenirs et ce que nous avons fait depuis tout ce temps passé ! Les enfants  de JL ont bien grandi et le lendemain Jean-Luc s’est inscrit avec son grand garçon, Valentin, sur l’épreuve de 3 kilomètres qui se déroule en même temps que le 15 kilomètres. Le dimanche matin, nous voilà partis tous en ensemble en voiture comme au bon vieux temps pour Cepoy.

 

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Le briefing

Arrivés sur place, le temps est maussade et des averses sont annoncées. Certains nageurs que nous croisons parlent d’annulation. Nous nous dirigeons au secrétariat pour avoir plus d’information et on nous informe que l’on en saura plus dans un quart d’heure lors du briefing. Nous récupérons notre bonnet et attendons le briefing. Les nageurs du 3 et du 15km se retrouvent quelques instants après autour des officiels de la course. Nous apprenons que la température de l’eau est à 22°C mais que les conditions météo risquent d’entraîner l’annulation de l’épreuve. Le départ aura lieu à l’heure prévue mais si au cours de l’épreuve les conditions météos engagent la sécurité, la course sera arrêtée. De grosses averses avec orages sont attendues. Dans ces conditions on nous explique ce que le règlement, ou plus exactement "leur" règlement prévoit. Si c’est pendant les 3km, les épreuves sont annulées et il n’y aura pas de classement. Si c’est pendant le 15km, il faut que le premier ait couvert les 2/3 de la course pour qu’un classement soit établi en fonction des positions sinon il n’y aura pas de classement. Sympa, pour moi qui ai besoin d’un temps sur 15km ! Mais comme je le dis souvent : « la météo est une science inexacte », avec un peu de chance cela va se vérifier et il n’y aura pas d’annulation de course…

 

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La course

Le départ des 3 et 15km est donné en même temps. Nous sommes environ une centaine à nous élancer dont une trentaine pour le 15km. Pour nous différencier, la couleur des bonnets n’est pas la même. Les bonnets blancs du 3 km partent à toute allure et il faut éviter de se mettre dans leur rythme si l’on ne veut pas avoir de surprise par la suite. Je m’écarte légèrement et me mets à nager à mon rythme. Si je veux nager moins de 4h11, je dois effectuer le tour en moins de 28’. Avec les années, je nage comme un diesel, je prends un rythme et j’essaie de le garder jusqu’à la fin. Fini les accélérations usantes pour rattraper ou éviter de se faire accrocher par un nageur. Je boucle mon premier tour en 25’. J’en profite pour prendre mon premier ravitaillement que me tend depuis un ponton la mère d’une nageuse montpelliéraine. Lorsque je saisis la gourde avec mon bras droit, je ressens une horrible douleur. Mon « desherbelbow » me fait excessivement mal et je suis obligé de changer de main. Un peu gauche avec l’autre bras, j’arrive malgré tout à me ravitailler et reposer la gourde sur le ponton. Je repars avec une vive douleur au bras. Le temps commence à se gâter et la pluie fait son apparition. Par chance, il n’y a pas d’éclairs en vue. Pour les nageurs ce n’est pas grave, nous sommes déjà mouillés mais pour les organisateurs ce n’est certainement pas très agréable. Mes félicitations aux bénévoles !!! A la fin de ce deuxième tour les nageurs du 3km en ont fini. Je vais mieux situer les autres nageurs qui accomplissent le même parcours que moi. Loin devant, un nageur a déjà bien creusé les écarts et commence à rattraper les derniers. Derrière, je nage avec une nageuse Montpelliéraine, Julie, qui a le même rythme que moi. Nous allons faire les 15km ensemble. C’est plus sympa et plus motivant de nager à deux. D’ailleurs dès le 4ème tour la fatigue apparaît et je commence à ressentir des difficultés, j’ai des douleurs au coude et psychologiquement je me dis que je n’en suis même pas à la moitié. Je déteste faire des tours !!! Le fait d’être à deux et de se soutenir permet de retrouver de l’énergie. Je me doute qu’elle est dans les mêmes conditions psychologiques. Avec quelques encouragements lors des ravitaillements, nous effectuons les tours suivants à un rythme régulier. Nous bouclons les tours en 26’ et 27’. Le premier nageur vient d’emprunter l’entonnoir et de franchir la ligne d’arrivée. Il nous reste pratiquement deux tours à parcourir. La météo est plus clémente, il ne pleut plus et nous sommes rassurés car à ce stade l’épreuve ne sera pas annulée. Enfin arrive le dernier ravitaillement, il ne faut pas craquer. Une bonne dose de boisson énergétique, un petit encouragement et c’est reparti. De savoir que c’est bientôt fini, cela me donne des bras et j’accélère un peu, cela serait bien de terminer en moins de 4 heures. Derrière la nageuse s’accroche, c’est super elle tient le coup. Nous arrivons ainsi à terminer les 15km en 3h57. Mission accomplie ! Après l’arrivée, je me dirige vers le ravitaillement mais il ne reste plus grand-chose. Il faut dire qu’une centaine de nageurs, entre les 3 et 15km, sont passés devant nous. Aucune récompense événementielle n’est remise aux nageurs, pas de T-shirts ni de médailles, seul les trois premiers sont récompensés. C’est dommage pour les autres nageurs qui viennent de fournir un tel effort.

Pour ma part, je suis content, je viens de remplir mon objectif et je peux envoyer ma candidature pour nager en Hollande. Il ne me reste plus qu’à prendre une douche (située à 800 mètres de l’arrivée !) avant de me faire accompagner à la gare par mon ami Jean-Luc qui reste très compétitif car il a nagé plus vite que son fiston !

28.07.2009

Traversée du lac de Zurich à la nage

En Suisse, il existe depuis longtemps maintenant et bien avant l’existence de l’eau libre en France un circuit de traversées à la nage. Ces traversées sont reprisent dans un calendrier édité chaque année et dans lequel nous avons puisé et participé à bon nombre d’épreuve, notamment avec mon ami Jean-Luc. C’est ainsi qu’après la traversée du lac Léman (Lausanne – Evian), nous nous sommes déplacés et avons nagé successivement dans le lac de Neuchâtel, le lac de Murten et le lac Majeur. Dans ce calendrier figure chaque année une épreuve de 26,4km dans le lac de Zurich. Il est temps pour un passionné de marathon comme moi de m’y inscrire. J’entraîne avec moi Cathy, toujours présente pour ce genre d’aventure. Cette traversée est organisée par le « Sri Chinmoy Marathon Team » et elle est très prisée car à peine un mois après l’ouverture des inscriptions, c’est déjà complet. Nous en avons fait les frais en 2008. Il faut dire que la traversée peut s’effectuer en maillot, en combinaison ou en relais. C’est ainsi qu’en 2009, nous bouclons notre dossier et l’envoyons le jour de l’ouverture des inscriptions. Nous sommes bien enregistrés dans la catégorie en maillot de bain et nous allons pouvoir participer à la 22ème édition du marathon international de natation Rapperswil - Zurich le dimanche 26 juillet 2009.

 

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Le voyage

Cathy, mes coachs (ma tendre épouse et mon fiston) et moi partons le vendredi 24 juillet 2009 au matin en voiture pour un périple qui doit nous conduire jusqu'en Suisse. Le trajet est long jusqu’à Zurich, plus de 700 kilomètres. Pour éviter la fatigue, nous faisons une halte en fin d'après-midi dans la ville de Fernay-Voltaire à la frontière avec la Suisse. Nous en profitons pour faire un plouf dans la toute nouvelle piscine municipale. Nous faisons un bon kilomètre dans l’eau pour nous détendre des 5 heures de routes…

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Après une bonne nuit de sommeil, nous voilà parti pour la Suisse. A notre arrivée le samedi à Zurich, nous nous rendons à l'aéroport pour aller chercher le mari de Cathy qui sera son coach. Il arrive de Paris où il vient à peine de terminer sa semaine de travail. Pas le temps de se reposer, nous avons le briefing dans 2 heures. Avant, nous devons confirmer et déposer nos bagages à notre hôtel situé en plein centre de Zurich. La ville se trouve dans une ancienne vallée glacière à 408 mètres d’altitude. Sa surface est de 92 km², dont 4 km² sont occupés par le Lac. Difficile de trouver du premier coup, nous tournons un peu en rond avant de nous apercevoir que notre hôtel se situe dans une zone piétonne. Il nous faut donc laisser notre voiture dans un parking hors de prix et faire plus de 800 mètres à pied avec tout notre matériel, sac de voyage mais également le ravitaillement. Nous prenons possession de nos chambres, et comme les aventures se répètent nous sommes hébergés dans une sorte d’auberge de jeunesse située au dessus des restaurants, une bonne nuit en perspective…

Après nous être installés, nous retournons à notre voiture pour nous rendre à Rapperswil, jolie petite ville surnommée la Ville des Roses. Elle se trouve sur la rive nord du lac, c’est là que dans moins d’une heure le briefing de la course doit avoir lieu.

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Le briefing

Vitesse limite oblige, nous mettons pratiquement une heure pour effectuer un trajet d’une trentaine de kilomètres. La pression monte, nous allons rater le briefing. Un stress inutile, car malgré la précision Suisse, à notre arrivée cela n’avait toujours pas commencé. Nous allons même pouvoir retiré auprès du secrétériat nos bonnets et T-shirts de la compét’ avant de nous rendre dans la salle bondée. Les organisateurs terminent les derniers réglages de leurs ordinateurs et le briefing peut commencer. Nous tentons de comprendre avec beaucoup de concentration les recommandations en anglais des organisateurs. Pour ma part, je ne capte qu'un mot sur deux mais d'ordre général il s'agit toujours des mêmes consignes d'une traversée à l'autre ! Ce qui est vraiment intéressant c'est que le discours est illustré d'un diaporama qui montre ce à quoi il faut s'attendre le lendemain. Le lac de Zurich a la forme d’une banane longue de 42 kilomètres. Il se compose de deux parties, séparées par un fort rétrécissement à hauteur de Rapperswil. Nous allons devoir nager la partie nord du lac en longeant la rive de Rapperswil jusqu’à Zurich soit un total de 26,4km.

Un des participants, prénommé Beat, prépare une thèse sur l'étude anthropométrique des nageurs de marathon avec le calcul de la masse adipeuse. Nous sommes conviés à la fin du briefing, à nous faire mesurer de long en large et même en travers avec un drôle d'appareil indolore en forme de pince, il va même nous apposer de drôles d’électrodes sur notre corps. Toutes nos mesures sont consignées sur une fiche type... Les résultats nous seront envoyés quelques mois plus tard et je découvrirai que je possède une masse graisseuse.de 21,9% et une masse musculaire de 46,7%.

 

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 Retour sur Zurich en longeant le lac et en prenant des repères. Celui qui porte le plus mon attention est une énorme cheminée d’usine. Elle est située exactement à 3 kilomètres avant l’arrivée. Dès que je la verrai j’en aurai quasiment fini.

C’est parti pour une courte nuit de sommeil, le réveil est prévu à 4h du matin.

 

Le départ

Préparation des mélanges énergétiques, concentration maximale et nous voilà parti dans le petit matin pour 3/4 d'heure de route pour atteindre la ville de départ à l'autre bout du lac. Là nous sommes accueilli par un petit déj’ suisse (au muesli) au pied du château médiéval de Rapperswil, emblème de la ville. Nous faisons la connaissance des pilotes et de leurs bateaux. Nous avons la chance de tomber sur un adorable monsieur, Hansruedi Huber, qui parle français et possède une jolie barque. Il va ramer sans s'arrêter pendant tout mon parcours en se ravitaillant au muesli !

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 C’est l’heure du graissage, tous les nageurs sont sur une bâche pour éviter de salir et graisser le parquet. La température de l'eau est à 20C°. Il suffit donc juste de graisser les endroits où cela va frotter. A côté de moi, il y en a qui se tartinent tout le corps, notamment un jeune indien qui doit tout juste avoir 16 ans. Cela me rappelle mes erreurs de jeunesse. Il est tout excité et doit certainement participé à son premier marathon. J’ai du mal à lui faire comprendre qu’il ne faut pas en mettre tant. Nous faisons également la connaissance d’un autre français qui participe à l’épreuve. Il s’agit de Sylvain, un strasbourgeois qui fait ses études en Irlande me semble-t-il. Il se prépare avec d’autres amis irlandais à traverser la Manche en septembre. Traversée qu’il réussira en 14h44’

Le départ des 115 inscrits (équipes-relais, nageur en combi et une trentaine en maillot comme moi) est donné à 7h précises, ma femme et mon fils sont dans le bateau avec le "rameur" et me suivent au bout de quelques mètres pour ne plus me lâcher pendant la traversée.

La course

Dès le départ je me sens très bien, je reste groupé avec une jeune allemande et le jeune indien. Mais dès mon premier ravitaillement je les distance sans vraiment chercher à le vouloir. Le jeune indien est déjà à la peine. Erreur de graissage !

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Ensuite je fais ma course tranquillement en tentant de temps en temps de rattraper un jeune nageur anglais en tête. Il est devant moi et toujours dans ma ligne de mire à une centaine de mètres. Je suis en seconde position et premier de la catégorie des plus de 40 ans. Le lac est calme et le soleil commence à chauffer. Les quelques vaguelettes que nous subissons proviennent des bateaux organisateurs qui font des aller et retour entre la tête et la queue de la course. Certain bateau, accompagnés de la presse s’arrête à nos côtés pour prendre des photos et filmer.

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Autour de moi le paysage est magnifique, je distingue des maisons luxueuses en bord de lac, des montagnes tout autour, des vignes sur des terrains pentus, des clochers à chaque changement de village, des petits ports très pittoresques. La plupart des localités riveraines sont desservie par des bateaux de ligne. Et après avoir passé 3 heures à nager dans cette eau calme, nous allons être secoués par le ballet incessant des bateaux qui traversent d’une rive à l’autre.

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 Un bateau à roue à aube historique part du port de Mielen et passe devant moi. A cet instant nous sommes au point de contrôle des 14,4 km, je passe en deuxième position (en 3h42) à 4 mn du premier ce qui me donne une patate d'enfer ! Mon fils agite son petit drapeau français sur le bateau, c'est la première fois qu'il m'accompagne de si près sur une traversée, je suis motivé !

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 Physiquement, je me sens bien et décide de mettre une petite accélération. Je rattrape le nageur devant moi et me situe au vingtième kilomètre, 25 mètres derrière lui. Seulement, les gros bateaux qui effectuent régulièrement la traversée du lac créent des vagues importantes qui me gênent un peu et rendent la fin du parcours plus difficile, mon épouse en subit les nauséeuses conséquences.

Je distingue au large la grosse cheminée, quand je serai à sa hauteur il ne me restera plus que 3 kilomètres. Se sentant suivi de près le nageur anglais devant moi accélère de nouveau. J'essaie de maintenir l’écart. Je vois doucement l'arrivée se profiler à l'horizon.

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 La ligne finale ("Ziel" en allemand) est matérialisée par des tentes jaunes et une arche en ballons, enfin le but est là ! Dernière accélération pendant les 3 derniers kilomètres pour essayer de rattraper et dépasser le jeune anglais, mais rien y fait, il arrive tout de même 2 mn avant moi !

Je suis très heureux de terminer en 7h17  et premier de ma catégorie. L'accueil est très sympathique, on nous offre des colliers de fleurs à l'arrivée. Je suis interviewé et je réponds aux questions avec un anglais qui fera par la suite bien rire mon entourage. Nous avons à notre disposition des ravitaillements à profusion et nous pouvons également aller nous faire masser ! Pendant ce temps les autres nageurs en terminent avec ce marathon.

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 Le jeune indien, malgré avoir mis autant de graisse, terminera épuisé mais heureux deux heures après moi et quelques minutes devant Sylvain le strasbourgeois.

Pour Cathy, malheureusement, le parcours n'a pas été si idyllique, elle a beaucoup souffert du froid, du mal de mer, et son ravitaillement ne lui a pas convenu ! Elle arrive tout de même 4ème fille de sa catégorie.

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La journée se terminée avec la remise des récompenses : bouquets de fleurs, coupes, spécialités suisses comme le ...muesli !

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Pas mal de photos ont été prises avant, pendant et après le marathon, une vidéo sera même prochainement mise en ligne sur le site de la traversée. Souriez même en nageant, vous étes filmés !!!

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22.05.2006

Aiguebelette : championnat France 25km 2002

 En juin 2002, le championnat de France des 25km est programmé dans le lac d’Aiguebelette, en Savoie. Il a lieu juste un mois et demi avant notre défi et va nous permettre de nous jauger. Cathy, Alexandra et moi-même y sommes inscrits. François, malheureusement est pris par des obligations professionnelles. Nager en lac n’a rien à voir avec ce qui nous attend en Grande-Bretagne. Mais ce n’est pas grave, il nous faut nager et faire des kilomètres quel que soit le lieu. canard.jpgC’est sûr, il n’y a pas de courant, pas de vagues et pas de méduses… Pas de méduses, d’accord, mais il y a la « dermatite cercarienne ». Qu’est ce que c’est que cette bébête ? Plus communément appelé chez les nageurs la « puce de canards ». Ce parasite microscopique s’attrape dans certains de nos lacs lors de traversées en eau peu profonde et herbeuse, et provoque une réaction cutanée. Semblable à une piqûre de moustique, la gêne s’intensifie au cours de la nuit mais régresse au bout de quatre à cinq jours.Pour éviter que ces parasites ne pénètrent dans la peau, le nageur doit à la sortie de l’eau se frotter à l’aide d’une serviette. Dès l’apparition des premiers signes, il faut apposer de la glace afin de soulager l’irritation puis consulter un médecin ou un pharmacien afin qu’il prescrive une crème apaisante. Ouf ! C’est moins galère qu’une méduse ou tout autre animal marin.

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Cette année, la commission nationale d’eau libre a laquelle je participe a décidé de jouer la carte du regroupement. Toutes les épreuves d’eau libre (5, 10 et 25km) ont lieu sur le même site tout en respectant l’ordre précis des championnats d’Europe. Tous les spécialistes de la discipline sont présents le 6 juin 2002. Les championnats de France débutent donc par le 25km dames. Sur cette épreuve, je vais « coacher » Cathy même si je nage le lendemain. Cette première course est marquée par des conditions météorologiques très difficiles : le froid  avec une eau à 18°C et la pluie qui viendra perturber la fin de l’épreuve. Alors que cinq filles ont déjà franchi la ligne d’arrivée, sur le plan d’eau il reste encore Alexandra et Cathy. Elles ont encore à effectuer un kilomètre pour Alexandra et 2 kilomètres pour Cathy avant de terminer.

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A cet instant, nous allons prendre une saucée phénoménale. Dans le bateau, on commence à écoper, je suis trempé et complètement frigorifié. Ce n‘est pas vraiment génial avant le 25 kilomètres garçons de demain. Les éclairs et le tonnerre font leur apparition. La foudre tombe à une cinquantaine de mètres d’Alexandra. Les conditions sont telles qu’elles vont devoir être stoppées par mesures de sécurité ! Je veux faire monter Cathy, mais elle ne veut pas s’arrêter. Je la comprends, mouillé pour mouillé, elle ne craint rien, mais il y a les éclairs. A contre cœur, elle grimpe malgré tout dans le bateau. Nous filons à toute vitesse nous mettre au sec. C’est en étant du côté des coachs que je réalise la part d’abnégation dont font preuves nos accompagnateurs pour que nous puissions réaliser notre passion. Franchement, je leurs dis chapeau et merci ! Le soir, je suis épuisé et j’ai tellement mal à la tête que je ne me fais pas prier pour aller au lit.

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Après les pluies diluviennes de la nuit, le lac a complètement changé d’aspect. Par endroit, l’eau est marron et aux embouchures des ruisseaux des troncs d’arbres flottent à la surface. Le parcours de la veille ne subit que quelques modifications mais la température de l’eau a chuté d’un bon degré. Nous sommes douze courageux biens graissés à nous lancer à l’assaut de ce 25 km dans une eau à 17°C. Chacun avec des ambitions différentes, certains sont là pour une qualification aux championnats d’Europe, d’autres pour terminer tout simplement. Mon objectif est de terminer sans y laisser de « plumes ».

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Pour cela, il y a Cyril, ancien nageur de marathon qui est là pour me « coacher » et éviter que je me mette dans le « rouge ». Comme on peut s’y attendre, dès le départ, les internationaux français prennent la tête et mènent l’allure. Derrière, le groupe de nageurs s’étire créant de grands écarts. Je nage tranquillement, je n’ai aucune sensation de fraîcheur. Mon accoutumance hivernale à l’eau froide est efficace. Au bout d’une heure trente, j’apprends par Cyril, que trois nageurs transis de froid abandonnent, parmi eux un des prétendants au titre. Cette course est idéale pour les nageurs qui supportent l’eau froide. Les nageurs de piscine ne sont pas à leur avantage. Sur le bateau, Cyril m’informe que je suis en 6ème position. Je suis au même rang que l’an passé. Le nageur qui me suit est à 500 mètres. Aux environs du dixième kilomètre, l’eau fraîche a raison de trois nouveaux nageurs. Le nombre des abandons est porté à 6. Cyril me fait de grands signes, les pouces vers le haut, je suis 3ème Français pour l’instant, incroyable !!!

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 Il ne faut pas abandonner, ni se faire doubler. Il reste encore une douzaine de kilomètres. Malgré les positions bien établies, je vais avoir tendance à m’emballer pour éviter de me faire rattraper. Heureusement que Cyril est là et veille à ce petit détail. Souvent, il me fait signe de ralentir. Mais rien n’y fait, c’est l’euphorie ! Et ce qui devait arriver, arriva. Je vais me fatiguer inutilement et les 5 derniers kilomètres vont paraître une éternité. C’est avec peine que je termine ce championnat de France, mais je suis ravi car je monte finalement sur la troisième marche du podium…

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20.04.2006

Barcarès : championnat France 25km 2001

 Remake des dents de la mer

 En juin 2001 la région Languedoc-Roussillon accueille le championnat de France de 25km à la nage. Il a lieu au Barcarès (Pyrénées-Orientales). Après m’être impliqué dans l’organisation de la traversée en tant que responsable de la Commission eau libre au sein du Comité régional, je suis également participant.  

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 Mes parents n’habitant pas trop loin, je demande à mon père de bien vouloir me ravitailler depuis un bateau. Après avoir effectué un circuit de 3km dans le port au milieu des méduses pas très urticantes, nous sortons en pleine mer pour nager 2 boucles de 11km. J’en termine avec ma première boucle et je passe à hauteur du « Lydia ». Il s’agit d’un navire de croisière désarmé en 1967 et échoué sur la plage du Barcarès. Il est un des symboles de la ville et a été reconverti en restaurant, discothèque, casino et musée. C’est le seul paquebot ensablé au monde. Aux alentours de midi, je me mets à respirer de l’autre côté et là je vois à une dizaine de mètres UN AILERON qui avance parallèlement à moi. 

 

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 Pris de panique, je m’approche de mon bateau en levant la tête, et là j’entends mon père (fin pêcheur) me dire : « ne t’inquiètes pas, il s’agit d’un requin … » et je n’entends pas la suite. Affolement général ! Je me rapproche du bateau prêt à monter pour me mettre à l’abri (mais évidemment c’est un geste éliminatoire) et là on me confirme : « Ce n’est qu’un requin pèlerin, il ne mange que du plancton».

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C’est gentil, d’accord, mais il mesure 8 mètres et c’est moi qui suis dans l’eau : je ne suis pas très rassuré ! Même s’il ne mange que du plancton, il nage la gueule béante pour se nourrir. Vu la taille de sa bouche je peux facilement y rentrer sans qu’il s’en aperçoive. Ayant finalement confiance en mes accompagnateurs qui eux restent serein, je me remets à nager un peu plus apaiser. Mais une minute plus tard, les voilà qu’ils me plantent là en plein milieu de la Méditerranée avec ce mastodonte pour aller chercher leurs paniers repas auprès du bateau de l’organisation. Je passe alors 2 très longues minutes à les maudire et à me retourner continuellement pour voir si le pachyderme marin est toujours là. Je n’ai pas envi de lui servir de panier repas et finir comme un plancton… A leur retour, j’ai la haine envers eux, mais je me dis que mon père ne m’aurait jamais laissé seul en danger et je continue donc ma route rassuré. Je n’aurai d’ailleurs plus l’occasion de le rencontrer jusqu'à la fin de l’épreuve. Je termine malgré tout 6ème de ce championnat. Une place de mieux que l’année précédente.

 

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 Moralité de cette aventure : N’oubliez pas gentils accompagnateurs, vous êtes nos yeux et notre garantie de sécurité en pleine mer, alors ne me laissez plus tout seul comme ça ! ! !

31.03.2006

Jablines - Championnat de France 15km

Nager avec, à mes côtés, un pédalo comme bateau ravitailleur, c’est ce qui m’est arrivé lors des premiers championnats de France qui se sont déroulés à la base de loisirs de Jablines (à 30km de Paris) le 26 juillet 1992.

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Là-bas, ils appellent ça « la plage ». Il fallait le savoir. Pour moi qui viens du Sud, quand à la sortie du métro, une personne m’a demandé où était la plage, j’ai gentiment rigolé et répondu qu’elle devait être à environ … 300km ! Cela ne l’a pas fait rire et je suis passé pour un plouc ! Parce qu’arrivé sur place, j’ai mieux compris : c’est une petite plage reconstituée sur un plan d’eau. Là, je retrouve Jean-Luc et les 12 autres nageurs et nageuses qui vont participer à cette grande première.

Pour unmedium_jablines.jpge première, ce fût le cas, et même pour l’organisation ! Le parcours de 16km s’effectue en 6 boucles de 2,6km et le règlement n’a rien à voir avec celui en cours aujourd’hui. Pour le ravitaillement, l’accompagnateur dispose d’un Pédalo. Vous imaginez, un nageur va à 5km/h et un pédalo à 3km/h en pédalant vite (en solitaire). Heureusement, qu’il s’agissait de boucles, cela a permis aux pédaleurs de couper et faire des allers et retours. Seize kilomètres c’est long, il faut boire et s’alimenter pour compenser les pertes en eau et en calories dûes à l’effort. Il ne faut pas prévoir trop juste, car l’accompagnateur en consomme 2 fois plus que le nageur (chaleur et efforts obligent) ! ! ! Avez-vous essayé de manger dans l’eau ? C’est comme mâcher avec un verre d’eau à la bouche. C’est très désagréable. La prochaine fois je prévoirai mon ravitaillement liquide plutôt que solide. Boire est important pour le succès et la performance lors de ces longs efforts. Un ravitaillement rapide et bien planifié pendant l’épreuve peut faire la différence à l’arrivée.

Au final, on compte seulement 4 abandons. C’est une jeune fille de Clichy 92 qui, la plus efficace, remporte l’épreuve devançant le premier garçon de plus de 4mn. Je termine 6ème tout confondu. Cette course sert d’enseignement pour l’organisation des éditions suivantes. Le premier essai transformé, la longue distance a le droit d’exister en France.

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C’est également un enseignement pour les nageurs, on commence à apprendre ce qu’il faut faire et surtout ne pas faire. Et on s’est pris très vite au jeu. Nous commençons à nous documenter et je commande aux Etats-Unis cinq fascicules de 25 pages écrit par Penny Lee Dean, l’entraîneur national des nageurs de longue distance aux USA : « How to Swim Marathon & Shorter swims». Il y en a un pour moi, un pour Jean-Luc et 3 pour la FFN. Ainsi, nous apprenons les subtilités de ce sport.

Par exemple pour le matériel, il ne faut pas prendre n’importe quoi. Pour les lunettes, il existe plusieurs couleurs. Il faut mettre des lunettes teintées marron foncé ou noires lors d’un temps ensoleillé, des lunettes claires en cas de temps couvert, ainsi que le soir ou très tôt le matin et des lunettes bleues en cas de brouillard. Quant au bonnet, il est conseillé de prendre un bonnet noir ou sombre pour attirer la chaleur si l’eau est froide ou s’il fait mauvais temps, sinon de prendre un bonnet blanc ou de couleur claire lorsque la température de l’eau est chaude et élevée. Ce fascicule devient notre livre de chevet et nous permettra d’appréhender cette nouvelle discipline avec quelques connaissances sur le sujet.

30.03.2006

Lausanne - Evian : 12km

Une grande découverte  

Suite à un article paru dans une revue en 1991, j’apprends qu’il existe en Suisse une traversée internationale à la nage d’Evian à Lausanne. En fait, une année c’est la Fédération Suisse de Natation qui organise la traversée d’Evian à Lausanne, et l’autre année, c’est la Fédération Française de Natation (FFN) mais dans l’autre sens. Je m’inscris donc à celle organisée par la FFN. 

J’en parle également à un ami passionné de natation longue distance, qui comme moi travaille à la SNCF. Il s’agit de Jean-Luc, il habite sur Nevers. Il a déjà nagé 24h non-stop et a parcouru 92km dans un bassin de 25m.

 medium_geneve.jpgNous voilà partis, avec nos accompagnateurs, pour Evian. Mon père, toujours présent lorsque j’ai besoin de lui, m’accompagne. Si vous vous demandez pourquoi il faut un accompagnateur pour chaque nageur c’est très simple : parce que lors des épreuves en eau libre de distances supérieures à 10 km, le nageur dispose en règle générale d’une embarcation avec une personne l’accompagnant. Elle a un rôle important à jouer. C’est elle qui est responsable de la sécurité, du guidage et du ravitaillement du nageur. Les bons résultats lors d’une épreuve dépendent en grande partie de la relation et de la compréhension qu’il peut y avoir entre eux. Avec mon père, pas de problème, mais il est aussi néophyte que moi dans ce domaine.

 Une fois sur place, nous apprenons que nous sommes invités par les organisateurs et que l’hébergement est gratuit pour les nageurs et les coachs. Bonne surprise ! D’ailleurs c’est comme ça que cela se passe sur la plupart des marathons et sur le circuit professionnel. « Ah bon ! Il y a un circuit professionnel ? ». « Eh oui ! » tous les nageurs étrangers présents sont au courant et y participent. Nous, nous tombons des nues. Il y a plein d’épreuves dans le monde et nous ne sommes pas au courant. Il faut que l’on s’informe, que l’on prenne des contacts. Les Egyptiens, grands spécialistes de la discipline, nous parlent de traversées en Argentine, au Canada et même chez eux. Ils en profitent pour nous lancer une invitation à participer à la descente du Nil sur 33kms. On va y réfléchir, le Nil, n’est pas très engageant!

 

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La réception au CIO

D’autres français (1 nageur et 4 nageuses) sont là avec des dirigeants de la FFN. Nous apprenons qu’ils désirent organiser pour la première fois, en Ile-de-France, une traversée de 12km. Elle est prévue dans 15 jours à Jablines. Pendant ces trois jours, le groupe de français (dirigeants et nageurs) sympathise. Nous allons nous rendre ensemble à la réception organisée au siège du Comité International Olympique non loin du lieu de départ de la traversée. Nous effectuons la traversée d’Evian à Lausanne à bord d’un bateau navette qui effectue régulièrement la traversée. La ville d’Evian s’éloigne progressivement, je distingue à peine les maisons. Le trajet me paraît interminable et je me dis qu’il va falloir que je le fasse à la nage. Il s’agit là de ma soixantième traversée, mais la plus longue distance que j’ai réalisée à ce jour est un 6 kilomètres. Je commence à douter et me poser des questions. Mais le bateau termine son trajet et me stoppe dans mes cogitations, je dois suivre le groupe vers le quai d’Ouchy et le CIO où nous sommes attendus. Cette réception est en l’honneur des organisateurs, dirigeants et nageurs. Le président du CIO est excusé et après avoir écouté les interminables discours et remerciements, nous passons au cocktail. Le verre à la main, les discussions vont bon train surtout avec les dirigeants de la fédération boostés par le discours. L’épreuve de Jablines est au cœur du débat et il est convenu que cette épreuve devienne le premier championnat de France de natation longue distance (eau libre). La traversée du Léman n’est pas encore passée que déjà, le rendez-vous est pris, à dans 15 jours à Jablines !

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La traversée

La traversée Lausanne – Evian va être m’a première vrai expérience de longue distance. C’est la première fois que je nage une course de plus de 5kms. D’après des conseils de débutants et des « on dit » j’apprends qu’il faut se graisser pour ne pas avoir froid dans l’eau. Je vais donc m’enduire tout le corps de graisse, des pieds jusqu’à la tête. A côté de moi, les nageurs étrangers, ne se graissent que le ventre et les aisselles. Tant pis pour eux s’ils ont froid ! Le départ est donné, suite à mon expérience de Bagnoles, je fais un départ rapide et me situe dans les premiers à la première bouée. Lorsque je rejoins mon bateau accompagnateur, je suis dans les 5 premiers, mais après 12 km … je termine avant-dernier. Que s’est il passé ??? Je suis parti trop vite et je termine à l’arrachée, les épaules dures, presque impossible de les tourner. Une chose est sur, je n’ai pas su gérer ma course. Mais ma plus grosse erreur a été le graissage.

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L’expérience du graissage

L’application de trop de graisse a eu pour effet de boucher les pores ce qui a empêché les déperditions de chaleur. Le fait d’en avoir appliqué sur les épaules a provoqué l’effet inverse attendu. La chaleur engendrée par l’effort musculaire est restée emprisonnée et a entraîné l’asphyxie et une surchauffe des muscles. Les nageurs étrangers étaient dans le vrai. J’aurais dû m’en douter, ils ont plus d’expérience que nous. Je sais maintenant qu’il ne faut pas s’enduire de graisse sur tout le corps mais uniquement sur les parties qui frottent et celles qui ne travaillent pas comme le ventre, les aisselles…

C’est comme cela que l’on apprend et avec d’autres expériences dans le domaine de l’eau libre j’ai appris et encore appris, jusqu’à aujourd’hui encore…