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11/10/2014

Le Défi du Levant 2014

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L’île du Levant est une des îles de l’archipel d’Hyères (aussi appelées îles d’Or) située en mer Méditerranée face à la corniche des Maures dans le Var. L'île est une longue arête rocheuse qui culmine à 140m et s’étend sur 8 km de long pour seulement 1 km de large. Un dixième de sa surface est accessible au public, l’autre partie de son territoire est un terrain militaire. C’est sur ce domaine militaire que se trouve l’ancienne «colonie agricole» de Sainte-Anne. C’est ainsi qu’étaient baptisés les centres pénitentiaires et bagnes pour mineurs, autorisés par Napoléon III dans le but de vider les villes des orphelins, enfants abandonnés et jeunes mendiants.  

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 En 1855, le comte Henri de Pourtalès (1815-1876) achète l'île du Levant et crée légalement en 1860 une « colonie agricole » privée pour enfants afin d'exploiter l'île. Les premiers arriveront en février 1861 sur la plus sauvage et la plus belle des îles d’Or en Méditerranée. Et l’île, cernée par les flots, constitue une prison parfaite, un endroit difficile d’accès, un lieu où la sortie n’est d’aucun secours si on ne sait pas nager. La colonie pénitentiaire du Levant fonctionnera pendant 17 ans. De 1861 à 1878, une centaine d’enfants (dix pour cent des internés), dont quatre avaient moins de dix ans, sont morts au bagne de l'île du Levant car les conditions de vie austères, la malnutrition, les sévices sexuels et la maladie y avaient fait des ravages. Une « toute petite stèle », récemment posée, rappelle leur histoire...

De l'île du Levant jusqu'à Hyères (25km)

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L’idée de mettre en place une telle évasion a été lancée par Denis Colombe un nageur d’eau libre d’Isle sur Sorgues qui a fait son service militaire sur l’île du Levant et avait imaginé une traversée à la nage de l’île jusqu’au Lavandou soit une distance de 14km. En juin de cette année, il s’est mis en contact avec la municipalité d’Hyères et notamment Jean-Louis Viale l’adjoint spécial au Levant, afin d’obtenir le soutien logistique pour une dizaine de nageurs. Le projet a immédiatement séduit les élus de la ville de Hyères qui ont mis tous les moyens en place pour l’organisation de cette traversée baptisée « Défi du Levant 2014 ». Une seule obligation, l’arrivée doit se faire à Hyères et cela entraîne donc un nouveau parcours d’une distance de 25km. Denis, connaissant mes projets d’évasions à la nage pour France Choroïdérémie, propose aux élus que cette traversée soit également au profit de la recherche contre la maladie. DSCF3360.jpg

Son idée généreuse remporte un vif succès et tout va être mis en place pour ce défi. Le club de Natation l'Aquatic-club Hyérois et sont président Sylvain Barale, va être désigné le club support de événement et toute la logistique va être merveilleusement mise en place pour tous les nageurs et accompagnateurs. Mr Jean-Louis Viale et son épouse Lucienne vont œuvrer pour réserver aux participants un accueil formidable sur l’île du Levant. Pour cette belle aventure, sept amis nageurs ont répondu présents : Ned Denison (nageur irlandais qui m’avait invité en Irlande pour la traversée de Spike Island), Denis Colombe (à l’initiative du projet), Didier Padovani, Alain Barrucand, Philippe Fort, Lionel Guillen et moi-même. DSCF3373b.jpg

Une soirée au profit de France Choroïdérémie suivie d’un repas « spécial nageurs »  est organisée le vendredi soir dans le magnifique restaurant de Jean-Louis et Lucienne : « Le Gambaro ». Il s’agit d’une petite conférence où Jean-Yves et moi-même allons prendre la parole pour expliquer la maladie et les différentes actions menées par l’association. Lors de cette soirée, le discours de Jean-Yves (papa concerné par la maladie) sera très émouvant et grâce aux généreux donateurs présents, France Choroïdérémie récoltera plus de 1000€ de dons pour la recherche ! 10321070_10204272577672212_4685049754411592608_o.jpg

Le samedi 11 octobre au matin j’ai rendez-vous avec les 6 autres nageurs sur la petite plage située à côté du port de plaisance d’Héliopolis sur l’île du Levant. Les conditions météorologiques sont des plus désavantageuses. Le ciel est très orageux et le vent assez fort. Pendant que Jean-Yves, mon accompagnateur, installe les affaires pour mon ravitaillement à bord du bateau de Jean-Louis, je commence à me tartiner de crème solaire. DSCF3368.jpg

Les autres nageurs me regardent en souriant car le temps ne s’y prête pas du tout, mais mon expérience m’a appris que pendant plus de 6 heures de nage il pouvait y avoir des conditions météo complétement différentes. De plus ce produit immuniserait des piqûres de méduses, on va dire que c’est plus psychologique qu’autre chose car lors de ma traversée en Espagne cela n’avait rien fait, j’avais été bel et bien piqué. Je termine ma préparation en mettant de la graisse aux différents endroits où se produisent les frottements, puis avec les autres nageurs nous nous rendons vers le lieu de départ. DSCF3389.jpg

Lorsque nous arrivons au bord de l’eau, la pluie commence a tomber très vite cela devient un véritable déluge : « douche obligatoire !!! » comme avant d’aller à la piscine. On ne distingue même plus l’île de Port Cros située en face de nous, on a une visibilité d’à peine une centaine de mètres. Malgré ces conditions, nous nous mettons à l’eau aux environs de 8h40 et commençons notre évasion à la nage dans une eau à 22°C et des conditions extrêmes. Jean-Yves qui doit me ravitailler et Jean-Louis qui va piloter le bateau ont du mal à me repérer en raison de ces mauvaises conditions. 10700265_10204272612273077_6056008280118503568_o.jpg

Le bateau me rejoindra après que j’ai parcouru plus d’une centaine de mètres. Mais la pluie redouble de violence, les éclairs et le tonnerre grondent à quelques centaines de mètre de nous et pour couronner le tout le vent et les vagues nous arrivent de face. Je nage au milieu de la passe qui sépare l’île du Levant et l’île de Port Cros. Je distingue à peine le fort de Port-Man situé sur cette île. Il s’agit d’un ancien ouvrage militaire construit au 17ème siècle pour protéger la passe ainsi que l’accès à la rade. DSCF3404.jpg

Les conditions sont tellement désastreuses que j’ai l’impression que le Fort reste toujours à la même hauteur. La traversée s’annonce des plus difficiles !!! Et comme en milieu naturel, il faut faire avec la nature, en plus des conditions météo défavorables se rajoutent les désagréments liés à la vie marine : au fond de l’eau, je distingue des pélagia, ces fameuses méduses urticantes, qui, comme des gardiennes de l’île, semblent être présentes pour nous empêcher de nous évader. Heureusement pour nous, elles sont situées légèrement en profondeur hors de portée de nos bras. D’autres nageurs vont aussi avoir le privilège ou le désagrément de croiser des serpents de mer sur leur chemin. DSCF3411.jpg

Cela ne sera pas mon cas et j’en suis ravi ! La pluie est tellement violente que dans l’eau j’ai l’impression d’avoir un nageur devant moi qui tape des pieds. A ce moment, j’ai une pensée pour mes accompagnateurs qui doivent vivre un moment des plus désagréables et certainement doivent me maudire. Mais ils ne laissent rien paraître et, entre deux coup de tonnerre, ils m’encouragent à l'unisson comme si de rien n’était. C’est très motivant et j’en oublierai même les conditions difficiles… DSCF3415.jpg

Heureusement pour nous après une bonne demi-heure qui en paraissait le double, la pluie cesse et fait place enfin à des éclaircies. Le vent commence également à faiblir et à tourner en notre faveur. La traversée devient plus agréable et je distingue mieux tout ce qui m’entoure. Je suis maintenant dans la rade de Hyères avec, dans mon dos, les îles d’or, et face à moi le massif des Maures. DSCF3430.jpg

Les nuages disparaissent et je commence à me dire que j’ai bien fait de me mettre de la crème protectrice solaire. Jean-Yves me transmet mon ravitaillement toutes les demi-heures et lors de ces haltes requinquantes, je distingue que nous nous rapprochons de plus en plus du cap Bénat, une petite pointe rocheuse qui abrite un sémaphore de la Marine Nationale. Lorsque nous arrivons à au vue du cap, nous changeons de direction pour nous diriger vers Hyères qui se trouvait jusque-là sur ma gauche. DSCF3444.jpg

On effectue un petit détour connu avant notre départ car c’était la trajectoire obligatoire que nous devions emprunter pour des raisons de sécurité et d’autorisations. Maintenant je distingue sur ma droite le fort de Brégançon, cette ancienne résidence d’Etat utilisée comme lieu officiel de villégiature du Président de la République et sur ma gauche les îles d’Or que j’ai quittées il y a un peu plus de 3 heures. DSCF3441.jpg

Les épaules se font lourdes mais les encouragements de mes accompagnateurs et le vent d’est qui me pousse vers la destination finale me donnent de l’énergie. En fait, je ne pense plus à rien et je laisse tourner mes bras tout en regardant les fonds marins !!! Je nage un peu comme une machine qui s’arrête toutes les 30’ pour recharger les batteries. Mes accompagnateurs ne cessent de m’encourager et m’informer de ma situation par l’intermédiaire du tableau blanc, cela coupe à la monotonie de ma nage. 10733572_10204272643553859_6929787584291191334_o.jpg

Lors de mon ravitaillement des 5h30, je commence à bien distinguer les habitations de la ville de Hyères et Denis et Lionel, qui avait malheureusement dû arrêter leur traversée, me rejoignent dans l’eau pour terminer avec moi. Je commence à rencontrer quelques branches et troncs d’arbre. Suite aux fortes pluies, la rivière qui se jette non loin de la ville a drainé dans la mer pas mal de détritus. Certains peuvent même être dangereux. Des branches, telles des épées, peuvent m’embrocher. Denis va éviter de peu une... citrouille avant de jouer avec, tel un ballon. 10481388_10204995012625684_1810750117466238201_n.jpg

L’eau devient marron, on ne distingue plus rien, c’est de moins en moins agréable. Après 6h50 de nage, je pose enfin les pieds sur le sable, je suis accueilli par une haie d’honneur réalisée par les nageurs de l’Aquatic-Club Hyérois venus applaudir les nageurs-évadés à l’arrivée. Je suis félicité par Mr Francis Roux premier adjoint venu représenter le Maire et tout ceux qui ont œuvré pour la réussite de ce magnifique défi. 1462728_10204272636953694_2637824623594672603_o.jpg

Je tiens particulièrement à remercier Denis qui est à l’origine du projet, Jean-Louis et Lucienne Viale pour l’organisation, leur accueil chaleureux, et pour m’avoir accompagné en bateau, Sylvain Barale pour la mise en œuvre de la manifestation, Jean-Yves qui a été un super coach pendant toute la traversée et tous les autres acteurs (nageurs, accompagnateurs, partenaires, …) de cette belle traversée !!!!

 Article de presse : Var Matin 15102014.pdf

09/08/2014

Vidösternsimmet en Suède - 21,5km

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Il s’agit d’une traversée à la nage en Suède de 21,5km dans le lac Vidöstern au sud de Värnamo dans le comté de Jönköping. En 2014, je participe à la 4ème édition de cette épreuve qui remporte un succès de plus en plus croissant vu le nombre d’inscrits d’année en année, une dizaine en 2011, une vingtaine en 2012, une trentaine en 2013 et environ 90 en 2014 ! Les organisateurs espèrent atteindre le chiffre de 200 nageurs l’année prochaine et pourquoi pas dans quelques années, faire parler de la Vidostersimmet en natation longue distance comme on parle de la Vasaloppet en ski de fond. DSCF2944.JPG

Le samedi 9 août, accompagné de mes proches (mon épouse et mes enfants), j'arrive à 6h00 sur la plage de départ d’Osudden à Värnamo, là les organisateurs s’affairent. Il fait assez frais, environ 13°C, et les bénévoles préparent un grand feu de bois pour les nageurs et accompagnateurs qui désirent se tenir au chaud. Je retrouve mes 2 amis Français qui vivent en Suède et qui ont gagné les éditions précédentes : Sylvain Estadieu (qui a traversé la Manche en papillon en 2013) et Nicolas Bathfield (ancien nageur de mon club de Montpellier, vainqueur en 2013). Ils me donnent quelques conseils pour la course et surtout m’aident à comprendre ce qui se dit. DSCF2943.JPG

La particularité de cette épreuve longue distance, c’est que chaque nageur ne dispose pas d'un bateau accompagnateur mais d’une bouée de sécurité à tracter. Cela permet ainsi d’augmenter le nombre de participants. Pour le ravitaillement, l’organisateur a prévu 4 sites (1 dans l’eau et 3 hors de l’eau) à passer obligatoirement. Je récupère donc ma bouée marquée de mon numéro de compétiteur, pas la peine donc de se faire numéroter au feutre sur le corps. Sur les 90 inscrits, nous sommes 7 nageurs à participer en maillot de bain : 3 Français, 2 Autrichiens, 1 Polonais et 1 Suédois. La température de l’eau est à 21°C, ce qui est très confortable pour un lac en Suède. DSCF2945.JPG

Un peu avant 7h00, les nageurs se regroupent sur une ligne de départ fictive large de 20 mètres quand soudain : BOUM !!!! Nous sommes surpris par le bruit d'un grand coup de canon annonçant le départ. Après une seconde d’hésitation, nous nous mettons à courir dans le lac. Cette partie du lac est très peu profonde et nous allons courir pendant plus de 200m avant de pouvoir commencer à nager. A partir de ce moment-là, nous allons traverser toute la longueur du lac en passant par 4 points de contrôle correspondants aux lieux de ravitaillements et en suivant une vingtaine de grosses bouées jaunes placées tous les kilomètres environ. A chaque bouée et entre les bouées sont positionnés des bateaux pour assurer la sécurité.
Le lac est calme et je nage tranquillement jusqu’au premier ravitaillement situé à 3700m, cela fait à peine 6 jours que j’ai nagé en Serbie et j’ai besoin de voir si mes épaules ont récupéré. Ce premier ravitaillement s’effectue dans l’eau depuis des pontons installés par l’organisation. On me tend mon ravitaillement personnel que j’avais remis au départ pour chaque site. Je bois rapidement ma boisson énergétique tout en prenant le temps d’admirer un drakkar Viking transportant les organisateurs et VIP près de moi. 
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Je repars avec un groupe de nageurs en combinaison qui avait pris du temps pour se ressourcer. Nous nageons dans le brouillard qui vient de faire son apparition l’espace d’une petite demi-heure, juste le temps d’inquiéter les organisateurs. Je me sens bien et j’arrive à tenir ce petit groupe jusqu’au 2ème point de ravitaillement situé 3900m plus loin. C’est une première pour moi car là, 50 mètres avant la table de ravitaillement situé sur la terre ferme, je suis obligé de marcher. Je passe de la position horizontale à la position verticale, les muscles de mes épaules se mettent à l’arrêt pour faire travailler ceux des jambes comme si l’épreuve était terminée. Mais non, il reste encore 14km à parcourir. Je vois ma famille m’encourager et cela me donne de l’énergie. Je m'avance jusqu’à la table où sont offerts toutes sortes de ravitaillements.DSCF2940.JPG

Attiré par ce qui m’est présenté, je laisse tomber ma boisson énergétique perso pour une barre chocolatée qui me fait plus envie !!! C’est l’occasion pour moi de tester pour une fois un aliment solide pendant une épreuve. J’ai encore une cinquantaine de mètres à marcher pour prendre le temps de mâcher et d’avaler cette gourmandise. Au moment de me remettre à nager…l’horreur !!! Mes muscles se sont refroidis et j’ai du mal à relancer. Je n’arrive plus à accrocher le groupe de nageurs en combinaison qui ne semble pas souffrir comme moi de cette transition. Le plus terrible encore, c’est que le prochain point de ravitaillement ne se situe qu’à 5500m. C’est à dire dans plus d’1h voir 1h30, alors qu’habituellement je me ravitaille toutes les 30mn. P1100019.jpg

Cela me parait durer une éternité mais heureusement que mes bras ont réussi à reprendre un bon rythme et que j’ai un nageur en point de mire pour me donner la cadence. Dehors, la météo est en notre faveur et le soleil alterne avec quelques passages nuageux. Au 3ème point de ravitaillement, je n’ai qu’une obsession, reprendre une voire deux barres chocolatées qui me fait tant envie depuis 5km. Là aussi, il faut sortir de l’eau pour s’alimenter, mais au lieu de me ressourcer, cela m’épuise encore plus. Je prends mon temps mais j’ai du mal à mettre à profit ces transitions hors de l’eau. J’ai des courbatures qui s’installent et c’est dur de repartir. DSCF2941.JPG

Comme le prochain ravitaillement est annoncé à 3400m, cela me motive un peu mais je nage avec les épaules très lourdes et j’ai du mal à sortir les bras de l’eau. Je me concentre sur les bouées placées environ tous les kilomètres, j’ai l’impression que cela dure une éternité entre chaque bouée mais pourtant lorsque je passe à côté je m’aperçois que j’ai un bon rythme. Je suis tellement concentré sur la trajectoire des bouées que je ne vois pas le 4ème point de ravitaillement. C’est lorsque je passe à sa hauteur à plus de 200m au large que je vais l’apercevoir. Comme il s’agit d’un passage obligatoire, je vais devoir impérativement faire un détour. Il vaut mieux car il n’y a plus rien jusqu’à l’arrivée située 5000m plus loin. Ce détour va bien me faire perdre plus d’une dizaine de minutes et me fatiguer physiquement et mentalement. Ce 4ème ravitaillement est aussi éprouvant que les autres musculairement et je vais prendre mon temps pour reprendre des forces. 10599285_10203828407903162_5468376652252942142_n.jpg

Les encouragements de mes amis venus m’accompagner en Suède pour la traversée (Anne et Gil qui m’avaient accompagné sur le Beltquerung ainsi que leurs fils) vont me donner la force de continuer et repartir. Il ne reste plus que 5000m à faire, cela va durer une éternité. Le vent s’est levé, mais de face, créant une difficulté supplémentaire avec un léger courant contraire à notre sens de nage… Je distingue au loin le petit pont situé une centaine de mètres avant l’arrivée. Je décide donc de ne plus suivre les 4 bouées qui longent le bord mais de tirer tout droit vers le point d’arrivée. Erreur !!! Je me retrouve à nager dans 20cm d’eau et à me racler les mains et les pieds sur des cailloux. J’essaie tant bien que mal de sortir de cet endroit hostile pour retrouver un peu plus de profondeur et effectuer les derniers kilomètres. Je passe une maison située à quelques mètres du pont, j’entends ma famille et mes amis m’encourager. Ça y est, je suis au bout de mes peines, la plaque d’arrivée est en vue … je termine ces 21,5km en 6h51’15, à plus d’une heure par rapport à ce que je comptais mettre. 10606201_10203829215683356_7136661361359381464_n.jpg

Je suis content d’avoir été jusqu’au bout de cette épreuve. Au classement je suis à la 24ème place (sur 66 arrivants) en étant le 1er des nageurs sans combinaison. A la sortie de l’eau, on me remet une médaille, un T-shirt et je réponds en anglais aux questions du commentateur. Après avoir mangé un bon plat de pâtes servi aux nageurs et bu quelques boissons gazeuses, je fini ensuite dans un jacuzzi construit sur le site de l’arrivée en 2 temps 3 mouvements par l’organisation. Cela permet de me ressourcer et décontracter les épaules. Je suis rejoint dans ce bain hyper chaud par Nicolas (7h15’15), Sylvain (7h17’32) et mon fils qui lui a brillamment participé ce même jour à une course de 500m. P1100044.jpg

Cette course est amenée à attirer de plus en plus de monde, car l’organisation est au top et bien rodée pour accueillir encore plus de nageurs. De nombreux partenaires soutiennent l’épreuve et offrent des produits aux nageurs, accompagnateurs et au public présents à l’arrivée mais également sur les sites de ravitaillement. L’ambiance y est très conviviale et familiale…

03/08/2014

Le marathon international Jarak - Sabac en Serbie (19km)

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Dimanche 3 août, j’ai participé au 45ème marathon international Jarac-Sabac à la nage de 19km en Serbie le long de la rivière Save. La Save (Sava en serbe) est une rivière longue d'environ 1 000 km qui coule en Slovénie, en Croatie, en Bosnie-Herzégovine et en Serbie. C'est un affluent de la rive droite du Danube, qui conflue à Belgrade. On considère souvent qu'il marque la limite nord des Balkans. 

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Cette traversée est née un peu accidentellement en 1970, lorsqu’un groupe de nageurs traverse la Save d’une rive à l’autre. Cette traversée sans caractère officiel est notifiée par des étudiants sur les tablettes du club local de Sabac. L’année suivante, la compétition devient officielle et la présence d’un nageur hollandais donne un caractère international à l’épreuve. D’années en années, cette traversée a gagné progressivement en importance et est devenue une épreuve incontournable pour les nageurs en eau libre. Elle fait partie des plus anciennes épreuves de marathon en Europe. Depuis 1982, elle se nage sur la distance de 19km et se déroule le premier week-end d’août. Elle est connue également sous le nom de «Peace Race » (course de la paix) en la mémoire des 4500 habitants de Sabac qui furent, en 1941, contraints sous la menace de courir 22km en direction d’un camp Allemand à Jarak. Beaucoup de prisonniers ont survécu grâce à des habitants du village de Jarak qui leur ont donné de l’eau et du pain au péril de leur vie.

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Cette épreuve est organisée par mon ami Vojislav Mijic que j'ai rencontré à plusieurs reprises lors de mes traversées. Cela fait au moins 15 ans qu'il me propose de venir participer à son épreuve en Serbie et, cette année, j'ai enfin réussi à m'organiser. Cela a été un grand plaisir de le revoir avec son épouse à mon arrivée à l'aéroport. Sur le trajet qui nous emmène à l'hôtel, pendant plus d'une heure, nous n'avons pas arrêter de parler de notre passion : l'eau libre et toutes les traversées que nous avons respectivement réalisées. Je vais apprécier 2 jours pendant lesquels les organisateurs vont être aux petits soins de tous les nageurs et nous accompagner  aux différentes obligations protocolaires. 

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Le samedi 2 août, dès midi, nous avons rendez-vous dans un petit village près de Jarak avec la presse et les élus pour une présentation des nageurs. Je vais faire la connaissance de celui qui va me ravitailler tout au long de l'épreuve, il s'agit du beau-frère de Vojislav qui est habitué à l'épreuve et à déjà accompagné de nombreux nageurs. Je me sens rassuré malgré nos difficultés à nous comprendre. Le soir, après le contrôle médical et le briefing à l'hôtel, nous sommes amenés sur un podium situé sur la plage de « Stari Grad », le lieu d'arrivée de la course à Sabak, pour être présentés aux habitants de la ville. Présentation très rapide mais très sympathique car le lendemain matin une course de 19km nous attend... 

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Le dimanche 3 août, nous sommes conduits en autocar de l'hôtel jusqu'au lieu du départ. Nous arrivons vers 9h30 alors que la traversée est prévue à 11h. Cela laisse le temps aux nageurs et aux organisateurs de se préparer. Après le marquage et les vérifications réglementaires de rigueur (maillots, ongles coupés,...), je fais la connaissance de mon pilote de bateau et de la juge qui m'accompagneront tout au long de la traversée. Je retrouve également le beau-frère de Vojislav à qui je donne mon ravitaillement et la planification. Difficile de se comprendre et j'ai bien vite  l'impression que cela va se faire un peu comme il le sentira sur place... 

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Quelques jours avant la traversée, il y a eu de fortes pluies et le niveau de la Save a monté d'un mètre environ. L'eau dans laquelle nous allons nager est saumâtre et il y a un fort courant qui transporte des troncs d'arbres et des détritus. La course très attendue dans cette région de Serbie aura bien lieu et c'est à 10h50 que l'appel des nageurs commence. Ce n'est pas un peu de courant qui va faire peur aux 18 nageurs expérimentés venus de 10 nations différentes. 

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Le départ est donné à 11h00 et nous nous élançons dans cette eau à 23°C où je distingue à peine mon bras dans l'eau lorsqu'il passe sous moi. Le courant nous emporte à vive allure. Je me situe en arrière du peloton et mon bateau accompagnateur ne tarde pas à me rejoindre. Il m'indique la meilleure trajectoire et le meilleur courant, à bord ce sont des habitués du site. Le seul inconvénient, c'est qu'ils ont du mal à me prévenir des troncs d'arbres qui flottent en surface. J'ai vais ainsi en heurter quelques-uns pendant le parcours avec la crainte tout de même de me blesser. 

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Les ravitaillements, quant à eux, vont m'être donné moins espacés que prévu. Une initiative très judicieuse de la part de mon accompagnateur en raison de la rapidité de la course. Je suis parti pour nager 3h30 mais je sens que cela risque d'aller plus vite. Sur les côtés, le paysage défile à vive allure, en plus des troncs d'arbres, il faut se méfier des branches présentes qui peuvent à tout moment nous heurter. 

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Tout au long du parcours, il y a des panneaux qui nous indiquent le nombre de kilomètres qui restent à effectuer mais j'ai du mal à lire les chiffres inscrits. La seule chose que j'ai bien noté lors du briefing, c'est que le seul pont à passer se situe à 1km de l'arrivée. A un peu moins de 2 heures de nage, j'ai l'impression d'avoir nagé 10km et qu'il me reste 9km à nager. Je prends un ravitaillement et là j'apprends qu'il ne me reste plus que 5km. Incroyable, je vais certainement finir en moins de 3h !!! 

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Avec tous les bons nageurs présents, dont le belge Brian Ryckeman vice-champion du monde du 25km , ma crainte était de ne pas terminer dans les délais (moins d'une heure après l'arrivée du premier). Là, je repars hyper-motivé pour ces derniers kilomètres, je rentrerai certainement dans les temps ! Je nage toujours en faisant attention à ce qui se trouve devant moi, mais là c'est sous l'eau que je vais avoir une surprise. Je touche quelque chose de très visqueux qui se faufile dans ma main provoquant une sensation très désagréable !!! Impossible de voir ce que c'est, mais je continue en espérant ne pas renouveler l'expérience.

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Le fameux pont symbolisant le dernier kilomètre est en vue et, sur les côtés, les maisons de Sabac défilent à toute allure (soit environ 7km/h). Maintenant, en point de repère, il y a une forteresse en ruine qui signifie qu'il faut se rapprocher du bord si l'on ne veut pas rater la ligne d'arrivée. Mon bateau accompagnateur s'éloigne de moi et il ne me reste plus qu'à me diriger dans entonnoir qui me conduit à la plaque d'arrivée. Je termine les 19km en 2h49'!!! Un temps record pour une telle distance... et encore plus plus pour le premier qui effectue le parcours en 2h19' (l'équivalent d'un 12km).

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La journée se termine avec la remise des récompenses sur le même podium que la veille. Tous les nageurs sont chaleureusement applaudis et je reçois une récompense de l’organisation en tant que "moins jeune nageur de l'épreuve". Je tiens à féliciter et à remercier Vojislav pour son professionnalisme dans l'organisation de cette belle épreuve qui figure parmi les 3 principales manifestations organisées par la ville de Sabac. Une belle traversée que je conseille à des nageurs chevronnés...  

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Le lendemain, lors de mon retour à l'aéroport, je vais avoir droit, avant de prendre mon avion, à une visite guidée d'une heure de la ville de Belgrade... 

12/07/2014

La Cabrera Channel en Espagne (25km)

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Cabrera est une île de l'archipel espagnol des Baléares. Elle est située au sud de Majorque dont elle dépend administrativement. L'île fait partie de la municipalité de Palma de Majorque. L'archipel est classé comme un parc national de 100 km2 comprenant un musée, un château du XIVe siècle et un office de tourisme. Par le passé, l'île fut utilisée comme camp de réclusion pour les prisonniers français durant les Guerres napoléoniennes.

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Le samedi 12 juillet, une randonnée aquatique de 25km est organisée depuis l’archipel de Cabrera jusqu’à la plage de Sa Rapita à Majorque, il s’agit de la « Cabrera Channel » organisée par une société privée « BeWater ». Partir d’une île–prison, cette traversée sera pour moi une nouvelle évasion à la nage même si elle ne s’effectuera pas dans les règles habituelles de l’eau libre. En effet, la traversée se fait en un seul groupe accompagné de 3 bateaux moteur et 2 kayaks. Nous devons nager 55mn ensemble et nous arrêter 5mn pour nous ravitailler. Les nageurs doivent rester groupés pendant les 22km puis les 3 derniers kilomètres sont libres.

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Cette randonnée aquatique peut se faire avec ou sans combinaison mais avec l’équipement d’évasion obligatoire suivant : une bouée avec un dossard, une paire de lunettes de rechange, un sifflet et 200 calories de produits énergétiques. A cette période de l'année, aux Baléares, l'eau est à 25-26°C et à l'extérieur il doit faire environ 35°C. Avec de telles conditions, j'effectue donc, en maillot de bain, la traversée comme un entraînement préparatoire à mes traversées estivales à venir...

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A 7h du matin, nous nous rendons tous en bateau jusqu’aux abords de Cabrera. Là, équipés de tout notre matériel, nous nous mettons à l’eau pour rejoindre le rivage. L’île est un parc national maritime et avec un peu de chance, il est possible de croiser des tortues et des dauphins ! Mais il en est tout autrement et, à défaut, de dauphins, ce sont des « pélagia » qui gardent bel et bien l’île pour dissuader toute échappée à la nage. Badigeonné de la tête aux pieds de « Médusyl » (pommade de protection solaire et contre les piqûres de méduses), c’est confiant que je prends le départ de cette randonnée ! 

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A 8h, le signal du départ libérateur est donné, et après une dizaine de mètres à nager en tractant tout mon bardas, je suis rapidement piqué au visage et à la cuisse par une belle méduse violette que je n’avais pas vu venir. Cela me pique et dans ma tête je pense à toutes les personnes qui me demandaient si le « Médusyl » était efficace. Là, je viens d’être fixé et la réponse est : non !!! Nous nageons en groupe avec un kayak qui nous donne la vitesse.

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Je nage en surveillant devant moi pour éviter une nouvelle rencontre malheureuse. La plupart de mes compagnons de nage, notamment ceux en maillot, auront eux aussi la malchance d’être piqués à leur tour… Mais ces méduses, assez éparses, ne nous arrêtent pas et nous continuons notre randonnée. Au bout de 55mn, nous sommes stoppés par un des bateaux moteur. C’est l’heure du ravitaillement !!! 2 bateaux gonflables sont mis à l’eau avec, dans l’un des boissons énergétiques et de l’eau, dans l’autre de l’alimentation solide (pain jambon-fromage, pain avec de la pâte chocolatée, barres de céréales, bonbons,….)

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Nous avons 5 minutes pour nous ravitailler. C’est plus long que lors de mes courses où en 5 secondes j'ai tout absorbé. J’en profite pour tester le ravitaillement solide et les sandwichs qui nous sont proposés. Le pain mouillé à l’eau salé n’est pas très agréable à avaler mais cela passe. Une fois les 5 minutes écoulées, nous repartons en direction de Majorque, les méduses ont disparu et l’île de Cabrera est déjà 3km derrière nous.

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Le plus dur est de reprendre sa nage car après les 5 minutes d’attente pour se ravitailler, les muscles se sont refroidis. Le rythme n’est pas très élevé, nous nageons à une vitesse d’environ 3,3km/h. Entre 2 ravitaillements, on s’arrête parfois pour attendre les retardataires. Heureusement que l’eau est chaude et que le soleil brille car à partir du 3ème ravitaillement, lors des 5 minutes d’attente je commence à ressentir des frissons et des courbatures avant chaque reprise. Nous nageons en pleine mer et toujours aucun dauphin en vue comme annoncé sur les brochures touristiques, seul un troupeau de nageurs avec des bouées oranges en plein milieu de la Méditerranée.

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A mi-parcours, le vent commence à se lever et la mer se ride rendant plus difficile la nage. Nous continuons notre progression comme elle a été programmée par les organisateurs jusqu’à notre 7ème ravitaillement. A partir de ce moment nous avons parcouru 22km, il nous en reste encore 3 pour finir. L’endroit où nous devons arriver sur la plage de Sa Rapita est à présent bien en vue.

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Un ultime ravitaillement et à partir de ce moment les derniers kilomètres sont libres et les nageurs peuvent aller à leur propre vitesse. Cette randonnée est sans classement mais chacun accélère et se met à nager à un rythme plus soutenu pour atteindre l’arrivée. Les fonds marins deviennent de plus en plus beaux avec du sable blanc et des rochers à quelques mètres sous moi. Je vois passer des raies qui rasent le sable… Les écarts entre nageurs s’agrandissent.

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Je nage mes derniers mètres au coude à coude avec un nageur en combinaison, nous sortons ensembles de l’eau pour franchir à pied en portant nos bouées, l’arche d’arrivée. Cette randonnée aquatique de 25km (un peu plus de 7h30) est une belle épreuve conviviale et je la recommande fortement à ceux qui désirent connaître les sensations de la longue distance ou se préparer en endurance pour des raids…

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La prochaine édition est prévue le samedi 4 juillet 2015 et les inscriptions sont déjà en ligne !

31/08/2013

Ultra-Marathon de l’Ebre (Espagne) – 30,8km

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L'Èbre est le plus puissant des fleuves espagnols. Sa longueur est de 928 km. Il prend naissance dans les sources de l'Híjar, à Peñalabra, à 1 980 m d'altitude et se jette dans la Méditerranée en Catalogne, par un grand delta de 320 km² près d’Amposta (province de Tarragone). headernou3.jpg

L’Ultra marathon de l’Ebre est une épreuve d’eau libre (descente de rivière) sur un parcours de 30,830km de Tivenys jusqu’à Amposta. Nous avons rendez-vous le vendredi 30 août à Tortosa pour le briefing de l’épreuve dans l’hôtel qui sert de quartier général à la manifestation. La ville se trouve à mi-distance du parcours de la traversée. Tortosa est la capitale de la Comarque (un canton en Espagne) de Baix Ebre dans la province sud de Tarragone et donc la plus grande ville du delta. Elle a été occupée par les Ibères, les Romains, les Musulmans, les Castillans et les Catalans. Il y a de nombreux sites d'intérêt à Tortosa : des beaux parcs, des palais, des collèges royaux, un château et bien sûr, le fleuve Ebre que nous allons devoir descendre à la nage. blog briefing.JPG

Au cours du briefing en catalan qui sera une nébuleuse pour moi, nous allons faire la connaissance de nos accompagnateurs kayakistes. C’est une jeune demoiselle prénommée Angela qui a été désignée pour être mon « ange gardien » lors de cette traversée. Elle ne parle pas un mot de français et c’est au milieu d’un brouhaha sans nom que je vais essayer de lui expliquer la planification de mon ravitaillement pour ce long périple. Elle paraît avoir bien compris ce que j’attends d’elle et à quel moment précis elle doit me passer mes boissons énergétiques… blog dep.JPG

Le samedi 31 août, tous les nageurs et accompagnateurs ont rendez-vous à 5h50 devant l’hôtel de Tortosa afin de prendre les bus qui nous conduirons sur nos lieux de départ. Les nageurs en direction de Tivenys et les kayakistes sur un site plus en aval du fleuve. Avant d’embarquer, je retrouve Angela afin de lui remettre les bouteilles numérotées qu’elle devra me passer aux heures prévues et … une montre car elle n’en possède pas !!! Nous allons mettre une trentaine de minutes pour arriver sur le lieu de départ à Tivenys. Il fait encore nuit et on se dirige vers les vestiaires d’un gymnase pour se changer et s’enduire de crème solaire car la journée est annoncée très ensoleillée. Pas le temps de s’éterniser car le compte à rebours pour le départ a commencé. On se précipite vers le ponton de départ, mais il n’est pas question de se mettre à l’eau tellement le courant est fort. Nous sommes 57 participants à s’agglutiner sur un ponton d’une vingtaine de mètres qui disparaît complètement au fond de l’eau par le poids des nageurs. Ce qui nous permet de prendre involontairement la température de l’eau, un bon 26°C. 1236441_507127546043295_68439113_n.jpg

A 7h00, c’est le départ et, au moment où je me mets à l’eau, je suis emporté par un très fort courant d’une vitesse supérieure à 4km/h, plus question de faire demi-tour ! Je vois le fond caillouteux défiler à toute vitesse. Par endroit, il y a très peu de profondeur, je suis obligé de nager les bras tendus en ne tapant que des pieds. J’assiste sur ma gauche à un magnifique levé de soleil au milieu des arbres qui bordent la rivière. C’est au bout d’une vingtaine de minutes que l’on passe à toute vitesse devant les kayaks qui nous attendent, il ne faut pas se louper. blog passage kayak.JPG

Angela m’a repéré et commence à me suivre. Je sais qu’en dehors du ravitaillement, je ne pourrais pas compter sur elle pour m’indiquer les courants les plus favorables et les meilleures trajectoires. Sur une largeur du fleuve de plus de 50m, je vais faire l’accordéon avec les autres nageurs : un moins bon courant pour moi et les nageurs me doublent, un meilleur courant et je les redouble. Il va en être ainsi jusqu’à Tortosa. Cela fait à peine 2 heures que je nage et j’aperçois déjà le château de Sant Joan ou de la Zuda qui domine la ville et le fleuve de sa silhouette. blog tortosa 2.JPG

Je traverse la ville à toute vitesse, je passe devant une statue implantée en plein milieu du fleuve en évitant de me la prendre de plein fouet, je découvre un magnifique panorama de la ville et de ses ponts. A la sortie de la ville, ma femme est là, sur la rive, et m’encourage. Cela me motive, car Angela n’est pas très expressive et se contente seulement  de me ravitailler aux horaires pré-établis. A la sortie de Tortosa, peu à peu, le courant perd de sa force et l’Ebre s’élargit. Terminé de se laisser entraîner au gré du courant, maintenant il faut fournir l’effort. blog nage.JPG

Je nage à présent le long des rives de l’Ebre, les branches de bois qui bordent le fleuve dessinent avec le soleil matinal des ombres agréables sur et au fond de l’eau. Je peux admirer les oiseaux qui se réfugient dans les branchages de la rive, effrayés par mon passage. Sur ma droite je distingue une montagne au bord du delta de l’Ebre, la Sierra del Montsià, un magnifique mirador sur le littoral et les plaines intérieures. Cela fait 10 jours que j’ai traversé le Beltquerung à la nage sur 21km et après plus de 4 heures de nage la fatigue sur mes épaules commence à se ressentir. Les 5 derniers kilomètres s’annoncent des plus durs. Il n’y a plus de courant et le vent d’Est créé même un contre-courant. Le final va se faire au mental. Quand je distingue au loin un pont suspendu, c’est la délivrance. Ce pont annonce l’arrivée à la ville d’Amposta, la capitale de la comarque de Montsià et la plus méridionale de la Catalogne. blog amposta.JPG

Ce pont suspendu est l’un des symboles architecturaux les plus représentatifs de la ville. Construit en 1915 il fut le premier pont permanent permettant de franchir le fleuve sur sa partie inférieure. Le pont se distingue par ses deux grands pilonnes de pierre en forme d'arc de triomphe s'élevant de part et d'autre du fleuve. La structure du pont, soutenue par des câbles fait penser, en plus petit, à celui du pont de Brooklin à New-York. Lorsque je le franchis, j’entends les encouragements de ma petite famille et distingue la ligne d’arrivée. Je suis talonné de près par 3 nageurs qui vont me faire accélérer sur les 200 derniers mètres. blog arrivée.JPG

Je franchis la ligne d’arrivée après plus de 5h49 de nage et termine à la 16èmeplace sur 57. Avec l’aide du courant, je viens de réaliser les 30,830km du parcours à une vitesse de 1’08 au 100m. Après un tel effort et un mois d’Août riche en traversées, je me précipite entre les mains de la kiné présente à l’arrivée, rien de tel qu’un bon massage aux épaules avant d’attaquer de nouvelles aventures aquatiques … blog massage.JPG

06/07/2013

Le lac de Vassiviere, étape de coupe de France – 15km

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Le lac de Vassivière est un lac artificiel qui fut créé par la construction d'un barrage situé sur la Maulde. Ce plan d'eau est le plus important du Limousin et un des plus grands lacs artificiels de France, il se situe au nord-ouest du plateau de Millevaches, au sein d'une forêt épaisse. C’est un des lieux touristiques majeurs du Limousin et de la Creuse car bordé de forêt, d’un sentier de rive et de nombreuses infrastructures de loisirs. Ces conditions n’ont pas échappé au Comité régional de natation du Limousin qui organise chaque année depuis 2000 une étape de coupe de France de natation en eau libre. Plusieurs distances sont habituellement proposées aux nageurs, mais cette année il y eut une innovation avec un 15km en remplacement du 10km des années précédentes. Avec celle de Cépoy, cette traversée est la 2ème épreuve française de plus de 10km (sans compter le championnat de France du 25km).

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Nous avons rendez-vous à 10h pour le briefing au centre du lac sur l’île de Vassivière. Pour cette première édition du 15km nous sommes 15 nageurs inscrits (8 garçons et 7 filles). La température de l’eau est annoncée à 17,5°C par les organisateurs. Le départ et l’arrivée se font au niveau du pont de l’île de Vassivière. Nous allons devoir effectuer 6 boucles de 2,5km en passant à 2 reprises sous la passerelle qui relie l’île de Vassivière à la presqu’île de Pierrefitte. Cette passerelle est séparée en 2 par un îlot. Nous allons devoir le passer une fois d’un côté, une fois de l’autre. L’intérêt de ce parcours est qu’il permet au public de suivre la course facilement tout en profitant des activités de loisir et culturelles du site. mise a l eau.JPG

C’est à 11h que nous nous mettons à l’eau dans cette vaste piscine de 1.000 hectares. Si on se pose la question de savoir ce qu’il peut y avoir au fond de l’eau, il faut savoir que pour la petite histoire, la mise en eau du site a eu lieu la veille de Noël 1950 et lors de cette mise en eau, huit lieux-dits et villages abandonnés ont été engloutis par la montée de l'eau, dont l'ancien village de Vassivière qui a donné son nom au lac. Ce nom veut dire en ancien Occitan « ensemble des agneaux d'une bergerie ». Sinon, haut lieu de pêche des carnassiers, il ne devrait y avoir dans l’eau que des brochets, sandres ou truites. le depart.JPG

Dès le signal de départ, nous nous dirigeons vers les premières bouées du parcours. Le rythme des premiers est soutenu et je me mets à l’arrière pour effectuer une traversée tranquillement à mon allure. La première bouée est celle qui correspondra au lieu où nous effectuerons, depuis un ponton accolé à l’île, les ravitaillements. Cette île de 70 hectares abrite un centre d’art contemporain créé dans les années 1980. chateau.JPG

En se dirigeant vers la seconde bouée j’arrive à distinguer tout en nageant le château de l’île. Ce bâtiment a été transformé en résidence d’artistes et abrite les bureaux du Centre International d’Art et du Paysage. Lorsque je vire à la seconde bouée, à quelques mètres sur ma droite il y a un drôle de sous-marin décoré faisant parti des œuvres du Centre. Il s’agit du sous-marin SubTiziano d’Alexandre Ponomarev qui était marin avant de devenir créateur. sous marin.JPG

Je me dirige ensuite vers la 3ème bouée en longeant quelques sculptures et bâtiments appartenant au Centre. Dans le prolongement de cette bouée je distingue l’île aux Serpents en référence à une légende selon laquelle ces reptiles s’y seraient réfugiés lors de la première montée des eaux du barrage. Après cette bouée, nous repartons en direction de la passerelle située entre l’îlot et la presqu’île de Pierrefitte. Il n’y a aucun repère visuel, le soleil est en pleine face. Cela m’oblige à lever plus souvent la tête pour m’orienter. Il y a environ 700m à parcourir. La température de l’eau me paraît plus chaude que les 17,5°C annoncés. Il doit y avoir des effets de courants. Lorsque je passe sous les arches de la passerelle, j’entends des encouragements provenant de mes supporters familiaux mais également des touristes qui empruntent le « petit train » pour se rendre gratuitement sur l’île. A ce moment je distingue la quatrième bouée. sous pont.JPG

Lorsque je lève la tête je ne distingue que la forêt de la presqu’île de Chassagnas. Presqu’île que nous longeons d’assez loin pour nous rendre à la 5ème bouée. Enfin, pour terminer le circuit, nous nageons vers une sixième bouée située vers la passerelle dans le prolongement de la ligne d’arrivée. A cette 6ème bouée, nous avons effectué 2,5km, il ne reste plus qu’à refaire encore 5 fois ce parcours ! Après avoir franchi la passerelle, je me dirige vers le ponton de ravitaillement, l’eau se rafraîchit et cela me fait du bien, d’ailleurs je pense que la température de l’eau a été prise à cet endroit. ravito 2.JPG

Sur le ponton, c’est mon fils de 11 ans, devenu apprenti-coach, qui me passe ma boisson, pour une première fois il remplit son rôle à la perfection, je me demande si je ne vais pas l’embarquer sur mes prochaines aventures. Ah, oui ! Il faut d’ailleurs que j’y pense à mes prochaines aventures et que j’évite de trop forcer. Commence alors pour moi une activité cérébrale, calculer mon rythme de nage par rapport au premier car si je veux être classé il me faut arriver dans les 1h30 qui suivent l’arrivée du vainqueur.

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Normalement, cela devrait se faire, alors je mets quand même une petite accélération dans le dernier tour et je termine les 15kms, bon dernier, en 4h30 à 1h15 du premier.

22/06/2013

Des îles Medes aux îles Formigues en Espagne (22,3km)

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Une toute nouvelle traversée sous forme de randonnée aquatique est organisée depuis les îles Medes jusqu’aux îles Formigues au large de Palafrugell en Espagne. Cette traversée, sans classement, organisée par « Neda el Mon » permet ainsi de découvrir par la mer une partie de la Costa Brava. Pour cette première édition, il est prévu que les nageurs effectuent la traversée en plusieurs groupes composés de 6 nageurs de niveaux différents (2,8km/h ; 3km/h ; 3,2km/h ou 3,4km/h) accompagnés d’un bateau pilote. Les nageurs d'un même groupe doivent nager ensembles pendant toute la durée de la traversée. Avant cette première édition de 2013, seul 3 nageurs espagnols ont effectué en solo cette traversée à la nage de 22,3km. 

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Le samedi 22 juin 2013, nous avons rendez-vous à 9h30 avec les 16 autres nageurs inscrits pour le briefing de cette première édition au port de l’Estartit, une station balnéaire de la Costa Brava centrale. La température de l’eau est annoncée à 19°C et des méduses ont été repérées, pour cette raison l’organisateur recommande aux nageurs le port de la combinaison. Malgré tout, nous serons 2 nageurs à ne pas les utiliser. Pour ma part, je vais nager avec 4 autres nageurs dans le groupe inscrit pour une vitesse de 3,4km/h : le groupe bracelet rouge, les plus rapides !

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Vers 10h, nous embarquons sur les bateaux afin de nous diriger vers le lieu de départ de notre traversée. Les Medes forment un archipel de sept îles (dont la plus grande est appelée Meda Gran), situées juste en face de la ville de l’Estartit et qui correspondent à l’extension de la montagne de Montgri. La superficie totale de toutes les îles est d’environ 21,5 ha, et le point le plus élevé atteint les 75m. En chemin, un thon saute devant notre bateau et j’aperçois à mi-profondeur quelques « pélagia », les restes de l’invasion de la semaine précédente sur la côte Espagnole.

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Nous nous mettons à l’eau afin de nous rapprocher au plus près de l’île. La température à cet endroit est plus fraîche d’un à 2 degrés car en profondeur une rivière d’eau douce sous-marine fournit aux Medes de l’eau douce provenant du Montgrí. Accolés aux rochers, les nageurs se motivent et s’encouragent, puis c’est le départ du groupe des rouges dont je fais partie. Nous effectuons une longue ligne droite de 7km au large de la plage de sable de l’Estartit qui reste encore une zone protégée de la spéculation urbaine.

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La mer est calme et le soleil brille ce qui fait que la plupart des méduses se situent à mi-profondeur m’évitant ainsi des contacts qui pourraient s’avérer fatidiques. Nous nageons à un rythme que je trouve assez soutenu pour des nageurs sensés être à 3,4km/h. Toutes les 45 minutes, nous nous arrêtons une à 2 minutes pour effectuer les ravitaillements. Au menu de l’organisateur, des sandwichs chocolatés, de l’eau, des bananes, des boissons énergétiques, pour ma part j’opte pour mon propre ravitaillement à base de boissons énergétiques et de boissons chocolatées protéinées.

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Un peu avant notre 2ème ravitaillement, les nuages font leur apparition alors que nous nous approchons du cap de Begur. Situé entre Aiguafreda et les criques de Sa Tuna, nous avons en point de mire ce qui fut jadis au cap Sa Sal un des plus luxueux hôtels de la Costa Brava dans les années 60 et 70. Durant 16 années, l’établissement a accueilli plusieurs politiciens, intellectuels et artistes de renommée internationale avant de devenir de nos jours des appartements de location.

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Nous longeons ensuite le cap Begur jusqu’à Tamariu où les falaises, les pins, les criques d’eaux cristallines et la côte abrupte en font tout le charme de la Costa Brava. Nous avons à ce moment parcouru la moitié du parcours. Nous nageons toujours avec un rythme soutenu et je me demande combien de temps nous allons pouvoir tenir à cette cadence. Et ce qui devait arriver, arriva : entre le 4ème et le 5ème ravitaillement, moi qui croyais qu’à 3,4km/h de moyenne cela serait une partie de rigolade, j’ai du mal à rester accrocher à mes amis de nage.

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Au 5ème ravitaillement, nous avons dépassé Tamariu et nous longeons le cap de San Sébastian jusqu’à Llafranc. Situé à l’est de Palafrugell sur le mont San Sebastian de la Guarda, ce cap est bien connu pour avoir l’une des plus belles vues de la mer Méditerranée depuis son magnifique belvédère. Vu de l’eau, on distingue bien la Tour de défense du XVème siècle ainsi que son phare construit en 1857 à une hauteur de 165 mètres. C’est le phare le plus important du golfe du Lion et un des plus puissants phares de la mer Méditerranée.

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Mais la beauté du paysage ne permet pas d’oublier la dureté de l’effort. J’ai du mal à rester collé aux autres nageurs et toute la solidarité d’une épreuve sans classement voit le jour. Ils sont unanimes : « Nous arriverons tous ensembles et en même temps !!! » Sur les 4 derniers kilomètres du parcours, ils vont m’attendre et nager à mes côtés. Depuis 2 bonnes heures, la mer s’est formée et le vent et les vagues nous déportent vers la côte, rallongeant notre parcours d’environ 1km et puisant dans le peu d’énergie qu’il me reste. Puis les îles Formigues commencent à se dessiner de mieux en mieux. Formées par roche nue, pratiquement dépourvues de végétation, elles peuvent être pratiquement cachées quand la mer est démontée.

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Les Îles Fourmis (Formigues en Catalan), nom donné par leur petite taille, sont un groupe de 16 îles situé au large de Calella de Palafrugell. Il y a un signal de balise sur l’île dite Formiga Grande avec une portée de 6 miles. C’est à cet endroit que doit s’effectuer l’arrivée. Une vingtaine de mètres avant, les nageurs m’attendent, nous finissons les derniers mètres ensembles et touchons l’île après avoir nagé 5h33’. C’est à ce moment que j’apprends que nous avons nagé à une vitesse de 4,2km/h ! Tous les nageurs se congratulent et se félicitent d’avoir terminé cette magnifique traversée.

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A bord du bateau qui nous ramène au petit village balnéaire de Callela à Port Bo, je commence à mieux comprendre ce qui s’est réellement passé et pourquoi j’ai eu du mal à suivre. Lorsque j’ai commencé à flancher au bout de 4h, nous étions en réalité à 4,4km/h de moyenne. C’était quasi-impossible pour moi de tenir cette vitesse jusqu’au bout et au final j’ai ralenti le groupe en nageant entre 3,8 et 4km/h de moyenne. Ce qui devait être un entraînement pour moi s’est avéré être une épreuve exténuante. Mais bonne nouvelle, j’apprends que j’ai battu le record de la traversée sans combinaison !!!

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Un grand merci à mes amis nageurs qui m’ont accompagné lors de cette superbe journée : Pep Vivas I Elias, Victor Galve Ruiz, Nacho Gash, Ruben Sarlé Laplana (de droite à gauche sur la photo) et l’organisateur-accompagnateur Marc Caballé.

18/08/2012

Malte-Gozo-Malte (11km)

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Une épreuve de natation longue distance entre l’île de Malte et celle de Gozo est organisée chaque année depuis 2010 par le club de sport maltais, le Birkirkara St. Joseph Sports Club. Deux distances sont proposées aux nageurs : une épreuve de 5.5km entre Gozo et Malte et une épreuve de 11km de Malte à Gozo et retour.

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C’est sur cette dernière épreuve de 11km que je me suis inscrit pour participer le samedi 18 août 2012 à la traversée. Nous avons rendez-vous à 5h30 au nord de l’île de Malte sur une plage de la péninsule de Marfa longue de 6km et large de 2km.

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Les rives de cette péninsule sont encore à l’état sauvage, seuls 3 hôtels y sont construits loin de tout, et la mer est d’un bleu magnifique. C’est sur la plage d’un de ces hôtels que le départ est prévu. Le soleil commence à se lever et je  distingue au large l’île de Comino que je vais devoir contourner par la gauche en nageant. La mer semble calme et un léger vent d’Est commence à souffler.

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A 6h30, le départ est donné aux 9 nageurs du 11km. Nous nageons 200m dans la petite crique avant de nous retrouver en pleine mer dans le détroit de Malte. Pour rejoindre l’île de Comino, nous avons à parcourir 2km700. L’eau est chaude, environ 28°C, et le vent d’Est commence à créer des vaguelettes gênantes pour ma progression.

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Au fond de l’eau je distingue un ban de petits poissons dénommés « Apagon » et quelques petites méduses. Lorsque j’approche des falaises de Comino, je me trouve en tête suivi de près par 3 autres nageurs. Je vais devoir longer l’île sur une distance d’environ 1km500. Son littoral déchiqueté est tracé par des falaises de calcaire d’une vingtaine de mètres et composé de cavernes profondes.

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Le nom de l’île vient du mot Cumin, une des rares plantes qui parvient à pousser sur un sol aride. L’île de Comino est, aujourd’hui, un sanctuaire animalier et une réserve naturelle. Ma nage est rendue difficile par le courant créé par le flux et reflux des vagues contre les falaises. Je suis en tête et suis aveuglement mon bateau qui me montre la direction de Gozo.

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C'est un pêcheur du coin qui m'accompagne et effectue mon ravitaillement toutes les 45mn depuis sa petite barque de bois multicolore. Il me reste encore à effectuer 1km300 dans le détroit de Gozo. Non loin de moi, se trouve mes poursuivants, mais je nage assez relâché et garde des réserves pour le retour. Lorsque j’arrive à la bouée de contournement aux abords d’Il-Blata tal Halfa à Gozo j’ai une cinquantaine de mètres d’avance sur le second. Je prends alors mon 2ème ravitaillement et repars sur un rythme plus soutenu vers CominoC'est un pêcheur du coin qui m'accompagne et effectue mon ravitaillement toutes les 45mn depuis sa petite barque de bois multicolore. Il me reste encore à effectuer 1km300 dans le détroit de Gozo. Non loin de moi, se trouve mes poursuivants, mais je nage assez relâché et garde des réserves pour le retour. Lorsque j’arrive à la bouée de contournement aux abords d’Il-Blata tal Halfa à Gozo j’ai une cinquantaine de mètres d’avance sur le second.

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Je distance mes poursuivants et lorsque j’arrive près des falaises, je ne distingue plus le second nageur. Le vent souffle plus fort et la mer est beaucoup plus agitée qu’à l’aller. Le passage de l’île va me paraître une éternité et va m’éprouver physiquement. Je m’inquiète pour mon pilote de bateau, j’ai peur qu’il soit emporté avec son frêle esquif vers les rochers.

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Mais le pilote de bateau est un vrai pro et connaît bien les lieux. Il m’amène en toute sécurité dans la meilleure trajectoire. J’arrive enfin au bout des falaises et je distingue au loin sur l’île de Malte le Fort Sainte-Agathe à Mellieha (appelé aussi le fort rouge en raison de sa coloration distinctive). Il commande une vue spectaculaire sur la baie de Mellieha et c’est un point fixe remarquable idéal pour m’orienter vers l’arrivée. Il se trouve dans le prolongement de l’île et de la crique d’arrivée.

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Les vagues sont maintenant en ma faveur et me poussent vers Malte. Je distingue de mieux en mieux l’hôtel d’où nous sommes partis ainsi que les fonds marins. Derrière moi, j’ai du mal à apercevoir les autres nageurs et leurs bateaux. J’arrive enfin dans la crique et me dirige vers la bouée d’arrivée.

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J’entends dans les derniers mètres les encouragements de ma petite famille présente sur le ponton d'arrivée et du pilote de bateau. Je touche la bouée en première position après 3h13’34 de nage. Epuisé par l'effort, j’ai du mal à remonter l’échelle du ponton, mais les félicitations « well done » de la part des organisateurs et de mes proches me font vite oublier la fatigue.

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Lors de cette traversée nous avons nagé pour récolter des fonds pour une association « Swim Aid », qui oeuvre pour un jeune maltais présent à l'arrivée et qui a perdu ses membres à la suite d'un arc électrique.

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(Photos : Birkirkara St.Joseph Sports Club)


14/07/2012

Marathon international du golfe Toronéen en Grèce (26km)

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En 1971, un groupe de jeunes nageurs de Nikiti a osé nager à travers le Golfe Toronéen (en grec Toroneos) de Nikiti à Kallithea (dans le nord de la Grèce). Ils ont réalisé ce défi par amour pour la mer. Le départ des nageurs est passé inaperçu à l’exception de quelques amis présents pour les encourager. A l’annonce de l’arrivée des nageurs sur la côte de Cassandra, les habitants des villages alentour se sont déplacés pour accueillir comme des héros ces valeureux nageurs.

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En 1973, le groupe de jeunes nageurs crée une Association culturelle et sportive de Nikiti : «SITHON».

Depuis 1973, au mois de juillet, «SITHON» organise la traversée à la nage sur une distance de 26km  entre deux péninsules de la région de Chalcidique. Le départ a lieu de Kallithéa sur la péninsule de Cassandra jusqu'à Nikiti sur la péninsule de Sithonia. La communauté locale fournit un accueil chaleureux à la trentaine de nageurs qui y participent chaque année.

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Avec Cathy, nous avons été retenus pour prendre le départ de la 42ème édition de ce marathon international, le samedi 14 juillet 2012. Nous allons être logés pendant les 4 jours de notre séjour dans un somptueux hôtel situé en front de mer à 5km de Nikiti. 

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Le village de Nikiti est un pôle dynamique de la région de Chalcidique et le centre d'apiculture le plus important en Grèce. La traversée est un des événements majeur de l'été. Pendant 3 jours, sont organisées de nombreuses festivités. Un stand est mis en place pour vendre divers objets promotionnels : T-Shirts, calendriers, affiches, DVD (traversée de 2011) et même des excursions en bateau sont proposées pour voir de très près les nageurs en plein effort lors de la traversée... 

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Le matin de l'épreuve, c'est en bus que nous nous rendons à Kallithéa où doit avoir lieu le départ de la traversée. Nous avons une bonne heure de route à effectuer et il n'y a qu'un bus pour acheminer les nageurs, accompagnateurs et organisateurs... Nous sommes donc entassés comme dans une boite à ... sardines et je trouve péniblement 10cm de glacière pour pouvoir m'asseoir ! 

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Kallithéa est un endroit très cosmopolitain et offre aux touristes de longues plages aux eaux cristallines bordées de pins ainsi que des soirées nocturnes très intenses. Nous croisons d'ailleurs ceux qui sortent des bars et des discothèques. Arrivés sur le site du départ, nous prenons un petit déjeuner, là, je fais connaissance de Rik qui sera mon accompagnateur pendant la traversée. Juste le temps de se préparer, d'expliquer à Rik pour mon ravitaillement, de prendre la photo officielle et c'est le départ pour 26km de nage.

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Avec 23 autres nageurs, je plonge dans une eau qui avoisinne les 30°C, alors que dehors le thermomètre affiche déjà les 40°C. D'excellentes conditions pour du farniente au bord de l'eau, mais pour moi qui suis habitué à nager dans des températures qui ne dépassent guère les 18°C, cela s'annonce plutôt dur. Je pars donc assez tranquillement pour ne pas être épuisé par la chaleur. La mer est bleue turquoise et nous commençons à apercevoir des petites bêtes gelatineuses d'une dizaine de cm. Il s'agit que d'animaux planctoniques inoffensifs appelés Salpes.

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Contrairement à ce que je pouvais m'imaginer au départ, la traversée va se passer idéalement au niveau physique ainsi que pour mes ravitaillements. Heureusement car côté paysage, il n'y a rien à voir : que de l'eau !!! Mes bonnes conditions physiques vont même m'amener à accélérer sur la 2ème partie du parcours et lutter pour les places d'honneur. A coup d'accélérations et toujours encouragé par Rik et les pilotes du bateau, je termine ce marathon de 26km en 7h25 à la 4ème place. Je suis accueilli à l'arrivée par de très forts applaudissements...

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Cette course est organisée dans l'esprit sportif des Jeux Olympiques que la Grèce a hérité de ses ancêtres. Pour cette raison, chaque nageur qui parvient à nager la distance et finir la course est considéré comme un gagnant et traité comme tel. Chaque lauréat reçoit une coupe et est couronné d'une couronne faite de feuilles d'olivier comme cela se faisait dans la Grèce antique. 

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Les festivités se terminent le soir par une interminable remise de récompenses où chacun y va de son discours suivi d'un feu d'artifice qui clôture cette 42ème traversée du golfe Toronéen.

17/06/2012

Marathon à la nage du Golfe Capri-Naples (36km)

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Parmi les épreuves de marathon en Europe, la traversée à la nage du golfe de Capri-Naples en Italie est l’une des plus anciennes et des plus connues. La première édition s’est déroulée en 1954. Elle a été organisée par la Fédération Internationale de Natation Longue distance (créée à Paris en juin 1953). Cette épreuve était ouverte aux professionnels, mais également aux amateurs. Elle s’est nagée de 1954 jusqu’en 1992 (sauf 1984 et 85). Puis, plus rien jusqu’en 2003. Cette année-là, l’épreuve renaît et devient une étape du circuit Coupe du monde organisée par la FINA. Dès 2008, cette compétition professionnelle FINA s’ouvre de nouveau aux amateurs avec des départs différents.

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C’est dans cette catégorie que je m’inscris avec Cathy afin de participer le dimanche 17 juin 2012 à la 47ème édition de la traversée Capri-Naples sur une distance de 36km. Nous sommes accueillis par une organisation rodée et au top. Nageurs professionnels, amateurs et entraîneurs se côtoient dans un hôtel somptueux à l’ouest de Naples pendant les 5 jours prévus au programme.

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Les Italiens sont supers sympa avec nous, ils nous nourrissent bien et beaucoup, pâtes à chaque repas ! Les journées sont bien remplies et nous n’avons pas une minute à perdre afin de nous rendre aux différentes réceptions, présentations et séances d’entraînement… Tout est minutieusement chronométré et, lors de nos déplacements, nous sommes sous bonne escorte avec la « Polizia » qui n’hésite pas à nous ouvrir la voie dans les rues de Naples afin d’éviter quelques embouteillages.

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Le jour de la traversée, nous nous rendons en bateau sur l’île de Capri. Nous débarquons dans la petite localité touristique de Marina Grande. C’est de là qu’aura lieu le départ. Le cadre y est magnifique et un soleil radieux sans vent nous laisse entrevoir une belle journée de natation.

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C’est à 9h30 que le départ est donné aux nageurs amateurs dont nous faisons parti. Le départ des professionnels est prévu 45’ après nous. La température de l’eau est à 22°C et l’air affiche 34°C. Nous nous dirigeons plein nord pour rejoindre Naples.

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mon coach Bernard et le pilote

Je laisse derrière moi l’île de Capri et distingue sur ma droite la péninsule de Sorrente. Devant moi se dresse au loin le Vésuve donnant l’impression que l’on est presque arrivé. Mais l’effet d’optique est trompeur et Naples est encore bien loin. A partir de la 3ème heure, je commence à souffrir des épaules et une envie furieuse d’abandonner me vient à l’esprit. Mais la beauté des lieux me fait oublier la douleur et celle-ci commence à s’atténuer au bout d’une bonne heure.

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Je nage dans une eau turquoise où les rayons du soleil qui frappent l’eau se décomposent en différentes couleurs au fur et à mesure de leur descente en profondeur. Sur ma gauche, j’aperçois nettement au loin les îles d’Ischia et de Procida. Devant moi, je commence à distinguer les maisons de Naples et lorsque que je respire à droite je ne vois que le Vésuve qui forme un grand M. Après 6h de nage, je souffre de nausée et ne peut plus rien absorber au niveau ravitaillement. Je vais devoir finir sur mes réserves.

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L’eau commence à devenir marron et indique que Naples et son activité portuaire n’est plus très loin. Le « Castel dell’Ovo », un château construit en front de mer près du lieu d’arrivée est en visuel. Le vent me pousse vers Naples et dans un état d’épuisement, je franchi les 2 bouées qui m’amènent vers la ligne d’arrivée située à la petite plage de « Rotonda Diaz ».

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Je termine à la 2ème place des amateurs en 9h15’23. Cette traversée dans la baie de Naples, restera pour moi, une belle épreuve sportive dans un joli décor naturel.

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25/06/2011

Traversée du lac d'Orta en Italie (13km)

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Samedi 25 juin 2011, j'ai participé à la 3ème édition de la traversée du lac d'Orta en Italie. C'est un petit lac alpin situé dans le nord de l'Italie entre la Lombardie et le Piémont. Le cadre y est magnifique. Le lac fait 13,4km de long et 2,5km de large.

Avec une centaine de nageurs, nous allons en effectuer la traversée dans sa longueur depuis la petite plage de Gazziano située au sud jusqu'à la ville d'Omegna au nord en passant entre le village d'Orta et l'île de San Giulio, le tout sur une distance de 13,2km et dans une eau à 21°C.

Contrairement à la légende typique d'Orta qui veut que "San Giulio (leur Saint Patron) jeta son manteau sur la surface du lac pour y grimper et à l'aide de son bâton ramer du village jusqu'à l'île pour chasser les monstres et le dragon", nous, nous allons traverser le lac pour le plaisir car « non competitiva » sur l'affiche, en tractant un ballon de plage avec notre numéro d'inscription.

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Le matin de la course notre rendez-vous à lieu à Omegna où un bateau va nous emmener sur le lieu de départ. Je vais effectuer le trajet au côté de Marco, l'organisateur principal et nageur lui aussi. Tout au long du parcours, il nous fait un briefing sur les conditions de ravitaillement, le trajet, les points repérables, ...mais également nous avons droit à des commentaires touristiques sur le lac.

Cette traversée n'étant pas officielle (réglement FINA), tous les nageurs sont en combinaison à l'exception d'une dizaine de nageurs dont je fais parti. On me remet une bouée avec une ficelle à attacher autour du ventre pour la sécurité. Ce n'est pas la première fois que j'effectue une traversée dans ces conditions : j'avais nagé en 1994 dans le lac majeur (entre Brissago et Diranella) en tractant déjà un ballon. En fait, toutes les épreuves en lac dans cette région se font accompagné d'un ballon ! L'avantage c'est qu'on voit les nageurs de loin.

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Le départ est donné un peu après 10 heures sous un soleil éclatant. Il fait 26°C à l'extérieur et pas un nuage à l'horizon. Une superbe randonnée aquatique en perspective. 100 ballons se mettent à avancer en ordre éparpillé dans le lac, encadrés par une vingtaine de bateaux à moteur et une vingtaine de kayak. Tout autour de moi, les montagnes sont verdoyantes et des petits villages sont dominés par les clochers des nombreuses églises. J'évite de me laisser entraîner par le rythme soutenu des premiers nageurs. Après 4,4km et après avoir dû nager quelque mètres à reculon pour récupérer mon ballon que j'avais perdu, j'approche du petit village d'Orta où se situe le premier ponton de ravitaillement. Ce petit village pittoresque à son centre d'intérêt  sur la place du marché où se trouve un palais communal style Renaissance de 1582. Là, j'entends et vois mes supporters, ma femme et mes deux enfants, venus pour m'encourager.

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Sur ma gauche je distingue la petite île de San Giulio avec son cloître baroque et sa grande basilique romane. Le cadre dans lequel je me trouve est magnifique et c'est dans ces moments là que l'on apprécie encore plus la discipline de l'eau libre. Encore quelques mètres et, à hauteur de l'Hôtel de ville, depuis un ponton, on me tend mon premier ravitaillement. Il s'agit d'une nouvelle boisson énergétique que je teste et malheureusement l'essai n'est pas concluant. Me voilà reparti pour ma promenade à la nage. Je quitte le petit village d'Orta et ses splendides habitations pour rejoindre 3,8km plus loin le 2ème point de ravitaillement. Je n'ai pas trop le temps d'apprécier cette partie du paysage, un nageur s'est mis dans mes pieds et me met la pression en me touchant.

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J'étais venu pour un entraînement et maintenant l'esprit de compétition reprend le dessus. Je nage pour essayer de le distancer et me fatigue inutilement. Arrivée au 2ème point de ravitaillement, je m'aperçois que je l'ai distancé et me raisonne pour éviter de me « mettre dans le rouge ». Je repars pour les 5,5km restant. Je peux admirer une cascade et je distingue au loin les maisons d'Omegna, la ville d'arrivée. Le vent vient de se lever et heureusement pour nous dans le bon sens.

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Il arrive parfois que le ballon me rattrape. Mes épaules deviennent lourdes et j'entends de nouveau mes fidèles supporters. La ligne d'arrivée salvatrice n'est pas loin. A ce moment, je vois de part et d'autres, deux nageurs en combi qui me suivent. Il ne me reste plus qu'à faire un petit sprint final pour le fun !!!

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Je termine la traversée à la 18ème place en 3h24'28. Au final, je suis très satisfait de cette traversée que je conseille à tous les passionnés de nage en milieu naturel ...

14/08/2010

Marathon d'IJsselmeer en Hollande (22km)

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 Présentation

Jusque dans les années 70, la natation marathon était un domaine réservé aux professionnels. Les distances des épreuves sont généralement supérieures à 25km. Mais après 1970 des marathons réservés exclusivement aux amateurs vont se mettre en place. Ces épreuves sont moins longues et réservées uniquement aux nageurs appartenant à des clubs dont la fédération nationale dépend de la FINA.

Parmi ces traversées il y en a une qui se déroule dans les Pays-Bas. Elle fait partie des plus anciennes épreuves réservées aux amateurs et a su résister avec le temps. Elle a fêté sa 40ème édition en 2009.

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Elle se nage entre les villes de Stavoren et de Medemblik sur une distance de 22km. Dans les années 30, une très grande digue, l’Afsluitdijk, est construite afin de protéger le pays des inondations. Elle a pour objectif de fermer un ancien golfe de la mer du Nord, le Zuiderzee et de le transformer en une immense étendue d’eau douce, aujourd’hui dénommé l’IJsselmeer. C’est dans ce plus important lac des Pays-Bas qu’a lieu la traversée.

En 2010, je m’inscris à la 41ème édition de ce marathon international qui a lieu le samedi 14 août. Lors de mon inscription par courriel, j’ai de très bons contacts avec les organisateurs. Les messages sont très chaleureux et j’apprends que la veille et le soir de la traversée des chambres nous sont réservées chez l’habitant pour ma famille et moi (soit 2 adultes, 2 enfants et mon accompagnateur, mon cousin Benjamin).  
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Le briefing

Nous arrivons en début d’après-midi devant le Q.G. de la traversée à Medemblik. Il s’agit d’un bar situé juste devant la ligne d’arrivée. Il est tenu par un ancien nageur qui a participé 7 fois à cette traversée. Maintenant il est devenu un des principaux organisateurs de l’épreuve. Nous sommes bien accueillis par les responsables présents mais ils nous font gentiment remarquer que nous sommes très en avance. Le rendez-vous n’a lieu qu’à 19h30, après le dîner. Pour attendre l’heure du briefing, nous allons rencontrer notre famille d’accueil chez qui nous résiderons pendant deux jours. Cela nous laisse le temps de nous installer, de nous promener dans la ville et surtout de manger un bon plat de pâtes. A 19h30, le dîner à peine englouti, nous sommes de nouveau devant l’entrée du bar tout proche de notre maison. Il y a beaucoup de monde. Nageurs, entraîneurs et organisateurs discutent le verre à la main. Les nageurs consomment de l’eau ou des produits énergétiques et les autres de la bière.

Nous sommes invités à nous rendre dans une arrière salle du bar. L’atmosphère ressemble à celle d’un pub irlandais avec sur les murs des affiches, des photos et les trophées de la traversée. Nous nous installons au fond de la salle. A quoi ça sert d’être devant, de toute façon je ne vais rien comprendre à ce qui va être dit. La salle se remplit et le médecin de la traversée vient à ma rencontre, il parle un peu le français et nous servira de traducteur. Il a déjà participé 4 fois en tant que nageur et maintenant il officialise sur la course en qualité de médecin. Là, j’apprends que cette traversée qui ne fait que 22km est considérée comme le championnat de Hollande des 25km. En effet la dureté de l’épreuve est due essentiellement au froid, au vent et aux vagues qui en font une épreuve en réalité supérieure à un 22km. Ce lac immense peut être aussi redoutable qu’une mer déchaînée. Mon ami Jean-Luc en avait déjà fait les frais quelques années auparavant. Avec une forte pluie, un vent de face, des creux de 2,5m et une eau très froide, il a été sorti de l’eau au bout de 7 heures à seulement 1500m de l’arrivée. Il était en hypothermie et inconscient. Dit comme ça, cela risque de ne pas être une partie de plaisir surtout avec une tendinite au coude et les quelques petits entraînements que j’ai dans les bras. A écouter le médecin, il est parti pour ne pas chômer pendant l’épreuve. A bord du voilier qui doit me suivre lors de ma traversée, en plus de mon cousin Benji présent pour me ravitailler, il y aura un juge qui surveillera à tout moment si je suis en capacité de continuer, auquel cas le médecin sera appelé de toute urgence. Sympa comme pression !!!

Ensuite, il y a la présentation des nageurs, des entraîneurs et des pilotes de bateau. Nous sommes au total 14 inscrits dont 4 femmes. Nous sommes seulement deux étrangers (un nageur danois et moi). J’apprends que le temps limite pour la traversée est de 7 heures. Si tout va bien, je pense mettre entre 6 heures et 6 heures 15. Il ne me reste plus qu'à aller jusqu’au bout. Le briefing terminé, nous quittons la salle sans oublier de saluer le médecin et en espérant ne pas avoir à faire à lui le lendemain.

 

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La préparation

La nuit est très courte car nous avons rendez-vous devant le bar à 6 heures du matin, Le départ en voiture des nageurs, des entraîneurs et des juges vers Stavoren est fixé à 6 heures 30 précises. La personne qui nous héberge est du voyage avec son véhicule pour accompagner des personnes sur Stavoren. Et là, rien à voir avec la Grèce, pas de minutes méditerranéennes en plus. L’heure c’est l’heure et c’est même avant l’heure ! A 5h50, le propriétaire tape à la porte de notre chambre pour nous conduire au lieu de rendez-vous. Nous ne sommes pas encore prêts et sans attendre il s’en va. Il nous laisse en plan dans la cuisine ce qui nous oblige à nous rendre à pied jusqu’au café situé à 500 mètres de la maison. Sur place nous allons patienter quelques instants jusqu’à l’arrivée de tous les participants. Le soleil commence à se lever et la journée s’annonce des plus belles. Les nageurs se concentrent déjà et les organisateurs s'affairent dans tous les sens. A 6 heures 25, tout le monde embarque dans les voitures et c’est le grand départ vers Stavoren. Le trajet va durer plus d’une heure et nous allons passer sur cette fameuse grande digue qui fût achevée en 1933. Cet ouvrage où se trouve l’autoroute qui nous mène de l’autre côté du plan d’eau a une longueur de 32km pour une largeur de 90 mètres. La route est longue et je contemple l’immense plan d’eau dans lequel je vais devoir nager en sens inverse. Il n’y a pas un brin de vent, pas un nuage dans le ciel et il n’y a pas une ride sur le lac. Le plan d’eau n’a rien à voir avec ce qui a été présenté la veille lors du briefing. Je suis un peu plus rassuré !

Un peu avant 8 heures nous arrivons dans le petit port de Stavoren. Alors que les officiels font un dernier point et boivent le café, les nageurs et leurs entraîneurs sont à la recherche de leurs voiliers alignés le long des 2 pontons du port. Je suis à la recherche de celui en possession du numéro 9 correspondant à mon numéro de participant. Il est introuvable malgré mes passages répétés sur les deux pontons. Je demande en anglais à un autre nageur de me donner un coup de main. Il y a un voilier sans numéro et sans personne sur le pont. Le nageur crie en hollandais et soudain quelqu’un sort du bateau. C’est bien lui le numéro 9. Je monte à bord et avec mon cousin nous faisons connaissance avec le pilote et son épouse qui nous offrent le café de bienvenue. Pendant que je dépose mon matériel et que je commence à me mettre en maillot, le pilote installe le fameux numéro sur son voilier. Il est un peu plus de 8 heures et c’est le moment du graissage. Il est hors de question de le faire à l’intérieur du bateau et je rejoins donc les nageurs dans un hangar à poissons ouvert pour l’occasion. Au sol est posée une grande bâche pour éviter de salir. Muni de gants en caoutchouc, je commence à me tartiner de crème solaire car la journée s’annonce chaude et ensoleillée. Je vais ensuite me mettre de la graisse sous les aisselles et sur la nuque. Pas besoin d’en mettre plus, la température de l’eau est annoncée à 19°C. L’ambiance est détendue et les nageurs discutent entre eux. Ils savent que la traversée va être moins dure que les années précédentes. Il est 8 heures 30, nous effectuons une photo de groupe et nous sommes invités à rejoindre la vedette de sauvetage avec à son bord le médecin qui doit nous conduire sur la ligne de départ. Le départ est prévu à 9 heures à la sortie du port de Stavoren. Nous allons effectuer une centaine de mètres en bateau suivi des voiliers accompagnateurs.

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 La course

Arrivé à hauteur des 2 phares qui matérialisent la sortie du port, on nous prie de nous mettre à l’eau. Après quelques : « Good Luck ! » et sans avoir pu gouter l’eau, nous sautons du bateau et effectuons quelques mètres pour nous aligner. C’est une sensation bizarre de se retrouver avec de l’eau douce au milieu d’un décor marin. Nous sommes dans un port avec une immense étendue d’eau à perte de vue. Un peu avant 9 heures, la corne de brume retentit, le départ est donné aux 14 nageurs. Nous nous élançons à la poursuite du bateau ouvreur. Derrière, la flottille de voiliers commence à nous rattraper. Mes premières sensations sont quelques petits frissons liés à la température de l’eau et surtout une grosse douleur au niveau de mon coude droit. Je me retrouve après 100 mètres de nage en avant dernière position. C’est parti à toute vitesse. Je suis le plus vieux et il n’y a que des jeunes. Ils ont plein d’énergie, mais auront-ils le même rythme au bout de quelques kilomètres quand les bras seront un peu plus lourds ? Les voiliers des premiers me dépassent sur la droite et la gauche. Après 500 mètres de nage, nous sommes au milieu d’un immense couloir matérialisé de part et d’autre par les voiliers. Il suffit pour nous d’aller tout droit. Mon voilier numéroté 9 se tient sur ma droite comme je l’avais demandé. Cela fait 30 minutes que je nage et mon cousin me tend mon premier ravitaillement. Je le sens un peu fébrile, c’est la première fois qu’il fait ça et je vois bien qu’il veut être à la hauteur de mes attentes. Il n’y a rien à dire, je bois mon mélange énergétique et repars à la poursuite du nageur qui me précède d’une cinquantaine de mètres. Derrière, la personne qui me suit est à plus de 200 mètres. J’en profite pour faire le point avec mon corps : ma tendinite me fait mal mais c’est supportable, mes épaules vont bien et je pense que cela doit tenir pendant les 6 heures d’effort que je me suis fixé. Tout se passe bien jusqu’à mon troisième ravitaillement. Là, je vois mon apprenti-entraîneur qui prépare ma perche de ravitaillement. Je commence à me rapprocher du bateau et lorsqu’il me la tend je suis dans l’incapacité de l’attraper. Le voilier continue sa route avec mon ravito à quelques centimètres devant mon nez. Un peu comme lorsque l’on présente une carotte à un âne pour qu’il avance. Impossible de l’attraper et je finis par voir ma boisson tomber à l’eau. Après avoir de nouveau rempli le verre, rebelote, j’augmente ma vitesse de nage pour rattraper ma boisson qui finit de nouveau à l’eau, histoire de donner de l’énergie aux poissons. Là, je commence à me poser des questions : « si ça continue, il ne me restera plus rien en fin de course ! ». Je sors la tête de l’eau et je crie au bateau de stopper. La troisième tentative se passe mieux et je peux enfin me réhydrater. J’apprendrai plus tard que pour le pilote c’était la première fois qu’il suivait un nageur et qu’il n’avait donc pas l’habitude de ce genre de situation. Heureusement pour moi, il a très vite compris et les autres ravitaillements se passeront sans encombre. Après mon troisième ravitaillement, je commence à ressentir une douleur à l’épaule gauche. Certainement due à l’effort fourni pour attraper le gobelet. Mon moral en prend un coup : une douleur au coude droit, une à l’épaule gauche et les autres nageurs qui n’ont pas l’air de faiblir. Ma motivation va vite revenir, lorsque Benjamin va m’annoncer qu’après 1h50, j’ai déjà parcouru plus de 7 kilomètres et qu’il ne me reste plus que 14,5km. J’en suis déjà au 1/3 de la course. Si je tiens le coup je peux finir en moins de 6 heures. Après un peu plus de 2 heures, un nageur abandonne. Tout en nageant je me dis : « Voilà, à partir de maintenant, ceux qui sont partis trop vite vont commencer à lâcher, je viens de gagner déjà une place ». Manque de peau, je vais vite apprendre que celui qui vient d’abandonner était derrière moi. Je suis donc maintenant en dernière position. La course devient monotone : derrière moi et sur ma gauche il n’y a que de l’eau, à droite le voilier et devant moi toute une flottille qui semble s’éloigner. Cette monotonie est de temps en temps stoppée par un vol de canards, des kayakistes qui m’encouragent, le bateau des VIP qui prennent des photos et surtout les nombreuses indications que me donne Benjamin par l’intermédiaire du tableau blanc. Il va me tenir régulièrement au courant de la distance qu’il me reste à parcourir et cela va me faire du bien moralement. Malgré des épaules lourdes je sais que je peux terminer en moins de 6 heures. Au loin, je commence à distinguer les clochers de Medemblik, je tiens le bon bout. Le premier nageur vient de terminer sa traversée en 4h22 et il me reste encore un peu plus de 5 kilomètres. Un vent léger vient de se lever et de petites vaguelettes se forment sur le plan d’eau : rien de bien méchant. En plus du voilier, le bateau du médecin m’accompagne. Il surveille que tout va bien. Il est rejoint par le bateau des VIP. Ils vont m’accompagner jusqu’à l’arrivée. Devant moi, je distingue l’entrée du chenal matérialisée par un phare vert. Au pied du phare ma femme et mes enfants sont là pour m’encourager. Il ne me reste plus que 300 mètres à faire dans le chenal. Sur les berges, les spectateurs m’encouragent et m’applaudissent. Je touche le ponton d’arrivée après 5h47 de nage et bon dernier. Deux gros balaises en tenue militaire vont me sortir de l’eau, car il n’y a pas d’échelle et après l’effort fourni, il est impossible de monter le rebord à la force des bras. Les organisateurs me félicitent et me tendent une serviette ainsi qu'un bouquet de fleurs.

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 La remise des récompenses

Pendant que je prends ma douche, les bénévoles s’activent pour mettre en place les remises de récompenses. Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on ne perd pas de temps.

Nous assistons d’abord à la remise des récompenses du championnat de Hollande puis aux différents remerciements d'usage. Vient ensuite le tour des récompenses de la traversée proprement dit. Je suis appelé au micro pour donner mes impressions sur la traversée en anglais. J’ai pu ainsi dire ma satisfaction d’avoir pu participer à cette épreuve et de l’avoir réalisée dans d’aussi belles conditions. J’en garde ainsi un très bon souvenir. Ensuite, je me vois remettre un diplôme, une plaque événementielle et la coupe ...du dernier de la traversée, comme la fameuse cuillère en bois au rugby ! Ce trophée est à remettre en jeu tous les ans. Comme je ne pense pas revenir l’année suivante, j’ai donc laissé le trophée sur lequel mon nom sera gravé et qui sera mis bien en évidence au bar. Les organisateurs vont me remettre également la feuille remplie par le juge lors de ma traversée. Je vais apprendre qu’en tout et pour tout, au court des 22 kilomètres, je me suis arrêté exactement 3 minutes 40 pour me ravitailler. Mais également que j’ai nagé avec une fréquence de nage de 68 mouvements de bras par minute, soit un total de 23600 mouvements de bras. Dis comme ça, mes épaules méritent bien quelques jours de repos et une bonne séance de massage.

 

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03/07/2010

Golfe de Maliakos : 11km en Grèce

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 Présentation

Comme nous avons été bien accueillis en Grèce et que j’y ai pris du plaisir à y nager lors de mes deux marathons précédents, je programme d’y retourner en 2010. Il faut dire qu’ils ont pas mal de courses supérieures à 10kms. En 2010, mon choix se porte sur un marathon en mer dans la région de Fthiotida situé 200km au nord d’Athènes dans la Grèce centrale. Il s’agit du marathon du golf de Maliakos d’une distance de 11km le samedi 3 juillet. Ce marathon est considéré par les nageurs Grecs comme des plus beaux mais également très difficile ! Après quelques recherches sur Internet, il y est mentionné que l’eau est à 16°C ! Surprenant lorsque l’on sait que la température en Grèce est déjà de 35°C à l’extérieur et que la mer y est généralement chaude à cette période. Mais il y aurait pas mal de vent dans cette région, ce qui pourrait expliquer cette faible température.

 

Cette compétition internationale est organisée par la municipalité de la ville de Raches et j’apprends 15 jours avant l’épreuve que je suis retenu par le comité d’organisation. Heureusement pour moi, car j’avais déjà tout réservé à l’avance pour bénéficier des tarifs de transport les moins chers. Lors du séjour, les concurrents sont hébergés gracieusement dans les hôtels de la région. Et c’est bien là mon premier stress avant de m’y rendre. Je dois arriver jeudi en fin de soirée, vers 21 heures à Raches, et la seule indication fournie par l’organisateur pour mon hébergement est le nom d’un hôtel (Scala) et un numéro de téléphone, mais sans aucune adresse. Après avoir de nouveau consulté internet, je m’aperçois qu’il y a plusieurs réponses et possibilités d’hôtels dans la région et aucune ne correspond aux indications données. C’est comme si j’avais rendez-vous dans un « Formule 1 » dans le département de l’Hérault, avec en prime, les indications inscrites en Grec. Je vais bien m’amuser ! Cela risque de devenir pour moi un « Athènes Express », à l’image d’une émission Télé réalité du moment, mais sans caméra. Au final, je gagnerai peut être une « amulette » de la compétition si j’arrive au bout…

 Le séjour

Après 10 heures de trains et d’avion j’arrive à l’aéroport d’Athènes. Je récupère ma voiture de location et me voilà seul au volant sans savoir lire, écrire ni parler le Grec pour trouver ma route vers Raches. J’ai juste en ma possession une carte routière acheté en France. Me voilà donc parti pour une course d’orientation de plus de 250km en voiture tout en restant extrêmement prudent, car là-bas, rappelez-vous, le code de la route n’est pas vraiment respecté. Après 3 heures de trajet dont une grande partie sur l’autoroute, j’arrive dans le petit village de Raches.

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Et là, oh, joie ! Des banderoles et des affiches annoncent la traversée, mais surtout il y a un panneau indiquant : « Hôtel Scala 400m ». Je suis sauvé, c’est bien là ! Je suis très bien accueilli par le responsable de l’hôtel. Il me remet un T-shirt et une casquette de l’épreuve à revêtir en présence des médias. Il me conduit ensuite à ma chambre et s’assure que je ne manque de rien. J’entre dans une grande pièce avec 3 lits, une cuisine et un balcon qui donne sur la mer et sa promenade. Je vais pouvoir enfin récupérer de cette longue journée de voyage malgré le bruit des télévisions retransmettant la coupe du monde de football dans les restaurants situés en dessous de ma fenêtre.

 

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 Après une bonne nuit de sommeil, je suis levé à 9 heures. Dehors rien ne bouge. Alors que le soleil affiche ses 30°C, la vie dans le village n’a pas encore commencé. Les rues sont désertes et les terrasses vides. Je décide d’aller faire une petite baignade afin de gouter l’eau. La température n’a rien à voir avec ce qu’il était annoncé sur Internet (16°C). Elle doit bien faire 25°C. Elle est très limpide et je distingue parfaitement le fond. Il y a quelques poissons par ci par là et au bout d’une centaine de mètres des substances gélatineuses. Incroyable ! Me voilà au dessus de quelques méduses à l’air inoffensif. Décidément, où que j’aille, elles me suivent partout ! Je ne vais pas m’attarder et vérifier leur passivité. Je verrais bien cela demain. Je retourne vers la plage, la trempette est finie. Autant allait se promener et visiter la région. Je fais un tour en voiture à travers les étendues d’olivier vers les villes de Stylida et de Lamia. Mais il n’y a rien d’extraordinaire à visiter si ce n’est leurs églises d’un style très Orthodoxe. Avec la chaleur, je retourne en début d’après midi à l’hôtel afin de me reposer.

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 L’organisation

Au retour de ma promenade, je croise les organisateurs. Il s’agit d’employés de la municipalité d’Echineon. Ils mettent tout leur cœur et leur savoir-faire pour que la traversée soit une réussite. Ils n’ont rien à voir avec le domaine de la natation, il n’y a pas de club à Raches. C’est une organisation digne d’un meeting électoral. Il y a des banderoles et des affiches placardées partout dans la ville. C’est bien simple, dans toutes les rues, on ne parle que du marathon et l'équipe organisatrice est aux petits soins des nageurs. Continuellement on nous demande si tout va bien et si on a besoin de quelque chose… Les nageurs arrivent au fur et à mesure, les organisateurs leur remettent les clés de leur chambre, le document reprenant le déroulé de la journée du lendemain ainsi que le T-shirt et la casquette. Il n’y a pas de briefing, tout est noté sur le document.

Les organisateurs me souhaitent à leur tour la bienvenue et me remercient de ma participation. Le marathon reste international du fait de ma présence car tous les autres nageurs sont Grecs. On me présente Christina, mon interprète lors de la compétition. Elle a également pour mission de m’accompagner sur le bateau afin de me ravitailler. Elle m’explique le programme de la journée de samedi et je lui montre ce dont j’aurai besoin lors de la traversée : le positionnement du bateau sur ma droite ; le ravitaillement à l’aide des bidons préparés à l’avance et à me passer toutes les 30’ ; la gestuelle pour m’indiquer la trajectoire. Puis elle me donne rendez-vous au lendemain matin sur la plage de départ. Je la retrouverai là avec le pilote de bateau. Mon numéro est le 18. Nous sommes d’ailleurs 18 participants pour la traversée dont 4 femmes. Je ne m’attarde pas trop car le lendemain le rendez-vous devant l’hôtel avec le bus qui doit nous amener sur le lieu du départ est prévu à 6h15 « impératif » (5h15, heure française).

 

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Après une courte nuit de sommeil, je suis au rendez-vous à 6h10. Il n’y a personne, je suis le premier et le bus n’est pas encore arrivé. Me serais-je trompé ? Et bien non, j’ai oublié de rajouter des minutes supplémentaires grecques, les fameuses minutes méditerranéennes. Le bus se présente vers 6h30 suivi sans trop se presser, des organisateurs et des nageurs. Après avoir pointé tout le monde et passé un dernier coup de téléphone au retardataire (un habitué de la traversée), nous quittons l’hôtel peu après 7 heures. Dommage, j’ai perdu une bonne demi-heure de sommeil !

 

La traversée

Nous allons rouler un peu plus d’une demi heure au cours de laquelle le responsable de la course va nous faire signer une décharge et présenter les nageurs un par un. Evidement, je n’ai pas compris ce qu’il a dit sur moi… Nous arrivons un peu avant 8 heures dans la petite station balnéaire de Karmana Vourla. C’est sur une des plages de la station que nous attendent les bateaux qui vont nous accompagner pour le 12ème marathon du golf de Maliakos. Je retrouve Christina qui récupère mes affaires et me présente le pilote du bateau, un jeune homme chaleureux ravi de m’accompagner.

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 Le départ prévu à 8 heures et décalés de 15’ afin de nous laisser le temps de nous préparer et aux accompagnateurs d’embarquer. Je me badigeonne d’une crème protectrice contre le soleil et les méduses. On ne sait jamais au vu de mon entraînement de la veille, cela peut toujours être utile.

Le départ est donné à 8h15 au 18 concurrents. Nous allons devoir nager 6 miles, soit un peu plus de 11kms pour nous rendre jusqu’à la plage de Raches. Après quelques mètres de nage, nous sommes au milieu d’une flottille de bateaux qui cherchent à grands cris où se situe leur nageur. Cela va dans tous les sens. Je manque de me prendre un bateau qui me coupe la route et me stoppe net. Après une centaine de mètres, je suis rejoint par mon bateau et son équipage. La traversée peut commencer sereinement.

 

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 La température de l’eau est de 25°C et dehors le thermomètre affiche déjà 28°C. Le temps est très ensoleillé et la mer est ultra plate. Des conditions de rêve vite stoppée avec les premières méduses. Il y en a de toutes les tailles et de toutes les formes. Pour certaines, c’est la première fois que je les vois. Par chance, elles sont éparses et à mi-profondeur. Avec la limpidité de l’eau, on les voit venir assez tôt. Je ne sais pas si c’est la pommade ou les méduses qui sont inoffensives mais je n’ai pas été piqué. Dès les premiers 500 mètres, je me retrouve aux commandes de la course avec un jeune nageur Grec. C’est alors que nous allons commencer à jouer au « Yo-yo ». La position change en fonction de la prise des ravitaillements. Un coup, il est devant, un coup c’est moi. Par contre nos trajectoires sont différentes. Il nage environ 100 mètres sur ma gauche.

 

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Derrière, le troisième nous talonne à quelques mètres sur ma droite. A mi-parcours je peux contempler sur ma droite l’île d’Evia. Toutes les 30’, Christina remplit son rôle comme nous l’avions convenu. Elle me fait passer ma gourde reliée à une ficelle. A l’intérieur, la boisson énergétique qui doit me permettre d’aller jusqu’au bout. Lorsque je nage, je la vois souvent regarder avec des jumelles et discuter avec le pilote. Cela me rassure, elle doit prendre la bonne trajectoire. Dans la 2ème partie du parcours, une flottille de bateaux nous a rejoint et nous escortera jusqu’à l’arrivée. A bord de certaines d’entre eux, il y a les médias. Mes accompagnateurs m’applaudissent, il reste encore 2 kilomètres à parcourir et je jongle toujours entre la première et deuxième place avec le jeune Grec. Nous sommes sur la même ligne mais espacé d’environ 50 mètres. Il n’y a pas d’entonnoir d’arrivée. Le premier sur la plage gagne. Dans les derniers 500 mètres, la jeunesse l’emporte et termine en 2h56’. Je fini 40 secondes derrière.

 

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A la sortie de l’eau, l’accueil est des plus chaleureux. Le maire me tend une serviette et une bouteille d’eau puis il me prend dans ses bras, me félicite et m’embrasse ! Va s’enchaîner ensuite de nombreuses accolades des organisateurs. Curieusement, les hommes me font la bise alors que les femmes me serrent la main ! C’est la tradition grecque… J’ai droit à de nombreux : « Congratulation ! » Les personnes sont à mes petits soins. Christina et le pilote me rejoignent et me félicite. J’en profite surtout pour les remercier de ce qu’ils ont fait pour moi. Sans eux, je n’aurais peut-être pas réalisé cette place. Je vais ensuite répondre aux questions des journalistes télé et me livrer aux séances photos avec plaisir. Pendant ce temps, les autres nageurs en terminent avec l’épreuve. Les 18 concurrents vont en découdre en moins d’une heure par rapport au premier. Nous avons tous rendez-vous à 14 heures pour la cérémonie protocolaire. Cela laisse le temps de retourner à l’hôtel se doucher et se reposer.

 

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 La cérémonie protocolaire

Le lieu de la cérémonie est prévu dans un restaurant à l’intérieur du village. Le maire et son équipe d’organisation sont déjà là. Il y a au centre les trophées et les récompenses et tout autour des tables pour accueillir les nageurs autour d’un repas. Il est 14 heures et je suis le premier. J’ai encore oublié l’heure méditerranéenne. J’ai encore droit aux félicitations et à leur gentillesse à mon égard. Les autres nageurs, les pilotes de bateaux et tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette épreuve ne tardent pas à arriver à leur tour. Nous passons à table et nous avons droit à un repas typiquement Grec. Avant les desserts, le maire prend la parole, c’est l’heure des remerciements puis de la remise des récompenses. Tout les participants reçoivent une médaille, un diplôme et des produits locaux (huile d’olive, olives…) pour les trois premiers, nous avons droit en plus à une coupe. Mais ce que je vais trouver de super, c’est que pour une fois on n’oublie pas les pilotes de bateaux. Chaque pilote est appelé avec le nageur et se voit attribuer un diplôme. Un petit geste sympa à garder en mémoire si j’organise un jour un marathon. Nous passons ensuite au dessert et le maire va de nouveau reprendre la parole pour me remercier de nouveau de ma présence entraînant les acclamations de la salle. Chapeau pour l’hospitalité et la qualité d’organisation ! C’est vraiment agréable de venir nager en Grèce. Les deux premières expériences m’avaient laissé le même sentiment. Je reviendrais surement, ils ont d’autres marathons et si j’ai un conseil : « N’hésitez pas à aller faire une traversée là-bas… »

En attendant d’y revenir, me revoilà parti à 2 heures du matin sur les routes grecs en direction de l’aéroport pour un voyage de plus de 10 heures qui me ramènera à la maison.

20/06/2010

Fühlinger See en Allemagne (12km)

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Une traversée au parfum !

En surfant sur la vague du Net, je découvre qu’en Allemagne vient d’être créer une nouvelle épreuve de 12km à la nage sur Cologne. Cette épreuve se déroule le dimanche 20 juin 2010 et vient s’ajouter aux épreuves de natathlons (nage et course à pied) existantes lors des deux éditions précédentes. L’organisation de cette journée incombe aux clubs de triathlon de Cologne. L’épreuve a lieu dans un lac situé au nord de la ville appelé « Fühlinger See ». Il s’agit d’un plan d’eau où se disputent habituellement les compétitions d’aviron. Plus d’une cinquantaine de nageurs sont inscrits sur ce petit marathon. En plus des Allemands, il y a des Ukrainiens, des Grecs, des Anglais et deux Français, Cathy et moi. Alors que les « natathloniens » longue distance auront à effectuer deux tours de bassin de 2km à la nage avant d’enchaîner 21km de course à pied, les « athloniens nageurs » que nous sommes aurons à parcourir quatre tours supplémentaires de 2km. A la veille de l’été, nous n’avons toujours pas eu de période de grosse chaleur et avec la vague de froid qui s’étend sur l’Europe notre inquiétude se porte sur la température de l’eau. J’espère que nous pourrons y participer en maillot. De toute façon nous n’avons pas de combinaison et espérons qu’ils ne nous empêcherons pas de nager.

Les repérages

Nous arrivons sur Cologne la veille de l’épreuve, il fait froid et le temps est orageux. Notre plus grande inquiétude dans ces conditions est de connaître la température de l’eau. Pour cela nous nous empressons de nous rendre sur le lieu où doit se dérouler l’épreuve. C’est également l’occasion de faire des repérages et voir combien de temps il nous faut pour nous rendre sur le site. Après bien des péripéties pour trouver notre itinéraire, transport en train avec plusieurs correspondances, transport en bus et marche à pied, nous arrivons aux abords du " Fülhinger See ". Nous cherchons sur un plan le lieu de rendez-vous et nous voilà parti au milieu de la végétation et de nombreux chemins de terre vers le plan d’eau. Sans plan, ni boussoles, je fais aventurer Cathy et son mari, qui doit nous ravitailler, vers un chemin sans issu au pied d’un plan d’eau qui ne correspond pas du tout au site de l’épreuve. Pris sous la pluie, nous décidons de prendre la température de l’eau à cet endroit puis de rentrer vers le centre ville. Je sors le thermomètre, il affiche à l’extérieur un pénible 16°C. Lorsque nous le mettons dans l’eau, nous avons l’agréable surprise de le voir grimper et afficher un 17,8°C. Ouf ! Quel soulagement, nous allons pouvoir nager en maillot et sans utiliser de la graisse. Nous voilà donc de retour sur le centre ville de Cologne moins tendus et inquiets qu’à l’aller. Nous allons visiter la Cathédrale de la ville dont les tours sont les plus hautes du monde.

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Dans l’eau de Cologne

Le dimanche 20 juin au matin, le ciel est couvert mais il ne pleut pas. Grâce à nos repérages de la veille, nous voilà partis sans stress pour le " Fülhinger See ". A notre arrivée, une superbe organisation est en train de se mettre en place. La sono joue de la musique entraînante et des enfants se préparent déjà pour leurs mini-triathlons. Avec Cathy, nous allons retirer nos bonnets et nous renseigner sur la suite des événements.

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 Notre départ est prévu à 10h et il y a plus d’une quarantaine de nageurs d’inscrits (une trentaine de garçons et une dizaine de filles). Nous rejoignons les gradins pour commencer à nous préparer et voir les enfants participer aux différentes épreuves. Il est 9h45 et nous sommes appelés pour le départ. La température de l’eau est à 17°6C. Nous sommes une dizaine à être en maillot et les autres en combinaison. L’épreuve est organisée par un club de triathlon et les combinaisons sont acceptées. A 9h55, nous avons droit à l’hymne Allemand puis nous nous mettons à l’eau. A 10h00, le départ est donné et nous voilà partis pour 6 tours de 2km dans une piscine géante. Le plan d’eau est un site de compétition d’aviron, tous les 10 mètres il y a une petite bouée, tous les 50 mètres une grosse bouée et tous les 250 mètres de grosses pancartes. Au bout d’1km nous contournons une bouée et faisons le chemin à l’envers. A chaque bouée de contournement il y a un ponton de ravitaillement. Sur l’un deux, Bernard, le mari de Cathy, s’y est installé pour nous ravitailler.

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 Je mets un peu plus de 31’ pour faire le premier tour et je suis dans les 15 premiers. Je vais nager régulièrement dans les tours suivants (32’ environ) et dépasser progressivement les nageurs qui me précédent. Je me ravitaille tous les deux kilomètres avec une boisson énergétique. Lorsque j’attaque mon dernier tour je suis en 9ème position. J’ai des nageurs en point de mire. 

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Ils sont en train de craquer… Je vais doubler 4 nageurs et me retrouver en 5ème position. Le plus dur reste à faire car une fois les 12km de nage terminés, il nous faut courir environ 200m jusque sous un portique d’arrivée, avec les jambes complètements ramollies. J’arrive devant les marches d’escalier qui nous permettent de sortir de l’eau, on me lève péniblement, je marche un peu et arrive à courir les quelques derniers mètres. Sous les encouragements des pom-pom-girls qui font une haie d’honneur, je franchis la ligne en 5ème position (sur 27 arrivants), je viens de mettre 3h13’22’’.

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 Je suis content de mon résultat, je voulais mettre moins de 3h15. Derrière les autres nageurs arrivent : pour certains épuisés avec des difficultés pour marcher, d’autres le cou en sang suite aux irritations de la combinaison… Cathy terminera un peu moins de 30’ après moi, elle finit 6ème des filles (sur les 7 arrivants). Nous recevons une médaille de " finisher " et un collier de fleurs en tissu. Après une bonne douche, nous allons profiter des séances de massage proposés par l’organisation.

Pour ceux qui désirent faire une épreuve de plus de 10km en Europe, je vous recommande vraiment celle-ci…

06/06/2010

Montargis - Cépoy, épreuve de coupe de France (15km)

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Dans le but de promouvoir la natation en eau libre et faire connaître les principales traversées existantes en France, la FFN met en place, en 1999, la première coupe de France de natation en eau libre. Cette coupe a pour objectif de permettre aux nageurs amateurs de grands espaces de pratiquer leur sport tout au long de l’été ainsi que de les préparer et les sélectionner aux championnats de France et autre compétitions internationales. Elle permet également aux principales organisations existantes de se fédérer, tout en les labellisant. Treize étapes de 5km ont composé la première édition. Cette coupe de France remporte un vif succès et les organisateurs présents la première année décident de renouveler l’expérience l’année suivante. D’autres sites intéressés font leur demande pour intégrer le circuit. Devant cet engouement, la FFN doit modifier son règlement et inclure les traversées d’une distance inférieure et supérieure à 5km. A partir de 2003 le championnat de France 25km compte comme étape de la coupe de France. C’est la seule distance supérieure à 10 kilomètres. Il faudra attendre 2008 pour voir apparaître dans le calendrier national une étape de 15 kilomètres dans le Loiret.

 Présentation

Cette épreuve a lieu le premier week-end de juin dans le cadre du « Trophée des 3 îles de Cépoy ». En 2010, elle se déroule dans le cadre de la fête du nautisme de l’Agglomération Montargoise sur le plan d’eau de Cépoy. Il faut effectuer neuf boucles d’un circuit d’1km600 autour de 3 petites îles. Ce type de parcours est fréquent en plan d’eau ayant une surface réduite. Cela comporte beaucoup d’avantages pour les organisateurs. Le nageur dispose de ses affaires au départ et à l’arrivée, le public voit souvent passer les nageurs et il y a possibilité d’un point de ravitaillement fixe. En ce qui me concerne, s’il y a bien une chose que je déteste, ce sont ces circuits à reproduire plusieurs fois. Je préfère nettement les épreuves en ligne droite car, pour moi, c'est plus facile à gérer psychologiquement. Mais s'il existe une épreuve de plus de 10 kilomètres en France, pour un passionné de marathon comme moi, il faut que j’y participe au moins une fois ! N’ayant pu m’y rendre lors des précédentes éditions en raison d'un planning assez chargé, en 2010, je bloque ce week-end là sur mon agenda sportif et n’hésite pas à m’inscrire dès l’ouverture des inscriptions. Un autre impératif m’oblige à participer à cette épreuve : durant l’été 2010, j’aimerais pouvoir participer en Hollande à l’un des plus anciens marathons amateur européen, la traversée de Stavoren à Medemblick. Pour pouvoir envoyer mon dossier et espérer participer à la course hollandaise, je dois justifier avoir nagé un 15km en moins de 4h11’.

 

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Un ami de 30 ans

Mais voilà, quinze jours avant la traversée, nous avons quelques jours de beau temps et j’en profite pour aménager mon jardin et faire du désherbage. Quelle erreur ! Au final, j’ai droit à une superbe tendinite du coude droit : mon « désherbelbow ». Lorsque je nage, j’ai une légère douleur et il m’est difficile d’attraper une bouteille pendant les ravitos. Cela risque d’être un peu gênant lorsque je vais devoir me ravitailler. Je pense déjà que cela va être dur de réaliser le temps pour la Hollande. Mais malgré la douleur et les mauvaises conditions météos annoncées, je monte y participer car cette traversée dans le Loiret est l’occasion pour moi de revoir mon ami nageur Jean-Luc et sa famille. Je ne l’ai plus revu depuis notre dernière virée en Italie pour les championnats du monde des maîtres de 2004. Je vais monter la veille chez lui et faire le trajet en train que j’ai souvent fait auparavant lorsque je montais le rejoindre avant de nous rendre sur des traversées. Il habite à 200 mètres de la piscine où il s’entraîne habituellement. Ce jour-là se déroule une compétition pour les enfants. Je vais avoir l’occasion de revoir des amis et dirigeants que je n’avais pas vu depuis longtemps. Nous allons nous remémorer tous nos souvenirs et ce que nous avons fait depuis tout ce temps passé ! Les enfants  de JL ont bien grandi et le lendemain Jean-Luc s’est inscrit avec son grand garçon, Valentin, sur l’épreuve de 3 kilomètres qui se déroule en même temps que le 15 kilomètres. Le dimanche matin, nous voilà partis tous en ensemble en voiture comme au bon vieux temps pour Cepoy.

 

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Le briefing

Arrivés sur place, le temps est maussade et des averses sont annoncées. Certains nageurs que nous croisons parlent d’annulation. Nous nous dirigeons au secrétariat pour avoir plus d’information et on nous informe que l’on en saura plus dans un quart d’heure lors du briefing. Nous récupérons notre bonnet et attendons le briefing. Les nageurs du 3 et du 15km se retrouvent quelques instants après autour des officiels de la course. Nous apprenons que la température de l’eau est à 22°C mais que les conditions météo risquent d’entraîner l’annulation de l’épreuve. Le départ aura lieu à l’heure prévue mais si au cours de l’épreuve les conditions météos engagent la sécurité, la course sera arrêtée. De grosses averses avec orages sont attendues. Dans ces conditions on nous explique ce que le règlement, ou plus exactement "leur" règlement prévoit. Si c’est pendant les 3km, les épreuves sont annulées et il n’y aura pas de classement. Si c’est pendant le 15km, il faut que le premier ait couvert les 2/3 de la course pour qu’un classement soit établi en fonction des positions sinon il n’y aura pas de classement. Sympa, pour moi qui ai besoin d’un temps sur 15km ! Mais comme je le dis souvent : « la météo est une science inexacte », avec un peu de chance cela va se vérifier et il n’y aura pas d’annulation de course…

 

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La course

Le départ des 3 et 15km est donné en même temps. Nous sommes environ une centaine à nous élancer dont une trentaine pour le 15km. Pour nous différencier, la couleur des bonnets n’est pas la même. Les bonnets blancs du 3 km partent à toute allure et il faut éviter de se mettre dans leur rythme si l’on ne veut pas avoir de surprise par la suite. Je m’écarte légèrement et me mets à nager à mon rythme. Si je veux nager moins de 4h11, je dois effectuer le tour en moins de 28’. Avec les années, je nage comme un diesel, je prends un rythme et j’essaie de le garder jusqu’à la fin. Fini les accélérations usantes pour rattraper ou éviter de se faire accrocher par un nageur. Je boucle mon premier tour en 25’. J’en profite pour prendre mon premier ravitaillement que me tend depuis un ponton la mère d’une nageuse montpelliéraine. Lorsque je saisis la gourde avec mon bras droit, je ressens une horrible douleur. Mon « desherbelbow » me fait excessivement mal et je suis obligé de changer de main. Un peu gauche avec l’autre bras, j’arrive malgré tout à me ravitailler et reposer la gourde sur le ponton. Je repars avec une vive douleur au bras. Le temps commence à se gâter et la pluie fait son apparition. Par chance, il n’y a pas d’éclairs en vue. Pour les nageurs ce n’est pas grave, nous sommes déjà mouillés mais pour les organisateurs ce n’est certainement pas très agréable. Mes félicitations aux bénévoles !!! A la fin de ce deuxième tour les nageurs du 3km en ont fini. Je vais mieux situer les autres nageurs qui accomplissent le même parcours que moi. Loin devant, un nageur a déjà bien creusé les écarts et commence à rattraper les derniers. Derrière, je nage avec une nageuse Montpelliéraine, Julie, qui a le même rythme que moi. Nous allons faire les 15km ensemble. C’est plus sympa et plus motivant de nager à deux. D’ailleurs dès le 4ème tour la fatigue apparaît et je commence à ressentir des difficultés, j’ai des douleurs au coude et psychologiquement je me dis que je n’en suis même pas à la moitié. Je déteste faire des tours !!! Le fait d’être à deux et de se soutenir permet de retrouver de l’énergie. Je me doute qu’elle est dans les mêmes conditions psychologiques. Avec quelques encouragements lors des ravitaillements, nous effectuons les tours suivants à un rythme régulier. Nous bouclons les tours en 26’ et 27’. Le premier nageur vient d’emprunter l’entonnoir et de franchir la ligne d’arrivée. Il nous reste pratiquement deux tours à parcourir. La météo est plus clémente, il ne pleut plus et nous sommes rassurés car à ce stade l’épreuve ne sera pas annulée. Enfin arrive le dernier ravitaillement, il ne faut pas craquer. Une bonne dose de boisson énergétique, un petit encouragement et c’est reparti. De savoir que c’est bientôt fini, cela me donne des bras et j’accélère un peu, cela serait bien de terminer en moins de 4 heures. Derrière la nageuse s’accroche, c’est super elle tient le coup. Nous arrivons ainsi à terminer les 15km en 3h57. Mission accomplie ! Après l’arrivée, je me dirige vers le ravitaillement mais il ne reste plus grand-chose. Il faut dire qu’une centaine de nageurs, entre les 3 et 15km, sont passés devant nous. Aucune récompense événementielle n’est remise aux nageurs, pas de T-shirts ni de médailles, seul les trois premiers sont récompensés. C’est dommage pour les autres nageurs qui viennent de fournir un tel effort.

Pour ma part, je suis content, je viens de remplir mon objectif et je peux envoyer ma candidature pour nager en Hollande. Il ne me reste plus qu’à prendre une douche (située à 800 mètres de l’arrivée !) avant de me faire accompagner à la gare par mon ami Jean-Luc qui reste très compétitif car il a nagé plus vite que son fiston !

26/07/2009

Traversée du lac de Zurich en Suisse (26,4km)

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En Suisse, il existe depuis longtemps maintenant et bien avant l’existence de l’eau libre en France un circuit de traversées à la nage. Ces traversées sont reprisent dans un calendrier édité chaque année et dans lequel nous avons puisé et participé à bon nombre d’épreuve, notamment avec mon ami Jean-Luc. C’est ainsi qu’après la traversée du lac Léman (Lausanne – Evian), nous nous sommes déplacés et avons nagé successivement dans le lac de Neuchâtel, le lac de Murten et le lac Majeur. Dans ce calendrier figure chaque année une épreuve de 26,4km dans le lac de Zurich. Il est temps pour un passionné de marathon comme moi de m’y inscrire. J’entraîne avec moi Cathy, toujours présente pour ce genre d’aventure. Cette traversée est organisée par le « Sri Chinmoy Marathon Team » et elle est très prisée car à peine un mois après l’ouverture des inscriptions, c’est déjà complet. Nous en avons fait les frais en 2008. Il faut dire que la traversée peut s’effectuer en maillot, en combinaison ou en relais. C’est ainsi qu’en 2009, nous bouclons notre dossier et l’envoyons le jour de l’ouverture des inscriptions. Nous sommes bien enregistrés dans la catégorie en maillot de bain et nous allons pouvoir participer à la 22ème édition du marathon international de natation Rapperswil - Zurich le dimanche 26 juillet 2009. 

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Le voyage

Cathy, mes coachs (ma tendre épouse et mon fiston) et moi partons le vendredi 24 juillet 2009 au matin en voiture pour un périple qui doit nous conduire jusqu'en Suisse. Le trajet est long jusqu’à Zurich, plus de 700 kilomètres. Pour éviter la fatigue, nous faisons une halte en fin d'après-midi dans la ville de Fernay-Voltaire à la frontière avec la Suisse. Nous en profitons pour faire un plouf dans la toute nouvelle piscine municipale. Nous faisons un bon kilomètre dans l’eau pour nous détendre des 5 heures de routes…

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Après une bonne nuit de sommeil, nous voilà parti pour la Suisse. A notre arrivée le samedi à Zurich, nous nous rendons à l'aéroport pour aller chercher le mari de Cathy qui sera son coach. Il arrive de Paris où il vient à peine de terminer sa semaine de travail. Pas le temps de se reposer, nous avons le briefing dans 2 heures. Avant, nous devons confirmer et déposer nos bagages à notre hôtel situé en plein centre de Zurich. La ville se trouve dans une ancienne vallée glacière à 408 mètres d’altitude. Sa surface est de 92 km², dont 4 km² sont occupés par le Lac. Difficile de trouver du premier coup, nous tournons un peu en rond avant de nous apercevoir que notre hôtel se situe dans une zone piétonne. Il nous faut donc laisser notre voiture dans un parking hors de prix et faire plus de 800 mètres à pied avec tout notre matériel, sac de voyage mais également le ravitaillement. Nous prenons possession de nos chambres, et comme les aventures se répètent nous sommes hébergés dans une sorte d’auberge de jeunesse située au dessus des restaurants, une bonne nuit en perspective…

Après nous être installés, nous retournons à notre voiture pour nous rendre à Rapperswil, jolie petite ville surnommée la Ville des Roses. Elle se trouve sur la rive nord du lac, c’est là que dans moins d’une heure le briefing de la course doit avoir lieu.

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Le briefing

Vitesse limite oblige, nous mettons pratiquement une heure pour effectuer un trajet d’une trentaine de kilomètres. La pression monte, nous allons rater le briefing. Un stress inutile, car malgré la précision Suisse, à notre arrivée cela n’avait toujours pas commencé. Nous allons même pouvoir retiré auprès du secrétériat nos bonnets et T-shirts de la compét’ avant de nous rendre dans la salle bondée. Les organisateurs terminent les derniers réglages de leurs ordinateurs et le briefing peut commencer. Nous tentons de comprendre avec beaucoup de concentration les recommandations en anglais des organisateurs. Pour ma part, je ne capte qu'un mot sur deux mais d'ordre général il s'agit toujours des mêmes consignes d'une traversée à l'autre ! Ce qui est vraiment intéressant c'est que le discours est illustré d'un diaporama qui montre ce à quoi il faut s'attendre le lendemain. Le lac de Zurich a la forme d’une banane longue de 42 kilomètres. Il se compose de deux parties, séparées par un fort rétrécissement à hauteur de Rapperswil. Nous allons devoir nager la partie nord du lac en longeant la rive de Rapperswil jusqu’à Zurich soit un total de 26,4km.

Un des participants, prénommé Beat, prépare une thèse sur l'étude anthropométrique des nageurs de marathon avec le calcul de la masse adipeuse. Nous sommes conviés à la fin du briefing, à nous faire mesurer de long en large et même en travers avec un drôle d'appareil indolore en forme de pince, il va même nous apposer de drôles d’électrodes sur notre corps. Toutes nos mesures sont consignées sur une fiche type... Les résultats nous seront envoyés quelques mois plus tard et je découvrirai que je possède une masse graisseuse.de 21,9% et une masse musculaire de 46,7%.

 

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Retour sur Zurich en longeant le lac et en prenant des repères. Celui qui porte le plus mon attention est une énorme cheminée d’usine. Elle est située exactement à 3 kilomètres avant l’arrivée. Dès que je la verrai j’en aurai quasiment fini.

C’est parti pour une courte nuit de sommeil, le réveil est prévu à 4h du matin.

 

Le départ

Préparation des mélanges énergétiques, concentration maximale et nous voilà parti dans le petit matin pour 3/4 d'heure de route pour atteindre la ville de départ à l'autre bout du lac. Là nous sommes accueilli par un petit déj’ suisse (au muesli) au pied du château médiéval de Rapperswil, emblème de la ville. Nous faisons la connaissance des pilotes et de leurs bateaux. Nous avons la chance de tomber sur un adorable monsieur, Hansruedi Huber, qui parle français et possède une jolie barque. Il va ramer sans s'arrêter pendant tout mon parcours en se ravitaillant au muesli !

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C’est l’heure du graissage, tous les nageurs sont sur une bâche pour éviter de salir et graisser le parquet. La température de l'eau est à 20C°. Il suffit donc juste de graisser les endroits où cela va frotter. A côté de moi, il y en a qui se tartinent tout le corps, notamment un jeune indien qui doit tout juste avoir 16 ans. Cela me rappelle mes erreurs de jeunesse. Il est tout excité et doit certainement participé à son premier marathon. J’ai du mal à lui faire comprendre qu’il ne faut pas en mettre tant. Nous faisons également la connaissance d’un autre français qui participe à l’épreuve. Il s’agit de Sylvain, un strasbourgeois qui fait ses études en Irlande me semble-t-il. Il se prépare avec d’autres amis irlandais à traverser la Manche en septembre. Traversée qu’il réussira en 14h44’

Le départ des 115 inscrits (équipes-relais, nageur en combi et une trentaine en maillot comme moi) est donné à 7h précises, ma femme et mon fils sont dans le bateau avec le "rameur" et me suivent au bout de quelques mètres pour ne plus me lâcher pendant la traversée.

La course

Dès le départ je me sens très bien, je reste groupé avec une jeune allemande et le jeune indien. Mais dès mon premier ravitaillement je les distance sans vraiment chercher à le vouloir. Le jeune indien est déjà à la peine. Erreur de graissage !

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Ensuite je fais ma course tranquillement en tentant de temps en temps de rattraper un jeune nageur anglais en tête. Il est devant moi et toujours dans ma ligne de mire à une centaine de mètres. Je suis en seconde position et premier de la catégorie des plus de 40 ans. Le lac est calme et le soleil commence à chauffer. Les quelques vaguelettes que nous subissons proviennent des bateaux organisateurs qui font des aller et retour entre la tête et la queue de la course. Certain bateau, accompagnés de la presse s’arrête à nos côtés pour prendre des photos et filmer.

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Autour de moi le paysage est magnifique, je distingue des maisons luxueuses en bord de lac, des montagnes tout autour, des vignes sur des terrains pentus, des clochers à chaque changement de village, des petits ports très pittoresques. La plupart des localités riveraines sont desservie par des bateaux de ligne. Et après avoir passé 3 heures à nager dans cette eau calme, nous allons être secoués par le ballet incessant des bateaux qui traversent d’une rive à l’autre.

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Un bateau à roue à aube historique part du port de Mielen et passe devant moi. A cet instant nous sommes au point de contrôle des 14,4 km, je passe en deuxième position (en 3h42) à 4 mn du premier ce qui me donne une patate d'enfer ! Mon fils agite son petit drapeau français sur le bateau, c'est la première fois qu'il m'accompagne de si près sur une traversée, je suis motivé !

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Physiquement, je me sens bien et décide de mettre une petite accélération. Je rattrape le nageur devant moi et me situe au vingtième kilomètre, 25 mètres derrière lui. Seulement, les gros bateaux qui effectuent régulièrement la traversée du lac créent des vagues importantes qui me gênent un peu et rendent la fin du parcours plus difficile, mon épouse en subit les nauséeuses conséquences.

Je distingue au large la grosse cheminée, quand je serai à sa hauteur il ne me restera plus que 3 kilomètres. Se sentant suivi de près le nageur anglais devant moi accélère de nouveau. J'essaie de maintenir l’écart. Je vois doucement l'arrivée se profiler à l'horizon.

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La ligne finale ("Ziel" en allemand) est matérialisée par des tentes jaunes et une arche en ballons, enfin le but est là ! Dernière accélération pendant les 3 derniers kilomètres pour essayer de rattraper et dépasser le jeune anglais, mais rien y fait, il arrive tout de même 2 mn avant moi !

Je suis très heureux de terminer en 7h17  et premier de ma catégorie. L'accueil est très sympathique, on nous offre des colliers de fleurs à l'arrivée. Je suis interviewé et je réponds aux questions avec un anglais qui fera par la suite bien rire mon entourage. Nous avons à notre disposition des ravitaillements à profusion et nous pouvons également aller nous faire masser ! Pendant ce temps les autres nageurs en terminent avec ce marathon.

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Le jeune indien, malgré avoir mis autant de graisse, terminera épuisé mais heureux deux heures après moi et quelques minutes devant Sylvain le strasbourgeois.

Pour Cathy, malheureusement, le parcours n'a pas été si idyllique, elle a beaucoup souffert du froid, du mal de mer, et son ravitaillement ne lui a pas convenu ! Elle arrive tout de même 4ème fille de sa catégorie.

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La journée se terminée avec la remise des récompenses : bouquets de fleurs, coupes, spécialités suisses comme le ...muesli !

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Pas mal de photos ont été prises avant, pendant et après le marathon, une vidéo sera même prochainement mise en ligne sur le site de la traversée. Souriez même en nageant, vous étes filmés !!!

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24/06/2006

Le détroit de Corfou en Grèce (21km)

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Fin mars 2006, je reçois une invitation par l’intermédiaire d’Attila, le nageur hongrois résidant en Grèce, que j’avais rencontré lors de ma traversée en Messénie. Il s’agit de participer au 1er marathon de natation de la ville dénommée Sagiada sur le continent jusqu’à Corfou en Grèce sur une distance de 21km. Corfou, appelée par les grecs “Kerkyra”, est la principale ville de l’Île de Corfou, l’île la plus septentrionale de l’archipel des Îles Ioniennes en Grèce. Je suis hyper emballé, d’autant plus que le voyage, l’hébergement et les repas sont pris en charge par l’organisation. Quelques jours de vacances en Grèce avec mon épouse cela ne se refuse pas.

Kalimera !!! Nous arrivons 3 jours avant la traversée et sommes très bien accueillis à l’aéroport. Nous sommes logés à Dassia à 10km au nord de la capitale Corfou dans un magnifique hôtel au bord de l’eau. La veille de l’épreuve les organisateurs y ont réuni tous les participants et leurs coachs au cours d'un dîner avec le Maire de Dassia.  Nous sommes 30 participants et nous apprenons que le marathon auquel nous allons participer est organisé par une association de lutte et de prévention contre toutes les drogues. Les médecins impliqués dans cette association veulent mettre en avant la journée mondiale de lutte contre la drogue et le marathon à la nage en est l’événement majeur de la journée. Pendant le repas, les organisateurs vont nous expliquer la journée du lendemain et présenter tous les nageurs ainsi que les pilotes des bateaux qui vont nous accompagner. J’apprends alors que mon bateau pour demain s'appelle ..... PAULETTE !!! A l’issu du repas, on nous a tous offert des petits cadeaux de spécialités locales.

Le samedi matin, nous sommes réveillés à 4h du matin pour nous rendre en bateau jusqu’à Sagiada, un petit village de bord de mer situé à la frontière avec l’Albanie où doit avoir lieu le départ. En chemin, tout le monde s’observe et chacun de son côté commente le parcours. A peine débarqués, nous nous mettons en maillot et commençons à nous graisser. Quelques nageurs se mettent à l’eau et les accompagnateurs rejoignent leurs voiliers. Une fois le départ donné, les premiers kilomètres se font dans une immense baie. Lorsque je respire à droite je voie la côte albanaise, lorsque je respire à gauche ce sont les côtes grecques. Je me positionne de suite avec le groupe des trois nageurs de tête. La mer est d’huile, pas une ride à la surface. Je rejoins « Paulette » où je peux constater que mon épouse, en possession de bracelet contre le mal de mer, est déjà en train de bavarder et plaisanter avec les pilotes.

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Un nageur prend déjà la tête et nous distance très vite. Je vais faire ma course au côté d’Attila. Des le 6ème  kilomètre cela commence à être dur pour moi, j’ai des douleurs aux épaules mais je m’accroche grâce aux encouragements de Fabienne. Je réussi à être en seconde position à la mi-parcours. Un vent léger vient de se lever et une petite houle ride la mer rendant plus difficile mes passages de bras déjà bien fatigués. J’ai les épaules de plus en plus lourdes et j’ai du mal à les tourner. Au loin, je distingue la citadelle de la ville de Corfou. Cette Forteresse imprenable au large des côtes de la Grèce fut construite pour parer aux attaques venant de la mer. Elle domine la capitale de l’île. L’arrivée de notre marathon est juste à côté. J’essaie d’accélérer mais mes bras ne répondent plus. Attila, en 3ème position, progresse et se trouve maintenant juste devant moi. Je n’arrive pas à l’accrocher et j’ai du mal à le rejoindre.

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La forteresse est maintenant sur ma droite, Attila vient de franchir la ligne d’arrivée. Je distingue parfaitement le fond, il ne me reste plus que 300 mètres. J’effectue les derniers mètres au milieu des baigneurs qui m’encouragent. Je termine ce marathon en 5h40 et fini donc à la 3ème place. L’arrivée "à la Grecque" vaut le détour : tous les nageurs en sortant de l'eau reçoivent une coupe et une couronne de lauriers pour la photo traditionnelle, sous les acclamations du public venu nombreux. La télé locale est même venue m'interviewer en français !

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La soirée se termine à l’intérieur de la citadelle avec un repas de clôture et une remise de récompenses. Tous les nageurs sont récompensés de la même façon, coupes, médailles, diplôme et couronne d’olivier.

07/06/2002

Aiguebelette : championnat France 25km 2002

 En juin 2002, le championnat de France des 25km est programmé dans le lac d’Aiguebelette, en Savoie. Il a lieu juste un mois et demi avant notre défi et va nous permettre de nous jauger. Cathy, Alexandra et moi-même y sommes inscrits. François, malheureusement est pris par des obligations professionnelles. Nager en lac n’a rien à voir avec ce qui nous attend en Grande-Bretagne. Mais ce n’est pas grave, il nous faut nager et faire des kilomètres quel que soit le lieu. canard.jpgC’est sûr, il n’y a pas de courant, pas de vagues et pas de méduses… Pas de méduses, d’accord, mais il y a la « dermatite cercarienne ». Qu’est ce que c’est que cette bébête ? Petit rappel : plus communément appelé chez les nageurs la « puce de canards ». Ce parasite microscopique s’attrape dans certains de nos lacs lors de traversées en eau peu profonde et herbeuse, et provoque une réaction cutanée. Semblable à une piqûre de moustique, la gêne s’intensifie au cours de la nuit mais régresse au bout de quatre à cinq jours. Pour éviter que ces parasites ne pénètrent dans la peau, le nageur doit à la sortie de l’eau se frotter à l’aide d’une serviette. Dès l’apparition des premiers signes, il faut apposer de la glace afin de soulager l’irritation puis consulter un médecin ou un pharmacien afin qu’il prescrive une crème apaisante. Ouf ! C’est moins galère qu’une méduse ou tout autre animal marin.

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Cette année, la commission nationale d’eau libre a laquelle je participe a décidé de jouer la carte du regroupement. Toutes les épreuves d’eau libre (5, 10 et 25km) ont lieu sur le même site tout en respectant l’ordre précis des championnats d’Europe. Tous les spécialistes de la discipline sont présents le 6 juin 2002. Les championnats de France débutent donc par le 25km dames. Sur cette épreuve, je vais « coacher » Cathy même si je nage le lendemain. Cette première course est marquée par des conditions météorologiques très difficiles : le froid  avec une eau à 18°C et la pluie qui viendra perturber la fin de l’épreuve. Alors que cinq filles ont déjà franchi la ligne d’arrivée, sur le plan d’eau il reste encore Alexandra et Cathy. Elles ont encore à effectuer un kilomètre pour Alexandra et 2 kilomètres pour Cathy avant de terminer.

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A cet instant, nous allons prendre une saucée phénoménale. Dans le bateau, on commence à écoper, je suis trempé et complètement frigorifié. Ce n‘est pas vraiment génial avant le 25 kilomètres garçons de demain. Les éclairs et le tonnerre font leur apparition. La foudre tombe à une cinquantaine de mètres d’Alexandra. Les conditions sont telles qu’elles vont devoir être stoppées par mesures de sécurité ! Je veux faire monter Cathy, mais elle ne veut pas s’arrêter. Je la comprends, mouillé pour mouillé, elle ne craint rien, mais il y a les éclairs. A contre cœur, elle grimpe malgré tout dans le bateau. Nous filons à toute vitesse nous mettre au sec. C’est en étant du côté des coachs que je réalise la part d’abnégation dont font preuves nos accompagnateurs pour que nous puissions réaliser notre passion. Franchement, je leurs dis chapeau et merci ! Le soir, je suis épuisé et j’ai tellement mal à la tête que je ne me fais pas prier pour aller au lit.

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Après les pluies diluviennes de la nuit, le lac a complètement changé d’aspect. Par endroit, l’eau est marron et aux embouchures des ruisseaux des troncs d’arbres flottent à la surface. Le parcours de la veille ne subit que quelques modifications mais la température de l’eau a chuté d’un bon degré. Nous sommes douze courageux biens graissés à nous lancer à l’assaut de ce 25 km dans une eau à 17°C. Chacun avec des ambitions différentes, certains sont là pour une qualification aux championnats d’Europe, d’autres pour terminer tout simplement. Mon objectif est de terminer sans y laisser de « plumes ».

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Pour cela, il y a Cyril, ancien nageur de marathon qui est là pour me « coacher » et éviter que je me mette dans le « rouge ». Comme on peut s’y attendre, dès le départ, les internationaux français prennent la tête et mènent l’allure. Derrière, le groupe de nageurs s’étire créant de grands écarts. Je nage tranquillement, je n’ai aucune sensation de fraîcheur. Mon accoutumance hivernale à l’eau froide est efficace. Au bout d’une heure trente, j’apprends par Cyril, que trois nageurs transis de froid abandonnent, parmi eux un des prétendants au titre. Cette course est idéale pour les nageurs qui supportent l’eau froide. Les nageurs de piscine ne sont pas à leur avantage. Sur le bateau, Cyril m’informe que je suis en 6ème position. Je suis au même rang que l’an passé. Le nageur qui me suit est à 500 mètres. Aux environs du dixième kilomètre, l’eau fraîche a raison de trois nouveaux nageurs. Le nombre des abandons est porté à 6. Cyril me fait de grands signes, les pouces vers le haut, je suis 3ème Français pour l’instant, incroyable !!!

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 Il ne faut pas abandonner, ni se faire doubler. Il reste encore une douzaine de kilomètres. Malgré les positions bien établies, je vais avoir tendance à m’emballer pour éviter de me faire rattraper. Heureusement que Cyril est là et veille à ce petit détail. Souvent, il me fait signe de ralentir. Mais rien n’y fait, c’est l’euphorie ! Et ce qui devait arriver, arriva. Je vais me fatiguer inutilement et les 5 derniers kilomètres vont paraître une éternité. C’est avec peine que je termine ce championnat de France, mais je suis ravi car je monte finalement sur la troisième marche du podium…

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01/09/2001

Marathon du golfe de Méssénie en Grèce (30km)

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En juin 2001, je me rends en Grèce dans le sud du Péloponnèse à 300 kilomètres d’Athènes pour participer au 13ème  Marathon International du Golfe de Messénie entre Koroni et Kalamata sur une distance de 30km. Accompagné de mon épouse Fabienne et d’Alexandra pour me coacher nous voilà parti en pays hellénique. Après une soirée et une nuit passées à Athènes à faire les touristes, nous faisons route vers Koroni, le lieu de notre hébergement pour la traversée. En cours de route nous franchissons le canal de Corinthe. Il s’agit d’un canal long de plus de 6 kilomètres et large de 21mètres faisant du Péloponnèse, une île. Nous en profitons pour faire une halte et admirer ce canal construit à l’initiative des Français. Il y a là d’ailleurs, une superbe traversée à organiser : nager du golfe de Corinthe à la mer Ionienne par ce canal. Mais fini de rêver, il faut reprendre la route jusqu’à notre hôtel pour éviter d’arriver trop tard. Nous avons rendez-vous avec le propriétaire d’un restaurant qui fait pension. Nous faisons la connaissance de notre hôte « Zorze » qui va nous héberger et nous nous nourrir pendant le séjour. Le village accroché à la colline fait face à la mer. Les rues étroites dissuadent pas mal d’automobiliste. La vieille ville est nichée en haut et on l'atteint en montant des ruelles et escaliers encadrés de maisons parfois médiévales aux volets colorés. Le village est surmonté d'une forteresse vénitienne et turque aux murs assez bien conservés. On y accède par une unique porte vénitienne située dans le haut du village

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Deux nageurs sont déjà présents sur place. Il y a ni plus ni moins que Michael le « King of the Channel ». Il a traversé la Manche 32 fois, il est un des responsables de la Channel Swimming Association. C’est l’idéal pour nous qui voulons la traverser en 2002. Nous allons le bombarder de questions et il va gentiment nous conseiller. L’autre nageur est Hongrois et fait ses études en Grèce, il s’agit d’Attila, un passionné de natation marathon, il en est à sa 10ème participation. Dès le premier soir nous allons nous lier d’amitié avec eux et passer ensemble le reste du séjour.

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La veille au soir de la traversée, a lieu le repas avec toutes les personnes de l’organisation sur la place centrale du village. Nous sommes attablés au milieu des palmiers et des arcades de style vénitien. Mais, c’est l’instant où il faut bien écouter, car c’est l’heure du briefing et du tirage au sort des bateaux. Le briefing est un instant important, il faut être très attentif aux informations et conseils donnés par les organisateurs en grec ! Et bien pour ma part, je n’ai rien compris… Mes pilotes de bateau sont venus rejoindre notre table. Deux pêcheurs grecs, enchantés de nous accompagner. Nous avons échangé tant bien que mal. Ce qui est rassurant pour le parcours, c’est qu’il s’agit d’une ligne droite d’une ville à l’autre. Au pire nous n’aurons qu’à suivre les autres.

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Le samedi, nous nous levons très tôt et avons rendez-vous avec nos pilotes de bateaux restés tard la veille à faire la fête et boire sur le petit port de Koroni. Ils ont l’air en pleine forme, ça rassure. Alexandra va me « coacher » tout au long de la traversée, elle va bien s’amuser avec les 2 pêcheurs qui ne connaissent que deux mots d’anglais. Mon épouse, se rend, quant à elle en voiture jusqu’à la ville d’arrivée Kalamata. C’est là qu’aura lieu la remise des récompenses et notre dernière nuit d’hôtel.

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Le départ est donné, les nageurs et la flottille de bateaux commencent à se disperser alors que le soleil brille sur le golfe. Derrière moi, le Kastro érigé au 6ème ou 7ème siècle sur les ruines de la ville antique de Messénie s’éloigne à chaque passage de bras. Dehors il va faire très vite 30°C, la mer est d’huile et elle est à 27°C. Pour rompre la monotonie de cette course où il n’y a rien à voir à part de l’eau, heureusement, il y Alexandra. C’est la « coach » idéale pour les marathons. Elle a une voix que l’on entend même avec des bouchons dans les oreilles. Elle n’arrête pas, pendants des heures de lancer des : « Allez, Jaaaacques ! ». Elle ne me quitte jamais de l’œil et sait très bien quand ça ne va pas, il ne faut pas oublier qu’elle est nageuse elle-même.

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Grâce à ses encouragements, j’arrive à surmonter les 5 derniers kilomètres qui me conduisent vers Kalamata. La ville située au pied du Taygète, est un port industriel au cœur de plantations d’agrumes. Elle fut détruite presque complètement par un tremblement de terre le 14 septembre 1986. Elle a été reconstruite à l’identique. Ces derniers kilomètres vont me paraître durer une éternité mais au final je termine à la 3ème place de ce marathon international, derrière deux américains et devant douze autres nageurs dont Attila et Michael.

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Le soir, lors d’un grand repas de clôture à Kalamata, à lieu la remise des récompenses. C’est l’occasion d’échanger les mails avec les autres nageurs et grâce à ces liens tissés ensuite sur la toile, je reçois pas mal d’informations de copains « all around the Europe ».

09/06/2001

Barcarès : championnat France 25km 2001

 Remake des dents de la mer

En juin 2001 la région Languedoc-Roussillon accueille le championnat de France de 25km à la nage. Il a lieu au Barcarès (Pyrénées-Orientales). Après m’être impliqué dans l’organisation de la traversée en tant que responsable de la Commission eau libre au sein du Comité régional, je suis également participant.  

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Mes parents n’habitant pas trop loin, je demande à mon père de bien vouloir me ravitailler depuis un bateau. Après avoir effectué un circuit de 3km dans le port au milieu des méduses pas très urticantes, nous sortons en pleine mer pour nager 2 boucles de 11km. J’en termine avec ma première boucle et je passe à hauteur du « Lydia ». Il s’agit d’un navire de croisière désarmé en 1967 et échoué sur la plage du Barcarès. Il est un des symboles de la ville et a été reconverti en restaurant, discothèque, casino et musée. C’est le seul paquebot ensablé au monde. Aux alentours de midi, je me mets à respirer de l’autre côté et là je vois à une dizaine de mètres UN AILERON qui avance parallèlement à moi. 

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Pris de panique, je m’approche de mon bateau en levant la tête, et là j’entends mon père (fin pêcheur) me dire : « ne t’inquiètes pas, il s’agit d’un requin … » et je n’entends pas la suite. Affolement général ! Je me rapproche du bateau prêt à monter pour me mettre à l’abri (mais évidemment c’est un geste éliminatoire) et là on me confirme : « Ce n’est qu’un requin pèlerin, il ne mange que du plancton».

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C’est gentil, d’accord, mais il mesure 8 mètres et c’est moi qui suis dans l’eau : je ne suis pas très rassuré ! Même s’il ne mange que du plancton, il nage la gueule béante pour se nourrir. Vu la taille de sa bouche je peux facilement y rentrer sans qu’il s’en aperçoive. Ayant finalement confiance en mes accompagnateurs qui eux restent serein, je me remets à nager un peu plus apaiser. Mais une minute plus tard, les voilà qu’ils me plantent là en plein milieu de la Méditerranée avec ce mastodonte pour aller chercher leurs paniers repas auprès du bateau de l’organisation. Je passe alors 2 très longues minutes à les maudire et à me retourner continuellement pour voir si le pachyderme marin est toujours là. Je n’ai pas envi de lui servir de panier repas et finir comme un plancton… A leur retour, j’ai la haine envers eux, mais je me dis que mon père ne m’aurait jamais laissé seul en danger et je continue donc ma route rassuré. Je n’aurai d’ailleurs plus l’occasion de le rencontrer jusqu'à la fin de l’épreuve. Je termine malgré tout 6ème de ce championnat. Une place de mieux que l’année précédente.

 

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 Moralité de cette aventure : N’oubliez pas gentils accompagnateurs, vous êtes nos yeux et notre garantie de sécurité en pleine mer, alors ne me laissez plus tout seul comme ça ! ! !

10/09/2000

St-Raphaël : Championnat France 25km 2000

Le massif de l’Esterel vu de la Méditerranée

En 2000, les championnats de France ont lieu dans le magnifique décor de l’Est varois : Saint Raphaël. Ce 25 kilomètres le long de la bande côtière s’annonce comme une préparation à l’objectif mais surtout comme une excursion exceptionnelle. En effet, ce site est protégé et regorge d’endroits ayant une grande valeur patrimoniale.

20 nageurs dont 15 garçons sont présents au départ sur la plage du Veillat en plein centre ville de Saint-Raphaël. Mon objectif est de terminer !

Une fois le départ donné, nous nous dirigeons vers un îlot rocheux de couleur rouge situé à 2 kilomètres de la plage, le Lion de Mer. C’est là que nous allons retrouver nos bateaux d’escorte qui vont nous accompagner et nous ravitailler tout au long de la traversée. Au sommet de l’île se trouve une Vierge, spectatrice de notre effort. A cet endroit les roches sont tapissées de coraux en fleurs, le site est reconnu comme un spot de plongé. L’eau est claire et on distingue bien les fonds. Une méduse solitaire présente à mi-profondeur me sort de mon admiration pour me rappeler que je suis en train de faire une course. La plupart des concurrents sont déjà loin devant. Après avoir contourné le site nous nous dirigeons vers l’est.

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Après 8 kilomètres d’effort et quelques ravitaillements, nous passons près d’une île privée, l’Île d’or. Beaucoup de bateaux sont ancrés autour de l’île, le site est très apprécié des plongeurs. Cet îlot rocheux de 200 mètres de long environ est surmonté d’une tour de style médiéval. La tour aurait inspiré le dessinateur belge Hergé pour son septième album de la série de bande dessinée de Tintin, « L’Île Noire ». Nous continuons vers le cap du Dramont, un site naturel préservé et où se trouve le principal sémaphore de la région. Pas très loin, se trouve la plage du débarquement ou eurent lieu en 1944 le débarquement des alliés en Provence. Nous avons effectué une dizaine de kilomètres et déjà les premiers abandons. Nous effectuons ensuite une boucle de 5 kilomètres dans la rade d’Agay. Nous avons une superbe vue sur le massif de l’Esterel et notamment l’un de ses sommet, le « rastel d’Agay ».

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La montagne aux roches rouges qui tranchent avec la végétation, plonge directement dans la rade. La fin de l’excursion s’achève, il faut maintenant revenir vers l’arrivée. Je repasse de nouveau devant le cap du Dramont puis l’île d’or. Beaucoup plus fatigué qu’a l’aller, j’ai beaucoup plus de mal à profiter du paysage. A partir de là, la longue ligne droite qui nous mène jusqu’au lion de Mer va durer une éternité. Le vent commence à se lever et des vagues se forment.

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Il faut tenir bon, dans la Manche cela sera certainement plus dur, si j’abandonne ce n’est pas la peine que je me rende en Angleterre. Je me ravitaille plus fréquemment et constate que mes accompagnateurs commencent à avoir des nausées. S’ils abandonnent, je serai obligé de m’arrêter. Tant bien que mal nous nous approchons de l’îlot. Au moment où je passe devant la Vierge, le moral réapparait, il ne me reste plus que deux kilomètres. Dans la baie de Saint Raphaël, nous sommes protégés du vent, plus rien ne peut m’arrêter. Tiens ! Encore une méduse pour me dire que ce n’est pas fini. Enfin les 200 derniers mètres avec à l’arrivée en point de mire, Fabienne, mon épouse, qui m’attend. Je termine ce 25 kilomètres à la 7ème place en 6h40. Ce championnat m’a permis de voir le chemin qui me reste à accomplir jusqu’au défi qui sera certainement une autre paire de manche.

26/06/1994

Le Lac du Bourget : championnat France 18km 1994

A partir de 1994, les championnats de France s’installent à Aix-les-Bains face à son magnifique plan d’eau du lac du Bourget. Ils y seront organisés jusqu’en 1998. Le lac du Bourget est le plus grand lac naturel d'origine glaciaire de France. D’une superficie de 44,5 km2, le lac s’étire tout en longueur dans un axe nord-sud sur 18 kilomètres, et avec une largeur comprise entre 1,6 et 3,5 kilomètres. Sa profondeur moyenne est de 85 mètres, et sa profondeur maximale de 145 mètres. La légende dit que le lac du Bourget, le lac Leman et le lac d’Annecy seraient nés des pleurs de 3 anges à qui Dieu aurait demandé de quitter les Alpes du Nord.

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Les pédalos des 2 éditions précédentes sont remplacés par des bateaux à moteur à la satisfaction des accompagnateurs. Nous sommes 20 nageurs à être retenu pour participer à cette 3ème édition des championnats de France. Le rendez-vous a lieu sur la plage du centre nautique municipale d’Aix-les-Bains et nous allons devoir effectuer une boucle d’environ 18km dans la partie sud du lac.

Le temps est couvert et une pluie fine fait son apparition. Elle va nous accompagner sur la première partie du parcours qui nous mène jusqu’à la commune du Bourget du lac. Nous longeons une vaste roselière protégée avec de nombreuses espèces d’oiseaux. Mais pas le temps d’admirer la faune et la flore, à hauteur du port du Bourget-du-lac se trouve une bouée que nous contournons. Une longue ligne droite au pied de la chaîne de l’Epine nous attend. Impossible de distinguer la prochaine bouée que nous devrons contourner. La position des concurrents s’étale tant en longueur qu’en largeur. A chacun sa meilleure trajectoire. Heureusement pour nous, le cadre est des plus agréables. Nous passons devant le petit port et le château de la commune de Bourdeau situé au pied du mont du Chat qui culmine à 1390m. Après quelques mouvements de crawl, je distingue dans la montagne 2 cavités au dessus d’une petite « plage » de galets et de rochers. Il s’agit de la grotte de Lamartine où le poète écrivit son célèbre poème « Le Lac ». Quelques kilomètres plus loin, enfin la bouée de contournement qui nous permet de retourner en direction d’Aix. Avant de la contourner, je distingue au loin une magnifique demeure, il s’agit de l’abbaye de Hautecombe construite durant le XIIe siècle par desmoines cisterciens.

 

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Mais à ce moment précis, j’ai du mal à apprécier l’architecture. Je suis épuisé, les épaules sont lourdes et pour arranger le tout, les gaz d’échappements du bateau me donnent la nausée. C’est à ce moment là que je découvre l’importance du positionnement du bateau par rapport au nageur. Il faut prévoir ces petits détails en amont en fonction des conditions météorologique et du règlement qui interdit au bateau de se positionner devant le nageur. La traversée du lac dans sa largeur va me paraître une éternité. A coup de nombreux ravitaillements, j’arrive tant bien que mal à hauteur du port. Il ne me reste plus qu’à nager au milieu des cygnes et des canards le long de l’esplanade d’Aix qui me mène vers le centre nautique. Je termine ce championnat à la 6ème place, fatigué mais ravi d’avoir réalisé une telle distance. Quelques heures après l’arrivée, des boutons apparaissent à hauteur de mes membres inférieurs. Ils sont causés par des larves que l’on retrouve chez les oiseaux aquatiques : la « dermatite cercarienne ». Elle est plus communément appelé chez les nageurs la « puce de canards ». Ce parasite microscopique s’attrape dans certains de nos lacs lors de traversées en eau peu profonde et herbeuse, et provoque une réaction cutanée. Semblable à une piqûre de moustique, la gêne s’intensifie au cours de la nuit mais régresse au bout de quatre à cinq jours

 

Pour éviter que ces parasites ne pénètrent dans la peau, à la sortie de l’eau il faut bien se frotter à l’aide d’une serviette. C’est moins galère qu’une méduse ou tout autre animal marin.

26/07/1992

Jablines : Championnat de France 15km 1992 et 1993

Nager avec, à mes côtés, un pédalo comme bateau ravitailleur, c’est ce qui m’est arrivé lors des premiers championnats de France qui se sont déroulés à la base de loisirs de Jablines (à 30km de Paris) le 26 juillet 1992.

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Là-bas, ils appellent ça « la plage ». Il fallait le savoir. Pour moi qui viens du Sud, quand à la sortie du métro, une personne m’a demandé où était la plage, j’ai gentiment rigolé et répondu qu’elle devait être à environ … 300km ! Cela ne l’a pas fait rire et je suis passé pour un plouc ! Parce qu’arrivé sur place, j’ai mieux compris : c’est une petite plage reconstituée sur un plan d’eau. Là, je retrouve Jean-Luc et les 12 autres nageurs et nageuses qui vont participer à cette grande première.

Pour unmedium_jablines.jpge première, ce fût le cas, et même pour l’organisation ! Le parcours de 16km s’effectue en 6 boucles de 2,6km et le règlement n’a rien à voir avec celui en cours aujourd’hui. Pour le ravitaillement, l’accompagnateur dispose d’un Pédalo. Vous imaginez, un nageur va à 5km/h et un pédalo à 3km/h en pédalant vite (en solitaire). Heureusement, qu’il s’agissait de boucles, cela a permis aux pédaleurs de couper et faire des allers et retours. Seize kilomètres c’est long, il faut boire et s’alimenter pour compenser les pertes en eau et en calories dûes à l’effort. Il ne faut pas prévoir trop juste, car l’accompagnateur en consomme 2 fois plus que le nageur (chaleur et efforts obligent) ! ! ! Avez-vous essayé de manger dans l’eau ? C’est comme mâcher avec un verre d’eau à la bouche. C’est très désagréable. La prochaine fois je prévoirai mon ravitaillement liquide plutôt que solide. Boire est important pour le succès et la performance lors de ces longs efforts. Un ravitaillement rapide et bien planifié pendant l’épreuve peut faire la différence à l’arrivée.

Au final, on compte seulement 4 abandons. C’est une jeune fille de Clichy 92 qui, la plus efficace, remporte l’épreuve devançant le premier garçon de plus de 4mn. Je termine 6ème tout confondu. Cette course sert d’enseignement pour l’organisation des éditions suivantes. Le premier essai transformé, la longue distance a le droit d’exister en France.

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C’est également un enseignement pour les nageurs, on commence à apprendre ce qu’il faut faire et surtout ne pas faire. Et on s’est pris très vite au jeu. Nous commençons à nous documenter et je commande aux Etats-Unis cinq fascicules de 25 pages écrit par Penny Lee Dean, l’entraîneur national des nageurs de longue distance aux USA : « How to Swim Marathon & Shorter swims». Il y en a un pour moi, un pour Jean-Luc et 3 pour la FFN. Ainsi, nous apprenons les subtilités de ce sport.

Par exemple pour le matériel, il ne faut pas prendre n’importe quoi. Pour les lunettes, il existe plusieurs couleurs. Il faut mettre des lunettes teintées marron foncé ou noires lors d’un temps ensoleillé, des lunettes claires en cas de temps couvert, ainsi que le soir ou très tôt le matin et des lunettes bleues en cas de brouillard. Quant au bonnet, il est conseillé de prendre un bonnet noir ou sombre pour attirer la chaleur si l’eau est froide ou s’il fait mauvais temps, sinon de prendre un bonnet blanc ou de couleur claire lorsque la température de l’eau est chaude et élevée. Ce fascicule devient notre livre de chevet et nous permettra d’appréhender cette nouvelle discipline avec quelques connaissances sur le sujet.

14/07/1992

Marathon du Leman de la Suisse à la France (12km)

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Une grande découverte  

Suite à un article paru dans une revue en 1991, j’apprends qu’il existe en Suisse une traversée internationale à la nage d’Evian à Lausanne. En fait, une année c’est la Fédération Suisse de Natation qui organise la traversée d’Evian à Lausanne, et l’autre année, c’est la Fédération Française de Natation (FFN) mais dans l’autre sens. Je m’inscris donc à celle organisée par la FFN. 

J’en parle également à un ami passionné de natation longue distance, qui comme moi travaille à la SNCF. Il s’agit de Jean-Luc, il habite sur Nevers. Il a déjà nagé 24h non-stop et a parcouru 92km dans un bassin de 25m.

 medium_geneve.jpgNous voilà partis, avec nos accompagnateurs, pour Evian. Mon père, toujours présent lorsque j’ai besoin de lui, m’accompagne. Si vous vous demandez pourquoi il faut un accompagnateur pour chaque nageur c’est très simple : parce que lors des épreuves en eau libre de distances supérieures à 10 km, le nageur dispose en règle générale d’une embarcation avec une personne l’accompagnant. Elle a un rôle important à jouer. C’est elle qui est responsable de la sécurité, du guidage et du ravitaillement du nageur. Les bons résultats lors d’une épreuve dépendent en grande partie de la relation et de la compréhension qu’il peut y avoir entre eux. Avec mon père, pas de problème, mais il est aussi néophyte que moi dans ce domaine.

 Une fois sur place, nous apprenons que nous sommes invités par les organisateurs et que l’hébergement est gratuit pour les nageurs et les coachs. Bonne surprise ! D’ailleurs c’est comme ça que cela se passe sur la plupart des marathons et sur le circuit professionnel. « Ah bon ! Il y a un circuit professionnel ? ». « Eh oui ! » tous les nageurs étrangers présents sont au courant et y participent. Nous, nous tombons des nues. Il y a plein d’épreuves dans le monde et nous ne sommes pas au courant. Il faut que l’on s’informe, que l’on prenne des contacts. Les Egyptiens, grands spécialistes de la discipline, nous parlent de traversées en Argentine, au Canada et même chez eux. Ils en profitent pour nous lancer une invitation à participer à la descente du Nil sur 33kms. On va y réfléchir, le Nil, n’est pas très engageant!

 

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La réception au CIO

D’autres français (1 nageur et 4 nageuses) sont là avec des dirigeants de la FFN. Nous apprenons qu’ils désirent organiser pour la première fois, en Ile-de-France, une traversée de 12km. Elle est prévue dans 15 jours à Jablines. Pendant ces trois jours, le groupe de français (dirigeants et nageurs) sympathise. Nous allons nous rendre ensemble à la réception organisée au siège du Comité International Olympique non loin du lieu de départ de la traversée. Nous effectuons la traversée d’Evian à Lausanne à bord d’un bateau navette qui effectue régulièrement la traversée. La ville d’Evian s’éloigne progressivement, je distingue à peine les maisons. Le trajet me paraît interminable et je me dis qu’il va falloir que je le fasse à la nage. Il s’agit là de ma soixantième traversée, mais la plus longue distance que j’ai réalisée à ce jour est un 6 kilomètres. Je commence à douter et me poser des questions. Mais le bateau termine son trajet et me stoppe dans mes cogitations, je dois suivre le groupe vers le quai d’Ouchy et le CIO où nous sommes attendus. Cette réception est en l’honneur des organisateurs, dirigeants et nageurs. Le président du CIO est excusé et après avoir écouté les interminables discours et remerciements, nous passons au cocktail. Le verre à la main, les discussions vont bon train surtout avec les dirigeants de la fédération boostés par le discours. L’épreuve de Jablines est au cœur du débat et il est convenu que cette épreuve devienne le premier championnat de France de natation longue distance (eau libre). La traversée du Léman n’est pas encore passée que déjà, le rendez-vous est pris, à dans 15 jours à Jablines !

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La traversée

La traversée Lausanne – Evian va être m’a première vrai expérience de longue distance. C’est la première fois que je nage une course de plus de 5kms. D’après des conseils de débutants et des « on dit » j’apprends qu’il faut se graisser pour ne pas avoir froid dans l’eau. Je vais donc m’enduire tout le corps de graisse, des pieds jusqu’à la tête. A côté de moi, les nageurs étrangers, ne se graissent que le ventre et les aisselles. Tant pis pour eux s’ils ont froid ! Le départ est donné, suite à mon expérience de Bagnoles, je fais un départ rapide et me situe dans les premiers à la première bouée. Lorsque je rejoins mon bateau accompagnateur, je suis dans les 5 premiers, mais après 12 km … je termine avant-dernier. Que s’est il passé ??? Je suis parti trop vite et je termine à l’arrachée, les épaules dures, presque impossible de les tourner. Une chose est sur, je n’ai pas su gérer ma course. Mais ma plus grosse erreur a été le graissage.

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L’expérience du graissage

L’application de trop de graisse a eu pour effet de boucher les pores ce qui a empêché les déperditions de chaleur. Le fait d’en avoir appliqué sur les épaules a provoqué l’effet inverse attendu. La chaleur engendrée par l’effort musculaire est restée emprisonnée et a entraîné l’asphyxie et une surchauffe des muscles. Les nageurs étrangers étaient dans le vrai. J’aurais dû m’en douter, ils ont plus d’expérience que nous. Je sais maintenant qu’il ne faut pas s’enduire de graisse sur tout le corps mais uniquement sur les parties qui frottent et celles qui ne travaillent pas comme le ventre, les aisselles…

C’est comme cela que l’on apprend et avec d’autres expériences dans le domaine de l’eau libre j’ai appris et encore appris, jusqu’à aujourd’hui encore…