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17/02/2016

Le remake de "Papillon" en Guyane

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Les îles du Salut au large de Kourou, en Guyane Française, sont surtout connues pour le bagne qu’elles ont abrité. Elles furent d'abord nommées « Îles du Triangle » (en raison de leur disposition) par les premiers explorateurs puis prirent ensuite le nom sinistre d'« Îles du Diable » en raison des forts courants marins qui rendait leur accès très périlleux. C’est Jean-Baptiste de Chanvalon qui leur donna leur nom en 1763, quand il y installa des colons survivants d’une épidémie.

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Ensuite, détenus politiques et condamnés de droits communs vont se succéder de 1849 à 1946. Elles virent passer le Capitaine Dreyfus, Guillaume Seznec et le légendaire Henri Charrière, plus connu sous le surnom de Papillon qui inspira le film avec Steve Mc Queen et Dustin Hoffman en 1973. Les conditions de détention dans ce bagne étaient inhumaines. Il faut dire que le climat chaud et humide, la présence continuelle de moustiques et d’araignées venimeuses n’en faisait pas un lieu idéal de villégiature. Les bagnards ne survivaient en moyenne guère plus de cinq ans dans ces conditions. Si l’idée leur venait de vouloir s’évader, le seul moyen de s’en échapper était la nage et, malgré une eau chaude, ce sont les courants et les requins qui les attendaient, empêchant ainsi toute velléité d’évasion.

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De l’île Saint Joseph à Kourou - 14km

L’Ile St Joseph, l’une des 3 îles que composent les îles du Salut, fut choisie pendant la période du bagne, comme lieu de réclusion cellulaire, d'asile de fous et de cimetière des surveillants. Le traitement des forçats lui valut d'être surnommée « l'île du silence », « la mangeuse d'homme » ou qualifiée de « guillotine sèche ». Des ruines importantes y subsistent, envahies par la végétation, ce qui donne à l'endroit une ambiance très particulière.

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Pour Ned Denison (nageur irlandais de 58 ans), Jills Vanegas (nageur Guyanais de 46 ans) et moi-même, ce sera notre lieu de départ pour tenter de nous évader à la nage. Le mercredi 17 février 2016, revêtus d’un simple maillot, de lunettes et d’un bonnet de bain nous sommes prêts à nous élancer depuis le ponton de l’île pour une traversée dans l’océan Atlantique et relier les 14km qui nous séparent de la terre ferme à Kourou. La météo annonce une mer agitée et des vents soufflant à 30km/h. C’est à 12h33 que nous plongeons dans une mer à 26.6°C, c’est beaucoup plus que les 18°C que l’on connaît habituellement. Il va falloir gérer différemment pour éviter l’hyperthermie.

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Dès le départ, le vent occasionne des clapots et des courants de surface qui nous font dévier de la trajectoire. Nous faisons une totale confiance à notre pilote de bateau qui nous accompagne et nous indique le cap à suivre. Il s’agit de Bruce Foulquier, de l’école de voile de Guyane, un local qui connaît très bien les lieux. Dans cette première partie, on s’oriente vers Cayenne, une direction impensable lorsque l’on veut aller vers Kourou depuis les îles. Mais les courants et le vent nous obligent à nager « en crabe » pour dériver le moins possible.

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Dans l’eau, on ne distingue rien, elle est couleur marron. Quelque part, c'est préférable car cela nous évite de voir la vie marine parait-il abondante dans les parages. A l’époque du bagne, les requins étaient très nombreux. Les morts étaient d'ailleurs jetés en pâture aux requins qui rappliquaient au son de la cloche annonçant le festin…
Tout se passe bien pour le moment, nous écoutons attentivement les consignes de nos accompagnateurs, Andrea Egea et Michael Mac Krabe, sur le bateau chargé de nous ravitailler toutes les 30’. Nous buvons et nous alimentons comme nous pouvons tout en nous laissant dériver par un courant défavorable.

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Après mon premier ravitaillement, je sens une décharge électrique sur mon bras : le filament d’une méduse vient de s’accrocher et le mouvement l’entraîne sur mon épaule. J’ai l’impression que mon épaule est paralysée. Je ne distingue rien dans cette eau marron et j’espère qu’il n’y en a pas d’autres. Celles que j’appelle communément les « Gardiennes des îles-prisons » viennent encore de frapper. Mes compagnons de nage n’ont pas l’air d’y avoir eu droit. La brûlure occasionnée par la piqûre va être douloureuse pendant plus d’une heure trente de nage et me laisser une jolie marque les jours qui suivront.

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Arrivés au milieu de l’Atlantique et une fois moins abrités par les îles, les conditions extrêmes pour nous sont au rendez-vous. On a des creux de 2 mètres, un vent à plus de 30km/h et des courants peu favorables. Nous montons et descendons au gré des vagues, nous avons l’impression d’être dans un manège ou une lessiveuse.

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Arrivés au 2 tiers, nous venons de réaliser le plus dur. Grâce à notre super pilote, nous avons réalisé une très bonne trajectoire. A partir de maintenant, plus nous nous approchons de la côte et plus nous allons nous faire aspirer vers elle grâce aux courants de marée générés par les effets de la marée montante. A grande vitesse, toujours secoués dans une mer agitée et parfois noire comme si on était en pleine nuit, nous nous approchons enfin du rivage.

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Portés par le courant et les vagues, nous atteignons notre but en 3h45. Après s’être embourbés dans les alluvions, nous allons à la rencontre des nombreux supporters venus nous accueillir sur la plage. Nous sommes heureux d’avoir pu réaliser cette très belle traversée à 3 pour la cause que je soutiens qui est celle de France Choroïdérémie !

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Les détails de notre parcours : on s’aperçoit qu'au final, malgré les courants défavorables mais grâce au bons conseils de notre pilote de bateau Bruce Foulquier, notre trajectoire a été parfaite.

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31/08/2014

De Spike Island jusqu’à Cobh en Irlande

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L’île de Spike est située dans le sud-ouest de l’Irlande dans le comté de Cork elle est accessible uniquement par voie maritime. Propriété du gouvernement anglais en 1779, elle est devenue par la suite une prison et a été surnommée "l'Alcatraz d'Irlande". Cette île-prison a abrité les prisonniers de l'IRA pendant la Guerre d'Indépendance Irlandaise (de 1919 à 1921) et notamment le fameux Richard Barrett, un des leaders de l'IRA de cette période. spike_island.jpg

Puis, suite au traité Anglo-Irlandais, l'île a été rendue à l'Irlande en 1938. Spike Island est restée une prison et une base militaire pour l’armée Irlandaise pendant des années. Plus récemment, elle a été utilisée comme Centre Correctionnel pour Adolescents, jusqu'à une rébellion générale des "prisonniers" en 1985, qui ont pris le contrôle de la prison en mettant le feu à un des blocs (connu maintenant sous le nom de Burnt Block). Le centre a fermé en 2004. Aujourd’hui l’île est vide et est devenue un site touristique que l’on peut relier par un service de ferries au départ de Cobh. SI2.jpg

Le dimanche 29 août 2014, dans le cadre de mon challenge des 7 îles-prisons à la nage pour France Choroïdérémie, je me rends au port de Cobh avec Ned Denison, spécialiste comme moi des évasions à la nage depuis des îles-prisons, et qui m’a spécialement organisé cette traversée. Sa compagne, Catherine Fravalo va nous accompagner sur le bateau. Nous rejoignons deux autres nageurs qui feront la traversée avec nous : Danny et John Walsh. SI3.jpg

C’est leur père, Dan, qui va nous conduire en bateau sur l’île et nous suivre pendant notre évasion. Dan connaît bien l’île car il y a passé son enfance, son père travaillait à la garnison et avait pour mission de tirer les coups de canon ! Le fils de Danny, Daniel, assurera notre sécurité en kayak, il restera à côté de Ned et moi pendant la traversée. SI1.jpg

C’est donc en bateau que nous nous rendons vers 7h30 sur l’île de Spike. L’activité touristique n’a pas encore débuté et l’île est déserte. Comme nous avons un peu de temps, avec Catherine et Daniel nous en profitons pour faire une petite balade et se rendre jusqu’à la prison. Il y a un très joli panorama sur le port de Cobh et le lieu porte encore les traces de son passé étrange et mouvementé. SI5.jpg

Vers 8h40 nous nous "évadons" et je laisse derrière moi l’île de Spike et sa prison. Je nage dans le deuxième plus grand port naturel au monde et me dirige en direction de Cobh. Plus connu sous le nom de Queenstown avant 1922, c’est aussi un des ports principaux des transatlantiques irlandais et le point de départ de millions d’Irlandais qui ont émigré en Amérique du Nord entre 1848 et 1950. Le Titanic effectua ici sa dernière escale avant de traverser l’Atlantique pour son fatal voyage vers New-York. L’eau est calme et la température de l’eau est de 14,5°C. Avec Ned, nous nageons ensembles côte à côte à un bon rythme. Nous avons lâché les 2 nageurs qui s’évadent avec nous. Daniel nous suit en kayak et Catherine prend des photos de notre évasion depuis le bateau. SI4.jpg

En nous dirigeant vers Cobh, je distingue en haut d'une butte, les pointes de la cathédrale néo- gothique de Saint-Colman qui montent la garde sur la ville. Sur les quais, une rangée de maisons aux couleurs de l'arc-en-ciel égaye le front de mer. Notre trajectoire de nage vers le point d’arrivée s’effectue en direction d’une ancienne église presbytérienne transformée aujourd’hui en musée, située sur la gauche de la ville. SI6.jpg

Nous traversons maintenant l’endroit où il est censé y avoir le plus de trafic. Le service portuaire est avisé de notre passage et en ce dimanche matin très tôt, il n’y a pas trop de circulation maritime. Le plan d’eau est calme, je ne distingue aucune vie marine, il y a 2 mois de cela un orque avait élu domicile dans le port mais il en était déjà reparti... DSCF3133b.jpg

Après 25 minutes de nage environ, nous arrivons à « l’Heritage Center » de Cobh au pied du Mémorial à Annie Moore (et ses 2 frères) qui fut la première immigrante enregistrée à Ellis Island aux Etats-Unis le 1er janvier 1892. Nous sortons de l’eau par un escalier sur les quais, je viens d’en terminer avec ma 5ème évasion à la nage de mon challenge !! SI8.jpg

Ned quant à lui en est à sa 4ème, au cours de ce week-end eau libre en Irlande une grande complicité s'est créée entre nous et je pense que nous allons programmer d’autres évasions ensemble ! !

21/08/2013

Le Beltquerung à la nage 2013 (21km)

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La traversée à la nage du Beltquerung est un raid au nord de l’Allemagne dans le détroit de Fehmarn. Ce détroit relie la Baie de Mecklenburg et la Baie de Kiel dans la partie occidentale de la mer Baltique entre l’île danoise de Lolland et l’île allemande de Fehmarn. Le détroit représente une zone de 21 km de large avec des profondeurs de 20 à 30 mètres. Les courants dans le détroit dépendent essentiellement des vents très présents dans la région. La traversée se fait depuis le port de Rødby au Danemark jusqu’à l’île de Fehmarn près du port de Puttgarden ou inversement en fonction des vents. Fehmarn-belt-strait.jpg

Après avoir parcouru en 3 jours plus de 1600 km en voiture, ma petite famille et celle de mon coach Anne arrivons enfin sur l’île de Fehrman. L’île est reliée depuis 1963 au reste de l’Allemagne par un pont de 963 m de long franchissant le Fehmarnsund. Fehmarn possède 78 km de côtes très ventées et est célèbre pour ces spots de kitesurf. Le vent souffle donc très fort (la région présente des champs d’éoliennes à perte de vue), ce qui n’est pas de bon augure si on veut traverser le détroit en nageant. Nous sommes hébergés chez Dietrich Glaesser, le père de l’organisateur de la traversée, dans la localité la plus importante de l’île : le Burg auf Fehmarn. Le fait d’être hébergé chez eux va faciliter les modalités d’organisation : contact avec le pilote, infos sur les prévisions météos, dates et heures de la traversée,…tout sur place !

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Le lundi 19 août, en début d’après-midi, nous faisons une réunion avec le pilote Wolfgang, notre hôte Dietrich, ma coach Anne et mes responsables de l’intendance ma femme et Gilles, le mari de Anne. De ces longs et difficiles échanges liés à la barrière de la langue, il en ressort que le seul jour possible dans la semaine pour tenter la traversée ne peut être que le mercredi suivant. J'apprends qu'il me faudra partir d’Allemagne pour aller vers le Danemark. Après cette date, les prévisions sont pessimistes et les vents ne permettront pas de nager. Le départ de ma traversée est prévu à 8h00 de Puttgarden et mon coach, Anne, va devoir se lever à 3h du matin pour se rendre au port où se situe le bateau accompagnateur et rejoindre mon lieu de départ ! A l'annonce de ces horaires, elle garde pourtant le sourire ! photo prepa.JPG

Le mercredi 21 août, à 7h15, je me rends en voiture avec Dietrich et Gilles sur une plage de Puttgarden située à quelques mètres des départs de ferry qui font la jonction entre les ports de Puttgarden et Rødby sur les deux îles. La liaison ferry, exploitée par la compagnie "Scandlines", est aussi connue sous le nom de "Vogelfluglinie", une traversée dure 45 minutes. Le temps est ensoleillé et il n’y a quasiment pas de vent. La mer est très calme et nous apercevons au large le bateau accompagnateur qui ,parti depuis 4h du matin, arrive sur les lieux du départ. Il est temps que je me prépare et que l’on me passe la crème solaire ainsi que la graisse pour éviter les irritations. blog départ.JPG

Après quelques photos, c’est à 8h00 que je m’élance dans le détroit de Fehmarn. Je rejoins mon bateau d’escorte et entame ma traversée afin de rallier le Danemark à la nage dans une eau à 17,2°C. Il y a de nombreuses méduses mais ce sont des Aurelia aussi appelées méduses bleues ou méduses lune, elles sont non urticantes. J’en traverse des bans à répétition tout au long du parcours. Pendant les 2 premières heures je nage sur les bases du record du monde de la traversée. Les courants sont favorables et le balai incessant des ferrys ne me perturbe qu’à peine. blog bateau.JPG

Ce n’est pas le cas de mon bateau pilote qui à chaque passage de ferry est secoué dans tous les sens. C’est souvent dans des conditions dignes d’un manège de fête foraine qu’Anne me tend courageusement le ravitaillement minutieusement planifié à l’avance. Après 2h05 de nage, j’ai franchi le rail maritime des tankers qui naviguent dans le détroit et Anne m’annonce qu’il ne me reste plus que 10km à parcourir. A cette vitesse, je suis bien parti pour battre le record de la traversée qui est de 4h50. blog nage.JPG

Je vois passer les ferries sur ma droite et ma gauche et je me mets à nager, très motivé, à un rythme plus soutenu. Mais cette euphorie va vite être stoppée net lorsqu’après 3h de nage, mon coach m’annonce qu’il me reste 8km3 à faire. Cela veut dire que je viens de nager 1km500 en 1 heure !! Il faut dire que la mer a bien changé depuis le départ du matin. Un vent de travers s’est levé et la mer est devenue un peu plus houleuse. Les courants qui m’étaient favorables jusqu’à présent ne le sont plus. Les ferries passent au loin sur ma gauche. blog nage bateau.JPG

J’en prends un coup au moral et mes épaules s’alourdissent. Heureusement qu’il y a les encouragements de mon coach et de l’équipage du bateau pour me motiver. Au loin devant, je commence à bien distinguer le port de Rødby que je garde en point de mire. La ville n'est pas très grande et est construite autour du port. Si je termine, je ne pense pas trouver du monde pour m’accueillir en fanfare ! De plus, je dérive vers la droite en direction d’un champ d’éoliennes désertique. Sur le bateau, commence un compte à rebours kilométrique les yeux rivés sur le chrono. Cela fait déjà 5h que je nage et il me reste un peu moins de 3km à faire. Malgré ces conditions défavorables, je peux encore réaliser le 3ème meilleur temps de la traversée. blog anne.JPG

Les encouragements de Wolfgang et Anne se font de plus en plus fort jusqu’à en perdre la voix. Dans l’eau les Aurélia sont rejointes par une autre espèce de méduse beaucoup moins pacifique. Ce sont des méduses de couleur orange avec de longs filaments que j’observe pour la première fois depuis mes traversées. Je ne vais d’ailleurs pas seulement les observer, puisque rapidement je vais faire connaissance avec l'une d’entre elle. Alors que je ne suis plus très loin du but final, devant moi une méduse chapeau vers le bas écarte en V ses nombreux filaments. Je ne pense pas que cela soit en signe de victoire et je n’ai pas d’autre solution que ... de passer au milieu. Des filaments plus fins et très urticants vont me brûler le visage. Je continue tout de même  mon chemin en espérant que la douleur s’atténue. Les côtes Danoises sont de plus en plus proches, le bateau est obligé de s’arrêter pour des raisons de sécurité liées à la profondeur de l’eau et me laisse terminer seul les derniers mètres. blog danemark.JPG

Je pose pied sur les rochers bordant la côte danoise après 5h57 de nage, réalisant ainsi finalement  le 3ème meilleur temps de la traversée en solo. Pour finir, je vais retourner à la nage au milieu des méduses rejoindre le bateau où m’attendent mes accompagnateurs très enthousiastes. Nous allons attaquer une longue traversée de 5h jusqu’au port d’attache où mes supporters (femme et enfants, nos hôtes et Gilles) m’attendent pour une arrivée très conviviale et chaleureuse. Je me vois même remettre une médaille par Victoria la petite fille de Dietrich. blog arrivee.JPG

 

02/08/2013

Ar-Men Raid 2013 : du phare d’Ar-Men au feu de Tévennec (15km)

Un raid pour la protection des phares en mer 

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Ce défi aquatique qui se déroule à l'ouest de la Bretagne à pour objectif de soutenir la "Société Nationale pour le Patrimoine des Phares et Balises" (SNPB) qui milite pour la prise de conscience de la nécessaire sauvegarde de ce patrimoine menacé. Le vendredi 2 août 2013, avec un autre nageur, Alain Grégis qui a traversé le lac Léman (77km en relais),  nous avons comme objectif de nous mettre à l'eau devant le phare d'Ar-Men pour rallier à la nage la plage des Trépassés près de la pointe du Raz. Nous devons passer au large du phare de Sein, du feu de Tévennec et du phare de la Vieille dans le but de sensibiliser et attirer l'attention des pouvoirs publics sur le mauvais état des phares en mer. Une fois le raid accompli,  il est prévu de se remettre à l'eau dans le port d'Audierne pour une arrivée à la nage « en public » devant la mairie pour lancer l'ouverture des festivités de la "Route de l'Amitié".

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Nous avons rendez-vous le matin à 7h00 sur le port de Sainte-Evette (là où on embarque pour l’île de Sein) avec les joyeux kayakistes du Centre nautique de Plouhinec, les 2 bateaux d’assistance, le Président de la Société nationale des phares et balises Marc Pointud et quelques proches venus nous soutenir. Pour cette traversée, Alain sera accompagné par les kayakistes Hugues Termeau et Patrice Le Roux et, sur le bateau de sécurité, par Yvon Lagadec le patron d'Iroise Mer, Marc Pointud le très motivé président de la SNPB, un médecin et la journaliste Brigitte Godefroy.

 

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De mon côté, je serai accompagné par Jean-Yves Jacq et Julien Martin en kayak et sur le bateau de sécurité le « Chris II » de Pascal et Annie Baudouin, un couple d'Hennebont habitué à l'encadrement d'épreuves nautiques sans oublier leur chien Benji ! Ces naviagateurs participent à la Route de l'Amitié, partenaire de l'événement. Il y aura également à bord 2 journalistes de l’AFP et un journaliste du « Télégramme », Ronan Lavor qui rédigera un « Chrono » de la traversée mais également Sylvianne Grégis, la femme d’Alain, qui optera pour le confort du bateau qui m’a été attribué.

A cette heure si matinale, le temps semble présager d’une belle journée en perspective : 22º3 dans l'air, 18º9 dans l'eau du port. Nous quittons le port avec une petite heure de retard pour nous rendre vers le phare d’Ar-Men. Nous allons naviguer pendant plus d’une heure au milieu d’une mer bien agitée dont les vagues d’environ 1 mètre partent dans tous les sens, suite aux effets combinés des courants et du vent de force 3 qui souffle du sud-ouest.

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Nous longeons toute la chaussée de Sein par le nord. La Chaussée de Sein est le prolongement sur 25km vers l’ouest des formations granitiques de la pointe du Raz. Son point le plus élevé constitue l’île de Sein. Elle a toujours été un véritable enfer pour les marins. A marée basse, affleure un semis de roches, autant d'écueils pour les navires qui doivent y affronter également des courants d'une violence extrême. Pour signaler ce danger aux bateaux, l'érection du phare d'Ar Men, sur un îlot à l'ouest de la chaussée, fut décidée en 1867, mais mettra 14 ans à  se concrétiser en raison des conditions épouvantables. Premier phare à l'ouest de la Bretagne, le phare d'Ar-Men est le plus célèbre, le plus photographié et le plus prestigieux des phares du littoral français. Considéré comme un lieu de travail extrêmement éprouvant par la communauté des gardiens de phare, il a été surnommé par ces derniers « l'Enfer des Enfers ». Avec son automatisation en 1990 prit fin un siècle de périlleuses relèves des gardiens qui s'y succédaient au milieu des tempêtes. Aujourd'hui automatisé, le phare d'Ar-Men est laissé à l'abandon à l'image d'autres feux construits en pleine mer : murs fissurés, blocs de pierre prêts à s'effondrer, murets détruits, tâches de rouille… 

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C’est à 9h20 que nous arrivons devant Ar-Men avec un peu de retard sur l'horaire prévu. Nous allons rapidement nous préparer car le bateau est déjà bien secoué. La mer est agitée et les vagues qui heurtent Ar-Men à marée basse passent au dessus de la base du phare. Alain a prévu de nager en combinaison alors que pour moi ce sera comme d’habitude en maillot de bain ! Je me jette vite à l’eau pour ne pas trop rester sur le bateau après avoir pris à peine le temps de m'enduire de crème solaire et de graisse protectrice contre les déperditions de chaleur. L’eau fait 15º9. Mais avant même le départ, très indisposé, je vais me « libérer » de tout mon petit déjeuner. C’est donc le ventre vide que je prends le départ qui sera donné à 9h46 avec pour objectif de rejoindre la côte à la nage pour la noble cause défendue par Marc Pointud qu’est la sauvegarde des phares en mer

 

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Pendant la première heure, nous allons progresser dans une mer souvent hachée et avec des vagues qui arrivent de toutes parts. Ma nage est complètement désorganisée et il est difficile de respirer sans avaler de l’eau. La température de l’eau ne cesse de changer entre 15,9° et 16,9°C. Malgré ces conditions fort désagréables, il semble que j’arrive à tenir la feuille de route que je me suis fixée. Au bout de 45', conformément à mon plan de marche, j’effectue mon premier ravitaillement. Comme les prochains ravitos, il va durer quelques secondes, sans prendre appui sur le kayak. Au menu, de l'eau mentholée et boisson protéinée chocolatée. Le temps de voir le paysage et il semblerait qu’en moins d’une heure j’ai déjà parcouru les 1/3 du parcours entre le phare d’Ar-Men et l’île de Sein. Cela semble de bonne augure. Je distance Alain et file à un rythme assez soutenu bien encadré par mes kayakistes et mon bateau-sécu. 

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Après 2h30 de nage, je distingue avec plaisir le grand phare de l’île de Sein. Ce phare a été  construit entre 1950 et 1951 et succède à un premier phare construit sur l’île en 1839 et détruit en 1944 par les Allemands lors de la seconde guerre mondiale. Cela veut dire que je suis à environ à 5 km du feu de Tévennec, et, si tout va bien, je devrais passer devant en une heure si les courants de marée font leur travail ! Malheureusement, il n’en sera pas ainsi… Lors de mon ravitaillement suivant, le phare semble toujours au même endroit et le feu de Tévennec toujours aussi loin.

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Ma progression semble ralentie. Inquiet, j’interroge mes kayakistes en leur faisant remarquer que je semble faire du sur-place. Pour eux j’avance « petit à petit mais beaucoup moins que par rapport au départ ». Au bord du bateau, Pascal le pilote constate effectivement des courants contraires. Le temps se couvre par le sud-ouest, la mer est hachée et dans les faits les courants de marée sont neutralisés par les effets du clapot des vagues. Les courants au lieu d’être en notre faveur vont nous être contraires. Je nage maintenant à un peu moins de 2km/h. Nous prenons énormément de retard par rapport à nos prévisions et il nous sera impossible de nous aventurer dans le raz de Sein hors de la période d’étale. Je suis découragé, car en plus au loin sur ma gauche j’arrive malgré tout à distinguer le phare de la Vieille construit de 1882 à 1887 et qui sécurise fortement le passage du raz de Sein.

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A environ 3km du feu de Tévennec, Alain annonce qu’il s’arrête. Pour ma part, je décide de continuer au moins jusqu’au feu. Tévennec est un élément emblématique du patrimoine des phares. Abandonné de tout gardiennage depuis 1910, la SNPB projette de faire appel au mécénat privé pour financer une maison d'artistes, après restauration progressive des lieux. La maison est ceinturée par une terrasse qui offre un point de vue exceptionnel à 360° sur le raz de Sein et l'Iroise. Les assauts du mauvais temps et les années d'absence d'entretien ont eu raison de l'état des lieux. Le toit fut d'ailleurs emporté par une tempête en 1910. À l'intérieur, les boiseries et les parquets sont en très mauvais état. Le défi est maintenant de relier les 2 phares les plus emblématiques pour la SNPB.

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Après avoir parcouru 5km en plus de 2 heures, à 14h57, j’arrive enfin au pied de l’îlot. Je viens d’effectuer les 15km qui séparent les 2 phares en 5h11. Après avoir été balloté dans tous les sens par les vagues et avant de remonter sur le bateau qui doit nous ramener au port de Sainte Evette, je vais laisser aux poissons tout ce que j’ai pu absorber comme ravitaillements lors de cette traversée. P1040655b.jpg

 

La journée n’en est pas finie pour autant car à 18h, il nous reste une dernière épreuve beaucoup plus agréable. Nous allons nous remettre à l’eau encadrés par les kayakistes du centre nautique de Plouhinec et nager dans le port d’Audierne pour être accueillis entre pluie et soleil par les applaudissements des participants de la Route de l'Amitié, des élus de la ville et de nos proches. La journée se terminera par un sympathique pot de l’amitié à la Mairie et une Fest Noz conviviale aux Capucins en fin de soirée.

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Nous sommes satisfait et heureux car l’objectif qui consistait à alerter le public sur la situation d'Ar-Men et des autres phares en mer a bien été atteint.

Avis aux amateurs de défis aquatiques, comme le dit Marc Pointud : « Avec un peu d'imagination il y aurait plein de choses à faire ! » et le raid que nous venons de réaliser entre ces 2 phares les plus emblématiques en mer d’Iroise pourrait bien devenir un raid officiel organisé par la SNPB en France comme le sont la Manche ou Gibraltar. A suivre… Kenavo !!!!

 

PS : Un grand merci à notre amie Delphine qui nous a accueilli pendant ce séjours breton en famille ;-)

 

Photos : Brigitte Godefroy et Ronan Lavor (droits réservés)

11/06/2011

La Côte Vermeille à la nage 2011 (17km)

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Afin de faire parler de France Choroïdérémie (maladie génétique qui entraîne la cécité), association que je soutiens avec mon amie Cathy lors de la plupart de nos exploits sportifs, nous effectuons le samedi 11 juin 2011, une traversée d'Argelès à Cerbère (Pyrénées-Orientales) par la nage (sans combinaison ni palmes) sur 17 km dans une eau à 17C°. Nous allons ainsi longer à la nage toute la Côte Vermeille (en catalan, Costa Vermella) qui est le nom donné à la côte rocheuse qui commence du Sud d’Argelès à l’extrémité de la plage du Racou jusqu’à Cerbère à la frontière espagnole.

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De part l'engagement de l'association dans cette aventure, la présidente de FC, Marie-Cath Grès-Faure a su fédérer la générosité des catalans en obtenant notamment l’hébergement gratuit pour nous et nos accompagnateurs dans le centre Azuréva d'Argeles. L'association a aussi tenu d’un stand à Collioure pour faire parler de la recherche sur cette maladie génétique.

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Le départ a eu lieu à midi depuis l’extrémité sud de la plage du Racou par une forte tramontane (force 4 à 5) mais sous le soleil ! Pour une question de sécurité nous étions assistés par des canoë-kayaks du « Central WindSurf » d’Argelès dans lesquels avaient pris place Jean-Yves et Thomas pour nous ravitailler en boissons énergétiques toutes les demi-heures. Tout au long du parcours de cette côte Vermeille et principalement à Collioure les membres de FC ont pu nous encourager.

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Collioure est la première commune devant laquelle je passe en nageant. Cette station balnéaire et port de commerce est célèbre pour son site géographique et son patrimoine, qui a séduit de nombreux artistes. Je distingue l’Eglise Notre-Dame-des-Anges, construite entre 1684 et 1691 dans un style gothique méridional, avec son célèbre clocher. Pratiquement entouré d’eau, elle est renommée pour les peintres qui cherchent l’inspiration de la beauté et des couleurs, c’est un véritable lieu magique… cote vermeil 1.JPG

En haut des Albères, la montagne la plus orientale de la chaîne pyrénéenne, je distingue la Tour Madeloc, une tour de guet du 18èmesiècle servant aujourd’hui de relais télévision et le fort Saint-Elme, une citadelle de guerre située sur la colline en aplomb de Collioure et de Port-Vendres. Je passe ensuite devant le port de commerce de Port-Vendres. Ce port naturel en eau profonde est reconnu dans le monde entier pour les trafics de fruits et légumes en provenance du bassin méditerranéen. La mer était assez agitée (vague de 0,5 à 1 mètre) et lorsque j’arrive au niveau du Cap Béar, les premiers «maux de mer» se sont fait sentir. cote vermeil 2JPG.JPG

J’ai des difficultés à passer le phare du cap Béar situé à 80 mètre au dessus du niveau de la mer sur le mont du même nom. Ce phare entièrement automatisé, télé contrôlé et non gardienné sera inscrit aux monuments historiques quelques mois après la traversée, le 12 octobre 2011. Afin de pouvoir passer ce cap réputé difficile lors de forte tramontane, je dois fournir un effort conséquent qui se fait ressentir par la suite sur mes épaules hyper lourdes. Je passe maintenant au large de Banyuls-sur-Mer où le massif des Albères se jette dans la Méditerranée en y dessinant un paysage de crêtes et de criques. Pour les passionnés de marche et de randonnée, cette station balnéaire est aussi le point de départ ou d’arrivée du sentier de grande randonnée qui traverse la chaîne des Pyrénées de la Méditerranée à l’Atlantique. cote vermeil 4.JPG

C’est sur ses pentes montagneuses dont les vignobles se jettent dans la mer que naissent les vins de Banyuls et de Collioure. Pas question d’en boire, ce ne sera que des boissons énergétiques pour continuer à avancer. Je nage maintenant au milieu de la réserve naturelle de Cerbère-Banyuls créée en 1974. Elle s’étend sur 6,5km jusqu’à Cerbère et sur 2km vers le large. En nageant en surface il est possible de découvrir un écosystème particulièrement riche et diversifié. J’ai de plus en plus de mal à nager mais la motivation est plus forte et sous les encouragements incessants de Jean-Yves, mon accompagnateurs, je me rapproche progressivement de la pointe du Cap Cerbère. Un bateau du club de plongée de Cerbère croise mon chemin et me fait une ovation. En point de repère je distingue le phare du cap Cerbère, c’est l’ultime phare français avant la frontière franco-espagnole. Il est aussi appelé « phare solaire » car ce phare moderne, achevé en 1982, est alimenté par des cellules photovoltaïques le rendant ainsi autonome.

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J’approche de la ville de Cerbère et je distingue en premier l’Hôtel Belvédère. Un bâtiment aux allures de paquebot. Il a été bâtit en 1932 avec tout le confort moderne pour les nombreux voyageurs fortunés en transit à cerbère (écartement des voies ferrées différent entre la France et l’Espagne). Il comprenait une salle de restaurant, une salle de jeu, un cinéma et un court de tennis sur le toit. Le port de Cerbère et la plage où doit avoir lieu l’arrivée se situe dans une anse abritée par le cap Canadell au nord et le cap Cerbère au sud. DSCF6745.JPGJ’entends les encouragements de ma famille et des amis, la plage se situe dans le prolongement de l’Eglise paroissiale Saint-Sauveur édifiée vers 1880. Sur ma gauche je longe un bâtiment qui autrefois était une piscine construite en pleine mer et qui abrite maintenant le club de plongée. Lors de mon arrivée sur la plage de Cerbère je suis accueilli par ma famille, les amis de France choroïdérémie et quelques curieux. Je termine cette traversée de la côte Vermeille après 4h45 d'efforts. Cathy mettra 6h05.

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Les commerçants face à la plage ont tenu à témoigner leur admiration pour la cause et l’exploit sportif en apportant un cadeau-souvenir et en offrant une tournée à notre joyeuse équipe, sans oublier le club de plongée de la ville qui nous a encouragé dans les derniers mètres et prêter leurs installations afin de nous doucher et nous réchauffer !

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06/09/2009

Port-la-Nouvelle Gruissan à la nage 2009 (12km)

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12 kilomètres à la nage, à l'initiative du Lions Club de Narbonne afin d'attirer l'attention du public et des pouvoirs publics sur les besoins de l'antenne gruissannaise de la SNSM, tel est l'objectif que nous nous sommes fixés ce dimanche 6 septembre, Cathy, Eric, Jean-Marie et moi-même. Eric, président du Lions Club de Narbonne, est devenu récemment un passionné de la nage en milieu naturel et il nous a demandé notre participation pour aider la SNSM : à la clé , une récolte de fonds pour l'achat d'un nouveau bateau.

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Nous nous étions donné rendez-vous dimanche 6 septembre dès 7h30 à Narbonne-Plage avec nos accompagnateurs qui allaient assurer notre sécurité. Il y avait des responsables du Lion’s club, du club de plongée de Narbonne GAPA et l’entraîneur d’Eric, Anaïs, qui le suit dans toutes ses traversées. Jean-Marie et Eric se préparent en enfilant leurs combinaisons. Cathy et moi restons bien au chaud dans nos vêtements. Le temps s’est bien rafraîchi et il fait un petit 18°C à l’extérieur. La température de l’eau a perdu 10°C en une semaine et le thermomètre affiche 17°C. Nous embarquons sur les bateaux et rejoignons par la mer la jetée de Port la Nouvelle.

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A hauteur de Gruissan, le jet ski qui doit m’accompagner et me ravitailler nous rejoint et fini le trajet avec nous. Une fois sur place, nous nous préparons à bord des embarcations : chaussage de palmes pour Eric et Jean-Marie et maillot pour Cathy et moi. A 9h05, nous nous mettons à l’eau à la pointe du phare de Port la Nouvelle, une petite photo avant le départ et hop !

 

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nous nous élançons vers le nord, direction Gruissan. Les débuts vont être difficiles avec une houle et un vent de face. Ma nage et ma respiration sont continuellement altérées par des vaguelettes qui ne nous aident pas dans notre progression. La traversée s’annonce dure. Les deux nageurs en palmes sont devant moi et Cathy derrière. Après une petite heure à lutter contre une "mer peu agitée", comme l’annonce la météo, nous attaquons la demi-heure suivante avec une mer plus calme et qui, enfin, se réchauffe. C’est l’effet de l’étang de Bages qui se jette dans la mer. Cela devient plus agréable et je reviens à hauteur d’Eric et de Jean-Marie. Mais les courants sont bien là et nous passons dans une eau à 15°C, cela me revigore et me fait reprendre du rythme.

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Quelques ravitaillements pris rapidement et je double mes deux collègues palmistes qui eux prennent leur temps. Normal, ils portent du « néopréne alors que Cathy et moi avons du biopréne » et devons éviter de nous arrêter trop longtemps. Après deux heures de nage, le temps est au beau fixe, il fait 24°C et le vent à baissé. La température de l’eau est remonté à 17°C. Je nage devant avec dans mon sillage Jean-Marie qui nage facilement et Eric qui s’accroche. Gruissan est en vue avec son château et ses maisons sur pilotis.

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Il nous reste 1500 mètres à parcourir, avec Jean-Marie nous attendons Eric pour faire une arrivée groupée. Cathy nous suit derrière à 2 km. Le bateau orange et bleu de la SNSM, pour qui nous nageons, nous a rejoint  et effectue la fin du parcours à nos côté. A 12h15, nous arrivons dans l’axe de la jetée de Gruissan, notre point d’arrivée. Les bateaux klaxonnent pour nous féliciter et nous montons à bord du bateau de la SNSM qui nous raccompagne au port où un sympathique comité d’accueil et une réception nous attend.

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13/06/2009

Fort Boyard - La Rochelle à la nage 2009 (18km)

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Après Paris, nous avons pour projet de faire parler de l’association France Choroïdérémie dans le Sud-ouest de la France. En 2008, l’idée me vient d’organiser un événement autour d’un site très médiatisé : le Fort Boyard.

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 Ce n’est que partie remise

Le week-end du 1er mai 2008, je fais un aller-retour en train de nuit pour découvrir Fouras, petite ville en Charente-Maritime, d'où l'on aperçoit au loin le Fort Boyard. Cette petite escapade est bien utile pour effectuer des repérages pour le prochain défi. Je rencontre le président du Club Fourasien de Motonautisme qui accepte gentiment de nous aider et accepte avec d’autres membres de son association de nous fournir les bateaux d’assistance. Le défi serait de relier l’île d’Oléron à Fouras par la nage en contournant le Fort Boyard. Ce parcours de 12 kilomètres nous fait passer devant cinq forts : Fort Boyard, Fort de la Rade de l’île d’Aix, Fort Enet, Redoute de l’Aiguille, Fort Vauban ou Sémaphore. Tout naturellement je décide de l’appeler « la traversée des cinq forts » et nous la programmons pour le samedi 1er juin, seule date possible au vue des cœfficients de marée. Il ne nous reste plus qu’à obtenir les autorisations. Alors que tout est bien engagé, quinze jours avant, nous apprenons qu'un championnat du monde de Jet ski, qui généralement se déroule fin juin, se déroulera le 1er juin et donc l'autorisation de nager nous est refusée. Mieux vaut polluer que de soutenir une bonne cause alors ! Que cela ne tienne, nous remettrons ça l’année prochaine.

 

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Le nouveau défi

En 2009, je modifie complètement le parcours. Au lieu de traverser de l’île d’Oléron à Fouras, je me dis que médiatiquement parlant, il est plus intéressant de relier le Fort Boyard, connu grâce au jeu télévisé, à la Rochelle, troisième ville la plus visitée de France. Le parcours passe de 12 à 18 kilomètres. Cette année nous obtenons les autorisations et nous voilà parti pour effectuer la traversée le samedi 13 juin 2009. Le vendredi 12 juin, nous arrivons en début d’après-midi au village vacances « d’Azuréva » à Fouras où nous sommes hébergés. Nous retrouvons la famille Faure de FC et prenons possession de nos appartements.

Vers 17 heures, Cathy et moi partons à la plage centrale de Fouras pour une petite baignade afin d’avoir un avant-goût de la température de l’élément liquide qui nous attend. Grosse surprise lorsque l’on met les pieds dans l’eau ! Elle est super chaude alors que sur les différents sites météo elle était annoncée à 17°C. Je prends un thermomètre et nous nous enfonçons dans un sable boueux et une mer marron. L’eau est à 25°C, alors que la température de l’air est à 23°C. Nous nageons tranquillement vers le large et la température commence à baisser 22°C. Nous commençons à nous poser des questions. Nous avons pris du poids et nagé l’hiver en mer pour rien ? L’eau est chaude, y aura-t-il des méduses ? Notre baignade dure une trentaine de minutes. A notre sortie de l’eau, je ne sais pas si c’est la chaleur de l’eau ou le voyage en voiture dans les jambes mais nous avons des sensations de vertige. De retour au village vacances vers 18h, nous avons rendez-vous avec les pilotes de bateaux du Club Fourasien de Motonautisme et de Ski Nautique. Là je retrouve Jean-Pierre Guillon, le président, avec qui nous avons eu de nombreux contacts par Email. La télé locale du web « Mativi » est également présente, ainsi que notre hôte qui nous a ouvert une salle. Je présente rapidement à tout le monde le projet puis avec les pilotes de bateaux nous étudions les meilleures trajectoires. Les quatre pilotes y vont chacun de leur expérience et de leur connaissance du Pertuis pour nous conseiller la meilleure direction. Au final, ce que j’avais plus ou moins étudié est validé puis en fonction de la situation ils improviseront. Une fois que tout est mis en place : heure de rendez-vous, nombre de bateau, etc …Nous mangeons des pizzas commandées par Marie-Cath de FC. Avec Cathy, nous en profitons pour manger des pâtes qu’elle avait emportées. Avant de nous rendre dans nos habitations pour une bonne nuit de sommeil, nous partons sur Fouras prendre le dessert. Nous nous rendons dans un petit snack avec vue sur le Fort Boyard à l’horizon. Le snack est tenu par un ancien rugbyman de La Rochelle très accueillant et très intéressé par ce que nous allons réaliser. Il nous pose des multitudes de questions sur notre préparation et en profite pour commander des T-shirts XXL de l’association à Marie-Cath. 

 
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Découverte du site

Le samedi matin tous les bénévoles de FC sont sur le pied de guerre de bonne heure. Ils doivent ouvrir un stand FC au marché de Fouras. Le temps est au beau fixe. Cathy et moi, nous nous préparons au village vacances et faisons nos mélanges de boisson pour le ravitaillement. Nous avons rendez-vous avec les pilotes de bateaux à 10 heures. Cela nous a permis de bien nous reposer. Une fois le matériel prêt, nous partons avec nos accompagnateurs en direction du port nord de Fouras où nous attendent nos pilotes de bateau et les journalistes de « Mativi ». Il faut faire attention, car si on tarde trop, nous ne pourrons plus partir à cause de la marée basse. A 11h, tout le monde a embarqué. Un petit coucou à ceux qui sont restés à terre, et nous nous dirigeons vers le Fort Boyard. Les journalistes en profitent pour nous poser des questions et filmer. Après une petite promenade d’une trentaine de minutes, nous faisons le tour du Fort en bateau. Il est vide car il n’y a pas de tournage de la fameuse émission prévu ce jour là. Les pilotes jettent l’ancre et certains en profitent pour pêcher. Pendant ce temps Cathy et moi nous nous préparons. Jean-Yves me badigeonne de crème solaire avant de mettre la graisse. Un des pilotes nous annonce la température 17°C. C’est bien ce que prévoyait la météo. Mais notre inquiétude ne va pas être la température de l’eau mais plutôt les petites bébêtes qui flottent entre deux eaux. Trois variétés de méduses tournent autour de nos embarcations : des marrons, des violettes avec des longues tentacules et même une de couleur encre bleu. Les pilotes habitués à pêcher nous disent qu’elles ne font pas mal. Sur le bateau de Cathy, ils récupèrent dans un seau la méduse gélatineuse bleue et un des accompagnateurs nous montre, en la prenant dans la main, que nous n’avons rien à craindre. C’est sûr, elle ne me paraissait pas très dangereuse. Nous avons les mêmes en Méditerranée. Mais celle avec tentacules, personne ne s’est amusé à l’attraper. Un journaliste de Sud-Ouest appelle Jean-Yves pour savoir où nous sommes. Il a raté le bateau le matin et ne veut pas rater l’arrivée. Il lui demande vers quelle heure nous comptons être sur La Rochelle. D’après les calculs nous devrions nager entre 5 et 6 heures. Il nous donne rendez-vous à l’arrivée vers 17h sceptique de nous voir arriver si tôt.

 
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La traversée

A midi, Cathy et moi nous nous jetons à l’eau. Midi est l’heure que nous nous sommes fixés pour profiter au mieux des courants. Nous partons trois heures avant la basse mer pour profiter des courants de marée qui doivent nous entraîner vers le Pertuis d’Antioche. Ensuite la marée montante doit nous ramener vers La Rochelle. Dès notre mise à l’eau, nous partons de suite, à la surprise de nos pilotes et accompagnateurs qui pensaient peut être que nous allions nous échauffer un peu. Nous nous éloignons assez rapidement du Fort et dès la première demi-heure nous sommes dans le prolongement de l’île d’Aix. Je fais les frais d’une première piqûre de méduse.

 
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Pas celles qui sont gélatineuses bleues, mais celles avec les tentacules. Je reçois comme un arc électrique et la douleur va durer une quinzaine de minutes avant de s’estomper. Au cours de ma traversée, je serai piqué à 4 reprises. Nous nageons à un rythme rapide, plus rapide que les prévisions. Ma vitesse de croisière est de 5.5km/h. La trajectoire initiale qui nous faisait faire une courbe se transforme en une trajectoire directe vers La Rochelle. Nous allons certainement nager moins que les 6 heures prévues. L’eau tant même à se réchauffer plus nous nous éloignons du fort. Elle monte jusqu’à 21°C. Cathy et moi nous nous ravitaillons toutes les 30mn pour compenser les pertes énergétiques. Après 2 heures de nage, je suis à plus de la moitié du parcours, Cathy est derrière moi à environ 1500m.
 
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La Rochelle est en vue et le pont de qui va de l’île de Ré au continent est bien visible. Au ravitaillement des 2h30, Jean Yves m’informe qu’il voit bien le phare du Bout du Monde où se situe notre arrivée. Il en profite pour appeler le journaliste et l’informer que nous arrivons plus tôt que prévu. Il est plus que surpris et ne peut malheureusement se rendre sur la plage, il est sur un autre article. Jean Yves avise également la famille FC que nous n’allons pas tarder à arriver.

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C’est le branle bas de combat. Ils quittent à peine Fouras et avait prévu de commencer à s’installer à 15h à La Rochelle. Au bout de trois heures de nage, nous sommes à marée basse et le phare du Bout du Monde n’est pas loin de moi, mais il faut que je fasse un large détour pour éviter les rochers qui viennent d’être découverts par la marée et le peu de profondeur pour les bateaux. Je suis enfin dans le prolongement de la plage des Minimes, je refuse mon dernier ravitaillement. L’eau devient de plus en plus chaude et je vois au loin des taches jaunes et vertes des couleurs de FC.

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L’arrivée

Après 3h20 de nage, je pose les pieds dans le sable. Marie-Cath me prend dans ses bras en pleurant. Des baigneurs m’applaudissent. Ma femme et mon fils sont la pour m’accueillir ainsi que la maman de Marie-Cath très émue. Je remercie mes accompagnateurs qui nous rejoindrons plus tard après avoir amené le bateau à quai au port des Minimes. La presse n’est pas encore arrivée et les journalistes de « Mativi » n’ont pas eu encore le temps de venir de leur bateau vers la plage. Cathy ne tardera pas à arriver, la marée remontante, elle n’aura pas besoin de faire le détour que j’ai fait et passera au plus près du phare. Elle termine en 3h40 avec le même accueil.

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Le photographe de la presse locale vient d’arriver et nous allons devoir nous remettre à l’eau pour qu’il puisse prendre quelques photos. Il sera suivi du journaliste de Sud-Ouest qui nous avouera ne jamais penser que nous finirions si tôt. Un nageur avait déjà réalisé ce défi en 2000 et avait mis, en combinaison, 10 heures de plus que nous. Nous allons ensuite prendre une douche au bord de la plage près du stand de FC. Nous aurions du manger à La Rochelle, mais vu notre arrivée si tôt, nous avons décidé de rentrer sur Fouras au village vacances où nous avons fait un petit repas amical avec tous les participants à ce défi. Cela a été l’occasion également de fêter l’anniversaire des enfants de MC : Victorien et Noélie.

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Après un petit massage et une bonne nuit de sommeil nous sommes tous rentrés le dimanche chez nous. C’était le déluge sur la route du retour et heureusement que la traversée n’a pas eu lieu ce jour là. D’ailleurs la traversée avec palmes entre l’île de Ré et le continent a été annulée ce jour-là. 

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Je remercie ici mon pilote, Jean-Pierre du club fourasien de motonautisme et de ski nautique, mon coach Jean-Yves Faure (et son papa Gégé) de France Choroïdérémie et son assistant Fabien Hartmann de la résidence Azuréva qui nous a généreusement hébergé, qui m'ont tous été d'un grand soutien et se sont montrés particulièrement à la hauteur de leur tâche... 

10/09/2006

Traversée de Paris à la nage 2006 (12km)

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 Nager pour se faire plaisir, c’est bien, mais le faire pour une cause c’est encore mieux… plein de challenges qui peuvent être facilement médiatisé me passe par la tête. Le premier qui me vient de suite à l’esprit a lieu dans notre capitale, Paris.

Un peu d’histoire

Au début du 20ème siècle, le public et la presse se passionnent pour les épreuves de grand fond comme le Bol d’or (courses de 24 heures) ou le Tour de France cycliste. En natation, il a souvent été question de relater les tentatives infructueuses de la traversée de la Manche.

En 1905, le journal « L’Auto » a l’idée originale de réunir en fin de saison tous les champions de la Manche et autres champion de natation lors d’une grande manifestation populaire au sein de la capitale : « la traversée de Paris à la nage»

Les nageurs vont avoir à effectuer le dimanche 10 septembre 1905, un parcours d’environ 12km en descendant le cours de la Seine du Pont National jusqu'au Viaduc d’Auteuil (de nos jours en amont du pont du Garigliano), soit une traversée complète de la capitale.

Cette année là, ils sont huit nageurs à prendre le départ et seulement quatre à terminer le parcours. Le nageur Français Paulus, grand vainqueur de l’époque effectue le parcours en 3h29’. …

La dernière édition de cette traversée sur ce parcours complet de la ville a lieu en 1926.

Un projet pour une cause

En 2005 après avoir participé au tour de Manhattan à la nage aux couleurs de l’association France Choroïdérémie, je me dis que réédité une telle traversée peut être un bon coup médiatique pour faire connaître cette maladie génétique rare. En effet, peu connue, la choroïdérémie cause une perte progressive de la vue et atteint presque exclusivement les hommes. L’association a pour mission de créer des liens entre les malades, leur famille et tous les sympathisants en France et dans le monde, d’informer le public, les malades et les organismes d’état sur la choroïdérémie et d’aider la recherche scientifique.

Reste maintenant à obtenir les autorisations car la Seine est réservée aux péniches et bateau-mouche mais certainement pas aux nageurs. C’est ce que va entreprendre avec beaucoup d’énergie la secrétaire de l’association. Si nous parvenons à obtenir toutes les autorisations et si la météo le permet, ce grand projet aura lieu le dimanche 10 septembre 2006 : Je traverserai Paris à la nage, en maillot, dans toute sa longueur sur une distance de 12 km.

Ouf ça y est ! Une semaine avant nous avons enfin toutes les autorisations (mairie, préfecture, brigade fluviale, et … ma femme !). Mon carnet de vaccination est à jour. Je suis paré contre les hépatites A et B, la typhoïde et la leptospirose.

La traversée

En ce dimanche 10 septembre, la météo est au beau fixe. Le rendez-vous est prévu à 7h00 à la Brigade Fluviale. Nous sommes très bien accueillis et prenons un café en discutant au sujet du déroulement de la matinée à venir.

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Avec Simon, Clémence et la masquotte de l’asso.

Nous embarquons à 7h20 sur le bateau « Cronos » de la Brigade avec à son bord : Didier et François (policiers) pour me piloter, Clémence (vainqueur de Koh-Lanta 2005) pour me ravitailler, Simon (Capitaine de l’Equipe de France natation) pour prendre les temps de passages, Marie Cath. (Secrétaire de l’association), Fabienne (ma tendre épouse, avec, nous l’apprendrons quelques jours plus tard, notre petite Lilou dans son ventre) pour les photos et la journaliste du « Parisien ». Je vais descendre la Seine sur le même parcours qu’avaient effectué les nageurs de la première traversée de Paris à la nage et terminerai légèrement plus loin à hauteur du pont du Garigliano.

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Avec Marie-Cath., secrétaire de l’association France Choroïdérémie

Cent un ans après, jours pour jours, je plonge sous le Pont National à 7h32. La température de l’eau dépasse les 18°C et le courant est très faible, voire nul par endroit.

Je commence ma visite de Paris à la nage en remontant la Seine par la rive droite. Je vais ainsi pouvoir admirer tous les monuments de Paris qui bordent la Seine. Je suis dérangé quelquefois par le passage de péniches qui créent quelques ondes gênantes.

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le départ depuis le Pont National

Il est huit heures, le long du parcours, joggeurs, touristes et badauds interloqués s’arrêtent…puis ils m’encouragent. Certains vont même me suivre en marchant. A chaque pont, mes fidèles supporters, Jean-Yves et Alexandra, sont présents, pour siffler et crier afin de m’accompagner dans l’effort. Ils seront d’ailleurs rejoints au fil de la Seine par des anciens nageurs de Montpellier exilés à Paris ainsi que par des adhérents de l’association France Choroïdérémie.

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passage devant le jardin des Tuileries


C’est l’heure du ravitaillement, Clémence me tend ma boisson énergétique qu’elle me donnera par la suite toutes les demi-heures. J’avale rapidement quelques gorgées et repars sous les regards de fêtards qui rentrent se coucher. Il y en a même qui bien éméchés commencent à se déshabiller pour me rejoindre. La brigade fluviale ne leur en laisse pas le temps. Ils assurent ma sécurité et veille à ce qu’il n’y ait aucun incident. Ils sont formidables et d’un grand professionnalisme. Ils manœuvrent le bateau sans trop s’éloigner de moi et sans me gêner tout en gardant une trajectoire droite. Lors des passages des bateaux mouches, ils se mettent sur ma gauche pour casser les vagues.

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Clémence me ravitaillant

Je passe au pied de la tour Eiffel, l’instant est magique ! Les bénévoles de l’association ont installé un stand au pied de la tour afin de faire connaître la maladie et ils m’encouragent. Je repars de plus belle sous les yeux des touristes de plus en plus nombreux. Je nage à une vitesse de plus de 5 km/h.

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Quelques mètres avant le pont du Garigliano

La fin du parcours est un peu plus tristounet…il y a moins de monuments à admirer. Après avoir passé les 25 ponts et passerelles du parcours, j’arrive enfin à hauteur du dernier pont parisien, celui du Garigliano. Je termine la traversée de la Seine en 2h 18’19’’. La presse nous a rejoint et m’interview.

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Avec la presse

De retour au pied de la Tour Eiffel, je suis accueilli par le public, les adhérents de l’association et la presse. Je suis ravi, je viens de traverser entièrement la capitale en maillot et l’objectif de faire connaître l’association est rempli. Sur Internet, je vais même découvrir un article en japonais relatant la traversée.

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Clémence, Marie Cath, Simon et moi

L’association se joint à moi pour dire un grand merci et un grand bravo à la Brigade Fluviale pour leur professionnalisme et leur gentillesse. Un grand merci aussi à la jeune journaliste du « Parisien » qui a suivi toute la traversée à borf du zodiaque.

La revue de presse de la traversée

11/07/2004

Ma traversée du détroit de Gibraltar 2004 (15km)

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C’est le grand jour, j’ai très mal dormi et suis réveillé depuis 4h30. Le jour n’est toujours pas levé. Je reste dans le lit, il fait très chaud et je transpire beaucoup. Dans la tête, une inquiétude : « qu’est-ce que je vais rencontrer lors de ma traversée ? », on a dit tout et n’importe quoi sur le détroit.medium_gib_bungalowchbe.jpg

A 5h00, je me lève et prends mon petit déjeuner copieux car la journée va être longue. Puis, on part en voiture avec Bernard et mes supporters en direction de Tarifa. Nous arrivons sur le port un peu avant 6h30 et là : il n’y a personne ! L’organisateur arrive avec 20mn de retard, nous marmonne quelque chose en espagnol et nous laisse plantés là. Il reviendra 15mn plus tard et nous dirigera vers le bateau.

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Ce n’est pas lui qui pilotera mais son assistant. Je monte sur le bateau avec l’officiel et mes supporters. Bernard, quant à lui, monte sur le zodiaque de la Croix Rouge qui restera à mes côtés pendant le parcours pour me ravitailler. Le bateau pilote m’indiquera la trajectoire et signalera ma position tout au long de ma traversée.
Nous partons du port en bateau pour nous rendre au lieu de départ. Il est impossible de me graisser sur le bateau tellement il fait froid avec la vitesse. Nous arriverons sur place en moins de 2mn. Alexandre va rapidement me graisser, puis c’est l’heure de « goûter » l’eau. A ce moment, j’ai une sensation de froid qui monte en moi, pourtant l’eau est à 18° et j’ai connu des températures beaucoup plus fraîches ! Mais je me jette à l’eau et là, surprise, je n’ai pas besoin de rejoindre le bord comme pour la Manche car il est interdit d’accoster. Le départ se fait directement dans l’eau à 7h20 avec presque une heure de retard…

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Le soleil commence à peine à se lever quand je rentre dans l’eau, mais la mer est noire. Mon bateau pilote commence à me montrer la direction. L’écart est assez important et m’évite d’avoir les gaz dans le nez. Après avoir parcouru 200m la température de l’eau change agréablement et passe à 20°. En cours de route, j’enlève un sac en plastique qui flotte, la visibilité est de 5m environ en profondeur et j’aperçois des crabes nageant à mi-hauteur. J’ai un bon rythme de nage et lors de mon premier ravito la mer est toujours calme. Au bout d’une heure, la mer va se lever et il va y avoir une légère ondulation sans gêne pour ma progression.

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Après 1h30, c’est mon deuxième ravitaillement, la brume se lève et je ne distingue plus les côtes. Je repars et fais confiance à mes accompagnateurs. Dans l’eau, c’est le néant, que de l’eau (normal), pas l’ombre d’une âme qui vive. Je nage de plus en plus rassuré, surtout qu’à mon ravitaillement des 1h50, j’apprends que j’ai fait plus de la moitié. Je me dis que c’est super, je peux finir en moins de 4 heures.

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Au bout de 2 heures, ma première rencontre : alors que je nageais rassuré, je vois, au fond de l’eau, que l’on m’observe. Je m’arrête et dit à Bernard je crois qu’il y a un requin. Devant mes signes de détresse, le bateau se rapproche et se tient contre moi on me dit à bord que ce n’est pas possible, il n’y a que des cétacés dans le détroit. J’observe la créature marine qui me regarde, puis elle passe son chemin sous moi à environ 3 mètres. La seule chose que je remarque c’est ça queue, elle n’est pas positionnée comme les dauphins mais bel et bien comme celle des requins. Pour moi c'est le portrait craché d'un requin Taupe. Je dis à Bernard de surveiller qu’il ne revienne pas par l’arrière. Il reste plus proche de moi avec le bateau. Je reprends ma nage peu rassuré en restant vigilant.

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Après avoir nagé 2h30 dans le détroit, je fais le point avec mon bateau, qui m’informe que j’ai dépassé le 2ème rail de navigation et les courants sont favorables. Il me reste 3,5 km à nager et je mettrais donc moins de 3h45. Je repars confiant.
Au bout de 3h20, je distingue la plage et me ravitaille, c’est normalement mon dernier ravitaillement. Les courants me paraissent moins favorables.

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20 minutes après, encore un ravitaillement et c’est sûr, c’est le dernier. Mais en nageant, je vois les côtes marocaines à droite mais le bateau se dirige vers l’Est. Je m’inquiète sur la direction et je reste sans réponse. Au même moment, sous moi, j’aperçois une ombre puis un grand mouvement : « qu’est ce que c’est ?». On m’informe qu’il y a une BALEINE dans l’eau. En fait, je n’ai vu que l’arrière de la baleine mais quelle émotion quand même ! Me voilà reparti mais pas tranquille...
Après 4h15, je m’aperçois que les côtes sont loin et qu’il me reste plus de temps que prévu à nager. A ce moment, je change de rythme de nage, mes épaules deviennent lourdes et mon moral est en baisse. Je suis agacé et énervé. Pourquoi m’emmènent-ils si loin ?

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Je n’aurai l’explication qu’à l’arrivée. Il ne pouvait pas y avoir de débarquement possible car il y avait un port en construction et à cause des travaux, il a fallu que je fasse un détour (un peu comme avec le tramway à Montpellier). Bref, suivez la déviation !
La température de l’eau chute de 2° et la couleur de l’eau devient blanche et il est impossible de voir à 1 mètre de profondeur. Mon moral est au plus bas. A l’arrivée, deux ouvriers marocains sont venus à notre rencontre pour m’encourager. Je saute le ravito des 5h et tout en nageant, je me dis « fini ces conneries ».

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Enfin, la plage de Punta Cires, et là, en voulant poser les pieds sur le sable, j’ai du mal à me mettre debout car il y a des vagues assez puissantes J’ai mis 5h11m pour traverser le Détroit.
Je retourne à la nage (comme si je n’en avais pas eu assez) pour rejoindre mon bateau, mais celui-ci, surpris par une vague, accélère pour éviter d’être retourné et passe sans me prendre. Il revient quelques minutes plus tard me chercher.
La satisfaction d’avoir terminé ne m’a gagné que plus tard car trop de facteurs m’avaient contrarié : le temps bien sûr, j’étais déçu de mettre 5h11 alors que j’étais parti pour moins de 4 heures et cette construction du port qui m’a détourné des côtes.

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Sur le bateau au retour, nous nous sommes fait arrêter par la police maritime marocaine pour (croyons-nous) un contrôle de passeport. Il demandait : « Il est où le nageur ?». En fait, ils voulaient un autographe ! ! !
Ce qui me réjouit aujourd’hui : je suis officiellement le premier français à avoir traverser le détroit de Gibraltar à la nage le dimanche 11 juillet 2004. Cathy a été la première française quelques jours plus tard. Merci encore à Bernard !

20/07/2002

Ma traversée de la Manche 2002 (33km)

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C’est le grand jour. Je n’ai pas beaucoup dormi. Le réveil n’a pas encore sonné que je suis déjà debout à vérifier tout mon matériel. Je prends mon petit déjeuner en compagnie de mes accompagnateurs. Le fait d’être accompagné par des amis de confiance et habitués à ce genre d’épreuve est très rassurant. « Ne te fais pas de souci, tout va bien se passer » me lancent comme à chaque fois très positives Alexandra et Cathy. Moi, c’est plutôt l’inverse. Une fois tous préparés, nous partons en voiture, direction le port de Folkestone.

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Le jour se lève et il ne fait pas très chaud. A 6 heures, une petite embarcation nous conduit jusqu’au bateau qui va m’accompagner : le « Viking Princess ». Nous retrouvons à bord, le pilote Reg Brickell, son assistant et l’observateur officiel du CSA K Peters. Pour m’accompagner, il y a sur le bateau, Cyril et Christophe comme entraîneurs, Alexandra et Cathy pour m’encourager et Alexandre pour les photos.

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Pendant le trajet qui nous amène au lieu de départ, je me prépare. Cyril et Christophe m’enduisent avec la graisse de couleur blanchâtre savamment préparée par François resté à quai car il n’y a plus de place sur le bateau. Tout mon corps en est recouvert à l’exception, bien sûr, des épaules et des bras. Je ne vais pas commettre aujourd’hui la même erreur que lors de mon premier marathon dans le lac Léman ! Il est 7 heures passé lorsque je me mets à l’eau pour rejoindre la petite plage de Shakespeare Beach située entre Folkestone et Douvres. Le départ ne peut se faire que de la terre ferme.

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Mon départ effectif a lieu à 7h15 (heure locale). La mer est relativement calme et la température de l’eau est de 15°C. D’après mes calculs, si je nage à environ 4 km/h de moyenne, je dois arriver sur le sol français en moins de 10 heures. Soit vers 17h, heure anglaise, juste pour le « cup of tea ». Après une heure de nage, Cyril me montre une ardoise avec inscrit 3,8 kilomètres de parcouru. Oups ! Je suis bien en dessous de ma vitesse habituelle. Je vois sur leurs visages qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Effectivement ! Et je ne l’apprendrai qu’à l’arrivée. Le fait d’être parti plus tôt que l’heure prévue a fait que je me suis retrouvé avec un courant défavorable. Au bout d’une heure j’ai en réalité fait à peine 3 kilomètres. Sur le bateau, ils savent déjà que cela va durer plus longtemps que prévu. Mais comme ils sont d’excellents accompagnateurs, ils vont tout faire pour que je reste motivé : « Allez Jacques, c’est royal, change rien !» lance Cyril et Alexandra de rajouter : « Allez t’es bien là, continue ! ». Le rôle de l’accompagnateur est de toujours positiver la situation. C’est en ça que mes amis sont un point essentiel.

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Après 2h30 de course tout va bien, pas de méduses en vue. Le soleil a du mal à se montrer mais je n'ai pas froid. La mer est relativement calme malgré des petites vagues qui se sont levées depuis une demi-heure. Ma nage est régulière et j’effectue mes ravitaillements sans problème. Au dire de mes accompagnateurs « c’est parfait, tout est nickel ! ». Mais cela ne va pas durer longtemps. Après 5 heures de nage je suis enfin arrivé à mi-course. Des ferries qui font la navette Calais – Douvres provoquent de grosses vagues. J’ai un peu mal aux épaules mais le moral et la motivation sont toujours là. Quand soudain, je crois entendre de la part de Cyril et Alexandra : « Je vois une méduse ! ». Au même moment, je reçois comme une décharge électrique à l'épaule. Elle ne m’a pas raté et cela me brûle. Je me mets à nager très en hauteur tout en regardant au loin, comme si je voulais être sur l’eau et éviter de rentrer en contact avec elles. Cette façon de nager me fait dépenser de l’énergie, m’épuise et cela n’empêche pas de me refaire piquer. Il faut tenir, cela ne dure qu’un temps. Ensuite la douleur s’atténuera. Une fois le banc passé, mes accompagnateurs s’empressent de me le signaler à l’aide du tableau blanc qui nous sert à communiquer. Parler ou crier ne sert à rien lorsque l’on nage car il est difficile d’entendre dans l’eau. Cela obligerait à m’arrêter et à demander ce qu’ils ont dit.

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Cette information me soulage, mais j’accuse le contrecoup de ces piqûres. Je souffre de nausées et du froid, je suis en plus en phase de digestion des premiers ravitaillements. Je suis obligé d’en sauter quelques uns pour éviter de charger mon ventre. Je me rappelle que Cathy est passée par ces mêmes étapes et cela doit s’estomper avec le temps. Psychologiquement cela me rassure. Mais je n’ai pas encore tout vu. Au même moment, un contre-courant m'oblige à faire du sur place pendant 2 heures. Après 7 heures de nage, je vois toujours les ferries qui croisent près de moi et du mauvais côté par rapport à l’endroit où je dois me situer à cet instant de la traversée. Je ne distingue toujours pas les côtes françaises. Mes accompagnateurs m’encouragent, c’est maintenant qu’il ne faut pas craquer. Mentalement, je sais que je ne nagerai jamais en moins de 10 heures. A partir de maintenant, mon objectif est de tourner les bras jusqu’à la terre ferme. Tant pis pour le chrono. Mais la Manche décide de m’offrir tout ce qu’elle a de terrible. Le temps se gâte, un vent latéral se lève et il pleut.

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 Des creux de 2 mètres me ralentissent et me font lutter. Mon bateau escorteur est lui aussi malmené, mes accompagnateurs sont de l’autre côté et ravitaillent les poissons : « Mais qu’est ce qu’on fout là ?» se disent-ils, pourtant ils ne laissent rien paraître. Il est même question de me faire arrêter pour des raisons de sécurité. L’observateur du CSA consulte Cyril et Christophe pour savoir ce qu’il est décidé : « Tant qu’il nage, on continue ». Après 10 heures de nage, j’entend un grand coup de « corne » : un voilier passe à moins de 50 mètres de moi et Reg lui signale ma présence. Dans l’eau, je distingue à peine les côtes françaises. Le cap Gris Nez est sur ma droite et je lutte contre les courants de la marée montante. Je ne comprends pas bien la trajectoire sur laquelle le bateau me dirige, elle ne correspond en rien à celle de mes prédécesseurs. Au lieu de faire un S, je suis en train de réaliser un V à l’envers. Je ne connais pas les horaires de marée mais si tout va bien, dès qu’elle s'inverse, je dois toucher rapidement le territoire français. Comme si je n’en avais pas eu assez, voilà encore des méduses qui viennent me tenir compagnie, mais heureusement pour moi, celles là sont justes un peu urticants. Au bout de 11 heures, l’état de la mer s’améliore, je distingue au loin la petite ville de Wissant (plage française). Mes accompagnateurs m’encouragent et Cyril commence à se mettre en maillot pour m’accompagner sur la fin. Le bateau n’est pas autorisé à pénétrer dans la zone des 300 mètres. Ça fait un peu plus de 11h30 que je nage, quand Cyril plonge. Il vient auprès de moi et cela me rassure, je ne dois pas être très loin. Mais la plage où je dois arriver est toujours aussi loin. Christophe sur le bateau est inquiet et dit à Cathy : « Il y a du courant, c’est pour ça que l’on rallonge. On n’arrive pas à nager en ligne droite, on est décalé en plein vent, on reste à la même distance de la plage, c’est terrible !!! »

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Au ravitaillement les encouragements redoublent. Il ne faut pas craquer. Christophe me tend la perche avec une gourde remplie de Cola mélangé avec de l’aspirine : « Jacques, bois, bois, bois ! Prend un petit coup de fouet, allez bois, bois ! » De toute façon dans ma tête, je ne pense plus au chrono, mon objectif est de finir, même si je dois y passer encore quelques heures. La délivrance est là quand je passe à côté des bouées des 300 mètres délimitant la zone de baignade de la plage de Wissant. J’en ai presque fini, il faut nager encore quelques mètres dans cette mer « agitée à peu agitée » comme ils disent à la météo. Cyril nage auprès de moi tout en m’encourageant, il est encore plus excité que moi qui n’en peux plus.

La Manche a mis sur mon chemin tout ce qu’elle pouvait m’offrir lors de ces 33 kms, et après 12h40 de lutte contre les vagues, le vent, les marées, les méduses, les ferries, le mazout et le froid, je touche enfin le sol français. Il est presque 21 heures (heure locale), Cyril me prend dans ses bras et me félicite. Des passants intrigués me prennent en photo. Je suis autant fatigué que content d'avoir enfin réalisé mon rêve : TRAVERSER LA MANCHE A LA NAGE.

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L’objectif de battre le record français que je m’étais fixé avant le départ n'est pas atteint mais vu les conditions météorologiques que j’ai dû affronter en ce samedi 20 juillet, c'était de toute manière irréalisable. Tout ceux qui sont partis le même jour que moi ont abandonné. Cela me vaudra par la suite d’être récompensé comme le meilleur nageur ayant terminé dans les plus mauvaises conditions cette année là (Trophée Van Vooren). Pour réussir un tel défi, il faut compter 75% de mental et 25% de physique.

Le retour vers Folkestone s’effectue dans la calle du « Viking Princess ». Le trajet dure trois heures et nous allons être bien secoués par les mauvaises conditions météorologiques. Mes amis accompagnateurs me réconfortent et me félicitent tout en me racontant ce qu’ils ont vécu de leur côté. Ils ont été géniaux et je les remercie de m’avoir soutenu tout au long de la traversée. Ils ont été de vrais pros : Cathy Marco, Alexandra Guigonis, Cyril Chauvel, Christophe Coutanceau, Alexandre Marco. Mais également le pilote de bateau Reg et son assistant.

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J’ai dormi deux heures cette nuit là car le dimanche matin nous avons tous pris le ferry qui va à Calais. La semaine qui suit, je vais me reposer et faire des nuits de 14 heures !

Un mois plus tard, un autre grand bonheur arriva, notre fils William était né.

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