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23/06/2014

Marseille : le défi Monte-Cristo

Une des traversées les plus populaires en France

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Le château d’If fut édifié en 1527, sur ordre de François Premier au large de Marseille, dans les îles du Frioul. Bien que sa vocation première ait été de défendre l’accès de la ville contre les pirates barbaresques puis contre les Anglais, ce fort a servi essentiellement de centre d’incarcération pendant près de quatre siècles. Les deux premiers détenus à y être enfermés furent deux modestes pêcheurs provençaux en 1540 et les derniers furent libérés en 1914. Entre temps se succédèrent sans discontinuité, huguenots, républicains, révoltés et anarchistes avec parmi les invités les plus connus, le Marquis de Sade, Mirabeau et Auguste Blanqui, l’éternel enfermé. Devenu monument historique en 1926, la forteresse est depuis lors l’un des sites touristiques les plus visités de Marseille.

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La première édition du défi Monte-Cristo à la nage date de 1999. Inspiré de l’évasion mythique du romanesque Edmond Dantès d’Alexandre Dumas, ce défi est devenu une étape incontournable de la coupe de France d’eau libre depuis sa création. J’ai participé aux 6 premières éditions (de 1999 à 2005) de cette belle épreuve qui est devenue aujourd'hui le plus important rassemblement de la natation en mer en France! 

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Le rendez-vous des 2 premières éditions a eut lieu sur la plage des Catalans, à 5 minutes du Vieux-Port de Marseille. L’épreuve consistait en un aller/retour jusqu’au Château d’If. Pour la première édition, on espérait le vent pour chasser les méduses présentent en grande quantité. Mais le vent a soufflé si fort qu’il a également chassé... les nageurs ! L'accostage étant impossible au niveau du Cercle des Nageurs de Marseille et la sécurité ne pouvant être assurée, il y a eu quelques changements de dernière minute dans l’organisation.

 

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Afin de fuir le vent et les méduses, la course a finalement eut lieu vers un autre site tout aussi joli : celui de l’Estaque au pied du viaduc de Corbières. C’est donc loin du sillage d’Edmond Dantes que les 20 nageurs, que nous étions, avons effectué un parcours en triangle de 1200m matérialisés par des jerricanes en guise de bouée. Accompagnés de kayakistes, nous avons effectué ce parcours 4 fois avec pour décor au loin, à défaut de Château d’IF, les îles du Frioul et la « Bonne Mère ! ».

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L’année suivante, plusieurs épreuves sont inscrites au programme. Malheureusement, la Méditerranée déchainée en a encore décidé autrement. Le Mistral oblige les organisateurs à annuler le 500 mètres grand public et la traversée nocturne aux flambeaux. Mais les épreuves restantes ont largement donné satisfaction aux participants même si, cette année encore, la traversée prévue jusqu'au Château d'If a due être remplacée par un parcours en boucles face à la plage des Catalans.

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Pour la 3ème édition, le rendez-vous  est donné sur la plage du Roucas-Blanc au Prado. Le "village" de Monte-Cristo accueille les participants et les nombreux spectateurs. L’épreuve phare de 5km compte pour le championnat de FranceSon départ est prévu au Château d’IF. 

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Les nageurs sont transférés vers le Château d’If par bateau. Là, pas trop le temps de faire du tourisme, la visite en maillot est interdite. Une ligne est tendue à une vingtaine de mètres du quai nord du Château d’IF. Juste le temps d'admirer le château et de prendre une photo et c'est le départ.

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Les nageurs sans palme aux bonnets jaunes sont les premiers invités à prendre part au départ. Trente seconde plus tard, c’est au tour des nageurs avec palmes aux bonnets rouges de s’élancer. Direction Marseille en passant par le phare du Soudaras où nous avons à contourner une bouée. Ensuite direction la pointe d’Endourme pour contourner une autre bouée. C’est une longue ligne droite dans la bande des 300m qui attend les nageurs. Nous longeons la Corniche Kennedy, un long boulevard bien connu des marseillais qui longe la Méditerranée depuis la plage des Catalans jusqu’au Prado. Nous passons devant l’anse de la Fausse Monnaie et les Prophètes. L’arrivée s’effectue devant le village du défi sur la plage du Grand Roucas Blanc. Ca y est ! le défi Monte-Cristo porte bien son nom...

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En 2014, je viens de réaliser ma 4ème évasion de cette île-prison mythique. Depuis sa première édition qui comportait une vingtaine de nageurs, le défi Monte-Cristo est devenu au fil des ans un challenge exceptionnel grâce certainement à ce lieu historique et légendaire connu du monde entier qu’est le château d’IF.

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Aujourd'hui, deux heures après l’ouverture des 1400 inscriptions (700 nageurs avec palmes et 700 sans palmes), la traversée affiche complet. Félicitations aux organisateurs qui ont su trouver le secret des belles traversées à la nage : ravitaillement à gogo, kiné, ostéopathe, sécurité au top, animations, vestiaires, récompenses sympas…

Pour vous inscrire, surveillez le site dès le début de l’année : http://www.defimonte-cristo.com/

 

Resultats Monte Cristo 2014 (depart du chateau d'If).pdf

Resultats Monte Cristo 2004 (depart du chateau d'If).pdf

Resultats Monte Cristo 2003 (depart du chateau d'If).pdf

resultats Monte Cristo 2001 (départ du Château d'If).pdf

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26/04/2014

Zoot Swim Games – Costa Brava Swim 2014

Un nouveau concept en eau libre !!!zoot swim games.jpg 

A Montgat, près de Barcelone, le « Malamar Wakepark » est un gros « cable park » (téléski nautique) pour les passionnés de wakeboard, wakeskate,… Ce parc est situé en bord de mer, au milieu de palmiers avec des cabines colorées pour se changer et un bar accueillant avec des tables en forme de planches de surf. C’est dans ce parc que « Costa Brava Swim » a la fabuleuse idée d’organiser une épreuve d’eau libre pas comme les autres. Le samedi 26 avril, les wakeboaders ont cédé la place aux nageurs pour une course par élimination dans le bassin géant d’eau de mer de 200m de long, 50m de large et normalement d'1m40 de profondeur. 4X-swim-games.jpg

Un petit tour et puis s’en va….

Chaque série est formée par un groupe de 4 nageurs qui concourent sur le même circuit d’environ 300m. Au départ chaque nageur tient une bouée qui lui a été attribuée puis, au signal du départ, les concurrents s’affrontent sur un parcours en forme de 8 jusqu’à l’arrivée. Aucune attitude agressive ou violente envers un autre nageur n'est tolérée, on ne peut donc tirer, bousculer un concurrent sous peine de disqualification. Les 2 premiers nageurs franchissant la ligne d’arrivée sont qualifiés pour le tour suivant et ainsi de suite jusqu’à la finale. 

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Pour mon premier essai dans ce style de course, je nage dans la catégorie des plus de 25 ans, l'eau dans le bassin est à 18°C et la profondeur n'est en réalité que de 70 cm. Pendant toute la course, ma traction des bras est modifiée par le peu de profondeur. Nous sommes donc 4 nageurs et les 2 premiers seront qualifiés pour le second tour. 

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Dès le départ, mes adversaires (en combi) me devancent et je sais déjà que je ne ferai qu'un tour de sélection. Pour rejoindre la bouée, il suffit de suivre le câble du téléski qui est au-dessus de nos têtes dans la trajectoire. Au loin, je distingue Barcelone et la tour bleue Agbar qui se détache du décor. Le retour vers les bouées jaunes d'arrivée s'effectue sans trop d'illusion et je termine en 4ème position. Avec de bons enchaînements entre les séries et une superbe organisation, en moins de 2 heures la compétition est bouclée. Ensuite on profite de l ambiance catalane, pour flâner dans le petit village sportif : une boisson , un massage offerts et le slogan de l organisateur qui restera dans les annales : "je suis un animal aquatique " !

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4 nageurs, 3 tours de qualif, 1 vainqueur !!!! Ce concept de course par éliminations en eau libre est très intéressant et pourquoi pas à développer. Très visuel pour le public, il pourrait aussi se réaliser d'une façon encore plus attrayante en piscine à vagues...  

07/10/2013

ProSwim Challenge 2013

Un challenge européen par étape ProSwim-Challenge-logo.jpg

Nager et découvrir de magnifiques sites en Europe, tel est l’objectif du ProSwim Challenge, une épreuve « open » d’eau libre par étape en Europe. Pour la première édition de ce circuit de 2013, 2 étapes à 15 jours d’intervalles sont programmés, les deux sites retenus sont l’Escala en Espagne et Bergeggi en Italie. Considéré comme un « Championnat d’Europe amateur en eau libre », il propose 2 challenges : le « Long Swim Challenge » (sur les distances de 6km en Espagne et de 5km en Italie) et le « Classic Swim Challenge » (sur la distance de 3,5km aux 2 étapes). Pour être classé, le nageur doit absolument participer aux 2 étapes du challenge correspondant. Je n’ai donc pas voulu rater cette grande première et me suis inscrit au « Long Swim Challenge » :

 

Etape 1 : « Swim the Costa Brava » à L’Escala en Espagne blogcostabrava.JPG

L'Escala est une station balnéaire catalane en bordure de la Méditerranée. Elle est située sur le littoral de la Costa Brava dans la partie sud du golfe de Rosas. Le départ de la traversée des 6kms est donné sur une petite plage située à l’ouest du port de L’Escala, au pied du parc naturel de Montgri. Nous devons ensuite rejoindre une bouée située à environ 300m vers le large. Devant moi, au loin, je distingue Empuriabrava, Rosas et le cap Norfeu situé pas très loin de la frontière française. Dès que nous contournons la bouée nous nageons en longeant un promontoire côtier rocheux. blog escala.JPG

Au sommet de celui-ci, je distingue une ancienne tour de défense. Il s’agit de la tour de Montgo construite en 1598 afin de permettre aux habitants de la région de se réfugier des pirates d'Afrique du Nord qui alors ravageaient la côte. Elle protège ainsi la calanque de Cala Montgó et la petite plage où doit avoir lieu l’arrivée. Je continue en longeant un 2ème promontoire rocheux qui abrite le parc naturel de Montgri. Je me fais caresser par une « Rhizostoma », une sympathique méduse qui me laissera quelques démangeaisons. Je contourne ensuite une bouée pour revenir en arrière et me diriger vers la plage de Cala Montgó. Je nage au milieu d’une crique de forme arrondie protégée du vent « Tramuntana » et utilisée à l’époque romaine pour le débarquement de la population. Non loin de là, à L’Escala, se trouve d’ailleurs les ruines du port antique gréco-romain d’Empuries. blog arrivee escala.JPG

Je distingue l’arche rouge de la ligne d’arrivée, je nage en direction de la plage de Cala Montgó située dans une zone semi urbaine au pied de la montagne de Montgó. L’arrivée se fait sur la plage de sable fin où on me remet une médaille. Je me dirige ensuite vers les stands du village de la traversée où je peux me ravitailler et me faire masser avant la prochaine étape !!!

 

Etape 2 : « Swim the Island » à Bergeggi en Italie blogswimtheisland.JPGBergeggi est une commune de la province de Savone en Ligurie. Jadis terre de paysans et de pêcheurs, le territoire de Bergeggi est aujourd’hui une station balnéaire très prisée. La traversée s’effectue dans la Réserve marine naturelle protégé de Bergeggi qui est exceptionnellement ouverte pour l’événement. Cette réserve comprend l’île de Bergeggi et la partie de côte voisine. En arrivant à Bergeggi, je suis heureux de retrouver mon coach Anne et sa petite famille venus spécialement depuis Miramas (13) pour m'encourager !P1060891b.jpgLe départ et l’arrivée de la traversée des 5kms s’effectue depuis la Stella Maris Beach, une petite plage de Bergiggi. Dès le départ, sur ma droite, je peux admirer un court promontoire de falaises calcaires, à l’intérieur duquel la mer a creusé des grottes dont la plus célèbre de la Ligurie, la « grotta Marina ». Cette grotte est connue pour les pièces palethnologiques et paléontologiques qu’elle abrite. Après avoir passé une première bouée, je me dirige ensuite vers l’île de Bergeggi qui se dresse à environ 250 mètres du rivage afin de la contourner. P1060820blog.jpgL’île est un petit cône de roche calcaire haut de 60 m, couvert de pins et surmonté d'une tour carrée en ruines. Elle est inhabitée et abrite des ruines romaines et médiévales ainsi que des édifices monastiques. Après avoir contourné l’île, je me dirige vers la plage de Bahia Blanca Beach afin de longer le bord de mer avant de retourner en direction du promontoire de la Pointe Predani distant de l’île de quelques centaines de mètres. En haut de ce promontoire, sur la voie Aurélia, ma femme est là pour m’encourager. Je nage maintenant au milieu d’un environnement naturel absolument spectaculaire avec un fond marin extraordinaire.  P1060823blog.jpgDes poissons argentés et une méduse nagent paisiblement au milieu du fond rocheux. Mais un vent de face rend ma progression plus difficile surtout lorsqu’il faut passer (sous la surveillance des organisateurs) entre les rochers de la Pointe Predani qui se dressent de quelques mètres au-dessus de la mer et avec très peu de profondeur. Puis c’est le retour vers la plage de départ en longeant de plus près la Grotta Marine. En 2 semaines je viens de participer en Europe à 2 épreuves sur de magnifiques sites que je conseille à tous les passionnés de nage en milieu naturel. P1060879blog.jpgEt pour couronner le tout, sur le plan sportif, je remporte la première édition de ce challenge européen !!! La deuxième édition en 2014, prévoit une troisième étape en France…

 

22/04/2006

Barcelone 1999 : 3km

La traversée d'un des plus grands ports d'Europe

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C’est en septembre 1999 que je participe à la 72ème traversée du port de Barcelone. Elle fait partie des épreuves incontournables en Catalogne Espagnole. La première traversée du port est organisée en 1926 par le club local qui continue toujours de l’organiser : le Club Natacio Athletic Barceloneta. La distance à parcourir est de 3km au milieu des docks. Elle se déroule tous les ans le 4ème dimanche de Septembre. Nous avons rendez-vous devant le « Palau de Mar », un imposant bâtiment qui abrite le musée d’Histoire de la Catalogne. Sur le quai, nous sommes plus de 300 participants à nous entasser sur des embarcations typiques en bois pour nous rendre sur le lieu de départ situé vers la sortie du port.

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L’ambiance est chaleureuse, ça chante, ça crie, ça saute… le tout serré comme des sardines, difficile d'admirer le paysage. Soudain, avant même que le bateau accoste, tous les nageurs se précipitent vers la sortie pour sauter sur le quai. C’est une course d’une vingtaine de mètres pour se retrouver au meilleur endroit. Effectivement, nous sommes plus de 300 à partir sur un petit bout de quai de 30m de large. Cela se bouscule dans tous les sens jusqu’au coup de sifflet libérateur. De plus de 3m de haut, 300 nageurs se plongent les uns sur les autres, dans une eau qui ne paraît pas des plus limpides. Parti devant, je suis obligé de nager en sprint pour ne pas me faire nager dessus. Je m’écarte rapidement vers le milieu du canal du port pour pouvoir me mettre à mon rythme. Au milieu du port, je me sens tout petit au milieu des tankers et des ferries. Sur ma gauche je vois les docks et la petite montagne de Montjuic où se sont déroulés les Jeux Olympiques en 1992. Cette montagne de 184.8m de haut surplombe le port et la vieille ville.

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Nous effectuons, au milieu de quelques nappes graisseuses, une longue ligne droite en direction de «Port Vell», le vieux port historique de Barcelone. Après plus de 2km, nous passons sous le téléphérique qui traverse le port depuis la tour de Saint-Sébastien (La Barceloneta) jusqu’au mirador de Miramar, sur la colline de Montjuic. Puis une nouvelle ligne droite en direction de l’arrivée avec pour repère visuel le « Palau de Mar ». Je terminerai cette traversée à la 24ème place.

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Comme pour toutes traversées, j'aime faire une balade en ville pour visiter. Je vais avoir l'agréable surprise en regardant les plaques des rues, qu'il y en a une qui porte mon nom !

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Je décide de m'y promener et au numéro 1 de cette rue je découvre qu'il y a : UNE PISCINE !!!

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12/04/2006

Genève : Coupe de Noël

"Plus qu'une course, un état d'esprit !"

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Je plante le décor : nous sommes au mois de décembre à Genève au bord du lac Leman.

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La température du lac est de , la température de l’air avoisine les 0° ! ! ! Dans quelques instants, 500 individus (500 fous) vont plonger dans le lac et le traverser sur 125m25. Très important les 0.25m …
Comment en sont-ils arrivés là ? Un pari perdu, un bout de pain tombé dans la fondue savoyarde ou encore un repas un peu trop arrosé. Bref, ils sont bien là et il y en même qui ont été refusé pour s’être inscrits trop tard. A mi-septembre les inscriptions sont déjà closes (participation limitée à 500 personnes et pas une de plus ! ! !), le club qui organise la traversée ne rigole pas avec la sécurité et le règlement. C’est ça la Suisse.
Et bien sûr j’y suis allé, et pas une, ni deux, mais 5 fois, et je compte bien y retourner.
On y participe de 2 façons : en compétiteur ou en humoristique. Je l’ai fait 2 fois en compétiteur mais les meilleurs souvenirs sont en humoristiques.
Pour cela, il faut trouver une bande de copains aussi fracassés que soi. Et j’en ai trouvé !

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Présentation de ces nageurs que l’on retrouvera souvent sur ce blog:
Alexandra de Paris, mon coach sur les bateaux lors de mes aventures et nageuse.
Cathy d’Alès, c’est comme ma sœur, toujours prête à tenter l’aventure quand il faut nager longtemps.
Alexandre d’Alés, le fils de Cathy.
François de Bordeaux, notre interprète, il est également Suisse J , et dès qu’il faut nager dans l’eau froide il est toujours présent.
Fabrice de Paris, son rêve : traverser le Lac Titicaca.
Laurent de Fernay, qui se fait toujours enrôler la veille lors de la fondue.

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Le rendez-vous à lieu à la piscine des Vernets. Une quarantaine de séries vont être appelées les unes après les autres toutes les 5mn pour rejoindre les navettes qui vont au lac avec une précision qui caractérise la Suisse. Dans la piscine chauffée, les nageurs se croisent, et c’est la ronde de ceux qui arrivent (ils ont nagé)tout excités et revigorés et de ceux qui partent en se demandant ce qu’ils font là. Pendant ce temps dans les vestiaires, tout le monde s’affaire aux préparatifs. Nous enfilons les déguisements préparés les semaines précédentes (on se décarcasse toujours pour trouver un thème original). Il y a un mélange d’excitation et d’inquiétude. Dans ces moments ce qu’il y a de bien, c’est que l’on se motive, on délire, on se marre quoi !

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Et puis c’est l’appel de notre série, on nous invite à monter dans une fourgonnette surchauffée qui va nous conduire au bord du Lac. Pendant tout le trajet, on fait du tourisme et on plaisante avec le chauffeur. (Je pense que les chauffeurs doivent avoir pas mal d’anecdotes à raconter sur cette épreuve). Arrivés au bord du lac, on nous fait un peu attendre dans la fourgonnette (même en Suisse, il peut y avoir du retard). Puis la porte s’ouvre et l’on entend : « vous pouvez y aller »…

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Au moment où nous posons les pieds sur le sol gelé, nous apercevons une foule de curieux (bien couverts eux) venus nous encourager et là, on se dit que l’on ne peut plus faire marche arrière. Frigorifiés, sous les applaudissements et les rires, nous courons vers le ponton de départ situé non loin du fameux jet d’eau (arrêté à cette date-là pour cause de gel). Là, nous attendent des sceaux accrochés à une ficelle. Ils sont là pour le rituel de cette coupe de Noël : s’arroser avant de plonger. Comme le ponton est trop haut, il est impossible de toucher l’eau et le sceau est là pour pallier à cette hauteur. Vous avez déjà essayé de vous jeter un sceau d’eau à 6° sur tout le corps en hiver ?

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C’est pas évident ! La solution, demander à ces petits copains de le faire pour vous. Et là c’est de l’eau froide (que dis-je, gelée) qui part dans tous les sens.
Une fois bien mouillés, le départ est donné et on se jette à l’eau. Le froid saisi tout le corps, on crie, on s’encourage mais en tout cas on rigole bien.

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La sensation, c’est à peu près la même que lorsque vous mangez une glace trop rapidement, ça vous prend à la tête. Puis après le corps s’habitue, et l’on profite de nos 125m et 0.25m pour nous amuser et rigoler toujours sous les applaudissements (François est le plus fort à cet exercice).

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Une fois arrivés, nous remontons prendre une boisson chaude et là en maillot alors que la température est de 0° nous n’avons plus froid. On savoure ce moment avec le public et nos supporters (femmes, maris, copains).

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Séance photos oblige. Puis nous remontons dans la fourgonnette destination la piscine. Là on nous remet la médaille souvenir, chaque année elle est différente, c’est un « collector ». Puis destination les vestiaires pour une bonne douche chaude qui paraît brûlante.
Cette journée ce finira, un peu comme pour les personnages d’une fameuse BD, autour d’un bon repas dans un resto où tous en cœur nous nous disons :

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« On remet ça l’année prochaine, c’était trop bien »

Lien pour s'inscrire : http://www.coupedenoel.ch/

09/04/2006

Nottingham -championnat d'Angleterre 5km 1995

 Ma première dans un bassin d'aviron

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Avec comme objectif de voyager, je me mets en 1995 à rechercher les différents championnats nationaux pouvant exister sur les distances inférieures à 10 km. En juin, je participe aux championnats eau libre de Grande Bretagne sur 5km. Ces championnats ont lieu près de Nottingham. Le site ne se trouve pas dans la forêt de Sherwood où résidait jadis le célèbre Robin des Bois mais dans le hameau de Holme Pierrepont à l’Est de Nottingham. Nous allons nager dans le bassin d’aviron du National Watersports Center. Généralement habitué en eau libre aux grands espaces, cette fois-ci je vais évoluer dans une piscine géante de 2 kilomètres de long et 100 mètres de large. C’est une première ! Je n’ai jamais entendu parler auparavant d’une épreuve d’eau libre dans un tel plan d’eau. Il faut avouer que les conditions sont idéales pour organiser une épreuve de ce type. Le bâtiment principal dispose de salles de conférence (pour le briefing et les récompenses), d’un restaurant, d’un bar et d'un hébergement pouvant accueillir plus d’une cinquantaine de personnes. Lors des épreuves, le public peut suivre les nageurs en longeant la piste aménagée tout au long du parcours. Sur place, il y a tout ce qu’il faut pour la logistique et l’accueil des nageurs.  

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Pour les distances de marathon, il n’y a pas besoin de bateau accompagnateur sur une telle épreuve. Les ravitaillements peuvent se faire depuis un ponton. Sur les gradins du centre nautique; les spectateurs peuvent assister au départ, aux ravitaillements et à l’arrivée des concurrents. Ces conditions idéales vont d’ailleurs séduire les hautes instances de la natation. D’autres épreuves vont se succéder au fil des années dans ce même bassin : championnats du monde masters, coupe d’Europe… Les bassins d’aviron vont devenir un plan d’eau idéal pour l’organisation des différents championnats internationaux d’eau libre. En effet, c’est ce type de plan d’eau qui sera utilisé lors des championnats du monde de natation à Montréal en 2002 et qui va séduire le Comité International Olympique. Cela contribuera ainsi à l’entrée du 10 km en eau libre au programme des Jeux olympiques à partir de 2008. 

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Lorsque je me mets à l’eau en 1995, loin de moi l’idée qu’un jour la discipline devienne olympique. Mon unique objectif, ce jour-là, est d’accomplir l’aller-retour de cette grande piscine pour mon plaisir. J’apprends alors qu’il y a une catégorie « masters » dont je fais partie. A l’arrivée, je termine 5ème au général et 2nd dans ma catégorie. Mais la grande surprise, c’est lorsqu’un délégué des instances médicales de l’ASA (Fédération de Natation Anglaise) vient me voir alors que je ne suis pas encore sorti de l’eau. Il me fait signer une convocation pour subir un contrôle anti-dopage. Je n’ai jamais gagné à aucune tombola de ma vie, mais là exceptionnellement j’ai gagné ! Le tirage au sort m’a désigné. A partir de ce moment-là, ce délégué ne va plus me lâcher. Tel un « poisson pilote », il va rester collé à moi et ne plus me quitter jusqu’à ce que j’ai « rempli » ma mission.

« Rémora », c’est le surnom que je lui donne pendant la longue attente qui va suivre. Le rémora est une espèce de poisson pilote qu’utilisent les pêcheurs de l'Océan indien ou des Caraïbes pour capturer des gros poissons.

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J’ai une heure pour me rendre dans une chambre où doit s’effectuer mon prélèvement d’urine. La cérémonie des récompenses a également lieu dans une heure. A la sortie de l’eau, mon « Rémora » m’accompagne jusque dans les vestiaires. Il regarde tous mes faits et gestes. Lorsque je vais prendre une douche, il est toujours à côté de moi, je n’ai pas le droit de fermer la porte. Cette situation n’est vraiment pas agréable. Je décide donc d’accomplir au plus vite ce qui m’est demandé pour pouvoir ensuite profiter des réjouissances de la cérémonie et discuter avec les autres nageurs. Mais malheureusement, une fois arrivé au local de contrôle, je n’ai pas spécialement envie d’uriner, sûrement la pression ! Il m’est impossible de remplir les 150 ml qui me sont demandés surtout quand on me regarde faire. Mon attente dans cet endroit risque de durer plus longtemps que ce que j’avais prévu. Je n’ai plus le droit d’en ressortir. Des boissons et des sodas sont à ma disposition pour m’aider. Après deux petites bouteilles d’eau avalée, toujours rien et c’est l’heure des récompenses. « Remora » accepte que je quitte le local pour aller chercher ma récompense. Mais bien sûr sans me décoller. J’ai bien vu le moment où il allait monter sur le podium avec moi. Une fois ma médaille autour du cou, je suis prié de retourner au local sans assister à la suite. Pendant la longue attente qui va suivre, je vais boire, puis boire et encore boire … Pour faire passer le temps je discute avec mon poisson pilote. Il parle français comme moi je parle anglais, mais on arrive à se comprendre. J’apprends qu’une nageuse Française aurait été contrôlée positive dernièrement et mon « tirage au sort à la tombola » du contrôle anti-dopage n’est donc pas anodin. Deux heures après la fin de ma course et plus d’un litre et demi d’eau ingurgitée, j’ai enfin une envie très pressante. Le contrôle peut enfin commencer. Après avoir choisi deux gobelets enfermés dans un sac plastique scellé, je pars en courant aux toilettes toujours en compagnie de « Remora ». J’ai une telle envie que sa présence ne me dérange plus. Il pourrait même y avoir des centaines de spectateurs que cela ne me gênerait pas. Je remplis plus que ce qui est demandé. Ouf ! Mission accomplie. Le temps de remplir les dernières formalités et me voici enfin libéré de mes obligations et de mon poisson pilote. Dans le bâtiment du National Watersports Center il ne reste plus que moi et les organisateurs. La fête est finie et tous les nageurs sont déjà repartis. Il me faut retourner à mon hôtel. Malheureusement, ce contrôle a duré plus de trois heures et il n’y a plus de bus pour le centre de Nottingham. Les seules personnes présentes sont logées à la base d’aviron pour le 25 km du lendemain. Il va me falloir rentrer à pied. J’ai dix kilomètres à faire avec une vessie bien remplie. Un verre ça va, mais plus d’un litre et demi bonjour les dégâts. Lors d’un marathon, je m’arrête toutes les vingt à trente minutes pour me ravitailler. Là je dois m’arrêter tous les quarts d’heure pour me « soulager».

La nuit qui suit est des plus désagréables, je vais passer plus de temps aux toilettes qu’à dormir. Au final, le contrôle est négatif. Normal ! La principale source d’énergie que je consomme est une célèbre pâte à tartiner au chocolat et noisettes, qui ne figure pas sur la liste des produits interdits.

08/04/2006

Kolding : championnat du Danemark 5 km 1993

Dans une eau à 14°C

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Après avoir participé à quelques traversées en France et en Suisse, notre prochain périple, avec Jean Luc, nous emmène au Danemark. Nous apprenons qu’un championnat open du Danemark de longue distance (5km) va avoir lieu à Kolding en 1993.

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 Nous nous inscrivons et partons en train à l’aventure. Après avoir passé 24 heures dans différents trains, nous arrivons à bon port. Nous cherchons dès notre arrivée un hôtel pour passer la nuit. Tous complets ! ! ! Finalement, nous parvenons, tant bien que mal par en trouver un, mais au-dessus d’une boite de nuit !

 

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Super la nuit qui nous attend. Puis nous nous rendons à l’endroit où doit avoir lieu la compétition. Il s’agit d’un Fjord, l’eau est salée et la température de l’eau avoisine les 14°C. Comment allons-nous faire avec notre seul petit tube de graisse ? « On verra demain » me dit Jean Luc philosophe en rentrant à l’hôtel. De nos jours, si la température de l’eau est inférieure à 16°C l’épreuve ne peut avoir lieu. Le règlement a été modifié en 2005 et avant cela le règlement international mentionnait que la température devait être de 14°C minimum, L’épreuve pouvait donc avoir lieu.

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Après avoir passé toute la nuit à attendre que les autres aient fini de danser, nous nous rendons sur le lieu de départ au petit matin. Et là, plus nous nous approchons du lieu de la course, plus notre inquiétude monte. Dans l’eau claire de la veille, flottent des milliers de petits sacs plastiques. Il s’agit en fait de méduses. Je commence à dire à Jean-Luc que je suis beaucoup moins motivé et que l’on devrait plutôt aller faire du tourisme ! ! Lui-même pas très rassuré me dit : « on s’est inscrit, allons retirer notre numéro et on verra après ». Les organisateurs, nous souhaitent la bienvenue, nous remettent un T-shirt et un pain de lanoline. Pour quoi faire ? ? ? Pour s’enduire le corps afin d’éviter l’hypothermie ; rappel l’eau est à 14° et nous nageons en maillot de bain. Nous ne pouvons pas prendre le départ si nous n’en avons pas mis une couche importante. Notre petit tube de graisse paraît vraiment ridicule à côté. Mon manque de motivation ne s’est pas amélioré, car les méduses sont toujours là. On décide de prendre le départ et si cela ne va pas, on s’arrêtera.

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 C’est là que je me rappelle de mes expériences passées et repense qu’il y existe 2 catégories de méduses : celles qui piquent et celles qui ne piquent pas (chouette ! ça rassure vachement !). Par chance, nous plongeons avec celles de la 2èmecatégorie. A l’idée de prendre appui en nageant sur des corps visqueux et flasques, je vais passer 1km à nager la tête hors de l’eau à maugréer contre ce pauvre Jean-Luc. Puis au bout d’un moment, je me mets à nager normalement. A mi-parcours, alors que nous étions tous les deux à la 8ème place, nous allons rattraper tous les nageurs un par un pour finalement terminer aux premières places ! Je finis 1er et Jean-Luc 2ème.

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Une douche chaude va s’imposer et heureusement que nous sommes arrivés les premiers : cela nous permet d’enlever toute la graisse qui restait avant les autres. Il fallait voir l’état des douches au bout du passage de quelques nageurs, une vraie savonnette ! ! !

Après la remise des récompenses, l’organisateur va gentiment nous prendre en charge et nous ramener à la gare pour récupérer nos trains de retour… en attendant de nouvelles aventures !

06/04/2006

Venise 1993 : 3km

 Sur les traces de Lord Byron

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A mon sens, voyager avec un but est encore plus excitant que de partir à la découverte d’un nouveau pays comme un touriste lambda. Car même si la rencontre avec de nouvelles personnes et une autre culture sont passionnantes, c’est toujours la concrétisation d’un nouveau projet sportif qui me motive d’abord.

Avec mon ami Jean-Luc, nous nous mettons à la recherche de traversées à la nage intéressantes en France et en Europe. Internet n’existant pas encore, nous envoyons des courriers dans les fédérations pour qu’ils nous adressent leur calendrier. Nous faisons un choix de traversées en tenant compte du lieu et de la possibilité de s’y rendre.

En 1993, la première que nous trouvons, par le biais de la Fédération Italienne de Natation, se trouve à Venise : nager sur les traces de Lord Byron, quelle idée géniale ! ! ! En 1818, ce poète Anglais s’installe à Venise pour commencer la rédaction de son « Don Juan ». Mais ce qui va rester avant tout dans les mémoires c’est sa traversée à la nage qu’il réalise du Lido au Rialto. Ils seront trois à tenter l’exploit, lui seul parviendra à l’arrivée.

Après avoir appris vite fait 3 ou 4 mots d’italien, nous nous inscrivons à cette épreuve. Il faut sans douter, celle-ci n’a pas lieu dans les canaux de Venise mais à une courte distance de « Vaporetto ». Elle se nagera dans la mer Adriatique au large de l’île de Lido di Venezia, une station balnéaire animée mais qui sert avant tout de barrière protectrice pour Venise. Le Grand Canal est désormais bien trop pollué pour renouveler l’exploit de Lord Byron.

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Après une nuit passée dans le train, nous arrivons tôt le matin, fatigués et courbatus sur la presqu’île. Malgré tout, nous allons passer cette journée à visiter la ville de Casanova et des Doges. Le soir, les lits sont les bienvenus. Dormir, à Venise, l’été, avec une pizzeria juste en dessous de votre chambre, c’est mission impossible, sauf enfin vers 3 ou 4 heures du matin.

Pourtant nous nous levons très tôt le matin pour prendre le premier Vaporetto, direction El Lido et le lieu de rendez-vous de la traversée. Nous débarquons au port de « San Nicolo », où Lord Byron pris le départ de sa traversée. Une fois à terre, nous allons traverser l’île à pied par une large rue arborée qui nous mène jusqu’à la plage. Nous passons au milieu de plusieurs édifices et hôtel du 19ème siècle et arrivons sur la plage aux dunes naturelles de sable fin et doré. La mer Adriatique protégé au nord et au sud par deux digues, est claire et calme. Ce magnifique décor est gâché par la présence non loin de là d’usines avec leurs grosses cheminées. Nous apprendrons bien après l’épreuve que la baignade y est déconseillée en raison de la pollution et de la prolifération des algues. 

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Sur la plage, nous sympathisons avec 4 nageurs policiers sortis tout droit d’une caricature italienne. Il ne leur manque plus que le peigne dans le maillot. Ils nous donnent quelques conseils, non pas pour draguer, mais pour la traversée et en profitent pour nous indiquer les endroits à visiter après la course.

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Plus d’une cinquantaine de nageurs prennent part à cette épreuve de 3km. Nous allons effectivement nager au milieu des algues un allez et retour en longeant la plage dans une eau à 20°C. La course se joue entre les 4 policiers et nous. Au final, c’est Jean Luc qui remporte l’épreuve et se voit offrir un joli trophée fabriqué par les ateliers de verre de Murano. Pour ma part, je termine à la 5ème place.

L’après-midi, nous visiterons les endroits qui nous ont été conseillés, en attendant de reprendre le train, vers d’autres destinations !

21/03/2006

Les canaux de Sète : plus d'une vingtaine de participations

La doyenne des traversées en France

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En 1975, j’accepte que mes parents m’inscrivent aux autres traversées de la région, Barcarès, Collioure et celle qui n’a pas pris une ride en 50 ans, la traversée de Sète. C’est LA traversée en Languedoc-Roussillon, elle est la doyenne des traversées en France. C’est la seule à avoir résisté au temps, aux guerres et à la construction des piscines. Elle se nage tous les ans pour les fêtes de la Saint-Louis où elle cohabite en parfaite harmonie avec les joutes qui sont la principale attraction de ces festivités. Plus d’une centaine de nageurs participent à cette traversée de 1800m dans les canaux de la ville. Les meilleurs nageurs français du moment n’hésitent pas à venir à Sète afin d’essayer d’inscrire leur nom au palmarès. Certains disent que « le palmarès de la traversée de Sète est celui de la natation française ». 

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Le public est également très nombreux pour encourager les nageurs dans leurs efforts. Il est très facile, tout au long du parcours, de regarder passer les nageurs depuis les quais. Mais pour suivre un nageur, c’est une autre paire de manche. Mon grand-père en a fait l’expérience. A 10 ans, mes parents m’inscrive à la traversée mais n’ont pas la possibilité de m’y amener. Mon grand père se fait un plaisir de m’accompagner.

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Nous voilà parti à Sète, le rendez-vous à lieu à la piscine des Dauphins de Sète, un espace banalisé en bois construit au bord des quais. Nous faisons la queue pour récupérer notre laisser passer et mon bonnet numéroté. A cette époque les bonnets sont en tissu avec des lanières à fixer sous le menton. Ils sont d’une grande valeur apparemment, car il nous faut laisser une caution pour éviter de l’emporter à la maison. 

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Pendant notre attente, j’apprends qu’il existe une petite traversée réservée aux régionaux de moins de 14 ans. Mais comme je suis inscrit à Lyon Natation, je n’ai pas le droit d’y participer. Je nage donc avec les seniors. Le départ a lieu à hauteur du pont-levis de la Bordigue. Une centaine de nageurs s’amasse le long du canal. Un gamin de 10 ans compressé au milieu des champions de la natation française. Je ne suis pas rassuré, mais mon grand-père est là pour m’encourager et me suivre tout le long du parcours. Le départ est donné, et je suis emporté, je ne sais comment, dans les flots.

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Oh, surprise !!! Je nage plus vite que d’habitude, car à Sète, il y a le courant et l’aspiration des nageurs qui m’entraînent. Mon obsession est de ne pas perdre mon bonnet : il faut récupérer la caution ! Voilà comment porter un stress supplémentaire à un enfant. En cours de route, je touche quelque chose de gélatineux. Tiens ! Il y en a un qui a perdu son bonnet. Erreur ! Le canal est rempli de méduses. Et là, j’apprends sur le tas, qu’il existe aussi des méduses qui ne piquent pas. Celles-là sont translucides et gélatineuses. Ce sont des « Spales et Dolioles », elles sont inoffensives et il n’est pas rare l’été de voir les enfants s’en amuser. Pour le nageur, le plus désagréable est de sentir cette masse gélatineuse entre les doigts et sur le corps, mais il n’y a pourtant aucun risque. Je continue donc mon chemin en jetant un œil sur les quais. Mon grand-père, entraîneur d’un jour, me suit d’un pas rapide, mais il se retrouve dans les 200 derniers mètres dans un cul de sac l’obligeant à faire un long détour.

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A mon arrivée, je suis pris en charge par un organisateur. Il me donne un yaourt et me tape sur les cuisses. Mais que fait-il ? Je viens de nager 1800 mètres et voilà qu’un inconnu me flanque des fessés non méritées ! J’apprends qu’il cherche tout simplement à me réchauffer. Autour de moi des nageurs sont frigorifiés et sont enroulés dans des couvertures. Pour ma part, je n’ai pas vraiment froid et cherche mon grand-père qui porte mes affaires de rechange. Je le vois arriver en courant pour me libérer enfin de ces claques non méritées.

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Je termine à la 36ème place. Nous avons ensuite rendez-vous dans un gymnase pour la remise des récompenses et le vin d’honneur. Nous restituons le précieux bonnet et grâce au laisser passer, nous nous installons sur des gradins. Sur une table, de nombreux lots sont en évidence pour récompenser les nageurs. Je cherche parmi cette caverne « d’Ali-baba », lequel je vais bien pouvoir recevoir. Nous assistons alors à une incroyable remise de récompenses. Le fameux chauvinisme Sétois illustré dans toute sa splendeur. Les récompenses débutent par le premier Sétois. Il reçoit un lot sorti de dessous la table, comme s’il avait été réservé spécialement pour lui. Puis ils enchaînent sur le premier départemental, le premier régional et la première équipe. Lorsqu’un Sétois ne gagne pas et se retrouve derrière des non régionaux, il repart avec un minimum de trois lots toujours sortis de dessous la table. Lorsque l’on arrive enfin au grand vainqueur de la traversée, celui-ci a le choix parmi les lots exposés sur la table…et il repart avec un lot de moindre valeur, jaloux des récompenses du sétois arrivé loin derrière lui. Je vous rassure, après avoir souvent été sifflées, les remises de récompenses à Sète ont bien changées les années qui suivirent.

Je ne me rappelle plus du lot que j’ai pu avoir, mais une chose est sûre aujourd’hui, c’est que mon grand-père n’a pas arrêté de parler du déroulement de cette traversée tout le restant de sa vie. 

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Au cours de cette traversée j’ai pu constater qu’en eau libre il y a des courants et qu’il faut en tirer profit au maximum. Parfois le courant n’est pas homogène, il varie en fonction du relief, de la profondeur, des obstacles et des virages. A l’intérieur des virages serrés et derrière des obstacles se crée parfois un phénomène de contre courant. En règle générale, le courant est plus fort au milieu du chenal et moins fort sur les cotés. Dans le sens du courant, il est conseillé de nager au milieu pour profiter au mieux de sa puissance. A contre courant, il est recommandé de nager le plus près du bord, là où le courant est moins fort. Cette expérience, j’aurai l’occasion de la mettre en pratique, justement à Sète en 2000. 

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Alors qu’avec les 150 participants nous nous dirigeons vers le départ, juste avant le signal du starter, le courant favorable se met à tourner et devient contraire. Arrivés dans le canal, tous les nageurs qui sont devant moi sont stoppés net. La compétition se joue alors à contre courant. Mon expérience va m’être utile à cet instant. Je prends l’ascendant sur tous les autres nageurs comme le souligne la presse locale : « Slalomant entre les bateaux et les bouées, longeant les quais pour nager dans des eaux plus clémentes, le vétéran du MUC offre une prestation spectaculaire… et très efficace, puisqu’il atteint la mi-course avec 60 mètres d’avance ».  Mais cette avance n’est pas suffisante, une fois arrivés dans des eaux plus clémentes, mes deux successeurs plus frais et beaucoup plus jeunes me doublent sur la fin. Le vainqueur, le champion de France sélectionné pour les championnats du monde déclarera à l’arrivée : « La course s’est vraiment jouée sur la fin ; Jacques a failli nous piéger sur la trajectoire. Heureusement je terminai plus frais que lui et je le passe sur les derniers mètres ». Dommage, j’aurais du m’entraîner un peu plus cet été là, mais cela m’a fait très plaisir que « Stéf » me rende ainsi hommage.

Le site de la traversée : http://www.dauphinsdesete.org/dauphins/Eau_Libre.html

20/03/2006

Banyoles : 2400m

Une épreuve de masse en Espagne
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En 1976, j’intègre la section sport étude de Font-Romeu (Pyrénées-Orientales). Là, je rencontre Eric Pétron et Fabien Polin qui seront pendant 3 ans comme des frères. Eric sera d’ailleurs le précurseur du sauvetage côtier en France et nous aurons certainement l’occasion d’en reparler.

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Photo de classe en 4ème à Font-Romeu (1976-1977)

Mais c’est également à Font-Romeu que j’apprend que non loin de là, en Espagne, se déroule chaque 2ème week-end de septembre, une traversée à la nage qui attire plus de 2000 participants ! ! ! Il s’agit de la Traversée de Banyoles avec un grand T.
En 1977, je participe pour la première fois à cette traversée. C’est incroyable le succès qu’elle a (environ 500 participants en jeunes, 800 en filles et 1200 en garçons).
Les clubs s’y rendent en bus et c’est l’occasion d’une journée pour se retrouver, nager, pique-niquer et s’amuser ensemble.
Le rendez-vous à lieu au siège du club de Banyoles. Là, parents, enfants et entraîneurs se cherchent au milieu d’une foule innombrable. Il faut le voir pour le croire…

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2 bétaillères attendent pour emporter les nageurs vers le lieu du départ. Puis c’est le grand moment, il faut monter dans ces camions. Le mot serait plutôt « s’entasser ». Et là, comprimés au milieu des odeurs de camphre et de transpiration, commence un rituel : tous les nageurs se mettent à chanter et à danser en sautant. Je ne vous raconte pas l’état des amortisseurs… Après un long (très long) voyage de 5mn, nous arrivons sur le lieu de départ. Une berge de 100 mètres de large où s’entassent 1200 nageurs derrière un filet en toile de jute. Les organisateurs nous remettent une pastille avec notre numéro de compétiteur que l’on attache à notre maillot. Tiens ! Des nageurs ont 2 maillots ? ? ?.

Et, d’un coup, le filet en toile de jute se baisse et une marée humaine se jette à l’eau. A partir de ce moment, tout ce que vous avez appris sur la technique du crawl à la piscine, peut rester au vestiaire. Une fois vous êtes au-dessus des nageurs une fois vous êtes en dessous, et là on apprend vite une nouvelle technique, pas besoin de maître-nageur. Le passage du bras hors de l’eau, se fait les poings fermés et pour avancer on s’aide des pieds de celui qui est devant ou de son maillot. Je comprends mieux maintenant pourquoi les 2 maillots ! ! ! Pour cette traversée je veille particulièrement à bien attacher mon maillot (voir la note Canet 1972), cela m’évite quelques désagréments.

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Après une « lutte » de 2300m, c’est enfin l’arrivée. Les nageurs s’alignent les uns derrière les autres en file indienne au fur et à mesure de leur arrivée. Un public nombreux se bouscule pour voir ou rechercher des nageurs. Tiens ! Certains nageurs sortent en se cachant sur le coté au milieu des arbustes. Ils ont dû mettre un seul maillot (mal attaché) et ont donc perdu leur numéro. Ils sont disqualifiés pour tenu non réglementaire. :)
Après un pique-nique et une après midi à faire les fous au bord et dans l’eau, c’est la remise des récompenses. Une estrade à ravir un vendeur de coupe tellement il y en a (plus d’une centaine).

Cette année là, je terminerais 66ème. Mon meilleur résultat sera 5ème en 1979 et 1980.

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Les années sont passées et la traversée a bien changé. Malgré le nombre augmentant de nageurs, la bétaillère a disparue et les nageurs se sont plus assagis. Mais le clou du spectacle est la remise de récompense où, depuis 1990, pour la petite traversée, le vainqueur remporte son poids en bonbons ! ! !

19/03/2006

Canet-en-Roussillon

Mes premières traversées

Dès 1970, je fais mes premières brasses dans des structures clubs. L’hiver je nage au sein du club de Lyon Natation à la piscine de Lyon-Vaise et l’été je m’entraîne avec le club de Natation Canet en Roussillon.

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A cette époque, il n'y a pas autant de piscines qu'aujourd'hui. A Canet, nous nageons dans le port, dans un bassin de 25 mètres, délimité par des troncs d'arbre et des cordages. Jusqu’en 1976 (date de la construction de la première piscine de Canet), je nage dans ce bassin au milieu des poissons, du plancton et des méduses dans une température changeante, au gré de la météo (15° à 23°).

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Dans le port de Canet

Tous les matins, mon père m’amène au port pour que je puisse me faire plaisir et nager dans l’espace banalisé. Dans l’eau les longueurs ne me font pas peur et je montre des prédispositions pour les épreuves d’endurance. A partir de 1971, le club de Canet organise un des évènements majeurs de la station : la traversée de Canet à la nage. Au début des années 70, les traversées de ville sont nombreuses et attirent foule de nageurs et de spectateurs. Elles sont à la fois conviviales et sportives.

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L’année d’après, c’est au cours d’un entraînement dans le port que mon père apprend l’existence de cette traversée. Il décide donc de m’inscrire. Je participe à ma première traversée à la nage le 28 août 1972. La petite traversée a lieu dans le port sur un parcours en forme de triangle de 800m. A l'époque je nage dans la catégorie poussin, je suis le plus jeune. Pour cette première, je termine à la 12ème place. Je suis fier, je viens de gagner mon premier T-shirt événementiel ! Il traîne encore dans un placard du grenier familial.

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L'année suivante, je reprends part à l'épreuve. Cette année-là, motivé, trop sûr de moi et un peu trop excité, j'en oublie d'attacher mon maillot. Après le départ je me retrouve nu comme un poisson. Après avoir récupéré mon maillot au milieu du banc de nageurs qui me fonce dessus, je fais une superbe remontée et finis 2ème de l'épreuve. Cela va me servir de leçon pour les prochaines fois. Petit détail qui a son importance quand on a 9 ans, l'épreuve est mixte... Mais le plus formidable, c’est que je viens de gagner ma première médaille. Tous les copains ont défilé à la maison pour admirer la récompense bien exposée dans la salle à manger.

C'est au cours de ces traversées que je commence à acquérir de l'expérience sur la nage en milieu naturel qui est très différente de celle en piscine.

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Il faut nager avec les courants, se frayer un chemin au milieu des autres nageurs et surtout savoir s'orienter.

L’orientation, un sens que j’ai développé au cours de mes traversées. Rien ne sert de nager vite, si vous prenez une mauvaise trajectoire, la victoire peut facilement vous échapper. Il est difficile de repérer une bouée en pleine mer. Une mouette sur l’eau peut être confondue avec une bouée. Cela m’est déjà arrivé à l’entraînement. La mouette est un coach impitoyable, elle reculait à chaque fois que je levais la tête. Bonjour, les mètres en plus !!! Tout ça pour dire qu’il est nécessaire de visualiser à l’avance le parcours et de prendre comme repère des éléments fixes faciles à voir, assez hauts et distincts de loin (tour, cheminée d’usine, pic rocheux…), sur les berges ou les rivages. Un conseil qui a son importance, lorsque la mer est agitée, il faut toujours chercher ces repères lorsque l’on est sur la cime de la vague. Dans le creux, vous levez la tête pour rien.

Je commence à prendre goût à cette activité de pleine nature, malgré les bébêtes marines qui ne m’enchantent guère. Parmi ces animaux aquatiques, celles que je redoute le plus sont les méduses. D’ailleurs qui ne craint pas ces animaux invertébrés qui aiment à flotter à la surface de l’eau les jours de fortes chaleurs et qui suivent généralement les courants chauds ? Parmi elles, certaines sont urticantes, la plus douloureuse est la « Pelagia noctiluca ». Elle peut être saisie mais il faut éviter les tentacules qui possèdent le venin provoquant des brûlures et des lésions locales. Lorsque l’on rentre en contact de ces animaux, on ressent comme une décharge électrique suivie d’une douleur vive qui démange ensuite. Un peu comme si vous aviez été au contact d’une ortie. Le fait de continuer à nager dans l’eau de mer apaise la sensation de brûlure. Dès que l’occasion se présente, il ne faut pas hésiter à se passer une pommade à base de corticoïdes ou un antihistaminique, prescrit par un médecin, pour aider à calmer la douleur et les démangeaisons.

Mais lorsque l’on veut nager en mer, il faut faire avec…