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27/10/2016

Swim Mogador Island 2016

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Une île chargée d’histoire

Au large d’Essaouira (ancienne Mogador) se trouve un archipel constitué de deux grandes îles et de petits îlots proches de la côte. Cet Archipel, connu des Romains sous le nom d’iles Purpuraires, du latin purpura, nom de la couleur pourpre qui provient d’une matière première locale étonnante, le Murex. Il s’agit tout simplement d’un coquillage qui, une fois traité, devient une teinture et donne le pourpre. Cet Archipel fut visité durant toute l’Antiquité par les marchands méditerranéens. Des traces révélées par les fouilles archéologiques marquent le passage successif et la présence sur place des Grecs, Chypriotes, Phéniciens, Carthaginois et surtout Romains. L’île principale s’appelle « île de Mogador », « îlot de Mogador » ou « Grande île », elle s’étend sur 30 hectares et fut fortifiée au temps de Mohamed Ben Abdellah (18ème siècle). A l’exception de la présence de mouettes, goélands et de rares faucons Eléonore, l’ile est aujourd’hui déserte et ne laisse entrevoir que quelques ruines. Parmi ses ruines, une mosquée avec son minaret, quelques fortifications abandonnées et la prison de Mogador construite par le Sultan Moulay Abdelaziz au 19ème siècle.

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Cette prison encore bien visible de nos jours est un vaste carré à ciel ouvert de 150m de côtés, fermé par des murailles hautes de 3m, et sans aucune construction au milieu. Des tessons de verre au sommet de la muraille de la prison dissuadent tout visiteur. Pour y pénétrer et en sortir, il existe un passage unique à cinq portes de différentes tailles qui s’enchaînent les unes après les autres de la plus grande à la plus petite. L’histoire raconte que dans les premiers temps, il était permis aux prisonniers de s’installer sous des tentes. Mais l’autorisation fut rapidement retirée, lorsque quelques prisonniers, à la faveur de cet abri, ont tenté de creuser un tunnel pour s’enfuir : les habitants de cette prison ont donc été par la suite exposés été comme hiver à toutes les intempéries. Au début du 20e siècle, la prison fut utilisée pour accueillir les pèlerins à leur retour de la Terre Sainte, pour le contrôle médical réglementaire.
Aujourd’hui, l’île de Mogador est devenue une réserve biologique et ornithologique prisée. Afin de préserver la vie sauvage les îles sont fermées au public et seuls quelques pêcheurs sont autorisés à s’en approcher.

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De l’île de Mogador à Essaouira - 2,2km

Le samedi 22 octobre 2016 au matin, je marche avec mes accompagnateurs à travers les dunes de sable sur la plage d’Essaouira en suivant un dromadaire qui tracte ... notre bateau . A l’horizon, les îles, magnifiquement éclairées par le soleil qui se lève, protègent la baie contre les rouleaux de l’Atlantique. Lorsque nous arrivons au bord de l’eau qui commence à se retirer sous les effets de la marée, nous mettons immédiatement à flot l’embarcation. C’est avec un vent force 3 à 4 et des vagues de bord de presque 2 mètres que j’embarque sur le bateau moteur qui va me conduire 2km plus loin jusqu’à une petite plage située au sud de l’île, au pied de l’ancienne prison. Cette baie d’Essaouira est mondialement connue des véliplanchistes et des surfeurs car ici la force et la régularité des vents en font un « spot » de rêve. A l’approche de l’île, nous sommes secoués par les vagues provenant de l’Atlantique et les courants inverses causés par les effets de la marée. Le bateau ne peut s’approcher et c’est à la nage que je rejoins le lieu de départ de ce qui doit être ma 21ème évasion à la nage d’une ancienne île-prison jusqu’au continent.

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Lorsque je pose le pied sur le sable, je suis accueilli par des centaines de goélands qui tournent autour de moi. Tout comme le vent et les vagues, les cris des goélands font partie de l’atmosphère de l’île. Comme elle est interdite au public, ma présence les intrigues et ils me le font savoir par leur cri strident. Je marche sur le sable où, à demi enfoui, se trouve un canon du temps de la fortification de l’île. Je m’assied à ses côtés en attendant le moment du départ qui devrait être donné par le bateau accompagnateur. Malheureusement l’embarcation a noyé son moteur à cause des fortes vagues et ne peut plus assurer ma sécurité. Les goélands, de leur côté, se sont habitués à ma présence et quelques-uns s’approchent de moi par curiosité. L’attente commence à se faire longue et je profite de l’occasion pour contempler les différentes ruines. C’est un moment privilégié, car les visites sont interdites sauf dérogation à caractère scientifique. J’admire ce cadre magnifique. Evasion, détente, culture, bien-être… Je réalise à quel point mes aventures aquatiques peuvent me faire découvrir des sites extraordinaires.

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Soudain, les goélands se remettent à voler et crier dans le ciel, des embarcations arrivent aux abords de l’île pour m’accompagner et me font signe de me mettre à l’eau. Je jette un dernier regard vers l’île et sa prison et rentre progressivement dans l’eau. Je plonge dans cet océan Atlantique à 17°C qui me secoue dans tous les sens. Je suis emporté par les courants et repoussé par les vagues, un peu comme dans une « lessiveuse ». Je m’éloigne du bord pour être protégé de l’île et la remonte en la longeant. Je ne distingue que des falaises où se trouvent les fortifications avec leurs canons d’origine puis un petit port où seuls quelques pêcheurs accostent ponctuellement.

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A sa hauteur, je change de direction et me dirige vers la grande plage d’Essaouira. Les vagues me viennent de la droite et légèrement de dos. Je respire donc sur la gauche pour éviter d’avaler de l’eau. A chaque respiration, je distingue la ville d’Essaouira avec son vieux port, ses remparts et sa médina. De temps en temps lorsque je respire sur la droite je distingue les dunes et ses collines d'arganiers. Je me dirige vers la plage, les vagues sont de plus en plus puissantes et m’emportent, certaines font plus de 2 mètres, je nage au milieu des surfeurs et j’en termine avec mon évasion en faisant du bodysurf. Après plus de 2km, je pose les pieds sur la plage où je suis accueilli par la foule venue m’encourager. Parmi eux, il y a les nageurs qui vont prendre part à la 1ère édition du « Swim Mogador Island » ( une épreuve de 4km dans la baie pour promouvoir la natation en eau libre au Maroc), les dirigeants de Fédération Royal Marocaine de Natation et celles que je remercie chaleureusement pour leur incroyable talent d’organisation, Edith Molina et Renata Thieck Alami pour m’avoir permis de m’évader de ma 21ème île-prison.

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A la suite de mon évasion à la nage de l'île de Mogador à Essaouira, j'ai pu participer en collaboration avec la Fédération Royale Marocaine de Natation, à une sensibilisation aux risques de noyades, aux marées, aux courants et apporter des notions de base autour de la natation en eau libre à une cinquantaine d'enfants de l'Association "Au Coeur de L'amitié Euro-Marocaine". Une très belle initiative mise en place par les organisateurs Edith et Renata qui œuvre pour la pratique et le développement de l'eau libre au Maroc !

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01/03/2015

Rottnest Channel Swim 2015

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La Rottnest Island (''Rotto'' pour les australiens), qui signifie ''Nid de rats'' en hollandais, est une île située à une vingtaine de kilomètres de la côte occidentale de l’Australie, près de Fremantle et de Perth. Longue de 11km et large de 4,5km cette  ancienne terre aborigène a émergé des eaux il y a 7 000 ans lorsque la hausse du niveau de la mer a séparé l’île du continent. Elle était auparavant rattachée au reste de l'Australie. P1110449b.jpg

Avant de devenir l'île paradisiaque qu'elle est actuellement, Rottnest Island a servi de prison. D'août 1838 jusqu'en 1903, des prisonniers aborigènes furent envoyés sur l'île. Cette île servit d'établissement pénitentiaire pour les aborigènes du continent condamnés pour vol de bétail, incendie de forêt ou vol de légumes. On estime à 369 le nombre d'aborigènes enterrés sur l'île et à 3 700 le nombre total de prisonniers aborigènes ayant séjourné sur l'île. Pendant les deux guerres mondiales l'île servit de prison pour les ennemis : Allemands et Autrichiens pendant la Première Guerre mondiale, Italiens pendant la Seconde. 
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Aujourd'hui, l'île vit du tourisme, de la pêche et de la plongée. Avec de larges plages de sable blanc et fin, Rottnest Island attire chaque année de nombreux curieux mais aussi des fêtards qui profitent des bars branchés le long de la côte.. Classé réserve naturelle, l'espace insulaire est un bien que les australiens préservent avec ferveur.

Traversée de Cottesloe jusqu’à Rottnest (19,7km)

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Le 24 janvier 1956, Gerd Von Dincklage est la première personne à traverser le Détroit de Rottnest et c’est en 1991 qu’est organisée pour la première fois la course de la Rottnest Channel Swim avec 44 participants (16 en solo et 7 en relais de 4 nageurs). En février 2015, je me rends en Australie pour prendre part à la 25ème édition de cette traversée de 19,7km, qui est devenue au fil des années une épreuve très réputée dans le monde de l’eau libre.

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Le samedi 21 février à 4h00 du matin, le service météorologique prévoit un vent de 60km/h et une houle de 1m pour la journée, mais les gardes-côtes malgré tout donnent le feu vert pour l’organisation et le déroulement de la traversée. A 5h00 du matin, je me retrouve sur la petite plage de Cottesloe avec plus de 2400 autres nageurs.
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Il y a 324 inscrits en solo (40% de plus qu’en 2013) et 2100 nageurs en équipes de 2 ou 4. Dans le cadre de mon challenge des îles-Prisons à la nage je me suis inscrit dans la catégorie des nageurs solos avec le numéro 86. Les départs de la traversée sont prévus par vagues de 80 nageurs environ espacées de 10 à 15mn. Il y a au total 13 séries. Les 4 premières sont pour les nageurs solos et je fais partie de la 2ème vague qui part à 5h55.
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J’ai 45 minutes pour me préparer et comme la journée est annoncée très ensoleillée, mon épouse va me tartiner de crème solaire haute protection en grande quantité afin d’éviter d’être brûlé par le soleil. Je vais également peindre mes avants bras avec de la graisse colorée : vert pour l’avant-bras gauche et bleu pour l’avant-bras droit. Ceci afin d’être reconnu par mon bateau accompagnateur au milieu de tous les nageurs. A 5h45 pile, le départ est donné aux nageurs de la 1ère série, je dois maintenant me rendre dans l’aire de départ. 

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Il fait encore sombre et il y a un feu sur le sable au milieu de la zone de départ pour se tenir au chaud. Je n’ai pas encore plongé que je suis très fatigué. Je n’ai dormi que 2h la nuit dernière et je ressens la fatigue du décalage horaire (+7h) ; mais faire un peu moins de 20km n'est pas si inhabituel pour moi et je reste confiant. Un petit avion survole la plage, il tracte une banderole où il y a écrit : « Good Luck Rotto Swimmers ! » . Puis pour annoncer que le départ est imminent, un homme joue sur un rythme très lourd du Didgeridoo, un instrument de musique traditionnel des aborigènes.  04.jpg

C’est le compte à rebours et à 5h55, le départ est donné. Je marche et plonge dans l’océan indien, la température de l’eau est de 23°C. Nous suivons un long couloir matérialisé par 2 longues lignes d’eau, je longe celle située sur la droite comme convenu avec mon pilote de bateau. Après 500m matérialisé par 2 grosses bouées, des kayaks rejoignent les nageurs. Pour ma part je n’en ai pas car cela aurait occasionné un coût supplémentaire. Le kayak est recommandé par l'organisation mais pas obligatoire contrairement au bateau pour cette traversée.
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Le soleil commence à faire son apparition et après 1000m, une porte formée de 2 grosses bouées marque l’endroit où les bateaux peuvent rejoindre les nageurs. Vu depuis l’eau c’est assez impressionnant : il y a près de 800 bateaux qui scintillent par les rayons du soleil et qui attendent leur nageur. Parmi toute cette flottille se trouve celui de Digby, mon pilote, et son frère Tim à bord pour me ravitailler. Je nage la tête hors de l’eau, façon water-polo, pour essayer de distinguer mon bateau où mes accompagnateurs agitent un drapeau Français.
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J’ai 500m pour le trouver car au 1500m, il faut passer ensembles, nageur plus bateau. Une porte matérialise cette limite par un vieux 3 mats et un bateau de l’organisation sinon on est sorti de l’eau. Une centaine de mètres avant la porte fatidique, j’aperçois enfin le bateau de Digby qui me reconnait. Je peux me remettre à nager normalement et c’est parti pour une échappée à la nage de plus de 18km.
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Les conditions météos rendent la progression des plus difficiles, un vent de travers me déporte continuellement sur la droite et je suis ballotté par une houle d’environ 1 mètre. Comme le diront d’autres nageurs, nous sommes dans une « washing machine » (machine à laver). Un bateau accompagnateur d’une équipe relais va même en faire les frais, car après une mauvaise manœuvre par rapport aux vagues, il va se mettre à couler…et ce sera malheureusement terminé pour ce relais ! 483534-855f5496-b96d-11e4-a5f5-f6d8716b3afa.jpg

Comme convenu, toutes les demi-heures Tim va me ravitailler en boisson énergétique à l’aide d’une perche. Avec la houle, cela ne sera pas évident et certaines de mes boissons seront mélangées avec de l’eau salée. Dans l’eau, j’ai longtemps distingué le fond à environ 5 mètres de profondeur. J’ai croisé quelques méduses, une urticante et les autres non puis lorsque c’est devenu plus profond j’ai vu beaucoup de plancton mais heureusement rien de plus inquiétant. Après 3h15 de nage, j’arrive à peine à la bouée des 10kms, psychologiquement, j’en prends un coup, je pensais la passer au bout de 2h30 – 2h45.
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Mais l’état de la mer a certainement réduit ma vitesse et ma fatigue du départ y a contribué aussi. Je pense que maintenant cela va aller mieux, surtout que je vais avoir des bouées plus souvent pour matérialiser les points kilométriques, ce qui est bon moralement. Entre le 10ème et le 12ème kilomètre, à force de boire de l’eau salée mélangée avec ma boisson énergétique et d’être ballotté par les vagues, je vais être hyper nauséeux et commencer à régurgiter tout mon ravitaillement. A partir de ce moment, je ne pourrai plus rien absorber.
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Autour de moi, je sens comme des mouvements anormaux, j’ai l’impression qu’il se passe quelque chose mais Digby et son frère me font signe que tout va bien. J’apprendrai plus tard à la sortie de l’eau, qu’au 10ème kilomètre a été aperçu un requin de 3 mètres qui a été canalisé par les lifegards. Durant toute la compétition, un hélicoptère spécial survolait le site de la compétition pour prévenir d’éventuelle présence de requins. Il me reste encore 7 kilomètres, dans ma tête, je me dis qu’en 2 heures j’en aurai certainement fini.
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Mais là je recommence à voir les fonds marins et ô surprise … je n’avance plus ! Je fais quasiment du sur-place, on m’avait prévenu, mais je n’avais pas imaginé que ce serait à ce point. J’ai l’impression d’être dans un « Flume », vous savez ces piscines à contre-courant. C’est l’horreur !!! Lorsque je m’arrête, j’ai l’impression de reculer. Sous l’eau, j’aperçois des méduses qui passent à toute vitesse. Je ne verrai pas le fond j’aurai l’impression d’avancer vite. Mais là, je fais quasi du surplace.
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Je vais même mettre à un moment 30’ pour faire un kilomètre. A l’esprit, il me revient une information que l’on nous avait donné la veille au brieffing : « A partir du 12ème kilomètre, ceux qui font demi-tour sont déclarés abandon ». Je ne comprenais pas ce que cela voulait dire, mais maintenant oui ! En fin de compte ceux qui reculent et n’avancent plus sont retirés de l’eau. C’est hyper dur et maintenant pour y arriver tout se passe dans la tête. Je pense à tous ceux qui m’ont encouragé et soutenu avant mon départ, je pense à tous les copains de France Choroïdérémie, à mon épouse qui m’attend à l’arrivée et je me dis qu’il ne faut pas lâcher, malgré la fatigue, le peu de sommeil, je peux y arriver !!! Il faut juste que je tourne les bras et cela devrait passer, à un moment il n’y aura plus de courant contraire.
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Mais en fait il y en aura jusqu’à l’arrivée, même quand on a l’impression que cela diminue, ça continue encore. Je vais faire 9km en 3h30. 700 mètres avant l’arrivée, Digby et son frère vont devoir m’abandonner, car les bateaux n’ont plus le droit de nous accompagner, je vais nager seul avec d’autres nageurs. Tout au long du parcours j’aurai nagé avec du monde devant, derrière, sur les côtés, plus de 2400 nageurs dans l’eau c’est impressionnant.
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J’arrive enfin dans la zone d’arrivée, j’ai du mal à me lever, je suis vidé, épuisé, fatigué,…mais hyper ravi d’en avoir fini avec la 8ème évasion de mon challenge. J’ai mis 6h52’47 ‘’10 pour effectuer 19,7km ce qui correspond à 20’57 du kilomètre. Je n’aurai jamais imaginé cela avant mon départ. Je termine 126ème nageur solo (6ème de plus de 50 ans) sur les 260 qui ont réussi à terminer. A l’arrivée, je vais recevoir mon pack de finisher avec des lots super sympas (sac, veste molletonnée, polo...).
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Je vais mettre une bonne demi-heure avant de récupérer physiquement et me remettre à marcher. Comme certains le disent : « Cette traversée est une bonne préparation pour ceux qui désirent traverser la Manche ». Il y a en même qui disent avoir trouvé la Rottnest plus dur que la Manche !!!
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A 17h, la course est terminée et tous le nageurs solos sont conviés au pied du podium pour la remise des récompenses et la photo de groupe. Comme tous les autres nageurs, je vais recevoir une médaille souvenir gravée à mon nom. Avant de retourner vers Perth, avec mon épouse nous allons profiter d’un bon restaurant au bord de la mer après s’être promenés sur l’île et mis les pieds dans l’ancienne prison qui aujourd’hui est transformé en ... hôtel, le principal sponsor de l’épreuve : Karma Resorts Rottnest Lodge.
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Malgré les difficultés rencontrées ce jour-là, cette traversée fait partie des plus belles que j’ai réalisées à travers le monde avec une organisation hyper rodée. 2400 nageurs pour 19,7km, il n’y a qu’en Australie que l’on peut voir ça !!!

03/05/2014

Freedom Swim 2014 (Afrique du Sud)

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Robben Island (en anglais) ou Robbeneiland (en afrikaans) est une île d'Afrique du Sud, située au large du Cap, dans la Table Bay (baie de la Table) à 7km à l'ouest de la côte de Bloubergstrand. L'« île aux Phoques » (Robben signifie en néerlandais ou afrikaans « phoques ») doit son nom aux nombreux mammifères observés en 1652 par les colons hollandais dans les eaux froides entourant l'île. carte traversée.jpgLe rôle de l'île dans le passé conflictuel de l’Afrique du Sud remonte aux débuts du colonialisme lorsque le premier colon néerlandais à gagner le Cap, Jan van Riebeeck, s’est querellé avec le chef local, Autshumato, qui lui servait d'interprète. Un malentendu culturel a entraîné le bannissement de ce dernier à Robben Island. L’île aux phoques était l’endroit parfait pour une prison, en raison des forts courants et des eaux froides mais l'interprète s’en évada sur une barque à l'aide d'un complice. A de très rares exceptions près, les tentatives d'évasion de Robben Island ont toutes échoué et la plupart des évadés se sont noyés durant la longue nage jusqu'à la côte. blog 1.JPGDe nos jours Robben Island est devenue un symbole mondial des droits de l'Homme, après avoir été utilisée comme prison, léproserie, hôpital psychiatrique et poste militaire de défense. Au 20ème siècle, les opposants noirs au régime de l’Apartheid, condamnés à de longues peines, y furent internés dont notamment trois futurs présidents sud-africains (Nelson Mandela, Kgalema Motlanthe et Jacob Zuma) blog 2.JPGAujourd'hui la prison a cédé la place aux touristes et cet ancien site de détention est devenu un véritable challenge pour les nageurs en eau libre. Cette année, dans le cadre des célébrations des 20 ans de la Démocratie en Afrique du Sud, l'épreuve annuelle d'eau libre, la Freedom Swim, s'est déroulée le samedi 3 mai 2014avec comme parcours Robben Island jusqu'à Big Bay, Blouberg près du Cap.

affiche pour blog.jpgC'est dans une eau à 12-13°C et sur une distance d'environ 7,5km au milieu des courants que les nageurs ont participé dans les différentes catégories proposées par les organisateurs : nageurs solo en maillot (25 nageurs), nageurs solo en combinaison (14 nageurs), nageurs en relais en maillot et nageurs en relais en combinaison. Dans le cadre de mon challenge des 7 îles-prisons à la nage, c'est dans la catégorie des nageurs en maillot que je me suis inscrit !!! blog 3.JPGJ’ai rendez-vous le samedi matin entre 7h30 et 8h au Nelson Mandela Gateway, située sur le Waterfront de Cape-Town. Ce quartier portuaire a été transformé en zone de restaurants et de magasins. Sur le chemin qui me mène de l’hôtel au lieu de rendez-vous, je passe devant de nombreuses devantures d’organismes touristiques qui proposent des excursions pour aller à la rencontre des grands requins blancs avec de grandes photos de squales toutes dents dehors ! Voilà de quoi mettre un peu plus de pression et de stress avant la traversée !!! blog 4.JPGJ’arrive sur le lieu de rendez-vous où je suis accueilli par les organisateurs pour le marquage et le docteur (ici en rouge) pour un contrôle médical. Il prend mes pulsations et la température (37.3°C) avant de me donner le feu vert pour participer. blog 5.JPGAux environs de 9h, nous embarquons sur une des navettes rapides, toutes baptisées selon les patronymes de prisonniers politiques embastillés au fil de l'histoire, qui doit nous conduire à la prison de Robben Island. Dans le port, un phoque nage aux abords du bateau ce qui confirme que l’eau n’est pas très chaude. La traversée en bateau s’effectue sous un épais brouillard avec une mer très calme, un peu ambiance des « Dents de la Mer » !!! Mais rassurez-vous, aucun requin blanc n’a été signalé dans cette zone, dixit les organisateurs. blog 6.JPGLorsque nous arrivons dans le port de l’île aux phoques, le brouillard s’est dissipé et laisse entrevoir quelques vestiges sinistres témoins, depuis le 17ème siècle, de ce paysage insulaire. Robben Island et sa prison symbolisent le triomphe de la liberté et de la démocratie sur l’oppression. Tout y est emprunt d’émotion. blog 7.JPGC’est dans ce port que je vais me préparer et m’enduire de graisse. Muni du maillot de bain spécialement dessiné pour moi par Aquadeus et du bonnet fourni par l’organisateur, c’est vers 11h30 que je vais prendre le départ de la traversée avec les autres nageurs. Lorsque je me jette à l’eau, je suis saisi par la température de l’eau qui dépasse légèrement les 13°C. Je me dirige vers la sortie du port où un phoque se dore au soleil. Une fois sorti du port, je rejoins le bateau qui va m’accompagner tout au long de la traversée de la Table Bay (la baie de la Table du nom de la montagne de la Table qui surplombe Cape Town). blog 8.JPGA bord de la petite embarcation pneumatique, il y a Chris et Shaun qui auront pour rôle de s’occuper de ma sécurité, de m’orienter et de me ravitailler… C'est la première fois qu ils font cela ! Quelques minutes à peine après les avoir rejoint, un animal passe en dessous de moi à toute vitesse, j’ai bien l’impression qu’il s’agit d’un dauphin. Le moment est à la fois flippant et magique et Shaun me confirme alors qu’il s’agit d’un dauphin. J’espère avoir l’occasion de le revoir mais cela ne sera plus le cas. Je continue de nager dans cette eau saumâtre et admire le magnifique paysage qui m’est offert lorsque je respire du côté droit. blog 9.JPG

J’ai une magnifique vue de la Table Mountain (Montagne de la Table) nom qui provient de sa forme sommitale. Elle culmine à 1086 mètres d’altitude et sa superficie au sommet est de 3km2. Elle est encadrée de part et d’autre de 2 collines Lion’s Head et Devil’s Peak qui laissent penser à 2 endroits pour s’asseoir autour de la table… je ne me lasse pas d’admirer ce magnifique paysage qui vient récemment d’être élu parmi les 7 nouvelles merveilles de la nature au monde. blog 10.JPGJe continue à nager tout en essayant de scruter les fonds marins et dans l'attente d’une éventuelle surprise. Après une heure de nage, par l’effet certainement des courants, l’eau se rafraîchit considérablement et affiche les 12°C. Juste un petit degré de différence, mais c’est énorme lorsque l’on nage. Alors que je ne ressentais pas le froid jusque-là, cette différence de température va m’y faire penser jusqu’à la fin. J’espère à ce moment là ne pas finir en hypothermie. blog 11.JPGJe distingue de mieux en mieux la côte où je dois arriver, mes accompagnateurs me font des signes pour m’orienter vers l’arrivée. A trop les regarder, je ne fais plus attention à ce qu’il y a dans l’eau quand soudain je reçois comme une décharge à l’épaule. Je viens de croiser une méduse. Cela me pique mais la douleur n’est pas forte, j’espère ne pas avoir à en croiser de nouveau. Je suis à 300m de l’arrivée lorsque mon bateau d’accompagnement me quitte pour laisser la place aux sauveteurs de Big Bay. Ceux-ci vont m’accompagner au milieu des vagues avec leur planche de sauvetage jusqu’à l'arche d arrivée. blog 12.JPGJe suis au coude à coude avec un autre nageur et j’effectue mes derniers mètres en courant sur la plage afin de franchir la ligne d’arrivée. Je viens de terminer la 4éme traversée de mon challenge des 7 Îles-prisons au continent à la nage dans un temps de 2h02’57’’. Dès que j’ai franchi le portique d’arrivée, on me remet une médaille, une serviette et un bonnet en laine puis je suis pris en charge par un sauveteur qui va m’accompagner dans un local transformé en hôpital de fortune. blog 13.JPGC’est un passage obligé pour tous les compétiteurs. Un médecin prend mes pulsations et la température : 34,5°C. Je suis obligé de rester tant que ma température n’est pas remontée au dessus de 35°C. J’en profite pour me changer et boire quelques boissons chaudes avec les autres nageurs. Après une vingtaine de minutes, je retourne voir le médecin qui m’annonce 36,3°C. Je peux donc quitter les lieux et rejoindre mon épouse sur la plage pour assister à la fin de la course.  

 

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09/07/2005

Le tour de Manhattan à la nage 2005 - (45km)

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Présentation :

Cathy, François et moi décidons en 2005, de participer à la 24ème édition de la « Manhattan Island Marathon Swim ».

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Cette épreuve de natation, autour de l’île de Manhattan, est longue de 45km. Ce marathon, dont la 1ère édition a eu lieu le 14 septembre 1982, est maintenant organisé par la Manhattan Island Foundation. Toutes les informations relatives à l’inscription sont sur le site de l’Association : http://www.swimnyc.org/.Evidemment, aux Etats-Unis, il n’y a pas de petits profits et participer à cette course a un coût. Si vous désirez prendre le départ, il faut compter 1200 euros (non remboursables). A ce prix, ils vous fournissent un bateau, un kayak, un juge, un T-shirt et un bonnet. Les bénéfices sont, ensuite, reversés à des associations caritatives new-yorkaises. Pour notre part, nous allons participer sous les couleurs d’une association qui lutte contre une maladie dite orpheline: la Choroïdérémie : http://france.choroideremie.free.fr

medium_map_mims.JPGLe parcours de cette épreuve de 45 km permet de faire une visite un peu différente de Manhattan. Le départ et l’arrivée se font à Battery Park, près de l’embarcadère où se trouvent les bateaux à destination de la Statue de la Liberté. Ensuite à la nage on remonte l’East River, en passant sous le célèbre pont de Brooklin et en longeant le siège des Nations-Unis. Puis on pénètre dans l’Harlem River jusqu’au pont de Spuyten Duyvil et pour finir on descend la Hudson River jusqu’à Battery. Evidemment il y aura plus de détails dans les notes sur l’épreuve elle-même. La suite à lire prochainement.

L'inscription :

Pour participer à la « Manhattan Island Marathon Swim », il faut s’inscrire par internet, il est impossible de le faire par courrier, c’est la première sélection. Ceux qui n’ont pas internet, sont déjà éliminés.A partir de l’été 2004, nous allons souvent nous rendre sur le site de l’association « Manhattan Island Foundation » afin de savoir à quelle date il faut s’inscrire. Après quelques péripéties informatiques (évidemment pourquoi tout serait si facile ?), la date du 8 janvier, s’affiche sur le site. Vite : appel à François et Cathy, pour ne pas oublier ce jour. Le 8 janvier, nous sommes tous sur nos ordinateurs respectifs afin de s’inscrire car seulement 25 nageurs individuels seront pris et pas un de plus. Les autres seront sur liste d’attente. Malchance pour moi, au moment du paiement ma carte bleue ne passe pas. J’appelle François et Cathy, qui me disent que pour eux c’est OK. Après une deuxième tentative, toujours rien. 

J’appelle François, qui m’avance l’inscription par l’intermédiaire de sa carte bleue, et là ça passe. OUF, il s’en est fallu de peu ! ! ! C’est toujours bon d’avoir des copains prêts à rendre service , même un service à 1200 euros ! Je suis le 23ème inscrit, je pourrais peut-être faire parti du voyage. Car ce n’est pas fini, now il faut que le dossier soit accepté.
medium_inscfrancois.jpgUn avant-goût de marathon va commencer. Avant fin février impérativement, il faut fournir par mail : un certificat médical, une radio des poumons, un électrocardiogramme et un justificatif comme quoi on a fait une épreuve de plus de

 4h dans une eau à 20° depuis juin 2004. Pour l’épreuve, pas de problème, car j’ai fait le détroit de Gibraltar l’année d’avant. Pour les examens médicaux, je prends les rendez-vous et obtiens les pièces demandées. 

Maintenant comment faire pour leur expédier les documents, sans envoi par courrier ni fax, quand on a pas de bon scanner et que l’on a un ordinateur qui date de 1998 ? Après pas mal de péripéties, le nécessaire va pouvoir être fait. J’en profite également pour faire les réservations pour le séjour, sans savoir si nous sommes pris car plus nous tardons et plus le tarif du billet augmente. Dans tous les cas, ce n’est pas perdu, on visitera N-Y. Reste encore quelques formalités, ils ont besoin de connaître la taille de notre T-shirt (là c’est facile XXL) et dans quelle matière nous voulons avoir notre bonnet de course (tissu, plastique ou silicone), ainsi que les coordonnées de nos accompagnateurs avant fin mars impératif. Quelle rigueur ! ! ! Cela doit être une manifestation bien rodée et on s’attend alors à trouver à l’arrivée une superbe organisation digne du marathon de New-York en course à pied.
Le verdict tombe fin avril. Nous sommes pris tous les 3. Super ! ! ! Reste à préparer nos valises.

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Le séjour :

La « Manhattan Island Marathon Swim » est prévue le 9 juillet et nous avons organisé notre séjour sur New-York du 2 au 10 juillet, afin de nous habituer au décalage horaire et nous permettre de profiter de la ville.

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Nous allons faire le plein de visites et balades dont une journée à Washington. Nous allons aussi monter sur l’Empire State building, flâner dans les rues de Time Square et Central Park, visiter le musée MOMA, assister au feu d’artifice grandiose de l’Indépendance Day… Mais nous n’oublions pas ce pourquoi nous sommes là et il faut trouver un lieu pour s’entraîner et faire des repérages du parcours.

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Il n’est pas question de nager dans l’Hudson River ou l’East River avant le jour de l’épreuve, « Baignade interdite ». Il nous faut donc trouver une piscine. Dès notre arrivée le dimanche, François et moi, nous rendons à une piscine indiquée sur la liste trouvée sur internet. Et là, quelle surprise ! ! ! Le prix d’entrée d’une piscine n’a rien de comparable à ce que l’on trouve en France. 25 dollars l’entrée ! ! ! Oui, vous avez bien lu 25 dollars (22 euros). Que faire ? A ce prix, nous décidons de laisser tomber l’entraînement du dimanche et de remettre ça le lendemain sur une autre piscine. Mais dans n’importe quelle piscine de New-York, le prix est de 25 dollars.

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Tant pis, il faut nager, nous payons. A ce prix-là, nous nous disons qu’il faut nager longtemps pour rentabiliser ! ! ! Dans les lignes d’eau nous faisons la connaissance d’un nageur américain qui a déjà participé à des épreuves organisées par la Manhattan Island Foundation et il nous explique que pour nager dans les piscines à New-York, il faut être membre du club auquel appartient la piscine. C’est pour ça que le prix est cher si l’on vient qu’une fois. Mais grâce à lui nous pouvons avoir des cartons d’invitation à la journée, ce qui va nous permettre de revenir s’entraîner jusqu’au jour de l’épreuve.

Le Briefing :

Nous sommes le vendredi 8 juillet, il pleut à torrent. Nous avons rendez-vous à 14h au bord de l’Hudson River dans un gymnase pour le briefing de la « Manhattan Island Marathon Swim ».

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Après 6 mois de relation internet, nous allons enfin mettre un visage sur l’organisateur, avocat très rigoureux, qui nous a fait miroiter une organisation sans faille. A partir de ce moment, nous allons commencer à déchanter.

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A 14h, nous nous retrouvons dans le hall du gymnase avec d’autres nageurs et accompagnateurs. Les responsables ne sont toujours pas arrivés. C’est dans ce hall que va avoir lieu le briefing, en plein milieu de l’entrée du bâtiment. Avec une heure de retard, le responsable de l’association, l’avocat, arrive et prend la parole. Avec son accent américain et en parlant super méga vite, il nous explique que ne connaissant pas la qualité de l’eau, il préfère annuler l’épreuve.

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Puis, il renchérit en disant que comme des nageurs et accompagnateurs sont venus de loin, que les bateaux d’accompagnements sont prévus, nous pourrons faire le tour de Manhattan à la nage tout autant que nous lui signions une décharge pour ne pas se retourner contre son association en cas de problème. Tous les nageurs présents voulant nager, bien sûr, nous signerons tous cette décharge.

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Puis sur un mur du hall, à l’aide d’un rétroprojecteur, il va nous expliquer le parcours, ces difficultés, ces courants… A la fin nous allons tous nous présenter chacun notre tour, en anglais évidemment. Pour moi cela fût un moment plus dur que si j’avais traversé la Manche aller-retour. ! ! !

Nous allons ensuite (à 17heures ! ! !) nous rendre à la pasta party organsiée pour tous, repas que nous avions réglé par internet, 25 dollars chacun.

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Nous allons nous retrouver dans un hangar pourri, en plein courant d’air, au bord de la rivière, livrés à nous-même. Au menu : salades, des pâtes immangeables et un gâteau américain au chocolat quant à lui délicieux pour moi. Nous allons discuter avec des nageurs mexicains très sympas assis à notre table, également un peu surpris de ce que nous venions de vivre.

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Nous allons ensuite nous séparer (toujours sous la pluie) pour nous reposer avant le jour J...

Le départ :

Ce samedi 9 juillet 2005, le rendez-vous pour participer aux « Manhattan Island Swimming Marathon » est prévu à 7h30 à South Cove près du World Financial Center.

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Nos accompagnateurs, eux, ont rendez-vous plus tôt à 6h45 à North Cove Yacht Club. Ils nous rejoindront et se mettront en place peu de temps avant le départ. Quant à nous, à Battery Park, le folklore de l’organisation continue. Des cartons sont posés sur un banc, c’est là que nous allons nous faire marquer et recevoir nos bonnets. 

Petit rappel : pour notre inscription il fallait impérativement dire dans quelle matière nous voulions notre bonnet de course, sinon nous ne pouvions nous inscrire ni participer à la course. J’avais coché la case silicone, Cathy et François également. Et là, surprise ! ! ! Nous nous retrouvons tous avec le même bonnet en plastique orange avec notre numéro inscrit dessus. C’était bien la peine de nous prendre la tête ;-) avec ça…
Vient ensuite le moment de se préparer et de se graisser.

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Mon juge discutant avec le kayakiste qui va m'accompagner

Après quelques séances photos nous nous approchons de l’eau afin de chercher nos kayakistes et nos bateaux qui vont nous accompagner lors de notre marathon. Quelle horreur ! ! ! On aurait dit que les égouts de la ville entière venaient juste de se déverser avant notre départ.

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Des détritus de partout au milieu des méduses. Pas très engageant, des kayaks s’approchent et éloignent tout ça à grand coups de pagaies.

Le départ va se faire en trois vagues. Cathy partira dans la première, moi dans la seconde et François ensuite. Entre chaque vague de départ, il y aura un écart de 2 minutes.

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Le départ prévu à 8h50 se fait attendre, sans raison. Nous nous asseyons sur un banc pour attendre, le temps est magnifique. A 9h10, enfin, la première vague est conviée à se mettre à l’eau. Puis viendra ensuite mon tour deux minutes plus tard. Je saute dans l’eau.

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La température de l’eau est de 21°C et le temps est toujours au beau fixe. Quelle belle visite des rives de Manhattan en perspective ! Le départ est donné et je m’élance à la nage dans l’Hudson River en direction des embarcadères pour la Statue de la Liberté qui pointe sa torche au loin sur ma droite. Lorsque je retrouve mon kayak ainsi que mes accompagnateurs-supporters Alexandra et Thierry, j’ai déjà pris la tête de ma vague et commence à rattraper ceux partis dans la vague précédente.

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Le courant m’entraîne tout au long de Battery Park jusqu’à l’East River devant une foule de curieux se demandant ce que l’on fait là …

La course :

Je débute la remontée de l’East River. Après deux kilomètres de nage, je passe sous le fameux pont de Brooklyn. A cet instant, je reçois comme une décharge électrique. Je viens de me faire piquer par une méduse. Cela va me brûler pendant quelques minutes. Dès que la douleur s’atténue, une deuxième décharge. Je sens qu’on va y avoir droit pendant tout le parcours. Je continue sous le pont de Manhattan et celui de Williamsburg. A ce moment de la course, j’ai rattrapé les nageurs de la première vague et me retrouve en tête.

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Je me situe à hauteur de la 23ème rue, quand soudain un hydravion amerri non loin de moi. Devant moi, le bâtiment des Nations-Unies et l’île de Roosevelt. Je dois la laisser sur ma gauche et emprunter le chenal ouest.medium_empirestate.jpg

A ce moment, je suis entraîné par un courant, qui va me faire nager à plus de 12km/h au dire de mes accompagnateurs Alexandra et Thierry. Je vais même dépasser des joggeurs sur le bord de la rive. C’est génial ! A la sortie de ce chenal, ma vitesse va se réduire pour finalement atteindre la normale. A ma surprise et celle de mes accompagnateurs, je ne suis plus en tête. Tous ceux que j’ai doublé me sont repassés devant, ainsi que ceux de la troisième vague. Que s’est-il passé ? ? ? Je ne le saurais jamais.

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Erreur de parcours de mon bateau sans doute. Contrarié, je vais remonter progressivement un par un tous les nageurs et me retrouver au 1er check point situé à l’entrée de la rivière d’Harlem et le Yankee Stadium en 2ème position. Le nageur de tête se situe à 50 mètres devant moi. Les eaux de la rivière sont calmes et le courant est nul. Il n’y a plus de méduses. Pendant les 12km de ce parcours je vais en profiter pour doubler le premier et le distancer.medium_repremier.jpg

Je vais être mitraillé par les photographes présents sur le bateau de presse, rendant difficile l’approche de mon bateau pour qu’Alexandra puisse me ravitailler.

Après 5 heures de nage, j’arrive à hauteur de Spuyten Duyvil, 2ème check point, largement en tête avec 1000m d’avance.medium_le2a1000m.jpg

Je rentre ensuite dans la rivière Hudson pour la dernière ligne droite de 20km dans le courant… tout baigne pour moi à ce moment là.

L'alerte météo :

Je viens de passer en tête au 2ème check point du tour de Manhattan à la nage. Cela fait déjà 5 heures que je nage et je suis en tête avec plus de 1000 mètres d’avance. Devant moi le pont Georges Washington. Je vais de nouveau me refaire piquer par des méduses, mais cela ne fait rien, le plus dur vient d’être fait. Mes bras sont lourds, mais je sais qu’il ne me reste plus que 2h à 2h30 à nager dans le sens du courant assez fort.medium_dernierravito.2.jpg

Trente minutes après avoir dépassé le 2ème check point et alors que j’arrivais sous le pont Georges Washington, mon bateau accompagnateur se met devant moi et me stoppe. Que se passe-t-il ? ? ? Alexandra m’informe qu’il y a une alerte météo et que tous les nageurs sont priés de monter sur leur bateau en attendant qu’elle passe. Je n’y comprends rien, je suis sous un soleil de plomb. Le juge sur le bateau pointe son doigt derrière moi, et là je m’aperçois que le ciel est très sombre et qu’effectivement il y a une tempête (les restes du cyclone Katrina en Louisiane). Je monte sur le bateau, confiant que l’on repartira lorsque ce sera fini.medium_arret.2.jpg

Malheureusement, il n’en sera pas ainsi. L’organisateur de l’épreuve, avocat de profession, dès qu’il aura l’assurance que tous les nageurs sont à bord de leur bateau, va annuler la course et demander le retour des bateaux. Là je rage, si j’avais connu ce dénouement, j’aurais continué car lors de mon arrêt j’étais encore sous le soleil.medium_alertemeteo.2.jpg

On va rentrer à toute vitesse vers South Cove et je vais finir mon tour de Manhattan … en bateau. Dix minutes après notre arrivée au port, un soleil de plomb va ressortir. La haine ! ! !

L’organisateur prenant les passages aux check point et les juges ayant noté par GPS l’endroit où nous nous sommes arrêtés, nous espérons qu’un classement sera effectué à cet endroit.medium_retourbotemp.2.jpg

Le soir même, en pénétrant dans le restaurant où vont avoir lieu les récompenses, nous voyons un déballage de trophées gravés qui sont posés au fur et à mesure sur une table. Chouette ! ! Nous aurons un souvenirs. Lors de la remise des récompenses il n’en sera pas ainsi. Et là ce sera un remake de «l’école des fans » à la sauce américaine: tout le monde a gagné ! ! ! 

medium_medaille.2.jpgIl n’y a pas de vainqueur puisque l’épreuve a été annulée et que nous ne sommes pas partis tous ensembles. La pilule est dure à avaler pour moi. Ils vont nous remettre à chacun une médaille de « Finisher », alors que nous n’avons pas terminé la course et ils vont remballer devant nos yeux… les trophées. En consolation, nous récupérerons un sac avec les souvenirs de la course, un bonnet en plastique et un T-shirt taille L (vraiment trop juste pour moi). A quoi donc ont servi toutes les infos détaillées données sur internet ?
A la question : si je compte y retourner ? La réponse est : je ne pense pas de si tôt ! ! !

La revue de press du tour de Manhattan à la nage.

09/09/2001

Septembre 2001 : Chicago

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Dimanche 9 septembre 2001, François, mon épouse et moi-même sommes à Chicago aux Etats-Unis. Nous avons fait le voyage pour participer, François et moi, à la « BIG SHOULDERS » littéralement « les grosses épaules » tout un programme ! Il s’agit d’une épreuve de 5km dans le lac Michigan au pied des gratte-ciel de la ville. Le cadre est splendide et assez inhabituel pour nous. Cette épreuve est très renommée aux USA et nous sommes plus de 200 participants à nous élancer pour 2 tours de 2,5km.

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L'arrivée se fait en courant sur la plage comme c'est le cas pour la plupart des épreuves américaines. Je termine 7ème de la traversée et 1er dans ma catégorie d’âge en 1h04'50. La remise des récompenses est un peu confuse et à l'appelle de mon nom "Toussette" j'ai droit à une jolie médaille souvenir. En fin d'après-midi, nous visitons la ville et montons sur la plus haute tour de Chicago pour admirer le panorama et le site où nous avons nagé.

Si vous désirez participer à cette épreuves au pied des buildings, voici le lien pour vous inscrire : http://www.bigshoulders.org/

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Le lundi 10 septembre 2001, nous allons faire un dernier tour de ville et en profiter pour faire du shopping et visiter le musée aux riches collections. Devant une devanture, il y a une magnifique photo de New-York, avec l’East River et dans le fond culminent les Twin Towers. Avec François, on se dit : « dans 2 ou 3 ans, il faut que l’on participe à la Manhattan Island Swimming Marathon. Cela doit être super de nager devant les tours ». Puis on se rend en fin d’après-midi à l’aéroport pour prendre l’avion du retour. Nous avons passé un super séjour dans une ville magique !

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Le mardi 11 septembre 2001, mon épouse et moi arrivons à Paris vers 8h, fatigués par le voyage. Nous nous dépêchons de prendre le premier train afin de rentrer à la maison pour récupérer du décalage horaire. A notre arrivée, nous allumons la radio puis la télé et allons suivre en direct toute la journée l’EVENEMENT que le monde entier a pu vivre ce jour-là. Nous avons passé le reste de la soirée à répondre aux appels de nos proches, inquiets de savoir si nous étions bien rentrés. Ce jour là restera gravé dans nos mémoires car le 10 septembre 2001, nous étions encore parmi les nuages de Chicago, en haut d’un gratte-ciel…

10/06/2000

Alcatraz - San-Francisco 2000 : 2,4km dans 12°C

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Les évadés d’Alcatraz

Dans la nuit du 12 juin 1962, trois prisonniers, Lee Morris et les frères Anglin  s'évadent de la fameuse prison d'Alcatraz située dans la baie de San-Francisco (Californie). Ils relient San-Francisco à la nage dans le froid et les courants. A ce jour, nous n'avons toujours aucune nouvelle d'eux !

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Nager dans la baie de San-Francisco afin de suivre les traces de ces trois prisonniers, voilà une épreuve qui pourrait être intéressante et qui donne envie. Un petit tour sur Internet et le rêve peut devenir réalité.

Nous voilà parti avec ma tendre, vers San-Francisco où nous retrouverons un ami nageur François de Bordeaux tenté aussi par le défi. Il est accompagné de son épouse.

Nous arrivons dans une ville incroyable construite sur un relief accidenté. Du haut d’une des collines du centre ville, « Russian Hill », nous avons une vue imprenable sur la prison d’Alcatraz. Nous empruntons un des « cable car » afin de descendre la rue très pentue et arriver au terminus de l’Aquatic Park. Nous allons faire une petite séance d’entraînement afin de goûter l’eau. La température est de 13°C ! Nous n’allons pas trop nous y attarder. Après ce court entraînement nous allons nous rendre dans le club d’eau libre de l’Aquatique Park : Le Dolphin Club, un club à faire rêver tous les passionnés d’eau libre. Il a été créé en 1877 et son bâtiment en bois peint en blanc abrite un hangar, des vestiaires, un sauna, une salle de musculation et deux salons à l’étage avec vue sur la baie. Il n’y a pas de piscine, les nageurs s’entraînent directement dans la baie délimitée par des bouées. La plupart des nageurs américains qui désirent traverser la Manche sont passé par ce club. Nager dans la baie à 12°C quasiment toute l’année est idéale pour préparer un tel défi. Nous sommes en admiration devant une telle structure. Peut être un jour en France ?

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Le samedi 10 juin 2000, nous allons participer à un des événements organisé par le club : « l’Alcatraz Sharkfest ». La distance qui sépare la prison surnommé "Le Rock" à la terre ferme de l'Aquatic Park à San Francisco est de 1.5 miles soit 2.4 km et la température de l'eau frôle les 13°C. Nous avons rendez-vous dès 6h30 à l’Aquarium de l’Aquatic Park. Nous sommes impressionnés par l'organisation "à l'américaine".

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Au milieu de 750 autres nageurs venus en majorité des USA, nous sommes accueilli avec le sourire par des bénévoles. Nous avons droit à un marquage sur le dos de la main en deux temps trois mouvements et à un ravito à profusion (bananes, chocolat chaud, thé...). Dehors, il y a de la musique à fond la caisse avec entre autres, la musique du film "Les dents de la mer", histoire de mettre un peu la pression. Puis c’est l’heure du briefing des canoës suivi de celui des nageurs. Une fois terminée nous avons droit à l’hymne national américain avec tous les nageurs la main sur le cœur. Si ! si ! Mieux que dans les films !

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Puis, avec les futurs évadés, nous partons défiler dans la rue principale du quartier pour nous diriger vers l'embarcadère où nous attendent 2 gros bateaux devant nous amener … en prison ! Un scénario dont nous connaissons bien la fin à l'avance : 750 prisonniers = 750 évadés ! 

Durant toute la traversée, nous apercevons sur la droite le fameux pont rouge "Le Golden Gate" et sur la gauche le "Bay Bridge" ainsi que dans le fond les buildings de San Francisco. Aucun requin n'a été repéré malgré la "Sharkfest" (surnom de la traversée) annoncée. OUF !!!

medium_alcatraztus.3.gifSur les 750 participants, environ 150 ont effectué le parcours sans combinaison, seulement en maillot, avec le bonnet de l'organisation et une paire de lunettes. C'est notre cas.

Au total 115 nageurs sans combinaison terminent la course, le premier en 26’30’’ et le dernier en un temps de 1h 27' 57''. Pour ma part je fais une très bonne course et me classe 12ème sur les 750 nageurs confondus et 3ème sans combinaison.

Cette expérience enrichissante et dépaysante nous permet de passer une super semaine de vacances aux States et nous donne un avant-goût pour une prochaine évasion qui nous attend en France, " Le Château d'If " à Marseille !

Le lien pour participer à cette épreuve : http://www.sharkfestswim.com/

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28/11/1999

Hawaii 1999 - Préworld

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En 2000 doivent avoir lieu les 1ers championnats du monde de natation en eau libre à Honolulu (Hawaii – USA). Pour préparer une telle organisation, les pré-world ont lieu en 1999 sur le même site.

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Il est prévu les épreuves classiques (5 – 10 –25 km), plus un 1 et 3km masters. Parce que j’avais déjà fait un voyage sur Hawaii, et j’en avais été enchanté, je décide de m’y inscrire. Je vais participer au 5, 1 et 3km. Mais le plus gros souvenir reste le 3km.
En cette fin novembre 1999, après avoir passé une semaine de vacances paradisiaque avec ma douce, je me présente au marquage du 3km.

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Après un briefing sous le soleil de plomb, on nous donne les dernières informations et recommandations sur le parcours. Entre autres, que la bouée de contournement, n’est autre qu’un sous-marin au large (non immergé) qu’il faut laisser sur sa droite ! Nous plongeons dans l’eau tempérée et bleue turquoise de Waikiki pour le départ. Je nageais au côté d’une nageuse fidjienne quand, après avoir parcouru un km, un groupe de dauphins se mit à nous encadrer et à nager avec nous !

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Nous avons parcouru ainsi plus de 300 m en nageant en parfaite harmonie avec les cétacés. La fille qui nous accompagnait en kayak nous faisait des signes pour nous dire que c’était génial. Arrivés au sous-marin, il a fallu tourner et nos chemins, avec le groupe de dauphins, se sont séparés. Ce très court instant qui dura un peu plus de 5mn, fût un moment merveilleux où la compétition passa au second plan. Pendant le retour vers la ligne d’arrivée, j’espérai revivre ce moment magique et, à défaut de dauphins, j’ai pu admirer des raies et des tortues de mer qui évoluaient à mi-profondeur.

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A l’arrivée, mon classement importait peu, la seule chose qui m’intéressait, c’était de raconter tout cela à ma femme qui m’attendait et m’encourageait sur le sable fin. Pour ne pas gâcher ce plaisir inoubliable, je terminais malgré tout 1er de ma catégorie. Aloha !

16/12/1995

Sydney: championnat d'Australie 1995 sur 8km

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En 1995, parmi les retours de courriers des fédérations étrangères, je reçois d’Australie un bordereau d’inscription pour participer à leur championnat « open » sur 8km. Cette épreuve a lieu en décembre dans la ville qui vient d’être désignée comme hôte des JO de l’an 2000 : Sydney. Sans aucune hésitation, je m’y inscris. Nager à Sydney, le pied ! C’est l’hiver en France alors que dans l’hémisphère Sud c’est l’été. Il paraît qu’il y a de belles plages là-bas. D’ailleurs la traversée est prévue à Manly, une station balnéaire réputée de Sydney. Je vais vite m’empresser d’organiser mon séjour. Il faut compter plus de 24 heures de voyage en avion sanglé dans un siège étroit, les genoux coincés contre le dossier du fauteuil de devant. En prime, j’ai une escale de 12 heures à Hong-Kong. Quelle horreur !!! Si encore il y avait des piscines dans les avions. Pour éviter la fatigue et traîner dans l’aéroport de Hong-kong, je décide de rester deux jours sur place. Cela me permet ainsi de faire une pause et de pouvoir visiter ce territoire qui vit ses dernières heures en tant que colonie britannique. 

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J’en profite pour aller à « Repulse Bay », la plus réputée et plus grande plage de l’île. La baie est superbe et forme un croissant presque parfait. Lors de mon passage, la plage est déserte, mais il parait qu’elle est prise d’assaut le dimanche par des milliers de hongkongais. Le décor est magique et offre un superbe panorama. Une fois dans l’eau, on distingue au large les petites îles alors que derrière s’élève une montagne abrupte. En bout de plage, on trouve le Temple de Tin Hau, déesse taoïste de la mer et des marins ainsi que de grandes statues représentant des divinités. L’eau n’y est pas vraiment de bonne qualité, il faut dire qu’au large naviguent les grands pétroliers. La baignade est délimitée par des filets, le plus éloigné sert de filet anti-requins ! Il n’est pas question de nager trop loin. Après une bonne douche, il faut penser à retourner vers l’aéroport. En moins d’une trentaine de minutes, c’est le contraste total, on baigne désormais dans une mer de gratte-ciels. Hong-Kong est une ville étonnante… Mais il ne faut pas oublier ma destination finale : l’Australie. 

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Arrivé à Sydney, je découvre une ville très sportive. Il y a plein d’espaces verts faciles d’accès où se croisent cyclistes et joggeurs. Il y a même une piscine dans un des espaces verts tout près du célèbre Opéra. La natation fait partie des sports les plus pratiqués dans ce pays. Le surf aussi y est très à la mode. Il n’est pas rare de croiser de jeunes australiens en costume avec une planche sous le bras. Ils courent vers « Darling Harbour » afin de prendre le bateau qui les conduit vers les plages de l’autre côté de la baie de Sydney. Manly fait partie de leur destination et je vais les suivre pour repérer le lieu de la traversée. Là, j’apprends que la traversée n’a pas lieu le long de cette magnifique plage à cause de la présence de requins. Elle est donc prévue dans les terres, sur un plan d’eau formé par un barrage. C’est beaucoup moins agréable. En me promenant sur le front de mer je découvre un sport pratiqué par les sauveteurs qui surveillent la plage. Ils ont tous sur la tête un drôle de petit bonnet rouge et jaune fixé par une lanière sous le menton. Le même que j’utilisais dans ma jeunesse pour les traversées. 

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Certains d’entre eux s’entraînent sur le sable pendant que d’autres nagent, font du kayak ou de la planche. Ce sport remonterait au début du 20èmesiècle car l'océan et ses grosses vagues ont très rapidement révélé de réels dangers. Des petits groupes de bénévoles expérimentés se sont organisés afin de porter secours aux personnes en difficultés. C'est le début des premiers clubs de sauvetage. Le club de Manly est l’un des premiers à avoir été créé. Leur entraînement est très vite considéré comme un sport plus connu sous le nom de "Surf Life Saving". Chaque club souhaite avoir l’équipe la plus rapide, la plus vigilante et la plus habile. Ils se défient lors de compétitions spectaculaires qui regroupent lors du championnat national plus de 3000 participants. Sur place, j’en profite pour visiter leur club. A l’intérieur, c’est un véritable musée. Des champions olympiques australiens de natation ont fait parti de ce club. Il y a de nombreuses photos, du matériel ancien, des drapeaux et des médailles remportées par les sauveteurs. Je les regarde s’entraîner et je suis très vite séduit par ce sport très ludique. Je regrette à cette époque qu’il ne soit pas pratiqué en France…

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Le jour de la traversée, je me rends à pied vers le barrage. Plus je m’en approche et plus il y a de monde. Généralement, lors des différents championnats nationaux auxquels j’ai participé il y a au grand maximum une cinquantaine de participants. En France, si on atteint les 30, c’est déjà un succès. Ici, il y a plus de 150 compétiteurs pour participer à une épreuve de 8 kms. Il y a des jeunes mais également des biens plus vieux que moi. Ils sont nageurs, triathlètes ou sauveteurs. La natation fait partie de la culture des Australiens et elle est bien ancrée dans les mœurs. J’essaie de me faufiler au milieu des nageurs pour trouver les organisateurs et confirmer ma présence. Nous allons devoir nager 6 boucles de 1,2km. Le plan d’eau est vraiment petit. Plus de 150 nageurs vont faire des tours de 1,2km. Dès le départ, ça nage très vite, la marée humaine s’étire et après les premiers tours, on ne sait plus qui est le premier et qui est le dernier. Vers la fin je double des nageurs, je ne sais pas si il s’agit de retardataires ou de nageurs fatigués que je rattrape. A la sortie de l’eau, on me donne un petit carton où figure mon résultat, je suis 58ème. Pas terrible ! Mais le niveau est très élevé. J’aimerais bien rester ici pour m’entraîner. J’aurais certainement beaucoup appris, mais il faut pourtant retourner dans le froid hivernal de la France. Je ne dispose pas non plus de congés à rallonge. 

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Lorsque je présente mon titre de transport au comptoir de l’aéroport, je m’aperçois au visage de l’hôtesse qu’il y a un problème. En effet, j’ai oublié de confirmer ma réservation et ma place a été attribuée à quelqu’un d’autre. L’avion est plein et je me vois déjà ravi de prolonger mon séjour à Sydney, d’appeler au travail pour dire que je suis bloqué ici. L’hôtesse part quelques instant, puis revient en me délivrant mon petit carton d’embarquement et en me disant en anglais : « Petit cadeau pour Noël ». Bon d’accord, merci ! Mais le cadeau pour moi, c’est si elle m’avait annoncé : « Vous restez à Sydney, tous frais payés ». Lorsque je franchis la porte de l’avion, je tourne à droite par habitude mais l’hôtesse me conduit vers la gauche, à l’avant de l’avion, direction les classes affaires ! 

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Je suis encore plus excité qu’un gamin qui vient de croiser le Père Noël : le rêve pour un retour vers le froid. Le siége à côté de moi est vide. Nous ne sommes que quelques personnes dans cette partie de l’avion avec deux hôtesses pour nous servir. Elles me donnent une superbe trousse comprenant tout le nécessaire pour se reposer et se débarbouiller. Ensuite, on m’offre l’apéritif et on m’apporte le menu comme au restaurant. Je suis servi dans de la vraie vaisselle qui n’a rien à voir avec le traditionnel plateau repas et ses couverts en plastique. Tout est servi à volonté. Quant au siège, pratiquement deux fois plus large qu’en classe touriste, il ressemble à un vrai lit une fois en position allongée. Il n’y a pas besoin de se tourner dans tous les sens pour trouver une position qui ne dérange pas le voisin. C’est le pied et le voyage paraît beaucoup moins long. Rien à voir avec l’aller. Cela reste un souvenir inoubliable, car je ne pense pas que l’occasion se représente là de sitôt.