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12/10/2015

La gamme XTREMSWIMMER d'Aquadeus !

Une gamme en édition limitée pour tous les nageurs passionnés désireux de relever les plus grands défis aquatiques !!! 

Attention, il s'agit d'une édition limitée en pré-commande jusqu'au 20 octobre ! Après il sera trop tard et Noël approche !

 

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30/08/2014

Entraînement avec les nageurs de Sandycove (Irlande)

sandycove0.jpgLe vendredi 29 août 2014 je débute un week-end d’eau libre en Irlande. A mon arrivée à l’aéroport de Cork en milieu d’après-midi je suis accueilli chaleureusement par Catherine Fravalo et Ned Denison, mes hôtes pour le week-end. Ned est un passionné et une figure de l’eau libre en Irlande et dans le monde, il a traversé la Manche, Catalina, Manhattan, Jersey-France et bien d’autres…Mon frère jumeau de nage en quelque sorte. Pour ce court séjour, il m’a concocté un programme de rêve. Cela commence dès le vendredi soir par 2 séances à Sandycove. C’est une petite île située dans l’estuaire de la rivière Pil près de Kinsale dans le comté de Cork. Elle est peuplée uniquement de chèvres sauvages qui apparaissent sur le logo des Nageurs de Sandycove. Nous arrivons à 18h à la cale de halage en face de l’île. Des nageurs sont déjà dans l’eau et d’autres se préparent. Sandycove1.jpg

Le concept du club est simple : il s’agit tout simplement d’une base d’entraînement pour nageurs de marathons. Les passionnés d’eau libre, une cinquantaine environ, se retrouvent pour nager et faire le tour de l’île, une, deux, voire plusieurs fois au cours d’une séance. Cela permet aux nageurs d’échanger leurs expériences, la plupart d’entre eux ont traversé la Manche et ce site est un endroit idéal pour ceux qui désirent s’y préparer. La température de l’eau est généralement plus froide que dans la Manche et donc idéale pour une bonne préparation. Des évènements en eau libre sont organisés tout au long de l’année autour de l’île. Chaque année, début juillet, Ned organise d’ailleurs un stage d’une dizaine de jours pour ceux qui désirent effectuer la traversée de la Manche ou autre grand raid aquatique… DSCF3188b.jpg

Avant de me mettre à l’eau je prends la température, l’eau est à 15°C mais Ned m’informe que tout autour de l’île on peut avoir des variations de température et qu’en fonction des endroits il peut y avoir facilement 2° de moins ! J’enfile le bonnet des Nageurs de Sandycove que m’a remis Ned et nous partons faire un tour de l’île ensemble. Le tour varie en fonction de la hauteur de la marée et fait environ 1800m que l’on contourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. On se dirige d’abord dans une eau calme en direction de la pleine mer, ensuite l’eau se rafraîchit progressivement et la mer devient de plus en plus houleuse. 

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Derrière l’île, nous sommes exposés à la pleine mer, il faut faire attention de ne pas être emporté vers les rochers par les vagues. Ned est habitué, il nage au plus près de l’île et je me mets dans son sillage car nous nageons à la même vitesse. Puis ensuite nous contournons l’île pour nous retrouver de nouveau dans une eau qui se réchauffe tout en devenant plus calme. Sur l’île verdoyante, j’arrive à distinguer quelques chèvres sauvages mais dans l’eau difficile de voir la faune marine. Je touche parfois quelques algues mais aucune autre surprise. Il arrive parfois, avec un peu de chance, de voir des lions de mer. 10357679_10204551010201764_5808457809175506326_o.jpg

On termine notre tour de l’île en reprenant pied à la cale de halage. Ned m’apprend que parmi ceux qui ont nagé à Sandycove, je suis le 103ème nageur à faire partie de ceux qui ont traversé la Manche. La soirée n’est pas encore finie car un tour de l’île est également organisé chaque année de nuit et cela tombe justement ce soir-là. Après un sympathique BBQ chez Ned, nous retournons pour être à 22h à Sandycove. Nous rejoignons d’autres nageurs, parmi eux 7 ont déjà traversé la Manche et les autres ont déjà participé à de grands marathons à la nage. Il fait beaucoup plus frais qu’en fin d’après-midi mais la mer est moins agitée au large. 

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Nous nous équipons de sticks lumineux accrochés à nos bonnets et me voilà reparti à refaire le tour de l’île. L’eau me semble plus froide que la fois d’avant, il faut dire qu’il y a aussi la fatigue du voyage. Nous nageons en petit groupe, je nage avec Ned et celle qui est à l’initiative de cette petite virée nocturne. Lorsque je nage, j’entends des petits cris au dessus de ma tête. Les chèvres sauvages ont laissé place à ce qui me semble être des chauves-souris. Mais cela ne trouble en rien notre nage et nous terminons notre tour de l’île tranquillement. Je vais avoir du mal à me réchauffer et de retour chez Ned une bonne douche chaude et un bon chocolat chaud de Catherine vont permettre heureusement de me requinquer avant la journée de samedi où il est prévu de nager dans d’autres endroits tout aussi agréables dans la région. loughtHyre.jpg

En dehors de Sandycove, il y a effectivement pleins d’endroits magnifiques près de Cork et même en Irlande en général pour nager. Ainsi dans la journée de samedi, je vais découvrir deux autres sites où les nageurs marathoniens se retrouvent la plupart du temps : Lough Hyre et le lac de Gougane Barra … 

Si vous comptez vous rendre en Irlande, n'hésitez pas à passer à Sandycove, vous y trouverez certainement des nageurs en train de s'entraîner tout au long de l'année, été comme hiver et vous découvrirez une belle région avec des nageurs dévoués à leur passion ... 

24/10/2013

Le Serpentine Swimming Club de Londres

La Serpentine est un lac artificiel de 11 hectares et d’une profondeur maximale de 12 mètres situé à Hyde Park à Londres en Angleterre. C'est en 1730 que la reine Caroline, épouse de George II, ordonna de créer une retenue sur la rivière Westbourne, dans le cadre d'un réagencement de Hyde Park et de Kensington Gardens. À cette époque, cette rivière formait onze étangs naturels dans le parc. Il fut mené à bien entre 1730 et 1733 par le jardinier royal Charles Bridgeman. creation serpentine.JPG

La Serpentine fut l'un des premiers lacs artificiels conçus pour avoir une apparence naturelle dans le pays. Il comporte également une île dans sa partie orientale. L’espace ouvert de Hyde Park, attirait, comme il le fait aujourd’hui, les londoniens pour les loisirs. Par temps chaud, certains n’hésitaient pas à se rafraîchir dans les eaux du lac et se rencontraient de façon informelle pour nager ensemble. Dès le début du 19ème siècle, des courses sont organisées et attirent un grand nombre de spectateurs. Afin de formaliser leur activité, un groupe de nageurs s’est organisé pour créer un club. serpentine ngeur dessin.JPG

Le Serpentine Swimming Club est un club londonien de natation en eau libre ouvert toute l’année sur la Serpentine et affilié à l’Amateur Swimming Association. C'est le plus vieux club de natation d'Angleterre. « Just get on with it » est le dicton utilisé par les membres du SSC, un groupe de nageurs aguerris et éclectiques. L’activité principale du club tourne autour des courses à handicap qu’elle organise tous les samedis matin à 8h00. Les combinaisons y sont strictement interdites. La plus connue des courses est la « Peter Pan Christmas Race Day », elle se déroule le matin de Noël depuis 1864 sur la distance de 100 yards (91,4m). A cause des risques inhérents à la nage en eau glacée, la course est réservée uniquement aux membres du Serpentine Swimming Club. Pendant les mois d’hiver, la température de l’eau est très faible et le lac est parfois gelé, tandis que l’été, l’eau peut atteindre des températures avoisinant les 20°C.  blog membre.jpg

Pour être membre de l’association il en coutera 20£, mais la séance d’essai est gratuite. Les membres sont autorisés par le « Royal Parks » à nager dans le lac tous les matins entre 6h et 9h30. Lors d’un week-end londonien, je n’ai donc pas hésité à me rendre à Hyde Park afin de me joindre aux membres du Serpentine Swimming Club pour une séance de nage dans les eaux fraîches de la Serpentine. Fin octobre, je me rends donc très tôt à Hyde Park. Il est à peine 7 heures du matin, il fait encore nuit et une légère pluie s’abat sur le parc. En me dirigeant vers le Lansbury's Lido construit en 1930 où se trouve le local du club, je croise des coureurs matinaux qui arpentent les chemins du parc faiblement éclairés. 

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Lorsque j’arrive sur les bords de la Serpentine, qui fut le théâtre de l’épreuve du 10km marathon eau libre des précédents Jeux olympiques d'été de 2012, j’aperçois sur la rive sud l’espace banalisé de la piscine du Lido délimité par des bouées blanches. Il n’y a encore personne dans l’eau (à part des canards et des cygnes) et, lorsque j’arrive devant la porte d’entrée du vestiaire du club, la porte est « closed ». Pour y accéder, il y a un digicode dont seuls les membres connaissent le numéro. J’attends quelques minutes quand une dame qui s’occupe de l’entretien des vestiaires vient gentiment m’ouvrir la porte. Elle me fait remplir les formalités et signer le « Guest Book » pour pouvoir utiliser les installations tout en respectant le règlement. Le vestiaire est mixte et un peu spartiate avec des toilettes où tout y est entassé : bouées de sauvetage, trophées, théière … blog piscine.jpg

Je rejoins le plan d’eau en maillot de bain et bonnet sur la tête, les nageurs en combinaison y sont vus d’un mauvais œil car ils ne rentrent pas dans l’esprit du club. Comme ce n'est pas mon cas, tout va bien ! Dehors il fait environ 13°C et l’eau est annoncée à 11°C. L’espace banalisé dans lequel je suis autorisé à nager fait environ 110 yards et tout le long du parcours j’ai pied. Je vais nager seul au milieu des cygnes et des canards pendant une vingtaine de minutes. Aux environs de 8 heures, les premiers membres du SCC arrivent et me rejoignent dans l’eau. Je fais quelques longueurs avec eux. blog nage.jpg

Après une bonne demi-heure de nage, je rejoins le vestiaire. Il s’est rempli et une dizaine de nageurs se côtoient tout en se préparant pour leur séance matinale. Les membres sont de tous âges et je croise même des enfants d’une quinzaine d’années tout excités d’aller faire un plouf dans les eaux fraîches du lac. Dans le vestiaire, un thermos d’eau chaude est à disposition pour ceux qui désirent se faire du thé ou du café. Ce club a véritablement une âme et je quitte les lieux avec une envie profonde d’y revenir un jour… peut-être en 2014 où le club fêtera ces 150 ans !!!

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Pour ceux qui désirent plonger dans la Serpentine pour le plaisir et dans des eaux plus tempérées, la piscine du Lansbury's Lido est ouverte tous les week-ends de printemps et tous les jours d’été. Le Lido est doté de sauveteurs professionnels et est ouvert au public (payant) de 10h00 à 18h00. En plus de la zone de baignade de 100m, il y a une pataugeoire pour enfants, des tables et des chaises, des chaises longues et un bar.

14/06/2013

Rencontre avec les dauphins

En consultant différents sites sur Internet, mon épouse a eu la superbe idée de m’offrir, pour mon anniversaire, un bon cadeau afin de passer une journée inoubliable à «nager avec les dauphins en Méditerranée». Je tiens ici à préciser que l’accroche sur les sites de ces sociétés est assez malhonnête, car on ne nage pas avec les dauphins, les espèces présentes sur les côtes françaises n’acceptent pas le contact de l’homme dans l’eau. On se met plutôt à l’eau mais sans bouger pour tenter de les observer en pleine action. Voici donc le récit de cette journée de navigation de 8 heures au large des côtes varoises :  DSCF0041b.JPG

J’ai rendez-vous tôt le matin avec 5 autres personnes dans la Marina de Mandelieu pour embarquer à bord du bateau qui doit nous emmener au cœur du sanctuaire Pelagos. Ce sanctuaire est un espace maritime de 87 500 km2 faisant l’objet d’un accord entre l’Italie, Monaco et la France pour la protection des mammifères marins qui le fréquentent. Il héberge ainsi de nombreuses espèces de cétacés (dauphins, baleines, cachalots, globicéphales…). DSCF0012b.JPG

Après 2 heures de navigation, nous arrivons dans la zone propice avec toujours aucun cétacé en vue en fait c’est au « petit bonheur la chance ». Puis nous sommes rejoints par l'avion de repérage qui doit effectuer pour nous la recherche des groupes de dauphins. Nous navigons désespérément sur l’eau tout en scrutant l’horizon. DSCF0088b.JPG

Soudain, après une heure d’incertitude, nous apercevons un aileron, puis deux et enfin trois ! La joie est à son comble sur le bateau, tous munis de nos appareils photos, nous essayons tant bien que mal de les photographier. Un dauphin nage devant la proue du bateau, c’est magique… Il s’agit d’un dauphin bleu et blanc, le cétacé le plus courant dans le bassin Méditerranéen. On le reconnait facilement à sa pigmentation gris bleutée (foncée sur le dos) à gris très clair et blanc (flanc et ventre), avec une cape de la tête à l’aileron, et en général une “écharpe ” blanche bien délimitée. Il est souvent rencontré en groupes de 5 à 50 individus et en eaux profondes. DSCF0130b.JPG

 

Notre pilote et son coéquipier nous demandent de plonger dans l’eau et de les observer. N’ayant pas besoin d'enfiler de combinaison, je suis le premier à me mettre à l’eau. Ils sont juste à quelques mètres de moi. Mais les dauphins sont avant tout sauvages et évoluent dans leur milieu naturel, en deux coups de queue, ils sont déjà loin. J’essaye alors de me diriger vers les dauphins qui s’éloignent, soudain dans le haut-parleur, j’entends le capitaine du bateau : « Il ne faut pas nager, vous ne devez pas bouger, vous allez les effrayer !!! » C’est quoi ce délire ??? Depuis quand moi je vais effrayer les dauphins en nageant alors que lui avec son bateau est certainement plus bruyant et plus dangereux que moi ?? … je ne cherche pas à comprendre et suis les instructions, et puis les dauphins sont déjà loin. Pendant une bonne heure, nous allons renouveler cette opération, à chaque rencontre de dauphins que nous croiserons. DSCF0144b.JPG

Nous allons ainsi nous mettre à l’eau une dizaine de fois et à chaque fois ce sera le même scénario : dès que nous sautons, les dauphins plongent à une dizaine de mètres de profondeur et nous passent dessous sans se retourner…puis plus rien. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit bien évidemment d’animaux sauvages et leur observation dans l'eau dépend de leur bon vouloir (nourriture, présence de nouveau-nés, etc...), et de leur curiosité naturelle. Pas de chance ce jour-là nous ne sommes pas tombés sur des dauphins plus familiers que d'autres !DSCF0147c.JPG

Cela reste malgré tout un moment fantastique, même si il est vrai que nous aurions aimé « nager » et jouer avec eux. Comparé à l’instant magique que j’ai vécu lors de ma traversée à Hawaii, je reste un peu sur ma fin…

19/09/2011

Balade parisienne

Le dimanche 18 septembre, c'est la journée du patrimoine, alors je me rends à Paris dans l'idée de visiter les quais de Seine avec ses fameux ponts et ses monuments. Mais à 7h du matin, il n'y a pas de bateau-mouche en service. Alors deux solutions s'offrent à moi : faire la visite à pied ou bien à la nage. Evidemment, j'ai choisi la 2ème solution. 

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Cela tombe bien car en ce dimanche de septembre est organisée la traversée de Paris avec palmes. C'est avec une centaines d'autres "touristes", dont Jean-Marie de la Palme Sétoise, que me jette à 7h30 du matin dans les eaux troubles de la Seine revêtu d'une combinaison obligatoire et de palmes. La températudre de l'eau est à 19°C, il fait plus chaud qu'à l'extérieur. 

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Le soleil se lève à peine sur Paris, quand soudain en amont de l'Île Saint-Louis retentit un coup de sifflet. Les voies de la Seine sont ouvertes et voilà que l'excursion commence. Les spectateurs se pressent pour nous encourager ou prendre des photos afin d'immortaliser le passage de "quelques fous qui n'ont pas peur de tomber malade".

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Nous allons passer sous 17 ponts et passerelles. Sur les bords de rives, nous distinguons les principaux monuments de la ville : Notre-Dame, l'Hôtel de Ville, le Louvre, la Concorde, l'Assemblée Nationale et pour finir la Tour Eiffel. Car c'est bien là, sous le pont d'Iena, après 6km, que se termine notre excursion.

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J'ai mis, certes un peu plus de temps que si j'avais pris un bateau-mouche mais cette excursion aquatique reste unique.

Les résultats et les temps : Résultats de la traversee de paris avec palmes.pdf

15/07/2009

De Gruissan à Narbonne-plage

Tout a commencé par une discussion avec Eric Parra (ici son blog à voir), nageur de Narbonne, qui souhaitait nager pour la première fois sur une distance supérieure à 5km pour s'essayer à la longue distance avec palmes ! Il m'a donc demandé de l'accompagner pour effectuer les 7,5 km qui séparent Gruissan de Narbonne-Plage.

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Rendez-vous est pris le samedi 11 juillet à Gruissan, départ à 9h précises ! Eric a tout prévu : le beau temps, la mer calme, un bateau nous accompagne avec famille, entraîneur et ami à bord. Pour le départ l'eau était à 16 C°, un peu frisquet à notre goût de bon matin mais malgré tout Eric a endossé combi et palmes et moi ... j'ai pris mon courage à deux mains !
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Nous voilà partis !

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Deux heures de nage, pendant lesquelles le corps s'habitue à l'eau froide et les épaules roulent toutes seules ! Ce fût une très bonne expérience , un moment sportif et convivial à partager avec un garçon très sympa et motivé, sûrement que l'occasion se représentera... car nous avons maintenant des projets aquatiques sur Narbonne !

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05/05/2006

Rescue 2006 masters en Australie

Il s’agit des championnats du monde de sauvetage. Il y a trois types de compétitions avec des épreuves en piscine et en mer : Masters, Nations et Interclubs. L’Australie, pour les passionnés de sauvetage, c’est un peu la « Mecque » de ce sport. Avec Sébastien et Ronan d’Aqualove, nous décidons d’être du voyage. C’est dans la catégorie « Masters » (plus de 30 ans) que je vais participer, aussi bien en piscine qu’en mer. Il s’agit de la catégorie des vétérans, rebaptisée en français : «les Maîtres ». La catégorie dans laquelle on nage dépend de notre année de naissance. 

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Après un long trajet de 24 heures et une escale à Singapour, nous voilà arrivés à Melbourne. Pas le temps de faire les touristes, nous embarquons dans la navette qui nous conduit à Geelong, lieu où se déroulent les épreuves de piscine. A peine installé dans mon hôtel, il faut que je me rende au complexe sportif pour assister au briefing et confirmer ma participation aux différentes épreuves. Je débute très tôt le lendemain sur l’épreuve du 200 mètres obstacle. Cette épreuve simule le passage d'obstacles par le sauveteur lors de la recherche d'une personne en détresse en un minimum de temps. Sur un bassin de 50 mètres il y a deux obstacles de 70cm de profondeur placés à 12m50 de part et d’autre du bord. Après le pointage de la veille, nous ne sommes plus que huit nageurs, tous vêtus d’une combi de natation, à prendre le départ dans ma catégorie.

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Eh oui ! J’ai décidé de mettre pour une fois cette fameuse combi qui permet une meilleure glisse et d’avoir un meilleur gainage. Avant nous étions obligés de nous raser pour obtenir cette sensation. Il paraît que l’on gagne pas mal de secondes et comme il s’agit d’un championnat du monde, j’ai décidé de mettre toutes les chances de mon côté. Au bout de 50 mètres je suis dans le groupe qui vire en tête. A mi parcours, je suis en seconde position. C’est génial, si je ne craque pas, je serais sur le podium d’un championnat du monde, même s’il n’est que « master ». Dans la troisième longueur le nageur de tête commence à faiblir et au 150 mètres nous virons ensemble. Dans la dernière longueur, je vais donner toute l’énergie qu’il me reste, malgré la fatigue du voyage.

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Oh, joie ! A l’arrivée je termine premier. Je mets moins de cinq seconde par rapport à mon dernier temps sur la même épreuve et je suis même à une seconde du record du monde dans ma catégorie. C’est quand même incroyable l’effet de ces combinaisons ! L’instant est magique et je savoure ma première place en montant sur le podium.

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Le lendemain, je participe à ma 2ème épreuve en piscine : le 100m mannequin-palmes. Cette épreuve permet au sauveteur d'agir plus vite lors de la recherche de la personne en détresse grâce à un équipement supplémentaire : des palmes de 65cm sur 30cm maxi. Le sauveteur doit effectuer 50m en nage libre avec ses palmes puis plonger vers le mannequin placé entre 1m80 et 3m de profondeur, le remonter et le remorquer sur 50m. Nager vite avec les palmes n’est pas mon fort, je suis plutôt habitué à nager avec, mais sur de longue distance. Je prends le départ de cette épreuve sans trop d’espoir pour terminer, suite à quelques disqualifications, à une incroyable 3ème place !

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Entre les épreuves de piscine et celles de côtier, je vais en profiter pour visiter les alentours. Au programme, une balade à Melbourne avec mes amis d’Aqualove et une journée en mer à la rencontre de la faune marine. 

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Les championnats du monde master ne sont pas terminés pour autant. Il reste encore les épreuves de côtier et je peux peut être renouveler ma performance réalisée en piscine. Mais là, c’est une autre paire de manche. Les Australiens sont beaucoup plus nombreux. Le côtier c’est leur domaine. D’autant plus que l’épreuve de nage qui fait 300 mètres ressemble plus à un course - nage - course. En effet, la marée basse nous oblige à courir pratiquement pendant 100 mètres avant de pouvoir réellement nager. 

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La distance de nage se retrouvant de ce fait réduite. A ce petit jeu, où la course à pied n’est vraiment pas mon fort, les autres compétiteurs atteignent les vagues bien avant moi. C’est là où l’on s’aperçoit que ce sport est complet et ne faire que nager ne suffit pas, il faut s’entraîner aussi en course à pied. Maintenant, il ne me reste plus qu’à faire un effort considérable pour remonter mes prédécesseurs. Mais je n’en ai pas beaucoup le temps, il faut déjà se remettre à courir dans trente centimètres d’eau pour rejoindre la plage et la ligne d’arrivée. Je termine un peu déçu à la 5ème place. Dans le camp français on y croyait, mais les australiens sont meilleurs. 

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La soirée se termine comme dans une célèbre bande dessinée, tous autour d’un barbecue organisé par le club d’Hossegor. Autour du feu, il y des australiens, des canadiens, des belges et les français des clubs de Biarritz, Hossegor, Aqualove, Fronton, Bègles et Sète. Super ambiance ! Au menu, bières australiennes, grillades de Kangourou et frites.

 

La revue de presse de ces championnats du monde

03/05/2006

Journée en mer dans la baie de Port Philip en Australie

Au cours des championnats du monde de sauvetage près de Melbourne en Australie, entre les épreuves de piscine et celles de côtier nous en profitons, avec les sauveteurs d’Aqualove et de Sète, pour nous éclipser et nous rendre à Queenscliff, un tout petit « village » à 20 minutes de Geelong d’où partent des excursions en mer.

Lorsque nous arrivons à la station balnéaire appréciée pour ses brises marines, son port de plaisance et ses grands hôtels, il n’y a personne au rendez-vous. Il faut dire que le temps ne s’y prête pas, il pleuviote. Nous nous retrouvons face à des bateaux et sur l’un d’entre eux une pancarte avec un nom et un numéro de téléphone. Nous avons de la chance de pouvoir les joindre et 15 minutes plus tard un homme d’un certain âge arrive et nous explique que nous pourrons débuter notre croisière dès que son associé nous aura rejoints. Enfin à bord de notre superbe bateau, nous allons effectuer la visite de la baie de port Philip avant d’enchaîner pour une matinée de bonheur.

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Notre pilote nous fait remplir un questionnaire, pour savoir si nous sommes capables de nager au moins 25 mètres, ou encore si nous avons déjà pratiqué du « snorkeling » (nage avec masque et tuba). Une fois cette assurance obtenue, nous nous dirigeons vers notre première destination : une plateforme remplie de « phoques ». Lorsque nous nous approchons de la plateforme, le beau temps nous rejoint et nous commençons à nous équiper. Nous enfilons une combinaison et des palmes. Pendant ce temps, l’associé du pilote nous donne les dernières recommandations : ne pas s’approcher trop prés de la plateforme, ne pas essayer de caresser les phoques et éviter les gestes brusques sous peine de se faire « attraper et mordre ». Plus nous nous approchons de la plateforme et plus une odeur nauséabonde nous écœure, un mélange de poissons pourris et de viande séchée au soleil. Mais c’est bon signe, cela veut dire qu’ils sont bien là. Une trentaine de phoques se pavanent au soleil avec leurs petits tandis que d’autres nagent gracieusement dans l’eau. Nous nous approchons à une dizaine de mètres de la plateforme et nous nous jetons à l’eau.

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Une fois plongés dans l’eau bleue claire et transparente, armés de nos masques, tubas et appareil photos aquatiques, nous contemplons ces créatures qui s’approchent de nous méfiants et en même tant très curieux. Les plus jeunes se mettent à l'eau et nous montrent leurs prouesses ! Nous assistons à un balai aquatique dans lequel nous sommes également acteurs. Nous n'avons pas leur agilité mais nous faisons de notre mieux pour mimer leurs gestes et ainsi prolonger le contact. C’est incroyable la facilité et la précision qu’ils ont à nager dans l’eau alors qu’ils sont aussi « lourds » sur terre. Nous sommes sous le charme de cette rencontre et le temps passe trop rapidement à notre goût mais la matinée n’est pas finie. Il nous faut retourner sur le bateau. Avant de monter, l’accompagnateur nous demande de rester dans l’eau et de nous accrocher à l’arrière du bateau. Le pilote du bateau mais les moteurs à fond, et nous voilà, à nous tenir à la force des bras….c’est rigolo et la sensation fort agréable. A si je pouvais nager aussi vite !!!

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Après nous être tous remis de nos émotions, nous remontons sur le bateau, où nous attends une petite collation préparés par nos hôtes : petits gâteaux, fruits frais, chocolats, thé, café….

Nous faisons route vers notre deuxième destination : les dauphins. N’étant pas élevé en captivité, rejoindre les dauphins est chose difficile. C’est au « petit bonheur la chance ».

Nos accompagnateurs se munissent de jumelles et commencent à scruter l’horizon. Soudain, nous apercevons un aileron puis deux et enfin trois. La joie est à son comble, tous munis de nos appareils photos, nous essayons tant bien que mal de les photographier. Un dauphin nage devant la proue du bateau, c’est magique… Notre pilote et son coéquipier nous demandent de plonger dans l’eau et de regarder.  074.JPG

Ils sont à quelques mètres de nous, quelques centimètres, on peut presque les toucher. Mais ils sont encore avant tout sauvages et évoluent dans leur milieu naturel, en deux coups de queue, ils sont déjà loin. Cela reste malgré tout un moment fantastique, même si il est vrai que nous aurions aimé les toucher et jouer avec eux. C’est déjà très bien de les avoir aperçus d’aussi près mais comparé à l’instant magique que j’ai vécu lors de mon séjour à Hawaii, je reste un peu sur ma fin…

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Enfin pour terminer nous allons découvrir les fonds marins et les poissons. Nous nous dirigeons alors vers le site où se rejoignent la baie de Port Phillip et l’Océan. Il y a beaucoup de courants et de vagues, il parait que c’est le paradis des surfeurs. Notre plongée s’effectue au milieu d’algues géantes où nous apercevons de temps à autre quelques espèces différentes de poissons. C’est une expérience merveilleuse dans un endroit merveilleux. Nous en profitons pour faire quelques plongeons du bateau et nager un petit peu. On ne sait jamais, quelques dauphins pourraient peut être nous rejoindre… La promenade touche à sa fin et nous rentrons au port avec des rêves et des souvenirs plein la tête.

01/05/2006

Hossegor : championnat de France de sauvetage 2005

Lors de la foire aux associations de 2004 à Montpellier, je remarque un stand avec une planche de sauvetage exposée en décoration. Ce matériel, je l’ai déjà vu lors de ma traversée à Sydney en 1995. Il s’agit de la planche qu’utilisent les « Lifeguards » Australiens (maîtres nageurs au bord des plages) pour sauver des vies au milieu des grosses vagues. Ils en ont fait un sport populaire le Surf Life Saving, traduisez Sauvetage Côtier. Comme j’avais été séduit par ce sport lors de mon séjour, je n’hésite pas à me renseigner. Les responsables, Sébastien, Aurélie et Ronan, sont jeunes et dynamiques et vienne tout juste de créer le club au nom d’« Aqualove sauvetage ». En plus du sauvetage côtier, ce club propose des formations BNSSA, AFPS et surveillant de baignade. Il offre des activités aquatiques comme les bébés nageurs, les cours de natation et d’aquagym. Le sauvetage sportif se caractérise par deux spécialités : le sauvetage "eau plate" (épreuves qui se déroulent en piscine) et le sauvetage "côtier" (épreuves qui se déroulent en océan et sur sable). On y pratique la nage, la planche de sauvetage (paddleboard), le surf ski (kayak), la course, du remorquage de mannequin, des courses avec palmes. C'est un sport complet qui se pratique toute l’année. La semaine qui suit la foire aux associations, j’assiste aux premiers entraînements à Palavas en plage. Très vite, je n’ai pas hésité une seconde à m’inscrire à ce club. Nager en mer ne me pose pas de problème, mais là où cela commence à se corser, c’est lorsqu’il faut que je monte sur un kayak et sur une planche. Je passe plus de temps à tomber dans l’eau qu’à m’entraîner sur le matériel. Par contre, par la force des choses, je deviens très rapide, surtout pendant les entraînements d’hiver, pour me remettre dessus afin de tenter d’y arriver ! Petit à petit, je vais apprendre à mieux me positionner et me stabiliser. Je progresse lentement mais sûrement. Il est temps de tenter une compétition.

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A l’automne 2005, avec les sauveteurs d’« Aqualove », nous prenons la direction de, l’océan et plus exactement de la plage d’Hossegor pour participer aux championnats de France interclubs et individuels de sauvetage côtier. Nous sommes tous très motivés et espérons faire de bons résultats. Pas encore très au point en planche et en kayak et très mauvais en sprint sur le sable, je décide de faire l’impasse sur ces épreuves et de me consacrer aux différentes épreuves de nage et de relais. Mon objectif : terminer dans les huit premiers de la nage et cela rapporterait des points au club. Pour cette épreuve, les sauveteurs partent de la plage, courent quelques mètres et plongent dans les vagues. Ensuite il faut effectuer un parcours de nage d’environ 300 à 400 mètres en contournant deux bouées correspondantes à l'épreuve et revenir sur la plage pour franchir la ligne d'arrivée. Durant les trois jours de compétitions, un vent d’Espagne nous apporte un air doux. En plein mois de novembre, c’est l’été indien… A Hossegor c’est, dit-on, le « Vent qui rend fou »… C’est avec ce grain de folie que nous allons vivre ces championnats. 22 clubs… 230 compétiteurs sont présents. Le niveau est très haut, de nombreux sauveteurs sont venus chercher une sélection en Equipe de France. J’attaque ma série qualificative pour l’épreuve de nage sans vraiment connaître mes adversaires. Je sais qu’il y a d’excellents nageurs dont le champion et recordman du monde de sauvetage en piscine et je sais aussi que je suis le plus vieux à participer ! Les vingt-quatre premiers sont sélectionnés pour la finale. Je remplis le contrat en terminant en 4ème position avec un sérieux espoir de remplir mon objectif en final. Au club d’Aqualove, il y a un vrai esprit d'équipe qui permet de se surpasser dans l'effort. Et c’est ce qui va m’arriver lors de la finale. Une finale à suspens…

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Nous sommes 48 compétiteurs alignés sur la plage. En fonction du résultat des séries, je me retrouve avec sept nageurs meilleurs que moi sur ma droite, et les autres sur ma gauche. Nous allons devoir contourner les deux bouées amarrées au large, dans le sens des aiguilles d’une montre. La mer est peu agitée mais avec des vagues assez hautes qui se brisent au bord. Le départ est donné et après quinze mètres de descente dans le sable, je me retrouve déjà à la traîne. Une grosse vague de bord arrive et avant qu’elle ne se brise, je plonge et la traverse comme une torpille. Je me retrouve à la hauteur des premiers. Là, fort de mes expériences passées, je vérifie régulièrement mon orientation en repérant la bouée de contournement à chaque fois que je suis en haut de la vague. Comme je l’ai déjà dit auparavant, dans le creux cela ne sert à rien de tenter de se repérer. Soudain, les nageurs situés sur ma droite commencent à dériver vers la deuxième bouée de droite, ils ne sont plus dans l’axe. Oups !!! Une petite vérification en haut de la prochaine vague : je suis bien sur la bonne trajectoire, je ne change rien. J’arrive sur la première bouée en tête. Les meilleurs, après avoir constaté leur erreur, reviennent sur la bonne bouée, mais j’ai déjà pris pas mal d’avance. Une cinquantaine de mètres plus tard, à la seconde bouée, je vire toujours en tête. C’est maintenant la dernière ligne droite. Je peux peut-être réussir à faire un bon résultat. Dix mètres après avoir contourné la deuxième bouée, je suis rattrapé par l’homme des records mondiaux en sauvetage piscine. Il faut que je m’accroche et que je reste sur son côté gauche pour prendre la vague qu’il crée en nageant. C’est l’avantage de l’eau libre, il n’y a pas de ligne d’eau pour nous séparer et on peut utiliser toutes les forces en présence.

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Il ne faut surtout pas que je lâche sa vague, si j’arrive à le tenir, je suis sûr de monter sur le podium. Je vais y mettre toute mon énergie et rester à côté de lui dans un long coude à coude… A la sortie de l’eau, il va se relever trop tôt et être stoppé net par le ressac d’une vague. A ce moment, je n’en crois pas mes yeux, il vient de commettre une erreur fatale. Je passe devant lui et m’extrais de l’eau au dernier moment d’un coup de rein rageur. Il faut que je tienne bon les 15 derniers mètres de montée dans le sable. Mes pieds s’enfoncent par le poids de mon corps, c’est tuant. Autour de moi, j’entends crier « Aqualove » et d’autres sauveteurs qui m’encouragent, je peux y arriver. Je crois que je n’ai jamais couru aussi vite de ma vie… je franchis la ligne d’arrivée… en tête, épuisé mais hyper ravi. Le camp d’« Aqualove » est en pleurs…ce sont des larmes de joie et d’amour. Ils me prennent tous dans leurs bras : mon épouse, mon fils et les membres du club, des sauveteurs d’autres clubs viennent me féliciter, ça fait chaud au cœur.

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Cette finale restera gravée dans ma mémoire, j’ai obtenu un titre national à 42 ans devant mon benjamin de 20 ans, c’est vraiment valorisant !

Revue de presse des championnats de France 2005

23/04/2006

Île-Rousse : championnat de France palmes 2005 sur 20km

Un championnat de France est organisé en Corse en 2005, voilà une bonne occasion de passer des vacances en famille mais aussi de nager dans un cadre agréable. Nous voilà donc partis, ma petite famille, Cathy et son mari, Jean-Marie et les membres de la « Palme Sétoise » vers Marseille pour embarquer sur le Ferry qui va nous conduire à Bastia. Après une nuit à bord, nous arrivons à bon port. Nous allons rejoindre le nord-ouest de l’île en traversant l’arrière pays. Nous empruntons les montagnes de la Balagne pour nous retrouver surplombant les plages. On s’en met plein les yeux, on admire la vue panoramique qui nous est offerte. Nous sommes hébergés avec les autres compétiteurs dans un village vacances situé à quelques kilomètres d’Île Rousse. Les motivations sont différentes pour les uns et les autres. 

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Pour nous, il s’agit avant tout de vacances. Calvi n’est pas très loin et nous allons profiter du séjour pour visiter ces deux villes : port et citadelle pour Calvi, belles plages et place bordée de platanes à l’Île Rousse. C’est aussi l’occasion d’acheter des spécialités Corse : gâteaux sec, fromages, charcuterie… Mais il n’y a pas que le tourisme, il faut nager pour les championnats. Avec Cathy, nous allons participer à l’épreuve des 20 kilomètres. Le principe est de faire dix boucles de 2 kilomètres. A chaque passage, on retrouve pour nous ravitailler un bateau ancré à une bouée de contournement avec à son bord Bernard et les autres accompagnateurs. Le pauvre doit rester pendant quatre heures en plein « cagnas » sans pouvoir bouger. 

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Heureusement pour lui, il n’est pas tout seul et il aura au moins avec qui bavarder sur l’embarcation. Nous sommes qu’une dizaine au départ. Cathy et moi avec nos deux palmes, alors que les autres ont tous une monopalme. Pour nous c’est l’occasion d’un entraînement en endurance avant d’attaquer le programme estival des traversées. Nous allons pouvoir admirer les fonds marins et le paysage, les plages d’Île Rousse sont réputées pour la plongée sous-marine. Je débute ma randonnée aquatique en profitant des fonds marins, l’eau est claire, cela me change de certains endroits en Méditerranée. Mais mon exploration touristique s’arrête très vite, lorsque je m’aperçois que je suis en 4ème position avec deux « monopalmeurs » juste devant moi. L’esprit de compétition revient en moi et je commence à accélérer l’allure. Mon attention n’est plus portée vers les fonds marins mais sur les nageurs situés devant.

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Dans le troisième tour, un des concurrents fait une erreur de trajectoire et je me retrouve à la lutte pour la seconde position. Dans le tour qui suit, un petit coup d’accélération et me voilà seul second. Le premier, un grand champion, est loin devant. Je vais mettre tout en œuvre pour maintenir cette position. Le principe de cette course consiste à finir son tour dès que le premier franchi la ligne d’arrivée, comme en « Formule 1 ». Si le premier termine alors qu’un nageur effectue son huitième tour il ne part pas pour un neuvième. C’est ainsi qu’à la fin de mon neuvième tour le suspens est à son comble. Le champion est en train de nous rattraper et d’en finir avec son dixième et dernier tour. Le troisième est 200 mètres derrière moi et il peut se faire doubler comme il peut enchaîner sur un dernier tour avec moi. Je suis à court d’énergie et un dixième tour peut être fatal. Que faire, ralentir pour terminer en même temps que le vainqueur avec un tour de retard mais au risque de se faire doubler au sprint par le troisième ? Ou bien éviter de se faire rattraper et attaquer un dixième tour avec la possibilité de se faire doubler et terminer troisième ? J’arrive à la bouée de contournement et m’arrête pour me ravitailler. J’en profite pour demander conseil à Bernard qui a une meilleure vision de la situation depuis le bateau. Il faut continuer, c’est trop risqué. Me voilà donc reparti pour un dixième tour, j’ai les épaules hyper lourdes. Je nage principalement avec les bras et « mes palmes ne me servent pas à grand-chose » comme le répète désespérément Jean-Marie. Je vais donc me mettre à nager sur le dos pour récupérer et analyser la situation. Youpi et désolé pour le troisième, il vient de se faire doubler dans les derniers mètres, il n’enchaînera pas sur un autre tour ! J’aborde ce dernier tour plus tranquille. Je peux nager en récupération et terminer ma visite des fonds marins. Cela aurait été dommage de ne pas profiter de ce joli paysage qu’il m’est offert d’admirer, dans et hors de l’eau : au fond la faune marine et sur le côté, les pentes des montagnes de l’arrière pays Corse.

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Quant à Cathy, elle fait une belle troisième place. Nos vacances ont été fructueuses et nous laissent un bon souvenir. Lorsque le lendemain nous reprenons à Bastia, le bateau qui nous ramène sur le continent, pleins de projets aquatiques nous viennent à l’esprit… Nous reviendrons en Corse… C’est sûr !

30/03/2006

Lyon 2004 : la descente du Rhône

medium_logo-thalassa.gifLa troisième semaine de janvier a lieu à Lyon une traversée avec palmes organisée par le club « Thalassa ». Après avoir participé à celle du lac du Bourget et m’être un peu habitué à mon nouveau matériel, je m’inscris à la 24ème édition en 2004. La traversée consiste à descendre la rivière du Rhône depuis le Parc de la Tête d’Or, au nord, jusqu’à la Mulatière au sud, soit 7km environ. En ce dimanche de début d’année, la température est proche du zéro et le Rhône avoisine les 6°C. L’inscription et les vestiaires sont situés à côté de l’arrivée et une centaine de nageurs commencent à s’équiper. Certains vont superposer 2 combinaisons l’une sur l’autre. Pour ma part, je vais inaugurer ma combinaison intégrale achetée la semaine précédente.

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Une fois équipés, tous les nageurs attendent le bus qui conduit au point de départ de la traversée. Mais nous allons attendre 30mn à l’extérieur dans le froid et en plein courant d’air, pour certains (dont moi) les pieds nus sur le trottoir. Dès l’arrivée du car, ouf ! c’est la délivrance, il y a le chauffage à l’intérieur. Lorsque nous remontons le Rhône pour nous rendre au départ, nous nous apercevons que dans le fleuve il y a un courant phénoménal avec des tourbillons à hauteur des ponts. Si de telles conditions avaient été constatées deux jours plus tôt, l’épreuve aurait été annulée. Une fois sur l’aire de départ, un organisateur nous recommande de ne pas nous échauffer dans l’eau mais aussi de rester près du bord, en attendant le départ, afin de ne pas être emporté par le courant. Revenir à contre-courant au point de départ était absolument impossible ce jour-là au vue des conditions.

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Habitué à m’aider et jouer des courants, dès le signal du départ, je plonge dans l’eau gelée et me dirige le plus vite possible au centre de la rivière. Là, je vais être entraîné par le courant et prendre tout de suite la première position. Sous les ponts, je mets des coups d’accélérations pour passer au plus vite les tourbillons. Avec la vitesse, je n’ai pas le temps de profiter du paysage et jusqu’à la fin je ne serais jamais rattrapé. A l’arrivée, tous les initiés sont surpris de voir un nageur en bi-palmes remporter l’épreuve.

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Mais cette victoire, je la dois surtout à l’expérience et la connaissance des courants. Dans des conditions plus calmes, le résultat aurait été peut-être différent. Pour faire les 7kms, j’ai mis moins de 40’ et par la même occasion, battu le record de cette traversée de la ville ... où je suis né !

29/03/2006

Lac du Bourget 2003: première expérience avec palmes

Après avoir participé à la traversée de Sète avec palmes en 2002 (voir note du mois d’avril), je décide avec Cathy d’ouvrir mon champ d’épreuves de longue distance et me lance dans la nage avec palmes. Nous nous inscrivons donc au club de La Palme Sétoise. Là, le président Jean Marie, nous fournis des bi palmes appropriées à ce genre de discipline ainsi qu’un tuba frontal.

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Je mets donc mes « Zoomers » de la traversée de Sète au placard et j’ai une semaine pour faire des essais avec mon nouveau matériel, car nous nous sommes inscrits à la traversée de 20km dans le lac du Bourget. Pour ce qui est des palmes, pas trop de difficultés, mais pour ce qui est du tuba ce n’est pas évident et je ressorts de l’eau avec les sinus remplis d’eau. Je pars vers le Bourget après avoir pris soin de m’acheter un pince nez et en me disant que normalement tout doit bien se passer.

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Là, nous découvrons un nouveau monde, où les nageurs ont une palme unique en forme de queue de poisson (c’est ce que l’on appelle une mono-palme) et d’autres avec 2 palmes comme nous mais avec un gros flotteur pour se reposer dessus (on dit qu’ils nagent avec appui). Habituellement, lors de nos épreuves en eau libre, la combinaison est interdite, mais là elle est autorisée. Heureusement que je le savais et je suis monté avec mon « shorty ». Pour ce 20km, un kayak accompagne le nageur pour le ravitailler.
Dès le départ, je me situe devant avec un nageur en monopalme et un autre avec appui. Nous allons nager ensemble environ 5km après quoi je vais distancer le nageur en monopalme et prendre une légère avance sur celui avec appui. Nous allons longer les bords du lac et découvrir un cadre magnifique avec, entre autre, l’Abbaye de Hautecombe.

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5 km avant l’arrivée, je suis toujours en tête, mais un vent de dos vient de se lever et le lac commence à s’agiter. Je vais commencer à éprouver quelques difficultés, surtout avec mon tuba mais également avec la combinaison qui m’oppresse et m’irrite au niveau des épaules. Dans le dernier kilomètre, je vais me faire doubler par le nageur avec appui qui profite avantageusement du vent. Je terminerai 2ème de cette épreuve et assez content pour ce premier essai.
La grosse surprise va être en enlevant mes palmes. Mes pieds sont en sang et c’est assez horrible à voir.

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Que c’est-il passé ? Là j’apprends que j’aurais du mettre des chaussons ou de la graisse pour me protéger. D’accord, mais c’est un peu tard pour me donner l’info ! ! ! Je vais avoir du mal à marcher pendant 15 jours. Heureusement la prochaine épreuve avec palmes aura lieu dans 3 mois, en janvier, à Lyon. En tous les cas cela m’a servi de leçon et je mets maintenant des chaussons, un bandage ET de la graisse. Malgré tout, lorsque j’enlève mes palmes, j’ai toujours une appréhension de voir ce que je vais découvrir.
Malgré tout je reste bon pied bon œil !

28/03/2006

Varna : championnat USIC de Water-polo 1989 en Bulgarie

Comme vous avez dû vous en apercevoir, j’aime bien l’eau et surtout m’amuser dans l’eau. Tout naturellement, j’ai également joué au water-polo pendant 3 ans au club de Canet 66.
En tant qu’agent SNCF, je participe en 1989 à la rencontre internationale de water-polo USIC (Union Sportive Internationale Cheminots) qui a lieu à Varna en Bulgarie.

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Pour nous y rendre, il nous faut prendre l’avion. Et là big problème, tous les vols sont complets. Nous allons devoir passer par Bucarest en Roumanie et de là prendre un train pour nous amener jusqu’à Varna. Après maints contrôles douaniers et plusieurs péripéties nous finirons par arriver tant bien que mal à Varna. Nous allons passer une semaine agréable à visiter cette ville, se faire des amis, et surtout jouer. Sur les 6 équipes présentent, nous terminerons 5èmes après avoir battu les Allemands.

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Devant nous figureront les Russes, les Bulgares, les Hongrois et les Hollandais. Rien d’extraordinaire à raconter sur ces matchs et sur le séjour en lui-même. Le plus anecdotique est ce qui va nous arriver lors de notre retour.

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Nous reprenons le train de nuit pour retourner de Varna à Bucarest. Nous nous plaçons dans la dernière voiture et comme il n’y a pas grand monde nous nous mettons 2 par compartiment pour pouvoir nous reposer. Après avoir passé la frontière vers 2 heures du matin, nous roulons paisiblement vers Bucarest. Notre chef de délégation water-polo se tient debout dans le couloir et regarde vers l’extérieur. Tout à coup, nous entendons un grand choc qui nous réveille puis un second, le chef de délégation se jette par terre en nous criant : « on déraille ! ! !» Et là nous allons passer une vingtaine de secondes à être secoués dans tous les sens. Nous allons passer un long moment cramponné tant bien que mal dans nos compartiments en attendant que cela se passe. Puis, il va y avoir un autre grand choc puis la voiture va enfin stopper.

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Nous voulons sortir de la voiture qui se retrouve en travers sur 3 voies, mais nous sommes dans le noir au milieu de nulle part avec en travers de la sortie un fil électrique, pour l’alimentation de la machine, qui n’arrête pas de faire des étincelles. Tout le monde se regarde et personne ne parle. Nous sommes choqués. Dès que nous retrouvons nos esprits, les questions fusent : que c’est-il passé ? que fait–on ?…
Puis le fil électrique va cesser de crépiter et nous allons nous précipiter hors de la voiture avec tous nos bagages.

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Et là nous allons attendre sur un petit chemin en plein milieu de la nature que quelqu’un vienne nous chercher. On s’aperçoit à ce moment qu’il n’y a que notre voiture qui a déraillé et on se dit que l’on a eu beaucoup de chance. Il n’y a aucun blessé. Les seules égratignures sont dues aux bagages qui nous sont tombés dessus. Au bout de 30’ nous apercevons enfin une lumière qui s’approche de nous en marchant. La personne nous parle, mais bien sûr nous ne comprenons rien. Avec des signes, il va nous demander de le suivre sur le chemin. Il nous accompagne en tête du train, arrêté beaucoup plus loin. Là nous nous installons à 6 par compartiment et nous allons finir tout le reste du trajet les yeux grands ouverts à faire des bons à chaque choc de la voiture.
Arrivée à Bucarest, un comité d’accueil nous attend et va nous prendre en charge jusqu'à l’heure de notre avion en fin d’après-midi. Ils vont nous offrir le petit déjeuner, le repas de midi et vont nous faire visiter avec un minibus la capitale roumaine. Tout ça pour nous faire oublier certainement ce qui venait d’arriver ! ! ! Contrairement au voyage-aller, nous n’aurons jamais été contrôlés, même à l’aéroport.
Malgré cet incident, nous gardons tous un très bon souvenir de ce séjour, et lorsque nous nous rencontrons les années suivantes, nous nous remémorons que cet événement. La compétition étant passé au second plan.
J’ai quand même mis plusieurs années avant de pouvoir dormir dans un train la nuit et même encore maintenant je sursaute lorsque l’on est un peu plus secoué que d’habitude, car avec les trains, tout est possible, la preuve !

27/03/2006

Mes déboires en triathlon

Dans les années 80, j’arrête de nager en compétition. Faire des longueurs dans une piscine ne me motive plus, malgré mes participations en équipe de France de natation espoir (en 1979) et junior (en 1980) sur 400m, 1500m et 400m 4 nages. D’ailleurs, il faut que je me consacre à mes études. Seulement j’ai besoin de faire du sport. Je passe le début des années 80 à m’essayer dans différentes disciplines sportives mais non aquatiques. Il y a le judo (où j’obtiendrai la ceinture noire) et il y a le football américain avec le premier club en dehors de Paris que je crée à Canet en 1983 : Les « Gladiateurs Catalans ». Mais l’eau me manque et l’été je n’hésite pas à remettre mon maillot, bien ficelé, pour participer aux différentes traversées en Languedoc-Roussillon. Lorsque l’on habite une région au bord de la Méditerranée, il y a de quoi faire : Collioure, Canet, Le Barcarès, Port la Nouvelle, Narbonne, Fleury, Sète… Certaines font même partie d’un circuit de traversées en France. Les prémices d’une coupe de France d’eau libre avant l’heure. En 1985, « ARENA » et la FFN créent un « Tour de France Aréna des Traversées » dont le but est de développer et d’aider les organisations locales dans la mise en place de leurs traversées à la nage.

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Un challenge national est décerné au premier nageur et à la première nageuse ayant totalisé le plus de points sur l’ensemble des dix épreuves que comprend ce circuit. Les organisateurs locaux gardent leur autonomie et sont seuls juges du bon déroulement de l’épreuve.

Les résultats définitifs sont publiés à l’issue du tour, et les vainqueurs de chaque catégorie sont invités à participer à la traversée de la Martinique ou de la Guadeloupe. De quoi attirer les foules ! Malheureusement, cette opération n’a pas eu le succès escompté et a disparu à sa troisième édition. La raison peut en être attribuée au succès grandissant du triathlon ces années-là.

 Cette vague sportive (nage, vélo, course) venue d’Hawaii, s'étend sur la France avec le triathlon de Nice en 1982. Des images « chocs » diffusées sur Antenne 2 révèlent ce sport au grand public mais aussi au sportif que je suis. Je pense alors que ce sport d’endurance doit parfaitement me convenir et que je vais peut-être obtenir de bons résultats. « Nager », il n’y a pas de problème, c’est ma spécialité. « Courir », je dois m’en sortir, je fais souvent des footings avec le football américain et il m’arrive de participer à des courses sur route. Il n’y a que « pédaler », qui reste une inconnue pour moi mais cela ne doit pas être bien sorcier. Quelle erreur ! Ou plutôt quelle horreur ! Ce n’est pas parce que je vais chercher le pain à la boulangerie tous les week-ends avec mon vélo que le cyclisme est aussi facile.

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Tout a débuté avec le « Triathlon de la Côte des Roses » à Narbonne. Un triathlon de catégorie B, comme ils disent : 1.5km de natation, 68km de vélo et 18km en courant. Un ami narbonnais, à l’aise en vélo, me dit qu’il y a une côte assez dure à monter dans les premiers kilomètres et qu’il vaut mieux que je l’essaie avant. Avec mes parents, toujours fidèles pour m’accompagner dans mes aventures, nous prenons dans le garage le vélo qui me sert pour aller à la boulangerie et nous voilà partis pour Narbonne et sa fameuse côte. Mon vélo, complètement inadapté me lâche. Très vite, je déraille à répétition. Impossible dans ces conditions d’attaquer la montée. Me voilà beau, j’ai mon premier triathlon dans une semaine et je n’ai pas de vélo. Je cours dans la première grande surface pour m’acheter un vélo de course. Là, ravi de ma nouvelle acquisition, je repars très motivé sur Narbonne pour l’essayer. J’effectue les cinq premiers kilomètres de plat à l’aise et plus vite qu’avec mon ancien vélo. Très optimiste, je m’imagine déjà sur un podium. Mais au moment d’attaquer la côte, patatras !!! Je casse la pédale de mon nouveau vélo. Trop de puissance ou mauvais matériel ? Il ne me reste plus que 3 jours et je n’ai toujours pas attaqué cette maudite montée, à part deux fois, en voiture. Heureusement, le grand magasin accepte de changer le vélo sans soucis. Pendant ces 3 jours, je me motive et prépare avec soin mon nouveau matériel. Je fais déjà des plans. Sur le papier, du moins sur mon papier, je compte nager en moins de 20mn, pédaler en moins de 2h00 et courir 1h20. En 3h30 je finirai bien dans les premiers… C’est enfin le grand jour. Mes parents m’accompagnent, ils ne veulent pas rater le spectacle puisqu’ils m’ont toujours suivi lors de mes aventures sportives. Dans le parc à vélo nous sommes plus d’une centaine de concurrents à nous installer et les conversations vont bon train : D’où tu viens ? C’est quoi ta spécialité ? T’as pris quoi en ravitaillement ? Tu sais l’eau est à 14°, t’as pas de combi ? Non pourquoi ? J’apprends qu’en triathlon, la combinaison est autorisée. A l’exception d’une dizaine d’athloniens, car nous ne savons pas encore si nous finirons la première épreuve, tous les concurrents sont équipés d’une combinaison. L’avantage c’est que l’on me repère facilement sur la ligne de départ.

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 C’est parti. Je m’élance pour mon premier triathlon. L’eau est vraiment froide, mes pulsations montent à 200 et je viens tout juste de commencer à nager ! J’ai du mal à respirer, tout mon corps est crispé. J’ai l’impression d’avoir la tête dans un étau, un peu comme lorsque l’on mange une glace trop vite. L’envie d’abonner m’effleure l’esprit. Mais après quelques minutes passées dans cette eau glaciale, mon corps s’habitue ou alors il est complètement anesthésié. C’est presque la fin de l’épreuve de nage et je suis de plus en plus gelé, priant pour que je termine cette épreuve qui est ma spécialité. Je sors enfin de l’eau dans les cinq premiers. Devant moi, aucun nageur que je connais. D’où sortent-ils ? Est-ce l’effet combi ? Sur l’aire de transition, je suis incapable de me sécher et d’enfiler mes habits. Je grelotte et claque des dents. Tant bien que mal et je ne sais par quelle force, je me retrouve sur le vélo. Je passe mes 5 premiers kilomètres à faire des zigzags de droite à gauche de la route tellement j’ai froid. Voici enfin la montée fatale, 10 kilomètres de côte. Je viens de récupérer une température corporelle décente. A la vitesse d’un homme au pas, je réussis à franchir la montée alors que de nombreux concurrents me sont passés devant. J’ai l’impression qu’ils ont un moteur. En haut de la montée, il fait 30° à l’ombre, une fournaise. Heureusement, je suis parti avec deux gourdes pleines d’eau qui vont me permettre de compenser les litres de sueur. Tant bien que mal, je termine mon épreuve de vélo. Je n’ai plus d’illusion, une place dans les 10 premiers, ce n’est plus la peine d’y penser : il faut que j’évite une place dans les 10 derniers. Heureusement, je suis bien entraîné en course à pied. Mais comment courir 18km, lorsque l’on tient à peine debout ? Mon père me suit en vélo et m’encourage, je n’en peux plus tant il fait chaud. Je ne rêve que d’une chose, retourner à l’eau, même glacée. A chaque ravitaillement on me présente des éponges sorties d’une énorme poubelle remplie d’eau. Mais l’éponge ne suffit pas, je plonge complètement mon corps dans ces poubelles salvatrices. Mon organisme se remet enfin d’aplomb et je termine les 2 derniers kilomètres comme si rien ne s’était passé auparavant. Les 3h30 prévisionnels sur mon papier ont fait place aux 4h35mn bien réels. Je termine 1h10 après le premier en 102ème position sur les 175 arrivants. Mais c’est promis, terminé on ne m’y reprendra plus…

L’œuvre du temps fait que je m’inscris dans un club de triathlon « l’Amicale Sportive Triathlon Catalan » L’année suivante je participe au premier triathlon de l’année à la Grande-Motte. Comme j’en ai déduit que j’étais nul en vélo, au lieu de me remettre en question, je me suis dis, que c’était la faute du matériel. Tirant enseignement de cette première expérience, je me suis donc acheté un nouveau vélo et pas des moindre, un fait sur mesure pour moi.

Quant à mon épreuve favorite, sur 1500m en piscine je mets 700m dans la vue d’un nageur du club. Dès qu’il met sa combinaison dans le bassin, je ne le bâts plus que de 200m. C’est sûr que dit comme ça c’est tentant. J’ai alors également investi dans une combinaison. Mais la suite est totalement différente.

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A la Grande-Motte, une quinzaine de minutes avant le départ, j’enfile ma combinaison de plongée. Je souris même en voyant les quelques triathlètes néophytes en maillot de bain. Mais je vais vite le regretter. Sans n’avoir fait encore aucun effort, je sue à grosses gouttes dans cette combinaison. Le départ est à peine donné et je suis déjà épuisé avant même d’avoir mis les pieds dans l’eau. Les 100 mètres de course à pied pour rejoindre la mer sont un enfer. Je n’avais jamais couru avec une combinaison, c’est l’horreur !! Je suis déjà à 200 de pulsations. Il ne me tarde qu’une chose, c’est de plonger pour trouver un peu de fraîcheur. Une fois dans l’eau je revis, mais pas pour longtemps, car je n’ai jamais nagé avec une combi non plus. Elle me fait flotter comme un bouchon de liège et je perds tous mes appuis : je ne sais plus nager ! Mes jambes et mes bras se retrouvent à la surface de l’eau et je nage avec une lenteur proportionnelle à l’épaisseur du caoutchouc. C’est horrible, je sors à peine dans les dix premiers. Celui qui m’a inspiré cette combinaison, sort à peine quelques mètres derrière moi. A partir de ce jour-là, c’est promis, je ne mettrais plus jamais de combinaison. Tant pis si l’eau est froide. Le reste de la course en devient banal, je me fais toujours autant doubler en vélo malgré mes progrès en équipement et j’en redouble quelques-uns en course à pied. C’est d’ailleurs à cause du vélo ou de mon incompétence dans ce domaine que je vais arrêter ce sport. Après quatre années de progrès notoires, j’attaque le triathlon de Sète pour essayer de terminer dans les quinze premiers. Je sors de l’eau en tête, et après des soucis mécaniques au parc à vélo, je déraille à plusieurs reprises, je me retrouve alors à la sortie du parc en milieu de classement. Après encore quelques déboires, je termine mon parcours vélo bon dernier. Je crois que je n’ai même pas fait l’épreuve de course. Arrivé à la maison, le vélo a filé directement au grenier. Le triathlon c’est terminé pour moi, nous sommes en 1989.