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17/11/2010

La Pleine Eau à Paris au début du 19ème siécle

 « Le Parisien aime la Seine, comme le Vénitien aime l’Adriatique. L’enfant de Paris, s’il le pouvait, ferait de son fleuve une mer » Dès leur plus jeune âge, le premier plaisir des enfants de la Seine est de s’essayer à nager. Bien avant d’autres activités physiques de l’époque comme l’escrime, la gymnastique et l’équitation, la natation prend une place importante dans leur éducation. Jusqu’à la fin du 18ème siècle, l’enseignement de la nage n’est soumis à aucune règle et aucune discipline. Mr Gérard Deligny, un maître de nage propriétaire d’un établissement sur les bords de la Seine, a le premier l’idée de fonder une école de natation. Paris devient la première ville en France et dans le monde a ce doter d’un établissement où l’art de la natation est enseigné avec un « corps d’instituteurs et de principes. »

 

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Au tout début du 19ème siècle, Paris compte deux écoles de natation placées aux deux extrémisées du fleuve. La première, la plus ancienne, est située en aval de la Seine, à l’extrémité du quai d’Orsay, près du pont de la concorde. Elle est tenue par Mr Deligny, l’inventeur. Cet établissement est fréquenté par les nageurs du grand monde. Sous le consulat et l’Empire, la natation est un exercice des plus à la mode. Paris a son « gentleman poisson » et deux corporations, sans aucunes rivalité, voient le jour : les caleçons bleus et les caleçons rouge. « Les caleçons bleus étaient en natation ce que les cordons bleus sont en cuisine ». Celui qui porte cette distinction se doit de le justifier et sa nage doit être irréprochable, voir même remarquable. Dès qu’un caleçon bleu ou rouge nage, tous les baigneurs accourent sur les rives pour le contempler. « L’aristocratie des caleçons était toute intellectuelle ». La seconde, plus en amont est située quai de Béthune, à la pointe est de l’île St Louis. Elle est tenue par Mr Petit et possède une clientèle d’étudiants qui vient du quartier latin.

 

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Ces deux établissements sont composés d’un espace renfermé par quatre galeries disposées en forme de rectangle. Les nageurs peuvent s’adonner à leur plaisir dans un espace banalisé et clos. Mais le moment tant attendu de la journée par les meilleurs élèves de l’école de natation est celui de la Pleine Eau.

La Pleine Eau est le dernier enseignement de la natation, c’est l’essai que l’élève veut réaliser pour tester ses forces et ces compétences dans l’eau en dehors de l’enceinte de l’établissement. La Pleine Eau sort de l’école et prend place sur un bateau, qui arbore le pavillon national. L’équipage du bateau est composé d’un rameur et d’un maître de nage responsable de cette sortie. Il doit s’assurer que les candidats à la Pleine Eau présents n’en sont pas à leur premier coup d’essai. Auquel cas, ils seront obligés de nager près du bateau et ne pas s’en éloigner. Pour les autres, ils pourront voguer librement. Les nageurs, enveloppés dans leur peignoir, prennent place le plus aisément possible à bord de l’embarcation avant de remonter la Seine. Pour l’école de Mr Deligny, la Pleine Eau remonte de la pointe extrême du quai d’Orsay jusqu’au Pont Royal. Pour celle de Mr Petit elle remonte de l’école jusque sous les arches du pont d’Austerlitz, au-delà de la gare. Elles correspondent toutes les deux à une distance d’environ 1500 mètres.

 

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Pendant le trajet, les nageurs discutent en fumant le cigare et se remémorent les exploits de l’école. Parmi les souvenirs de Pleine eau, il y a ceux du temps des caleçons bleus et des caleçons rouges. Les nageurs montaient en fiacre à la sortie de l’école pour se rendre à Passy (16ème arrondissement de Paris depuis 1860). Là, ils nageaient environ 10 kilomètres jusqu’à Saint Cloud et les meilleurs nageurs ne remontaient pas dans le bateau avant d’être arrivé jusqu’au bout. Progressivement, le bateau de la Pleine Eau arrive sous le pont et se met en travers pour se laisser dériver. Les nageurs, fiers, jettent un regard satisfait aux curieux amassés sur le parapet puis plongent à l’eau « avec toute la grâce possible ». Là, ils pratiquent les différents styles de nage qu’ils ont appris lors de leur éducation. Ils font la « marinière », la « coupe » ou la « planche » tout en rêvant de la conquête d’une belle dame qui les regardent d’en haut. Ils en oublient que ces curieux accordent le même regard à un chat ou un chien qui se noie. Mais le bateau s’éloigne et il faut penser à nager pour le rejoindre. Le maître de nage est là pour rappeler les nageurs qui tardent trop. Pour les meilleurs nageurs, la Pleine Eau ressemble à une petite balade alors que pour les écoliers qui découvrent il s’agit d’une incroyable excursion. Tout au long du parcours, les nageurs croisent des charognes flottantes et autres désagréments semblables, il s’agit là des petits inconvénients de la Pleine Eau. Enfin, les nageurs arrivent à hauteur de l’école et remontent à bord du bateau qui les conduits à l’établissement. Là, au restaurant ou au café, en fumant un cigare, ils se remémorent leur descente.

 

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Les deux écoles vivaient sans concurrences, chacune avait son public. Malheureusement, vers la moitié du 19ème siècle, le monde parisien, si nageur, montre progressivement de l’indifférence à son fleuve et la seine est délaissée. Le succès de fréquentation des écoles de natation va en diminuant et la Pleine Eau disparaît. Malgré tout d’autres exploits de Pleine Eau sont réalisés dans la Seine par des nageurs comme ce passionné de natation de 22ans, Mr Paillard. En juillet 1859, il établit un record de natation en traversant la Seine de Paris à Asnières. Il effectue environ 24 km en sept heures. (Source, « La Presse » de 1900)

 Source et extraits : « Paris dans l’eau » de E. Briffault

Illustrations : dessins de Bertall

 

16/11/2010

Première tentative officielle de la Manche à la nage

La première annonce officielle d’une tentative de traverser la Manche à la nage vient d’Angleterre. J. B. Johnson, un nageur très connu à Londres pour ces exploits, annonce, après avoir effectué la descente de la Tamise à la nage, qu’il désire traverser le « Channel ». Des affiches sont aussitôt placardées un peu partout dans la ville de Londres pour annoncer sa tentative. Les paris vont bon train et les chances de réussite lui sont de 100 contre 1. Surtout que pour réaliser le pari, les conditions fixées sont les suivantes : Il doit accomplir la traversée d’une seule traite en moins de 12 heures et doit nager sans aide de n’importe quelle sorte.

Le 23 août 1872, jour fixé pour effectuer son pari, une foule s’est déplacée par millier pour assister à l’événement. C’est sans compter sur les conditions climatiques, peu favorable ce jour là. Pour ne pas décevoir son public, J. B. Johnson effectue alors, quelques démonstrations de nage.

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Le lendemain 24 août, c’est à du grand spectacle que se livre J. B. Johnson. Il descend les rues de Douvres dans un chariot pour se rendre au port, avec une trentaine de médailles épinglées sur sa poitrine. Une fanfare l’accompagne pendant trois heures au milieu des milliers de spectateurs. Arrivé au port, l’entrée lui est interdite par le responsable du port. Ce refus, pour raison de sécurité certainement, est du au fait que la trop grande foule qui le suit ne peut accéder aux quais. Que cela ne tienne, le nageur embarque sur un bateau d’escorte et s’éloigne du quai afin que les spectateurs puissent le voir. Il se met alors à l’eau à 10h40 sous les acclamations du public. Il nage un peu plus d’une heure et parcourt environ 7 miles avant de remonter à bord de son embarcation estimant qu’il en a fait assez. (NY Times du 08/09/1872)

Ce ne sera pas le premier ni le dernier nageur à prétendre traverser la Manche afin de se faire remarquer.

La presse n’en fait donc pas un très gros écho dans ces colonnes. Mais le peu qu’elle en a parlé inspire quand même les imaginations et les prétendants vont se succéder.

15/11/2010

1875 : Paul Boyton et sa combinaison de survie

En 1874, le capitaine Paul Boyton, du service de sauvetage du New Jersey arrive en Angleterre dans le but de faire connaître une combinaison de survie inventée par un New-yorkais Clark S. Merriman.

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L’idée de traverser la Manche lui parait la meilleure façon de la promouvoir. Cette combinaison, qu’un naufragé aura auparavant enfilée, est en caoutchouc étanche, munie de compartiments gonflables et d’une petite voile installée sur un mât fixé à l’une de ses bottes. Cela permet de pouvoir progresser sur le dos sans se fatiguer et lorsque le vent n’est pas assez fort, cette tenue est équipée d’une pagaie. Ainsi revêtu, Paul Boyton se met à l’eau à Douvres le 10 avril 1875 pour accomplir sa traversée, mais les courants au large des côtes françaises le contraignent à l’abandon. Il recommence le 29 mai 1875, mais ce coup ci, il part du Cap Gris Nez en France. Il navigue pendant 23h38 exactement et fini par atteindre la côte anglaise.

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Il entreprend par la suite d’autres démonstrations en France. C’est ainsi qu’en 1877, il navigue sur le Rhône en mai de Seyssel à Arles puis descend la Somme en novembre d’Amiens jusqu’à Abbeville. Il finit sa tournée française en août 1878 en descendant la Seine de Nogent à Paris sur une distance de 75 km. Il est considéré comme l’un des précurseurs du gilet de sauvetage.

Dans le même style, la Manche sera également vaincu par un cow-boy en 1903, du nom de Cody qui ira de Calais à l’Angleterre au moyen d’une embarcation légère accrochée à un cerf volant. Qui a dit que le « Kit Surf » est né dans les années 1990 ? D’autres tentatives encore toutes aussi farfelues seront effectuées à l’aide d’un pédalo, d’un lit à baldaquin, d’un tonneau, d’une armoire, d’un sommier, d’une bouteille géante et bien d’autres… Un scaphandrier l’aurait même traversé à pied.

Mais celle qui nous intéresse et qui est la plus simple, c’est la traversée du détroit effectuée à la nage en maillot.

La tentative de J. B. Johnson en 1872 et celle réussie de Paul Boyton en 1875, inspirera un Capitaine de la marine marchande Anglaise.

14/11/2010

1875 : Le Capitaine Matthew Webb traverse la Manche

Matthew Webb est né le 19 janvier 1848 à Dawley, dans le Shropshire, près de Birmingham en Angleterre. Il fait parti d’une famille de douze enfants de Matthew Webb (père), médecin à Coalbrookdale et de Sarah Cartwright. Dès son plus jeune âge, il apprend à nager seul dans les courants forts de la rivière Severn à Ironbridge. Il sauve la vie d’un de ses jeunes frères qui essaie de nager pour la première fois dans la rivière. Matthew Webb acquiert rapidement une réputation de nageur téméraire et de bon niveau.

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A l’age de 12 ans, après avoir arrêté ses études, il s’engage dans la marine marchande anglaise. Pour commencer, il effectue ses années de formation dans l’école d’entraînement de la marine de « Conway » puis effectue trois années d’apprentissage au sein de la compagnie maritime « Rathbone Brothers » implantée à Liverpool. Après ses 18 ans, il travaille pour différentes compagnies maritimes et navigue principalement en Océanie.

En avril 1873, alors qu’il fait route de New York à Liverpool en tant que second sur le bateau à vapeur « Russia » de la « Cunard Line », un marin tombe à l’eau en plein milieu de l’océan Atlantique. Matthew Webb saute par-dessus le navire dans une mer démontée et tente de le sauver. L’homme ne sera jamais retrouvé. Pour cette action et son audace, on lui remet, la médaille d’argent de la « Liverpool and Royal  Humane Society » ainsi que 100£. Quelque temps plus tard, en 1874, le Duc d’Edimbourg, Président du 100ème dîner annuel de la « Royal Humane Society », lui attribue aussi la médaille d’or « Stanhope » pour la même action. Cette récompense fait de Matthew Webb un héros dans la presse britannique.

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Vers la fin de l’année 1874, il abandonne pourtant sa carrière pour devenir un nageur professionnel. Après avoir lu, lors de ses voyages, le récit de la tentative avortée de J. B. Johnson, l’idée de traverser la Manche lui vient à l’esprit. Le succès par la suite de Paul Boyton le confortera dans son idée, et l’exploit impensable de traverser la Manche sans aide artificielle lui paraît la meilleure façon de se faire une réputation. Pour pouvoir y arriver, Matthew Webb prend contact avec le principal homme d’affaire du milieu de la natation, Robert Watson. Ce dernier décide de le prendre au « Lambeth Baths » de Londres pour rencontrer le professeur Frédérick Beckwith, un ancien champion de natation anglais, et être entraîné par un homme d’expérience, le célèbre Arthur Gay Payne.

Afin de réaliser cet exploit, Matthew Webb qui n’a alors que 27 ans, va s’assurer un maximum de publicité. Il peut être considéré comme étant le premier grand nageur professionnel.

Franck Buckland, directeur d’un hebdomadaire anglais consacré à l’histoire naturelle et au sport au nom prédestiné de « Land and Water », voit en l’exploit de Webb un intérêt pour son journal. Buckland va immédiatement le patronner et grâce à des souscriptions diverses, financer sa préparation. Le 3 juillet 1875, Webb fait le pari de nager 18 miles (29km) dans la Tamise de Blackwall, près de Greenwich, jusqu’à la sortie de Londres, à Gravesend. Dans une eau à 15°C, il gagne son pari en moins de 5 heures et cette performance est considérée comme exceptionnelle par la presse. Matthew Webb continue de se préparer soigneusement, en accomplissant de longs parcours d’entraînement tout en se faisant de la publicité. C’est ainsi que, quelques jours plus tard, le 20 juillet 1875, il nage plus de 17 miles (28km) le long de la côte du Comté de Kent, de Douvres à Ramsgate. L’objectif de cette préparation est de faire connaître au public le pari final.

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Dans l’attente de conditions météorologiques clémentes, il s’installe avec son entraîneur à Douvres. En fonction de la marée et des courants le départ est prévu pour la deuxième semaine d’août. Buckland a assigné un journaliste spécialement pour couvrir la tentative de Webb. Dans l’édition publiée une semaine avant la tentative, un article parle des préparatifs et de son ravitaillement pour la traversée à base de Cognac, bouillon de viande, potage, café chaud, viande …

Le 12 août 1875 à 5 heures de l’après midi, Matthew Webb se met à l’eau du quai de « l’Amirauté » à Douvres. Il sera accompagné d’un bateau avec à son bord son entraîneur Payne et des journalistes. Mais après avoir nagé un peu moins de 7 heures, il décide d’abandonner. Il était trop déporté vers l’est et n’avait plus aucune chance de succès. Dans l’édition suivante de l’hebdomadaire « Land and Water », un grand reportage est consacré à la tentative et il est mentionné que Webb a arrêté « à mi-chemin à travers la Manche après six heures et quarante neuf minutes ». Ce qui est faux par rapport à la réalité, car déporté par les courants, Webb n’était qu’à 5 miles (8km) des côtes Anglaises.

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Cet échec va servir d’expérience. Il constate qu’il lui faut partir de Douvres un peu avant l’heure de la haute mer et s’il veut profiter au mieux des courants, il doit également modifier sa direction. Mais, cet échec terni sa popularité et met en doute la faisabilité de l’exploit. Lors de sa deuxième tentative, c’est un public moins nombreux que la première fois qui assiste à son départ.

Le mardi 24 août 1875, enduit d’une couche d’huile de marsouins, Webb plonge dans l’eau du quai de « l’Amirauté » à Douvres escorté par un lougre et par deux petits bateaux. Des journalistes ont pris place dans ces embarcations afin de contrôler la régularité de son parcours. Parmi eux, Mr Vavington Jones, éditeur du journal « Dover Express », va rédiger le Journal de la première Traversée officielle de la Manche. Il consigne heure par heure, minute par minute tout ce qui s’est passé ces 24 et 25 août 1875 : la traversée de Matthew Web.doc

 

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C’est ainsi qu’après 21h45 d’effort et dans une brasse traditionnelle, Matthew Webb devient officiellement le premier homme à traverser la Manche. Lorsqu’il pose les pieds sur la plage de Calais, il est accueilli par les acclamations de la population attirée par l’annonce de son arrivée. Enveloppé dans une couverture, il est amené dans une luxueuse chambre de l’Hôtel de Paris à Calais où un docteur l’examine. Les pulsations de Webb sont de 72 battements par minutes et sa température corporelle est de 36,5°C. Il en profite pour se laver et dormir pendant trois heures. A son réveil, sa température est remontée à 38,5°C, Le docteur conclu à une excellente capacité de récupération de Matthew Webb. Il mange du poisson et retourne se coucher pendant six heures.

A son retour sur le sol Anglais, la foule l’attend sur la plage où il reçoit de nombreuses invitations des personnalités de la région. Il est fêté comme un héros national. Sa photo circule dans tout le pays, le succès de Webb est télégraphié partout dans le monde et la presse augmente ses tirages pour relater l’exploit. Des poèmes et des chansons lui sont dédiés. L’enthousiasme, en Angleterre est tel, qu’une souscription est organisée en son nom. Le fils aîné du Roi d’Angleterre, le Prince de Galles lui fait un don pour le récompenser de son exploit. Cela montre ainsi l’importance que la famille Royale accorde à l’exploit. Matthew Webb symbolise le courage et la force de tout un pays.

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Après sa traversée, il agit en grand professionnel, il écrit des ouvrages, dont le fameux « The Art of Swimming », il donne des conférences et multiplie les articles dans la presse. Les médecins s’interrogent sur ses capacités surhumaines et rédigent de nombreux articles scientifiques. Sa renommée lui rapporte suffisamment d’argent pour lui permettre pendant trois ans de s’éloigner des piscines.

C’est en 1878 que réapparaît le nom de Matthew Webb sur des épreuves de natation professionnelle. Les exhibitions qu’il effectue en Angleterre et aux Etats-Unis deviennent ses principales sources de revenus.

Il se marie aux Etats-Unis avec Madeleine Kate Chaddock et s’installe à Boston où son épouse lui donne deux enfants. Ayant besoin d’argent, à l’âge de 35 ans, il décide de traverser les chutes du Niagara à la nage. Beckwith et Watson qui l’ont accompagné lors de la traversée de la Manche lui déconseillent vivement. Mais rien n’y fait, et le 24 juillet 1883, il périt tragiquement en tentant de traverser les chutes du Niagara.

10/11/2010

Jeux Olympiques de Paris en 1900 : le 4000m à la nage

medaille JO1900.JPGLes Jeux Olympiques modernes à l’initiative du Baron Pierre de Coubertin s’installent à Paris en 1900. Dans la réalité, il s’agit de concours internationaux sportifs qui ont lieu dans le cadre d’une autre grande manifestation : l’Exposition Universelle Internationale. Pendant cinq mois, du 14 mai au 28 octobre, dans la confusion la plus totale, ont lieu en ville, des épreuves sportives, officielles et hors compétitions. Les historiens du sport vont avoir beaucoup de mal par la suite à rédiger le palmarès des différentes épreuves. Au final, seul les concours titrés comme des championnats du monde amateurs auront leurs épreuves considérées comme faisant partie des Jeux de 1900. De nombreux sportifs ne sauront jamais qu’ils ont participé à des Jeux Olympiques.

Les championnats du monde de natation, prévus au programme sportif de l’Exposition, se déroulent sur le plan d’eau de Courbevoie à Asnières, près de Paris. Ils sont organisés sur la Seine les 11, 12, 15 et 19 août par l’USFSA avec le concours de l’UFSNS, dans un bassin flottant de 100 mètres de long. Au programme, six épreuves individuelles et une course par équipe. Neuf nations sont représentées, huit européennes et un nageur Australien, ce qui permet de donner une touche plus crédible au titre de championnat du monde annoncé.

Le spectacle offert lors des différentes épreuves est remarquable et ces championnats sont considérés, par les « Sportmen » de l’époque, comme le point de départ de la natation sportive en France.

Les années qui suivent cette manifestation voient apparaître des vocations de nageurs et des associations liées à la natation.

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Au cours de ces championnats du monde, deux événements sont à retenir pour les passionnés d’épreuves de longue distance. Deux épreuves de championnat du monde de 4000m dans la Seine sont inscrites au programme, l’une amateur et l’autre professionnelle. Les deux épreuves se nagent de Puteaux jusqu’à Courbevoie dans le sens du courant. Le mercredi 15 août, ont lieu des éliminatoires afin de sélectionner les meilleurs nageurs de fond pour les finales qui se dérouleront le dimanche suivant. Cinq nageurs chez les professionnels et huit chez les amateurs sont retenus lors de ces épreuves de qualifications. Deux nageurs se démarquent du lot. L’Anglais Greasley, plusieurs fois vainqueur du Critérium de Natation organisé par le journal « Vélo », gagne facilement les séries professionnelles en 1h09’24’’. Chez les amateurs, c’est son compatriote Jarvis qui fait sensation. Il nage en 1h01’48’’ sur le même parcours, passant en tout point du trajet, plus vite que les professionnels. Il devance dans sa série Burgess de 13’ et nage 10 minutes plus vite que le vainqueur de la 2ème série, Halmay.

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Le dimanche 19 août 1900, la première finale a lieu à 13h30, elle est réservée aux professionnels. C’est l’Anglais Greasley qui en est le vainqueur en 1h08’35’’2 Suivent ensuite Evans (ANG), Paul Blache (FRA), Whylers (FRA). Deux heures plus tard, le départ de la deuxième finale est donné. Elle est réservée aux amateurs. Il s’agira de l’épreuve officielle des Jeux Olympiques de 1900. Le palmarès est le suivant :

1er : John Arthur Jarvis (GBR) en 58’24’’0

2ème : Zoltân Von Halmay (HUN) en 1h08’55’’4

3ème : Louis Martin (FRA) en 1h13’08’’4

4ème : Thomas Burgess (FRA) en 1h15’07’’6

5ème : Eduard Meijer (NED) en 1h16’37’’2

6ème : Fabio Mainoni (ITA) en 1h18’25’’4

La performance de Jarvis est remarquable car il bat de 10’ le temps du premier professionnel. Mais en eau libre, la comparaison est difficile lorsque les nageurs ne partent pas en même temps.

Au niveau Olympique, cette course est sans lendemain. Elle est la seule épreuve de longue distance en eau libre à s’être déroulée lors d’une Olympiade jusqu’en 2008…

23/11/2008

Première tentative de la Manche par une femme

Depuis l’exploit du capitaine Matthew Webb qui traversa la Manche le 23 août 1875, chaque été, de fin juillet à fin septembre, de nombreux nageurs en quête de publicité tentent de l’égaler. Au début du 20ème siècle, des femmes n’ont pas craint de s’élancer sur les traces du capitaine.

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En 1900, c’est à une baronne roumaine, Mme Walburger de Isacescu, que revient l’honneur d’être la première femme à tenter de renouveler la prouesse de Webb. Championne du Wien Amateur Swim Club, elle a déjà réalisé des exploits en endurance. Elle a nagé de Wien à Presbourg et retour (61km) en 7h03’ et de Stern à Wien (77km) en 8h03’. (Cf : La Presse 25 août 1900) Elle décide donc, fin août 1900, de venir en France pour tenter la traversée de Calais à Douvres. La nageuse se met à l’eau le 6 septembre 1900 à 7 heures du matin à marée basse. La mer est clapotante et le vent du nord est contraire, mais cela n’empêche pas la baronne d’aller tenter l’impossible. Une fois dans l’eau, la Manche et ses courants marins poussent la nageuse pendant 6 heures vers son objectif. Malheureusement, ces mêmes courants l’entraînent ensuite à la dérive pendant 4 heures vers l’ouest, l’épuisant en vain dans sa conquête de la gloire. Vers 5 heures de l’après midi, après avoir tenue la mer pendant 10 heures et avoir nagé l’équivalent d’une trentaine de kilomètre, Mme Walburger de Isacescu, transie de froid, doit sur l’ordre de ceux qui l’accompagnent, se résoudre à abandonner les larmes aux yeux. D’après de savants calculs de la part de ses accompagnateurs, si la baronne avait maintenu son rythme, elle aurait pu arriver à Douvres le lendemain vers midi au plus tôt, soit l’équivalent de 30 heures d’efforts. (Vie au grand Air 16 septembre 1900)

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Il n’en demeure pas moins qu’à son retour sur la terre ferme, elle est attendue par plusieurs centaines de personnes venues l’ovationner. Une chambre au Casino de Calais lui est préparée et après une nuit de sommeil, elle se lève comme si rien ne s’était passé la veille, prouvant à la presse son incroyable résistance et sa capacité de récupération.

23/10/2008

1905 : La première traversée de Paris - les éliminatoires

Au début du 20ème siècle, le public et la presse se passionnent pour les épreuves de grand fond comme le Bol d’or ou le Tour de France cycliste.

DSCF6091.JPGC’est ainsi que naît en 1905 une grande manifestation populaire au sein de la capitale : « la traversée de Paris à la nage »
Comme le sont quasiment toutes les manifestations sportives du début de ce siècle, cette traversée est née de l’association d’une société sportive et d’un journal. En l’occurrence Georges Moebs, président de la Société Nationale d’Encouragement à la Natation, s’associe avec Henry Desgranges, directeur du journal « L’Auto », pour mettre en place cette manifestation qui peut être considérée comme le point de départ de la natation marathon en France.

Cette épreuve réunit 516 engagements, mais les organisateurs, pour des raisons de sécurité, ne veulent pas plus de huit ou dix concurrents. Les responsables qualifient d'office 7 nageurs très renommés au début du siècle pour participer à la traversée : Holbein (Anglais), Paulus (Français), Bougoin (Français), Poullitou (Français), Burgess (Anglais), Billington (Anglais) et Miss Kelermann (Australienne).
Pour les deux ou trois places qui restent à prendre, une épreuve éliminatoire est organisée la semaine précédente.
C'est ainsi que 184 candidats prennent part à ces éliminatoires « ouverts à tous », professionnels et amateurs. Le départ des séries a lieu le dimanche 3 septembre 1905 au matin et les demi-finales, quant à elles, se nageront l’après-midi.

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Aucun concurrent ne terminera ces éliminatoires. Malgré tout, lors des demi-finales, le nageur Bernhart est déclaré vainqueur par la presse puiqu'il est resté le dernier dans l’eau et a été sorti par mesure de prudence au bout de 3,8 km par les organisateurs. (Journal Vie au Grand Air du vendredi 15 septembre 1905)
Donc un huitième nageur prendra bien le départ de la première traversée de Paris la semaine suivante... et pourtant ce ne sera pas Bernhart !

22/10/2008

1905 - La première traversée de Paris : la course

Le dimanche 10 septembre 1905, 8 concurrents, les meilleurs selon la presse, se présentent au départ de « la très curieuse, très intéressante et très instructive épreuve de natation » (Le Grand Illustré du 11 septembre 1905)

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Sont présents :
- Deux nageurs anglais très connus pour leurs nombreuses tentatives de la Manche sans succès : Burgess et Holbein.
- Deux champions du monde anglais de l’époque : l’un amateur, Billington et l’autre professionnel,Nuttal. Ce dernier est annoncé comme le grand favori de l’épreuve.
- Trois nageurs français : Paulus, un notable commerçant de Paris, très connu dans le domaine de la natation française pour avoir remporté plusieurs courses auparavant. Le sergent Poulitou, militaire de l’école de Joinville et un autre nageur tout aussi connu Bougoin.
- L’unique femme de l’épreuve est l’incroyable nageuse Australienne, Miss Annette Kellermann. Elle est sans nul doute la principale attraction de cette course et contribuera grandement au succès de l’épreuve.

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Les nageurs vont avoir à effectuer un parcours d’environ 12km en descendant le cours de la Seine du Pont National jusqu'au Viaduc d’Auteuil, soit une traversée complète de la capitale.
Les Parisiens se déplacent en masse le long des berges de la Seine pour suivre le spectacle annoncé comme l’événement de la natation par le journal « L’Auto » au même titre que le Tour de France pour le vélo.
Pour des mesures de sécurité et afin d’éviter l’affluence en un même endroit sur les quais, les départs seront espacés et donnés par petits groupes inégaux. Chaque nageur est accompagné d’une barque avec obligatoirement à bord 3 hommes dont 2 nageurs expérimentés. (Le Grand Illustré du 11 septembre)
C'est à 8 heures du matin que Miss Kellermann est la première nageuse à s'élancer sous les acclamations d'une foule enthousiaste. Elle nage la tête hors de l'eau, cheveux au vent et effectue de larges brassées en fendant la Seine.

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C'est ensuite au tour de Burgess, Poulitou et Holbein de s'élancer dans le fleuve. La foule reconnait facilement Holbein qui nage sur le dos.

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A 8h45, Bougoin, Paulus et Billington, eux, partent ensembles. Billington, champion du monde de vitesse, prend très vite l'ascendant sur ses deux concurrents. Il est surnommé dans le milieu de la natation "le Phoque" pour sa curieuse façon de nager la bouche au ras de l'eau, l'obligeant à souffler bruyamment.

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Enfin à 9 heures, Nuttal, le grand favori, se met à l'eau. C'est entre le pont de Solférino et le pont de la Concorde que la course se dessine. Nuttal et Bougoin seront les premiers à abandonner, pris tous deux de crampes. Le sergent Poulitou est arrêté à hauteur du pont de la Concorde par le capitaine Sénat. Il n'avait pas l'autorisation de ses chefs pour participer. Billington, après avoir nagé à une vitesse folle, est contraint d'abandonner saisi par le froid. C'est à 12h14, que Paulus franchit la ligne d'arrivée à la surprise générale. Il a effectué le parcours en 3h29'.

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Suit très loin derrière à presque une heure d'écart, Burgess en 4h28' et Holbein en 4h48'. La célèbre nageuse australienne, miss Kellermann, après avoir connu un moment de découragement et avoir été tentée de monter à bord de son canot d'accompagnement 400m avant la ligne d'arrivée, termine la traversée souriante en 4ème position en 4h56'.

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Cette 1ère traversée de Paris est un très gros succès et va devenir une des plus grandes manifestations sportives du début du siècle. Nous verrons prochainement que malgré tout une fausse note sera à retenir...

(Source : "L'Eclair" et "Le Grand Illustré" du lundi 11 septembre 1905 et "La Vie au Grand Air" du vendredi 15 septembre 1905)

21/10/2008

1906 : Deux traversées de la capitale à la nage

Tout le monde (presse, public, nageurs) s’accorde à dire que la 1ère traversée de Paris est un grand succès et qu’il s’agit là d’une des plus grandes manifestations sportives du moment. Malgré cet engouement, une seule fausse note est à retenir. Elle vient de l’USFSA (la future Fédération Française Natation) qui, avant même le départ de cette épreuve « ouverte à tous », interdit à ses adhérents d’y participer (source du journal La Presse du 1er septembre 1905).

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Départ de la traversée de Paris 1906 (épreuve amateur), photo du « Petit Journal » du dimanche 12 août 1906

Tous les concurrents à la course sont considérés aux yeux de cette Union comme des professionnels et ceux qui y participeront seront alors exclus de l’USFSA exclusivement réservée aux amateurs. L’oganisateur, dans un souci d’améliorer les conflits, proposera même de faire 2 classements différents, l’un pour les amateurs et l’autre pour les professionnels (Source : La Presse du 6 septembre 1905). L’idée n’est pas retenue par l’Union et il n'y aura qu'un classement. C’est ainsi que Paulus, simple commerçant, est considéré nageur professionnel par l’USFSA et nageur amateur par la fédération professionnelle de natation du moment. Et, le plus incompréhensible dans tout cela, c’est que le co-organisateur de la manifestation Georges Moebs, président de la Société Nationale d'Encouragement à la Natation, n'est ni plus ni moins que … le président de la section natation à l’USFSA. C’est à n’y rien comprendre !

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Miss kellermann lors d'un ravitaillement à la traversée de Paris 1905. Nous constatons la présence de Georges Moebs sur son bateau. (photo : Journal grand Illustré du 11 septembre 1905)

Suite à cette prise de décision d’exclusion des nageurs professionnels, il va y avoir rupture entre le journal L'Auto et Georges Moebs. En 1906, ce sont 2 traversées de Paris qui sont proposées. La première, professionnelle, est organisée par le journal "l’Auto" le dimanche 15 juillet. La seconde, quant à elle purement amateur, est organisée quinze jours après par la SNEN et Georges Moebs en collaboration cette fois-ci avec le journal "Les Sports", le dimanche 29 juillet. Les deux traversées se nagent sur le même parcours de 12km. Les deux journaux font venir des étrangers et annoncent la présence de féminines, ce qui permet d’assister à deux manifestations quasi identiques. La seule différence, c'est que le départ chez les professionnels se fait par vague alors que chez les amateurs, tous les nageurs partent ensembles. Après 1908, l’épreuve amateur verra sa distance passer à 8km.

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Trois des concurrentes de la traversée de Paris en 1906 (amateur), photo du « Petit Journal » du dimanche 12 août 1906 : « La baronne Isacescu entre Mlles Marthe et Cécile Robert

Alors que l’USFSA, et plus tard la FFN, diminue au fur et à mesure le nombre de ses épreuves de longue distance, à l'inverse, le journal « L'Auto », proposera, en plus de la traversée de Paris, plusieurs manifestations spectaculaires de grand fond avec un 24 heures à la nage en 1906, une traversée de Paris réservée aux féminines en 1912 et un marathon à la nage depuis Corbeil jusqu’à Paris sur une distance de 40km en 1924...

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Billington et son canot de secours à la traversée de Paris organisée par "l'Auto" (photo : Rowing-Natation par A. Lein et G. Le Roy)

Les épreuves de longues distances seront abandonnées progressivement par la future FFN et disparaîtront totalement du programme national après la deuxième guerre mondiale. Il faudra attendre 1992 pour que la FFN s’intéresse de nouveau à cette discipline qu’elle a pourtant bannie et critiquée dès le début. Elle se sentira alors obligée d’adhérer à la politique de la Fédération Internationale de Natation Amateur qui vient de créer en 1985, dans ses instances, une commission longue distance et qui organisera un 25 km lors des championnats du monde de natation à Perth en 1991. Avec l’organisation par la FFN du premier championnat de France de longue distance, l’année 1992 verra naître l’An 1 de la natation longue distance comme elle le dit dans son magazine « Natation ».

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Médaille de la traversée de Paris 1907 amateur (13ème place)

20/10/2008

La coupe de Noël à Paris de 1906 à 1940

En 1906, cela fait déjà plus d’une trentaine d’années, qu’un club anglais fait disputer à Londres, dans le lac de l’Hyde Park, la Serpentine : une course de natation de 110 yards le jour de Noël. Malgré le froid encore plus vif à Londres qu’à Paris, le succès est toujours plus grand d’années en années. A l’imitation des anglais, une coupe de Noël est organisée alors à Paris par la Société Nationale d’Encouragement à la Natation de Georges Moebs, le journal « Les Sports » et « Le Petit Journal ». Elle se dispute à la hauteur du pont Alexandre III et consiste à faire la traversée de la Seine dans sa largeur de la rive droite vers la rive gauche sur une distance de 200m. Si le parcours est plus long que celui de l’épreuve anglaise, en revanche, la température de l’eau est moins basse qu’à Londres où souvent les organisateurs sont obligés de casser la glace.

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"Le Petit Journal Illustré" du 2 janvier 1921

 

Pour la première édition, 8 nageurs seulement seront sélectionnés. C’est le français Meister, d'un club parisien, qui remporte l’épreuve en 2’00’’2/5 et dans une eau à 1°C. Tous ces valeureux nageurs viennent de prouver au nombreux public présent sur les berges que l’on peut ainsi sans danger prendre des bains froids en hiver.

Après ce premier succès, cette coupe de Noël devient incontournable et fait partie du programme des animations parisiennes tous les 25 décembre de 1906 à 1940 (sauf de 1914 à 1916)

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 "Le Petit-Journal" du mercredi 26 décembre 1906

 

Parmi les faits les plus marquants de la coupe de Noël, on notera :

 

En 1907 : Meister le vainqueur de la première édition a oublié de toucher l’arrivée matérialisée par un drapeau et sera déclassé. A l’issue de cette manifestation, Meister, frustré, lance un défi à Beretta, le vainqueur, qui l’accepte. La confrontation des deux nageurs va avoir lieu le 2 février 1908 sur le même parcours que la Coupe de Noël. Au final, c’est Gérard Meister qui l’emporte avec 6 mètres d’avance. Il couvre la distance en 1m 51s 4/5 et Beretta en 2m 3s 4/5.

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Match Meister – Beretta, nageurs sortant de l'eau

(photographie de presse / Agence Rol)

 

En 1913 : cette année, l’épreuve comporte une innovation. L’organisateur, Georges Moebs, désirant prouver que par tous les temps un bon nageur doit pouvoir se porter au secours d’un de ses semblables tombé à l’eau, a décidé que chaque concurrent devait nager seul les deux tiers du parcours, puis saisir sur une barque un mannequin et effectuer le dernier tiers en le tractant à la nage la tête hors de l’eau jusqu’à l’arrivée. C’est donc une épreuve à la fois de nage pure et de sauvetage que vont effectuer cette année-là les 12 courageux à la grande joie du public.

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Arrivée des deux premiers, Meister et Courbet,

On voit Meister qui tient dans sa main le mannequin

(photographie de presse / Agence Rol)

 

En 1917 : c’est en tant que réformé de guerre que Gérard Meister participera à sa 9ème édition qu’il a déjà remporté 6 fois. Blessé pendant le conflit, il garde cinq balles dans le corps et une jambe un peu à la traîne sur la terre ferme. Dans l’eau, c’est un véritable triton et ce petit poids supplémentaire ne le gêne en rien. Il remporte l’épreuve pour la 7ème fois.

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"Le Petit-Parisien" du 26 décembre 1917

 

En 1918 : Pour sa 10ème édition, la coupe de Noël sera la « Coupe de la victoire » et les dirigeants de la SNEN ont décidé, pour lui donner plus d’éclat, de n’y admettre que des poilus des nations alliées. Dans le lot des champions militaires désignés par leur corps, deux femmes prendront également le départ et cela en toute logique, puisque l’une, Mme Gourraud Morris, fût motocycliste attachée à un état-major qui fit Verdun et l’autre Mme Marcelle Vianet fut infirmière au front.Au final lesdeux nageuses ne réussiront pas à terminer l’épreuve.

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 Le départ de la Coupe de Noël 1918 

(photographie de presse / Agence Rol)

 

De 1923 à 1940 : record de participation pour le nageur Maloubier qui participe en 1940 à sa 17ème coupe de Noël. Souvent dans les 3 premiers mais jamais vainqueur.

 

En 1940 : Cette année-là en pleine période de guerre, la traversée n’a plus le même succès et les mêmes louanges que les éditions précédentes. La presse n’hésite pas à titrer : « Epreuve très sportive mais sans aucune utilité pratique » Ce sera la dernière édition de la coupe de Noël créée par Georges Moebs.

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 Hubert, vainqueur de la Coupe de Noël à Paris, tenant à la main le vase de Sèvres offert par le Maréchal Pétain, auprès de Maloubier, vétéran de l'épreuve qui a terminé troisième.

(Photo L.A.P.I. 25 décembre 1940)

 

Tous les podiums de la Coupe de Noël de 1906 à 1940 : resultats coupe Noel Paris de 1906 à 1940.doc

 

 

17/10/2008

Le premier Français à tenter la traversée de la Manche

Le premier français à tenter officiellement la traversée de la Manche est le célèbre nageur Georges Paulus, vainqueur de la traversée de Paris 1905 et des 6 heures en 1907. Il a l’intention de faire la traversée le mercredi 12 août 1908 et compte partir aux alentours de trois heures. Ce jour là c’est la pleine lune et les courants sont au plus fort. Il compte sur eux pour mener à bien sa tentative. Dès qu’il s’agit d’organiser et de promouvoir la natation de marathon, le Journal « L’Auto » est toujours présent. Ainsi le journal et son rédacteur L. Manaud prennent toutes les dispositions et prêtent un puissant concours pour que Paulus ait le plus de chance de réussir.

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Ils vont tout mettre en œuvre pour que l’organisation soit irréprochable. Le bateau vapeur convoyeur affrété par le journal porte le nom « Pole Star ». Le commandant de l’expédition est confié à Mr Paul Rivet, un vieux loup de mer. Son parcours est remarquable, dès l’âge de huit ans il a commencé à naviguer. Puis il a participé aux guerres de Crimée et d’Italie. Il a ensuite navigué comme patron de pêche et enfin ce qui est remarquable a effectué au cours de ses campagnes plus de 70 sauvetage (Cf La Presse 10/08/08) Il connaît tous les coins et recoins, les passages difficiles et les courants de la Manche. Il est celui qui doit guider au mieux Paulus vers la France. Toute la presse française et britannique est conviée par L Manaud à assister à la tentative. Il y aura de nombreux correspondants français avec « La Presse », « Le Matin » et « le Petit Calaisien » et le photographe Simons. Du côté britannique il y aura les correspondant des « Sporting Life”, “Daily mail”, “Sub-Editor”, “Dover Standart”… (Cf La Presse 13/08/08) Le médecin de la préfecture de la Seine, Paul Gardé, est le docteur officiel. Pour l’accompagner, il y a sa plus fervente supportrice, son épouse mais également quelques « sportsmen » qui ont contribué à la réalisation de la traversée, comme Mrs Riffaud, Dubonnet et Ouvrier.

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Paulus s’est entraîné très sérieusement toute l’année pour essayer de franchir la fameuse nappe d’eau qui sépare la France de l’Angleterre. Une semaine avant, il se rend à Calais pour profiter des derniers jours qui lui restent avant sa tentative, afin de parfaire son entraînement en pleine mer et régler les derniers détails. (Cf La Presse 10/08/08Paulus est très confiant et a effectué sa dernière sortie en mer le lundi après midi. Mr Stauber, un des plus réputé pilote de Douvres, il est le fils du pilote qui accompagna le fameux capitaine Webb dans la légendaire traversée, a assisté à cet entrainement et a déclaré : « Paulus est le nageur le plus rapide que j’ai vu ici jusqu’à ce jour » (Cf La Presse 13/08/08)

La veille Paulus dine en compagnie de tout ceux qui participent à l’expédition et il explique aux journalistes présent comment il s’est préparé depuis le début de l’année pour tenter de renouveler l’exploit de Webb. Il a établi son tableau de marche sur une moyenne de 3km200 à l’heure, ce qui est une vitesse rapide pour les nageurs de l’époque. A dix heures du soir, Paulus part se coucher pendant que les accompagnateurs terminent les préparatifs.

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Le mercredi 12 août 1908, après quelques minutes de repos, à une heure du matin, tout le monde est debout. Paulus est tout heureux et prêt à réussir. A une heure trente, tout le monde quitte l’hôtel des Cygnes pour se diriger vers la grande jetée. Là, amarré dans le port, le bateau vapeur « Le pole star » les attends. A bord, Paulus fait ses derniers préparatifs. Il en profite pour se faire enduire le corps d’une graisse spéciale qui doit lui permettre de résister au froid. A deux heures du matin, tout le monde est prêt. Quelques minutes plus tard, à 2h27, Paulus se jette à l’eau du haut de la grande jetée des « bateaux poste » à Douvres. La tentative vient de commencer, Paulus nage à belle allure. C’est la pleine lune, le temps est clair et la mer calme. (cf la Presse 13/08/08). Il est très bien dirigé par le pilote Ouvrier. A 2h50 Paulus est à 4km500 du départ. Il avance à 10 km/h environ, avec la force des courants. Mais de minutes en minutes cette mer calme commence à devenir mauvaise. Elle ne gêne en rien la progression du nageur qui paraît à l’aise. Soudain, c’est l’affolement ! Au milieu de cette mer houleuse les accompagnateurs du bateau perdent de vue le nageur. Gros moment d’angoisse à bord, Mme Paulus l’appelle en criant. La tête de Paulus apparaît sur la cime des vagues et leur répond tranquillement : « Ne vous inquiétez pas de moi, je ne vous perd pas de vue, tout va bien » (Cf La Presse 14 août 1908) Gros soulagement à bord. A 3h30 Paulus approche du Varne, véritable colline de sable sur de la roche au un tiers de la Manche. Là les courants sont plus forts car il y a beaucoup moins de profondeur. paulus Manche 1907.JPG

A ce moment il vient de parcourir 8km. Paulus ne montre aucun signe de fatigue. La mer est maintenant très mauvaise et le bateau à vapeur est très secoué. A l’intérieur, cela devient l’apocalypse, la plupart des passagers sont pâles puis verts. Ils ont du mal à se tenir à tout ce qu’ils trouvent, mât, bastingage, cordage, filets de pêche… Certains offrant aux poissons le dîner de la veille. A 4h27 Paulus a parcouru 14km500, à bord, seul le docteur Gardé et Mme Paulus sont légèrement indisposés. Tout le monde à bord est malade et incapable de s’occuper du nageur. Lui, de son côté, continue de nager comme si de rien était. A 5h27 Paulus a parcouru 17km. Seule son épouse continue de l’encourager. Elle essai péniblement de le ravitailler avec du chocolat chaud. Le bateau à l’air d’un vrai champ de bataille avec tous les corps allongés et malades. A 6h17 Après avoir absorbé trop d’eau de mer, Paulus se plaint de fortes coliques et de vomissement. Les larmes aux yeux et peu fatigué, il abandonne, après avoir parcouru 11 miles marin soit exactement 20km372 en 3h50’. A 11h le « Pole Star » arrive à Calais, une dizaine d’accompagnateurs en ressortent complètement défaits. Seul Paulus, son épouse et le docteur Gardé sont plus d’aplomb.

De l’avis des journalistes anglais qui ont suivi la tentative, ils estiment, de par leur expérience, que Paulus est l’homme certainement le plus qualifié pour renouveler l’exploit et de rajouter : « Burgess et Holbein n’auraient peut être pu tenir trois miles par une mer aussi mauvaise ; il est courageux votre homme ! ». (Cf la Presse 14/08/08) Mais Paulus, déçu, annonce clairement : « qu’il renonçait à jamais à tenter la fameuse traversée » (Cf La Presse 13/08/08) Encore une fois la traversée vient d’échouer.

Mais son choix de partir un jour de forte marée était-il judicieux ? Ne valait-il pas mieux attendre un moment plus propice et des conditions climatiques plus clémentes ?

15/10/2008

Championnats de France eau libre de 1899 à 1939

Les premiers championnats de France de natation amateur ont lieu en 1899 et sont organisés par l’Union des Sociétés Françaises de Sports Athlétiques (U.S.F.S.A.). Ils se déroulent en milieu naturel, mais en espace banalisé, et comportent deux épreuves : un 100 mètres à Paris dans la Seine, et un 500 mètres à Versailles. Seule une troisième épreuve se dispute en eau libre, il s’agit d’un 400 mètres en mer à Saint Valéry en Caux. Cette épreuve est remportée par G. Leuillieux (PN Lille) qui peut être considéré comme le premier nageur a avoir obtenu le titre de champion de France en eau libre.

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A cette période les épreuves nautiques les plus populaires sont les traversées de villes et les marathons aquatiques. Dès lors cela oblige la commission de la natation de l’U.S.F.S.A. à intégrer dans ces championnats de France une épreuve plus longue calquée sur le modèle des traversées, en plus du 400m. C’est ainsi qu’en 1906, et jusqu’en 1913, sont organisés annuellement un championnat de France sur 4000 mètres en mer ainsi qu’un 1000 mètres en mer entre 1910 et 1913.

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A partir de 1912, un championnat de France de grand fond naît et se déroule dorénavant en descente de rivière. Il est organisé à partir de 1921 par la F.F.N.S., qui devient plus tard la F.F.N., sur une distance de 8 kilomètres. C'est généralement la traversée de Paris en amateur qui permet de décerné le titre.
Le palmarés complet des Champions de France eau libre de 1899 à 1939.doc

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La guerre de 1939 marque la fin des compétitions nationales en eau libre. Le championnat du 400 mètres en mer voit sa dernière édition en 1931 et le championnat de grand fond n’a pas lieu en 1939 en raison de la situation internationale (il était prévu fin août) et n’aura d’ailleurs plus lieu après la guerre.
Vous pouvez visionner un reportage de la traversée de Paris en 1931 sur le site de l'INA :

http://www.ina.fr/archivespourtous/index.php?vue=notice&a...

Toutefois, dans le domaine de l’eau libre, quelques comités régionaux continuent après la tourmente d’organiser des championnats régionaux de grand fond.

14/10/2008

La première Française à tenter la traversée de la Manche

A partir de 1920, après le déminage des plages, la Manche est à nouveau retentée par les nageurs du monde entier. jeanne sion le matin.jpgComme tous les ans, d’août à septembre, la traversée de la Manche prend une part importante dans l’actualité. Mise en valeur par la presse mondiale, elle attire de part et d’autre du Détroit, un grand nombre de nageurs et de nageuses n’hésitant pas à sacrifier du temps et de l’argent pour rééditer l’exploit de Webb et Burgess.

Parmi les nageuses, une Française, Jeanne Sion, née à Dunkerque en 1889. Elle est la petite fille du marin Frédéric Sion, propriétaire et fondateur en 1853 d’une école de natation sur l’un des 2 plans d’eau ouverts à Dunkerque : le « Carré Sion ». A Dunkerque, "Sion et natation riment". Jeanne apprend à nager dès 3 ans avec son père Joseph Louis. Elle se familiarise rapidement avec le milieu aquatique. Dans sa ville, elle est une véritable héroïne. On la surnomme « l’ondine, fille des corsaires ». En 1922, à l'âge de 33 ans, elle espère devenir la Première nageuse à traverser le détroit. Elle est soutenue par la presse et encouragée par toute une population. C’est une sportive d’exception et elle est considérée comme l’une des premières candidates sérieuses à la traversée de la Manche. Malheureusement, lors de sa tentative du dimanche 7 septembre 1922, elle revient à terre à bord du convoyeur "Ravageur" après avoir échoué à 4 miles de Douvres. Elle avait nagé pendant 14h30 et aurait fait, dira le capitaine du Ravageur, 71km. Pourtant très en forme, elle a abandonné à la suite d'un violent mal de gorge provoqué par l'eau salée et le mauvais système de ravitaillement.

De 1924 à 1926, à plusieurs reprises, elles seront 3 nageuses à tenter l'exploit de devenir la "première femme" à figurer au palmarès de la traversée de la Manche. Elles sont à la fois, 3 rivales et 3 amies, n'hésitant pas à suivre les diverses tentatives des unes et des autres à bord du bateau convoyeur, peut-être aussi par espionnage sportif ! Il y a les américaines Harrison et Ederlé ainsi que la Dunkerquoise Sion. 08-06_traversee_feminine_manche_2_lightbox.jpg

En 1924, parmi toutes les prétendantes, la Française est la première à s'élancer du Cap Gris-Nez dans la nuit du 22 juillet mais il n'y a pratiquement personne pour relater sa tentative, car en même temps se déroulent à Paris les Jeux Olympiques d'été. Pour sa traversée, Mlle Sion est convoyée par un remorqueur calaisien habitué des tentatives : "Le Champion". Il avait accompagné avec succès Enrico Tirabosch en 1923, le 4ème nageur à réussir la Manche. Ce 22 juillet, Mlle Sion, profite d'un temps absolument calme et d'une mer à l'apparence d'un lac pour disparaître de l'horizon en direction des côtes anglaises. Entraînée ensuite par les courants et surtout épuisée par le froid, elle abandonne en fin de matinée à 7 miles (11km) des côtes anglaises. Elle est retirée de l'eau et ramenée à Calais par le remorqueur. Une quinzaine de jours plus tard, c'est au tour de Mlle Harrisson de tenter sans succès la traversée.

Rejointes en 1925 par l'américaine Gertrude Ederlée qui espère accomplir cet exploit, elles tenteront toutes les 3 la Manche sans succès. Mlle Sion est de nouveau la première à s'élancer du cap Gris-Nez avec cette fois-ci une centaine de personnes rassemblées sur la plage pour assister au départ. P1070677.JPG

A bord du remorqueur à pris place l’Américaine Harrisson en tenue de bain, prête pour « entraîner » sa rivale. C’est ainsi que l'on appelle les personnes qui se mettent épisodiquement à l’eau pour accompagner le nageur dans l’effort. Cette année-là, elle échoue à seulement 3600m du but mais dira-t-elle "beaucoup plus par l'appréhension de la nuit opaque que par le froid ou la fatigue". Elle est la première femme à s'être rapprochée aussi près du but et elle n'hésite pas à déclarer à la presse qu'elle renouvellera une prochaine tentative. Elle retentera à plusieurs reprises et sans succès la traversée jusqu'à la réussite de l américaine Gertrude Ederlé le 6 août 1926 en 14h32' ...

Pour quelques malheureux kilomètres, Jeanne Sion passera dans l’anonymat le plus total laissant à l’américaine les fastes d’une parade New-Yorkaise avec plus de 2 millions de personnes…

13/10/2008

1924 : Le « Marathon Nautique » Corbeil - Paris (40km)

Lorsqu’en 1905, le journal « L’Auto » crée la traversée de Paris à la nage, dans le monde des sportsmen de l’époque, on trouve l’idée insensée et surhumaine. Depuis cette première traversée, ce sont des centaines de nageurs qui ont participé chaque année avec succès aux traditionnelles traversées de Paris prouvant que nager 12km constitue un effort très ordinaire. Aussi quand en 1924, le même journal « L’Auto » annonce la création d’une grande épreuve d’endurance entre Corbeil et Paris, « on se contente de sourire ». (Source "L’Auto" du 29 juillet 1925) Le « Marathon Nautique », c’est ainsi qu’a été dénommée cette nouvelle course de grand fond d’une distance de 40km. Cette épreuve est organisée par la Ligue nationale de Natation et son président Léon Manaud, collaborateur au journal « L’Auto ». Autant dire que cette épreuve est considérée comme réservée aux professionnelles. Le départ est prévu le samedi 2 août à 23h à l’écluse de Coudray, située à 5km en amont de Corbeil et l’arrivée est attendue le dimanche 3 août au bassin de l’Hôtel de Ville de Paris. Le problème sur un tel parcours est le passage des écluses de Soisy sous Etiolles, d’Albon et de Port à l’Anglais.

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L’organisation a tout prévu pour assurer la sécurité des nageurs. A ces différents points de passages des postes de secours et une organisation spéciale sont mis en place pour permettre aux concurrents de franchir les barrages en accomplissant que quelques mètres à pied. ("L’auto" 29 juillet 1924) Les nageurs auront à grimper un escalier placé en amont puis à redescendre à l’eau par un escalier spécial. « Il est interdit aux concurrents, sous peine de disqualification de s’arrêter ou de prendre de la nourriture ou des soins au moment du débarquement » ("L’auto" 1 aout 1924)

D’autre part les concurrents sont convoyés par un « bachot », petit bateau à rame, avec à bord un rameur, un commissaire et  un soigneur.  Chaque bateau est équipé d’un projecteur « Magondeaux » afin de permettre de suivre le nageur la nuit. ("L’auto" vendredi 25 juillet 1924)

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Cette course est annoncée comme pouvant être un test ou une épreuve qualificative aux prétendants de la Manche. La distance de 40km à accomplir correspond à quelque chose près à la traversée de la Manche, mais avec cette différence qu’il n’y a pas de courant et de grosses vagues à affronter. Ceux qui terminent cette course sont des candidats sérieux pour le Détroit. Une telle épreuve n’est donc pas ouverte à tous et l’organisateur est obligé de refuser des centaines d’inscriptions qui lui parviennent au siège du journal « L’auto ». Seuls des nageurs qui depuis longtemps ont fait leurs preuves dans le domaine de la natation de grand fond, peuvent être sélectionnés pour participer. Ils ont en plus l’obligation de passé devant une commission médicale qui elle seule peut les autoriser à participer.

Le samedi 2 août 1924, toute la ville de Corbeil est en fête. Sur les quais fleurissent des guirlandes et des oriflammes. A la nuit tombante des lampions illuminent la rive droite près du Cercle Nautique de Corbeil où vont se dérouler les principales animations. A 20h30, la berge est noire de monde. Pour faire patienter le public, la musique fait rage et un feu d’artifice illumine le ciel de Corbeil. Du balcon du Cercle Nautique, Leon Manaud présente les huit concurrents longuement acclamés : Paulus, Burgess, Bébé Lavogade, Géo Michel, Chrétien, Helmy (nageur égyptien), Pouilley, Lardet.

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A une heure du matin, les barques des concurrents dans lesquels ont pris place les commissaires et soigneurs, se regroupent. A bord du « Lutetia », un coup de pistolet est tiré. Le premier Marathon Nautique, est commencé. Sept concurrents sont partis. L’excellent nageur égyptien Ispack Helmy est resté sur la ligne de départ déclarant ne pas vouloir participer aux différents prix. Il compte partir un quart d’heure après afin de conserver sa qualité d’amateur et éviter les foudres des Fédérations. Avec l’accord du commissaire général, il ne court pas avec les autres concurrents et part à 1h12…

A 13 heures et 3 minutes, Chrétien atteint l’échelle de l’arrivée et devient ainsi le 1er vainqueur du « Marathon Nautique ».  Il a couvert les 40km en 12h03’ correspondant à une vitesse de 3,234 km/h.

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Trente minutes après l’arrivée du premier, c’est au tour de Michel de grimper à l’échelle. Suivent ensuite Lardet, Lavogade et Burgess, puis très très loin derrière l’égyptien Helmy. Il arrive 6 heures après l’arrivée du premier. Le nageur, amateur, annonce qu’il a entrepris ce Marathon à la seule fin de s’entraîner pour la traversée de la Manche et son objectif était de terminer. C’est curieux que ce nageurs qui va devenir forcement professionnel s’il entreprend de traverser la Manche déclare au départ ne pas vouloir participer aux différent prix. A lui seul, il résume toutes les incohérences de l’époque sur le statut d’amateur et de professionnel.

Au final, « Le premier Marathon de Paris de l’Auto a connu le triomphe » ("L’Auto" 5 août 1924) grâce à une organisation sans faille de la Ligue Nationale de Natation. Pour l’épreuve il a fallu mobiliser : « Un bateau parisien, trois pétroliers, une motogodille, trente bachots, quarante projecteurs Magondeaux, quatorze voitures automobiles, deux ambulances, cinquante infirmiers et deux cent cinquante commissaires. Grâce à tous ces dévoués, l’organisation fut parfaite, le succès fut triomphale » ("L’auto" 5 août 1924)

Il y aura 2 autres éditions en 1925 et 1926. Voici les résultats :

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12/10/2008

Géo Michel, le premier français à traverser la Manche en 1926

Georges Michels, « Jo » pour les intimes, est boulanger à Levallois. Il est passionné de natation et plus particulièrement de natation marathon. Depuis 1908, il s’entraîne au CN Paris et participe aux épreuves de grand fond. Son gabarit n’a rien à voir avec les autres nageurs et notamment ceux de vitesse. On l’appelle « le gros » et ne pèse pas loin de cent kilos.

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Mais pour nager la Manche et les épreuves de marathon, il vaut mieux être un peu enrobé. Il participe à plusieurs reprises à la traversée de Paris, qu’il gagne en 1919 et au marathon nautique Corbeil – Paris qu’il gagne en 1926. George Michel n’est plus membre de la FFNS, car exclu pour avoir participé aux épreuves organisées par le journal l’Auto. Il nage et participe aux épreuves comme nageur indépendant.

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Lorsque le 9 septembre, le Français Geo Michel s’élance dans le détroit de la Manche, il en est à sa onzième tentative. Il se met à l’eau au Cap Gris-Nez à 20h26. Avant son départ il déclare : « Je serais rudement surpris si je n’atteignais pas la côte anglaise vers 7h30 » (le matin 11 septembre 1926) Effectivement, le samedi 10 septembre 1926 à 7h35, avec seulement cinq minutes de plus que ses prévisions, il gravit péniblement la plage de galet de Saint Margaret. Il vient de traverser la Manche en 11h05 établissant un record absolu qu’il détiendra jusqu’en 1950.

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A sa sortie de l’eau, il est acclamé comme un héros. En l’espace de quelques secondes, il reçoit une centaine de chaleureuses poignées de mains. Il vient de battre le record de la traversée de plus d’une heure. Le record précédent a été réalisé dix jours auparavant par l’allemand Vierkoetter en 12h35. Dans ces années d’après guerre, la solidarité franco-anglaise est retrouvée. Les Anglais sont ravis que le record devienne la propriété d’un Français et non pas d’un Allemand. Alors que les autorités britanniques ont fait des difficultés à Miss Ederlé, à Miss Carson et à Vierkoetter pour les formalités de passeport, Michel est fêté comme un roi à Folkestone et à Douvres.

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A son retour sur le sol français, il est chaleureusement accueilli à Boulogne, Calais et Lille où des réceptions lui sont organisées. A Boulogne, le soir même de sa traversée, une foule énorme l’attend sur le quai de la gare maritime. Le sénateur maire, les élus et les dirigeants sportifs de la ville sont là pour l’accueillir. Il est escorté jusqu’à l’Hôtel de Ville où l’attend une grande réception en son honneur. Après l’avoir longuement félicité, le Sénateur Maire de la ville, ravi que le record de la Manche revienne à un Français, lui remet une médaille souvenir de la ville. (Le Matin 11septembre 1926). Le lendemain, au cours d’une réception chaleureuse, la ville de Calais lui décerne le titre de citoyen d’honneur. A Lille, le maire lui remet la médaille Vermeil de sa ville. Mais lorsque Georges Michel débarque sur le quai de la gare du Nord à Paris, seuls quelques amis sont présents pour l’acclamer. Un député de la capitale M Edouard Soulier adresse au ministre de la Guerre une demande de croix de la Légion d’Honneur pour Géo Michel. Mais cette demande reste lettre morte. Il reçoit, malgré tout en 1927, la plus belle des récompenses pour un champion : on lui décerne le 16ème grand prix de l’Académie des Sports.

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Le récit complet de ses impressions que Géo Michel confia à un journaliste du « Miroir des Sports » au lendemain de sa traversée : Récit de la traversée de Geo Michel.doc

11/10/2008

A partir de 1927, les marathons en France sont oubliés

Jusqu’en 1926, pour gagner de l’argent les nageurs professionnels bénéficient des grandes manifestations organisées par la LNN et le journal « l’Auto ». Avec la pression qu’exerce la FFNS, on constate une réduction du nombre de nageurs professionnels. La plupart restant, sont des vieux nageurs d’avant guerre qui par le biais des marathons peuvent continuer à ce faire une réputation. C’est le cas des Paulus, Burgess, Lavogade, Pouilley,… Quant aux moins jeunes, leur gabarit de nageur de marathon ne leur permet pas de prétendre à des résultats sur les courses de vitesses orchestrées par la fédération amateur. Aussi, dès 1927, quand l’occasion se présente d’aller faire fortune sur les différents marathons organisés sur le continent américain, les quelques professionnels restant n’hésitent pas à partir.

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Ces épreuves outre-Atlantique remportent un immense succès avec des dotations colossales grâce à l’engagement des industriels américains et canadiens. Plus d’un million de francs pour le vainqueur du marathon nautique du lac Ontario. Georges Michel est un modeste boulanger, mais son activité principale est la natation. En juin 1927, il prend le bateau et arrive à Montréal pour participer à plusieurs épreuves de grand fond. Cette année là, il termine 2ème du lac Ontario et 1er du marathon Montréal – Sorrel, 40 miles dans le Saint Laurent. (L’Auto 8 juillet 1927)

Ce départ des professionnels pour tenter fortune dans les marathons organisés à l’étranger est décisif. En 1927, les marathons professionnels disparaissent de France.

10/10/2008

La Channel Swimming association

La Channel Swimming Association (CSA) est une association anglaise qui valide les traversées de la Manche à la nage. Cette association a plus de 80 ans d'existence, mais savez-vous comment elle a été créée ???

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Depuis 1907, il existe en Angleterre une association regroupant des sportsmen anglais sous le nom de « Channel Swimming Club ». (La Presse du 17 juillet 1907). Mais cette association n’a aucun pouvoir pour reconnaître et valider les tentatives de traversées. Lors de leur assemblée sont présentées aux clubs anglais différentes coupes qui récompensent ceux qui réussissent. Un « trophée challenge » est offert par le trésorier de l’association, Mr Alfred Jonas. Ce trophée, au nom de « Webb Memorial Shield » , récompense l’équipe de quatre nageurs se relayant qui termine la traversée. Un autre trophée du nom de son donateur « Alexander » est remis au nageur qui réussit en solo la traversée. (La Presse 23 août 1907). En décembre 1926, Alfred Jonas, devenu Secrétaire Honoraire du « Webb Memorial Fund », demande à ce que des moyens soient mis en œuvre pour que les nageurs qui accomplissent la traversée de la Manche soient reconnus et que leurs conformités soient certifiées.

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Une association, nommée « Channel Swimming Association » (CSA) , est créée pour contrôler et réglementer les traversées de la Manche.

Cette association constituée à Londres se compose des personnalités suivantes :

- Les anciens présidents de l’Amateur Swimming Association (l’équivalent en France de la Fédération Française de Natation) : Mr Georges Rope, Président de « l’Otter S.C. » ; Mr H.T. Bretton, représentant de la Fédération Internationale de Natation et Mr H.W. Jones

 Les fondateurs du « Webb Memorial Fund », Mr J.M. Dick et Mr Alfred Jonas ancien trésorier du « Channel Swimming Club »

-  Les « Vieux de la Manche » : Mr T. W. Burgess, Mr M. Holbein et Mr J. Wolffe

-  Un journaliste du « Dover Standart », Mr Hughes. (source CSA handbook)

 

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A partir de mars 1927, les traversées de la  Manche sont dorénavant organisées et contrôlées par la « Channel Swimming Association ». Toutes les traversées officiellement observées par ses Officiels/Observateurs désignés sont validées et enregistrées. Les règles du CSA tiennent dans une petite plaquette de quatre pages qui explique que le but de l’association est de faire une enquête sur les performances des nageurs qui ont fait la traversée mais aussi d’assister de ses conseils ceux qui désirent la tenter. Y figurent également le règlement qui stipule :

 

« Tout nageur (ou nageuse) recevant l’aide d’un appareil qui le soutient ou portant des gants palmés ou recevant une aide quelconque pendant la nage, ne sera pas considéré comme ayant traversé « l’English Channel » (qui peut être aussi bien le canal français).

Toutefois un nageur (ou nageuse) est autorisé à porter des lunettes vertes (pourquoi pas noires ?) et un bonnet de caoutchouc pendant la nage et se faire graisser le corps avant d’entrer dans l’eau. » (Le Matin 18/08/1930)

 

Les réussites antérieures à 1927 ne vont pas toutes être reconnues par les Anglais. La traversée du français Georges Michel "dit Géo" en 1926 ne figure pas dans la liste des traversées publiée par l’Association. En effet, comme la traversée de la Manche n’est pas considérée comme une épreuve officielle par les pouvoirs sportifs Français, G. Michel s’était fait accompagner d’un huissier de Boulogne Maître Duval, pour qu’il lui dresse un procès verbal et authentifie sa traversée. Malheureusement pour lui, comme il n’a pas fait appel à l’un des « Vieux de la Manche » qui siègent au sein du CSA, sa traversée ne sera jamais reconnue en Angleterre.

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Maître Duval encourageant Georges Michel a son arrivée sur le sol Anglais

 

Jusqu’à la mort de son Secrétaire en 1938, l’Association va contrôler pendant 11 ans toutes les tentatives et succès des nageurs. Tous les rapports officiels rédigés par l’association vont être placés dans un coffre-fort à Londres. Malheureusement ces derniers seront détruits pendant la guerre par les bombardements Allemands. Du côté français, Mr Léon Vincent, député maire de Calais et Mr Joe Costa seront les délégués et représentants de l’association. Mr Joe Costa assiste de 1927 à 1930 à 56 tentatives. (Le matin du 18/08/1930). En 1927, la ville de Calais achète le chalet des Algues à proximité de la plage du Cap Gris Nez. Ce chalet sert d’Etat major à la compétition en France et c’est généralement là que s’effectuent les graissages des nageurs avant de se mettre à l’eau.

 Ce n’est que onze ans plus tard, qu’une réunion a lieu à Folkestone pour redonner une impulsion à l’Association. Le 31 octobre 1949, un nouveau comité est formé sous la direction de l’inspecteur William Floydd de la police de Folkestone. L’association réaffirme son engagement d’aider et conseiller les nageurs tant amateurs que professionnels désireux de traverser la Manche.

En août 1957, l’association tient pour la première et dernière fois depuis sa création son assemblée générale sur le sol français. Cette réunion se déroule à l’hôtel « Normandie » dans Wissant. A cette période, la natation marathon en France est en plein essor…

27/02/2008

Le Groupement Français des Nageurs de Longues Distances (1953-1963)

Après la guerre, la Fédération Française de Natation se désintéresse totalement des épreuves en eau libre. Le championnat de Grand Fond nagé en Seine n’a plus lieu. Seuls ses comités régionaux organisent des traversées à la nage. Ce sont des épreuves de grands fonds généralement inférieurs à 10 km.

 

Les années 50 sont marquées par l’arrivée grandissante du professionnalisme en matière de natation marathon. Un groupement français réunissant des marathoniens professionnels et amateurs est créé en 1953.

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Journal Officiel du 22 juillet 1953

Le bureau est composé de Géo Michel comme Président et Mr Chaindron comme secrétaire général. Ils vont mettre en place des épreuves de marathon en France et leur première organisation sera le marathon nautique de Paris le dimanche 21 juin 1953. 

 

Après le décès de son premier président, Géo Michel, l’ancien vainqueur de la Manche, et son successeur, Chaidron, le groupement, sans club support, disparaît dans les années 60.


A noter qu’en marge du marathon de Paris de 1953, les nageurs professionnels s’organisent et créé le vendredi 19 juin 1953 à 19h à Auvers sur Oise, une Fédération Internationale Professionnelle de Natation Longue Distance. Le premier bureau de cette fédération est composé des personnalités suivantes :

Président d’honneur : MM Georges Michel (France) et Saadack Helmy (Egypte),

Président actif : Général Sabry (Egypte) ;

Vice présidents : MM James Jeath (Grande-Bretagne), et Vellée (France) ;

Trésorier : Mr jules Desvenain (Belgique)

25/02/2008

Le marathon de la Manche à la nage

"Channel Marathon Swimming Races"

Jusqu'aux années 50, les nageurs qui traversaient la Manche recevaient une formidable publicité dans le monde entier alors que cela ne se passait pas ainsi avec les autres sports.
1950 est marquée par l'arrivée grandissante du professionnalisme en matière de natation marathon. En effet, cette année-là un journal anglais à grand tirage, le "London Daily Mail" décide de parrainer une course pour traverser la Manche à la nage de la France vers l'Angleterre.

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Cette course est très médiatisée et des inscriptions arrivent des quatre coins du monde. Les primes offertes sont de 1000£ pour le premier et de 250£ pour les quatre suivants. La première féminine recevra également une prime de 1000£. La course est limitée à 20 participants pour des raisons de sécurité.

- 1950 : "L'Egyptien Hassam Abd El Rehim remporte le 1er marathon de la Manche devant le français Roger Le Morvan"

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"Le nageur français Le Morvan (en tête le matin) en plein effort. - 1950"

- 1951 : "L'Egyptien Hamad bat Le Morvan de 1' et gagne le marathon de la Manche"

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"Hassam Hamad a vaincu la Manche et ... le malchanceux Le Morvan - Le Miroir des Sports 271"
Il a fallu quatre remises de départ avant que le bon ne soit donné avec une météo favorable. Ces reports de départ ont poussé le journal à dépasser de très loin le budget alloué à l'événement sportif. Le journal ne rééditera pas la course l'année suivante.

- 1952 : l'épreuve n'aura pas lieu

L'importance de la publicité qu'apporte ce genre d'épreuve ne va pas tarder à intéresser un homme d'affaires du nom de Billy Butlin. Sa société propose des "camps de vacances et affaires diverses". Il va parrainer l'épreuve pendant les sept années qui vont suivre.

- 1953 : Six concurrents disputent le marathon ... tous abandonnent !

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- 1954 : C'est le portugais Baptista Peirera qui remporte le marathon de la Manche devant Hassam Hamad et Brenda Fischer

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- 1955 : "L'Egyptien Lati Heif remporte le marathon de la Manche"

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- 1956 : Les huit concurrents du Marathon de la Manche ont été contraints à l'abandon à la suite du mauvais temps après 11h de course. Les primes seront remises en fonction de la position des nageurs.

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- 1957 : 2 nageurs terminent le marathon de la Manche et pour la première fois une féminine remporte l'épreuve, il s'agit de Greta-Marie Anderson du Danemark.

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- 1958 : "Greta Anderson gagne le marathon de la Manche et approche le record de 8 minutes"

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- 1959 : C'est le nageur argentin Alfredo Camarero qui a gagné l'épreuve annuelle de traversée de la Manche à la nage en 11h48

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"A. Camarero tenant son trophée après avoir atteint Folkstone"

Pour diverses raisons, (coûts élevés d'organisation, publicité moindre), Mr Billy Butlin retirera son parrainage et 1959 sera la dernière édition.

La traversée de la Manche, quant à elle, continuera à susciter les envies et ceux qui désireront rallier l'Angleterre à la France en nageant pourront le faire en solo grâce à la "Channel Swimming Association" qui valide encore aujourd'hui cette épreuve.

Les résultats complets des courses du marathon de la Manche à la nage : LE MARATHON DE LA MANCHE.doc

18/02/2008

Les courses de marathon à la nage en France (2ème moitié du 20e siècle)

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Les années 50 sont marquées par l'essor des épreuves professionnelles de marathon à la nage. Un nombre considérable d'épreuves apparut en France. Certaines n'ont été organisées que pendant quelques années et d'autres connaitront des interruptions d'une ou plusieurs années. Voici quelques-unes des plus fameuses.

- La course de la Manche à la nage:

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"Les vingt nageurs qui attendaient depuis quelques jours que les conditions atmosphériques leur soient favorables ont pu partir ce matin à 7h30. Trois français participent à cette intéressante compétition. Graissés et huilés les nageurs attendent le signal du départ. Intercontinentale 16/08/1951"

- La traversée de Paris à la nage:

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"Le marathon nautique de Paris (28 km du barrage d'Alfortville aux bains de Suresne) a été l'occasion d'un triomphe égyptien : Ladif Abou Heif (à gauche) et H. Hamad (à droite) ont gagné ex-aequo et très nettement détachés - Intercontinentale 21/06/1953"

- Le marathon de la Loire à la nage:

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"Les nageurs égyptiens Abou Bakr et Abou Heif montent l'échelle du quai à l'arrivée à Nantes du marathon de la Loire, qui s'est nagé en deux étapes, St-Nazaire/Paimboeuf et Paimboeuf/Nantes, 55 km en tout. L'égyptien Abou Bakr remporte l'épreuve en 11h44'52" devant Abou Heif qui réalise 11h47'. - APP 06/07/1953"

- Critérium de natation de Nantes :

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"C'est le danois Helge Jensen, agé de 18 ans, qui a remporté la coupe du critérium international de Nantes de natation en 14h10, devant des champions de toutes nations. Sur la photo, épuisé par son long effort, le jeune danois effectue sur les genoux la faible distance qui le sépare de la berge à l'arrivée après avoir parcouru 50 km à la nage. APP 13/06/1955"

Deux nageurs français figurent parmi l'élite des marathoniens pendant cette période :
- Roger Le Morvan (en photo ci-dessous) : il termine deux fois second du marathon de la Manche en 1950 et 1951, il a également remporté la traversée de Paris traditionnelle sur 8km en 1942 (photo DNP)

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- Raphaël Morand : vainqueur du 1er marathon du Nil à la nage en 1953, 4ème du marathon de la Manche en 1958.

15/02/2008

Les courses de marathon à la nage en France (fin du 20e siècle)

"French marathon swim (last part)"

Il faut attendre les années 90 pour voir réapparaître, au niveau national, des compétitions de marathon en eau libre sous la dénomination de longue distance. En effet après l’organisation par la F.I.N.A. d’un premier championnat du monde de natation longue distance amateur à Perth, en Australie, sur la distance de 25 km, la F.F.N décide de promouvoir un championnat de France.

0907417361c29b8601875fb6bc00549e.jpg Jablines-Anet : La première épreuve a lieu le dimanche 26 juillet 1992. Elle est organisée par le comité de l’Ile de France et la F.F.N. Elle se déroule sur la base de loisir de Jablines-Anet à 30 km de Paris. Quatorze concurrents (7 garçons et 7 filles) prennent le départ pour une distance de 16 km, correspondant à six boucles de 2,6 km. Le règlement prévoit qu’à l’arrivée du premier concurrent, les autres nageurs finissent leur tour.
Seuls six nageurs effectuent la distance et dix ont le droit de figurer au classement final. C’est une jeune fille, Anne Chagnaud de Clichy 92, qui est la plus efficace et remporte l’épreuve devant Eric Longeppe de plus de quatre minutes.

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"Anne Chagnaud : championne de France 1992 - 1993 - 1994 ; championne d'Europe 1993 ; vainqueur de la coupe du monde marathon 1997"

C’est un succès, et cette course, parfaitement organisée malgré le peu de moyens (pédalos pour les accompagnateurs), servira d’enseignement à l’organisation des prochaines éditions.

Ce « premier essai transformé », la longue distance reprend à nouveau ses droits et c’est ainsi qu’en 1993 les deuxièmes championnats de France ont lieu encore une fois à Jablines.
Cette année-là, vingt-cinq nageurs sont retenus par la F.F.N pour prendre le départ. Vincent Hamelin de l’EN Tours remporte cette deuxième édition devant Demulier de Toulouse OEC et Anne Chagnaud.
Cette édition va permettre à la F.F.N et son responsable eau libre de rédiger le cahier des charges pour l’organisation des éditions à venir.

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Aix-les-Bains : à partir de 1994, les championnats de France s’installent à Aix face à son magnifique plan d’eau : le lac du Bourget. Ils y seront organisés jusqu’en 1998. La distance passe à 25 km afin de correspondre à celle des compétitions internationales. C’est sur cette distance qu’un champion, Stéphane Lecat, apparaît et qui, dès 1994, se positionne sur la plus haute marche du podium pour ne plus la quitter jusqu'en 2001.

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"Stéphane Lecat : champion de France de 1995 à 2001 ; champion d'Europe 2000 ; 3ème au championnat du monde 2001 ; vainqueur de la coupe du monde marathon 1997 - 1999 - 2000"

En 1998, Aix est une étape de la coupe d’Europe et la distance de 25 km est retenue. Afin de permettre aux nageurs non sélectionnés de participer à une preuve longue, une course promotionnelle de 15 km est créée.
Au cours de ces cinq années la F.F.N en profite pour constituer une structure fédérale de l’eau libre, établir un cahier des charges, faire passer des examens d’officiels et mettre en place une équipe de France.

02533227d89baa3787157320696d4f2b.jpg Saint-Raphaël : plus aucune épreuve nationale ne s’est déroulée en mer depuis 1931. Il faut attendre 1999, à Saint-Raphaël (Var), pour revoir des nageurs se disputer le titre de champion de France dans cet élément. Au programme, il y aura le 25 km, mais également le 5 km (organisé depuis 1996) puis, comme à Aix l’année précédente, une épreuve promotionnelle sur un parcours de 10 km. Cette distance sera plus tard retenue pour faire partie du programme olympique.
A l’aise en eau de mer comme en eau douce, c’est à nouveau Stéphane Lecat qui se distingue lors de ces championnats en remportant le 5 et le 25 km.

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Port Barcarès : le dernier championnat de France en eau libre a s'être disputé en Languedoc-Roussillon remonte à 1907 avec le 4 km en mer. En 2001, la citée balnéaire catalane sera la dernière épreuve de 25 km à se dérouler en mer. Les vainqueurs seront des habitués des podiums nationaux et internationaux : Stéphane Lecat pour les messieurs et Vanessa Bouisset chez les dames.

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"Port-Barcarès 2002 : les nageurs et les bénévoles"

Avec l’essor que prend ce type d’épreuves et le nombre croissant de participants, dans les années qui suivent le programme subira quelques modifications. Le 25 km sera organisé sur des circuits en boucle avec des ravitaillements effectués sur ponton pour éviter la contrainte d'un bateau par nageur. A partir de 2002, les 25 km se succéderont sur différents plans d'eau en lac. (Aiguebelette, Bellecin, Mimizan, Salagou)

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"Le podium France 25 km à Aiguebelette en 2002 - Au centre Gilles Rondy : champion de France 2002 - 2005 - 2006 ; Champion d'Europe 2006 et vice-champion d'Europe 2002 ; 3ème de la coupe du monde marathon 2005"

La natation en eau libre a aujourd'hui de l'avenir devant elle grâce à l'apparition du 10 km aux Jeux Olympiques. Mais qu'en sera-t-il de la natation marathon et du 25 km ? Malheureusement ces distances sont bien trop longues à couvrir pour les médias et ne semblent pas vraiment les intéresser.


Exception faite, dimanche 24 février où un reportage sur Stade 2 a été consacré à notre nageur de marathon Stéphane Gomez, second du classement provisoire du Grand Prix FINA marathon 2008.

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"Stéphane Gomez : Champion de France 2003 - 2004 -2007 ; 3ème au championnat d'Europe 2006 ; Vice-champion du monde 2001 ; second de la coupe du monde marathon 2004 et 2005, 3ème en 2006"

14/02/2008

Tour de France des traversées à la nage

La coupe de France d'eau libre ne date pas d'aujourd'hui.
En 1985, « ARENA » et la FFN créent un « Tour de France Aréna des Traversées » dont le but est de développer et d’aider les organisations locales dans la mise en place de leurs traversées à la nage.

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Un challenge national est décerné au premier nageur et à la première nageuse ayant totalisé le plus de points sur l’ensemble des dix épreuves que comprend le circuit.
Les organisateurs locaux gardent leur autonomie et sont seuls juges du bon déroulement de l’épreuve.
Les résultats définitifs sont publiés à l’issue du tour, et les vainqueurs de chaque catégorie sont invités à participer à la traversée de la Martinique ou de la Guadeloupe.
Cette opération n’a pas eu le succès escompté et a disparu à sa troisième édition, la raison peut en être attribué au succès grandissant du triathlon ces années-là.

13/02/2008

Comment est né le Triathlon ???

Dans tous les livres sur la pratique du Triathlon, il est dit que cette discipline est née dans les années 70 lorsque trois marines américains basés à Hawaii décidèrent de se mesurer, chacun dans sa spécialité sportive (l'un était nageur, l'autre cycliste et le dernier coureur). Ils choisirent les trois grandes épreuves déjà organisées à Hawaii et enchainèrent 3,8 km de nage (traversée de Waïkiki à la nage), 180 km de vélo, 42 km de course à pied (marathon d'Honolulu). Le Triathlon était né.
Eh bien, NON ! Au risque de vous décevoir, ce ne sont pas les américains qui eurent les premiers l'idée d'enchaîner ces trois épreuves.

Cocorico!!!!! En France, pendant l'entre deux-guerres, cette discipline avait déjà été organisée et notamment en Roussillon. Mais l'événement ne fût pas réellement médiatisé, car la télé n'éxistait pas encore.
"Les Trois Sports" comme cela s'appelait à l'époque, étaient organisés par le journal "Le Méridional des sports". Cette épreuve se déroula pour la première fois en 1924 entre la gare de Perpignan et Canet Plage (66). Cette course originale pour l'époque, était appelée par le Journal confrère "L'Auto" : le championnat des débrouillards. Les concurrents avaient à parcourir 4 km de course à pied puis ils enfourchaient leur vélo pour relier Canet situé à une dizaine de kilomètres. Arrivés au bord de la grande bleue, ils se jettaient à l'eau pour 60 mètres. A cette époque, ils réalisaient cette performance en moins de 40' et le vainqueur recevait une "bicyclette de grande marque". (source l'Eclair et Petit Méridional août 1925)

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et pour illustrer mes propos, voici des images de moi en plein effort sous le soleil et j'en profite pour faire un petit clin d'oeil à Eric Renard, président du clud de triathlon de Perpignan dont je faisait partie de 1985 à 1990...