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08/06/2002

France 25km 2002

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07/06/2002

Aiguebelette : championnat France 25km 2002

 En juin 2002, le championnat de France des 25km est programmé dans le lac d’Aiguebelette, en Savoie. Il a lieu juste un mois et demi avant notre défi et va nous permettre de nous jauger. Cathy, Alexandra et moi-même y sommes inscrits. François, malheureusement est pris par des obligations professionnelles. Nager en lac n’a rien à voir avec ce qui nous attend en Grande-Bretagne. Mais ce n’est pas grave, il nous faut nager et faire des kilomètres quel que soit le lieu. canard.jpgC’est sûr, il n’y a pas de courant, pas de vagues et pas de méduses… Pas de méduses, d’accord, mais il y a la « dermatite cercarienne ». Qu’est ce que c’est que cette bébête ? Petit rappel : plus communément appelé chez les nageurs la « puce de canards ». Ce parasite microscopique s’attrape dans certains de nos lacs lors de traversées en eau peu profonde et herbeuse, et provoque une réaction cutanée. Semblable à une piqûre de moustique, la gêne s’intensifie au cours de la nuit mais régresse au bout de quatre à cinq jours. Pour éviter que ces parasites ne pénètrent dans la peau, le nageur doit à la sortie de l’eau se frotter à l’aide d’une serviette. Dès l’apparition des premiers signes, il faut apposer de la glace afin de soulager l’irritation puis consulter un médecin ou un pharmacien afin qu’il prescrive une crème apaisante. Ouf ! C’est moins galère qu’une méduse ou tout autre animal marin.

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Cette année, la commission nationale d’eau libre a laquelle je participe a décidé de jouer la carte du regroupement. Toutes les épreuves d’eau libre (5, 10 et 25km) ont lieu sur le même site tout en respectant l’ordre précis des championnats d’Europe. Tous les spécialistes de la discipline sont présents le 6 juin 2002. Les championnats de France débutent donc par le 25km dames. Sur cette épreuve, je vais « coacher » Cathy même si je nage le lendemain. Cette première course est marquée par des conditions météorologiques très difficiles : le froid  avec une eau à 18°C et la pluie qui viendra perturber la fin de l’épreuve. Alors que cinq filles ont déjà franchi la ligne d’arrivée, sur le plan d’eau il reste encore Alexandra et Cathy. Elles ont encore à effectuer un kilomètre pour Alexandra et 2 kilomètres pour Cathy avant de terminer.

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A cet instant, nous allons prendre une saucée phénoménale. Dans le bateau, on commence à écoper, je suis trempé et complètement frigorifié. Ce n‘est pas vraiment génial avant le 25 kilomètres garçons de demain. Les éclairs et le tonnerre font leur apparition. La foudre tombe à une cinquantaine de mètres d’Alexandra. Les conditions sont telles qu’elles vont devoir être stoppées par mesures de sécurité ! Je veux faire monter Cathy, mais elle ne veut pas s’arrêter. Je la comprends, mouillé pour mouillé, elle ne craint rien, mais il y a les éclairs. A contre cœur, elle grimpe malgré tout dans le bateau. Nous filons à toute vitesse nous mettre au sec. C’est en étant du côté des coachs que je réalise la part d’abnégation dont font preuves nos accompagnateurs pour que nous puissions réaliser notre passion. Franchement, je leurs dis chapeau et merci ! Le soir, je suis épuisé et j’ai tellement mal à la tête que je ne me fais pas prier pour aller au lit.

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Après les pluies diluviennes de la nuit, le lac a complètement changé d’aspect. Par endroit, l’eau est marron et aux embouchures des ruisseaux des troncs d’arbres flottent à la surface. Le parcours de la veille ne subit que quelques modifications mais la température de l’eau a chuté d’un bon degré. Nous sommes douze courageux biens graissés à nous lancer à l’assaut de ce 25 km dans une eau à 17°C. Chacun avec des ambitions différentes, certains sont là pour une qualification aux championnats d’Europe, d’autres pour terminer tout simplement. Mon objectif est de terminer sans y laisser de « plumes ».

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Pour cela, il y a Cyril, ancien nageur de marathon qui est là pour me « coacher » et éviter que je me mette dans le « rouge ». Comme on peut s’y attendre, dès le départ, les internationaux français prennent la tête et mènent l’allure. Derrière, le groupe de nageurs s’étire créant de grands écarts. Je nage tranquillement, je n’ai aucune sensation de fraîcheur. Mon accoutumance hivernale à l’eau froide est efficace. Au bout d’une heure trente, j’apprends par Cyril, que trois nageurs transis de froid abandonnent, parmi eux un des prétendants au titre. Cette course est idéale pour les nageurs qui supportent l’eau froide. Les nageurs de piscine ne sont pas à leur avantage. Sur le bateau, Cyril m’informe que je suis en 6ème position. Je suis au même rang que l’an passé. Le nageur qui me suit est à 500 mètres. Aux environs du dixième kilomètre, l’eau fraîche a raison de trois nouveaux nageurs. Le nombre des abandons est porté à 6. Cyril me fait de grands signes, les pouces vers le haut, je suis 3ème Français pour l’instant, incroyable !!!

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 Il ne faut pas abandonner, ni se faire doubler. Il reste encore une douzaine de kilomètres. Malgré les positions bien établies, je vais avoir tendance à m’emballer pour éviter de me faire rattraper. Heureusement que Cyril est là et veille à ce petit détail. Souvent, il me fait signe de ralentir. Mais rien n’y fait, c’est l’euphorie ! Et ce qui devait arriver, arriva. Je vais me fatiguer inutilement et les 5 derniers kilomètres vont paraître une éternité. C’est avec peine que je termine ce championnat de France, mais je suis ravi car je monte finalement sur la troisième marche du podium…

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