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13/07/2004

Gibraltar 2004 - Présentation

Le détroit de Gibraltar est un bras de mer, large d’environ 15 km et profond de 350m. Il sépare l’Europe (Espagne) et l’Afrique (Maroc) et relie l’océan Atlantique à la mer Méditerranée.

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La première traversée à la nage réussie de ce détroit s’est déroulée le 5 avril 1928 c’est une anglaise, Mercedes Gleitze, qui a nagé 12h50.
Les courants, les conditions climatiques (vent, brume) et le trafic maritime important donnent à ce marathon aquatique le titre du plus célèbre et le plus dur dans le monde.

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Déroulement d’une traversée : c’est une association basée à Tarifa, l’ASOCIACIÓN CRUCE A NADO DEL ESTRECHO DE GIBRALTAR (ACNEG) , qui organise les tentatives de traversées. 
medium_anagrama_20acneg.3.jpgElle est en relation avec les autorités locales et s’occupe de toutes les formalités.
Le gros problème de cette région est le vent. Il n’arrête pas de souffler et les tentatives ne peuvent avoir lieu qu’avec un vent inférieur à force 2. Il faut donc prévoir une attente sur place et donc l’hébergement en conséquence.
On ne sait que la veille si on peut éventuellement partir le lendemain, car la météo n’est pas une science exacte.

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Lorsque la traversée est décidée, l’association informe les autorités, ainsi que la Croix Rouge. La traversée s’effectue avec un bateau pilote dans lequel prend part un officiel de l’association et un bateau de la Croix Rouge où se tient le coach.
Contrairement à la Manche ce sont les bateaux qui évitent les nageurs et c’est pour cela qu’il ne peut y avoir qu’une seule tentative par jour.

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Le départ se fait de la pointe de Tarifa et l’arrivée quelque part au Maroc en fonction des courants.

12/07/2004

Gibraltar 2004 – le séjour

Après 1200 kms effectués en voiture et une escale à Oropesa, nous arrivons enfin à Tarifa le mercredi 7 juillet. Dès notre arrivée nous prenons contact avec l’association pour les informer que nous sommes là. Avec moi, il y a Cathy, qui fera la traversée quelques jours après moi, Bernard son mari, qui est là pour nous coacher et Alexandre, leur fils, pour prendre les photos.


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Les locaux de l'association ACNEG

Nous apprenons que les conditions météo ne sont pas très favorables et qu’il nous faudra revenir tous les jours pour se renseigner sur un possible départ.
Nous regagnons notre hébergement situé à 70km de Tarifa à El Palmar sur la Costa de la Luz. Nous logeons dans un bungalow du « Surf Paradio » tenu par Catherine et Georges, des français installés là bas.

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Catherine et Georges devant le bar

Cet hébergement se situe dans les dunes au bord de la plage. Nous allons tuer le temps à nous baigner et à faire du tourisme. Le vent est très fort (force 5), on comprend que le coin est un spot réputé pour les véliplanchistes et Kitesurfeurs. Mais ce vent va nous donner un mal de tête horrible et va nous fatiguer bien avant d’avoir effectué la traversée.

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Avec Cathy et Raphael

Le responsable de l’association, Raphael, tient une boutique au bord du port et organise des excursions en bateau pour les touristes afin d’admirer la vie marine. Nous apprenons que le détroit est rempli de différentes espèces de cétacés et de baleines : dauphins communs, globicéphales, orques, rorquals communs,…

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Nous n’avons aucune raison de nous inquiéter, nous ne rencontrerons pas de requins. Nous voilà rassurés ! Il nous explique le déroulement de la traversée et les différentes routes pour rejoindre le Maroc en fonction des courants.
Lors de nos visites touristiques nous en profitons pour aller sur le rocher de Gibraltar. Là, nous nous apercevons que pour nous y rendre il faut passer la douane (logique puisque c’est un territoire anglais) mais également un passage à niveau … pour laisser passer les avions. Incroyable ! ! !

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La route traverse le tarmac de l’aéroport tout simplement ! Bien entendu, on va également en profiter pour s’entraîner et prendre quelques photos.

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Le samedi après-midi nous passons au magasin de Raphaël, celui-ci nous informe que pour demain la météo semble bonne et que si l’on veut partir il nous faut être là à 6h30 pour avoir les bons courants. Vite, retour au bungalow et derniers préparatifs avant une bonne nuit de sommeil

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11/07/2004

Ma traversée du détroit de Gibraltar 2004 (15km)

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C’est le grand jour, j’ai très mal dormi et suis réveillé depuis 4h30. Le jour n’est toujours pas levé. Je reste dans le lit, il fait très chaud et je transpire beaucoup. Dans la tête, une inquiétude : « qu’est-ce que je vais rencontrer lors de ma traversée ? », on a dit tout et n’importe quoi sur le détroit.medium_gib_bungalowchbe.jpg

A 5h00, je me lève et prends mon petit déjeuner copieux car la journée va être longue. Puis, on part en voiture avec Bernard et mes supporters en direction de Tarifa. Nous arrivons sur le port un peu avant 6h30 et là : il n’y a personne ! L’organisateur arrive avec 20mn de retard, nous marmonne quelque chose en espagnol et nous laisse plantés là. Il reviendra 15mn plus tard et nous dirigera vers le bateau.

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Ce n’est pas lui qui pilotera mais son assistant. Je monte sur le bateau avec l’officiel et mes supporters. Bernard, quant à lui, monte sur le zodiaque de la Croix Rouge qui restera à mes côtés pendant le parcours pour me ravitailler. Le bateau pilote m’indiquera la trajectoire et signalera ma position tout au long de ma traversée.
Nous partons du port en bateau pour nous rendre au lieu de départ. Il est impossible de me graisser sur le bateau tellement il fait froid avec la vitesse. Nous arriverons sur place en moins de 2mn. Alexandre va rapidement me graisser, puis c’est l’heure de « goûter » l’eau. A ce moment, j’ai une sensation de froid qui monte en moi, pourtant l’eau est à 18° et j’ai connu des températures beaucoup plus fraîches ! Mais je me jette à l’eau et là, surprise, je n’ai pas besoin de rejoindre le bord comme pour la Manche car il est interdit d’accoster. Le départ se fait directement dans l’eau à 7h20 avec presque une heure de retard…

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Le soleil commence à peine à se lever quand je rentre dans l’eau, mais la mer est noire. Mon bateau pilote commence à me montrer la direction. L’écart est assez important et m’évite d’avoir les gaz dans le nez. Après avoir parcouru 200m la température de l’eau change agréablement et passe à 20°. En cours de route, j’enlève un sac en plastique qui flotte, la visibilité est de 5m environ en profondeur et j’aperçois des crabes nageant à mi-hauteur. J’ai un bon rythme de nage et lors de mon premier ravito la mer est toujours calme. Au bout d’une heure, la mer va se lever et il va y avoir une légère ondulation sans gêne pour ma progression.

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Après 1h30, c’est mon deuxième ravitaillement, la brume se lève et je ne distingue plus les côtes. Je repars et fais confiance à mes accompagnateurs. Dans l’eau, c’est le néant, que de l’eau (normal), pas l’ombre d’une âme qui vive. Je nage de plus en plus rassuré, surtout qu’à mon ravitaillement des 1h50, j’apprends que j’ai fait plus de la moitié. Je me dis que c’est super, je peux finir en moins de 4 heures.

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Au bout de 2 heures, ma première rencontre : alors que je nageais rassuré, je vois, au fond de l’eau, que l’on m’observe. Je m’arrête et dit à Bernard je crois qu’il y a un requin. Devant mes signes de détresse, le bateau se rapproche et se tient contre moi on me dit à bord que ce n’est pas possible, il n’y a que des cétacés dans le détroit. J’observe la créature marine qui me regarde, puis elle passe son chemin sous moi à environ 3 mètres. La seule chose que je remarque c’est ça queue, elle n’est pas positionnée comme les dauphins mais bel et bien comme celle des requins. Pour moi c'est le portrait craché d'un requin Taupe. Je dis à Bernard de surveiller qu’il ne revienne pas par l’arrière. Il reste plus proche de moi avec le bateau. Je reprends ma nage peu rassuré en restant vigilant.

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Après avoir nagé 2h30 dans le détroit, je fais le point avec mon bateau, qui m’informe que j’ai dépassé le 2ème rail de navigation et les courants sont favorables. Il me reste 3,5 km à nager et je mettrais donc moins de 3h45. Je repars confiant.
Au bout de 3h20, je distingue la plage et me ravitaille, c’est normalement mon dernier ravitaillement. Les courants me paraissent moins favorables.

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20 minutes après, encore un ravitaillement et c’est sûr, c’est le dernier. Mais en nageant, je vois les côtes marocaines à droite mais le bateau se dirige vers l’Est. Je m’inquiète sur la direction et je reste sans réponse. Au même moment, sous moi, j’aperçois une ombre puis un grand mouvement : « qu’est ce que c’est ?». On m’informe qu’il y a une BALEINE dans l’eau. En fait, je n’ai vu que l’arrière de la baleine mais quelle émotion quand même ! Me voilà reparti mais pas tranquille...
Après 4h15, je m’aperçois que les côtes sont loin et qu’il me reste plus de temps que prévu à nager. A ce moment, je change de rythme de nage, mes épaules deviennent lourdes et mon moral est en baisse. Je suis agacé et énervé. Pourquoi m’emmènent-ils si loin ?

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Je n’aurai l’explication qu’à l’arrivée. Il ne pouvait pas y avoir de débarquement possible car il y avait un port en construction et à cause des travaux, il a fallu que je fasse un détour (un peu comme avec le tramway à Montpellier). Bref, suivez la déviation !
La température de l’eau chute de 2° et la couleur de l’eau devient blanche et il est impossible de voir à 1 mètre de profondeur. Mon moral est au plus bas. A l’arrivée, deux ouvriers marocains sont venus à notre rencontre pour m’encourager. Je saute le ravito des 5h et tout en nageant, je me dis « fini ces conneries ».

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Enfin, la plage de Punta Cires, et là, en voulant poser les pieds sur le sable, j’ai du mal à me mettre debout car il y a des vagues assez puissantes J’ai mis 5h11m pour traverser le Détroit.
Je retourne à la nage (comme si je n’en avais pas eu assez) pour rejoindre mon bateau, mais celui-ci, surpris par une vague, accélère pour éviter d’être retourné et passe sans me prendre. Il revient quelques minutes plus tard me chercher.
La satisfaction d’avoir terminé ne m’a gagné que plus tard car trop de facteurs m’avaient contrarié : le temps bien sûr, j’étais déçu de mettre 5h11 alors que j’étais parti pour moins de 4 heures et cette construction du port qui m’a détourné des côtes.

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Sur le bateau au retour, nous nous sommes fait arrêter par la police maritime marocaine pour (croyons-nous) un contrôle de passeport. Il demandait : « Il est où le nageur ?». En fait, ils voulaient un autographe ! ! !
Ce qui me réjouit aujourd’hui : je suis officiellement le premier français à avoir traverser le détroit de Gibraltar à la nage le dimanche 11 juillet 2004. Cathy a été la première française quelques jours plus tard. Merci encore à Bernard !

10/07/2004

Gibraltar 2004 - Presse Midi-Libre

Article paru dans le "Midi-libre" de Montpellier du mercredi 14 juillet 2004

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Article paru dans le "Midi-Libre" de Sète du mercredi 21 juillet 2004

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09/07/2004

Gibraltar 2004 - France Dimanche

Article paru dans l'hebdomadaire "France Dimanche" du 1er octobre 2004

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