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16/12/1995

Sydney: championnat d'Australie 1995 sur 8km

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En 1995, parmi les retours de courriers des fédérations étrangères, je reçois d’Australie un bordereau d’inscription pour participer à leur championnat « open » sur 8km. Cette épreuve a lieu en décembre dans la ville qui vient d’être désignée comme hôte des JO de l’an 2000 : Sydney. Sans aucune hésitation, je m’y inscris. Nager à Sydney, le pied ! C’est l’hiver en France alors que dans l’hémisphère Sud c’est l’été. Il paraît qu’il y a de belles plages là-bas. D’ailleurs la traversée est prévue à Manly, une station balnéaire réputée de Sydney. Je vais vite m’empresser d’organiser mon séjour. Il faut compter plus de 24 heures de voyage en avion sanglé dans un siège étroit, les genoux coincés contre le dossier du fauteuil de devant. En prime, j’ai une escale de 12 heures à Hong-Kong. Quelle horreur !!! Si encore il y avait des piscines dans les avions. Pour éviter la fatigue et traîner dans l’aéroport de Hong-kong, je décide de rester deux jours sur place. Cela me permet ainsi de faire une pause et de pouvoir visiter ce territoire qui vit ses dernières heures en tant que colonie britannique. 

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J’en profite pour aller à « Repulse Bay », la plus réputée et plus grande plage de l’île. La baie est superbe et forme un croissant presque parfait. Lors de mon passage, la plage est déserte, mais il parait qu’elle est prise d’assaut le dimanche par des milliers de hongkongais. Le décor est magique et offre un superbe panorama. Une fois dans l’eau, on distingue au large les petites îles alors que derrière s’élève une montagne abrupte. En bout de plage, on trouve le Temple de Tin Hau, déesse taoïste de la mer et des marins ainsi que de grandes statues représentant des divinités. L’eau n’y est pas vraiment de bonne qualité, il faut dire qu’au large naviguent les grands pétroliers. La baignade est délimitée par des filets, le plus éloigné sert de filet anti-requins ! Il n’est pas question de nager trop loin. Après une bonne douche, il faut penser à retourner vers l’aéroport. En moins d’une trentaine de minutes, c’est le contraste total, on baigne désormais dans une mer de gratte-ciels. Hong-Kong est une ville étonnante… Mais il ne faut pas oublier ma destination finale : l’Australie. 

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Arrivé à Sydney, je découvre une ville très sportive. Il y a plein d’espaces verts faciles d’accès où se croisent cyclistes et joggeurs. Il y a même une piscine dans un des espaces verts tout près du célèbre Opéra. La natation fait partie des sports les plus pratiqués dans ce pays. Le surf aussi y est très à la mode. Il n’est pas rare de croiser de jeunes australiens en costume avec une planche sous le bras. Ils courent vers « Darling Harbour » afin de prendre le bateau qui les conduit vers les plages de l’autre côté de la baie de Sydney. Manly fait partie de leur destination et je vais les suivre pour repérer le lieu de la traversée. Là, j’apprends que la traversée n’a pas lieu le long de cette magnifique plage à cause de la présence de requins. Elle est donc prévue dans les terres, sur un plan d’eau formé par un barrage. C’est beaucoup moins agréable. En me promenant sur le front de mer je découvre un sport pratiqué par les sauveteurs qui surveillent la plage. Ils ont tous sur la tête un drôle de petit bonnet rouge et jaune fixé par une lanière sous le menton. Le même que j’utilisais dans ma jeunesse pour les traversées. 

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Certains d’entre eux s’entraînent sur le sable pendant que d’autres nagent, font du kayak ou de la planche. Ce sport remonterait au début du 20èmesiècle car l'océan et ses grosses vagues ont très rapidement révélé de réels dangers. Des petits groupes de bénévoles expérimentés se sont organisés afin de porter secours aux personnes en difficultés. C'est le début des premiers clubs de sauvetage. Le club de Manly est l’un des premiers à avoir été créé. Leur entraînement est très vite considéré comme un sport plus connu sous le nom de "Surf Life Saving". Chaque club souhaite avoir l’équipe la plus rapide, la plus vigilante et la plus habile. Ils se défient lors de compétitions spectaculaires qui regroupent lors du championnat national plus de 3000 participants. Sur place, j’en profite pour visiter leur club. A l’intérieur, c’est un véritable musée. Des champions olympiques australiens de natation ont fait parti de ce club. Il y a de nombreuses photos, du matériel ancien, des drapeaux et des médailles remportées par les sauveteurs. Je les regarde s’entraîner et je suis très vite séduit par ce sport très ludique. Je regrette à cette époque qu’il ne soit pas pratiqué en France…

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Le jour de la traversée, je me rends à pied vers le barrage. Plus je m’en approche et plus il y a de monde. Généralement, lors des différents championnats nationaux auxquels j’ai participé il y a au grand maximum une cinquantaine de participants. En France, si on atteint les 30, c’est déjà un succès. Ici, il y a plus de 150 compétiteurs pour participer à une épreuve de 8 kms. Il y a des jeunes mais également des biens plus vieux que moi. Ils sont nageurs, triathlètes ou sauveteurs. La natation fait partie de la culture des Australiens et elle est bien ancrée dans les mœurs. J’essaie de me faufiler au milieu des nageurs pour trouver les organisateurs et confirmer ma présence. Nous allons devoir nager 6 boucles de 1,2km. Le plan d’eau est vraiment petit. Plus de 150 nageurs vont faire des tours de 1,2km. Dès le départ, ça nage très vite, la marée humaine s’étire et après les premiers tours, on ne sait plus qui est le premier et qui est le dernier. Vers la fin je double des nageurs, je ne sais pas si il s’agit de retardataires ou de nageurs fatigués que je rattrape. A la sortie de l’eau, on me donne un petit carton où figure mon résultat, je suis 58ème. Pas terrible ! Mais le niveau est très élevé. J’aimerais bien rester ici pour m’entraîner. J’aurais certainement beaucoup appris, mais il faut pourtant retourner dans le froid hivernal de la France. Je ne dispose pas non plus de congés à rallonge. 

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Lorsque je présente mon titre de transport au comptoir de l’aéroport, je m’aperçois au visage de l’hôtesse qu’il y a un problème. En effet, j’ai oublié de confirmer ma réservation et ma place a été attribuée à quelqu’un d’autre. L’avion est plein et je me vois déjà ravi de prolonger mon séjour à Sydney, d’appeler au travail pour dire que je suis bloqué ici. L’hôtesse part quelques instant, puis revient en me délivrant mon petit carton d’embarquement et en me disant en anglais : « Petit cadeau pour Noël ». Bon d’accord, merci ! Mais le cadeau pour moi, c’est si elle m’avait annoncé : « Vous restez à Sydney, tous frais payés ». Lorsque je franchis la porte de l’avion, je tourne à droite par habitude mais l’hôtesse me conduit vers la gauche, à l’avant de l’avion, direction les classes affaires ! 

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Je suis encore plus excité qu’un gamin qui vient de croiser le Père Noël : le rêve pour un retour vers le froid. Le siége à côté de moi est vide. Nous ne sommes que quelques personnes dans cette partie de l’avion avec deux hôtesses pour nous servir. Elles me donnent une superbe trousse comprenant tout le nécessaire pour se reposer et se débarbouiller. Ensuite, on m’offre l’apéritif et on m’apporte le menu comme au restaurant. Je suis servi dans de la vraie vaisselle qui n’a rien à voir avec le traditionnel plateau repas et ses couverts en plastique. Tout est servi à volonté. Quant au siège, pratiquement deux fois plus large qu’en classe touriste, il ressemble à un vrai lit une fois en position allongée. Il n’y a pas besoin de se tourner dans tous les sens pour trouver une position qui ne dérange pas le voisin. C’est le pied et le voyage paraît beaucoup moins long. Rien à voir avec l’aller. Cela reste un souvenir inoubliable, car je ne pense pas que l’occasion se représente là de sitôt.

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