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02.02.2008
Historique de la natation en eau libre
La natation en eau libre prend ses origines sous l’Empire où un grognard de l’Empereur, du nom de Jean Salati, prisonnier des anglais pendant la bataille de Waterloo, choisit un soir de tempête pour s’échapper. Il se jette à l’eau et traverse la Manche pour en ressortir près de Boulogne sur Mer. Cet événement, qui aurait pu être un exploit sportif, passa quasiment inaperçu à l’époque.
Il faut attendre 1810 pour voir le poète Lord Byron traverser à la nage le détroit des Dardanelles, sur une distance d’environ 4 km. Fort de cette réussite, il se met, en 1818, à nager à Venise pendant 4h20 sans s'arrêter. Ses exploits, plus retentissants que celui de Salati, vont créer en Europe un engouement pour la natation avec la création des premières courses et des premières associations.
Plusieurs années s’écoulent avant de revoir se créer un nouvel événement de la natation en eau libre. Le 25 août 1875, à 13 heures, un capitaine anglais du nom de Matthew Webb, âgé de 27 ans, plonge de la jetée de l’Amirauté à Douvres et traverse la Manche à la nage.
Il en ressort seulement 21 heures 45 après à Calais. Pendant toute sa traversée il a bu du café, de la bière, mangé de la viande, lutté contre les courants, les marées, le froid, les méduses et les intempéries ! Matthew Webb devient un héros, il peut être considéré comme le premier grand nageur de marathon en eau libre. Par la suite, il fera des exhibitions dans des cirques et rééditera des exploits tout aussi fous. Malheureusement, il trouve la mort huit ans après la Manche, lorsqu’il tente de traverser les chutes du Niagara à la nage. Son corps repose d’ailleurs à quelques kilomètres du site où il a été retrouvé.
Le public et la presse se passionnent pour ces épreuves dites « de grand fond ». Dès le début du 20ème siècle, les épreuves nautiques attirent grand nombre de spectateurs avec les traversées de villes et les tentatives de grand raid à la nage. Qu’elles aient lieu en mer, en lac ou en rivière, elles attirent le long des rives et des berges une foule de plus en plus nombreuse et enthousiaste, qui n’hésite pas à suivre tout le long du parcours le déplacement des nageurs afin de guetter le moindre événement pouvant intervenir lors de l’épreuve.
C’est grâce également à l’action des journaux de l’époque que les traversées à la nage se développent et connaissent leur essor. En effet, la presse parraine les épreuves et s’investit non seulement en tant qu’annonceur mais également en tant qu’organisateur.
C’est ainsi que le dimanche 10 septembre 1905, la première grande traversée à la nage en France à lieu à Paris,
sous l’impulsion de Messieurs Henry Desgrange, directeur du journal « L’Auto », et Georges Moebs, président de la commission natation au sein de l’Union des Sociétés Françaises des Sports Athlétiques (USFSA).
Cette manifestation, d’une distance de 12 km, attire sur les berges de la Seine plus de 50 000 spectateurs venus encourager et admirer l’exploit des nageurs. Quatorze participants, dont une ondine Annette Kelermann, nageuse professionnelle australienne, prennent le départ. A l’arrivée, seuls huit nageurs parviennent à franchir la ligne. La victoire revient au français Paulus, âgé de 24 ans.
En 1906, ont lieu les premiers championnats de France de grand fond et devant l’engouement pour ce genre de compétition, plusieurs villes organisent leurs propres traversées. Dès 1907, vont naître les traversées du port à Marseille, de la Garonne à Bordeaux, de la Saône à Lyon, du lac Léman à Genève et par la suite celles de Nancy, Sète, Dunkerque, Toulouse, Antibes, Douai et bien d’autres encore.
Ce sont les meilleurs nageurs professionnels, en l’occurrence les anglais, qui remportent les premières places et qui, pendant cette période, vivent de la natation.
Au fil des années, les traversées se multiplient dans le monde entier et les distances, qui jusqu’alors varient de 500 mètres à quelques km, passent à des dizaines de km sous différentes formes : traversée d’un bras de mer, d’un estuaire ou d’un lac, descente de rivières, tour d’une île, etc…. La distance et le montant des prix varient
suivant les épreuves, ce qui entraîne, en 1963, la création d’une Fédération mondiale professionnelle de natation marathon. Cette dernière attribue chaque année le titre de champion du monde de marathon professionnel par classement aux points. Les principales épreuves sont : le lac Saint-Jean au Québec (42km), le lac Michigan aux Etats-Unis (26km), Capri-Naples en Italie (36km), Atlantic-City aux Etats-Unis (37km), le Nil en Egypte (33km) etc ….
Le premier nageur à recevoir le titre de champion du monde professionnel par cette fédération est l’égyptien Abd El Latif Abou Heif qui l’emporte trois saisons en 1964, 1965, 1968. Chez les nageuses c’est la hollandaise Judith De Nijs-Van Berkel qui remporte le premier titre mondial.
Par la suite des marathons amateurs se créent tel que celui du lac Windermeer en Angleterre (16km), lac Léman (12,3km), Iseelmer en Hollande (25km), etc ….
Devant l’intérêt des nageurs pour ces épreuves, dès 1989, des Championnats de natation en eau libre s’organisent selon les règlements de la Fédération Internationale Amateur de Natation (FINA), et en 1991 ont lieu les premiers Championnats du monde à Perth en Australie, dans la rivière Swann.
De nos jours, des coupes et des championnats sont organisés régulièrement, au niveau mondial par la FINA, en Europe par la Ligue Européenne de Natation (LEN) et en France par la Fédération Française de Natation (FFN).
La Fédération mondiale professionnelle de marathon n'existe plus et les épreuves de marathon font partie du "Grand Prix FINA de marathon".
11:40 Publié dans 14 - Le saviez-vous ? | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Commentaires
IL N’Y A PAS QUE LE FOOT
Championnat, Coupe de France, Coupe de la ligue, Coupe d’Europe, match de qualif, rencontre de préparation, Mercato d’été, Mercato d’hiver, droits télé, états d’âme des uns, blessures des autres, changement d’entraîneur…
Du foot du foot et encore du foot, je n’ai rien contre, mais faudrait voir à laisser une place aux autres non ?
Mis à part quelques sports fortement rémunérateur : F1, Cyclisme, Rugby, Tennis…
Tous medias confondus, peu d’espace est donné aux autres disciplines.
Alors prenons l’air ou plutôt l’eau.
Connaissez-vous la natation en eau libre ? En voilà un, sport sympa, pas télévisuel je vous l’accorde, mais sérieusement furieux.
Imaginez des athlètes qui se jettent à l’eau, non pas dans le bassin du coin mais en pleine mer, fleuve, rivière, pour des distances pouvant aller jusqu’à 57 Km. (Voir le film « Agua » qui relate l’épreuve de Santa Fe Coronda en Argentine dans des eaux boueuses au courant violent. 8h20 pour effectuer cette distance ! hallucinant, non ? Imaginez vous nager le dimanche matin dans un bassin de 50 M, effectuer 1 140 longueurs ? Cela laisse sans voix.
Dans l’excellent blog de Jacques Tuset : waterplouf.midiblogs.com j’ai découvert que le premier nageur en eau libre est un grognard qui, fait prisonnier durant la bataille de Waterloo s’échappa en se jetant dans la manche pour rejoindre le continent. Belle symbolique : nager pour gagner sa liberté !
Pour la première fois aux jeux de Pékin la natation en eau libre sera au programme sur la distance de 10 Km, pour de nombreux adeptes de cette discipline c’est un moyen de sortir de l’anonymat, pour d’autres, cette distance c’est le début de la fin, formater leur discipline au standard télévisuel c’est le dévoyer.
Qui vivra, verra !
Ecrit par : desport-agatsu | 19.02.2008


