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11.09.2008
Récit d'une traversée ... qui n'a pas eu lieu
Je suis rentré mercredi soir de mon séjour à Jersey pendant lequel normalement j'aurais dû traverser à la nage entre l'île anglo-normande et la France sous les couleurs de l'association France Choroïdérémie.
Tout d'abord un grand merci pour vos messages d'encouragement ! Et voici quelques explications sur ce qui s'est passé là-bas pendant ces quelques jours.
La traversée entre l'île de Jersey et la France à la nage ne peut s'effectuer que pendant des marées de mortes eaux, c'est à dire de faible coéficient. Je ne pouvais donc nager qu'entre le lundi 8 et le mercredi 10 septembre. Le départ se fait au nord-est de l'île sur une petit plage dénommée "la Coupe" juste au-dessus de la baie de Ste Catherine.
Pour pouvoir faire la traversée, il faut donc amener le bateau de St Hélier à Ste Catherine la veille par la mer (3h de manoeuvres + navigation) car l'association ne possède malheureusement pas de remorque pour l'acheminer plus simplement par route au dernier moment. Un peu léger, il faut l'avouer, pour une telle association.
Dimanche 7 septembre 2008 :
En fin d'après-midi, Jepy (Jean Paul Madelenat surnommé ainsi par ses amis Jersiens, mon coach pour la traversée) vient me chercher au terminal du Condor Ferries. Il va me présenter le pilote Charlie et sa femme Sally (elle a traversé 4 fois la Manche à la nage), les responsables de l'association. Avant d'arriver chez eux, Jepy fait un petit détour par Ste-Catherine Bay en longeant la côte. La mer est calme et les conditions pour le lendemain s'annoncent bonnes. Il faut juste que Charlie accepte de déplacer le bateau dans la nuit. Et là, nous ne savons pas encore que c'est pas gagné !
Le pilote Charlie, toujours installé devant son ordinateur portable, possède un "arbre de référence" dans son jardin et il l'observe depuis sa fenêtre pour prédire le temps. Il regarde dehors et affirme donc que la traversée ne pourra pas se faire lundi car l'arbre magique a parlé...
En effet, le peuplier bouge dans le vent, ce qui veut dire qu'il est hors de question de déplacer le bateau dans la soirée, les conditions pour lui sont mauvaises. Calmement, Jean-Paul lui explique dans un anglais impeccable qu'en venant nous avons fait un détour par Ste Catherine Bay, que la mer est calme et il lui propose de venir s'en rendre compte par lui-même en quittant son ordinateur et la fenêtre de son bureau. Alors Charlie prend la "mouche" et s'écrit : "Shut up ! I am the pilot and I say it's NO". Jepy essaie de le calmer et lui propose même son aide pour passer le bateau dans la nuit pendant que moi je me reposerais (le départ serait prévu à 5h20 du matin).Charlie, furieux, jette son ordinateur portable à terre, s'élance sur Jean-Paul et lui répète face contre face : "Shut Up ! I am the pilot, you are in my home, GO OUT !" Puis il remonte s'enfermer dans son bureau. C'est son épouse Sally qui redescend quelques instants plus tard. Elle est désolée et nous prie de partir après nous avoir fait de nouveau remarquer que l'arbre dans le jardin bougeait (aaaah magie de la fôret quand tu nous tiens !). Heureusement qu'ils n'habitent pas dans le Sud de la France, avec le Mistral qui sévit parfois chez nous, ils n'oseraient jamais sortir !!! Vaut mieux en rire, hein ?
En fin de soirée, nous sommes invités à manger chez les amis qui hébergent Jepy. Nos hôtes sont désolés en apprenant ce qui vient de se passer, eux aussi étaient persuadés que seule la journée de lundi serait envisageable pour la traversée. Au cours du repas, Jepy rappelle Charlie pour s'excuser et apaiser les esprits. Charlie nous propose alors de nous retrouver à la baie de Ste Catherine le lendemain midi pour voir la suite à donner, mais c'est certain, je ne nagerai pas vers la France ce lundi. Je rentre à mon Guest House profiter d'une bonne nuit de sommeil, même s'il fût agité.
Lundi 8 septembre 2008:
C'est sous un temps ensoleillé, quasi sans vent et une mer d'huile au large, que Jean-Paul passe me prendre vers 11h30 pour nous rendre à Ste Catherine Bay, afin d'effectuer une petite séance d'entraînement et de retrouver Charlie comme convenu. A notre arrivée, Charlie n'est pas au rendez-vous ! Nous en profitons en attendant pour nager une petite demi-heure dans l'eau à 17°C. Lors de cette séance, je croise une grosse méduse qui profite comme nous de cette belle journée. A la fin de la baignade, toujours personne. Nous reprenons alors la route pour un tour de l'île en voiture avec une petite halte à "Bonne Nuit Bay" pour déjeûner. Jepy en profite pour appeler Charlie qui nous invite à passer chez lui.
A notre arrivée, une lueur d'espoir apparaît. Sur la table du salon, une carte maritime est déployée et un livre sur les courants de marée est grand ouvert. Charly nous apprend qu'il est possible de nager mercredi et il pense que mardi vers 11h il pourra passer le bateau. Jepy s'empresse de lui proposer son aide. Le départ serait prévu à 9H17. Nous commençons à y croire. Charlie me demande à quelle vitesse je nage. Je lui réponds que sur 25km je nage une moyenne de 3,8km/h. Il nous apprend que je risque alors d'être le premier Français à réaliser la traversée et certainement de battre le record. Il appelera Jepy demain matin pour le tenir au courant.
Nous repartons donc plus optimistes que la première fois et continuons notre tour de l'île. Jean-Paul est un guide passionnant, il connait l'île et son histoire comme sa poche. Ce fut super intéressant et enrichissant pour moi, merci Jepy !
Mardi 9 septembre 2008 :
Ce matin, j'avais prévu d'aller nager une petite demi-heure dans la piscine d'eau de mer qui se trouve en bas de la rue de mon hôtel. Seulement, c'est un coup de fil de Jean Paul à 9h qui me sort du lit. Il m'annonce la mauvaise nouvelle, Charlie à dit : "NO" Once again ! Si j'avais eu un bûcheron sous la main, tout cela ne ne serait pas passé ! C'est l'arbre qui a tout manigancé...
Nous avons donc organisé notre retour précipité en France JP et moi, le coeur gros d'avoir vu ainsi contrarié notre projet.
Comme il faut bien tourner la page, cette mésaventure sera bien vité digérée et je vais me concentrer maintenant sur un nouveau challenge qui j'espère aura plus de chance d'aboutir... à moins qu'un peuplier vienne se mettre en travers de mon chemin à nouveau !
21:11 Publié dans 01 - Natation eau libre | Lien permanent | Commentaires (5) | Envoyer cette note












Commentaires
cette histoire de fadas, faut lui niquer son arbre !!!! je suis prêt a participer si faut payer un mec pour aller lui tronçonnet ou alors un trou avc de l'acide et le temps restera au beau fixe !
Ecrit par : pierrot le zygo | 11.09.2008
Ton Charly c'est un vrai taré de première!! Peut-être à cause des mariages consanguins sur son île, et ce qui n'arrange rien, anglaise!
Pas de bol, Jack. Pour 2009 ça se passera certainement mieux!
Ecrit par : François | 12.09.2008
tu peux venir par chez nous, j'ai juste un figuier dans le jardin mais il est sage!!
Ecrit par : patrice | 13.09.2008
Moi aussi, j'ai un vieux pied de tomate sur ma terrasse. Si je le vois bouger le matin, je reste au lit toute la journée !
Ecrit par : Anita Lasso | 15.09.2008
à marseille nous avons le ferry boat qui est le seul bateau au monde à ne pas subir les intemperies (lol)
la prochaine fois dit à ton anglais que le ferry boat va t'accompagner pour ta traversée , tu vas voir il va se sentir piquer
sinon bravo
tu démontres par ton récit que pour faire un exploit il faut d'abord surmonter de nombreuses épreuves
jimenez robert
Ecrit par : jimenez | 15.09.2008
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