Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

17/11/2010

La Pleine Eau à Paris au début du 19ème siécle

 « Le Parisien aime la Seine, comme le Vénitien aime l’Adriatique. L’enfant de Paris, s’il le pouvait, ferait de son fleuve une mer » Dès leur plus jeune âge, le premier plaisir des enfants de la Seine est de s’essayer à nager. Bien avant d’autres activités physiques de l’époque comme l’escrime, la gymnastique et l’équitation, la natation prend une place importante dans leur éducation. Jusqu’à la fin du 18ème siècle, l’enseignement de la nage n’est soumis à aucune règle et aucune discipline. Mr Gérard Deligny, un maître de nage propriétaire d’un établissement sur les bords de la Seine, a le premier l’idée de fonder une école de natation. Paris devient la première ville en France et dans le monde a ce doter d’un établissement où l’art de la natation est enseigné avec un « corps d’instituteurs et de principes. »

 

Paris les bains.JPG

Au tout début du 19ème siècle, Paris compte deux écoles de natation placées aux deux extrémisées du fleuve. La première, la plus ancienne, est située en aval de la Seine, à l’extrémité du quai d’Orsay, près du pont de la concorde. Elle est tenue par Mr Deligny, l’inventeur. Cet établissement est fréquenté par les nageurs du grand monde. Sous le consulat et l’Empire, la natation est un exercice des plus à la mode. Paris a son « gentleman poisson » et deux corporations, sans aucunes rivalité, voient le jour : les caleçons bleus et les caleçons rouge. « Les caleçons bleus étaient en natation ce que les cordons bleus sont en cuisine ». Celui qui porte cette distinction se doit de le justifier et sa nage doit être irréprochable, voir même remarquable. Dès qu’un caleçon bleu ou rouge nage, tous les baigneurs accourent sur les rives pour le contempler. « L’aristocratie des caleçons était toute intellectuelle ». La seconde, plus en amont est située quai de Béthune, à la pointe est de l’île St Louis. Elle est tenue par Mr Petit et possède une clientèle d’étudiants qui vient du quartier latin.

 

paris les bains 2.JPG

Ces deux établissements sont composés d’un espace renfermé par quatre galeries disposées en forme de rectangle. Les nageurs peuvent s’adonner à leur plaisir dans un espace banalisé et clos. Mais le moment tant attendu de la journée par les meilleurs élèves de l’école de natation est celui de la Pleine Eau.

La Pleine Eau est le dernier enseignement de la natation, c’est l’essai que l’élève veut réaliser pour tester ses forces et ces compétences dans l’eau en dehors de l’enceinte de l’établissement. La Pleine Eau sort de l’école et prend place sur un bateau, qui arbore le pavillon national. L’équipage du bateau est composé d’un rameur et d’un maître de nage responsable de cette sortie. Il doit s’assurer que les candidats à la Pleine Eau présents n’en sont pas à leur premier coup d’essai. Auquel cas, ils seront obligés de nager près du bateau et ne pas s’en éloigner. Pour les autres, ils pourront voguer librement. Les nageurs, enveloppés dans leur peignoir, prennent place le plus aisément possible à bord de l’embarcation avant de remonter la Seine. Pour l’école de Mr Deligny, la Pleine Eau remonte de la pointe extrême du quai d’Orsay jusqu’au Pont Royal. Pour celle de Mr Petit elle remonte de l’école jusque sous les arches du pont d’Austerlitz, au-delà de la gare. Elles correspondent toutes les deux à une distance d’environ 1500 mètres.

 

pleine eau.JPG

Pendant le trajet, les nageurs discutent en fumant le cigare et se remémorent les exploits de l’école. Parmi les souvenirs de Pleine eau, il y a ceux du temps des caleçons bleus et des caleçons rouges. Les nageurs montaient en fiacre à la sortie de l’école pour se rendre à Passy (16ème arrondissement de Paris depuis 1860). Là, ils nageaient environ 10 kilomètres jusqu’à Saint Cloud et les meilleurs nageurs ne remontaient pas dans le bateau avant d’être arrivé jusqu’au bout. Progressivement, le bateau de la Pleine Eau arrive sous le pont et se met en travers pour se laisser dériver. Les nageurs, fiers, jettent un regard satisfait aux curieux amassés sur le parapet puis plongent à l’eau « avec toute la grâce possible ». Là, ils pratiquent les différents styles de nage qu’ils ont appris lors de leur éducation. Ils font la « marinière », la « coupe » ou la « planche » tout en rêvant de la conquête d’une belle dame qui les regardent d’en haut. Ils en oublient que ces curieux accordent le même regard à un chat ou un chien qui se noie. Mais le bateau s’éloigne et il faut penser à nager pour le rejoindre. Le maître de nage est là pour rappeler les nageurs qui tardent trop. Pour les meilleurs nageurs, la Pleine Eau ressemble à une petite balade alors que pour les écoliers qui découvrent il s’agit d’une incroyable excursion. Tout au long du parcours, les nageurs croisent des charognes flottantes et autres désagréments semblables, il s’agit là des petits inconvénients de la Pleine Eau. Enfin, les nageurs arrivent à hauteur de l’école et remontent à bord du bateau qui les conduits à l’établissement. Là, au restaurant ou au café, en fumant un cigare, ils se remémorent leur descente.

 

pleine eau 2.JPG

Les deux écoles vivaient sans concurrences, chacune avait son public. Malheureusement, vers la moitié du 19ème siècle, le monde parisien, si nageur, montre progressivement de l’indifférence à son fleuve et la seine est délaissée. Le succès de fréquentation des écoles de natation va en diminuant et la Pleine Eau disparaît. Malgré tout d’autres exploits de Pleine Eau sont réalisés dans la Seine par des nageurs comme ce passionné de natation de 22ans, Mr Paillard. En juillet 1859, il établit un record de natation en traversant la Seine de Paris à Asnières. Il effectue environ 24 km en sept heures. (Source, « La Presse » de 1900)

 Source et extraits : « Paris dans l’eau » de E. Briffault

Illustrations : dessins de Bertall

 

16/11/2010

Première tentative officielle de la Manche à la nage

La première annonce officielle d’une tentative de traverser la Manche à la nage vient d’Angleterre. J. B. Johnson, un nageur très connu à Londres pour ces exploits, annonce, après avoir effectué la descente de la Tamise à la nage, qu’il désire traverser le « Channel ». Des affiches sont aussitôt placardées un peu partout dans la ville de Londres pour annoncer sa tentative. Les paris vont bon train et les chances de réussite lui sont de 100 contre 1. Surtout que pour réaliser le pari, les conditions fixées sont les suivantes : Il doit accomplir la traversée d’une seule traite en moins de 12 heures et doit nager sans aide de n’importe quelle sorte.

Le 23 août 1872, jour fixé pour effectuer son pari, une foule s’est déplacée par millier pour assister à l’événement. C’est sans compter sur les conditions climatiques, peu favorable ce jour là. Pour ne pas décevoir son public, J. B. Johnson effectue alors, quelques démonstrations de nage.

JB Johnson.JPG

Le lendemain 24 août, c’est à du grand spectacle que se livre J. B. Johnson. Il descend les rues de Douvres dans un chariot pour se rendre au port, avec une trentaine de médailles épinglées sur sa poitrine. Une fanfare l’accompagne pendant trois heures au milieu des milliers de spectateurs. Arrivé au port, l’entrée lui est interdite par le responsable du port. Ce refus, pour raison de sécurité certainement, est du au fait que la trop grande foule qui le suit ne peut accéder aux quais. Que cela ne tienne, le nageur embarque sur un bateau d’escorte et s’éloigne du quai afin que les spectateurs puissent le voir. Il se met alors à l’eau à 10h40 sous les acclamations du public. Il nage un peu plus d’une heure et parcourt environ 7 miles avant de remonter à bord de son embarcation estimant qu’il en a fait assez. (NY Times du 08/09/1872)

Ce ne sera pas le premier ni le dernier nageur à prétendre traverser la Manche afin de se faire remarquer.

La presse n’en fait donc pas un très gros écho dans ces colonnes. Mais le peu qu’elle en a parlé inspire quand même les imaginations et les prétendants vont se succéder.

15/11/2010

1875 : Paul Boyton et sa combinaison de survie

En 1874, le capitaine Paul Boyton, du service de sauvetage du New Jersey arrive en Angleterre dans le but de faire connaître une combinaison de survie inventée par un New-yorkais Clark S. Merriman.

paul boyton.JPG

L’idée de traverser la Manche lui parait la meilleure façon de la promouvoir. Cette combinaison, qu’un naufragé aura auparavant enfilée, est en caoutchouc étanche, munie de compartiments gonflables et d’une petite voile installée sur un mât fixé à l’une de ses bottes. Cela permet de pouvoir progresser sur le dos sans se fatiguer et lorsque le vent n’est pas assez fort, cette tenue est équipée d’une pagaie. Ainsi revêtu, Paul Boyton se met à l’eau à Douvres le 10 avril 1875 pour accomplir sa traversée, mais les courants au large des côtes françaises le contraignent à l’abandon. Il recommence le 29 mai 1875, mais ce coup ci, il part du Cap Gris Nez en France. Il navigue pendant 23h38 exactement et fini par atteindre la côte anglaise.

paul boyton manche.JPG

Il entreprend par la suite d’autres démonstrations en France. C’est ainsi qu’en 1877, il navigue sur le Rhône en mai de Seyssel à Arles puis descend la Somme en novembre d’Amiens jusqu’à Abbeville. Il finit sa tournée française en août 1878 en descendant la Seine de Nogent à Paris sur une distance de 75 km. Il est considéré comme l’un des précurseurs du gilet de sauvetage.

Dans le même style, la Manche sera également vaincu par un cow-boy en 1903, du nom de Cody qui ira de Calais à l’Angleterre au moyen d’une embarcation légère accrochée à un cerf volant. Qui a dit que le « Kit Surf » est né dans les années 1990 ? D’autres tentatives encore toutes aussi farfelues seront effectuées à l’aide d’un pédalo, d’un lit à baldaquin, d’un tonneau, d’une armoire, d’un sommier, d’une bouteille géante et bien d’autres… Un scaphandrier l’aurait même traversé à pied.

Mais celle qui nous intéresse et qui est la plus simple, c’est la traversée du détroit effectuée à la nage en maillot.

La tentative de J. B. Johnson en 1872 et celle réussie de Paul Boyton en 1875, inspirera un Capitaine de la marine marchande Anglaise.

14/11/2010

1875 : Le Capitaine Matthew Webb traverse la Manche

Matthew Webb est né le 19 janvier 1848 à Dawley, dans le Shropshire, près de Birmingham en Angleterre. Il fait parti d’une famille de douze enfants de Matthew Webb (père), médecin à Coalbrookdale et de Sarah Cartwright. Dès son plus jeune âge, il apprend à nager seul dans les courants forts de la rivière Severn à Ironbridge. Il sauve la vie d’un de ses jeunes frères qui essaie de nager pour la première fois dans la rivière. Matthew Webb acquiert rapidement une réputation de nageur téméraire et de bon niveau.

river severn.JPG

A l’age de 12 ans, après avoir arrêté ses études, il s’engage dans la marine marchande anglaise. Pour commencer, il effectue ses années de formation dans l’école d’entraînement de la marine de « Conway » puis effectue trois années d’apprentissage au sein de la compagnie maritime « Rathbone Brothers » implantée à Liverpool. Après ses 18 ans, il travaille pour différentes compagnies maritimes et navigue principalement en Océanie.

En avril 1873, alors qu’il fait route de New York à Liverpool en tant que second sur le bateau à vapeur « Russia » de la « Cunard Line », un marin tombe à l’eau en plein milieu de l’océan Atlantique. Matthew Webb saute par-dessus le navire dans une mer démontée et tente de le sauver. L’homme ne sera jamais retrouvé. Pour cette action et son audace, on lui remet, la médaille d’argent de la « Liverpool and Royal  Humane Society » ainsi que 100£. Quelque temps plus tard, en 1874, le Duc d’Edimbourg, Président du 100ème dîner annuel de la « Royal Humane Society », lui attribue aussi la médaille d’or « Stanhope » pour la même action. Cette récompense fait de Matthew Webb un héros dans la presse britannique.

Webb M.JPG

Vers la fin de l’année 1874, il abandonne pourtant sa carrière pour devenir un nageur professionnel. Après avoir lu, lors de ses voyages, le récit de la tentative avortée de J. B. Johnson, l’idée de traverser la Manche lui vient à l’esprit. Le succès par la suite de Paul Boyton le confortera dans son idée, et l’exploit impensable de traverser la Manche sans aide artificielle lui paraît la meilleure façon de se faire une réputation. Pour pouvoir y arriver, Matthew Webb prend contact avec le principal homme d’affaire du milieu de la natation, Robert Watson. Ce dernier décide de le prendre au « Lambeth Baths » de Londres pour rencontrer le professeur Frédérick Beckwith, un ancien champion de natation anglais, et être entraîné par un homme d’expérience, le célèbre Arthur Gay Payne.

Afin de réaliser cet exploit, Matthew Webb qui n’a alors que 27 ans, va s’assurer un maximum de publicité. Il peut être considéré comme étant le premier grand nageur professionnel.

Franck Buckland, directeur d’un hebdomadaire anglais consacré à l’histoire naturelle et au sport au nom prédestiné de « Land and Water », voit en l’exploit de Webb un intérêt pour son journal. Buckland va immédiatement le patronner et grâce à des souscriptions diverses, financer sa préparation. Le 3 juillet 1875, Webb fait le pari de nager 18 miles (29km) dans la Tamise de Blackwall, près de Greenwich, jusqu’à la sortie de Londres, à Gravesend. Dans une eau à 15°C, il gagne son pari en moins de 5 heures et cette performance est considérée comme exceptionnelle par la presse. Matthew Webb continue de se préparer soigneusement, en accomplissant de longs parcours d’entraînement tout en se faisant de la publicité. C’est ainsi que, quelques jours plus tard, le 20 juillet 1875, il nage plus de 17 miles (28km) le long de la côte du Comté de Kent, de Douvres à Ramsgate. L’objectif de cette préparation est de faire connaître au public le pari final.

webb nage.JPG

Dans l’attente de conditions météorologiques clémentes, il s’installe avec son entraîneur à Douvres. En fonction de la marée et des courants le départ est prévu pour la deuxième semaine d’août. Buckland a assigné un journaliste spécialement pour couvrir la tentative de Webb. Dans l’édition publiée une semaine avant la tentative, un article parle des préparatifs et de son ravitaillement pour la traversée à base de Cognac, bouillon de viande, potage, café chaud, viande …

Le 12 août 1875 à 5 heures de l’après midi, Matthew Webb se met à l’eau du quai de « l’Amirauté » à Douvres. Il sera accompagné d’un bateau avec à son bord son entraîneur Payne et des journalistes. Mais après avoir nagé un peu moins de 7 heures, il décide d’abandonner. Il était trop déporté vers l’est et n’avait plus aucune chance de succès. Dans l’édition suivante de l’hebdomadaire « Land and Water », un grand reportage est consacré à la tentative et il est mentionné que Webb a arrêté « à mi-chemin à travers la Manche après six heures et quarante neuf minutes ». Ce qui est faux par rapport à la réalité, car déporté par les courants, Webb n’était qu’à 5 miles (8km) des côtes Anglaises.

webb ravito.JPG

Cet échec va servir d’expérience. Il constate qu’il lui faut partir de Douvres un peu avant l’heure de la haute mer et s’il veut profiter au mieux des courants, il doit également modifier sa direction. Mais, cet échec terni sa popularité et met en doute la faisabilité de l’exploit. Lors de sa deuxième tentative, c’est un public moins nombreux que la première fois qui assiste à son départ.

Le mardi 24 août 1875, enduit d’une couche d’huile de marsouins, Webb plonge dans l’eau du quai de « l’Amirauté » à Douvres escorté par un lougre et par deux petits bateaux. Des journalistes ont pris place dans ces embarcations afin de contrôler la régularité de son parcours. Parmi eux, Mr Vavington Jones, éditeur du journal « Dover Express », va rédiger le Journal de la première Traversée officielle de la Manche. Il consigne heure par heure, minute par minute tout ce qui s’est passé ces 24 et 25 août 1875 : la traversée de Matthew Web.doc

 

webb arrivée.JPG

C’est ainsi qu’après 21h45 d’effort et dans une brasse traditionnelle, Matthew Webb devient officiellement le premier homme à traverser la Manche. Lorsqu’il pose les pieds sur la plage de Calais, il est accueilli par les acclamations de la population attirée par l’annonce de son arrivée. Enveloppé dans une couverture, il est amené dans une luxueuse chambre de l’Hôtel de Paris à Calais où un docteur l’examine. Les pulsations de Webb sont de 72 battements par minutes et sa température corporelle est de 36,5°C. Il en profite pour se laver et dormir pendant trois heures. A son réveil, sa température est remontée à 38,5°C, Le docteur conclu à une excellente capacité de récupération de Matthew Webb. Il mange du poisson et retourne se coucher pendant six heures.

A son retour sur le sol Anglais, la foule l’attend sur la plage où il reçoit de nombreuses invitations des personnalités de la région. Il est fêté comme un héros national. Sa photo circule dans tout le pays, le succès de Webb est télégraphié partout dans le monde et la presse augmente ses tirages pour relater l’exploit. Des poèmes et des chansons lui sont dédiés. L’enthousiasme, en Angleterre est tel, qu’une souscription est organisée en son nom. Le fils aîné du Roi d’Angleterre, le Prince de Galles lui fait un don pour le récompenser de son exploit. Cela montre ainsi l’importance que la famille Royale accorde à l’exploit. Matthew Webb symbolise le courage et la force de tout un pays.

webb boite alumette.JPG

Après sa traversée, il agit en grand professionnel, il écrit des ouvrages, dont le fameux « The Art of Swimming », il donne des conférences et multiplie les articles dans la presse. Les médecins s’interrogent sur ses capacités surhumaines et rédigent de nombreux articles scientifiques. Sa renommée lui rapporte suffisamment d’argent pour lui permettre pendant trois ans de s’éloigner des piscines.

C’est en 1878 que réapparaît le nom de Matthew Webb sur des épreuves de natation professionnelle. Les exhibitions qu’il effectue en Angleterre et aux Etats-Unis deviennent ses principales sources de revenus.

Il se marie aux Etats-Unis avec Madeleine Kate Chaddock et s’installe à Boston où son épouse lui donne deux enfants. Ayant besoin d’argent, à l’âge de 35 ans, il décide de traverser les chutes du Niagara à la nage. Beckwith et Watson qui l’ont accompagné lors de la traversée de la Manche lui déconseillent vivement. Mais rien n’y fait, et le 24 juillet 1883, il périt tragiquement en tentant de traverser les chutes du Niagara.

10/11/2010

Jeux Olympiques de Paris en 1900 : le 4000m à la nage

medaille JO1900.JPGLes Jeux Olympiques modernes à l’initiative du Baron Pierre de Coubertin s’installent à Paris en 1900. Dans la réalité, il s’agit de concours internationaux sportifs qui ont lieu dans le cadre d’une autre grande manifestation : l’Exposition Universelle Internationale. Pendant cinq mois, du 14 mai au 28 octobre, dans la confusion la plus totale, ont lieu en ville, des épreuves sportives, officielles et hors compétitions. Les historiens du sport vont avoir beaucoup de mal par la suite à rédiger le palmarès des différentes épreuves. Au final, seul les concours titrés comme des championnats du monde amateurs auront leurs épreuves considérées comme faisant partie des Jeux de 1900. De nombreux sportifs ne sauront jamais qu’ils ont participé à des Jeux Olympiques.

Les championnats du monde de natation, prévus au programme sportif de l’Exposition, se déroulent sur le plan d’eau de Courbevoie à Asnières, près de Paris. Ils sont organisés sur la Seine les 11, 12, 15 et 19 août par l’USFSA avec le concours de l’UFSNS, dans un bassin flottant de 100 mètres de long. Au programme, six épreuves individuelles et une course par équipe. Neuf nations sont représentées, huit européennes et un nageur Australien, ce qui permet de donner une touche plus crédible au titre de championnat du monde annoncé.

Le spectacle offert lors des différentes épreuves est remarquable et ces championnats sont considérés, par les « Sportmen » de l’époque, comme le point de départ de la natation sportive en France.

Les années qui suivent cette manifestation voient apparaître des vocations de nageurs et des associations liées à la natation.

1900-08-26 Vie au Grand Air 1.JPG

Au cours de ces championnats du monde, deux événements sont à retenir pour les passionnés d’épreuves de longue distance. Deux épreuves de championnat du monde de 4000m dans la Seine sont inscrites au programme, l’une amateur et l’autre professionnelle. Les deux épreuves se nagent de Puteaux jusqu’à Courbevoie dans le sens du courant. Le mercredi 15 août, ont lieu des éliminatoires afin de sélectionner les meilleurs nageurs de fond pour les finales qui se dérouleront le dimanche suivant. Cinq nageurs chez les professionnels et huit chez les amateurs sont retenus lors de ces épreuves de qualifications. Deux nageurs se démarquent du lot. L’Anglais Greasley, plusieurs fois vainqueur du Critérium de Natation organisé par le journal « Vélo », gagne facilement les séries professionnelles en 1h09’24’’. Chez les amateurs, c’est son compatriote Jarvis qui fait sensation. Il nage en 1h01’48’’ sur le même parcours, passant en tout point du trajet, plus vite que les professionnels. Il devance dans sa série Burgess de 13’ et nage 10 minutes plus vite que le vainqueur de la 2ème série, Halmay.

1900-08-26 Vie au Grand Air 2.JPG

Le dimanche 19 août 1900, la première finale a lieu à 13h30, elle est réservée aux professionnels. C’est l’Anglais Greasley qui en est le vainqueur en 1h08’35’’2 Suivent ensuite Evans (ANG), Paul Blache (FRA), Whylers (FRA). Deux heures plus tard, le départ de la deuxième finale est donné. Elle est réservée aux amateurs. Il s’agira de l’épreuve officielle des Jeux Olympiques de 1900. Le palmarès est le suivant :

1er : John Arthur Jarvis (GBR) en 58’24’’0

2ème : Zoltân Von Halmay (HUN) en 1h08’55’’4

3ème : Louis Martin (FRA) en 1h13’08’’4

4ème : Thomas Burgess (FRA) en 1h15’07’’6

5ème : Eduard Meijer (NED) en 1h16’37’’2

6ème : Fabio Mainoni (ITA) en 1h18’25’’4

La performance de Jarvis est remarquable car il bat de 10’ le temps du premier professionnel. Mais en eau libre, la comparaison est difficile lorsque les nageurs ne partent pas en même temps.

Au niveau Olympique, cette course est sans lendemain. Elle est la seule épreuve de longue distance en eau libre à s’être déroulée lors d’une Olympiade jusqu’en 2008…

06/11/2010

La réglementation pour les courses

Les courses de natation en eau libre font l’objet d’une organisation soumise à une règlementation, régie de nos jours essentiellement par les règles de la Fédération Internationale de Natation Amateur (FINA) :

 

Les principales évolutions du règlement FINA :

En 1985, devant l’intérêt des nageurs amateurs pour les courses de marathon à la nage, la Fédération Internationale Amateur de Natation (FINA) crée en son sein une commission longue distance qui organise dès 1986 une épreuve dite de coupe du monde amateur sur 25km. Elle se déroule en Angleterre sur le lac Windermere.

En 1988, le premier règlement de la discipline est rédigé par la FINA et en 1991 ont lieu les premiers Championnats du monde 25km à Perth en Australie, dans la rivière Swann.

Sur ce premier règlement, il n’est pas question de natation en eau libre mais de natation de longue distance.

img080.jpg

De 1997 à 2001 : le règlement devient celui de la natation en eau libre. On distingue la natation de longue distance correspondant aux épreuves inférieures ou égales à 25km et la natation marathon correspondant à toutes les épreuves sur des distances supérieures à 25 km

De 2001 à 2009 : La natation longue distance devient toutes les épreuves inférieures ou égale à 10km et la natation marathon devient toutes les épreuves supérieures à 10km.

En 2005, L’épreuve du 10 km est retenue par le Comité International Olympique (CIO) pour faire parti du programme Olympique et devient la distance olympique de la natation en eau libre. La première édition a lieu lors des « Jeux de Pékin 2008 ». Cette distance devient le «10km marathon olympique»

De 2009 à 2013 : En 2009, malgré le mécontentement des puristes qui prônent pour que le terme de marathon corresponde à des épreuves de plus de 25km, le règlement FINA modifie ses définitions dans la logique des Jeux et la natation marathon devient l’épreuve couvrant une distance de 10km. Toutes les autres distances devenant des épreuves de natation en eau libre.

img080b.JPG

 

 

Le règlement FINA en vigueur de nos jours est le suivant :

 

Règles de la FINA eau libre 2009-2013.pdf

 

Additif à l’article OWS 6.16 1 sur les épreuves françaises :

Délai de fin de course à partir de l’arrivée du premier,

- Pour les épreuves des Championnats de France : 5 km = 30’, 10 km = 45’, 25 km = 1h15’

- Pour les autres épreuves les délais de courses seront indiqués lors de la réunion technique.

 

 

La liste des maillots de bain autorisés par la FINA :

 

Sur le site de la FINA

05/11/2010

La réglementation pour un raid

Si vous effectuez un raid sous le couvert d’une association reconnue qui valide la traversée, il faut vous rapprocher d’elle pour connaître toutes les modalités. L’association fournira un observateur qui notera et validera la traversée.

Lorsque vous effectuez une traversée avec une organisation personnelle, il vous faudra la présence d’un « huissier » ou une personne reconnue et compétente qui remplira un rapport de la traversée. Pour être ensuite officialisée et archivée, il faudra faire parvenir le document suivant, dument complété, au secrétariat de l’International Open Water Swimming Hall of Fame :

Application_for_Recording_a_Marathon_Swim.pdf

 

Le règlement à respecter à travers le monde pour valider officiellement sa traversée, est celui établi par la Channel Swimming Association (CSA).

 

En voici les principaux thèmes :

 

Aides Artificielles :

Lors d’une tentative de traversée, le nageur n’a pas le droit d’utiliser ou de se faire aider par une aide artificielle d’aucune sorte, mais il est permis d’utiliser de la graisse avant de nager, utiliser des lunettes, porter un bonnet, un pince-nez, des bouchons d’oreille et un maillot.

 

Tenu de bain :

Le maillot doit être d’un matériau n’offrant pas de protection thermique ou de flottabilité et doit être sans manches et sans jambes : « Sans manche » désigne que le maillot ne doit pas s’étendre au-delà de la fin de l’épaule sur le bras supérieur, « sans jambes » désigne un maillot qui ne peut s’étendre sur le haut de la jambe en dessous du niveau de l’entrejambe.

Le maillot de bain autorisé est repris dans le document suivant :

 Swim_Costumes.pdf

 

Bonnet de bain

Le bonnet ne doit pas offrir une protection thermique ou de flottabilité. L’observateur devra approuver le maillot et le bonnet. Le nageur doit s’assurer, avant le départ, que son maillot et son bonnet soient approuvés. Sa traversée ne sera pas reconnue si la tenue n’est pas conforme.

 

Bâtons lumineux

Le nageur doit porter 2 bâtons lumineux lors d’une traversée de nuit.

 

Pour qu’une tentative soit officiellement reconnue

Le nageur doit entrer dans l’eau en partant de la terre ferme et doit également arriver sur la terre ferme de la côte opposée. En cas d’arrivée sur des falaises abruptes, il doit les toucher.

 

Pour des traversées multiples

Le nageur doit, dès que ses pieds touchent le sol, se rendre sur la terre ferme (il ne peut se déplacer latéralement de plus de 200m). Il doit ensuite retourner immédiatement à l’eau. Là, il peut se tenir debout ou assis pendant 10mn. Pendant ce temps, il ne doit pas être touché par une autre personne, mais peut se ravitailler, se graisser, se soigner par lui-même. Il doit alors,  en accord avec l’observateur, faire le chemin le plus direct vers l’eau assez profonde, et recommencer sa nage. Le temps passé avant le début de la nage retour doit être ajouté à la durée de la traversée ultérieure.

 

Durant la nage

Aucun contact physique avec le nageur ne doit être fait par toute personne.

 

Le temps de nage

Le temps commence à partir du moment où le nageur entre dans l’eau et s’arrête lorsqu’il termine l’épreuve dans les conditions énoncés ci-dessus.

 

La validation

L’observateur est responsable du respect des règles. Pour qu’une traversée soit reconnue ; elle doit être accompagnée par des positions graphiques du pilote et par le rapport de l’observateur indiquant les incidents de parcours, le temps, les marées, la méthode d’alimentation, etc…

04/11/2010

Nager en eau libre - DVD

DSCF4757 [800x600].jpgPour la première fois en France un DVD sur les techniques de l'eau libre vient de paraître. Il est à l'initiative de Loïc Branda, 8 fois champion de France eau libre et 5ème aux championnats du monde sur 25 km à Rome en 2009.

Ce DVD a pour mérite d'initier les nageurs ou triathlètes qui se lancent dans la natation en eau libre, de donner les principales techniques de base de la discipline. Il permet ainsi d'éviter les erreurs que commettent les néophytes.

Ce DVD est composé de 3 chapitres :

Le premier, se déroule en milieu naturel, il s'agit d'exercices simples et efficaces pour appréhender la natation en lac, mer ou rivière.

Le petit plus : ces exercices pratiques sont schématisés pour une meilleure compréhension (flèches directives).

Le petit moins : Il n'y a pas de conseils pour effectuer un virage à la bouée par exemple, ni pour optimiser un départ.

Le deuxième chapitre se passe en piscine, Loïc revient sur les techniques de nage propres à l'eau libre.

Le petit plus : le travail sur l'arrivée est agrémenté d'images réelles de compétition.

Le petit moins : d'autres techniques sont abordées, il manque des images en situation en milieu naturel pour les illustrer. Le ravitaillement par perche n'est pas mentionné.

Le troisième, au cours d'une compétition (La Monte-Cristo à Marseille), Loïc refait un tour d'horizon de ce qui a été vu auparavant dans le DVD et se penche point par point sur les différentes étapes depuis l'inscription jusqu'aux étirements d'après course..

Le petit plus : on y assiste à l'inventaire du sac du parfait nageur en eau libre.

Le petit moins : Dommage que la course en elle-même ne soit pas filmée plus longtemps et agrémentée de commentaires sur ce qu'il faut faire et ne pas faire.

Depuis une quinzaine d'années, de plus en plus de nageurs se lancent dans cette discipline qu'est l'eau libre. Jusqu'à ce jour, en France, personne n'avait pris l'initiative de créer un DVD sur le sujet, pas même la FFN. Loïc Branda a eu le courage de le réaliser et le produire, et même si quelques plans auraient pu être coupés ou mieux cadrés, ce DVD a le mérite d'exister ! 

Vous pouvez vous le procurer en vous rendant sur le site :

http://www.loicbranda.com/page13.html

Ce DVD est au prix de 22,50 euros

03/11/2010

Natation Magazine

nat mag.jpgC'est le magazine de la Fédération Française de Natation. Vous y trouverez : l'actu de toutes les disciplines de la FFN, des rencontres, des interviews, des dossiers, des reportages, des photos, des analyses, des résultats, de l'humour ... et évidement, tout ce qui traite de la natation en eau libre fédérale !

Pour tout savoir sur la natation et les autres disciplines, abonnez-vous !

Attention, vous ne le trouverez pas en kiosque !!!