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16/04/2013

l'hypothermie : la bête noire des nageurs en eau libre

Avant de commencer à se mettre à l’eau, le nageur en eau libre doit connaître le risque principal auquel il peut être confronté : l’hypothermie.

Alors qu’en piscine le risque d’hypothermie est quasiment inexistant, en milieu naturel il est présent à tout moment du fait de l’évolution du nageur dans des températures basses.

L’entraîneur, le nageur, l’officiel et les organisateurs doivent être conscients de ce risque qui peut arrêter net la carrière d’un nageur, et qui présente un danger de mort.hypothermie 1.JPG

Devant ce risque très sérieux, il est important pour les personnes concernées d’être informées sur les symptômes et les effets occasionnés lors de l’entraînement ou pendant la compétition en eau libre.

 

Définition :

L’hypothermie se définie par un abaissement de la température corporelle d’environ 2°C ou plus.

En dessous d’une température de 34°5  c’est le signe certain d’hypothermie chez le nageur.

 

Mécanisme :

Pour comprendre ce phénomène il faut savoir que le corps humain fonctionne en homéothermie, c’est à dire qu’il maintient sa température à un niveau stable d’environ 37°C.

Lorsque le nageur entre dans l’eau pour un entraînement ou une épreuve, son organisme réagit et 2 processus entrent en jeu afin de maintenir la stabilité de sa température interne :

*Diminution des pertes de chaleur par vasoconstriction périphérique. C’est-à-dire le sang est refoulé vers l’intérieur de l’organisme afin d’apporter l’énergie nécessaire pour le maintien de la température des fonctions vitales.

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La réaction à la vasoconstriction est une certaine pâleur chez le nageur qui a froid.

*Augmentation de production de chaleur déclenchée par l’hypothalamus qui se traduit par des contractions musculaires rapides. C’est le « frisson involontaire », néanmoins cette réaction consomme de l’énergie.

Il faut savoir également que le corps s’acclimate et qu’avec le temps le nageur devient moins sensible au froid. Mais il convient de ne pas dépasser ses limites.

 

Les signes :

Deux nageurs en eau libre ne réagissent pas de la même façon. L’un peut être à l’aise dans une eau à 17°C alors que le second éprouvera des difficultés. C’est pourquoi, l’entraîneur doit connaître parfaitement la tolérance du nageur à l’eau froide et être vigilant aux différents signaux d’alerte.

Ces signes, repérables physiquement, sont des réactions de l’organisme contre l’hypothermie :tableau hypothermie.JPG

 

Dès l’instant où l’entraîneur détecte des signes d’hypothermie, il lui faut, en fonction de la distance restante et de la tolérance du nageur à l’eau froide, prendre la décision de continuer ou abandonner. C’est une lourde responsabilité, mais vaut mieux être raisonnable.

Attention, à vouloir gagner des places sur le podium, l’entraîneur peut faire perdre au nageur sa saison.

Lors des épreuves en ligne, les organisateurs et les officiels peuvent retirer à tout moment un nageur qu’ils jugent inapte à continuer la course.

Par contre, si vous vous aventurez dans un raid, entourez-vous d’un entraîneur compétent et expérimenté ainsi que d’un médecin.hypothermie 3.JPG

 

La protection :

La meilleure protection qui puisse exister pour le nageur en eau libre, c’est d’avoir un taux élevé de gras corporel (adiposité). Mais en contrepartie la prise de poids du nageur diminue sa condition physique.

De ce fait, la femme est plus avantagée par rapport à l’homme dans ce domaine, car elle possède naturellement un taux d’adiposité plus élevé, qui lui permet de mieux résister à l’eau froide.

Le seul moyen artificiel que le nageur ait trouvé pour se protéger du froid est de se passer une bonne couche de graisse avant le départ.parties hypothermie.JPG

Avant de l’appliquer il faut connaître les parties du corps où la chaleur humaine se dégage le plus. Les régions les plus assujetties sont :

la tête

le cou

les aisselles

les cotes

l’aine

Rappelons que la graisse appliquée sur ces endroits n’isole pas, mais diminue la perte de chaleur par les pores et les effets de l’hypothermie.

Pour la tête, d’où 25% de notre chaleur se dégage, il est utile de mettre un ou plusieurs bonnets ainsi que des bouchons pour oreilles. (Autorisés par le règlement FINA OWS 6.9) 

Un autre moyen de se protéger est l’accoutumance à l’eau froide. Avec le temps et une bonne préparation, il est possible d’adapter le corps à devenir moins sensible au froid.

 

Traitement :

Lorsqu’un médecin est présent, il dicte la ligne de conduite à suivre. Dans le cas contraire, si un entraîneur, un organisateur ou un officiel retirent de l’eau un nageur en état d’hypothermie, il leur faut connaître les gestes utiles à effectuer. hypothermie 2.JPG

Deux cas sont à considérer :

Le nageur est en hypothermie légère : le nageur est mis dans une ambiance chaude et se réchauffe tout seul. On peut lui servir une boisson tiède et légèrement sucrée mais il doit boire par petites gorgées, afin d’éviter un réchauffement trop brutal, qui peut causer des hémorragies digestives. Le couvrir à l’aide d’une couverture, d’un peignoir ou d’une serviette et ne pas oublier de le faire examiner par un médecin.

Dans le cas où la situation est plus critique et que le nageur est retiré de l’eau en hypothermie moyenne ou profonde : en attendant l’arrivée des secours, le nageur doit être protégé du froid. En extérieur, le nageur doit être couvert si possible avec une couverture de survie. Il faut le diriger immédiatement vers un centre hospitalier où il sera pris en charge dès son arrivée. Des méthodes de réchauffement plus élaborées lui seront prescrites.

ATTENTION, dans tous les cas, il ne faut surtout pas absorber de boisson alcoolisée et tenter de réchauffer le nageur de manière active rapide (frottement, contact avec un objet chaud, faire faire des mouvements). Il faut privilégier un réchauffement du corps par le centre, sans le réchauffer de l'extérieur.

 

Le nageur en eau libre sera un jour ou l’autre confronté aux effets de l’hypothermie. L’expérience et la connaissance de son corps lui permettront de s’arrêter au bon moment.

Commentaires

encore un article très intéressant! merci pour tous ces bons conseils :-)

Écrit par : Mitchouille | 17/04/2013

Des conseils précis et précieux à ne pas prendre à la légère. merci :)

Écrit par : B.Muller | 06/01/2014

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