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22/06/2013

Des îles Medes aux îles Formigues en Espagne (22,3km)

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Une toute nouvelle traversée sous forme de randonnée aquatique est organisée depuis les îles Medes jusqu’aux îles Formigues au large de Palafrugell en Espagne. Cette traversée, sans classement, organisée par « Neda el Mon » permet ainsi de découvrir par la mer une partie de la Costa Brava. Pour cette première édition, il est prévu que les nageurs effectuent la traversée en plusieurs groupes composés de 6 nageurs de niveaux différents (2,8km/h ; 3km/h ; 3,2km/h ou 3,4km/h) accompagnés d’un bateau pilote. Les nageurs d'un même groupe doivent nager ensembles pendant toute la durée de la traversée. Avant cette première édition de 2013, seul 3 nageurs espagnols ont effectué en solo cette traversée à la nage de 22,3km. 

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Le samedi 22 juin 2013, nous avons rendez-vous à 9h30 avec les 16 autres nageurs inscrits pour le briefing de cette première édition au port de l’Estartit, une station balnéaire de la Costa Brava centrale. La température de l’eau est annoncée à 19°C et des méduses ont été repérées, pour cette raison l’organisateur recommande aux nageurs le port de la combinaison. Malgré tout, nous serons 2 nageurs à ne pas les utiliser. Pour ma part, je vais nager avec 4 autres nageurs dans le groupe inscrit pour une vitesse de 3,4km/h : le groupe bracelet rouge, les plus rapides !

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Vers 10h, nous embarquons sur les bateaux afin de nous diriger vers le lieu de départ de notre traversée. Les Medes forment un archipel de sept îles (dont la plus grande est appelée Meda Gran), situées juste en face de la ville de l’Estartit et qui correspondent à l’extension de la montagne de Montgri. La superficie totale de toutes les îles est d’environ 21,5 ha, et le point le plus élevé atteint les 75m. En chemin, un thon saute devant notre bateau et j’aperçois à mi-profondeur quelques « pélagia », les restes de l’invasion de la semaine précédente sur la côte Espagnole.

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Nous nous mettons à l’eau afin de nous rapprocher au plus près de l’île. La température à cet endroit est plus fraîche d’un à 2 degrés car en profondeur une rivière d’eau douce sous-marine fournit aux Medes de l’eau douce provenant du Montgrí. Accolés aux rochers, les nageurs se motivent et s’encouragent, puis c’est le départ du groupe des rouges dont je fais partie. Nous effectuons une longue ligne droite de 7km au large de la plage de sable de l’Estartit qui reste encore une zone protégée de la spéculation urbaine.

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La mer est calme et le soleil brille ce qui fait que la plupart des méduses se situent à mi-profondeur m’évitant ainsi des contacts qui pourraient s’avérer fatidiques. Nous nageons à un rythme que je trouve assez soutenu pour des nageurs sensés être à 3,4km/h. Toutes les 45 minutes, nous nous arrêtons une à 2 minutes pour effectuer les ravitaillements. Au menu de l’organisateur, des sandwichs chocolatés, de l’eau, des bananes, des boissons énergétiques, pour ma part j’opte pour mon propre ravitaillement à base de boissons énergétiques et de boissons chocolatées protéinées.

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Un peu avant notre 2ème ravitaillement, les nuages font leur apparition alors que nous nous approchons du cap de Begur. Situé entre Aiguafreda et les criques de Sa Tuna, nous avons en point de mire ce qui fut jadis au cap Sa Sal un des plus luxueux hôtels de la Costa Brava dans les années 60 et 70. Durant 16 années, l’établissement a accueilli plusieurs politiciens, intellectuels et artistes de renommée internationale avant de devenir de nos jours des appartements de location.

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Nous longeons ensuite le cap Begur jusqu’à Tamariu où les falaises, les pins, les criques d’eaux cristallines et la côte abrupte en font tout le charme de la Costa Brava. Nous avons à ce moment parcouru la moitié du parcours. Nous nageons toujours avec un rythme soutenu et je me demande combien de temps nous allons pouvoir tenir à cette cadence. Et ce qui devait arriver, arriva : entre le 4ème et le 5ème ravitaillement, moi qui croyais qu’à 3,4km/h de moyenne cela serait une partie de rigolade, j’ai du mal à rester accrocher à mes amis de nage.

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Au 5ème ravitaillement, nous avons dépassé Tamariu et nous longeons le cap de San Sébastian jusqu’à Llafranc. Situé à l’est de Palafrugell sur le mont San Sebastian de la Guarda, ce cap est bien connu pour avoir l’une des plus belles vues de la mer Méditerranée depuis son magnifique belvédère. Vu de l’eau, on distingue bien la Tour de défense du XVème siècle ainsi que son phare construit en 1857 à une hauteur de 165 mètres. C’est le phare le plus important du golfe du Lion et un des plus puissants phares de la mer Méditerranée.

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Mais la beauté du paysage ne permet pas d’oublier la dureté de l’effort. J’ai du mal à rester collé aux autres nageurs et toute la solidarité d’une épreuve sans classement voit le jour. Ils sont unanimes : « Nous arriverons tous ensembles et en même temps !!! » Sur les 4 derniers kilomètres du parcours, ils vont m’attendre et nager à mes côtés. Depuis 2 bonnes heures, la mer s’est formée et le vent et les vagues nous déportent vers la côte, rallongeant notre parcours d’environ 1km et puisant dans le peu d’énergie qu’il me reste. Puis les îles Formigues commencent à se dessiner de mieux en mieux. Formées par roche nue, pratiquement dépourvues de végétation, elles peuvent être pratiquement cachées quand la mer est démontée.

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Les Îles Fourmis (Formigues en Catalan), nom donné par leur petite taille, sont un groupe de 16 îles situé au large de Calella de Palafrugell. Il y a un signal de balise sur l’île dite Formiga Grande avec une portée de 6 miles. C’est à cet endroit que doit s’effectuer l’arrivée. Une vingtaine de mètres avant, les nageurs m’attendent, nous finissons les derniers mètres ensembles et touchons l’île après avoir nagé 5h33’. C’est à ce moment que j’apprends que nous avons nagé à une vitesse de 4,2km/h ! Tous les nageurs se congratulent et se félicitent d’avoir terminé cette magnifique traversée.

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A bord du bateau qui nous ramène au petit village balnéaire de Callela à Port Bo, je commence à mieux comprendre ce qui s’est réellement passé et pourquoi j’ai eu du mal à suivre. Lorsque j’ai commencé à flancher au bout de 4h, nous étions en réalité à 4,4km/h de moyenne. C’était quasi-impossible pour moi de tenir cette vitesse jusqu’au bout et au final j’ai ralenti le groupe en nageant entre 3,8 et 4km/h de moyenne. Ce qui devait être un entraînement pour moi s’est avéré être une épreuve exténuante. Mais bonne nouvelle, j’apprends que j’ai battu le record de la traversée sans combinaison !!!

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Un grand merci à mes amis nageurs qui m’ont accompagné lors de cette superbe journée : Pep Vivas I Elias, Victor Galve Ruiz, Nacho Gash, Ruben Sarlé Laplana (de droite à gauche sur la photo) et l’organisateur-accompagnateur Marc Caballé.

20/06/2013

Le site "Neda el Mon"

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« Neda el Mon » est une organisation Catalane qui propose des traversées à la nage sans classements dans des sites naturels d’exceptions en Espagne et ailleurs. Ces traversées se font dans un esprit convivial et familial, elles peuvent se faire avec ou sans combinaison.

09:20 Publié dans 10 - Liens | Lien permanent | Commentaires (0)

14/06/2013

Rencontre avec les dauphins

En consultant différents sites sur Internet, mon épouse a eu la superbe idée de m’offrir, pour mon anniversaire, un bon cadeau afin de passer une journée inoubliable à «nager avec les dauphins en Méditerranée». Je tiens ici à préciser que l’accroche sur les sites de ces sociétés est assez malhonnête, car on ne nage pas avec les dauphins, les espèces présentes sur les côtes françaises n’acceptent pas le contact de l’homme dans l’eau. On se met plutôt à l’eau mais sans bouger pour tenter de les observer en pleine action. Voici donc le récit de cette journée de navigation de 8 heures au large des côtes varoises :  DSCF0041b.JPG

J’ai rendez-vous tôt le matin avec 5 autres personnes dans la Marina de Mandelieu pour embarquer à bord du bateau qui doit nous emmener au cœur du sanctuaire Pelagos. Ce sanctuaire est un espace maritime de 87 500 km2 faisant l’objet d’un accord entre l’Italie, Monaco et la France pour la protection des mammifères marins qui le fréquentent. Il héberge ainsi de nombreuses espèces de cétacés (dauphins, baleines, cachalots, globicéphales…). DSCF0012b.JPG

Après 2 heures de navigation, nous arrivons dans la zone propice avec toujours aucun cétacé en vue en fait c’est au « petit bonheur la chance ». Puis nous sommes rejoints par l'avion de repérage qui doit effectuer pour nous la recherche des groupes de dauphins. Nous navigons désespérément sur l’eau tout en scrutant l’horizon. DSCF0088b.JPG

Soudain, après une heure d’incertitude, nous apercevons un aileron, puis deux et enfin trois ! La joie est à son comble sur le bateau, tous munis de nos appareils photos, nous essayons tant bien que mal de les photographier. Un dauphin nage devant la proue du bateau, c’est magique… Il s’agit d’un dauphin bleu et blanc, le cétacé le plus courant dans le bassin Méditerranéen. On le reconnait facilement à sa pigmentation gris bleutée (foncée sur le dos) à gris très clair et blanc (flanc et ventre), avec une cape de la tête à l’aileron, et en général une “écharpe ” blanche bien délimitée. Il est souvent rencontré en groupes de 5 à 50 individus et en eaux profondes. DSCF0130b.JPG

 

Notre pilote et son coéquipier nous demandent de plonger dans l’eau et de les observer. N’ayant pas besoin d'enfiler de combinaison, je suis le premier à me mettre à l’eau. Ils sont juste à quelques mètres de moi. Mais les dauphins sont avant tout sauvages et évoluent dans leur milieu naturel, en deux coups de queue, ils sont déjà loin. J’essaye alors de me diriger vers les dauphins qui s’éloignent, soudain dans le haut-parleur, j’entends le capitaine du bateau : « Il ne faut pas nager, vous ne devez pas bouger, vous allez les effrayer !!! » C’est quoi ce délire ??? Depuis quand moi je vais effrayer les dauphins en nageant alors que lui avec son bateau est certainement plus bruyant et plus dangereux que moi ?? … je ne cherche pas à comprendre et suis les instructions, et puis les dauphins sont déjà loin. Pendant une bonne heure, nous allons renouveler cette opération, à chaque rencontre de dauphins que nous croiserons. DSCF0144b.JPG

Nous allons ainsi nous mettre à l’eau une dizaine de fois et à chaque fois ce sera le même scénario : dès que nous sautons, les dauphins plongent à une dizaine de mètres de profondeur et nous passent dessous sans se retourner…puis plus rien. Il ne faut pas oublier qu’il s’agit bien évidemment d’animaux sauvages et leur observation dans l'eau dépend de leur bon vouloir (nourriture, présence de nouveau-nés, etc...), et de leur curiosité naturelle. Pas de chance ce jour-là nous ne sommes pas tombés sur des dauphins plus familiers que d'autres !DSCF0147c.JPG

Cela reste malgré tout un moment fantastique, même si il est vrai que nous aurions aimé « nager » et jouer avec eux. Comparé à l’instant magique que j’ai vécu lors de ma traversée à Hawaii, je reste un peu sur ma fin…

01/06/2013

Les 25km de la Cabrera Channel reportés

Présentation :

Pendant une semaine, du 25 mai au 1er juin 2013 est programmé un grand évènement d’eau libre aux  îles Baléares en Espagne : Le « Best Fest ». Au programme, 12 épreuves différentes de natation en eau libre, il y en a pour tous les âges et tous les niveaux. 

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En clôture de ce festival, le samedi 1er juin, une épreuve de 25km (pour laquelle je me suis inscrit) doit avoir lieu : la « Cabrera Ultraopenwater ». C’est le « Big one » du festival. Il s’agit d’une randonnée de 25km depuis l’archipel de Cabrera jusqu’à la plage de Sa Rapita à Majorque. L’île est un parc national maritime et avec un peu de chance, il est possible de croiser des tortues et des dauphins ! Cette traversée s’effectue en 2 groupes de niveaux différents, chaque groupe est accompagné d’un bateau pilote (un groupe à 3,5km/h et un groupe à 2,8km/h). Nous devons nager 55’ ensembles et nous arrêter 5’ pour nous ravitailler. Ceux du groupe qui ne parviennent pas à effectuer la distance en 55’ sont disqualifiés. Les nageurs doivent nager ensemble pendant les 22km et les 3 derniers kilomètres sont libres.

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Cette randonnée aquatique peut se faire avec ou sans combinaison. A cette période de l'année, aux Baléares, l'eau est habituellement à 20-22°C et à l'extérieur il doit faire environ 35°C. Avec de telles conditions, j'envisageais donc de faire la traversée comme un entraînement préparatoire à mes traversées estivales à venir...

Le briefing :

A mon arrivée sur l'île de Palma de Majorque c'est un vent de folie qui souffle, avec un thermomètre qui avoisine péniblement les 20°C. Même les habitants sur place ont l'impression que l'hiver n'est pas fini... Je me précipite alors vers la mer pour faire un plouf afin de gouter l'eau et là, le thermomètre a du mal à afficher 17°C !

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Ce que j'imaginais être une simple promenade commence à devenir dans ma tête une dure épreuve où il me sera difficile, sans combinaison, d'attendre les nageurs du groupe et de poireauter 5 minutes en statique pour attendre que tout le monde se ravitaille. Je pars donc au briefing avec une certaine apréhension. Là, on nous explique le règlement de la traversée, le matériel obligatoire à avoir le jour J et les conditions d'annulation (si le vent dépasse force 3, s'il y a des creux de vague de 1 mètre, ...) Devant l'incertitude des conditions météorologiques, les organisateurs répondent que normalement le samedi le vent devrait faiblir et qu'il serait même envisageable de reporter la traversée au dimanche.

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Cette annonce n'est pas du goût de la plupart des nageurs présents car nous avons tous des bateaux ou avions à prendre pour rentrer le dimanche matin. La traversée reste donc programmée le samedi et nous avons rendez-vous le matin à 6h à Sa Rapita (lieu d'arrivée) pour nous rendre ensuite en bateau jusqu'à l'île de Cabrera.

50km en Zodiac :

Lorsque j'arrive à 5h45 sur le lieu du rendez-vous, le vent souffle toujours autant. Malgré tout, les nageurs se préparent à l'abri de la tente blanche dressée près de l'arrivée, prêts à en découdre avec les 25km qui nous attendent.

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Avec 2 autres nageurs plus téméraires nous regardons "les nageurs combi" enfiler leur 2ème peau pendant que nous préparons le matériel obligatoire pour pouvoir participer : une bouée gonflable que l'on doit tracter avec le dossard, un sifflet, une paire de lunettes de rechange et un produit énergétique de plus de 200 k/cal. Une fois équipés, les 25 nageurs et les organisateurs embarquent sur les bateaux qui doivent nous amener sur l'île de Cabrera. Pour ma part, je me retrouve sur un Zodiac avec 3 autres nageurs combi.

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Lorsque nous sortons du port de Sa Rapita, nous commençons un long trajet des plus éprouvants. La pluie fait son apparition et le vent de coté est de force 4. Plus nous approchons de l'île et plus la mer se forme, nous sommes secoués par des creux de plus d'un mètre. Avant d'arrivée sur l'île, les bateaux s'arrêtent et marquent une petite pause, tout le monde se regarde. Nager là-dedans me paraît être de la folie. Dans aucune épreuve en solo, avec des conditions pareilles on ne prend le départ. Et bien là, apparemment si, car les bateaux reprennent leur route. Arrivés à l'île de Cabrera, la pluie a cessé de tomber mais la mer est toujours aussi agitée. Alors que nous dérivons vers les rochers de l'île, je plonge mon thermomètre pour voir affiché un 16,4°C !!  Je me dis que c'est irraisonnable, ils ne peuvent pas nous laisser partir, surtout que certains nageurs sont peu expérimentés et qu'avec ces conditions il sera quasi impossible de tenir le timing. Malgré tout, quelques nageurs en combinaison du groupe des 2,8km/h se préparent à se mettre à l'eau, inconscients de ce qui les attend. Quand soudain, j'entends au talkie-walkie les gardes côtes de Sa Rapita interdire la réalisation de la traversée. Sage décision !!! Nous faisons donc demi-tour et regagnons Sa Rapita en Zodiac à toute vitesse en faisant des sauts au milieu des vagues, un véritable "tape-cul". A l'arrivée, je suis aussi épuisé et secoué que si je l'avais fait en nageant... IMM001_24A.JPG

La décision finale :

Vers 10h du matin, sous la tente de l'organisation, tous les nageurs sont réunis pour connaître le dénouement de cette aventure avortée. A l'extérieur, le vent commence à se calmer et le soleil fait de légères apparitions. La décision est prise : la traversée est reportée au lendemain matin, même heure. Le problème pour la plupart d'entre nous, c'est que le lendemain nous ne sommes plus là car nous avons des avions ou des bateaux à prendre. Un appel est donc fait pour savoir qui pourra être présent le lendemain. Au final, plus d'une dizaine de nageurs participeront à la traversée qui aura bien lieu le dimanche. Pour les autres, comme moi, notre inscription est reportée à l'année prochaine !!!! Hasta luego amigos !