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31/08/2013

Ultra-Marathon de l’Ebre (Espagne) – 30,8km

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L'Èbre est le plus puissant des fleuves espagnols. Sa longueur est de 928 km. Il prend naissance dans les sources de l'Híjar, à Peñalabra, à 1 980 m d'altitude et se jette dans la Méditerranée en Catalogne, par un grand delta de 320 km² près d’Amposta (province de Tarragone). headernou3.jpg

L’Ultra marathon de l’Ebre est une épreuve d’eau libre (descente de rivière) sur un parcours de 30,830km de Tivenys jusqu’à Amposta. Nous avons rendez-vous le vendredi 30 août à Tortosa pour le briefing de l’épreuve dans l’hôtel qui sert de quartier général à la manifestation. La ville se trouve à mi-distance du parcours de la traversée. Tortosa est la capitale de la Comarque (un canton en Espagne) de Baix Ebre dans la province sud de Tarragone et donc la plus grande ville du delta. Elle a été occupée par les Ibères, les Romains, les Musulmans, les Castillans et les Catalans. Il y a de nombreux sites d'intérêt à Tortosa : des beaux parcs, des palais, des collèges royaux, un château et bien sûr, le fleuve Ebre que nous allons devoir descendre à la nage. blog briefing.JPG

Au cours du briefing en catalan qui sera une nébuleuse pour moi, nous allons faire la connaissance de nos accompagnateurs kayakistes. C’est une jeune demoiselle prénommée Angela qui a été désignée pour être mon « ange gardien » lors de cette traversée. Elle ne parle pas un mot de français et c’est au milieu d’un brouhaha sans nom que je vais essayer de lui expliquer la planification de mon ravitaillement pour ce long périple. Elle paraît avoir bien compris ce que j’attends d’elle et à quel moment précis elle doit me passer mes boissons énergétiques… blog dep.JPG

Le samedi 31 août, tous les nageurs et accompagnateurs ont rendez-vous à 5h50 devant l’hôtel de Tortosa afin de prendre les bus qui nous conduirons sur nos lieux de départ. Les nageurs en direction de Tivenys et les kayakistes sur un site plus en aval du fleuve. Avant d’embarquer, je retrouve Angela afin de lui remettre les bouteilles numérotées qu’elle devra me passer aux heures prévues et … une montre car elle n’en possède pas !!! Nous allons mettre une trentaine de minutes pour arriver sur le lieu de départ à Tivenys. Il fait encore nuit et on se dirige vers les vestiaires d’un gymnase pour se changer et s’enduire de crème solaire car la journée est annoncée très ensoleillée. Pas le temps de s’éterniser car le compte à rebours pour le départ a commencé. On se précipite vers le ponton de départ, mais il n’est pas question de se mettre à l’eau tellement le courant est fort. Nous sommes 57 participants à s’agglutiner sur un ponton d’une vingtaine de mètres qui disparaît complètement au fond de l’eau par le poids des nageurs. Ce qui nous permet de prendre involontairement la température de l’eau, un bon 26°C. 1236441_507127546043295_68439113_n.jpg

A 7h00, c’est le départ et, au moment où je me mets à l’eau, je suis emporté par un très fort courant d’une vitesse supérieure à 4km/h, plus question de faire demi-tour ! Je vois le fond caillouteux défiler à toute vitesse. Par endroit, il y a très peu de profondeur, je suis obligé de nager les bras tendus en ne tapant que des pieds. J’assiste sur ma gauche à un magnifique levé de soleil au milieu des arbres qui bordent la rivière. C’est au bout d’une vingtaine de minutes que l’on passe à toute vitesse devant les kayaks qui nous attendent, il ne faut pas se louper. blog passage kayak.JPG

Angela m’a repéré et commence à me suivre. Je sais qu’en dehors du ravitaillement, je ne pourrais pas compter sur elle pour m’indiquer les courants les plus favorables et les meilleures trajectoires. Sur une largeur du fleuve de plus de 50m, je vais faire l’accordéon avec les autres nageurs : un moins bon courant pour moi et les nageurs me doublent, un meilleur courant et je les redouble. Il va en être ainsi jusqu’à Tortosa. Cela fait à peine 2 heures que je nage et j’aperçois déjà le château de Sant Joan ou de la Zuda qui domine la ville et le fleuve de sa silhouette. blog tortosa 2.JPG

Je traverse la ville à toute vitesse, je passe devant une statue implantée en plein milieu du fleuve en évitant de me la prendre de plein fouet, je découvre un magnifique panorama de la ville et de ses ponts. A la sortie de la ville, ma femme est là, sur la rive, et m’encourage. Cela me motive, car Angela n’est pas très expressive et se contente seulement  de me ravitailler aux horaires pré-établis. A la sortie de Tortosa, peu à peu, le courant perd de sa force et l’Ebre s’élargit. Terminé de se laisser entraîner au gré du courant, maintenant il faut fournir l’effort. blog nage.JPG

Je nage à présent le long des rives de l’Ebre, les branches de bois qui bordent le fleuve dessinent avec le soleil matinal des ombres agréables sur et au fond de l’eau. Je peux admirer les oiseaux qui se réfugient dans les branchages de la rive, effrayés par mon passage. Sur ma droite je distingue une montagne au bord du delta de l’Ebre, la Sierra del Montsià, un magnifique mirador sur le littoral et les plaines intérieures. Cela fait 10 jours que j’ai traversé le Beltquerung à la nage sur 21km et après plus de 4 heures de nage la fatigue sur mes épaules commence à se ressentir. Les 5 derniers kilomètres s’annoncent des plus durs. Il n’y a plus de courant et le vent d’Est créé même un contre-courant. Le final va se faire au mental. Quand je distingue au loin un pont suspendu, c’est la délivrance. Ce pont annonce l’arrivée à la ville d’Amposta, la capitale de la comarque de Montsià et la plus méridionale de la Catalogne. blog amposta.JPG

Ce pont suspendu est l’un des symboles architecturaux les plus représentatifs de la ville. Construit en 1915 il fut le premier pont permanent permettant de franchir le fleuve sur sa partie inférieure. Le pont se distingue par ses deux grands pilonnes de pierre en forme d'arc de triomphe s'élevant de part et d'autre du fleuve. La structure du pont, soutenue par des câbles fait penser, en plus petit, à celui du pont de Brooklin à New-York. Lorsque je le franchis, j’entends les encouragements de ma petite famille et distingue la ligne d’arrivée. Je suis talonné de près par 3 nageurs qui vont me faire accélérer sur les 200 derniers mètres. blog arrivée.JPG

Je franchis la ligne d’arrivée après plus de 5h49 de nage et termine à la 16èmeplace sur 57. Avec l’aide du courant, je viens de réaliser les 30,830km du parcours à une vitesse de 1’08 au 100m. Après un tel effort et un mois d’Août riche en traversées, je me précipite entre les mains de la kiné présente à l’arrivée, rien de tel qu’un bon massage aux épaules avant d’attaquer de nouvelles aventures aquatiques … blog massage.JPG

25/08/2013

Résultats de la 7ème traversée de Palavas à la nage 2013

1010971_693498890677272_238870617_n.jpgVoici les résultats complets de la traversée de Palavas à la nage qui s'est déroulée le dimanche 25 août 2013 : Résultats-Traversee-palavas-2013.xls

Prés de 200 nageurs ont participé aux deux épreuves proposées. Les bénéfices des inscriptions sont reversés à l'association France Choroïdérémie, maladie génétique orpheline qui entraîne la cessité.

Un grand merci à tous les bénévoles de Palavas Natation Sauvetage et du club Aqualove sauvetage pour l'organisation de cette 6ème édition

24/08/2013

Le Beltquerung dans la presse

Le "Midi-Libre" du jeudi 5 septembre 2013 :midi libre.jpg

A la une du journal local : P1050925b.jpg

Le "Lübecker NachMihten" du jeudi 22 août 2013 : P1050924.JPG

 

21/08/2013

Le Beltquerung à la nage 2013 (21km)

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La traversée à la nage du Beltquerung est un raid au nord de l’Allemagne dans le détroit de Fehmarn. Ce détroit relie la Baie de Mecklenburg et la Baie de Kiel dans la partie occidentale de la mer Baltique entre l’île danoise de Lolland et l’île allemande de Fehmarn. Le détroit représente une zone de 21 km de large avec des profondeurs de 20 à 30 mètres. Les courants dans le détroit dépendent essentiellement des vents très présents dans la région. La traversée se fait depuis le port de Rødby au Danemark jusqu’à l’île de Fehmarn près du port de Puttgarden ou inversement en fonction des vents. Fehmarn-belt-strait.jpg

Après avoir parcouru en 3 jours plus de 1600 km en voiture, ma petite famille et celle de mon coach Anne arrivons enfin sur l’île de Fehrman. L’île est reliée depuis 1963 au reste de l’Allemagne par un pont de 963 m de long franchissant le Fehmarnsund. Fehmarn possède 78 km de côtes très ventées et est célèbre pour ces spots de kitesurf. Le vent souffle donc très fort (la région présente des champs d’éoliennes à perte de vue), ce qui n’est pas de bon augure si on veut traverser le détroit en nageant. Nous sommes hébergés chez Dietrich Glaesser, le père de l’organisateur de la traversée, dans la localité la plus importante de l’île : le Burg auf Fehmarn. Le fait d’être hébergé chez eux va faciliter les modalités d’organisation : contact avec le pilote, infos sur les prévisions météos, dates et heures de la traversée,…tout sur place !

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Le lundi 19 août, en début d’après-midi, nous faisons une réunion avec le pilote Wolfgang, notre hôte Dietrich, ma coach Anne et mes responsables de l’intendance ma femme et Gilles, le mari de Anne. De ces longs et difficiles échanges liés à la barrière de la langue, il en ressort que le seul jour possible dans la semaine pour tenter la traversée ne peut être que le mercredi suivant. J'apprends qu'il me faudra partir d’Allemagne pour aller vers le Danemark. Après cette date, les prévisions sont pessimistes et les vents ne permettront pas de nager. Le départ de ma traversée est prévu à 8h00 de Puttgarden et mon coach, Anne, va devoir se lever à 3h du matin pour se rendre au port où se situe le bateau accompagnateur et rejoindre mon lieu de départ ! A l'annonce de ces horaires, elle garde pourtant le sourire ! photo prepa.JPG

Le mercredi 21 août, à 7h15, je me rends en voiture avec Dietrich et Gilles sur une plage de Puttgarden située à quelques mètres des départs de ferry qui font la jonction entre les ports de Puttgarden et Rødby sur les deux îles. La liaison ferry, exploitée par la compagnie "Scandlines", est aussi connue sous le nom de "Vogelfluglinie", une traversée dure 45 minutes. Le temps est ensoleillé et il n’y a quasiment pas de vent. La mer est très calme et nous apercevons au large le bateau accompagnateur qui ,parti depuis 4h du matin, arrive sur les lieux du départ. Il est temps que je me prépare et que l’on me passe la crème solaire ainsi que la graisse pour éviter les irritations. blog départ.JPG

Après quelques photos, c’est à 8h00 que je m’élance dans le détroit de Fehmarn. Je rejoins mon bateau d’escorte et entame ma traversée afin de rallier le Danemark à la nage dans une eau à 17,2°C. Il y a de nombreuses méduses mais ce sont des Aurelia aussi appelées méduses bleues ou méduses lune, elles sont non urticantes. J’en traverse des bans à répétition tout au long du parcours. Pendant les 2 premières heures je nage sur les bases du record du monde de la traversée. Les courants sont favorables et le balai incessant des ferrys ne me perturbe qu’à peine. blog bateau.JPG

Ce n’est pas le cas de mon bateau pilote qui à chaque passage de ferry est secoué dans tous les sens. C’est souvent dans des conditions dignes d’un manège de fête foraine qu’Anne me tend courageusement le ravitaillement minutieusement planifié à l’avance. Après 2h05 de nage, j’ai franchi le rail maritime des tankers qui naviguent dans le détroit et Anne m’annonce qu’il ne me reste plus que 10km à parcourir. A cette vitesse, je suis bien parti pour battre le record de la traversée qui est de 4h50. blog nage.JPG

Je vois passer les ferries sur ma droite et ma gauche et je me mets à nager, très motivé, à un rythme plus soutenu. Mais cette euphorie va vite être stoppée net lorsqu’après 3h de nage, mon coach m’annonce qu’il me reste 8km3 à faire. Cela veut dire que je viens de nager 1km500 en 1 heure !! Il faut dire que la mer a bien changé depuis le départ du matin. Un vent de travers s’est levé et la mer est devenue un peu plus houleuse. Les courants qui m’étaient favorables jusqu’à présent ne le sont plus. Les ferries passent au loin sur ma gauche. blog nage bateau.JPG

J’en prends un coup au moral et mes épaules s’alourdissent. Heureusement qu’il y a les encouragements de mon coach et de l’équipage du bateau pour me motiver. Au loin devant, je commence à bien distinguer le port de Rødby que je garde en point de mire. La ville n'est pas très grande et est construite autour du port. Si je termine, je ne pense pas trouver du monde pour m’accueillir en fanfare ! De plus, je dérive vers la droite en direction d’un champ d’éoliennes désertique. Sur le bateau, commence un compte à rebours kilométrique les yeux rivés sur le chrono. Cela fait déjà 5h que je nage et il me reste un peu moins de 3km à faire. Malgré ces conditions défavorables, je peux encore réaliser le 3ème meilleur temps de la traversée. blog anne.JPG

Les encouragements de Wolfgang et Anne se font de plus en plus fort jusqu’à en perdre la voix. Dans l’eau les Aurélia sont rejointes par une autre espèce de méduse beaucoup moins pacifique. Ce sont des méduses de couleur orange avec de longs filaments que j’observe pour la première fois depuis mes traversées. Je ne vais d’ailleurs pas seulement les observer, puisque rapidement je vais faire connaissance avec l'une d’entre elle. Alors que je ne suis plus très loin du but final, devant moi une méduse chapeau vers le bas écarte en V ses nombreux filaments. Je ne pense pas que cela soit en signe de victoire et je n’ai pas d’autre solution que ... de passer au milieu. Des filaments plus fins et très urticants vont me brûler le visage. Je continue tout de même  mon chemin en espérant que la douleur s’atténue. Les côtes Danoises sont de plus en plus proches, le bateau est obligé de s’arrêter pour des raisons de sécurité liées à la profondeur de l’eau et me laisse terminer seul les derniers mètres. blog danemark.JPG

Je pose pied sur les rochers bordant la côte danoise après 5h57 de nage, réalisant ainsi finalement  le 3ème meilleur temps de la traversée en solo. Pour finir, je vais retourner à la nage au milieu des méduses rejoindre le bateau où m’attendent mes accompagnateurs très enthousiastes. Nous allons attaquer une longue traversée de 5h jusqu’au port d’attache où mes supporters (femme et enfants, nos hôtes et Gilles) m’attendent pour une arrivée très conviviale et chaleureuse. Je me vois même remettre une médaille par Victoria la petite fille de Dietrich. blog arrivee.JPG

 

14/08/2013

Le site officiel pour traverser le Beltquerung entre l’Allemagne et le Danemark

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Le Beltquerung est une traversée en solo qui s’effectue entre le Danemark et l’Allemagne. Si vous désirez tenter l'aventure, il vous faudra vous rendre sur ce site pour avoir toutes les informations utiles pour vous inscrire et faire valider votre traversée. Toutes les formalités y seront reprises pour vous aider dans vos démarches.

08:21 Publié dans 10 - Liens | Lien permanent | Commentaires (0)

09/08/2013

"Ar-Men Raid 2013" dans la presse

Le Télégramme du samedi 3 août 2013 :

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Communiqué de l'AFP paru dans les journaux nationaux :

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Ouest France du jeudi 1er août 2013 :

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Le Télégramme du mardi 30 juillet 2013 :

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Le programme de la "Route de l'Amitié":

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Midi-Libre du dimanche 7 juillet 2013 20130708_092044.jpg

02/08/2013

Ar-Men Raid 2013 : du phare d’Ar-Men au feu de Tévennec (15km)

Un raid pour la protection des phares en mer 

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Ce défi aquatique qui se déroule à l'ouest de la Bretagne à pour objectif de soutenir la "Société Nationale pour le Patrimoine des Phares et Balises" (SNPB) qui milite pour la prise de conscience de la nécessaire sauvegarde de ce patrimoine menacé. Le vendredi 2 août 2013, avec un autre nageur, Alain Grégis qui a traversé le lac Léman (77km en relais),  nous avons comme objectif de nous mettre à l'eau devant le phare d'Ar-Men pour rallier à la nage la plage des Trépassés près de la pointe du Raz. Nous devons passer au large du phare de Sein, du feu de Tévennec et du phare de la Vieille dans le but de sensibiliser et attirer l'attention des pouvoirs publics sur le mauvais état des phares en mer. Une fois le raid accompli,  il est prévu de se remettre à l'eau dans le port d'Audierne pour une arrivée à la nage « en public » devant la mairie pour lancer l'ouverture des festivités de la "Route de l'Amitié".

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Nous avons rendez-vous le matin à 7h00 sur le port de Sainte-Evette (là où on embarque pour l’île de Sein) avec les joyeux kayakistes du Centre nautique de Plouhinec, les 2 bateaux d’assistance, le Président de la Société nationale des phares et balises Marc Pointud et quelques proches venus nous soutenir. Pour cette traversée, Alain sera accompagné par les kayakistes Hugues Termeau et Patrice Le Roux et, sur le bateau de sécurité, par Yvon Lagadec le patron d'Iroise Mer, Marc Pointud le très motivé président de la SNPB, un médecin et la journaliste Brigitte Godefroy.

 

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De mon côté, je serai accompagné par Jean-Yves Jacq et Julien Martin en kayak et sur le bateau de sécurité le « Chris II » de Pascal et Annie Baudouin, un couple d'Hennebont habitué à l'encadrement d'épreuves nautiques sans oublier leur chien Benji ! Ces naviagateurs participent à la Route de l'Amitié, partenaire de l'événement. Il y aura également à bord 2 journalistes de l’AFP et un journaliste du « Télégramme », Ronan Lavor qui rédigera un « Chrono » de la traversée mais également Sylvianne Grégis, la femme d’Alain, qui optera pour le confort du bateau qui m’a été attribué.

A cette heure si matinale, le temps semble présager d’une belle journée en perspective : 22º3 dans l'air, 18º9 dans l'eau du port. Nous quittons le port avec une petite heure de retard pour nous rendre vers le phare d’Ar-Men. Nous allons naviguer pendant plus d’une heure au milieu d’une mer bien agitée dont les vagues d’environ 1 mètre partent dans tous les sens, suite aux effets combinés des courants et du vent de force 3 qui souffle du sud-ouest.

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Nous longeons toute la chaussée de Sein par le nord. La Chaussée de Sein est le prolongement sur 25km vers l’ouest des formations granitiques de la pointe du Raz. Son point le plus élevé constitue l’île de Sein. Elle a toujours été un véritable enfer pour les marins. A marée basse, affleure un semis de roches, autant d'écueils pour les navires qui doivent y affronter également des courants d'une violence extrême. Pour signaler ce danger aux bateaux, l'érection du phare d'Ar Men, sur un îlot à l'ouest de la chaussée, fut décidée en 1867, mais mettra 14 ans à  se concrétiser en raison des conditions épouvantables. Premier phare à l'ouest de la Bretagne, le phare d'Ar-Men est le plus célèbre, le plus photographié et le plus prestigieux des phares du littoral français. Considéré comme un lieu de travail extrêmement éprouvant par la communauté des gardiens de phare, il a été surnommé par ces derniers « l'Enfer des Enfers ». Avec son automatisation en 1990 prit fin un siècle de périlleuses relèves des gardiens qui s'y succédaient au milieu des tempêtes. Aujourd'hui automatisé, le phare d'Ar-Men est laissé à l'abandon à l'image d'autres feux construits en pleine mer : murs fissurés, blocs de pierre prêts à s'effondrer, murets détruits, tâches de rouille… 

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C’est à 9h20 que nous arrivons devant Ar-Men avec un peu de retard sur l'horaire prévu. Nous allons rapidement nous préparer car le bateau est déjà bien secoué. La mer est agitée et les vagues qui heurtent Ar-Men à marée basse passent au dessus de la base du phare. Alain a prévu de nager en combinaison alors que pour moi ce sera comme d’habitude en maillot de bain ! Je me jette vite à l’eau pour ne pas trop rester sur le bateau après avoir pris à peine le temps de m'enduire de crème solaire et de graisse protectrice contre les déperditions de chaleur. L’eau fait 15º9. Mais avant même le départ, très indisposé, je vais me « libérer » de tout mon petit déjeuner. C’est donc le ventre vide que je prends le départ qui sera donné à 9h46 avec pour objectif de rejoindre la côte à la nage pour la noble cause défendue par Marc Pointud qu’est la sauvegarde des phares en mer

 

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Pendant la première heure, nous allons progresser dans une mer souvent hachée et avec des vagues qui arrivent de toutes parts. Ma nage est complètement désorganisée et il est difficile de respirer sans avaler de l’eau. La température de l’eau ne cesse de changer entre 15,9° et 16,9°C. Malgré ces conditions fort désagréables, il semble que j’arrive à tenir la feuille de route que je me suis fixée. Au bout de 45', conformément à mon plan de marche, j’effectue mon premier ravitaillement. Comme les prochains ravitos, il va durer quelques secondes, sans prendre appui sur le kayak. Au menu, de l'eau mentholée et boisson protéinée chocolatée. Le temps de voir le paysage et il semblerait qu’en moins d’une heure j’ai déjà parcouru les 1/3 du parcours entre le phare d’Ar-Men et l’île de Sein. Cela semble de bonne augure. Je distance Alain et file à un rythme assez soutenu bien encadré par mes kayakistes et mon bateau-sécu. 

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Après 2h30 de nage, je distingue avec plaisir le grand phare de l’île de Sein. Ce phare a été  construit entre 1950 et 1951 et succède à un premier phare construit sur l’île en 1839 et détruit en 1944 par les Allemands lors de la seconde guerre mondiale. Cela veut dire que je suis à environ à 5 km du feu de Tévennec, et, si tout va bien, je devrais passer devant en une heure si les courants de marée font leur travail ! Malheureusement, il n’en sera pas ainsi… Lors de mon ravitaillement suivant, le phare semble toujours au même endroit et le feu de Tévennec toujours aussi loin.

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Ma progression semble ralentie. Inquiet, j’interroge mes kayakistes en leur faisant remarquer que je semble faire du sur-place. Pour eux j’avance « petit à petit mais beaucoup moins que par rapport au départ ». Au bord du bateau, Pascal le pilote constate effectivement des courants contraires. Le temps se couvre par le sud-ouest, la mer est hachée et dans les faits les courants de marée sont neutralisés par les effets du clapot des vagues. Les courants au lieu d’être en notre faveur vont nous être contraires. Je nage maintenant à un peu moins de 2km/h. Nous prenons énormément de retard par rapport à nos prévisions et il nous sera impossible de nous aventurer dans le raz de Sein hors de la période d’étale. Je suis découragé, car en plus au loin sur ma gauche j’arrive malgré tout à distinguer le phare de la Vieille construit de 1882 à 1887 et qui sécurise fortement le passage du raz de Sein.

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A environ 3km du feu de Tévennec, Alain annonce qu’il s’arrête. Pour ma part, je décide de continuer au moins jusqu’au feu. Tévennec est un élément emblématique du patrimoine des phares. Abandonné de tout gardiennage depuis 1910, la SNPB projette de faire appel au mécénat privé pour financer une maison d'artistes, après restauration progressive des lieux. La maison est ceinturée par une terrasse qui offre un point de vue exceptionnel à 360° sur le raz de Sein et l'Iroise. Les assauts du mauvais temps et les années d'absence d'entretien ont eu raison de l'état des lieux. Le toit fut d'ailleurs emporté par une tempête en 1910. À l'intérieur, les boiseries et les parquets sont en très mauvais état. Le défi est maintenant de relier les 2 phares les plus emblématiques pour la SNPB.

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Après avoir parcouru 5km en plus de 2 heures, à 14h57, j’arrive enfin au pied de l’îlot. Je viens d’effectuer les 15km qui séparent les 2 phares en 5h11. Après avoir été balloté dans tous les sens par les vagues et avant de remonter sur le bateau qui doit nous ramener au port de Sainte Evette, je vais laisser aux poissons tout ce que j’ai pu absorber comme ravitaillements lors de cette traversée. P1040655b.jpg

 

La journée n’en est pas finie pour autant car à 18h, il nous reste une dernière épreuve beaucoup plus agréable. Nous allons nous remettre à l’eau encadrés par les kayakistes du centre nautique de Plouhinec et nager dans le port d’Audierne pour être accueillis entre pluie et soleil par les applaudissements des participants de la Route de l'Amitié, des élus de la ville et de nos proches. La journée se terminera par un sympathique pot de l’amitié à la Mairie et une Fest Noz conviviale aux Capucins en fin de soirée.

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Nous sommes satisfait et heureux car l’objectif qui consistait à alerter le public sur la situation d'Ar-Men et des autres phares en mer a bien été atteint.

Avis aux amateurs de défis aquatiques, comme le dit Marc Pointud : « Avec un peu d'imagination il y aurait plein de choses à faire ! » et le raid que nous venons de réaliser entre ces 2 phares les plus emblématiques en mer d’Iroise pourrait bien devenir un raid officiel organisé par la SNPB en France comme le sont la Manche ou Gibraltar. A suivre… Kenavo !!!!

 

PS : Un grand merci à notre amie Delphine qui nous a accueilli pendant ce séjours breton en famille ;-)

 

Photos : Brigitte Godefroy et Ronan Lavor (droits réservés)