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21/08/2013

Le Beltquerung à la nage 2013 (21km)

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La traversée à la nage du Beltquerung est un raid au nord de l’Allemagne dans le détroit de Fehmarn. Ce détroit relie la Baie de Mecklenburg et la Baie de Kiel dans la partie occidentale de la mer Baltique entre l’île danoise de Lolland et l’île allemande de Fehmarn. Le détroit représente une zone de 21 km de large avec des profondeurs de 20 à 30 mètres. Les courants dans le détroit dépendent essentiellement des vents très présents dans la région. La traversée se fait depuis le port de Rødby au Danemark jusqu’à l’île de Fehmarn près du port de Puttgarden ou inversement en fonction des vents. Fehmarn-belt-strait.jpg

Après avoir parcouru en 3 jours plus de 1600 km en voiture, ma petite famille et celle de mon coach Anne arrivons enfin sur l’île de Fehrman. L’île est reliée depuis 1963 au reste de l’Allemagne par un pont de 963 m de long franchissant le Fehmarnsund. Fehmarn possède 78 km de côtes très ventées et est célèbre pour ces spots de kitesurf. Le vent souffle donc très fort (la région présente des champs d’éoliennes à perte de vue), ce qui n’est pas de bon augure si on veut traverser le détroit en nageant. Nous sommes hébergés chez Dietrich Glaesser, le père de l’organisateur de la traversée, dans la localité la plus importante de l’île : le Burg auf Fehmarn. Le fait d’être hébergé chez eux va faciliter les modalités d’organisation : contact avec le pilote, infos sur les prévisions météos, dates et heures de la traversée,…tout sur place !

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Le lundi 19 août, en début d’après-midi, nous faisons une réunion avec le pilote Wolfgang, notre hôte Dietrich, ma coach Anne et mes responsables de l’intendance ma femme et Gilles, le mari de Anne. De ces longs et difficiles échanges liés à la barrière de la langue, il en ressort que le seul jour possible dans la semaine pour tenter la traversée ne peut être que le mercredi suivant. J'apprends qu'il me faudra partir d’Allemagne pour aller vers le Danemark. Après cette date, les prévisions sont pessimistes et les vents ne permettront pas de nager. Le départ de ma traversée est prévu à 8h00 de Puttgarden et mon coach, Anne, va devoir se lever à 3h du matin pour se rendre au port où se situe le bateau accompagnateur et rejoindre mon lieu de départ ! A l'annonce de ces horaires, elle garde pourtant le sourire ! photo prepa.JPG

Le mercredi 21 août, à 7h15, je me rends en voiture avec Dietrich et Gilles sur une plage de Puttgarden située à quelques mètres des départs de ferry qui font la jonction entre les ports de Puttgarden et Rødby sur les deux îles. La liaison ferry, exploitée par la compagnie "Scandlines", est aussi connue sous le nom de "Vogelfluglinie", une traversée dure 45 minutes. Le temps est ensoleillé et il n’y a quasiment pas de vent. La mer est très calme et nous apercevons au large le bateau accompagnateur qui ,parti depuis 4h du matin, arrive sur les lieux du départ. Il est temps que je me prépare et que l’on me passe la crème solaire ainsi que la graisse pour éviter les irritations. blog départ.JPG

Après quelques photos, c’est à 8h00 que je m’élance dans le détroit de Fehmarn. Je rejoins mon bateau d’escorte et entame ma traversée afin de rallier le Danemark à la nage dans une eau à 17,2°C. Il y a de nombreuses méduses mais ce sont des Aurelia aussi appelées méduses bleues ou méduses lune, elles sont non urticantes. J’en traverse des bans à répétition tout au long du parcours. Pendant les 2 premières heures je nage sur les bases du record du monde de la traversée. Les courants sont favorables et le balai incessant des ferrys ne me perturbe qu’à peine. blog bateau.JPG

Ce n’est pas le cas de mon bateau pilote qui à chaque passage de ferry est secoué dans tous les sens. C’est souvent dans des conditions dignes d’un manège de fête foraine qu’Anne me tend courageusement le ravitaillement minutieusement planifié à l’avance. Après 2h05 de nage, j’ai franchi le rail maritime des tankers qui naviguent dans le détroit et Anne m’annonce qu’il ne me reste plus que 10km à parcourir. A cette vitesse, je suis bien parti pour battre le record de la traversée qui est de 4h50. blog nage.JPG

Je vois passer les ferries sur ma droite et ma gauche et je me mets à nager, très motivé, à un rythme plus soutenu. Mais cette euphorie va vite être stoppée net lorsqu’après 3h de nage, mon coach m’annonce qu’il me reste 8km3 à faire. Cela veut dire que je viens de nager 1km500 en 1 heure !! Il faut dire que la mer a bien changé depuis le départ du matin. Un vent de travers s’est levé et la mer est devenue un peu plus houleuse. Les courants qui m’étaient favorables jusqu’à présent ne le sont plus. Les ferries passent au loin sur ma gauche. blog nage bateau.JPG

J’en prends un coup au moral et mes épaules s’alourdissent. Heureusement qu’il y a les encouragements de mon coach et de l’équipage du bateau pour me motiver. Au loin devant, je commence à bien distinguer le port de Rødby que je garde en point de mire. La ville n'est pas très grande et est construite autour du port. Si je termine, je ne pense pas trouver du monde pour m’accueillir en fanfare ! De plus, je dérive vers la droite en direction d’un champ d’éoliennes désertique. Sur le bateau, commence un compte à rebours kilométrique les yeux rivés sur le chrono. Cela fait déjà 5h que je nage et il me reste un peu moins de 3km à faire. Malgré ces conditions défavorables, je peux encore réaliser le 3ème meilleur temps de la traversée. blog anne.JPG

Les encouragements de Wolfgang et Anne se font de plus en plus fort jusqu’à en perdre la voix. Dans l’eau les Aurélia sont rejointes par une autre espèce de méduse beaucoup moins pacifique. Ce sont des méduses de couleur orange avec de longs filaments que j’observe pour la première fois depuis mes traversées. Je ne vais d’ailleurs pas seulement les observer, puisque rapidement je vais faire connaissance avec l'une d’entre elle. Alors que je ne suis plus très loin du but final, devant moi une méduse chapeau vers le bas écarte en V ses nombreux filaments. Je ne pense pas que cela soit en signe de victoire et je n’ai pas d’autre solution que ... de passer au milieu. Des filaments plus fins et très urticants vont me brûler le visage. Je continue tout de même  mon chemin en espérant que la douleur s’atténue. Les côtes Danoises sont de plus en plus proches, le bateau est obligé de s’arrêter pour des raisons de sécurité liées à la profondeur de l’eau et me laisse terminer seul les derniers mètres. blog danemark.JPG

Je pose pied sur les rochers bordant la côte danoise après 5h57 de nage, réalisant ainsi finalement  le 3ème meilleur temps de la traversée en solo. Pour finir, je vais retourner à la nage au milieu des méduses rejoindre le bateau où m’attendent mes accompagnateurs très enthousiastes. Nous allons attaquer une longue traversée de 5h jusqu’au port d’attache où mes supporters (femme et enfants, nos hôtes et Gilles) m’attendent pour une arrivée très conviviale et chaleureuse. Je me vois même remettre une médaille par Victoria la petite fille de Dietrich. blog arrivee.JPG

 

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