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31/08/2014

De Spike Island jusqu’à Cobh en Irlande

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L’île de Spike est située dans le sud-ouest de l’Irlande dans le comté de Cork elle est accessible uniquement par voie maritime. Propriété du gouvernement anglais en 1779, elle est devenue par la suite une prison et a été surnommée "l'Alcatraz d'Irlande". Cette île-prison a abrité les prisonniers de l'IRA pendant la Guerre d'Indépendance Irlandaise (de 1919 à 1921) et notamment le fameux Richard Barrett, un des leaders de l'IRA de cette période. spike_island.jpg

Puis, suite au traité Anglo-Irlandais, l'île a été rendue à l'Irlande en 1938. Spike Island est restée une prison et une base militaire pour l’armée Irlandaise pendant des années. Plus récemment, elle a été utilisée comme Centre Correctionnel pour Adolescents, jusqu'à une rébellion générale des "prisonniers" en 1985, qui ont pris le contrôle de la prison en mettant le feu à un des blocs (connu maintenant sous le nom de Burnt Block). Le centre a fermé en 2004. Aujourd’hui l’île est vide et est devenue un site touristique que l’on peut relier par un service de ferries au départ de Cobh. SI2.jpg

Le dimanche 29 août 2014, dans le cadre de mon challenge des 7 îles-prisons à la nage pour France Choroïdérémie, je me rends au port de Cobh avec Ned Denison, spécialiste comme moi des évasions à la nage depuis des îles-prisons, et qui m’a spécialement organisé cette traversée. Sa compagne, Catherine Fravalo va nous accompagner sur le bateau. Nous rejoignons deux autres nageurs qui feront la traversée avec nous : Danny et John Walsh. SI3.jpg

C’est leur père, Dan, qui va nous conduire en bateau sur l’île et nous suivre pendant notre évasion. Dan connaît bien l’île car il y a passé son enfance, son père travaillait à la garnison et avait pour mission de tirer les coups de canon ! Le fils de Danny, Daniel, assurera notre sécurité en kayak, il restera à côté de Ned et moi pendant la traversée. SI1.jpg

C’est donc en bateau que nous nous rendons vers 7h30 sur l’île de Spike. L’activité touristique n’a pas encore débuté et l’île est déserte. Comme nous avons un peu de temps, avec Catherine et Daniel nous en profitons pour faire une petite balade et se rendre jusqu’à la prison. Il y a un très joli panorama sur le port de Cobh et le lieu porte encore les traces de son passé étrange et mouvementé. SI5.jpg

Vers 8h40 nous nous "évadons" et je laisse derrière moi l’île de Spike et sa prison. Je nage dans le deuxième plus grand port naturel au monde et me dirige en direction de Cobh. Plus connu sous le nom de Queenstown avant 1922, c’est aussi un des ports principaux des transatlantiques irlandais et le point de départ de millions d’Irlandais qui ont émigré en Amérique du Nord entre 1848 et 1950. Le Titanic effectua ici sa dernière escale avant de traverser l’Atlantique pour son fatal voyage vers New-York. L’eau est calme et la température de l’eau est de 14,5°C. Avec Ned, nous nageons ensembles côte à côte à un bon rythme. Nous avons lâché les 2 nageurs qui s’évadent avec nous. Daniel nous suit en kayak et Catherine prend des photos de notre évasion depuis le bateau. SI4.jpg

En nous dirigeant vers Cobh, je distingue en haut d'une butte, les pointes de la cathédrale néo- gothique de Saint-Colman qui montent la garde sur la ville. Sur les quais, une rangée de maisons aux couleurs de l'arc-en-ciel égaye le front de mer. Notre trajectoire de nage vers le point d’arrivée s’effectue en direction d’une ancienne église presbytérienne transformée aujourd’hui en musée, située sur la gauche de la ville. SI6.jpg

Nous traversons maintenant l’endroit où il est censé y avoir le plus de trafic. Le service portuaire est avisé de notre passage et en ce dimanche matin très tôt, il n’y a pas trop de circulation maritime. Le plan d’eau est calme, je ne distingue aucune vie marine, il y a 2 mois de cela un orque avait élu domicile dans le port mais il en était déjà reparti... DSCF3133b.jpg

Après 25 minutes de nage environ, nous arrivons à « l’Heritage Center » de Cobh au pied du Mémorial à Annie Moore (et ses 2 frères) qui fut la première immigrante enregistrée à Ellis Island aux Etats-Unis le 1er janvier 1892. Nous sortons de l’eau par un escalier sur les quais, je viens d’en terminer avec ma 5ème évasion à la nage de mon challenge !! SI8.jpg

Ned quant à lui en est à sa 4ème, au cours de ce week-end eau libre en Irlande une grande complicité s'est créée entre nous et je pense que nous allons programmer d’autres évasions ensemble ! !

30/08/2014

Entraînement avec les nageurs de Sandycove (Irlande)

sandycove0.jpgLe vendredi 29 août 2014 je débute un week-end d’eau libre en Irlande. A mon arrivée à l’aéroport de Cork en milieu d’après-midi je suis accueilli chaleureusement par Catherine Fravalo et Ned Denison, mes hôtes pour le week-end. Ned est un passionné et une figure de l’eau libre en Irlande et dans le monde, il a traversé la Manche, Catalina, Manhattan, Jersey-France et bien d’autres…Mon frère jumeau de nage en quelque sorte. Pour ce court séjour, il m’a concocté un programme de rêve. Cela commence dès le vendredi soir par 2 séances à Sandycove. C’est une petite île située dans l’estuaire de la rivière Pil près de Kinsale dans le comté de Cork. Elle est peuplée uniquement de chèvres sauvages qui apparaissent sur le logo des Nageurs de Sandycove. Nous arrivons à 18h à la cale de halage en face de l’île. Des nageurs sont déjà dans l’eau et d’autres se préparent. Sandycove1.jpg

Le concept du club est simple : il s’agit tout simplement d’une base d’entraînement pour nageurs de marathons. Les passionnés d’eau libre, une cinquantaine environ, se retrouvent pour nager et faire le tour de l’île, une, deux, voire plusieurs fois au cours d’une séance. Cela permet aux nageurs d’échanger leurs expériences, la plupart d’entre eux ont traversé la Manche et ce site est un endroit idéal pour ceux qui désirent s’y préparer. La température de l’eau est généralement plus froide que dans la Manche et donc idéale pour une bonne préparation. Des évènements en eau libre sont organisés tout au long de l’année autour de l’île. Chaque année, début juillet, Ned organise d’ailleurs un stage d’une dizaine de jours pour ceux qui désirent effectuer la traversée de la Manche ou autre grand raid aquatique… DSCF3188b.jpg

Avant de me mettre à l’eau je prends la température, l’eau est à 15°C mais Ned m’informe que tout autour de l’île on peut avoir des variations de température et qu’en fonction des endroits il peut y avoir facilement 2° de moins ! J’enfile le bonnet des Nageurs de Sandycove que m’a remis Ned et nous partons faire un tour de l’île ensemble. Le tour varie en fonction de la hauteur de la marée et fait environ 1800m que l’on contourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. On se dirige d’abord dans une eau calme en direction de la pleine mer, ensuite l’eau se rafraîchit progressivement et la mer devient de plus en plus houleuse. 

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Derrière l’île, nous sommes exposés à la pleine mer, il faut faire attention de ne pas être emporté vers les rochers par les vagues. Ned est habitué, il nage au plus près de l’île et je me mets dans son sillage car nous nageons à la même vitesse. Puis ensuite nous contournons l’île pour nous retrouver de nouveau dans une eau qui se réchauffe tout en devenant plus calme. Sur l’île verdoyante, j’arrive à distinguer quelques chèvres sauvages mais dans l’eau difficile de voir la faune marine. Je touche parfois quelques algues mais aucune autre surprise. Il arrive parfois, avec un peu de chance, de voir des lions de mer. 10357679_10204551010201764_5808457809175506326_o.jpg

On termine notre tour de l’île en reprenant pied à la cale de halage. Ned m’apprend que parmi ceux qui ont nagé à Sandycove, je suis le 103ème nageur à faire partie de ceux qui ont traversé la Manche. La soirée n’est pas encore finie car un tour de l’île est également organisé chaque année de nuit et cela tombe justement ce soir-là. Après un sympathique BBQ chez Ned, nous retournons pour être à 22h à Sandycove. Nous rejoignons d’autres nageurs, parmi eux 7 ont déjà traversé la Manche et les autres ont déjà participé à de grands marathons à la nage. Il fait beaucoup plus frais qu’en fin d’après-midi mais la mer est moins agitée au large. 

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Nous nous équipons de sticks lumineux accrochés à nos bonnets et me voilà reparti à refaire le tour de l’île. L’eau me semble plus froide que la fois d’avant, il faut dire qu’il y a aussi la fatigue du voyage. Nous nageons en petit groupe, je nage avec Ned et celle qui est à l’initiative de cette petite virée nocturne. Lorsque je nage, j’entends des petits cris au dessus de ma tête. Les chèvres sauvages ont laissé place à ce qui me semble être des chauves-souris. Mais cela ne trouble en rien notre nage et nous terminons notre tour de l’île tranquillement. Je vais avoir du mal à me réchauffer et de retour chez Ned une bonne douche chaude et un bon chocolat chaud de Catherine vont permettre heureusement de me requinquer avant la journée de samedi où il est prévu de nager dans d’autres endroits tout aussi agréables dans la région. loughtHyre.jpg

En dehors de Sandycove, il y a effectivement pleins d’endroits magnifiques près de Cork et même en Irlande en général pour nager. Ainsi dans la journée de samedi, je vais découvrir deux autres sites où les nageurs marathoniens se retrouvent la plupart du temps : Lough Hyre et le lac de Gougane Barra … 

Si vous comptez vous rendre en Irlande, n'hésitez pas à passer à Sandycove, vous y trouverez certainement des nageurs en train de s'entraîner tout au long de l'année, été comme hiver et vous découvrirez une belle région avec des nageurs dévoués à leur passion ... 

09/08/2014

Vidösternsimmet en Suède - 21,5km

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Il s’agit d’une traversée à la nage en Suède de 21,5km dans le lac Vidöstern au sud de Värnamo dans le comté de Jönköping. En 2014, je participe à la 4ème édition de cette épreuve qui remporte un succès de plus en plus croissant vu le nombre d’inscrits d’année en année, une dizaine en 2011, une vingtaine en 2012, une trentaine en 2013 et environ 90 en 2014 ! Les organisateurs espèrent atteindre le chiffre de 200 nageurs l’année prochaine et pourquoi pas dans quelques années, faire parler de la Vidostersimmet en natation longue distance comme on parle de la Vasaloppet en ski de fond. DSCF2944.JPG

Le samedi 9 août, accompagné de mes proches (mon épouse et mes enfants), j'arrive à 6h00 sur la plage de départ d’Osudden à Värnamo, là les organisateurs s’affairent. Il fait assez frais, environ 13°C, et les bénévoles préparent un grand feu de bois pour les nageurs et accompagnateurs qui désirent se tenir au chaud. Je retrouve mes 2 amis Français qui vivent en Suède et qui ont gagné les éditions précédentes : Sylvain Estadieu (qui a traversé la Manche en papillon en 2013) et Nicolas Bathfield (ancien nageur de mon club de Montpellier, vainqueur en 2013). Ils me donnent quelques conseils pour la course et surtout m’aident à comprendre ce qui se dit. DSCF2943.JPG

La particularité de cette épreuve longue distance, c’est que chaque nageur ne dispose pas d'un bateau accompagnateur mais d’une bouée de sécurité à tracter. Cela permet ainsi d’augmenter le nombre de participants. Pour le ravitaillement, l’organisateur a prévu 4 sites (1 dans l’eau et 3 hors de l’eau) à passer obligatoirement. Je récupère donc ma bouée marquée de mon numéro de compétiteur, pas la peine donc de se faire numéroter au feutre sur le corps. Sur les 90 inscrits, nous sommes 7 nageurs à participer en maillot de bain : 3 Français, 2 Autrichiens, 1 Polonais et 1 Suédois. La température de l’eau est à 21°C, ce qui est très confortable pour un lac en Suède. DSCF2945.JPG

Un peu avant 7h00, les nageurs se regroupent sur une ligne de départ fictive large de 20 mètres quand soudain : BOUM !!!! Nous sommes surpris par le bruit d'un grand coup de canon annonçant le départ. Après une seconde d’hésitation, nous nous mettons à courir dans le lac. Cette partie du lac est très peu profonde et nous allons courir pendant plus de 200m avant de pouvoir commencer à nager. A partir de ce moment-là, nous allons traverser toute la longueur du lac en passant par 4 points de contrôle correspondants aux lieux de ravitaillements et en suivant une vingtaine de grosses bouées jaunes placées tous les kilomètres environ. A chaque bouée et entre les bouées sont positionnés des bateaux pour assurer la sécurité.
Le lac est calme et je nage tranquillement jusqu’au premier ravitaillement situé à 3700m, cela fait à peine 6 jours que j’ai nagé en Serbie et j’ai besoin de voir si mes épaules ont récupéré. Ce premier ravitaillement s’effectue dans l’eau depuis des pontons installés par l’organisation. On me tend mon ravitaillement personnel que j’avais remis au départ pour chaque site. Je bois rapidement ma boisson énergétique tout en prenant le temps d’admirer un drakkar Viking transportant les organisateurs et VIP près de moi. 
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Je repars avec un groupe de nageurs en combinaison qui avait pris du temps pour se ressourcer. Nous nageons dans le brouillard qui vient de faire son apparition l’espace d’une petite demi-heure, juste le temps d’inquiéter les organisateurs. Je me sens bien et j’arrive à tenir ce petit groupe jusqu’au 2ème point de ravitaillement situé 3900m plus loin. C’est une première pour moi car là, 50 mètres avant la table de ravitaillement situé sur la terre ferme, je suis obligé de marcher. Je passe de la position horizontale à la position verticale, les muscles de mes épaules se mettent à l’arrêt pour faire travailler ceux des jambes comme si l’épreuve était terminée. Mais non, il reste encore 14km à parcourir. Je vois ma famille m’encourager et cela me donne de l’énergie. Je m'avance jusqu’à la table où sont offerts toutes sortes de ravitaillements.DSCF2940.JPG

Attiré par ce qui m’est présenté, je laisse tomber ma boisson énergétique perso pour une barre chocolatée qui me fait plus envie !!! C’est l’occasion pour moi de tester pour une fois un aliment solide pendant une épreuve. J’ai encore une cinquantaine de mètres à marcher pour prendre le temps de mâcher et d’avaler cette gourmandise. Au moment de me remettre à nager…l’horreur !!! Mes muscles se sont refroidis et j’ai du mal à relancer. Je n’arrive plus à accrocher le groupe de nageurs en combinaison qui ne semble pas souffrir comme moi de cette transition. Le plus terrible encore, c’est que le prochain point de ravitaillement ne se situe qu’à 5500m. C’est à dire dans plus d’1h voir 1h30, alors qu’habituellement je me ravitaille toutes les 30mn. P1100019.jpg

Cela me parait durer une éternité mais heureusement que mes bras ont réussi à reprendre un bon rythme et que j’ai un nageur en point de mire pour me donner la cadence. Dehors, la météo est en notre faveur et le soleil alterne avec quelques passages nuageux. Au 3ème point de ravitaillement, je n’ai qu’une obsession, reprendre une voire deux barres chocolatées qui me fait tant envie depuis 5km. Là aussi, il faut sortir de l’eau pour s’alimenter, mais au lieu de me ressourcer, cela m’épuise encore plus. Je prends mon temps mais j’ai du mal à mettre à profit ces transitions hors de l’eau. J’ai des courbatures qui s’installent et c’est dur de repartir. DSCF2941.JPG

Comme le prochain ravitaillement est annoncé à 3400m, cela me motive un peu mais je nage avec les épaules très lourdes et j’ai du mal à sortir les bras de l’eau. Je me concentre sur les bouées placées environ tous les kilomètres, j’ai l’impression que cela dure une éternité entre chaque bouée mais pourtant lorsque je passe à côté je m’aperçois que j’ai un bon rythme. Je suis tellement concentré sur la trajectoire des bouées que je ne vois pas le 4ème point de ravitaillement. C’est lorsque je passe à sa hauteur à plus de 200m au large que je vais l’apercevoir. Comme il s’agit d’un passage obligatoire, je vais devoir impérativement faire un détour. Il vaut mieux car il n’y a plus rien jusqu’à l’arrivée située 5000m plus loin. Ce détour va bien me faire perdre plus d’une dizaine de minutes et me fatiguer physiquement et mentalement. Ce 4ème ravitaillement est aussi éprouvant que les autres musculairement et je vais prendre mon temps pour reprendre des forces. 10599285_10203828407903162_5468376652252942142_n.jpg

Les encouragements de mes amis venus m’accompagner en Suède pour la traversée (Anne et Gil qui m’avaient accompagné sur le Beltquerung ainsi que leurs fils) vont me donner la force de continuer et repartir. Il ne reste plus que 5000m à faire, cela va durer une éternité. Le vent s’est levé, mais de face, créant une difficulté supplémentaire avec un léger courant contraire à notre sens de nage… Je distingue au loin le petit pont situé une centaine de mètres avant l’arrivée. Je décide donc de ne plus suivre les 4 bouées qui longent le bord mais de tirer tout droit vers le point d’arrivée. Erreur !!! Je me retrouve à nager dans 20cm d’eau et à me racler les mains et les pieds sur des cailloux. J’essaie tant bien que mal de sortir de cet endroit hostile pour retrouver un peu plus de profondeur et effectuer les derniers kilomètres. Je passe une maison située à quelques mètres du pont, j’entends ma famille et mes amis m’encourager. Ça y est, je suis au bout de mes peines, la plaque d’arrivée est en vue … je termine ces 21,5km en 6h51’15, à plus d’une heure par rapport à ce que je comptais mettre. 10606201_10203829215683356_7136661361359381464_n.jpg

Je suis content d’avoir été jusqu’au bout de cette épreuve. Au classement je suis à la 24ème place (sur 66 arrivants) en étant le 1er des nageurs sans combinaison. A la sortie de l’eau, on me remet une médaille, un T-shirt et je réponds en anglais aux questions du commentateur. Après avoir mangé un bon plat de pâtes servi aux nageurs et bu quelques boissons gazeuses, je fini ensuite dans un jacuzzi construit sur le site de l’arrivée en 2 temps 3 mouvements par l’organisation. Cela permet de me ressourcer et décontracter les épaules. Je suis rejoint dans ce bain hyper chaud par Nicolas (7h15’15), Sylvain (7h17’32) et mon fils qui lui a brillamment participé ce même jour à une course de 500m. P1100044.jpg

Cette course est amenée à attirer de plus en plus de monde, car l’organisation est au top et bien rodée pour accueillir encore plus de nageurs. De nombreux partenaires soutiennent l’épreuve et offrent des produits aux nageurs, accompagnateurs et au public présents à l’arrivée mais également sur les sites de ravitaillement. L’ambiance y est très conviviale et familiale…

06/08/2014

L’île prison de Långholmen en Suède

Stockholm est une ville construite sur 14 îles, elle est riche en paysages aquatiques à la beauté et luminosité hors du commun. Långholmen est une de ces îles située au centre de la ville. Elle est en grande partie non bâtie et est couverte de végétation. 

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Sur cette île se trouve la prison de Langholmen que les suédois appellent « l'île prison ». Pendant plus de 250 ans, et jusqu'à sa fermeture en 1975, le plus célèbre pénitencier du pays de 500 cellules a accueilli les criminels les plus dangereux. 

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Les prisonniers ne pouvaient pas s’évader, mais en jetant un œil aux superbes alentours, on se demande bien pourquoi on voudrait en partir ? Le centre a été fermé en 1975, et a été reconverti en parc public. 

DSCF2709b.jpgAujourd'hui la prison change totalement de vocation, mais pas de peau, elle garde ses cellules qui ne servent plus à enfermer les prisonniers mais plutôt à accueillir les touristes. Les bâtiments ont été restaurés et réhabilités en un hôtel (où ils ont conservés la thématique de la prison) et une auberge de jeunesse.

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L'île de Långholmen est devenue un lieu de baignade incontournable, l´eau du lac qui entoure l´île est suffisamment propre. On y accède par deux ponts qui traversent Långholmskanalen. En suivant le chemin qui longe l'eau ou en remontant le parc vers l'ouest, on accède à la plage principale. Elle est souvent bondée et bruyante, aussi faut-il aller plus loin pour trouver des endroits plus secrets. 

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Voilà une occasion pour moi de réaliser une petite évasion de cette île-prison jusqu'à la terre ferme en traversant le Långholmskanalen large d'une trentaine de mètres environ. Après m'être évadé au milieu des nénuphars, j'en ai profité pour faire un petit entraînement en longeant le canal afin de profiter du calme et admirer le paysage. 

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03/08/2014

Le marathon international Jarak - Sabac en Serbie (19km)

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Dimanche 3 août, j’ai participé au 45ème marathon international Jarac-Sabac à la nage de 19km en Serbie le long de la rivière Save. La Save (Sava en serbe) est une rivière longue d'environ 1 000 km qui coule en Slovénie, en Croatie, en Bosnie-Herzégovine et en Serbie. C'est un affluent de la rive droite du Danube, qui conflue à Belgrade. On considère souvent qu'il marque la limite nord des Balkans. 

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Cette traversée est née un peu accidentellement en 1970, lorsqu’un groupe de nageurs traverse la Save d’une rive à l’autre. Cette traversée sans caractère officiel est notifiée par des étudiants sur les tablettes du club local de Sabac. L’année suivante, la compétition devient officielle et la présence d’un nageur hollandais donne un caractère international à l’épreuve. D’années en années, cette traversée a gagné progressivement en importance et est devenue une épreuve incontournable pour les nageurs en eau libre. Elle fait partie des plus anciennes épreuves de marathon en Europe. Depuis 1982, elle se nage sur la distance de 19km et se déroule le premier week-end d’août. Elle est connue également sous le nom de «Peace Race » (course de la paix) en la mémoire des 4500 habitants de Sabac qui furent, en 1941, contraints sous la menace de courir 22km en direction d’un camp Allemand à Jarak. Beaucoup de prisonniers ont survécu grâce à des habitants du village de Jarak qui leur ont donné de l’eau et du pain au péril de leur vie.

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Cette épreuve est organisée par mon ami Vojislav Mijic que j'ai rencontré à plusieurs reprises lors de mes traversées. Cela fait au moins 15 ans qu'il me propose de venir participer à son épreuve en Serbie et, cette année, j'ai enfin réussi à m'organiser. Cela a été un grand plaisir de le revoir avec son épouse à mon arrivée à l'aéroport. Sur le trajet qui nous emmène à l'hôtel, pendant plus d'une heure, nous n'avons pas arrêter de parler de notre passion : l'eau libre et toutes les traversées que nous avons respectivement réalisées. Je vais apprécier 2 jours pendant lesquels les organisateurs vont être aux petits soins de tous les nageurs et nous accompagner  aux différentes obligations protocolaires. 

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Le samedi 2 août, dès midi, nous avons rendez-vous dans un petit village près de Jarak avec la presse et les élus pour une présentation des nageurs. Je vais faire la connaissance de celui qui va me ravitailler tout au long de l'épreuve, il s'agit du beau-frère de Vojislav qui est habitué à l'épreuve et à déjà accompagné de nombreux nageurs. Je me sens rassuré malgré nos difficultés à nous comprendre. Le soir, après le contrôle médical et le briefing à l'hôtel, nous sommes amenés sur un podium situé sur la plage de « Stari Grad », le lieu d'arrivée de la course à Sabak, pour être présentés aux habitants de la ville. Présentation très rapide mais très sympathique car le lendemain matin une course de 19km nous attend... 

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Le dimanche 3 août, nous sommes conduits en autocar de l'hôtel jusqu'au lieu du départ. Nous arrivons vers 9h30 alors que la traversée est prévue à 11h. Cela laisse le temps aux nageurs et aux organisateurs de se préparer. Après le marquage et les vérifications réglementaires de rigueur (maillots, ongles coupés,...), je fais la connaissance de mon pilote de bateau et de la juge qui m'accompagneront tout au long de la traversée. Je retrouve également le beau-frère de Vojislav à qui je donne mon ravitaillement et la planification. Difficile de se comprendre et j'ai bien vite  l'impression que cela va se faire un peu comme il le sentira sur place... 

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Quelques jours avant la traversée, il y a eu de fortes pluies et le niveau de la Save a monté d'un mètre environ. L'eau dans laquelle nous allons nager est saumâtre et il y a un fort courant qui transporte des troncs d'arbres et des détritus. La course très attendue dans cette région de Serbie aura bien lieu et c'est à 10h50 que l'appel des nageurs commence. Ce n'est pas un peu de courant qui va faire peur aux 18 nageurs expérimentés venus de 10 nations différentes. 

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Le départ est donné à 11h00 et nous nous élançons dans cette eau à 23°C où je distingue à peine mon bras dans l'eau lorsqu'il passe sous moi. Le courant nous emporte à vive allure. Je me situe en arrière du peloton et mon bateau accompagnateur ne tarde pas à me rejoindre. Il m'indique la meilleure trajectoire et le meilleur courant, à bord ce sont des habitués du site. Le seul inconvénient, c'est qu'ils ont du mal à me prévenir des troncs d'arbres qui flottent en surface. J'ai vais ainsi en heurter quelques-uns pendant le parcours avec la crainte tout de même de me blesser. 

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Les ravitaillements, quant à eux, vont m'être donné moins espacés que prévu. Une initiative très judicieuse de la part de mon accompagnateur en raison de la rapidité de la course. Je suis parti pour nager 3h30 mais je sens que cela risque d'aller plus vite. Sur les côtés, le paysage défile à vive allure, en plus des troncs d'arbres, il faut se méfier des branches présentes qui peuvent à tout moment nous heurter. 

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Tout au long du parcours, il y a des panneaux qui nous indiquent le nombre de kilomètres qui restent à effectuer mais j'ai du mal à lire les chiffres inscrits. La seule chose que j'ai bien noté lors du briefing, c'est que le seul pont à passer se situe à 1km de l'arrivée. A un peu moins de 2 heures de nage, j'ai l'impression d'avoir nagé 10km et qu'il me reste 9km à nager. Je prends un ravitaillement et là j'apprends qu'il ne me reste plus que 5km. Incroyable, je vais certainement finir en moins de 3h !!! 

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Avec tous les bons nageurs présents, dont le belge Brian Ryckeman vice-champion du monde du 25km , ma crainte était de ne pas terminer dans les délais (moins d'une heure après l'arrivée du premier). Là, je repars hyper-motivé pour ces derniers kilomètres, je rentrerai certainement dans les temps ! Je nage toujours en faisant attention à ce qui se trouve devant moi, mais là c'est sous l'eau que je vais avoir une surprise. Je touche quelque chose de très visqueux qui se faufile dans ma main provoquant une sensation très désagréable !!! Impossible de voir ce que c'est, mais je continue en espérant ne pas renouveler l'expérience.

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Le fameux pont symbolisant le dernier kilomètre est en vue et, sur les côtés, les maisons de Sabac défilent à toute allure (soit environ 7km/h). Maintenant, en point de repère, il y a une forteresse en ruine qui signifie qu'il faut se rapprocher du bord si l'on ne veut pas rater la ligne d'arrivée. Mon bateau accompagnateur s'éloigne de moi et il ne me reste plus qu'à me diriger dans entonnoir qui me conduit à la plaque d'arrivée. Je termine les 19km en 2h49'!!! Un temps record pour une telle distance... et encore plus plus pour le premier qui effectue le parcours en 2h19' (l'équivalent d'un 12km).

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La journée se termine avec la remise des récompenses sur le même podium que la veille. Tous les nageurs sont chaleureusement applaudis et je reçois une récompense de l’organisation en tant que "moins jeune nageur de l'épreuve". Je tiens à féliciter et à remercier Vojislav pour son professionnalisme dans l'organisation de cette belle épreuve qui figure parmi les 3 principales manifestations organisées par la ville de Sabac. Une belle traversée que je conseille à des nageurs chevronnés...  

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Le lendemain, lors de mon retour à l'aéroport, je vais avoir droit, avant de prendre mon avion, à une visite guidée d'une heure de la ville de Belgrade...