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28/03/2006

Varna : championnat USIC de Water-polo 1989 en Bulgarie

Comme vous avez dû vous en apercevoir, j’aime bien l’eau et surtout m’amuser dans l’eau. Tout naturellement, j’ai également joué au water-polo pendant 3 ans au club de Canet 66.
En tant qu’agent SNCF, je participe en 1989 à la rencontre internationale de water-polo USIC (Union Sportive Internationale Cheminots) qui a lieu à Varna en Bulgarie.

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Pour nous y rendre, il nous faut prendre l’avion. Et là big problème, tous les vols sont complets. Nous allons devoir passer par Bucarest en Roumanie et de là prendre un train pour nous amener jusqu’à Varna. Après maints contrôles douaniers et plusieurs péripéties nous finirons par arriver tant bien que mal à Varna. Nous allons passer une semaine agréable à visiter cette ville, se faire des amis, et surtout jouer. Sur les 6 équipes présentent, nous terminerons 5èmes après avoir battu les Allemands.

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Devant nous figureront les Russes, les Bulgares, les Hongrois et les Hollandais. Rien d’extraordinaire à raconter sur ces matchs et sur le séjour en lui-même. Le plus anecdotique est ce qui va nous arriver lors de notre retour.

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Nous reprenons le train de nuit pour retourner de Varna à Bucarest. Nous nous plaçons dans la dernière voiture et comme il n’y a pas grand monde nous nous mettons 2 par compartiment pour pouvoir nous reposer. Après avoir passé la frontière vers 2 heures du matin, nous roulons paisiblement vers Bucarest. Notre chef de délégation water-polo se tient debout dans le couloir et regarde vers l’extérieur. Tout à coup, nous entendons un grand choc qui nous réveille puis un second, le chef de délégation se jette par terre en nous criant : « on déraille ! ! !» Et là nous allons passer une vingtaine de secondes à être secoués dans tous les sens. Nous allons passer un long moment cramponné tant bien que mal dans nos compartiments en attendant que cela se passe. Puis, il va y avoir un autre grand choc puis la voiture va enfin stopper.

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Nous voulons sortir de la voiture qui se retrouve en travers sur 3 voies, mais nous sommes dans le noir au milieu de nulle part avec en travers de la sortie un fil électrique, pour l’alimentation de la machine, qui n’arrête pas de faire des étincelles. Tout le monde se regarde et personne ne parle. Nous sommes choqués. Dès que nous retrouvons nos esprits, les questions fusent : que c’est-il passé ? que fait–on ?…
Puis le fil électrique va cesser de crépiter et nous allons nous précipiter hors de la voiture avec tous nos bagages.

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Et là nous allons attendre sur un petit chemin en plein milieu de la nature que quelqu’un vienne nous chercher. On s’aperçoit à ce moment qu’il n’y a que notre voiture qui a déraillé et on se dit que l’on a eu beaucoup de chance. Il n’y a aucun blessé. Les seules égratignures sont dues aux bagages qui nous sont tombés dessus. Au bout de 30’ nous apercevons enfin une lumière qui s’approche de nous en marchant. La personne nous parle, mais bien sûr nous ne comprenons rien. Avec des signes, il va nous demander de le suivre sur le chemin. Il nous accompagne en tête du train, arrêté beaucoup plus loin. Là nous nous installons à 6 par compartiment et nous allons finir tout le reste du trajet les yeux grands ouverts à faire des bons à chaque choc de la voiture.
Arrivée à Bucarest, un comité d’accueil nous attend et va nous prendre en charge jusqu'à l’heure de notre avion en fin d’après-midi. Ils vont nous offrir le petit déjeuner, le repas de midi et vont nous faire visiter avec un minibus la capitale roumaine. Tout ça pour nous faire oublier certainement ce qui venait d’arriver ! ! ! Contrairement au voyage-aller, nous n’aurons jamais été contrôlés, même à l’aéroport.
Malgré cet incident, nous gardons tous un très bon souvenir de ce séjour, et lorsque nous nous rencontrons les années suivantes, nous nous remémorons que cet événement. La compétition étant passé au second plan.
J’ai quand même mis plusieurs années avant de pouvoir dormir dans un train la nuit et même encore maintenant je sursaute lorsque l’on est un peu plus secoué que d’habitude, car avec les trains, tout est possible, la preuve !

27/03/2006

Mes déboires en triathlon

Dans les années 80, j’arrête de nager en compétition. Faire des longueurs dans une piscine ne me motive plus, malgré mes participations en équipe de France de natation espoir (en 1979) et junior (en 1980) sur 400m, 1500m et 400m 4 nages. D’ailleurs, il faut que je me consacre à mes études. Seulement j’ai besoin de faire du sport. Je passe le début des années 80 à m’essayer dans différentes disciplines sportives mais non aquatiques. Il y a le judo (où j’obtiendrai la ceinture noire) et il y a le football américain avec le premier club en dehors de Paris que je crée à Canet en 1983 : Les « Gladiateurs Catalans ». Mais l’eau me manque et l’été je n’hésite pas à remettre mon maillot, bien ficelé, pour participer aux différentes traversées en Languedoc-Roussillon. Lorsque l’on habite une région au bord de la Méditerranée, il y a de quoi faire : Collioure, Canet, Le Barcarès, Port la Nouvelle, Narbonne, Fleury, Sète… Certaines font même partie d’un circuit de traversées en France. Les prémices d’une coupe de France d’eau libre avant l’heure. En 1985, « ARENA » et la FFN créent un « Tour de France Aréna des Traversées » dont le but est de développer et d’aider les organisations locales dans la mise en place de leurs traversées à la nage.

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Un challenge national est décerné au premier nageur et à la première nageuse ayant totalisé le plus de points sur l’ensemble des dix épreuves que comprend ce circuit. Les organisateurs locaux gardent leur autonomie et sont seuls juges du bon déroulement de l’épreuve.

Les résultats définitifs sont publiés à l’issue du tour, et les vainqueurs de chaque catégorie sont invités à participer à la traversée de la Martinique ou de la Guadeloupe. De quoi attirer les foules ! Malheureusement, cette opération n’a pas eu le succès escompté et a disparu à sa troisième édition. La raison peut en être attribuée au succès grandissant du triathlon ces années-là.

 Cette vague sportive (nage, vélo, course) venue d’Hawaii, s'étend sur la France avec le triathlon de Nice en 1982. Des images « chocs » diffusées sur Antenne 2 révèlent ce sport au grand public mais aussi au sportif que je suis. Je pense alors que ce sport d’endurance doit parfaitement me convenir et que je vais peut-être obtenir de bons résultats. « Nager », il n’y a pas de problème, c’est ma spécialité. « Courir », je dois m’en sortir, je fais souvent des footings avec le football américain et il m’arrive de participer à des courses sur route. Il n’y a que « pédaler », qui reste une inconnue pour moi mais cela ne doit pas être bien sorcier. Quelle erreur ! Ou plutôt quelle horreur ! Ce n’est pas parce que je vais chercher le pain à la boulangerie tous les week-ends avec mon vélo que le cyclisme est aussi facile.

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Tout a débuté avec le « Triathlon de la Côte des Roses » à Narbonne. Un triathlon de catégorie B, comme ils disent : 1.5km de natation, 68km de vélo et 18km en courant. Un ami narbonnais, à l’aise en vélo, me dit qu’il y a une côte assez dure à monter dans les premiers kilomètres et qu’il vaut mieux que je l’essaie avant. Avec mes parents, toujours fidèles pour m’accompagner dans mes aventures, nous prenons dans le garage le vélo qui me sert pour aller à la boulangerie et nous voilà partis pour Narbonne et sa fameuse côte. Mon vélo, complètement inadapté me lâche. Très vite, je déraille à répétition. Impossible dans ces conditions d’attaquer la montée. Me voilà beau, j’ai mon premier triathlon dans une semaine et je n’ai pas de vélo. Je cours dans la première grande surface pour m’acheter un vélo de course. Là, ravi de ma nouvelle acquisition, je repars très motivé sur Narbonne pour l’essayer. J’effectue les cinq premiers kilomètres de plat à l’aise et plus vite qu’avec mon ancien vélo. Très optimiste, je m’imagine déjà sur un podium. Mais au moment d’attaquer la côte, patatras !!! Je casse la pédale de mon nouveau vélo. Trop de puissance ou mauvais matériel ? Il ne me reste plus que 3 jours et je n’ai toujours pas attaqué cette maudite montée, à part deux fois, en voiture. Heureusement, le grand magasin accepte de changer le vélo sans soucis. Pendant ces 3 jours, je me motive et prépare avec soin mon nouveau matériel. Je fais déjà des plans. Sur le papier, du moins sur mon papier, je compte nager en moins de 20mn, pédaler en moins de 2h00 et courir 1h20. En 3h30 je finirai bien dans les premiers… C’est enfin le grand jour. Mes parents m’accompagnent, ils ne veulent pas rater le spectacle puisqu’ils m’ont toujours suivi lors de mes aventures sportives. Dans le parc à vélo nous sommes plus d’une centaine de concurrents à nous installer et les conversations vont bon train : D’où tu viens ? C’est quoi ta spécialité ? T’as pris quoi en ravitaillement ? Tu sais l’eau est à 14°, t’as pas de combi ? Non pourquoi ? J’apprends qu’en triathlon, la combinaison est autorisée. A l’exception d’une dizaine d’athloniens, car nous ne savons pas encore si nous finirons la première épreuve, tous les concurrents sont équipés d’une combinaison. L’avantage c’est que l’on me repère facilement sur la ligne de départ.

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 C’est parti. Je m’élance pour mon premier triathlon. L’eau est vraiment froide, mes pulsations montent à 200 et je viens tout juste de commencer à nager ! J’ai du mal à respirer, tout mon corps est crispé. J’ai l’impression d’avoir la tête dans un étau, un peu comme lorsque l’on mange une glace trop vite. L’envie d’abonner m’effleure l’esprit. Mais après quelques minutes passées dans cette eau glaciale, mon corps s’habitue ou alors il est complètement anesthésié. C’est presque la fin de l’épreuve de nage et je suis de plus en plus gelé, priant pour que je termine cette épreuve qui est ma spécialité. Je sors enfin de l’eau dans les cinq premiers. Devant moi, aucun nageur que je connais. D’où sortent-ils ? Est-ce l’effet combi ? Sur l’aire de transition, je suis incapable de me sécher et d’enfiler mes habits. Je grelotte et claque des dents. Tant bien que mal et je ne sais par quelle force, je me retrouve sur le vélo. Je passe mes 5 premiers kilomètres à faire des zigzags de droite à gauche de la route tellement j’ai froid. Voici enfin la montée fatale, 10 kilomètres de côte. Je viens de récupérer une température corporelle décente. A la vitesse d’un homme au pas, je réussis à franchir la montée alors que de nombreux concurrents me sont passés devant. J’ai l’impression qu’ils ont un moteur. En haut de la montée, il fait 30° à l’ombre, une fournaise. Heureusement, je suis parti avec deux gourdes pleines d’eau qui vont me permettre de compenser les litres de sueur. Tant bien que mal, je termine mon épreuve de vélo. Je n’ai plus d’illusion, une place dans les 10 premiers, ce n’est plus la peine d’y penser : il faut que j’évite une place dans les 10 derniers. Heureusement, je suis bien entraîné en course à pied. Mais comment courir 18km, lorsque l’on tient à peine debout ? Mon père me suit en vélo et m’encourage, je n’en peux plus tant il fait chaud. Je ne rêve que d’une chose, retourner à l’eau, même glacée. A chaque ravitaillement on me présente des éponges sorties d’une énorme poubelle remplie d’eau. Mais l’éponge ne suffit pas, je plonge complètement mon corps dans ces poubelles salvatrices. Mon organisme se remet enfin d’aplomb et je termine les 2 derniers kilomètres comme si rien ne s’était passé auparavant. Les 3h30 prévisionnels sur mon papier ont fait place aux 4h35mn bien réels. Je termine 1h10 après le premier en 102ème position sur les 175 arrivants. Mais c’est promis, terminé on ne m’y reprendra plus…

L’œuvre du temps fait que je m’inscris dans un club de triathlon « l’Amicale Sportive Triathlon Catalan » L’année suivante je participe au premier triathlon de l’année à la Grande-Motte. Comme j’en ai déduit que j’étais nul en vélo, au lieu de me remettre en question, je me suis dis, que c’était la faute du matériel. Tirant enseignement de cette première expérience, je me suis donc acheté un nouveau vélo et pas des moindre, un fait sur mesure pour moi.

Quant à mon épreuve favorite, sur 1500m en piscine je mets 700m dans la vue d’un nageur du club. Dès qu’il met sa combinaison dans le bassin, je ne le bâts plus que de 200m. C’est sûr que dit comme ça c’est tentant. J’ai alors également investi dans une combinaison. Mais la suite est totalement différente.

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A la Grande-Motte, une quinzaine de minutes avant le départ, j’enfile ma combinaison de plongée. Je souris même en voyant les quelques triathlètes néophytes en maillot de bain. Mais je vais vite le regretter. Sans n’avoir fait encore aucun effort, je sue à grosses gouttes dans cette combinaison. Le départ est à peine donné et je suis déjà épuisé avant même d’avoir mis les pieds dans l’eau. Les 100 mètres de course à pied pour rejoindre la mer sont un enfer. Je n’avais jamais couru avec une combinaison, c’est l’horreur !! Je suis déjà à 200 de pulsations. Il ne me tarde qu’une chose, c’est de plonger pour trouver un peu de fraîcheur. Une fois dans l’eau je revis, mais pas pour longtemps, car je n’ai jamais nagé avec une combi non plus. Elle me fait flotter comme un bouchon de liège et je perds tous mes appuis : je ne sais plus nager ! Mes jambes et mes bras se retrouvent à la surface de l’eau et je nage avec une lenteur proportionnelle à l’épaisseur du caoutchouc. C’est horrible, je sors à peine dans les dix premiers. Celui qui m’a inspiré cette combinaison, sort à peine quelques mètres derrière moi. A partir de ce jour-là, c’est promis, je ne mettrais plus jamais de combinaison. Tant pis si l’eau est froide. Le reste de la course en devient banal, je me fais toujours autant doubler en vélo malgré mes progrès en équipement et j’en redouble quelques-uns en course à pied. C’est d’ailleurs à cause du vélo ou de mon incompétence dans ce domaine que je vais arrêter ce sport. Après quatre années de progrès notoires, j’attaque le triathlon de Sète pour essayer de terminer dans les quinze premiers. Je sors de l’eau en tête, et après des soucis mécaniques au parc à vélo, je déraille à plusieurs reprises, je me retrouve alors à la sortie du parc en milieu de classement. Après encore quelques déboires, je termine mon parcours vélo bon dernier. Je crois que je n’ai même pas fait l’épreuve de course. Arrivé à la maison, le vélo a filé directement au grenier. Le triathlon c’est terminé pour moi, nous sommes en 1989.

24/03/2006

l'entrainement - la securité

Vous ne pourrez plus dire : « on ne me l’avait pas dit »

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Losque vous allez vous entraîner en milieu naturel il est nécessaire de connaître certaines règles de sécurité :

- La première des règles et la plus importante est de ne jamais nager seul. Même si vous êtes en parfaite condition physique. Des ennuis peuvent survenir à tout moment, hypothermie, crampe, fringale, choc… Il faut qu’une personne soit présente pour vous aider et vous ramener en cas de difficulté. Si malgré tout vous vous aventurez à l’eau seul, assurez-vous qu’il y ait toujours quelqu'un sur le bord qui puisse prévenir les secours ou venir vous chercher. Pour cela il est préférable de nager en eau peu profonde. Cela permet à cette personne de venir vous aider même si elle ne sait pas nager ou à vous-même de pouvoir revenir au bord en marchant.
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- Si la plage est non surveillée ou la baignade interdite (présence de drapeaux rouges ou pancartes), évitez les risques inutiles en vous mettant à l’eau car il peut y avoir des dangers. De plus vous êtes passible de verbalisation.
Si vous vous aventurez malgré tout dans l’eau et que vous êtes seul c’est plus de l’inconscience que de la nage en eau libre !
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- Si vous désirez vous aventurer pour la première fois dans un nouveau point d'eau, renseignez-vous auprès des nageurs locaux afin qu’ils vous indiquent les éventuels dangers (courants, rochers, …).

- Evitez d’aller à l’eau après avoir fait un très gros repas ou bien si vous ne vous sentez pas à l’aise ou en forme. C’est souvent dans ces moments qu’arrivent les accidents.
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- Evitez de vous mettre à l’eau immédiatement après un long trajet en voiture. Prenez le temps de vous reposer.

- Enfin, n'oubliez pas de vous échauffer avant de rentrer dans l’eau.

Bon entrainement !!!

22/03/2006

Le MANUC

 

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Il faut comprendre le Montpellier Agglomération Natation Université Club (anciennement MUC).
Les dirigeants du club m’ont accueilli au début des années 90 et je les remercie de leur gentillesse à mon égard. Je peux ainsi, grâce à eux, m’entraîner dans de bonnes conditions tout en jonglant avec les horaires atypiques de mon travail. Cela me permet de pouvoir faire tout ce que vous allez découvrir à la lecture de ce blog.
Pour découvrir les différentes activités du MANUC n’hésitez pas à visiter leur site : http://www.muc-natation.org/

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21/03/2006

Les canaux de Sète : plus d'une vingtaine de participations

La doyenne des traversées en France

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En 1975, j’accepte que mes parents m’inscrivent aux autres traversées de la région, Barcarès, Collioure et celle qui n’a pas pris une ride en 50 ans, la traversée de Sète. C’est LA traversée en Languedoc-Roussillon, elle est la doyenne des traversées en France. C’est la seule à avoir résisté au temps, aux guerres et à la construction des piscines. Elle se nage tous les ans pour les fêtes de la Saint-Louis où elle cohabite en parfaite harmonie avec les joutes qui sont la principale attraction de ces festivités. Plus d’une centaine de nageurs participent à cette traversée de 1800m dans les canaux de la ville. Les meilleurs nageurs français du moment n’hésitent pas à venir à Sète afin d’essayer d’inscrire leur nom au palmarès. Certains disent que « le palmarès de la traversée de Sète est celui de la natation française ». 

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Le public est également très nombreux pour encourager les nageurs dans leurs efforts. Il est très facile, tout au long du parcours, de regarder passer les nageurs depuis les quais. Mais pour suivre un nageur, c’est une autre paire de manche. Mon grand-père en a fait l’expérience. A 10 ans, mes parents m’inscrive à la traversée mais n’ont pas la possibilité de m’y amener. Mon grand père se fait un plaisir de m’accompagner.

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Nous voilà parti à Sète, le rendez-vous à lieu à la piscine des Dauphins de Sète, un espace banalisé en bois construit au bord des quais. Nous faisons la queue pour récupérer notre laisser passer et mon bonnet numéroté. A cette époque les bonnets sont en tissu avec des lanières à fixer sous le menton. Ils sont d’une grande valeur apparemment, car il nous faut laisser une caution pour éviter de l’emporter à la maison. 

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Pendant notre attente, j’apprends qu’il existe une petite traversée réservée aux régionaux de moins de 14 ans. Mais comme je suis inscrit à Lyon Natation, je n’ai pas le droit d’y participer. Je nage donc avec les seniors. Le départ a lieu à hauteur du pont-levis de la Bordigue. Une centaine de nageurs s’amasse le long du canal. Un gamin de 10 ans compressé au milieu des champions de la natation française. Je ne suis pas rassuré, mais mon grand-père est là pour m’encourager et me suivre tout le long du parcours. Le départ est donné, et je suis emporté, je ne sais comment, dans les flots.

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Oh, surprise !!! Je nage plus vite que d’habitude, car à Sète, il y a le courant et l’aspiration des nageurs qui m’entraînent. Mon obsession est de ne pas perdre mon bonnet : il faut récupérer la caution ! Voilà comment porter un stress supplémentaire à un enfant. En cours de route, je touche quelque chose de gélatineux. Tiens ! Il y en a un qui a perdu son bonnet. Erreur ! Le canal est rempli de méduses. Et là, j’apprends sur le tas, qu’il existe aussi des méduses qui ne piquent pas. Celles-là sont translucides et gélatineuses. Ce sont des « Spales et Dolioles », elles sont inoffensives et il n’est pas rare l’été de voir les enfants s’en amuser. Pour le nageur, le plus désagréable est de sentir cette masse gélatineuse entre les doigts et sur le corps, mais il n’y a pourtant aucun risque. Je continue donc mon chemin en jetant un œil sur les quais. Mon grand-père, entraîneur d’un jour, me suit d’un pas rapide, mais il se retrouve dans les 200 derniers mètres dans un cul de sac l’obligeant à faire un long détour.

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A mon arrivée, je suis pris en charge par un organisateur. Il me donne un yaourt et me tape sur les cuisses. Mais que fait-il ? Je viens de nager 1800 mètres et voilà qu’un inconnu me flanque des fessés non méritées ! J’apprends qu’il cherche tout simplement à me réchauffer. Autour de moi des nageurs sont frigorifiés et sont enroulés dans des couvertures. Pour ma part, je n’ai pas vraiment froid et cherche mon grand-père qui porte mes affaires de rechange. Je le vois arriver en courant pour me libérer enfin de ces claques non méritées.

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Je termine à la 36ème place. Nous avons ensuite rendez-vous dans un gymnase pour la remise des récompenses et le vin d’honneur. Nous restituons le précieux bonnet et grâce au laisser passer, nous nous installons sur des gradins. Sur une table, de nombreux lots sont en évidence pour récompenser les nageurs. Je cherche parmi cette caverne « d’Ali-baba », lequel je vais bien pouvoir recevoir. Nous assistons alors à une incroyable remise de récompenses. Le fameux chauvinisme Sétois illustré dans toute sa splendeur. Les récompenses débutent par le premier Sétois. Il reçoit un lot sorti de dessous la table, comme s’il avait été réservé spécialement pour lui. Puis ils enchaînent sur le premier départemental, le premier régional et la première équipe. Lorsqu’un Sétois ne gagne pas et se retrouve derrière des non régionaux, il repart avec un minimum de trois lots toujours sortis de dessous la table. Lorsque l’on arrive enfin au grand vainqueur de la traversée, celui-ci a le choix parmi les lots exposés sur la table…et il repart avec un lot de moindre valeur, jaloux des récompenses du sétois arrivé loin derrière lui. Je vous rassure, après avoir souvent été sifflées, les remises de récompenses à Sète ont bien changées les années qui suivirent.

Je ne me rappelle plus du lot que j’ai pu avoir, mais une chose est sûre aujourd’hui, c’est que mon grand-père n’a pas arrêté de parler du déroulement de cette traversée tout le restant de sa vie. 

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Au cours de cette traversée j’ai pu constater qu’en eau libre il y a des courants et qu’il faut en tirer profit au maximum. Parfois le courant n’est pas homogène, il varie en fonction du relief, de la profondeur, des obstacles et des virages. A l’intérieur des virages serrés et derrière des obstacles se crée parfois un phénomène de contre courant. En règle générale, le courant est plus fort au milieu du chenal et moins fort sur les cotés. Dans le sens du courant, il est conseillé de nager au milieu pour profiter au mieux de sa puissance. A contre courant, il est recommandé de nager le plus près du bord, là où le courant est moins fort. Cette expérience, j’aurai l’occasion de la mettre en pratique, justement à Sète en 2000. 

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Alors qu’avec les 150 participants nous nous dirigeons vers le départ, juste avant le signal du starter, le courant favorable se met à tourner et devient contraire. Arrivés dans le canal, tous les nageurs qui sont devant moi sont stoppés net. La compétition se joue alors à contre courant. Mon expérience va m’être utile à cet instant. Je prends l’ascendant sur tous les autres nageurs comme le souligne la presse locale : « Slalomant entre les bateaux et les bouées, longeant les quais pour nager dans des eaux plus clémentes, le vétéran du MUC offre une prestation spectaculaire… et très efficace, puisqu’il atteint la mi-course avec 60 mètres d’avance ».  Mais cette avance n’est pas suffisante, une fois arrivés dans des eaux plus clémentes, mes deux successeurs plus frais et beaucoup plus jeunes me doublent sur la fin. Le vainqueur, le champion de France sélectionné pour les championnats du monde déclarera à l’arrivée : « La course s’est vraiment jouée sur la fin ; Jacques a failli nous piéger sur la trajectoire. Heureusement je terminai plus frais que lui et je le passe sur les derniers mètres ». Dommage, j’aurais du m’entraîner un peu plus cet été là, mais cela m’a fait très plaisir que « Stéf » me rende ainsi hommage.

Le site de la traversée : http://www.dauphinsdesete.org/dauphins/Eau_Libre.html

Aqualove sauvetage

 

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Je vous présente le club de sauvetage le plus cool, le plus sympa en France ! Les responsables (Aurélie, Christelle, Seb et Aurélien) sont jeunes et dynamiques, sans parler de tous les adhérents.

En plus du sauvetage côtier, ce club propose des formations BNSSA, AFPS et surveillant de baignade. Ils s’occupent d’activités aquatiques comme les bébés nageurs, les cours de natation et l’aquagym. Vous comprendrez aisément que je n’ai pas hésité une seconde à m’inscrire dans ce club et d'en accepter depuis 2007 la présidence.

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20/03/2006

Banyoles : 2400m

Une épreuve de masse en Espagne
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En 1976, j’intègre la section sport étude de Font-Romeu (Pyrénées-Orientales). Là, je rencontre Eric Pétron et Fabien Polin qui seront pendant 3 ans comme des frères. Eric sera d’ailleurs le précurseur du sauvetage côtier en France et nous aurons certainement l’occasion d’en reparler.

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Photo de classe en 4ème à Font-Romeu (1976-1977)

Mais c’est également à Font-Romeu que j’apprend que non loin de là, en Espagne, se déroule chaque 2ème week-end de septembre, une traversée à la nage qui attire plus de 2000 participants ! ! ! Il s’agit de la Traversée de Banyoles avec un grand T.
En 1977, je participe pour la première fois à cette traversée. C’est incroyable le succès qu’elle a (environ 500 participants en jeunes, 800 en filles et 1200 en garçons).
Les clubs s’y rendent en bus et c’est l’occasion d’une journée pour se retrouver, nager, pique-niquer et s’amuser ensemble.
Le rendez-vous à lieu au siège du club de Banyoles. Là, parents, enfants et entraîneurs se cherchent au milieu d’une foule innombrable. Il faut le voir pour le croire…

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2 bétaillères attendent pour emporter les nageurs vers le lieu du départ. Puis c’est le grand moment, il faut monter dans ces camions. Le mot serait plutôt « s’entasser ». Et là, comprimés au milieu des odeurs de camphre et de transpiration, commence un rituel : tous les nageurs se mettent à chanter et à danser en sautant. Je ne vous raconte pas l’état des amortisseurs… Après un long (très long) voyage de 5mn, nous arrivons sur le lieu de départ. Une berge de 100 mètres de large où s’entassent 1200 nageurs derrière un filet en toile de jute. Les organisateurs nous remettent une pastille avec notre numéro de compétiteur que l’on attache à notre maillot. Tiens ! Des nageurs ont 2 maillots ? ? ?.

Et, d’un coup, le filet en toile de jute se baisse et une marée humaine se jette à l’eau. A partir de ce moment, tout ce que vous avez appris sur la technique du crawl à la piscine, peut rester au vestiaire. Une fois vous êtes au-dessus des nageurs une fois vous êtes en dessous, et là on apprend vite une nouvelle technique, pas besoin de maître-nageur. Le passage du bras hors de l’eau, se fait les poings fermés et pour avancer on s’aide des pieds de celui qui est devant ou de son maillot. Je comprends mieux maintenant pourquoi les 2 maillots ! ! ! Pour cette traversée je veille particulièrement à bien attacher mon maillot (voir la note Canet 1972), cela m’évite quelques désagréments.

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Après une « lutte » de 2300m, c’est enfin l’arrivée. Les nageurs s’alignent les uns derrière les autres en file indienne au fur et à mesure de leur arrivée. Un public nombreux se bouscule pour voir ou rechercher des nageurs. Tiens ! Certains nageurs sortent en se cachant sur le coté au milieu des arbustes. Ils ont dû mettre un seul maillot (mal attaché) et ont donc perdu leur numéro. Ils sont disqualifiés pour tenu non réglementaire. :)
Après un pique-nique et une après midi à faire les fous au bord et dans l’eau, c’est la remise des récompenses. Une estrade à ravir un vendeur de coupe tellement il y en a (plus d’une centaine).

Cette année là, je terminerais 66ème. Mon meilleur résultat sera 5ème en 1979 et 1980.

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Les années sont passées et la traversée a bien changé. Malgré le nombre augmentant de nageurs, la bétaillère a disparue et les nageurs se sont plus assagis. Mais le clou du spectacle est la remise de récompense où, depuis 1990, pour la petite traversée, le vainqueur remporte son poids en bonbons ! ! !

19/03/2006

Canet-en-Roussillon

Mes premières traversées

Dès 1970, je fais mes premières brasses dans des structures clubs. L’hiver je nage au sein du club de Lyon Natation à la piscine de Lyon-Vaise et l’été je m’entraîne avec le club de Natation Canet en Roussillon.

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A cette époque, il n'y a pas autant de piscines qu'aujourd'hui. A Canet, nous nageons dans le port, dans un bassin de 25 mètres, délimité par des troncs d'arbre et des cordages. Jusqu’en 1976 (date de la construction de la première piscine de Canet), je nage dans ce bassin au milieu des poissons, du plancton et des méduses dans une température changeante, au gré de la météo (15° à 23°).

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Dans le port de Canet

Tous les matins, mon père m’amène au port pour que je puisse me faire plaisir et nager dans l’espace banalisé. Dans l’eau les longueurs ne me font pas peur et je montre des prédispositions pour les épreuves d’endurance. A partir de 1971, le club de Canet organise un des évènements majeurs de la station : la traversée de Canet à la nage. Au début des années 70, les traversées de ville sont nombreuses et attirent foule de nageurs et de spectateurs. Elles sont à la fois conviviales et sportives.

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L’année d’après, c’est au cours d’un entraînement dans le port que mon père apprend l’existence de cette traversée. Il décide donc de m’inscrire. Je participe à ma première traversée à la nage le 28 août 1972. La petite traversée a lieu dans le port sur un parcours en forme de triangle de 800m. A l'époque je nage dans la catégorie poussin, je suis le plus jeune. Pour cette première, je termine à la 12ème place. Je suis fier, je viens de gagner mon premier T-shirt événementiel ! Il traîne encore dans un placard du grenier familial.

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L'année suivante, je reprends part à l'épreuve. Cette année-là, motivé, trop sûr de moi et un peu trop excité, j'en oublie d'attacher mon maillot. Après le départ je me retrouve nu comme un poisson. Après avoir récupéré mon maillot au milieu du banc de nageurs qui me fonce dessus, je fais une superbe remontée et finis 2ème de l'épreuve. Cela va me servir de leçon pour les prochaines fois. Petit détail qui a son importance quand on a 9 ans, l'épreuve est mixte... Mais le plus formidable, c’est que je viens de gagner ma première médaille. Tous les copains ont défilé à la maison pour admirer la récompense bien exposée dans la salle à manger.

C'est au cours de ces traversées que je commence à acquérir de l'expérience sur la nage en milieu naturel qui est très différente de celle en piscine.

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Il faut nager avec les courants, se frayer un chemin au milieu des autres nageurs et surtout savoir s'orienter.

L’orientation, un sens que j’ai développé au cours de mes traversées. Rien ne sert de nager vite, si vous prenez une mauvaise trajectoire, la victoire peut facilement vous échapper. Il est difficile de repérer une bouée en pleine mer. Une mouette sur l’eau peut être confondue avec une bouée. Cela m’est déjà arrivé à l’entraînement. La mouette est un coach impitoyable, elle reculait à chaque fois que je levais la tête. Bonjour, les mètres en plus !!! Tout ça pour dire qu’il est nécessaire de visualiser à l’avance le parcours et de prendre comme repère des éléments fixes faciles à voir, assez hauts et distincts de loin (tour, cheminée d’usine, pic rocheux…), sur les berges ou les rivages. Un conseil qui a son importance, lorsque la mer est agitée, il faut toujours chercher ces repères lorsque l’on est sur la cime de la vague. Dans le creux, vous levez la tête pour rien.

Je commence à prendre goût à cette activité de pleine nature, malgré les bébêtes marines qui ne m’enchantent guère. Parmi ces animaux aquatiques, celles que je redoute le plus sont les méduses. D’ailleurs qui ne craint pas ces animaux invertébrés qui aiment à flotter à la surface de l’eau les jours de fortes chaleurs et qui suivent généralement les courants chauds ? Parmi elles, certaines sont urticantes, la plus douloureuse est la « Pelagia noctiluca ». Elle peut être saisie mais il faut éviter les tentacules qui possèdent le venin provoquant des brûlures et des lésions locales. Lorsque l’on rentre en contact de ces animaux, on ressent comme une décharge électrique suivie d’une douleur vive qui démange ensuite. Un peu comme si vous aviez été au contact d’une ortie. Le fait de continuer à nager dans l’eau de mer apaise la sensation de brûlure. Dès que l’occasion se présente, il ne faut pas hésiter à se passer une pommade à base de corticoïdes ou un antihistaminique, prescrit par un médecin, pour aider à calmer la douleur et les démangeaisons.

Mais lorsque l’on veut nager en mer, il faut faire avec…

19/12/2005

"Montpellier Plus" du 19 décembre 2005

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12/11/2005

Les championnats de France de sauvetage 2005 dans la presse

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"Toute La Natation" de décembre 2005 / janvier 2006 :

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11/07/2005

Le tour de Manhattan 2005 dans la presse

Toute La Natation de septembre 2005 :

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Une petite vidéo de 14sec me concernant sur YOUTUBE. qui donne un petit aperçu du tour de Manhattan (New York) à la nage auquel j'ai participé en 2005.


Presse américaine :

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Midi-Libre du samedi 6 août 2005 : 

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Midi-Libre du samedi 2 juillet 2005 :

 

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09/07/2005

Le tour de Manhattan à la nage 2005 - (45km)

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Présentation :

Cathy, François et moi décidons en 2005, de participer à la 24ème édition de la « Manhattan Island Marathon Swim ».

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Cette épreuve de natation, autour de l’île de Manhattan, est longue de 45km. Ce marathon, dont la 1ère édition a eu lieu le 14 septembre 1982, est maintenant organisé par la Manhattan Island Foundation. Toutes les informations relatives à l’inscription sont sur le site de l’Association : http://www.swimnyc.org/.Evidemment, aux Etats-Unis, il n’y a pas de petits profits et participer à cette course a un coût. Si vous désirez prendre le départ, il faut compter 1200 euros (non remboursables). A ce prix, ils vous fournissent un bateau, un kayak, un juge, un T-shirt et un bonnet. Les bénéfices sont, ensuite, reversés à des associations caritatives new-yorkaises. Pour notre part, nous allons participer sous les couleurs d’une association qui lutte contre une maladie dite orpheline: la Choroïdérémie : http://france.choroideremie.free.fr

medium_map_mims.JPGLe parcours de cette épreuve de 45 km permet de faire une visite un peu différente de Manhattan. Le départ et l’arrivée se font à Battery Park, près de l’embarcadère où se trouvent les bateaux à destination de la Statue de la Liberté. Ensuite à la nage on remonte l’East River, en passant sous le célèbre pont de Brooklin et en longeant le siège des Nations-Unis. Puis on pénètre dans l’Harlem River jusqu’au pont de Spuyten Duyvil et pour finir on descend la Hudson River jusqu’à Battery. Evidemment il y aura plus de détails dans les notes sur l’épreuve elle-même. La suite à lire prochainement.

L'inscription :

Pour participer à la « Manhattan Island Marathon Swim », il faut s’inscrire par internet, il est impossible de le faire par courrier, c’est la première sélection. Ceux qui n’ont pas internet, sont déjà éliminés.A partir de l’été 2004, nous allons souvent nous rendre sur le site de l’association « Manhattan Island Foundation » afin de savoir à quelle date il faut s’inscrire. Après quelques péripéties informatiques (évidemment pourquoi tout serait si facile ?), la date du 8 janvier, s’affiche sur le site. Vite : appel à François et Cathy, pour ne pas oublier ce jour. Le 8 janvier, nous sommes tous sur nos ordinateurs respectifs afin de s’inscrire car seulement 25 nageurs individuels seront pris et pas un de plus. Les autres seront sur liste d’attente. Malchance pour moi, au moment du paiement ma carte bleue ne passe pas. J’appelle François et Cathy, qui me disent que pour eux c’est OK. Après une deuxième tentative, toujours rien. 

J’appelle François, qui m’avance l’inscription par l’intermédiaire de sa carte bleue, et là ça passe. OUF, il s’en est fallu de peu ! ! ! C’est toujours bon d’avoir des copains prêts à rendre service , même un service à 1200 euros ! Je suis le 23ème inscrit, je pourrais peut-être faire parti du voyage. Car ce n’est pas fini, now il faut que le dossier soit accepté.
medium_inscfrancois.jpgUn avant-goût de marathon va commencer. Avant fin février impérativement, il faut fournir par mail : un certificat médical, une radio des poumons, un électrocardiogramme et un justificatif comme quoi on a fait une épreuve de plus de

 4h dans une eau à 20° depuis juin 2004. Pour l’épreuve, pas de problème, car j’ai fait le détroit de Gibraltar l’année d’avant. Pour les examens médicaux, je prends les rendez-vous et obtiens les pièces demandées. 

Maintenant comment faire pour leur expédier les documents, sans envoi par courrier ni fax, quand on a pas de bon scanner et que l’on a un ordinateur qui date de 1998 ? Après pas mal de péripéties, le nécessaire va pouvoir être fait. J’en profite également pour faire les réservations pour le séjour, sans savoir si nous sommes pris car plus nous tardons et plus le tarif du billet augmente. Dans tous les cas, ce n’est pas perdu, on visitera N-Y. Reste encore quelques formalités, ils ont besoin de connaître la taille de notre T-shirt (là c’est facile XXL) et dans quelle matière nous voulons avoir notre bonnet de course (tissu, plastique ou silicone), ainsi que les coordonnées de nos accompagnateurs avant fin mars impératif. Quelle rigueur ! ! ! Cela doit être une manifestation bien rodée et on s’attend alors à trouver à l’arrivée une superbe organisation digne du marathon de New-York en course à pied.
Le verdict tombe fin avril. Nous sommes pris tous les 3. Super ! ! ! Reste à préparer nos valises.

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Le séjour :

La « Manhattan Island Marathon Swim » est prévue le 9 juillet et nous avons organisé notre séjour sur New-York du 2 au 10 juillet, afin de nous habituer au décalage horaire et nous permettre de profiter de la ville.

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Nous allons faire le plein de visites et balades dont une journée à Washington. Nous allons aussi monter sur l’Empire State building, flâner dans les rues de Time Square et Central Park, visiter le musée MOMA, assister au feu d’artifice grandiose de l’Indépendance Day… Mais nous n’oublions pas ce pourquoi nous sommes là et il faut trouver un lieu pour s’entraîner et faire des repérages du parcours.

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Il n’est pas question de nager dans l’Hudson River ou l’East River avant le jour de l’épreuve, « Baignade interdite ». Il nous faut donc trouver une piscine. Dès notre arrivée le dimanche, François et moi, nous rendons à une piscine indiquée sur la liste trouvée sur internet. Et là, quelle surprise ! ! ! Le prix d’entrée d’une piscine n’a rien de comparable à ce que l’on trouve en France. 25 dollars l’entrée ! ! ! Oui, vous avez bien lu 25 dollars (22 euros). Que faire ? A ce prix, nous décidons de laisser tomber l’entraînement du dimanche et de remettre ça le lendemain sur une autre piscine. Mais dans n’importe quelle piscine de New-York, le prix est de 25 dollars.

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Tant pis, il faut nager, nous payons. A ce prix-là, nous nous disons qu’il faut nager longtemps pour rentabiliser ! ! ! Dans les lignes d’eau nous faisons la connaissance d’un nageur américain qui a déjà participé à des épreuves organisées par la Manhattan Island Foundation et il nous explique que pour nager dans les piscines à New-York, il faut être membre du club auquel appartient la piscine. C’est pour ça que le prix est cher si l’on vient qu’une fois. Mais grâce à lui nous pouvons avoir des cartons d’invitation à la journée, ce qui va nous permettre de revenir s’entraîner jusqu’au jour de l’épreuve.

Le Briefing :

Nous sommes le vendredi 8 juillet, il pleut à torrent. Nous avons rendez-vous à 14h au bord de l’Hudson River dans un gymnase pour le briefing de la « Manhattan Island Marathon Swim ».

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Après 6 mois de relation internet, nous allons enfin mettre un visage sur l’organisateur, avocat très rigoureux, qui nous a fait miroiter une organisation sans faille. A partir de ce moment, nous allons commencer à déchanter.

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A 14h, nous nous retrouvons dans le hall du gymnase avec d’autres nageurs et accompagnateurs. Les responsables ne sont toujours pas arrivés. C’est dans ce hall que va avoir lieu le briefing, en plein milieu de l’entrée du bâtiment. Avec une heure de retard, le responsable de l’association, l’avocat, arrive et prend la parole. Avec son accent américain et en parlant super méga vite, il nous explique que ne connaissant pas la qualité de l’eau, il préfère annuler l’épreuve.

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Puis, il renchérit en disant que comme des nageurs et accompagnateurs sont venus de loin, que les bateaux d’accompagnements sont prévus, nous pourrons faire le tour de Manhattan à la nage tout autant que nous lui signions une décharge pour ne pas se retourner contre son association en cas de problème. Tous les nageurs présents voulant nager, bien sûr, nous signerons tous cette décharge.

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Puis sur un mur du hall, à l’aide d’un rétroprojecteur, il va nous expliquer le parcours, ces difficultés, ces courants… A la fin nous allons tous nous présenter chacun notre tour, en anglais évidemment. Pour moi cela fût un moment plus dur que si j’avais traversé la Manche aller-retour. ! ! !

Nous allons ensuite (à 17heures ! ! !) nous rendre à la pasta party organsiée pour tous, repas que nous avions réglé par internet, 25 dollars chacun.

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Nous allons nous retrouver dans un hangar pourri, en plein courant d’air, au bord de la rivière, livrés à nous-même. Au menu : salades, des pâtes immangeables et un gâteau américain au chocolat quant à lui délicieux pour moi. Nous allons discuter avec des nageurs mexicains très sympas assis à notre table, également un peu surpris de ce que nous venions de vivre.

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Nous allons ensuite nous séparer (toujours sous la pluie) pour nous reposer avant le jour J...

Le départ :

Ce samedi 9 juillet 2005, le rendez-vous pour participer aux « Manhattan Island Swimming Marathon » est prévu à 7h30 à South Cove près du World Financial Center.

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Nos accompagnateurs, eux, ont rendez-vous plus tôt à 6h45 à North Cove Yacht Club. Ils nous rejoindront et se mettront en place peu de temps avant le départ. Quant à nous, à Battery Park, le folklore de l’organisation continue. Des cartons sont posés sur un banc, c’est là que nous allons nous faire marquer et recevoir nos bonnets. 

Petit rappel : pour notre inscription il fallait impérativement dire dans quelle matière nous voulions notre bonnet de course, sinon nous ne pouvions nous inscrire ni participer à la course. J’avais coché la case silicone, Cathy et François également. Et là, surprise ! ! ! Nous nous retrouvons tous avec le même bonnet en plastique orange avec notre numéro inscrit dessus. C’était bien la peine de nous prendre la tête ;-) avec ça…
Vient ensuite le moment de se préparer et de se graisser.

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Mon juge discutant avec le kayakiste qui va m'accompagner

Après quelques séances photos nous nous approchons de l’eau afin de chercher nos kayakistes et nos bateaux qui vont nous accompagner lors de notre marathon. Quelle horreur ! ! ! On aurait dit que les égouts de la ville entière venaient juste de se déverser avant notre départ.

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Des détritus de partout au milieu des méduses. Pas très engageant, des kayaks s’approchent et éloignent tout ça à grand coups de pagaies.

Le départ va se faire en trois vagues. Cathy partira dans la première, moi dans la seconde et François ensuite. Entre chaque vague de départ, il y aura un écart de 2 minutes.

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Le départ prévu à 8h50 se fait attendre, sans raison. Nous nous asseyons sur un banc pour attendre, le temps est magnifique. A 9h10, enfin, la première vague est conviée à se mettre à l’eau. Puis viendra ensuite mon tour deux minutes plus tard. Je saute dans l’eau.

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La température de l’eau est de 21°C et le temps est toujours au beau fixe. Quelle belle visite des rives de Manhattan en perspective ! Le départ est donné et je m’élance à la nage dans l’Hudson River en direction des embarcadères pour la Statue de la Liberté qui pointe sa torche au loin sur ma droite. Lorsque je retrouve mon kayak ainsi que mes accompagnateurs-supporters Alexandra et Thierry, j’ai déjà pris la tête de ma vague et commence à rattraper ceux partis dans la vague précédente.

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Le courant m’entraîne tout au long de Battery Park jusqu’à l’East River devant une foule de curieux se demandant ce que l’on fait là …

La course :

Je débute la remontée de l’East River. Après deux kilomètres de nage, je passe sous le fameux pont de Brooklyn. A cet instant, je reçois comme une décharge électrique. Je viens de me faire piquer par une méduse. Cela va me brûler pendant quelques minutes. Dès que la douleur s’atténue, une deuxième décharge. Je sens qu’on va y avoir droit pendant tout le parcours. Je continue sous le pont de Manhattan et celui de Williamsburg. A ce moment de la course, j’ai rattrapé les nageurs de la première vague et me retrouve en tête.

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Je me situe à hauteur de la 23ème rue, quand soudain un hydravion amerri non loin de moi. Devant moi, le bâtiment des Nations-Unies et l’île de Roosevelt. Je dois la laisser sur ma gauche et emprunter le chenal ouest.medium_empirestate.jpg

A ce moment, je suis entraîné par un courant, qui va me faire nager à plus de 12km/h au dire de mes accompagnateurs Alexandra et Thierry. Je vais même dépasser des joggeurs sur le bord de la rive. C’est génial ! A la sortie de ce chenal, ma vitesse va se réduire pour finalement atteindre la normale. A ma surprise et celle de mes accompagnateurs, je ne suis plus en tête. Tous ceux que j’ai doublé me sont repassés devant, ainsi que ceux de la troisième vague. Que s’est-il passé ? ? ? Je ne le saurais jamais.

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Erreur de parcours de mon bateau sans doute. Contrarié, je vais remonter progressivement un par un tous les nageurs et me retrouver au 1er check point situé à l’entrée de la rivière d’Harlem et le Yankee Stadium en 2ème position. Le nageur de tête se situe à 50 mètres devant moi. Les eaux de la rivière sont calmes et le courant est nul. Il n’y a plus de méduses. Pendant les 12km de ce parcours je vais en profiter pour doubler le premier et le distancer.medium_repremier.jpg

Je vais être mitraillé par les photographes présents sur le bateau de presse, rendant difficile l’approche de mon bateau pour qu’Alexandra puisse me ravitailler.

Après 5 heures de nage, j’arrive à hauteur de Spuyten Duyvil, 2ème check point, largement en tête avec 1000m d’avance.medium_le2a1000m.jpg

Je rentre ensuite dans la rivière Hudson pour la dernière ligne droite de 20km dans le courant… tout baigne pour moi à ce moment là.

L'alerte météo :

Je viens de passer en tête au 2ème check point du tour de Manhattan à la nage. Cela fait déjà 5 heures que je nage et je suis en tête avec plus de 1000 mètres d’avance. Devant moi le pont Georges Washington. Je vais de nouveau me refaire piquer par des méduses, mais cela ne fait rien, le plus dur vient d’être fait. Mes bras sont lourds, mais je sais qu’il ne me reste plus que 2h à 2h30 à nager dans le sens du courant assez fort.medium_dernierravito.2.jpg

Trente minutes après avoir dépassé le 2ème check point et alors que j’arrivais sous le pont Georges Washington, mon bateau accompagnateur se met devant moi et me stoppe. Que se passe-t-il ? ? ? Alexandra m’informe qu’il y a une alerte météo et que tous les nageurs sont priés de monter sur leur bateau en attendant qu’elle passe. Je n’y comprends rien, je suis sous un soleil de plomb. Le juge sur le bateau pointe son doigt derrière moi, et là je m’aperçois que le ciel est très sombre et qu’effectivement il y a une tempête (les restes du cyclone Katrina en Louisiane). Je monte sur le bateau, confiant que l’on repartira lorsque ce sera fini.medium_arret.2.jpg

Malheureusement, il n’en sera pas ainsi. L’organisateur de l’épreuve, avocat de profession, dès qu’il aura l’assurance que tous les nageurs sont à bord de leur bateau, va annuler la course et demander le retour des bateaux. Là je rage, si j’avais connu ce dénouement, j’aurais continué car lors de mon arrêt j’étais encore sous le soleil.medium_alertemeteo.2.jpg

On va rentrer à toute vitesse vers South Cove et je vais finir mon tour de Manhattan … en bateau. Dix minutes après notre arrivée au port, un soleil de plomb va ressortir. La haine ! ! !

L’organisateur prenant les passages aux check point et les juges ayant noté par GPS l’endroit où nous nous sommes arrêtés, nous espérons qu’un classement sera effectué à cet endroit.medium_retourbotemp.2.jpg

Le soir même, en pénétrant dans le restaurant où vont avoir lieu les récompenses, nous voyons un déballage de trophées gravés qui sont posés au fur et à mesure sur une table. Chouette ! ! Nous aurons un souvenirs. Lors de la remise des récompenses il n’en sera pas ainsi. Et là ce sera un remake de «l’école des fans » à la sauce américaine: tout le monde a gagné ! ! ! 

medium_medaille.2.jpgIl n’y a pas de vainqueur puisque l’épreuve a été annulée et que nous ne sommes pas partis tous ensembles. La pilule est dure à avaler pour moi. Ils vont nous remettre à chacun une médaille de « Finisher », alors que nous n’avons pas terminé la course et ils vont remballer devant nos yeux… les trophées. En consolation, nous récupérerons un sac avec les souvenirs de la course, un bonnet en plastique et un T-shirt taille L (vraiment trop juste pour moi). A quoi donc ont servi toutes les infos détaillées données sur internet ?
A la question : si je compte y retourner ? La réponse est : je ne pense pas de si tôt ! ! !

La revue de press du tour de Manhattan à la nage.

13/07/2004

Gibraltar 2004 - Présentation

Le détroit de Gibraltar est un bras de mer, large d’environ 15 km et profond de 350m. Il sépare l’Europe (Espagne) et l’Afrique (Maroc) et relie l’océan Atlantique à la mer Méditerranée.

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La première traversée à la nage réussie de ce détroit s’est déroulée le 5 avril 1928 c’est une anglaise, Mercedes Gleitze, qui a nagé 12h50.
Les courants, les conditions climatiques (vent, brume) et le trafic maritime important donnent à ce marathon aquatique le titre du plus célèbre et le plus dur dans le monde.

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Déroulement d’une traversée : c’est une association basée à Tarifa, l’ASOCIACIÓN CRUCE A NADO DEL ESTRECHO DE GIBRALTAR (ACNEG) , qui organise les tentatives de traversées. 
medium_anagrama_20acneg.3.jpgElle est en relation avec les autorités locales et s’occupe de toutes les formalités.
Le gros problème de cette région est le vent. Il n’arrête pas de souffler et les tentatives ne peuvent avoir lieu qu’avec un vent inférieur à force 2. Il faut donc prévoir une attente sur place et donc l’hébergement en conséquence.
On ne sait que la veille si on peut éventuellement partir le lendemain, car la météo n’est pas une science exacte.

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Lorsque la traversée est décidée, l’association informe les autorités, ainsi que la Croix Rouge. La traversée s’effectue avec un bateau pilote dans lequel prend part un officiel de l’association et un bateau de la Croix Rouge où se tient le coach.
Contrairement à la Manche ce sont les bateaux qui évitent les nageurs et c’est pour cela qu’il ne peut y avoir qu’une seule tentative par jour.

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Le départ se fait de la pointe de Tarifa et l’arrivée quelque part au Maroc en fonction des courants.

12/07/2004

Gibraltar 2004 – le séjour

Après 1200 kms effectués en voiture et une escale à Oropesa, nous arrivons enfin à Tarifa le mercredi 7 juillet. Dès notre arrivée nous prenons contact avec l’association pour les informer que nous sommes là. Avec moi, il y a Cathy, qui fera la traversée quelques jours après moi, Bernard son mari, qui est là pour nous coacher et Alexandre, leur fils, pour prendre les photos.


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Les locaux de l'association ACNEG

Nous apprenons que les conditions météo ne sont pas très favorables et qu’il nous faudra revenir tous les jours pour se renseigner sur un possible départ.
Nous regagnons notre hébergement situé à 70km de Tarifa à El Palmar sur la Costa de la Luz. Nous logeons dans un bungalow du « Surf Paradio » tenu par Catherine et Georges, des français installés là bas.

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Catherine et Georges devant le bar

Cet hébergement se situe dans les dunes au bord de la plage. Nous allons tuer le temps à nous baigner et à faire du tourisme. Le vent est très fort (force 5), on comprend que le coin est un spot réputé pour les véliplanchistes et Kitesurfeurs. Mais ce vent va nous donner un mal de tête horrible et va nous fatiguer bien avant d’avoir effectué la traversée.

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Avec Cathy et Raphael

Le responsable de l’association, Raphael, tient une boutique au bord du port et organise des excursions en bateau pour les touristes afin d’admirer la vie marine. Nous apprenons que le détroit est rempli de différentes espèces de cétacés et de baleines : dauphins communs, globicéphales, orques, rorquals communs,…

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Nous n’avons aucune raison de nous inquiéter, nous ne rencontrerons pas de requins. Nous voilà rassurés ! Il nous explique le déroulement de la traversée et les différentes routes pour rejoindre le Maroc en fonction des courants.
Lors de nos visites touristiques nous en profitons pour aller sur le rocher de Gibraltar. Là, nous nous apercevons que pour nous y rendre il faut passer la douane (logique puisque c’est un territoire anglais) mais également un passage à niveau … pour laisser passer les avions. Incroyable ! ! !

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La route traverse le tarmac de l’aéroport tout simplement ! Bien entendu, on va également en profiter pour s’entraîner et prendre quelques photos.

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Le samedi après-midi nous passons au magasin de Raphaël, celui-ci nous informe que pour demain la météo semble bonne et que si l’on veut partir il nous faut être là à 6h30 pour avoir les bons courants. Vite, retour au bungalow et derniers préparatifs avant une bonne nuit de sommeil

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11/07/2004

Ma traversée du détroit de Gibraltar 2004 (15km)

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C’est le grand jour, j’ai très mal dormi et suis réveillé depuis 4h30. Le jour n’est toujours pas levé. Je reste dans le lit, il fait très chaud et je transpire beaucoup. Dans la tête, une inquiétude : « qu’est-ce que je vais rencontrer lors de ma traversée ? », on a dit tout et n’importe quoi sur le détroit.medium_gib_bungalowchbe.jpg

A 5h00, je me lève et prends mon petit déjeuner copieux car la journée va être longue. Puis, on part en voiture avec Bernard et mes supporters en direction de Tarifa. Nous arrivons sur le port un peu avant 6h30 et là : il n’y a personne ! L’organisateur arrive avec 20mn de retard, nous marmonne quelque chose en espagnol et nous laisse plantés là. Il reviendra 15mn plus tard et nous dirigera vers le bateau.

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Ce n’est pas lui qui pilotera mais son assistant. Je monte sur le bateau avec l’officiel et mes supporters. Bernard, quant à lui, monte sur le zodiaque de la Croix Rouge qui restera à mes côtés pendant le parcours pour me ravitailler. Le bateau pilote m’indiquera la trajectoire et signalera ma position tout au long de ma traversée.
Nous partons du port en bateau pour nous rendre au lieu de départ. Il est impossible de me graisser sur le bateau tellement il fait froid avec la vitesse. Nous arriverons sur place en moins de 2mn. Alexandre va rapidement me graisser, puis c’est l’heure de « goûter » l’eau. A ce moment, j’ai une sensation de froid qui monte en moi, pourtant l’eau est à 18° et j’ai connu des températures beaucoup plus fraîches ! Mais je me jette à l’eau et là, surprise, je n’ai pas besoin de rejoindre le bord comme pour la Manche car il est interdit d’accoster. Le départ se fait directement dans l’eau à 7h20 avec presque une heure de retard…

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Le soleil commence à peine à se lever quand je rentre dans l’eau, mais la mer est noire. Mon bateau pilote commence à me montrer la direction. L’écart est assez important et m’évite d’avoir les gaz dans le nez. Après avoir parcouru 200m la température de l’eau change agréablement et passe à 20°. En cours de route, j’enlève un sac en plastique qui flotte, la visibilité est de 5m environ en profondeur et j’aperçois des crabes nageant à mi-hauteur. J’ai un bon rythme de nage et lors de mon premier ravito la mer est toujours calme. Au bout d’une heure, la mer va se lever et il va y avoir une légère ondulation sans gêne pour ma progression.

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Après 1h30, c’est mon deuxième ravitaillement, la brume se lève et je ne distingue plus les côtes. Je repars et fais confiance à mes accompagnateurs. Dans l’eau, c’est le néant, que de l’eau (normal), pas l’ombre d’une âme qui vive. Je nage de plus en plus rassuré, surtout qu’à mon ravitaillement des 1h50, j’apprends que j’ai fait plus de la moitié. Je me dis que c’est super, je peux finir en moins de 4 heures.

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Au bout de 2 heures, ma première rencontre : alors que je nageais rassuré, je vois, au fond de l’eau, que l’on m’observe. Je m’arrête et dit à Bernard je crois qu’il y a un requin. Devant mes signes de détresse, le bateau se rapproche et se tient contre moi on me dit à bord que ce n’est pas possible, il n’y a que des cétacés dans le détroit. J’observe la créature marine qui me regarde, puis elle passe son chemin sous moi à environ 3 mètres. La seule chose que je remarque c’est ça queue, elle n’est pas positionnée comme les dauphins mais bel et bien comme celle des requins. Pour moi c'est le portrait craché d'un requin Taupe. Je dis à Bernard de surveiller qu’il ne revienne pas par l’arrière. Il reste plus proche de moi avec le bateau. Je reprends ma nage peu rassuré en restant vigilant.

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Après avoir nagé 2h30 dans le détroit, je fais le point avec mon bateau, qui m’informe que j’ai dépassé le 2ème rail de navigation et les courants sont favorables. Il me reste 3,5 km à nager et je mettrais donc moins de 3h45. Je repars confiant.
Au bout de 3h20, je distingue la plage et me ravitaille, c’est normalement mon dernier ravitaillement. Les courants me paraissent moins favorables.

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20 minutes après, encore un ravitaillement et c’est sûr, c’est le dernier. Mais en nageant, je vois les côtes marocaines à droite mais le bateau se dirige vers l’Est. Je m’inquiète sur la direction et je reste sans réponse. Au même moment, sous moi, j’aperçois une ombre puis un grand mouvement : « qu’est ce que c’est ?». On m’informe qu’il y a une BALEINE dans l’eau. En fait, je n’ai vu que l’arrière de la baleine mais quelle émotion quand même ! Me voilà reparti mais pas tranquille...
Après 4h15, je m’aperçois que les côtes sont loin et qu’il me reste plus de temps que prévu à nager. A ce moment, je change de rythme de nage, mes épaules deviennent lourdes et mon moral est en baisse. Je suis agacé et énervé. Pourquoi m’emmènent-ils si loin ?

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Je n’aurai l’explication qu’à l’arrivée. Il ne pouvait pas y avoir de débarquement possible car il y avait un port en construction et à cause des travaux, il a fallu que je fasse un détour (un peu comme avec le tramway à Montpellier). Bref, suivez la déviation !
La température de l’eau chute de 2° et la couleur de l’eau devient blanche et il est impossible de voir à 1 mètre de profondeur. Mon moral est au plus bas. A l’arrivée, deux ouvriers marocains sont venus à notre rencontre pour m’encourager. Je saute le ravito des 5h et tout en nageant, je me dis « fini ces conneries ».

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Enfin, la plage de Punta Cires, et là, en voulant poser les pieds sur le sable, j’ai du mal à me mettre debout car il y a des vagues assez puissantes J’ai mis 5h11m pour traverser le Détroit.
Je retourne à la nage (comme si je n’en avais pas eu assez) pour rejoindre mon bateau, mais celui-ci, surpris par une vague, accélère pour éviter d’être retourné et passe sans me prendre. Il revient quelques minutes plus tard me chercher.
La satisfaction d’avoir terminé ne m’a gagné que plus tard car trop de facteurs m’avaient contrarié : le temps bien sûr, j’étais déçu de mettre 5h11 alors que j’étais parti pour moins de 4 heures et cette construction du port qui m’a détourné des côtes.

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Sur le bateau au retour, nous nous sommes fait arrêter par la police maritime marocaine pour (croyons-nous) un contrôle de passeport. Il demandait : « Il est où le nageur ?». En fait, ils voulaient un autographe ! ! !
Ce qui me réjouit aujourd’hui : je suis officiellement le premier français à avoir traverser le détroit de Gibraltar à la nage le dimanche 11 juillet 2004. Cathy a été la première française quelques jours plus tard. Merci encore à Bernard !

10/07/2004

Gibraltar 2004 - Presse Midi-Libre

Article paru dans le "Midi-libre" de Montpellier du mercredi 14 juillet 2004

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Article paru dans le "Midi-Libre" de Sète du mercredi 21 juillet 2004

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09/07/2004

Gibraltar 2004 - France Dimanche

Article paru dans l'hebdomadaire "France Dimanche" du 1er octobre 2004

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23/07/2002

La Manche : Présentation

 

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La Manche est un bras de mer entre l'Angleterre et la France. Elle relie l'océan atlantique à la mer du Nord. Son point le plus étroit se situe au niveau du Pas-de-Calais, entre Douvres et le Cap Gris-Nez. Sa distance est d'environ 33 km. La traversée de la Manche à la nage est le marathon aquatique le plus célèbre depuis la tentative réussie de Matthew Webb, le 25 août 1875.

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Pour rallier l’Angleterre à la France par la force des bras, il faut un effort physique équivalent à deux marathons à la nage de 25km d’affilés. La ville a même érigée des statues en hommage aux nageurs.

Les courants, les méduses, la navigation, la pollution, les conditions météorologiques et la froideur de l'eau lui font mériter son surnom de " l'Everest de la natation". En moyenne une tentative sur huit est couverte de succès.

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Pour qualifier au mieux ce qui nous attend, rien ne vaut l’article rédigé par Paul Hamelle, dans le Journal du « Miroir des Sports » datant du 17 août 1922. Cet article n’a pas pris une ride :

« La Manche ne s’attaque pas de front ; avec elle, il faut biaiser, zigzaguer, ruser : voilà la vérité dont tout aspirant aux « Channel Honours », doit se pénétrer, d’abord.

Cette petite Manche est une grande coquette, la Célimène des mers. A la regarder, certains jours, des hauteurs de Shakespeare Cliff « Si bleue, si calme » et si mince, il semblerait qu’on n’ait qu’à ouvrir les bras pour l’étreindre qu’à étendre la main pour toucher l’autre rive, toute claire à l’horizon ; qu’elle-même vous y portera dans un doux bercement. Ne vous y fiez pas : sa douceur est trompeuse ; sa gentillesse, un piège, « un piège qui s’azure » : instantanément, elle change et se courrouce et repousse l’audacieux qui crut à son sourire ; une brise a passé sur elle, un caprice. Oh ! Il n’est pas besoin qu’elle se fâche : un simple plissement de sa surface suffit : harcelé par la meute rieuse des vaguelettes qui lui battent le visage, lui entrent dans la bouche, l’aveuglent, l’affolent, l’intrus en a bien vite assez. D’autres fois, indifférente d’aspect, elle le balance de droite à gauche, de gauche à droite, selon le jeu de ses marées ; ou, tout soudain, elle lui dépêche un bon petit courant bien froid, qui glace ses muscles et son courage ; ou, plus traîtresse encore, elle reste jusqu’au bout calme, le laisse s’avancer, s’approcher, jouir mentalement de la victoire ; et puis, sans violence ni colère, irrésistiblement, par la force mystérieuse d’un autre de ces innombrables courants qui sont en elle et que nul ne sait qu’elle, elle l’écarte de la terre plus que promise, presque touchée. Cela, c’est le grand jeu dont elle n’use qu’avec les forts, « ceux à qui elle veut faire sentir cruellement sa virginale puissance ». 

Cette Manche tant convoitée, Cathy, Alexandra, François et moi-même allons tenter de la traverser en ce mois de juillet 2002.

 

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22/07/2002

La prise de contact avec la CSA

 

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En septembre 2001 nous prenons contact avec la Channel Swimming Association (CSA). Cela nous permet de recevoir le dossier d’inscription où toutes les formalités sont reprises afin de traverser la Manche en 2002. La CSA est une association habilitée à valider les traversées. Sur les conseils de Michael Read, lors de notre séjour en Grèce, nous nous inscrivons au dîner annuel de l’association en novembre 2001. C’est le moment idéal pour prendre contact avec les pilotes et réserver une période. Le plus réputé et donc le plus demandé est Reg. C’est un pêcheur qui connaît par cœur le chenal. C’est son lieu de travail. Nous voilà donc partis, Alexandra, François, mon épouse Fabienne et moi-même pour un week-end à Douvres. Cathy n’a pas pu venir avec nous, nous ferons toutes les démarches pour elle. Le repas a lieu dans un hôtel dont le nom est tout un symbole : « Webb’s hôtel » du nom du premier nageur à avoir traversé la Manche. Le samedi après-midi, nous prenons un bain, histoire de s’entraîner. L’eau est à 10°C. Le plus courageux d’entre nous est François, premier dans l’eau et toujours dernier à en sortir quand l’eau est froide. Une fois rentrés à l’hôtel, nous prenons un bon bain chaud, avant de nous retrouver dans une salle où tous les officiels, pilotes et membres de l’association prennent l’apéritif. C’est le moment de réserver notre bateau et son pilote. Michael nous présente Reg Brickell et Dave White.

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Une traversée s’effectue lors des faibles coefficients de marée correspondant à des quartiers de lune. Elle se fait dans le sens Angleterre – France. Les départs de France sont interdits par la législation Française depuis 1999. Chaque pilote de bateau prend 4 nageurs par période favorable de 6 jours en général. C’est pour ça qu’il faut réserver longtemps à l’avance pour être le premier de la période. Explication : le premier inscrit part le premier jour où les conditions sont bonnes. Si les 3 premiers jours le pilote estime que les conditions météorologiques ne permettent pas un départ, personne ne nage. Si le 4ème jour, les conditions sont bonnes, c’est le premier nageur de sa liste et non le 4ème qui part. De ce fait le 4ème nageur ne pourra pas nager dans cette période et il est obligé de renégocier avec le pilote un autre jour et de revenir dans une autre période favorable. Dans ces conditions, pour avoir le plus de chance de nager, nous nous séparons. Les filles prennent un pilote et les garçons un autre pour se trouver les deux premiers de la période. Les pilotes ont déjà été très sollicités et il ne nous reste plus que la période du 17 au 21 juillet. Nous réservons, Cathy en 1 et Alexandra en 2 avec le pilote Dave et François en 1 et moi en 2 avec le pilote Reg Brickell. Cela nous coûte à chacun 15000 Francs soit 2250 euros (1/3 à verser pour bloquer la réservation et le reste à régler le jour de la traversée). Ils pratiquent tous le même prix. Le contrat est rempli, nous avons nos pilotes.

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 Nous pouvons aller dîner sereinement et parler « Manche » avec les personnes de notre table pendant quasiment tout le repas. Le lendemain, nous repartons hyper motivés, notre préparation peut réellement commencer…

21/07/2002

Annonce de la Manche dans la presse télévisée

Reportage M6 Montpellier 12 avril 2002 - "L'homme du jour" : Jacques Tuset 

 

Reportage FR3 Languedoc-Roussillon, jeudi 18 juillet 2002 - Jacques Tuset avant la manche

Manche 2002 : le séjour

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L'hébergement

Pour attendre le grand jour, nous allons devoir patienter pendant une semaine sur le sol Anglais. Pour cela nous avons réservé des mobil homes à Capel le Ferne du 14 au 20 juillet 2002. L’hébergement s’appelle « Varne Ridge Holiday Park » et il est tenu par David et Evelyn. Ils sont des hôtes remarquables pour les nageurs qui désirent traverser la Manche.

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Ce lieu est devenu rapidement une base pour les nageurs du monde entier. Ils peuvent échanger des idées, apprendre les uns des autres. Evelyne et David sont en contact avec les pilotes de bateaux et les associations. Ils mettent à disposition différents moyens de communication pour permettre aux nageurs de rester en contact avec leur entourage. Mais surtout, ils apportent leur soutien durant la préparation et ce jusqu’au défi. Après, ils partagent les joies et apportent réconfort le cas échéant. A l’entrée de leur résidence, figure sur une pancarte la liste des nageurs qui ont résidé chez eux et réussi l’exploit. Ça donne vraiment envie d’y figurer.

Les mobil homes sont situés entre Douvres et Folkestone, au bord des falaises de Capel dans un endroit calme et tranquille. La vue panoramique y est spectaculaire et les jours de beaux temps, on distingue les côtes Françaises : It's beautiful!

C’est vrai qu’il semble que l’on ait plus qu’à tendre le bras pour toucher l’autre rive mais la réalité est toute autre. Les tankers qui croisent au large paraissent petits et on dirait qu’ils ont peine à avancer.

 

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L’attente

Les derniers jours sont terribles, il faut évacuer le stress et penser à autre chose. Les journées sont consacrées au tourisme, aux achats, au repos, à de courtes séances d’entraînement et d’étirements. Nos coachs, Cyril et Christophe nous accompagnent.

Le 15 juillet, nous effectuons quelques entraînements dans le port de Douvres, le moral de chacun est au beau fixe. L’eau est à 15°C. C’est l’occasion de discuter et nager avec d’autres prétendant à la Manche. L’après midi est consacré à des séances photos devant le monument aux nageurs. Le soir, Cyril et Christophe nous concoctent une séance d’étirements. Cyril et Christophe vont s’occuper de notre préparation terminale jusqu’au jour J de chacun : plus connu chez les nageurs sous le nom « d’affûtage ». Ils vont être nos anges gardiens pour la traversée et se partager la lourde tâche de nous ravitailler, de nous motiver et surtout veiller à notre sécurité.

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Le 16 juillet,  la séance d’entraînement se fait en piscine. Un petit mille mètres pour se dégourdir les épaules. Nous profitons d’être dans le centre de Douvres pour acheter une graisse locale qui nous protégera du froid lors de la traversée. François s’occupe de faire le mélange de lanoline et de vaseline en grande quantité pour tout le monde. Le soir, Duncan, le secrétaire du CSA nous rend visite et nous annonce la suite des événements. Le programme des jours à venir est le suivant : Cathy sera la première à partir le mercredi 17 à 4h du matin heure locale, suivront François et Alexandra le lendemain. S'il n'y a pas de changement brusque de la météo, je partirai vendredi matin à 7h (heure locale). Tous les quatre nous nous sentons très bien à ce moment là. La motivation est à son paroxysme.

 

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Cathy, Alexandra et François, les premiers à s’élancer…

Le 17 juillet, l'eau est à 15°C, la température de l'air est de 22°C. Le temps est dégagé et ensoleillé ! Cathy est la première à prendre le départ à 4h du matin (heure locale). Restés sur la terre ferme avec Alexandra et François, nous en profitons pour nous changer les idées et nous amuser sur les manèges de la fête foraine de Douvres. J’en profite également pour faire une dernière petite trempette, car la veille ce sera repos. Pendant ce temps Cathy nage et souffre de nausées pendant 4 heures (mer agitée). Elle traverse un banc de méduses et subit le froid de la 5ème à la 6ème heure. Son moral d'acier lui permet de passer outre les difficultés, encouragée par ses proches (son mari Bernard, son fils Alexandre, Christophe et Cyril) sur le bateau ravitailleur. Elle atteint la côte française près du Cap Gris-Nez dans l'après-midi après 13h de nage. Le soir à son retour, elle est accueillie à bras ouvert et félicitée. Nous allons la harceler de questions. Elle a ouvert la voie.

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Le 18 juillet, Cathy se repose et soigne ses coups de soleil ! Pendant ce temps, dans une eau toujours à 15°C, c'est au tour d'Alexandra et de  François de prendre le départ à 5h du matin (heure locale). Après 5 heures de course, hélas, le banc de méduses a raison d'Alexandra qui doit abandonner et être soignée rapidement. En effet elle fait une allergie à leurs piqûres. Elle passe d’abord se faire soigner avant de nous rejoindre. C’est vraiment une grosse déception, sans ces maudites bestioles, elle n’aurait certainement pas abandonné. Hélas une heure plus tard, François doit également stopper son effort après avoir souffert du froid aux jambes, de palpitations cardiaques et d'une faim qui le tenaillait au ventre malgré ses ravitaillements liquides. Mauvaise journée pour nous. De plus que j’apprends que les conditions météo de demain sont mauvaises et qu’il n’y a aucun départ de prévu.

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Le 19 juillet, la journée va être longue. Le pilote du bateau ravitailleur est formel : les conditions météorologiques sont trop dangereuses pour l'instant. La météo anglaise en a décidé ainsi : ma traversée est pour l'instant reportée de quelques jours... Je dois rester à terre dans l’attente d’une accalmie. Je me dois de signaler ici un petit détail qui a son importance, mon épouse est enceinte de 8 mois de notre premier enfant. Il ne reste que deux jours, si je ne pars pas, je ne traverserai pas la Manche cette année. De plus nous avons prévu tous de rentrer le 20 en France. Pour passer le temps, Christophe nous fait un super plan du bateau qui doit m’accompagner avec les emplacements de chacun. Il a accompagné François la veille sur ce même bateau et il a pris des repères. C’est super, il y croit encore. Le soir, nos hôtes organisent un barbecue, mais je n’ai pas trop le cœur à manger. Toute cette préparation pour rien et tout ça à cause du temps. Evelyn et David nous annoncent gentiment que nous pouvons rester un jour de plus et que cela ne pose pas de problème. Pour l’hébergement, nous sommes sauvés. Puis à 20h, un coup de fil de Reg. La nouvelle vient de tomber : « C’est OK pour demain », mais les conditions ne seront pas optimales. Il nous faut partir une heure plus tôt que l’heure initialement prévue pour éviter le mauvais temps qui s’annonce. Nous avons rendez-vous au port de Folkestone à 6h00 pour un départ à 7h30. Ce n’est pas grave, je vais pouvoir enfin tenter cette traversée. Je m’empresse de manger et pars me coucher au plus vite. Mes amis restent avec nos hôtes pour terminer la soirée. Le réveil est prévu à 4h du matin.

20/07/2002

Ma traversée de la Manche 2002 (33km)

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C’est le grand jour. Je n’ai pas beaucoup dormi. Le réveil n’a pas encore sonné que je suis déjà debout à vérifier tout mon matériel. Je prends mon petit déjeuner en compagnie de mes accompagnateurs. Le fait d’être accompagné par des amis de confiance et habitués à ce genre d’épreuve est très rassurant. « Ne te fais pas de souci, tout va bien se passer » me lancent comme à chaque fois très positives Alexandra et Cathy. Moi, c’est plutôt l’inverse. Une fois tous préparés, nous partons en voiture, direction le port de Folkestone.

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Le jour se lève et il ne fait pas très chaud. A 6 heures, une petite embarcation nous conduit jusqu’au bateau qui va m’accompagner : le « Viking Princess ». Nous retrouvons à bord, le pilote Reg Brickell, son assistant et l’observateur officiel du CSA K Peters. Pour m’accompagner, il y a sur le bateau, Cyril et Christophe comme entraîneurs, Alexandra et Cathy pour m’encourager et Alexandre pour les photos.

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Pendant le trajet qui nous amène au lieu de départ, je me prépare. Cyril et Christophe m’enduisent avec la graisse de couleur blanchâtre savamment préparée par François resté à quai car il n’y a plus de place sur le bateau. Tout mon corps en est recouvert à l’exception, bien sûr, des épaules et des bras. Je ne vais pas commettre aujourd’hui la même erreur que lors de mon premier marathon dans le lac Léman ! Il est 7 heures passé lorsque je me mets à l’eau pour rejoindre la petite plage de Shakespeare Beach située entre Folkestone et Douvres. Le départ ne peut se faire que de la terre ferme.

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Mon départ effectif a lieu à 7h15 (heure locale). La mer est relativement calme et la température de l’eau est de 15°C. D’après mes calculs, si je nage à environ 4 km/h de moyenne, je dois arriver sur le sol français en moins de 10 heures. Soit vers 17h, heure anglaise, juste pour le « cup of tea ». Après une heure de nage, Cyril me montre une ardoise avec inscrit 3,8 kilomètres de parcouru. Oups ! Je suis bien en dessous de ma vitesse habituelle. Je vois sur leurs visages qu’il y a quelque chose qui ne va pas. Effectivement ! Et je ne l’apprendrai qu’à l’arrivée. Le fait d’être parti plus tôt que l’heure prévue a fait que je me suis retrouvé avec un courant défavorable. Au bout d’une heure j’ai en réalité fait à peine 3 kilomètres. Sur le bateau, ils savent déjà que cela va durer plus longtemps que prévu. Mais comme ils sont d’excellents accompagnateurs, ils vont tout faire pour que je reste motivé : « Allez Jacques, c’est royal, change rien !» lance Cyril et Alexandra de rajouter : « Allez t’es bien là, continue ! ». Le rôle de l’accompagnateur est de toujours positiver la situation. C’est en ça que mes amis sont un point essentiel.

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Après 2h30 de course tout va bien, pas de méduses en vue. Le soleil a du mal à se montrer mais je n'ai pas froid. La mer est relativement calme malgré des petites vagues qui se sont levées depuis une demi-heure. Ma nage est régulière et j’effectue mes ravitaillements sans problème. Au dire de mes accompagnateurs « c’est parfait, tout est nickel ! ». Mais cela ne va pas durer longtemps. Après 5 heures de nage je suis enfin arrivé à mi-course. Des ferries qui font la navette Calais – Douvres provoquent de grosses vagues. J’ai un peu mal aux épaules mais le moral et la motivation sont toujours là. Quand soudain, je crois entendre de la part de Cyril et Alexandra : « Je vois une méduse ! ». Au même moment, je reçois comme une décharge électrique à l'épaule. Elle ne m’a pas raté et cela me brûle. Je me mets à nager très en hauteur tout en regardant au loin, comme si je voulais être sur l’eau et éviter de rentrer en contact avec elles. Cette façon de nager me fait dépenser de l’énergie, m’épuise et cela n’empêche pas de me refaire piquer. Il faut tenir, cela ne dure qu’un temps. Ensuite la douleur s’atténuera. Une fois le banc passé, mes accompagnateurs s’empressent de me le signaler à l’aide du tableau blanc qui nous sert à communiquer. Parler ou crier ne sert à rien lorsque l’on nage car il est difficile d’entendre dans l’eau. Cela obligerait à m’arrêter et à demander ce qu’ils ont dit.

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Cette information me soulage, mais j’accuse le contrecoup de ces piqûres. Je souffre de nausées et du froid, je suis en plus en phase de digestion des premiers ravitaillements. Je suis obligé d’en sauter quelques uns pour éviter de charger mon ventre. Je me rappelle que Cathy est passée par ces mêmes étapes et cela doit s’estomper avec le temps. Psychologiquement cela me rassure. Mais je n’ai pas encore tout vu. Au même moment, un contre-courant m'oblige à faire du sur place pendant 2 heures. Après 7 heures de nage, je vois toujours les ferries qui croisent près de moi et du mauvais côté par rapport à l’endroit où je dois me situer à cet instant de la traversée. Je ne distingue toujours pas les côtes françaises. Mes accompagnateurs m’encouragent, c’est maintenant qu’il ne faut pas craquer. Mentalement, je sais que je ne nagerai jamais en moins de 10 heures. A partir de maintenant, mon objectif est de tourner les bras jusqu’à la terre ferme. Tant pis pour le chrono. Mais la Manche décide de m’offrir tout ce qu’elle a de terrible. Le temps se gâte, un vent latéral se lève et il pleut.

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 Des creux de 2 mètres me ralentissent et me font lutter. Mon bateau escorteur est lui aussi malmené, mes accompagnateurs sont de l’autre côté et ravitaillent les poissons : « Mais qu’est ce qu’on fout là ?» se disent-ils, pourtant ils ne laissent rien paraître. Il est même question de me faire arrêter pour des raisons de sécurité. L’observateur du CSA consulte Cyril et Christophe pour savoir ce qu’il est décidé : « Tant qu’il nage, on continue ». Après 10 heures de nage, j’entend un grand coup de « corne » : un voilier passe à moins de 50 mètres de moi et Reg lui signale ma présence. Dans l’eau, je distingue à peine les côtes françaises. Le cap Gris Nez est sur ma droite et je lutte contre les courants de la marée montante. Je ne comprends pas bien la trajectoire sur laquelle le bateau me dirige, elle ne correspond en rien à celle de mes prédécesseurs. Au lieu de faire un S, je suis en train de réaliser un V à l’envers. Je ne connais pas les horaires de marée mais si tout va bien, dès qu’elle s'inverse, je dois toucher rapidement le territoire français. Comme si je n’en avais pas eu assez, voilà encore des méduses qui viennent me tenir compagnie, mais heureusement pour moi, celles là sont justes un peu urticants. Au bout de 11 heures, l’état de la mer s’améliore, je distingue au loin la petite ville de Wissant (plage française). Mes accompagnateurs m’encouragent et Cyril commence à se mettre en maillot pour m’accompagner sur la fin. Le bateau n’est pas autorisé à pénétrer dans la zone des 300 mètres. Ça fait un peu plus de 11h30 que je nage, quand Cyril plonge. Il vient auprès de moi et cela me rassure, je ne dois pas être très loin. Mais la plage où je dois arriver est toujours aussi loin. Christophe sur le bateau est inquiet et dit à Cathy : « Il y a du courant, c’est pour ça que l’on rallonge. On n’arrive pas à nager en ligne droite, on est décalé en plein vent, on reste à la même distance de la plage, c’est terrible !!! »

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Au ravitaillement les encouragements redoublent. Il ne faut pas craquer. Christophe me tend la perche avec une gourde remplie de Cola mélangé avec de l’aspirine : « Jacques, bois, bois, bois ! Prend un petit coup de fouet, allez bois, bois ! » De toute façon dans ma tête, je ne pense plus au chrono, mon objectif est de finir, même si je dois y passer encore quelques heures. La délivrance est là quand je passe à côté des bouées des 300 mètres délimitant la zone de baignade de la plage de Wissant. J’en ai presque fini, il faut nager encore quelques mètres dans cette mer « agitée à peu agitée » comme ils disent à la météo. Cyril nage auprès de moi tout en m’encourageant, il est encore plus excité que moi qui n’en peux plus.

La Manche a mis sur mon chemin tout ce qu’elle pouvait m’offrir lors de ces 33 kms, et après 12h40 de lutte contre les vagues, le vent, les marées, les méduses, les ferries, le mazout et le froid, je touche enfin le sol français. Il est presque 21 heures (heure locale), Cyril me prend dans ses bras et me félicite. Des passants intrigués me prennent en photo. Je suis autant fatigué que content d'avoir enfin réalisé mon rêve : TRAVERSER LA MANCHE A LA NAGE.

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L’objectif de battre le record français que je m’étais fixé avant le départ n'est pas atteint mais vu les conditions météorologiques que j’ai dû affronter en ce samedi 20 juillet, c'était de toute manière irréalisable. Tout ceux qui sont partis le même jour que moi ont abandonné. Cela me vaudra par la suite d’être récompensé comme le meilleur nageur ayant terminé dans les plus mauvaises conditions cette année là (Trophée Van Vooren). Pour réussir un tel défi, il faut compter 75% de mental et 25% de physique.

Le retour vers Folkestone s’effectue dans la calle du « Viking Princess ». Le trajet dure trois heures et nous allons être bien secoués par les mauvaises conditions météorologiques. Mes amis accompagnateurs me réconfortent et me félicitent tout en me racontant ce qu’ils ont vécu de leur côté. Ils ont été géniaux et je les remercie de m’avoir soutenu tout au long de la traversée. Ils ont été de vrais pros : Cathy Marco, Alexandra Guigonis, Cyril Chauvel, Christophe Coutanceau, Alexandre Marco. Mais également le pilote de bateau Reg et son assistant.

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J’ai dormi deux heures cette nuit là car le dimanche matin nous avons tous pris le ferry qui va à Calais. La semaine qui suit, je vais me reposer et faire des nuits de 14 heures !

Un mois plus tard, un autre grand bonheur arriva, notre fils William était né.

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La Manche 2002 – le rapport officiel

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Rapport de l’observateur officiel du CSA : K Peters.
LE SAMEDI 20 JUILLET 2002

6h00 : Je rejoins le « Viking Princess » pour retrouver le pilote Reg Brickell et le nageur Jacques Tuset.

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7h15 : heure de départ, vitesse de Jacques (approximative) 2.8 km/h pour 70 passages de bras / minute.

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8h20 : Jacques nage très bien et vient de dépasser Mary Mayne à 1.8 miles du sud du port de Douvres
8h43 : Les gardes cotes de Douvres nous ont appelé et donné notre distance et notre position de la cote, c’était 153° 2.1m
9h45 : nous pénétrons juste dans la ligne NW des navires, Jacques nage toujours très bien 70 mvt/mn. Peu de monde sur la ligne

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9h48 : Les gardes côtes ont encore appelé : position et distance de 018° 3.3m de Douvres
10h05 : Dans la ligne SW un petit caboteur est passé à l’arrière, à environ 100 yards (« Aurum Trader »). Pas mal d’algues à la surface.
10h20 : Un hover speed nous a dépassé cinq minutes plus tôt, on commence à avoir la houle de son sillage.
10h40 : entre les lignes SW et NE, un gros tronc d’arbre, Jacques va toujours fort : 70mvt/mn.
11h05 : Le seafrance « Rodin » nous est passé 100 yard à bâbord, nous avons eu un peu de houle de son sillage.

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12h20 : La mer forcit, le vent est de force 2, il y a environ 1 mètre de houle.
12h30 : nous entrons juste dans la zone de séparation, le P&O Stena Provence nous a passé coté tribord.

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13h03 : Depuis ¼ mile il a commencé à pleuvoir et la température a chuté un peu. L’état de la mer est toujours houleux juste à la sortie de la zone de séparation.
13h20 : Jacques avance toujours bien mais il est descendu à 66 mvt/mn.
14h30 : L’état de la mer s’améliore légèrement, il a cessé de pleuvoir et le soleil est sorti.
14h55 : à 7 mile de la côte française, l’état de la mer a forci à force 3. Jacques nage toujours bien.
15h15 : le « Pride of Kent »nous a passé à bâbord il y a un mile.
16h20 : 6.5 mile du Cap Grinez, mer modérée, Jacques va bien

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17h20 : 4.5 mile du Cap Grinez, mer modérée, vent SW 3-4, Jacques nage bien en dépit de la houle qui forcit
17h56 : 3 mile du cap Grinez, un yacht français passe à tribord. Le pilote Reg a dû sonner la corne pour attirer leur attention, ils étaient seulement à 50 yards. Etat de la mer mauvaise, 1.5 à 2 m de houle avec un vent 3-4 SW

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18h25 : Jacques se débrouille toujours bien malgré les mauvaises conditions
19h05 : 1.5 mile du Cap Grinez, Jacques va bien, il fatigue un peu. L’état de la mer s’améliore légèrement de SW

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19h55 : Jacques termine avec succès sa traversée à Wissant. Le temps de Jacques pour avoir traversé la Manche est de 12h40mn

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19/07/2002

La Manche 2002 - récompenses

Les récompenses après un tel effort :

Un diplôme

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Mon nom sur la plaque du trophée Van Vooren récompensant le nageurs ayant terminé dans les plus mauvaises conditions de l'année.

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Ce trophée est exposé dans le musée de Douvres.

Ma plus belle récompense : la naissance de mon fils un mois plus tard.

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18/07/2002

La Manche - la presse (1)

Article paru dans le magazine "Toute la Natation" n°37 d'octobre - novembre 2002

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Article paru dans la revue "Natation magazine" n°49/50 de 2002

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17/07/2002

La Manche - presse (2)

article paru dans le magazine SNCF "Région à la Une" de septembre - octobre 2002

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Article paru dans "L'Hérault du jour" du dimanche 18 août 2002

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15/07/2002

L’après Manche

 Après la traversée, sur proposition de Michael, je suis devenu représentant pour la France de la Channel Swimming association. Aujourd’hui, les nageurs français qui désirent traverser la Manche, peuvent me demander des renseignements. Je reçois de nombreux emails et parmi eux en voici deux des moins banals.

 

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Pour le cinéma

Un jour de janvier 2007, un scénariste me contacte car il travaille sur un projet de film où la traversée de la Manche à la nage joue un rôle central. Mon expérience l'intéresse particulièrement et il a beaucoup de questions à me poser. L’idée est de faire un film sur les personnes qui, fuyant leur pays d'origine pour rejoindre l'Angleterre, se retrouvent en attente à Calais. Parmi eux, un jeune kurde se prend d’amitié avec un maître nageur afin qu’il lui apprenne à nager. Le but final étant de traverser la Manche sans assistance. L’objet de sa question est de savoir si partir seul pour traverser la manche peut être réalisable. Je lui dis que traverser sans assistance est du domaine du suicide. Il est impossible de se repérer et les courants peuvent l’emmener loin de sa destination finale. Certes, il faut être préparé, entraîné mais être obligatoirement accompagné. Si le héros termine sa traversée, demain ce sont des dizaines de personnes qui vont se jeter à l’eau sans assistance pour tenter l’impossible. Deux ans plus tard, le film « Welcome » de J.P. Lioret sort sur les écrans. La trame de l’histoire : "Pour impressionner et reconquérir sa femme, Simon, maître nageur à la piscine de Calais, prend le risque d'aider en secret un jeune réfugié kurde qui veut traverser la Manche à la nage ». Lors de la projection en avant première, j’ai été surpris de retrouver mots pour mots dans la bouche de Vincent Lindon le discours que j’avais tenu au scénariste sur les risques d’une telle traversée. Le réalisateur que je suis allé saluer et féliciter à la fin du film, m’a d’ailleurs chaleureusement remercié pour mes conseils. J’avoue avoir été très flatté à cet instant ! En tout cas ce film est aujourd’hui dans ma DVDthéque perso.

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Le défi de Philippe

Philippe Croizon, amputé des deux bras et des deux jambes à la suite d’un accident domestique, me contacte l’été 2008 pour me faire part de son défi : traverser la Manche à la nage muni d’une combinaison et de 2 prothèses aux jambes prolongées de palmes. Il part de zéro : non nageur, fumeur et plutôt sédentaire, le pari est des plus audacieux. Sans trop vouloir le décourager, je lui annonce que pour y parvenir la route risque d’être longue et qu’il faut beaucoup de motivation et de contraintes pour y parvenir. Que de chemin parcouru depuis ce coup de téléphone ! Il n’a cessé de se préparer et se motiver. Il s’est fait fabriquer des prothèses, il a su s’entourer de personnes motivées pour le suivre comme sa famille, Suzana sa compagne, Valérie son entraîneur et son principal mécène, la ville de Châtellerault. Et surtout pendant ces deux ans, il n’a cessé de nager en mer et en lac… En avril 2010, il est venu me rendre visite à la recherche de conseils pour peaufiner sa préparation. Nous avons effectué quelques entraînements et corrigé quelques imperfections. Je lui propose de l’accompagner et le suivre dans sa tentative. C’est avec grand plaisir qu’il accepte de m’avoir à ses côtés. Je pourrais ainsi être sur le bateau pour veiller sur lui, prêt à tout moment à me mettre à l’eau pour l’aider et le soutenir dans sa tache. L’objectif est de le faire parvenir à réaliser son rêve, un rêve fou mais un rêve dont il a besoin pour avancer encore et encore…

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 La suite de cette aventure sur mon blog dans la catégorie « Vos aventures nous intéressent » : Grandiose!!!

01/07/2002

Le défi Monté-Cristo dans la presse

2002 : 

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2001 : 

 

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2000 :

 

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08/06/2002

France 25km 2002

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07/06/2002

Aiguebelette : championnat France 25km 2002

 En juin 2002, le championnat de France des 25km est programmé dans le lac d’Aiguebelette, en Savoie. Il a lieu juste un mois et demi avant notre défi et va nous permettre de nous jauger. Cathy, Alexandra et moi-même y sommes inscrits. François, malheureusement est pris par des obligations professionnelles. Nager en lac n’a rien à voir avec ce qui nous attend en Grande-Bretagne. Mais ce n’est pas grave, il nous faut nager et faire des kilomètres quel que soit le lieu. canard.jpgC’est sûr, il n’y a pas de courant, pas de vagues et pas de méduses… Pas de méduses, d’accord, mais il y a la « dermatite cercarienne ». Qu’est ce que c’est que cette bébête ? Petit rappel : plus communément appelé chez les nageurs la « puce de canards ». Ce parasite microscopique s’attrape dans certains de nos lacs lors de traversées en eau peu profonde et herbeuse, et provoque une réaction cutanée. Semblable à une piqûre de moustique, la gêne s’intensifie au cours de la nuit mais régresse au bout de quatre à cinq jours. Pour éviter que ces parasites ne pénètrent dans la peau, le nageur doit à la sortie de l’eau se frotter à l’aide d’une serviette. Dès l’apparition des premiers signes, il faut apposer de la glace afin de soulager l’irritation puis consulter un médecin ou un pharmacien afin qu’il prescrive une crème apaisante. Ouf ! C’est moins galère qu’une méduse ou tout autre animal marin.

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Cette année, la commission nationale d’eau libre a laquelle je participe a décidé de jouer la carte du regroupement. Toutes les épreuves d’eau libre (5, 10 et 25km) ont lieu sur le même site tout en respectant l’ordre précis des championnats d’Europe. Tous les spécialistes de la discipline sont présents le 6 juin 2002. Les championnats de France débutent donc par le 25km dames. Sur cette épreuve, je vais « coacher » Cathy même si je nage le lendemain. Cette première course est marquée par des conditions météorologiques très difficiles : le froid  avec une eau à 18°C et la pluie qui viendra perturber la fin de l’épreuve. Alors que cinq filles ont déjà franchi la ligne d’arrivée, sur le plan d’eau il reste encore Alexandra et Cathy. Elles ont encore à effectuer un kilomètre pour Alexandra et 2 kilomètres pour Cathy avant de terminer.

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A cet instant, nous allons prendre une saucée phénoménale. Dans le bateau, on commence à écoper, je suis trempé et complètement frigorifié. Ce n‘est pas vraiment génial avant le 25 kilomètres garçons de demain. Les éclairs et le tonnerre font leur apparition. La foudre tombe à une cinquantaine de mètres d’Alexandra. Les conditions sont telles qu’elles vont devoir être stoppées par mesures de sécurité ! Je veux faire monter Cathy, mais elle ne veut pas s’arrêter. Je la comprends, mouillé pour mouillé, elle ne craint rien, mais il y a les éclairs. A contre cœur, elle grimpe malgré tout dans le bateau. Nous filons à toute vitesse nous mettre au sec. C’est en étant du côté des coachs que je réalise la part d’abnégation dont font preuves nos accompagnateurs pour que nous puissions réaliser notre passion. Franchement, je leurs dis chapeau et merci ! Le soir, je suis épuisé et j’ai tellement mal à la tête que je ne me fais pas prier pour aller au lit.

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Après les pluies diluviennes de la nuit, le lac a complètement changé d’aspect. Par endroit, l’eau est marron et aux embouchures des ruisseaux des troncs d’arbres flottent à la surface. Le parcours de la veille ne subit que quelques modifications mais la température de l’eau a chuté d’un bon degré. Nous sommes douze courageux biens graissés à nous lancer à l’assaut de ce 25 km dans une eau à 17°C. Chacun avec des ambitions différentes, certains sont là pour une qualification aux championnats d’Europe, d’autres pour terminer tout simplement. Mon objectif est de terminer sans y laisser de « plumes ».

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Pour cela, il y a Cyril, ancien nageur de marathon qui est là pour me « coacher » et éviter que je me mette dans le « rouge ». Comme on peut s’y attendre, dès le départ, les internationaux français prennent la tête et mènent l’allure. Derrière, le groupe de nageurs s’étire créant de grands écarts. Je nage tranquillement, je n’ai aucune sensation de fraîcheur. Mon accoutumance hivernale à l’eau froide est efficace. Au bout d’une heure trente, j’apprends par Cyril, que trois nageurs transis de froid abandonnent, parmi eux un des prétendants au titre. Cette course est idéale pour les nageurs qui supportent l’eau froide. Les nageurs de piscine ne sont pas à leur avantage. Sur le bateau, Cyril m’informe que je suis en 6ème position. Je suis au même rang que l’an passé. Le nageur qui me suit est à 500 mètres. Aux environs du dixième kilomètre, l’eau fraîche a raison de trois nouveaux nageurs. Le nombre des abandons est porté à 6. Cyril me fait de grands signes, les pouces vers le haut, je suis 3ème Français pour l’instant, incroyable !!!

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 Il ne faut pas abandonner, ni se faire doubler. Il reste encore une douzaine de kilomètres. Malgré les positions bien établies, je vais avoir tendance à m’emballer pour éviter de me faire rattraper. Heureusement que Cyril est là et veille à ce petit détail. Souvent, il me fait signe de ralentir. Mais rien n’y fait, c’est l’euphorie ! Et ce qui devait arriver, arriva. Je vais me fatiguer inutilement et les 5 derniers kilomètres vont paraître une éternité. C’est avec peine que je termine ce championnat de France, mais je suis ravi car je monte finalement sur la troisième marche du podium…

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