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26/05/2006

Dover Solo (livre)

medium_dscf1481.jpgDover Solo (Swimming the English Channel) : Marcia Cleveland


C’est le récit d’une nageuse ayant traversé la Manche en 1993. Dans ce livre, elle raconte toute sa préparation ainsi que sa traversée. C’est le livre idéal pour toute personne désirant s’aventurer dans La Manche. Il fût mon livre de chevet en 2002.

22/05/2006

Open Water Swimming (livre)

medium_dscf1486.jpgOpen water swimming : Penny Lee Dean

C’est un livre incontournable et complet pour tous les nageurs en eau libre, les triathlètes et leurs entraîneurs. Il a été écrit par une grande championne américaine qui a détenu pendant plusieurs années le record de la traversée de la Manche. Elle est également entraîneur de l’équipe nationale américaine d’eau libre. Dans ce livre sont traitées les techniques spécifiques liées à la natation en milieu naturel ainsi qu’une programmation d’entraînement selon les distances envisagées.

05/05/2006

Rescue 2006 masters en Australie

Il s’agit des championnats du monde de sauvetage. Il y a trois types de compétitions avec des épreuves en piscine et en mer : Masters, Nations et Interclubs. L’Australie, pour les passionnés de sauvetage, c’est un peu la « Mecque » de ce sport. Avec Sébastien et Ronan d’Aqualove, nous décidons d’être du voyage. C’est dans la catégorie « Masters » (plus de 30 ans) que je vais participer, aussi bien en piscine qu’en mer. Il s’agit de la catégorie des vétérans, rebaptisée en français : «les Maîtres ». La catégorie dans laquelle on nage dépend de notre année de naissance. 

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Après un long trajet de 24 heures et une escale à Singapour, nous voilà arrivés à Melbourne. Pas le temps de faire les touristes, nous embarquons dans la navette qui nous conduit à Geelong, lieu où se déroulent les épreuves de piscine. A peine installé dans mon hôtel, il faut que je me rende au complexe sportif pour assister au briefing et confirmer ma participation aux différentes épreuves. Je débute très tôt le lendemain sur l’épreuve du 200 mètres obstacle. Cette épreuve simule le passage d'obstacles par le sauveteur lors de la recherche d'une personne en détresse en un minimum de temps. Sur un bassin de 50 mètres il y a deux obstacles de 70cm de profondeur placés à 12m50 de part et d’autre du bord. Après le pointage de la veille, nous ne sommes plus que huit nageurs, tous vêtus d’une combi de natation, à prendre le départ dans ma catégorie.

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Eh oui ! J’ai décidé de mettre pour une fois cette fameuse combi qui permet une meilleure glisse et d’avoir un meilleur gainage. Avant nous étions obligés de nous raser pour obtenir cette sensation. Il paraît que l’on gagne pas mal de secondes et comme il s’agit d’un championnat du monde, j’ai décidé de mettre toutes les chances de mon côté. Au bout de 50 mètres je suis dans le groupe qui vire en tête. A mi parcours, je suis en seconde position. C’est génial, si je ne craque pas, je serais sur le podium d’un championnat du monde, même s’il n’est que « master ». Dans la troisième longueur le nageur de tête commence à faiblir et au 150 mètres nous virons ensemble. Dans la dernière longueur, je vais donner toute l’énergie qu’il me reste, malgré la fatigue du voyage.

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Oh, joie ! A l’arrivée je termine premier. Je mets moins de cinq seconde par rapport à mon dernier temps sur la même épreuve et je suis même à une seconde du record du monde dans ma catégorie. C’est quand même incroyable l’effet de ces combinaisons ! L’instant est magique et je savoure ma première place en montant sur le podium.

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Le lendemain, je participe à ma 2ème épreuve en piscine : le 100m mannequin-palmes. Cette épreuve permet au sauveteur d'agir plus vite lors de la recherche de la personne en détresse grâce à un équipement supplémentaire : des palmes de 65cm sur 30cm maxi. Le sauveteur doit effectuer 50m en nage libre avec ses palmes puis plonger vers le mannequin placé entre 1m80 et 3m de profondeur, le remonter et le remorquer sur 50m. Nager vite avec les palmes n’est pas mon fort, je suis plutôt habitué à nager avec, mais sur de longue distance. Je prends le départ de cette épreuve sans trop d’espoir pour terminer, suite à quelques disqualifications, à une incroyable 3ème place !

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Entre les épreuves de piscine et celles de côtier, je vais en profiter pour visiter les alentours. Au programme, une balade à Melbourne avec mes amis d’Aqualove et une journée en mer à la rencontre de la faune marine. 

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Les championnats du monde master ne sont pas terminés pour autant. Il reste encore les épreuves de côtier et je peux peut être renouveler ma performance réalisée en piscine. Mais là, c’est une autre paire de manche. Les Australiens sont beaucoup plus nombreux. Le côtier c’est leur domaine. D’autant plus que l’épreuve de nage qui fait 300 mètres ressemble plus à un course - nage - course. En effet, la marée basse nous oblige à courir pratiquement pendant 100 mètres avant de pouvoir réellement nager. 

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La distance de nage se retrouvant de ce fait réduite. A ce petit jeu, où la course à pied n’est vraiment pas mon fort, les autres compétiteurs atteignent les vagues bien avant moi. C’est là où l’on s’aperçoit que ce sport est complet et ne faire que nager ne suffit pas, il faut s’entraîner aussi en course à pied. Maintenant, il ne me reste plus qu’à faire un effort considérable pour remonter mes prédécesseurs. Mais je n’en ai pas beaucoup le temps, il faut déjà se remettre à courir dans trente centimètres d’eau pour rejoindre la plage et la ligne d’arrivée. Je termine un peu déçu à la 5ème place. Dans le camp français on y croyait, mais les australiens sont meilleurs. 

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La soirée se termine comme dans une célèbre bande dessinée, tous autour d’un barbecue organisé par le club d’Hossegor. Autour du feu, il y des australiens, des canadiens, des belges et les français des clubs de Biarritz, Hossegor, Aqualove, Fronton, Bègles et Sète. Super ambiance ! Au menu, bières australiennes, grillades de Kangourou et frites.

 

La revue de presse de ces championnats du monde

03/05/2006

Journée en mer dans la baie de Port Philip en Australie

Au cours des championnats du monde de sauvetage près de Melbourne en Australie, entre les épreuves de piscine et celles de côtier nous en profitons, avec les sauveteurs d’Aqualove et de Sète, pour nous éclipser et nous rendre à Queenscliff, un tout petit « village » à 20 minutes de Geelong d’où partent des excursions en mer.

Lorsque nous arrivons à la station balnéaire appréciée pour ses brises marines, son port de plaisance et ses grands hôtels, il n’y a personne au rendez-vous. Il faut dire que le temps ne s’y prête pas, il pleuviote. Nous nous retrouvons face à des bateaux et sur l’un d’entre eux une pancarte avec un nom et un numéro de téléphone. Nous avons de la chance de pouvoir les joindre et 15 minutes plus tard un homme d’un certain âge arrive et nous explique que nous pourrons débuter notre croisière dès que son associé nous aura rejoints. Enfin à bord de notre superbe bateau, nous allons effectuer la visite de la baie de port Philip avant d’enchaîner pour une matinée de bonheur.

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Notre pilote nous fait remplir un questionnaire, pour savoir si nous sommes capables de nager au moins 25 mètres, ou encore si nous avons déjà pratiqué du « snorkeling » (nage avec masque et tuba). Une fois cette assurance obtenue, nous nous dirigeons vers notre première destination : une plateforme remplie de « phoques ». Lorsque nous nous approchons de la plateforme, le beau temps nous rejoint et nous commençons à nous équiper. Nous enfilons une combinaison et des palmes. Pendant ce temps, l’associé du pilote nous donne les dernières recommandations : ne pas s’approcher trop prés de la plateforme, ne pas essayer de caresser les phoques et éviter les gestes brusques sous peine de se faire « attraper et mordre ». Plus nous nous approchons de la plateforme et plus une odeur nauséabonde nous écœure, un mélange de poissons pourris et de viande séchée au soleil. Mais c’est bon signe, cela veut dire qu’ils sont bien là. Une trentaine de phoques se pavanent au soleil avec leurs petits tandis que d’autres nagent gracieusement dans l’eau. Nous nous approchons à une dizaine de mètres de la plateforme et nous nous jetons à l’eau.

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Une fois plongés dans l’eau bleue claire et transparente, armés de nos masques, tubas et appareil photos aquatiques, nous contemplons ces créatures qui s’approchent de nous méfiants et en même tant très curieux. Les plus jeunes se mettent à l'eau et nous montrent leurs prouesses ! Nous assistons à un balai aquatique dans lequel nous sommes également acteurs. Nous n'avons pas leur agilité mais nous faisons de notre mieux pour mimer leurs gestes et ainsi prolonger le contact. C’est incroyable la facilité et la précision qu’ils ont à nager dans l’eau alors qu’ils sont aussi « lourds » sur terre. Nous sommes sous le charme de cette rencontre et le temps passe trop rapidement à notre goût mais la matinée n’est pas finie. Il nous faut retourner sur le bateau. Avant de monter, l’accompagnateur nous demande de rester dans l’eau et de nous accrocher à l’arrière du bateau. Le pilote du bateau mais les moteurs à fond, et nous voilà, à nous tenir à la force des bras….c’est rigolo et la sensation fort agréable. A si je pouvais nager aussi vite !!!

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Après nous être tous remis de nos émotions, nous remontons sur le bateau, où nous attends une petite collation préparés par nos hôtes : petits gâteaux, fruits frais, chocolats, thé, café….

Nous faisons route vers notre deuxième destination : les dauphins. N’étant pas élevé en captivité, rejoindre les dauphins est chose difficile. C’est au « petit bonheur la chance ».

Nos accompagnateurs se munissent de jumelles et commencent à scruter l’horizon. Soudain, nous apercevons un aileron puis deux et enfin trois. La joie est à son comble, tous munis de nos appareils photos, nous essayons tant bien que mal de les photographier. Un dauphin nage devant la proue du bateau, c’est magique… Notre pilote et son coéquipier nous demandent de plonger dans l’eau et de regarder.  074.JPG

Ils sont à quelques mètres de nous, quelques centimètres, on peut presque les toucher. Mais ils sont encore avant tout sauvages et évoluent dans leur milieu naturel, en deux coups de queue, ils sont déjà loin. Cela reste malgré tout un moment fantastique, même si il est vrai que nous aurions aimé les toucher et jouer avec eux. C’est déjà très bien de les avoir aperçus d’aussi près mais comparé à l’instant magique que j’ai vécu lors de mon séjour à Hawaii, je reste un peu sur ma fin…

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Enfin pour terminer nous allons découvrir les fonds marins et les poissons. Nous nous dirigeons alors vers le site où se rejoignent la baie de Port Phillip et l’Océan. Il y a beaucoup de courants et de vagues, il parait que c’est le paradis des surfeurs. Notre plongée s’effectue au milieu d’algues géantes où nous apercevons de temps à autre quelques espèces différentes de poissons. C’est une expérience merveilleuse dans un endroit merveilleux. Nous en profitons pour faire quelques plongeons du bateau et nager un petit peu. On ne sait jamais, quelques dauphins pourraient peut être nous rejoindre… La promenade touche à sa fin et nous rentrons au port avec des rêves et des souvenirs plein la tête.

Catalina Channel, un raid à vite oublier…

La Catalina Channel est la version américaine de la traversée de la Manche. Elle se nage entre l’île de Santa Catalina et Los Angeles en Californie, États-Unis. La distance la plus courte est de 33,7 K (21 milles) de la plage dite de Doctor's Cove sur l’île de Santa Catalina à la péninsule de San Pedro.

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Au niveau des difficultés rencontrées, la Catalina Channel est comparable en tout point avec la traversée de la Manche : eau froide (surtout près des côtes), de forts courants, des vents violents… mais également la possibilité de croiser une vie marine agressive (migration de baleines, grands troupeaux de dauphins et possibilité de présence de requins…)

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La première réussite de la traversée a eu lieu en 1927. Un riche homme d’affaire américain, William Wrigley Junior, grand producteur de chewing-gum et propriétaire de l’île, séduit par l’exploit de la nageuse américaine Gertrude Ederlé dans la traversée de la Manche en 1926, décide d’organiser une traversée afin de promouvoir son île. Une récompense de 25000$ est proposée au vainqueur. Le Canadien George Young remporte le « Wrigley océan Marathon » à la nage en 15 heures 44 minutes. Depuis ce jour, 199 nageurs ont réussi cette traversée.

Elle fait parti des 7 plus grands raids de natation en eau libre dans le monde (Ocean’s Seven).

Samedi 7 juillet, Cathy et moi avons rendez-vous à 20h15 à la Marina de San Pedro (USA) pour retrouver tous ceux qui vont nous accompagner et nous assister lors de notre tentative de traversée du détroit de Catalina au large de Los Angeles.

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Lorsque nous embarquons sur nos bateaux respectifs, l’ambiance est plutôt au beau fixe et nous en profitons pour faire quelques photos-souvenir. A bord de mon bateau accompagnateur, il y a Fabienne mon épouse pour me ravitailler, Beth et Paul pour me suivre en kayak, Natalie et Mickael comme observateurs de l’association qui valide la traversée puis John le capitaine et ses 3 assistants pour piloter le bateau.

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Nous quittons la Marina sur le coup des 21h et traversons à vitesse réduite le port de San Pedro. Le bateau de Cathy est déjà parti depuis une bonne demi-heure. Natalie me lit le règlement de la traversée et les principes de sécurité à respecter. En chemin, sur des bouées ancrées, se reposent des phoques qui laissent penser que l’eau va être froide comme nous l’avions constaté la veille lors de notre dernière séance d’entraînement.

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Sur la plage, le thermomètre affichait selon les endroits entre 10 et 14°C. Lorsque nous atteignons le phare signalant la sortie du port, le bateau augmente sa vitesse et nous commençons à être secoués de tous côtés. La mer annoncée calme affiche en fait des creux de plus d’un mètre. La plupart des gens sur le bateau sont partis se reposer car la nuit s’annonce longue. Mon épouse, quant à elle, souffre déjà du mal de mer et commence à ravitailler…les poissons.

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Après 2h30 de traversée éprouvante (vous avez déjà passé 2h dans un tambour de machine ?) nous arrivons à proximité d’une toute petite plage très peu visible pour cause d'obscurité totale. Le bateau de Cathy est déjà en place, Bernard son mari commence à la graisser et Hervé, leur ami de longue date, est déjà dans l’eau sur un kayak. Sur mon bateau on sent déjà de la démotivation. Beth qui doit m’accompagner en Kayak ne se sent pas d’attaque pour me suivre avec ces conditions de vagues. Fabienne ne se sent plus capable de me ravitailler. Les observateurs ne sont pas chauds non plus car déjà pris par le mal de mer. Le pilote m’informe que normalement on part de nuit car les conditions sont bonnes mais là ce n’est pas le cas. Il y a des vagues d’un mètre environ mais cela ne devrait pas empirer. Seul problème c’est que si nous ne partons pas cette nuit, nous ne le feront jamais car pour les jours suivants, les courants ne sont plus favorables. Au moment où nous devons prendre une décision (qui tend vers l'annulation de la course) et à la surprise générale de mon équipage, Cathy s’élance de son bateau et débute sa traversée. La donne a changé et maintenant plus personne ne s’oppose à me faire prendre le départ de ce raid pour lequel je me prépare depuis des mois.

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C’est l’ami de Beth qui m’accompagnera en kayak pendant la nuit, les vagues ne le dérangent pas mais on ne sent pas une très grande motivation de sa part. Beth quant à elle, se propose gentiment de me ravitailler à la place de Fabienne blanche comme un cachet d’aspirine et vidée de toutes ses tripes. Habituellement, on m’aide pour me graisser, mais là il faut que je me débrouille tout seul. Je ne peux pas faire impasse sur la graisse, vu la température de l’eau constatée les jours précédents. Muni de mes gants chirurgicaux pour éviter de mettre de la graisse sur les mains et ballotté au gré des vagues, je me contorsionne dans tous les sens afin de pouvoir me l’appliquer de partout en évitant d’en mettre sur les épaules.

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Après avoir accroché une lumière clignotante et un stick lumineux à mon maillot, je me jette à l’eau une trentaine de minutes après Cathy et rejoins la plage de départ au milieu des innombrables algues qui m’enlève une partie de la graisse. Mais l’eau à ma grande surprise est à 20°C !!! Là dans ma tête je me dis : « à 14°C, c’est une température idéale pour les phoques, mais à 20°C, c’est une température idéale pour…les requins ! » Surtout qu’il paraît que non loin de là, à Santa Barbara, rôdent des requins blancs qui aiment cette température. Les mêmes que dans « Les dents de la mer »... :-(  Dans ces cas là, on se dit que généralement, le requin n’attaque pas l’homme et que le kayak et les gens sur le bateau sont là pour veiller… Enfin je m’élance à 00h09 depuis la petite plage caillouteuse qui symbolise le départ. Après deux pas dans l’eau, je m’écroule dans 20 cm d’eau seulement  après avoir trébuché sur une grosse pierre. Ça commence bien !!! Heureusement, pas de dégâts. J’attaque mes premiers mouvements de bras la tête hors de l’eau pour nager au dessus des algues, les projecteurs du bateau en pleine figure. Après une cinquantaine de mètres, je rejoins mon Kayak et le bateau pour commencer mon raid nocturne. Dans l’eau, c’est le noir total, mes bras font des petites bulles vertes éclairées par la lumière de mon stick lumineux. Sur ma droite, le kayak éclairé par 3 sticks, rame paisiblement. Sur ma gauche, le bateau me casse les vagues mais m’envoie ses odeurs de fuel. Un bon coup d’éclairage de lampe torche m’annonce que je suis trop près du bateau et qu’il faut que je m’écarte. En plus cela m’évitera d’avoir les odeurs. Après 30’, c’est l’heure de mon premier ravitaillement, j’ai un peu de mal à l’absorber car un peu nauséeux suites aux gaz du bateau. Les ravitaillements suivants (du liquide  énergétique toutes les demi-heures), auront du mal à passer. Sur le bateau, il n’y a que Beth et les pilotes qui sont opérationnels, les autres sont allés se coucher ou vomir. Dans l’eau je distingue des formes gélatineuses et dès la première heure je commence à être piqué sur les bras et les épaules. La douleur n’est pas très forte, mais désagréable. Elle s’atténue au bout de quelques minutes. Devant moi, j’aperçois que je me rapproche du bateau de Cathy. La motivation me revient en me disant que lorsque je serai à côté d’elle, comme la température de l’eau est bonne, je nagerai à sa vitesse pour faire le chemin ensemble jusqu’au levé du soleil. Cela me permettra d’avoir son bateau, son kayak et Bernard pour nous encourager et assurer une plus grande sécurité. Au bout de 2h30 de nage, je distingue son bateau à une centaine de mètres de moi seulement, je me dirige dans sa direction tout content. Malheureusement, à chaque fois que je lève la tête je m’aperçois qu’il s’éloigne. Que se passe-t-il ? Je sors la tête, regarde tout autour de moi et interroge mon bateau, mais personne n’est capable de me dire ce qu’il se passe. En fin de compte Cathy vient d’abandonner au bout de 3h de nage atteinte de maux de ventre, de piqures de méduses et de difficultés à se ravitailler. Son bateau l’a ramenée directement au port après que son kayakiste soit tombé à l'eau ! Le trajet du départ qui nous a conduit de San Pedro à Catalina lui a été fatal. Pour moi c’est un coup au moral !

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Je me retrouve au milieu du Détroit avec un kayakiste pas très motivé, un bateau quasi-fantôme, des méduses et d’éventuels requins… J'ai l'habitude de dire qu'une traversée se fait 75% dans la tête et 25% dans les bras : là, je suis passé d’un coup à 90% dans la tête. Les bras qu’en a eux, heureusement,  vont bien. Ils tournent toujours à 66 mouvements par minutes, mais après 3h de nage et 12000 mouvements de bras, on m’informe que le kayakiste est fatigué et qu’il s’arrête pour aller se reposer me laissant seul face à mon destin. Je viens de passer à 99% dans la tête pour tenir le coup. Après 4h de nage l’épaule droite commence à me jouer des tours mais rien de grave, j’en ai connu d’autres. Puis cela va être la goutte qui fait déborder Catalina : je me retrouve l’espace d’un instant seul dans le noir à une cinquantaine de mètres de mon bateau. A ce moment, j’estime que je ne suis plus du tout en sécurité et que ma vie dans ce milieu inconnu est en danger. Pour comparer, j’ai l’impression de me retrouver comme un coureur qui fait un 100km dans la savane de nuit avec pour seule sécurité une voiture roulant à 50m de lui et dont les passagers sont endormis. Je ne donne pas cher de sa peau. C’est un peu ce que j’ai ressenti à ce moment là. Lorsqu’au bout de 4h40, j’annonce que je vais arrêter, personne n’essaie de m’encourager et de me motiver à continuer, j’ai l’impression que cela fait plaisir à tout le monde.

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La mort dans l’âme et peu fatigué je remonte à bord du bateau. Je viens de prendre un coup au moral, mais jamais je n’avais vécu des conditions d’accompagnements semblables auparavant. Sur le retour au port, personne ne viendra me voir pour savoir comment je vais à l’exception de mon épouse. Les observateurs n’ont rien noté.

Au final, une traversée à vite oublier … pour déjà se consacrer à notre prochain défi à Cathy et moi fin août !!

 

 

01/05/2006

Hossegor : championnat de France de sauvetage 2005

Lors de la foire aux associations de 2004 à Montpellier, je remarque un stand avec une planche de sauvetage exposée en décoration. Ce matériel, je l’ai déjà vu lors de ma traversée à Sydney en 1995. Il s’agit de la planche qu’utilisent les « Lifeguards » Australiens (maîtres nageurs au bord des plages) pour sauver des vies au milieu des grosses vagues. Ils en ont fait un sport populaire le Surf Life Saving, traduisez Sauvetage Côtier. Comme j’avais été séduit par ce sport lors de mon séjour, je n’hésite pas à me renseigner. Les responsables, Sébastien, Aurélie et Ronan, sont jeunes et dynamiques et vienne tout juste de créer le club au nom d’« Aqualove sauvetage ». En plus du sauvetage côtier, ce club propose des formations BNSSA, AFPS et surveillant de baignade. Il offre des activités aquatiques comme les bébés nageurs, les cours de natation et d’aquagym. Le sauvetage sportif se caractérise par deux spécialités : le sauvetage "eau plate" (épreuves qui se déroulent en piscine) et le sauvetage "côtier" (épreuves qui se déroulent en océan et sur sable). On y pratique la nage, la planche de sauvetage (paddleboard), le surf ski (kayak), la course, du remorquage de mannequin, des courses avec palmes. C'est un sport complet qui se pratique toute l’année. La semaine qui suit la foire aux associations, j’assiste aux premiers entraînements à Palavas en plage. Très vite, je n’ai pas hésité une seconde à m’inscrire à ce club. Nager en mer ne me pose pas de problème, mais là où cela commence à se corser, c’est lorsqu’il faut que je monte sur un kayak et sur une planche. Je passe plus de temps à tomber dans l’eau qu’à m’entraîner sur le matériel. Par contre, par la force des choses, je deviens très rapide, surtout pendant les entraînements d’hiver, pour me remettre dessus afin de tenter d’y arriver ! Petit à petit, je vais apprendre à mieux me positionner et me stabiliser. Je progresse lentement mais sûrement. Il est temps de tenter une compétition.

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A l’automne 2005, avec les sauveteurs d’« Aqualove », nous prenons la direction de, l’océan et plus exactement de la plage d’Hossegor pour participer aux championnats de France interclubs et individuels de sauvetage côtier. Nous sommes tous très motivés et espérons faire de bons résultats. Pas encore très au point en planche et en kayak et très mauvais en sprint sur le sable, je décide de faire l’impasse sur ces épreuves et de me consacrer aux différentes épreuves de nage et de relais. Mon objectif : terminer dans les huit premiers de la nage et cela rapporterait des points au club. Pour cette épreuve, les sauveteurs partent de la plage, courent quelques mètres et plongent dans les vagues. Ensuite il faut effectuer un parcours de nage d’environ 300 à 400 mètres en contournant deux bouées correspondantes à l'épreuve et revenir sur la plage pour franchir la ligne d'arrivée. Durant les trois jours de compétitions, un vent d’Espagne nous apporte un air doux. En plein mois de novembre, c’est l’été indien… A Hossegor c’est, dit-on, le « Vent qui rend fou »… C’est avec ce grain de folie que nous allons vivre ces championnats. 22 clubs… 230 compétiteurs sont présents. Le niveau est très haut, de nombreux sauveteurs sont venus chercher une sélection en Equipe de France. J’attaque ma série qualificative pour l’épreuve de nage sans vraiment connaître mes adversaires. Je sais qu’il y a d’excellents nageurs dont le champion et recordman du monde de sauvetage en piscine et je sais aussi que je suis le plus vieux à participer ! Les vingt-quatre premiers sont sélectionnés pour la finale. Je remplis le contrat en terminant en 4ème position avec un sérieux espoir de remplir mon objectif en final. Au club d’Aqualove, il y a un vrai esprit d'équipe qui permet de se surpasser dans l'effort. Et c’est ce qui va m’arriver lors de la finale. Une finale à suspens…

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Nous sommes 48 compétiteurs alignés sur la plage. En fonction du résultat des séries, je me retrouve avec sept nageurs meilleurs que moi sur ma droite, et les autres sur ma gauche. Nous allons devoir contourner les deux bouées amarrées au large, dans le sens des aiguilles d’une montre. La mer est peu agitée mais avec des vagues assez hautes qui se brisent au bord. Le départ est donné et après quinze mètres de descente dans le sable, je me retrouve déjà à la traîne. Une grosse vague de bord arrive et avant qu’elle ne se brise, je plonge et la traverse comme une torpille. Je me retrouve à la hauteur des premiers. Là, fort de mes expériences passées, je vérifie régulièrement mon orientation en repérant la bouée de contournement à chaque fois que je suis en haut de la vague. Comme je l’ai déjà dit auparavant, dans le creux cela ne sert à rien de tenter de se repérer. Soudain, les nageurs situés sur ma droite commencent à dériver vers la deuxième bouée de droite, ils ne sont plus dans l’axe. Oups !!! Une petite vérification en haut de la prochaine vague : je suis bien sur la bonne trajectoire, je ne change rien. J’arrive sur la première bouée en tête. Les meilleurs, après avoir constaté leur erreur, reviennent sur la bonne bouée, mais j’ai déjà pris pas mal d’avance. Une cinquantaine de mètres plus tard, à la seconde bouée, je vire toujours en tête. C’est maintenant la dernière ligne droite. Je peux peut-être réussir à faire un bon résultat. Dix mètres après avoir contourné la deuxième bouée, je suis rattrapé par l’homme des records mondiaux en sauvetage piscine. Il faut que je m’accroche et que je reste sur son côté gauche pour prendre la vague qu’il crée en nageant. C’est l’avantage de l’eau libre, il n’y a pas de ligne d’eau pour nous séparer et on peut utiliser toutes les forces en présence.

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Il ne faut surtout pas que je lâche sa vague, si j’arrive à le tenir, je suis sûr de monter sur le podium. Je vais y mettre toute mon énergie et rester à côté de lui dans un long coude à coude… A la sortie de l’eau, il va se relever trop tôt et être stoppé net par le ressac d’une vague. A ce moment, je n’en crois pas mes yeux, il vient de commettre une erreur fatale. Je passe devant lui et m’extrais de l’eau au dernier moment d’un coup de rein rageur. Il faut que je tienne bon les 15 derniers mètres de montée dans le sable. Mes pieds s’enfoncent par le poids de mon corps, c’est tuant. Autour de moi, j’entends crier « Aqualove » et d’autres sauveteurs qui m’encouragent, je peux y arriver. Je crois que je n’ai jamais couru aussi vite de ma vie… je franchis la ligne d’arrivée… en tête, épuisé mais hyper ravi. Le camp d’« Aqualove » est en pleurs…ce sont des larmes de joie et d’amour. Ils me prennent tous dans leurs bras : mon épouse, mon fils et les membres du club, des sauveteurs d’autres clubs viennent me féliciter, ça fait chaud au cœur.

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Cette finale restera gravée dans ma mémoire, j’ai obtenu un titre national à 42 ans devant mon benjamin de 20 ans, c’est vraiment valorisant !

Revue de presse des championnats de France 2005

24/04/2006

Midi Libre Sète 24 avril 2006

Article paru à la suite de la 37e traversée à la nage avec palmes de Sète

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23/04/2006

Île-Rousse : championnat de France palmes 2005 sur 20km

Un championnat de France est organisé en Corse en 2005, voilà une bonne occasion de passer des vacances en famille mais aussi de nager dans un cadre agréable. Nous voilà donc partis, ma petite famille, Cathy et son mari, Jean-Marie et les membres de la « Palme Sétoise » vers Marseille pour embarquer sur le Ferry qui va nous conduire à Bastia. Après une nuit à bord, nous arrivons à bon port. Nous allons rejoindre le nord-ouest de l’île en traversant l’arrière pays. Nous empruntons les montagnes de la Balagne pour nous retrouver surplombant les plages. On s’en met plein les yeux, on admire la vue panoramique qui nous est offerte. Nous sommes hébergés avec les autres compétiteurs dans un village vacances situé à quelques kilomètres d’Île Rousse. Les motivations sont différentes pour les uns et les autres. 

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Pour nous, il s’agit avant tout de vacances. Calvi n’est pas très loin et nous allons profiter du séjour pour visiter ces deux villes : port et citadelle pour Calvi, belles plages et place bordée de platanes à l’Île Rousse. C’est aussi l’occasion d’acheter des spécialités Corse : gâteaux sec, fromages, charcuterie… Mais il n’y a pas que le tourisme, il faut nager pour les championnats. Avec Cathy, nous allons participer à l’épreuve des 20 kilomètres. Le principe est de faire dix boucles de 2 kilomètres. A chaque passage, on retrouve pour nous ravitailler un bateau ancré à une bouée de contournement avec à son bord Bernard et les autres accompagnateurs. Le pauvre doit rester pendant quatre heures en plein « cagnas » sans pouvoir bouger. 

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Heureusement pour lui, il n’est pas tout seul et il aura au moins avec qui bavarder sur l’embarcation. Nous sommes qu’une dizaine au départ. Cathy et moi avec nos deux palmes, alors que les autres ont tous une monopalme. Pour nous c’est l’occasion d’un entraînement en endurance avant d’attaquer le programme estival des traversées. Nous allons pouvoir admirer les fonds marins et le paysage, les plages d’Île Rousse sont réputées pour la plongée sous-marine. Je débute ma randonnée aquatique en profitant des fonds marins, l’eau est claire, cela me change de certains endroits en Méditerranée. Mais mon exploration touristique s’arrête très vite, lorsque je m’aperçois que je suis en 4ème position avec deux « monopalmeurs » juste devant moi. L’esprit de compétition revient en moi et je commence à accélérer l’allure. Mon attention n’est plus portée vers les fonds marins mais sur les nageurs situés devant.

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Dans le troisième tour, un des concurrents fait une erreur de trajectoire et je me retrouve à la lutte pour la seconde position. Dans le tour qui suit, un petit coup d’accélération et me voilà seul second. Le premier, un grand champion, est loin devant. Je vais mettre tout en œuvre pour maintenir cette position. Le principe de cette course consiste à finir son tour dès que le premier franchi la ligne d’arrivée, comme en « Formule 1 ». Si le premier termine alors qu’un nageur effectue son huitième tour il ne part pas pour un neuvième. C’est ainsi qu’à la fin de mon neuvième tour le suspens est à son comble. Le champion est en train de nous rattraper et d’en finir avec son dixième et dernier tour. Le troisième est 200 mètres derrière moi et il peut se faire doubler comme il peut enchaîner sur un dernier tour avec moi. Je suis à court d’énergie et un dixième tour peut être fatal. Que faire, ralentir pour terminer en même temps que le vainqueur avec un tour de retard mais au risque de se faire doubler au sprint par le troisième ? Ou bien éviter de se faire rattraper et attaquer un dixième tour avec la possibilité de se faire doubler et terminer troisième ? J’arrive à la bouée de contournement et m’arrête pour me ravitailler. J’en profite pour demander conseil à Bernard qui a une meilleure vision de la situation depuis le bateau. Il faut continuer, c’est trop risqué. Me voilà donc reparti pour un dixième tour, j’ai les épaules hyper lourdes. Je nage principalement avec les bras et « mes palmes ne me servent pas à grand-chose » comme le répète désespérément Jean-Marie. Je vais donc me mettre à nager sur le dos pour récupérer et analyser la situation. Youpi et désolé pour le troisième, il vient de se faire doubler dans les derniers mètres, il n’enchaînera pas sur un autre tour ! J’aborde ce dernier tour plus tranquille. Je peux nager en récupération et terminer ma visite des fonds marins. Cela aurait été dommage de ne pas profiter de ce joli paysage qu’il m’est offert d’admirer, dans et hors de l’eau : au fond la faune marine et sur le côté, les pentes des montagnes de l’arrière pays Corse.

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Quant à Cathy, elle fait une belle troisième place. Nos vacances ont été fructueuses et nous laissent un bon souvenir. Lorsque le lendemain nous reprenons à Bastia, le bateau qui nous ramène sur le continent, pleins de projets aquatiques nous viennent à l’esprit… Nous reviendrons en Corse… C’est sûr !

22/04/2006

Barcelone 1999 : 3km

La traversée d'un des plus grands ports d'Europe

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C’est en septembre 1999 que je participe à la 72ème traversée du port de Barcelone. Elle fait partie des épreuves incontournables en Catalogne Espagnole. La première traversée du port est organisée en 1926 par le club local qui continue toujours de l’organiser : le Club Natacio Athletic Barceloneta. La distance à parcourir est de 3km au milieu des docks. Elle se déroule tous les ans le 4ème dimanche de Septembre. Nous avons rendez-vous devant le « Palau de Mar », un imposant bâtiment qui abrite le musée d’Histoire de la Catalogne. Sur le quai, nous sommes plus de 300 participants à nous entasser sur des embarcations typiques en bois pour nous rendre sur le lieu de départ situé vers la sortie du port.

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L’ambiance est chaleureuse, ça chante, ça crie, ça saute… le tout serré comme des sardines, difficile d'admirer le paysage. Soudain, avant même que le bateau accoste, tous les nageurs se précipitent vers la sortie pour sauter sur le quai. C’est une course d’une vingtaine de mètres pour se retrouver au meilleur endroit. Effectivement, nous sommes plus de 300 à partir sur un petit bout de quai de 30m de large. Cela se bouscule dans tous les sens jusqu’au coup de sifflet libérateur. De plus de 3m de haut, 300 nageurs se plongent les uns sur les autres, dans une eau qui ne paraît pas des plus limpides. Parti devant, je suis obligé de nager en sprint pour ne pas me faire nager dessus. Je m’écarte rapidement vers le milieu du canal du port pour pouvoir me mettre à mon rythme. Au milieu du port, je me sens tout petit au milieu des tankers et des ferries. Sur ma gauche je vois les docks et la petite montagne de Montjuic où se sont déroulés les Jeux Olympiques en 1992. Cette montagne de 184.8m de haut surplombe le port et la vieille ville.

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Nous effectuons, au milieu de quelques nappes graisseuses, une longue ligne droite en direction de «Port Vell», le vieux port historique de Barcelone. Après plus de 2km, nous passons sous le téléphérique qui traverse le port depuis la tour de Saint-Sébastien (La Barceloneta) jusqu’au mirador de Miramar, sur la colline de Montjuic. Puis une nouvelle ligne droite en direction de l’arrivée avec pour repère visuel le « Palau de Mar ». Je terminerai cette traversée à la 24ème place.

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Comme pour toutes traversées, j'aime faire une balade en ville pour visiter. Je vais avoir l'agréable surprise en regardant les plaques des rues, qu'il y en a une qui porte mon nom !

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Je décide de m'y promener et au numéro 1 de cette rue je découvre qu'il y a : UNE PISCINE !!!

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La site de la Fédération Française de Natation (FFN)

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Sur le site de la Fédération Française de Natation, vous trouverez toute l'actualité fédérale de la natation en eau libre avec le calendrier et les résultats des étapes de Coupe de France, des championnats de France et des épreuves internationales FINA ... 

le site : http://www.ffnatation.fr/webffn/index.php?idact=eau

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12/04/2006

Genève : Coupe de Noël

"Plus qu'une course, un état d'esprit !"

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Je plante le décor : nous sommes au mois de décembre à Genève au bord du lac Leman.

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La température du lac est de , la température de l’air avoisine les 0° ! ! ! Dans quelques instants, 500 individus (500 fous) vont plonger dans le lac et le traverser sur 125m25. Très important les 0.25m …
Comment en sont-ils arrivés là ? Un pari perdu, un bout de pain tombé dans la fondue savoyarde ou encore un repas un peu trop arrosé. Bref, ils sont bien là et il y en même qui ont été refusé pour s’être inscrits trop tard. A mi-septembre les inscriptions sont déjà closes (participation limitée à 500 personnes et pas une de plus ! ! !), le club qui organise la traversée ne rigole pas avec la sécurité et le règlement. C’est ça la Suisse.
Et bien sûr j’y suis allé, et pas une, ni deux, mais 5 fois, et je compte bien y retourner.
On y participe de 2 façons : en compétiteur ou en humoristique. Je l’ai fait 2 fois en compétiteur mais les meilleurs souvenirs sont en humoristiques.
Pour cela, il faut trouver une bande de copains aussi fracassés que soi. Et j’en ai trouvé !

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Présentation de ces nageurs que l’on retrouvera souvent sur ce blog:
Alexandra de Paris, mon coach sur les bateaux lors de mes aventures et nageuse.
Cathy d’Alès, c’est comme ma sœur, toujours prête à tenter l’aventure quand il faut nager longtemps.
Alexandre d’Alés, le fils de Cathy.
François de Bordeaux, notre interprète, il est également Suisse J , et dès qu’il faut nager dans l’eau froide il est toujours présent.
Fabrice de Paris, son rêve : traverser le Lac Titicaca.
Laurent de Fernay, qui se fait toujours enrôler la veille lors de la fondue.

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Le rendez-vous à lieu à la piscine des Vernets. Une quarantaine de séries vont être appelées les unes après les autres toutes les 5mn pour rejoindre les navettes qui vont au lac avec une précision qui caractérise la Suisse. Dans la piscine chauffée, les nageurs se croisent, et c’est la ronde de ceux qui arrivent (ils ont nagé)tout excités et revigorés et de ceux qui partent en se demandant ce qu’ils font là. Pendant ce temps dans les vestiaires, tout le monde s’affaire aux préparatifs. Nous enfilons les déguisements préparés les semaines précédentes (on se décarcasse toujours pour trouver un thème original). Il y a un mélange d’excitation et d’inquiétude. Dans ces moments ce qu’il y a de bien, c’est que l’on se motive, on délire, on se marre quoi !

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Et puis c’est l’appel de notre série, on nous invite à monter dans une fourgonnette surchauffée qui va nous conduire au bord du Lac. Pendant tout le trajet, on fait du tourisme et on plaisante avec le chauffeur. (Je pense que les chauffeurs doivent avoir pas mal d’anecdotes à raconter sur cette épreuve). Arrivés au bord du lac, on nous fait un peu attendre dans la fourgonnette (même en Suisse, il peut y avoir du retard). Puis la porte s’ouvre et l’on entend : « vous pouvez y aller »…

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Au moment où nous posons les pieds sur le sol gelé, nous apercevons une foule de curieux (bien couverts eux) venus nous encourager et là, on se dit que l’on ne peut plus faire marche arrière. Frigorifiés, sous les applaudissements et les rires, nous courons vers le ponton de départ situé non loin du fameux jet d’eau (arrêté à cette date-là pour cause de gel). Là, nous attendent des sceaux accrochés à une ficelle. Ils sont là pour le rituel de cette coupe de Noël : s’arroser avant de plonger. Comme le ponton est trop haut, il est impossible de toucher l’eau et le sceau est là pour pallier à cette hauteur. Vous avez déjà essayé de vous jeter un sceau d’eau à 6° sur tout le corps en hiver ?

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C’est pas évident ! La solution, demander à ces petits copains de le faire pour vous. Et là c’est de l’eau froide (que dis-je, gelée) qui part dans tous les sens.
Une fois bien mouillés, le départ est donné et on se jette à l’eau. Le froid saisi tout le corps, on crie, on s’encourage mais en tout cas on rigole bien.

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La sensation, c’est à peu près la même que lorsque vous mangez une glace trop rapidement, ça vous prend à la tête. Puis après le corps s’habitue, et l’on profite de nos 125m et 0.25m pour nous amuser et rigoler toujours sous les applaudissements (François est le plus fort à cet exercice).

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Une fois arrivés, nous remontons prendre une boisson chaude et là en maillot alors que la température est de 0° nous n’avons plus froid. On savoure ce moment avec le public et nos supporters (femmes, maris, copains).

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Séance photos oblige. Puis nous remontons dans la fourgonnette destination la piscine. Là on nous remet la médaille souvenir, chaque année elle est différente, c’est un « collector ». Puis destination les vestiaires pour une bonne douche chaude qui paraît brûlante.
Cette journée ce finira, un peu comme pour les personnages d’une fameuse BD, autour d’un bon repas dans un resto où tous en cœur nous nous disons :

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« On remet ça l’année prochaine, c’était trop bien »

Lien pour s'inscrire : http://www.coupedenoel.ch/

11/04/2006

Natation Magazine n77

Article paru dans le "Natation Magazine" numéro 77 de mars - avril 2005

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09/04/2006

Nottingham -championnat d'Angleterre 5km 1995

 Ma première dans un bassin d'aviron

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Avec comme objectif de voyager, je me mets en 1995 à rechercher les différents championnats nationaux pouvant exister sur les distances inférieures à 10 km. En juin, je participe aux championnats eau libre de Grande Bretagne sur 5km. Ces championnats ont lieu près de Nottingham. Le site ne se trouve pas dans la forêt de Sherwood où résidait jadis le célèbre Robin des Bois mais dans le hameau de Holme Pierrepont à l’Est de Nottingham. Nous allons nager dans le bassin d’aviron du National Watersports Center. Généralement habitué en eau libre aux grands espaces, cette fois-ci je vais évoluer dans une piscine géante de 2 kilomètres de long et 100 mètres de large. C’est une première ! Je n’ai jamais entendu parler auparavant d’une épreuve d’eau libre dans un tel plan d’eau. Il faut avouer que les conditions sont idéales pour organiser une épreuve de ce type. Le bâtiment principal dispose de salles de conférence (pour le briefing et les récompenses), d’un restaurant, d’un bar et d'un hébergement pouvant accueillir plus d’une cinquantaine de personnes. Lors des épreuves, le public peut suivre les nageurs en longeant la piste aménagée tout au long du parcours. Sur place, il y a tout ce qu’il faut pour la logistique et l’accueil des nageurs.  

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Pour les distances de marathon, il n’y a pas besoin de bateau accompagnateur sur une telle épreuve. Les ravitaillements peuvent se faire depuis un ponton. Sur les gradins du centre nautique; les spectateurs peuvent assister au départ, aux ravitaillements et à l’arrivée des concurrents. Ces conditions idéales vont d’ailleurs séduire les hautes instances de la natation. D’autres épreuves vont se succéder au fil des années dans ce même bassin : championnats du monde masters, coupe d’Europe… Les bassins d’aviron vont devenir un plan d’eau idéal pour l’organisation des différents championnats internationaux d’eau libre. En effet, c’est ce type de plan d’eau qui sera utilisé lors des championnats du monde de natation à Montréal en 2002 et qui va séduire le Comité International Olympique. Cela contribuera ainsi à l’entrée du 10 km en eau libre au programme des Jeux olympiques à partir de 2008. 

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Lorsque je me mets à l’eau en 1995, loin de moi l’idée qu’un jour la discipline devienne olympique. Mon unique objectif, ce jour-là, est d’accomplir l’aller-retour de cette grande piscine pour mon plaisir. J’apprends alors qu’il y a une catégorie « masters » dont je fais partie. A l’arrivée, je termine 5ème au général et 2nd dans ma catégorie. Mais la grande surprise, c’est lorsqu’un délégué des instances médicales de l’ASA (Fédération de Natation Anglaise) vient me voir alors que je ne suis pas encore sorti de l’eau. Il me fait signer une convocation pour subir un contrôle anti-dopage. Je n’ai jamais gagné à aucune tombola de ma vie, mais là exceptionnellement j’ai gagné ! Le tirage au sort m’a désigné. A partir de ce moment-là, ce délégué ne va plus me lâcher. Tel un « poisson pilote », il va rester collé à moi et ne plus me quitter jusqu’à ce que j’ai « rempli » ma mission.

« Rémora », c’est le surnom que je lui donne pendant la longue attente qui va suivre. Le rémora est une espèce de poisson pilote qu’utilisent les pêcheurs de l'Océan indien ou des Caraïbes pour capturer des gros poissons.

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J’ai une heure pour me rendre dans une chambre où doit s’effectuer mon prélèvement d’urine. La cérémonie des récompenses a également lieu dans une heure. A la sortie de l’eau, mon « Rémora » m’accompagne jusque dans les vestiaires. Il regarde tous mes faits et gestes. Lorsque je vais prendre une douche, il est toujours à côté de moi, je n’ai pas le droit de fermer la porte. Cette situation n’est vraiment pas agréable. Je décide donc d’accomplir au plus vite ce qui m’est demandé pour pouvoir ensuite profiter des réjouissances de la cérémonie et discuter avec les autres nageurs. Mais malheureusement, une fois arrivé au local de contrôle, je n’ai pas spécialement envie d’uriner, sûrement la pression ! Il m’est impossible de remplir les 150 ml qui me sont demandés surtout quand on me regarde faire. Mon attente dans cet endroit risque de durer plus longtemps que ce que j’avais prévu. Je n’ai plus le droit d’en ressortir. Des boissons et des sodas sont à ma disposition pour m’aider. Après deux petites bouteilles d’eau avalée, toujours rien et c’est l’heure des récompenses. « Remora » accepte que je quitte le local pour aller chercher ma récompense. Mais bien sûr sans me décoller. J’ai bien vu le moment où il allait monter sur le podium avec moi. Une fois ma médaille autour du cou, je suis prié de retourner au local sans assister à la suite. Pendant la longue attente qui va suivre, je vais boire, puis boire et encore boire … Pour faire passer le temps je discute avec mon poisson pilote. Il parle français comme moi je parle anglais, mais on arrive à se comprendre. J’apprends qu’une nageuse Française aurait été contrôlée positive dernièrement et mon « tirage au sort à la tombola » du contrôle anti-dopage n’est donc pas anodin. Deux heures après la fin de ma course et plus d’un litre et demi d’eau ingurgitée, j’ai enfin une envie très pressante. Le contrôle peut enfin commencer. Après avoir choisi deux gobelets enfermés dans un sac plastique scellé, je pars en courant aux toilettes toujours en compagnie de « Remora ». J’ai une telle envie que sa présence ne me dérange plus. Il pourrait même y avoir des centaines de spectateurs que cela ne me gênerait pas. Je remplis plus que ce qui est demandé. Ouf ! Mission accomplie. Le temps de remplir les dernières formalités et me voici enfin libéré de mes obligations et de mon poisson pilote. Dans le bâtiment du National Watersports Center il ne reste plus que moi et les organisateurs. La fête est finie et tous les nageurs sont déjà repartis. Il me faut retourner à mon hôtel. Malheureusement, ce contrôle a duré plus de trois heures et il n’y a plus de bus pour le centre de Nottingham. Les seules personnes présentes sont logées à la base d’aviron pour le 25 km du lendemain. Il va me falloir rentrer à pied. J’ai dix kilomètres à faire avec une vessie bien remplie. Un verre ça va, mais plus d’un litre et demi bonjour les dégâts. Lors d’un marathon, je m’arrête toutes les vingt à trente minutes pour me ravitailler. Là je dois m’arrêter tous les quarts d’heure pour me « soulager».

La nuit qui suit est des plus désagréables, je vais passer plus de temps aux toilettes qu’à dormir. Au final, le contrôle est négatif. Normal ! La principale source d’énergie que je consomme est une célèbre pâte à tartiner au chocolat et noisettes, qui ne figure pas sur la liste des produits interdits.

08/04/2006

Kolding : championnat du Danemark 5 km 1993

Dans une eau à 14°C

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Après avoir participé à quelques traversées en France et en Suisse, notre prochain périple, avec Jean Luc, nous emmène au Danemark. Nous apprenons qu’un championnat open du Danemark de longue distance (5km) va avoir lieu à Kolding en 1993.

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 Nous nous inscrivons et partons en train à l’aventure. Après avoir passé 24 heures dans différents trains, nous arrivons à bon port. Nous cherchons dès notre arrivée un hôtel pour passer la nuit. Tous complets ! ! ! Finalement, nous parvenons, tant bien que mal par en trouver un, mais au-dessus d’une boite de nuit !

 

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Super la nuit qui nous attend. Puis nous nous rendons à l’endroit où doit avoir lieu la compétition. Il s’agit d’un Fjord, l’eau est salée et la température de l’eau avoisine les 14°C. Comment allons-nous faire avec notre seul petit tube de graisse ? « On verra demain » me dit Jean Luc philosophe en rentrant à l’hôtel. De nos jours, si la température de l’eau est inférieure à 16°C l’épreuve ne peut avoir lieu. Le règlement a été modifié en 2005 et avant cela le règlement international mentionnait que la température devait être de 14°C minimum, L’épreuve pouvait donc avoir lieu.

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Après avoir passé toute la nuit à attendre que les autres aient fini de danser, nous nous rendons sur le lieu de départ au petit matin. Et là, plus nous nous approchons du lieu de la course, plus notre inquiétude monte. Dans l’eau claire de la veille, flottent des milliers de petits sacs plastiques. Il s’agit en fait de méduses. Je commence à dire à Jean-Luc que je suis beaucoup moins motivé et que l’on devrait plutôt aller faire du tourisme ! ! Lui-même pas très rassuré me dit : « on s’est inscrit, allons retirer notre numéro et on verra après ». Les organisateurs, nous souhaitent la bienvenue, nous remettent un T-shirt et un pain de lanoline. Pour quoi faire ? ? ? Pour s’enduire le corps afin d’éviter l’hypothermie ; rappel l’eau est à 14° et nous nageons en maillot de bain. Nous ne pouvons pas prendre le départ si nous n’en avons pas mis une couche importante. Notre petit tube de graisse paraît vraiment ridicule à côté. Mon manque de motivation ne s’est pas amélioré, car les méduses sont toujours là. On décide de prendre le départ et si cela ne va pas, on s’arrêtera.

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 C’est là que je me rappelle de mes expériences passées et repense qu’il y existe 2 catégories de méduses : celles qui piquent et celles qui ne piquent pas (chouette ! ça rassure vachement !). Par chance, nous plongeons avec celles de la 2èmecatégorie. A l’idée de prendre appui en nageant sur des corps visqueux et flasques, je vais passer 1km à nager la tête hors de l’eau à maugréer contre ce pauvre Jean-Luc. Puis au bout d’un moment, je me mets à nager normalement. A mi-parcours, alors que nous étions tous les deux à la 8ème place, nous allons rattraper tous les nageurs un par un pour finalement terminer aux premières places ! Je finis 1er et Jean-Luc 2ème.

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Une douche chaude va s’imposer et heureusement que nous sommes arrivés les premiers : cela nous permet d’enlever toute la graisse qui restait avant les autres. Il fallait voir l’état des douches au bout du passage de quelques nageurs, une vraie savonnette ! ! !

Après la remise des récompenses, l’organisateur va gentiment nous prendre en charge et nous ramener à la gare pour récupérer nos trains de retour… en attendant de nouvelles aventures !

06/04/2006

Venise 1993 : 3km

 Sur les traces de Lord Byron

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A mon sens, voyager avec un but est encore plus excitant que de partir à la découverte d’un nouveau pays comme un touriste lambda. Car même si la rencontre avec de nouvelles personnes et une autre culture sont passionnantes, c’est toujours la concrétisation d’un nouveau projet sportif qui me motive d’abord.

Avec mon ami Jean-Luc, nous nous mettons à la recherche de traversées à la nage intéressantes en France et en Europe. Internet n’existant pas encore, nous envoyons des courriers dans les fédérations pour qu’ils nous adressent leur calendrier. Nous faisons un choix de traversées en tenant compte du lieu et de la possibilité de s’y rendre.

En 1993, la première que nous trouvons, par le biais de la Fédération Italienne de Natation, se trouve à Venise : nager sur les traces de Lord Byron, quelle idée géniale ! ! ! En 1818, ce poète Anglais s’installe à Venise pour commencer la rédaction de son « Don Juan ». Mais ce qui va rester avant tout dans les mémoires c’est sa traversée à la nage qu’il réalise du Lido au Rialto. Ils seront trois à tenter l’exploit, lui seul parviendra à l’arrivée.

Après avoir appris vite fait 3 ou 4 mots d’italien, nous nous inscrivons à cette épreuve. Il faut sans douter, celle-ci n’a pas lieu dans les canaux de Venise mais à une courte distance de « Vaporetto ». Elle se nagera dans la mer Adriatique au large de l’île de Lido di Venezia, une station balnéaire animée mais qui sert avant tout de barrière protectrice pour Venise. Le Grand Canal est désormais bien trop pollué pour renouveler l’exploit de Lord Byron.

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Après une nuit passée dans le train, nous arrivons tôt le matin, fatigués et courbatus sur la presqu’île. Malgré tout, nous allons passer cette journée à visiter la ville de Casanova et des Doges. Le soir, les lits sont les bienvenus. Dormir, à Venise, l’été, avec une pizzeria juste en dessous de votre chambre, c’est mission impossible, sauf enfin vers 3 ou 4 heures du matin.

Pourtant nous nous levons très tôt le matin pour prendre le premier Vaporetto, direction El Lido et le lieu de rendez-vous de la traversée. Nous débarquons au port de « San Nicolo », où Lord Byron pris le départ de sa traversée. Une fois à terre, nous allons traverser l’île à pied par une large rue arborée qui nous mène jusqu’à la plage. Nous passons au milieu de plusieurs édifices et hôtel du 19ème siècle et arrivons sur la plage aux dunes naturelles de sable fin et doré. La mer Adriatique protégé au nord et au sud par deux digues, est claire et calme. Ce magnifique décor est gâché par la présence non loin de là d’usines avec leurs grosses cheminées. Nous apprendrons bien après l’épreuve que la baignade y est déconseillée en raison de la pollution et de la prolifération des algues. 

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Sur la plage, nous sympathisons avec 4 nageurs policiers sortis tout droit d’une caricature italienne. Il ne leur manque plus que le peigne dans le maillot. Ils nous donnent quelques conseils, non pas pour draguer, mais pour la traversée et en profitent pour nous indiquer les endroits à visiter après la course.

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Plus d’une cinquantaine de nageurs prennent part à cette épreuve de 3km. Nous allons effectivement nager au milieu des algues un allez et retour en longeant la plage dans une eau à 20°C. La course se joue entre les 4 policiers et nous. Au final, c’est Jean Luc qui remporte l’épreuve et se voit offrir un joli trophée fabriqué par les ateliers de verre de Murano. Pour ma part, je termine à la 5ème place.

L’après-midi, nous visiterons les endroits qui nous ont été conseillés, en attendant de reprendre le train, vers d’autres destinations !

05/04/2006

Les championnats du monde de sauvetage 2006 dans la presse

Coureur d'Ecumes avril/juin 2006 : 

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Toute la natation d'avril/mai 2006 :

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"Montpellier notre ville" d'avril 2006 :

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Midi-Libre du jeudi 23 février 2006 :

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Montpellier Plus du mercredi 22 février 2006 :

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Montpellier Plus du vendredi 27 janvier 2006 :

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La Gazette de Montpellier du 20 au 26 janvier 2006 :

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30/03/2006

Lyon 2004 : la descente du Rhône

medium_logo-thalassa.gifLa troisième semaine de janvier a lieu à Lyon une traversée avec palmes organisée par le club « Thalassa ». Après avoir participé à celle du lac du Bourget et m’être un peu habitué à mon nouveau matériel, je m’inscris à la 24ème édition en 2004. La traversée consiste à descendre la rivière du Rhône depuis le Parc de la Tête d’Or, au nord, jusqu’à la Mulatière au sud, soit 7km environ. En ce dimanche de début d’année, la température est proche du zéro et le Rhône avoisine les 6°C. L’inscription et les vestiaires sont situés à côté de l’arrivée et une centaine de nageurs commencent à s’équiper. Certains vont superposer 2 combinaisons l’une sur l’autre. Pour ma part, je vais inaugurer ma combinaison intégrale achetée la semaine précédente.

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Une fois équipés, tous les nageurs attendent le bus qui conduit au point de départ de la traversée. Mais nous allons attendre 30mn à l’extérieur dans le froid et en plein courant d’air, pour certains (dont moi) les pieds nus sur le trottoir. Dès l’arrivée du car, ouf ! c’est la délivrance, il y a le chauffage à l’intérieur. Lorsque nous remontons le Rhône pour nous rendre au départ, nous nous apercevons que dans le fleuve il y a un courant phénoménal avec des tourbillons à hauteur des ponts. Si de telles conditions avaient été constatées deux jours plus tôt, l’épreuve aurait été annulée. Une fois sur l’aire de départ, un organisateur nous recommande de ne pas nous échauffer dans l’eau mais aussi de rester près du bord, en attendant le départ, afin de ne pas être emporté par le courant. Revenir à contre-courant au point de départ était absolument impossible ce jour-là au vue des conditions.

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Habitué à m’aider et jouer des courants, dès le signal du départ, je plonge dans l’eau gelée et me dirige le plus vite possible au centre de la rivière. Là, je vais être entraîné par le courant et prendre tout de suite la première position. Sous les ponts, je mets des coups d’accélérations pour passer au plus vite les tourbillons. Avec la vitesse, je n’ai pas le temps de profiter du paysage et jusqu’à la fin je ne serais jamais rattrapé. A l’arrivée, tous les initiés sont surpris de voir un nageur en bi-palmes remporter l’épreuve.

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Mais cette victoire, je la dois surtout à l’expérience et la connaissance des courants. Dans des conditions plus calmes, le résultat aurait été peut-être différent. Pour faire les 7kms, j’ai mis moins de 40’ et par la même occasion, battu le record de cette traversée de la ville ... où je suis né !

29/03/2006

Lac du Bourget 2003: première expérience avec palmes

Après avoir participé à la traversée de Sète avec palmes en 2002 (voir note du mois d’avril), je décide avec Cathy d’ouvrir mon champ d’épreuves de longue distance et me lance dans la nage avec palmes. Nous nous inscrivons donc au club de La Palme Sétoise. Là, le président Jean Marie, nous fournis des bi palmes appropriées à ce genre de discipline ainsi qu’un tuba frontal.

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Je mets donc mes « Zoomers » de la traversée de Sète au placard et j’ai une semaine pour faire des essais avec mon nouveau matériel, car nous nous sommes inscrits à la traversée de 20km dans le lac du Bourget. Pour ce qui est des palmes, pas trop de difficultés, mais pour ce qui est du tuba ce n’est pas évident et je ressorts de l’eau avec les sinus remplis d’eau. Je pars vers le Bourget après avoir pris soin de m’acheter un pince nez et en me disant que normalement tout doit bien se passer.

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Là, nous découvrons un nouveau monde, où les nageurs ont une palme unique en forme de queue de poisson (c’est ce que l’on appelle une mono-palme) et d’autres avec 2 palmes comme nous mais avec un gros flotteur pour se reposer dessus (on dit qu’ils nagent avec appui). Habituellement, lors de nos épreuves en eau libre, la combinaison est interdite, mais là elle est autorisée. Heureusement que je le savais et je suis monté avec mon « shorty ». Pour ce 20km, un kayak accompagne le nageur pour le ravitailler.
Dès le départ, je me situe devant avec un nageur en monopalme et un autre avec appui. Nous allons nager ensemble environ 5km après quoi je vais distancer le nageur en monopalme et prendre une légère avance sur celui avec appui. Nous allons longer les bords du lac et découvrir un cadre magnifique avec, entre autre, l’Abbaye de Hautecombe.

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5 km avant l’arrivée, je suis toujours en tête, mais un vent de dos vient de se lever et le lac commence à s’agiter. Je vais commencer à éprouver quelques difficultés, surtout avec mon tuba mais également avec la combinaison qui m’oppresse et m’irrite au niveau des épaules. Dans le dernier kilomètre, je vais me faire doubler par le nageur avec appui qui profite avantageusement du vent. Je terminerai 2ème de cette épreuve et assez content pour ce premier essai.
La grosse surprise va être en enlevant mes palmes. Mes pieds sont en sang et c’est assez horrible à voir.

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Que c’est-il passé ? Là j’apprends que j’aurais du mettre des chaussons ou de la graisse pour me protéger. D’accord, mais c’est un peu tard pour me donner l’info ! ! ! Je vais avoir du mal à marcher pendant 15 jours. Heureusement la prochaine épreuve avec palmes aura lieu dans 3 mois, en janvier, à Lyon. En tous les cas cela m’a servi de leçon et je mets maintenant des chaussons, un bandage ET de la graisse. Malgré tout, lorsque j’enlève mes palmes, j’ai toujours une appréhension de voir ce que je vais découvrir.
Malgré tout je reste bon pied bon œil !

28/03/2006

Varna : championnat USIC de Water-polo 1989 en Bulgarie

Comme vous avez dû vous en apercevoir, j’aime bien l’eau et surtout m’amuser dans l’eau. Tout naturellement, j’ai également joué au water-polo pendant 3 ans au club de Canet 66.
En tant qu’agent SNCF, je participe en 1989 à la rencontre internationale de water-polo USIC (Union Sportive Internationale Cheminots) qui a lieu à Varna en Bulgarie.

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Pour nous y rendre, il nous faut prendre l’avion. Et là big problème, tous les vols sont complets. Nous allons devoir passer par Bucarest en Roumanie et de là prendre un train pour nous amener jusqu’à Varna. Après maints contrôles douaniers et plusieurs péripéties nous finirons par arriver tant bien que mal à Varna. Nous allons passer une semaine agréable à visiter cette ville, se faire des amis, et surtout jouer. Sur les 6 équipes présentent, nous terminerons 5èmes après avoir battu les Allemands.

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Devant nous figureront les Russes, les Bulgares, les Hongrois et les Hollandais. Rien d’extraordinaire à raconter sur ces matchs et sur le séjour en lui-même. Le plus anecdotique est ce qui va nous arriver lors de notre retour.

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Nous reprenons le train de nuit pour retourner de Varna à Bucarest. Nous nous plaçons dans la dernière voiture et comme il n’y a pas grand monde nous nous mettons 2 par compartiment pour pouvoir nous reposer. Après avoir passé la frontière vers 2 heures du matin, nous roulons paisiblement vers Bucarest. Notre chef de délégation water-polo se tient debout dans le couloir et regarde vers l’extérieur. Tout à coup, nous entendons un grand choc qui nous réveille puis un second, le chef de délégation se jette par terre en nous criant : « on déraille ! ! !» Et là nous allons passer une vingtaine de secondes à être secoués dans tous les sens. Nous allons passer un long moment cramponné tant bien que mal dans nos compartiments en attendant que cela se passe. Puis, il va y avoir un autre grand choc puis la voiture va enfin stopper.

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Nous voulons sortir de la voiture qui se retrouve en travers sur 3 voies, mais nous sommes dans le noir au milieu de nulle part avec en travers de la sortie un fil électrique, pour l’alimentation de la machine, qui n’arrête pas de faire des étincelles. Tout le monde se regarde et personne ne parle. Nous sommes choqués. Dès que nous retrouvons nos esprits, les questions fusent : que c’est-il passé ? que fait–on ?…
Puis le fil électrique va cesser de crépiter et nous allons nous précipiter hors de la voiture avec tous nos bagages.

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Et là nous allons attendre sur un petit chemin en plein milieu de la nature que quelqu’un vienne nous chercher. On s’aperçoit à ce moment qu’il n’y a que notre voiture qui a déraillé et on se dit que l’on a eu beaucoup de chance. Il n’y a aucun blessé. Les seules égratignures sont dues aux bagages qui nous sont tombés dessus. Au bout de 30’ nous apercevons enfin une lumière qui s’approche de nous en marchant. La personne nous parle, mais bien sûr nous ne comprenons rien. Avec des signes, il va nous demander de le suivre sur le chemin. Il nous accompagne en tête du train, arrêté beaucoup plus loin. Là nous nous installons à 6 par compartiment et nous allons finir tout le reste du trajet les yeux grands ouverts à faire des bons à chaque choc de la voiture.
Arrivée à Bucarest, un comité d’accueil nous attend et va nous prendre en charge jusqu'à l’heure de notre avion en fin d’après-midi. Ils vont nous offrir le petit déjeuner, le repas de midi et vont nous faire visiter avec un minibus la capitale roumaine. Tout ça pour nous faire oublier certainement ce qui venait d’arriver ! ! ! Contrairement au voyage-aller, nous n’aurons jamais été contrôlés, même à l’aéroport.
Malgré cet incident, nous gardons tous un très bon souvenir de ce séjour, et lorsque nous nous rencontrons les années suivantes, nous nous remémorons que cet événement. La compétition étant passé au second plan.
J’ai quand même mis plusieurs années avant de pouvoir dormir dans un train la nuit et même encore maintenant je sursaute lorsque l’on est un peu plus secoué que d’habitude, car avec les trains, tout est possible, la preuve !

27/03/2006

Mes déboires en triathlon

Dans les années 80, j’arrête de nager en compétition. Faire des longueurs dans une piscine ne me motive plus, malgré mes participations en équipe de France de natation espoir (en 1979) et junior (en 1980) sur 400m, 1500m et 400m 4 nages. D’ailleurs, il faut que je me consacre à mes études. Seulement j’ai besoin de faire du sport. Je passe le début des années 80 à m’essayer dans différentes disciplines sportives mais non aquatiques. Il y a le judo (où j’obtiendrai la ceinture noire) et il y a le football américain avec le premier club en dehors de Paris que je crée à Canet en 1983 : Les « Gladiateurs Catalans ». Mais l’eau me manque et l’été je n’hésite pas à remettre mon maillot, bien ficelé, pour participer aux différentes traversées en Languedoc-Roussillon. Lorsque l’on habite une région au bord de la Méditerranée, il y a de quoi faire : Collioure, Canet, Le Barcarès, Port la Nouvelle, Narbonne, Fleury, Sète… Certaines font même partie d’un circuit de traversées en France. Les prémices d’une coupe de France d’eau libre avant l’heure. En 1985, « ARENA » et la FFN créent un « Tour de France Aréna des Traversées » dont le but est de développer et d’aider les organisations locales dans la mise en place de leurs traversées à la nage.

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Un challenge national est décerné au premier nageur et à la première nageuse ayant totalisé le plus de points sur l’ensemble des dix épreuves que comprend ce circuit. Les organisateurs locaux gardent leur autonomie et sont seuls juges du bon déroulement de l’épreuve.

Les résultats définitifs sont publiés à l’issue du tour, et les vainqueurs de chaque catégorie sont invités à participer à la traversée de la Martinique ou de la Guadeloupe. De quoi attirer les foules ! Malheureusement, cette opération n’a pas eu le succès escompté et a disparu à sa troisième édition. La raison peut en être attribuée au succès grandissant du triathlon ces années-là.

 Cette vague sportive (nage, vélo, course) venue d’Hawaii, s'étend sur la France avec le triathlon de Nice en 1982. Des images « chocs » diffusées sur Antenne 2 révèlent ce sport au grand public mais aussi au sportif que je suis. Je pense alors que ce sport d’endurance doit parfaitement me convenir et que je vais peut-être obtenir de bons résultats. « Nager », il n’y a pas de problème, c’est ma spécialité. « Courir », je dois m’en sortir, je fais souvent des footings avec le football américain et il m’arrive de participer à des courses sur route. Il n’y a que « pédaler », qui reste une inconnue pour moi mais cela ne doit pas être bien sorcier. Quelle erreur ! Ou plutôt quelle horreur ! Ce n’est pas parce que je vais chercher le pain à la boulangerie tous les week-ends avec mon vélo que le cyclisme est aussi facile.

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Tout a débuté avec le « Triathlon de la Côte des Roses » à Narbonne. Un triathlon de catégorie B, comme ils disent : 1.5km de natation, 68km de vélo et 18km en courant. Un ami narbonnais, à l’aise en vélo, me dit qu’il y a une côte assez dure à monter dans les premiers kilomètres et qu’il vaut mieux que je l’essaie avant. Avec mes parents, toujours fidèles pour m’accompagner dans mes aventures, nous prenons dans le garage le vélo qui me sert pour aller à la boulangerie et nous voilà partis pour Narbonne et sa fameuse côte. Mon vélo, complètement inadapté me lâche. Très vite, je déraille à répétition. Impossible dans ces conditions d’attaquer la montée. Me voilà beau, j’ai mon premier triathlon dans une semaine et je n’ai pas de vélo. Je cours dans la première grande surface pour m’acheter un vélo de course. Là, ravi de ma nouvelle acquisition, je repars très motivé sur Narbonne pour l’essayer. J’effectue les cinq premiers kilomètres de plat à l’aise et plus vite qu’avec mon ancien vélo. Très optimiste, je m’imagine déjà sur un podium. Mais au moment d’attaquer la côte, patatras !!! Je casse la pédale de mon nouveau vélo. Trop de puissance ou mauvais matériel ? Il ne me reste plus que 3 jours et je n’ai toujours pas attaqué cette maudite montée, à part deux fois, en voiture. Heureusement, le grand magasin accepte de changer le vélo sans soucis. Pendant ces 3 jours, je me motive et prépare avec soin mon nouveau matériel. Je fais déjà des plans. Sur le papier, du moins sur mon papier, je compte nager en moins de 20mn, pédaler en moins de 2h00 et courir 1h20. En 3h30 je finirai bien dans les premiers… C’est enfin le grand jour. Mes parents m’accompagnent, ils ne veulent pas rater le spectacle puisqu’ils m’ont toujours suivi lors de mes aventures sportives. Dans le parc à vélo nous sommes plus d’une centaine de concurrents à nous installer et les conversations vont bon train : D’où tu viens ? C’est quoi ta spécialité ? T’as pris quoi en ravitaillement ? Tu sais l’eau est à 14°, t’as pas de combi ? Non pourquoi ? J’apprends qu’en triathlon, la combinaison est autorisée. A l’exception d’une dizaine d’athloniens, car nous ne savons pas encore si nous finirons la première épreuve, tous les concurrents sont équipés d’une combinaison. L’avantage c’est que l’on me repère facilement sur la ligne de départ.

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 C’est parti. Je m’élance pour mon premier triathlon. L’eau est vraiment froide, mes pulsations montent à 200 et je viens tout juste de commencer à nager ! J’ai du mal à respirer, tout mon corps est crispé. J’ai l’impression d’avoir la tête dans un étau, un peu comme lorsque l’on mange une glace trop vite. L’envie d’abonner m’effleure l’esprit. Mais après quelques minutes passées dans cette eau glaciale, mon corps s’habitue ou alors il est complètement anesthésié. C’est presque la fin de l’épreuve de nage et je suis de plus en plus gelé, priant pour que je termine cette épreuve qui est ma spécialité. Je sors enfin de l’eau dans les cinq premiers. Devant moi, aucun nageur que je connais. D’où sortent-ils ? Est-ce l’effet combi ? Sur l’aire de transition, je suis incapable de me sécher et d’enfiler mes habits. Je grelotte et claque des dents. Tant bien que mal et je ne sais par quelle force, je me retrouve sur le vélo. Je passe mes 5 premiers kilomètres à faire des zigzags de droite à gauche de la route tellement j’ai froid. Voici enfin la montée fatale, 10 kilomètres de côte. Je viens de récupérer une température corporelle décente. A la vitesse d’un homme au pas, je réussis à franchir la montée alors que de nombreux concurrents me sont passés devant. J’ai l’impression qu’ils ont un moteur. En haut de la montée, il fait 30° à l’ombre, une fournaise. Heureusement, je suis parti avec deux gourdes pleines d’eau qui vont me permettre de compenser les litres de sueur. Tant bien que mal, je termine mon épreuve de vélo. Je n’ai plus d’illusion, une place dans les 10 premiers, ce n’est plus la peine d’y penser : il faut que j’évite une place dans les 10 derniers. Heureusement, je suis bien entraîné en course à pied. Mais comment courir 18km, lorsque l’on tient à peine debout ? Mon père me suit en vélo et m’encourage, je n’en peux plus tant il fait chaud. Je ne rêve que d’une chose, retourner à l’eau, même glacée. A chaque ravitaillement on me présente des éponges sorties d’une énorme poubelle remplie d’eau. Mais l’éponge ne suffit pas, je plonge complètement mon corps dans ces poubelles salvatrices. Mon organisme se remet enfin d’aplomb et je termine les 2 derniers kilomètres comme si rien ne s’était passé auparavant. Les 3h30 prévisionnels sur mon papier ont fait place aux 4h35mn bien réels. Je termine 1h10 après le premier en 102ème position sur les 175 arrivants. Mais c’est promis, terminé on ne m’y reprendra plus…

L’œuvre du temps fait que je m’inscris dans un club de triathlon « l’Amicale Sportive Triathlon Catalan » L’année suivante je participe au premier triathlon de l’année à la Grande-Motte. Comme j’en ai déduit que j’étais nul en vélo, au lieu de me remettre en question, je me suis dis, que c’était la faute du matériel. Tirant enseignement de cette première expérience, je me suis donc acheté un nouveau vélo et pas des moindre, un fait sur mesure pour moi.

Quant à mon épreuve favorite, sur 1500m en piscine je mets 700m dans la vue d’un nageur du club. Dès qu’il met sa combinaison dans le bassin, je ne le bâts plus que de 200m. C’est sûr que dit comme ça c’est tentant. J’ai alors également investi dans une combinaison. Mais la suite est totalement différente.

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A la Grande-Motte, une quinzaine de minutes avant le départ, j’enfile ma combinaison de plongée. Je souris même en voyant les quelques triathlètes néophytes en maillot de bain. Mais je vais vite le regretter. Sans n’avoir fait encore aucun effort, je sue à grosses gouttes dans cette combinaison. Le départ est à peine donné et je suis déjà épuisé avant même d’avoir mis les pieds dans l’eau. Les 100 mètres de course à pied pour rejoindre la mer sont un enfer. Je n’avais jamais couru avec une combinaison, c’est l’horreur !! Je suis déjà à 200 de pulsations. Il ne me tarde qu’une chose, c’est de plonger pour trouver un peu de fraîcheur. Une fois dans l’eau je revis, mais pas pour longtemps, car je n’ai jamais nagé avec une combi non plus. Elle me fait flotter comme un bouchon de liège et je perds tous mes appuis : je ne sais plus nager ! Mes jambes et mes bras se retrouvent à la surface de l’eau et je nage avec une lenteur proportionnelle à l’épaisseur du caoutchouc. C’est horrible, je sors à peine dans les dix premiers. Celui qui m’a inspiré cette combinaison, sort à peine quelques mètres derrière moi. A partir de ce jour-là, c’est promis, je ne mettrais plus jamais de combinaison. Tant pis si l’eau est froide. Le reste de la course en devient banal, je me fais toujours autant doubler en vélo malgré mes progrès en équipement et j’en redouble quelques-uns en course à pied. C’est d’ailleurs à cause du vélo ou de mon incompétence dans ce domaine que je vais arrêter ce sport. Après quatre années de progrès notoires, j’attaque le triathlon de Sète pour essayer de terminer dans les quinze premiers. Je sors de l’eau en tête, et après des soucis mécaniques au parc à vélo, je déraille à plusieurs reprises, je me retrouve alors à la sortie du parc en milieu de classement. Après encore quelques déboires, je termine mon parcours vélo bon dernier. Je crois que je n’ai même pas fait l’épreuve de course. Arrivé à la maison, le vélo a filé directement au grenier. Le triathlon c’est terminé pour moi, nous sommes en 1989.

24/03/2006

l'entrainement - la securité

Vous ne pourrez plus dire : « on ne me l’avait pas dit »

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Losque vous allez vous entraîner en milieu naturel il est nécessaire de connaître certaines règles de sécurité :

- La première des règles et la plus importante est de ne jamais nager seul. Même si vous êtes en parfaite condition physique. Des ennuis peuvent survenir à tout moment, hypothermie, crampe, fringale, choc… Il faut qu’une personne soit présente pour vous aider et vous ramener en cas de difficulté. Si malgré tout vous vous aventurez à l’eau seul, assurez-vous qu’il y ait toujours quelqu'un sur le bord qui puisse prévenir les secours ou venir vous chercher. Pour cela il est préférable de nager en eau peu profonde. Cela permet à cette personne de venir vous aider même si elle ne sait pas nager ou à vous-même de pouvoir revenir au bord en marchant.
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- Si la plage est non surveillée ou la baignade interdite (présence de drapeaux rouges ou pancartes), évitez les risques inutiles en vous mettant à l’eau car il peut y avoir des dangers. De plus vous êtes passible de verbalisation.
Si vous vous aventurez malgré tout dans l’eau et que vous êtes seul c’est plus de l’inconscience que de la nage en eau libre !
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- Si vous désirez vous aventurer pour la première fois dans un nouveau point d'eau, renseignez-vous auprès des nageurs locaux afin qu’ils vous indiquent les éventuels dangers (courants, rochers, …).

- Evitez d’aller à l’eau après avoir fait un très gros repas ou bien si vous ne vous sentez pas à l’aise ou en forme. C’est souvent dans ces moments qu’arrivent les accidents.
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- Evitez de vous mettre à l’eau immédiatement après un long trajet en voiture. Prenez le temps de vous reposer.

- Enfin, n'oubliez pas de vous échauffer avant de rentrer dans l’eau.

Bon entrainement !!!

22/03/2006

Le MANUC

 

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Il faut comprendre le Montpellier Agglomération Natation Université Club (anciennement MUC).
Les dirigeants du club m’ont accueilli au début des années 90 et je les remercie de leur gentillesse à mon égard. Je peux ainsi, grâce à eux, m’entraîner dans de bonnes conditions tout en jonglant avec les horaires atypiques de mon travail. Cela me permet de pouvoir faire tout ce que vous allez découvrir à la lecture de ce blog.
Pour découvrir les différentes activités du MANUC n’hésitez pas à visiter leur site : http://www.muc-natation.org/

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21/03/2006

Les canaux de Sète : plus d'une vingtaine de participations

La doyenne des traversées en France

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En 1975, j’accepte que mes parents m’inscrivent aux autres traversées de la région, Barcarès, Collioure et celle qui n’a pas pris une ride en 50 ans, la traversée de Sète. C’est LA traversée en Languedoc-Roussillon, elle est la doyenne des traversées en France. C’est la seule à avoir résisté au temps, aux guerres et à la construction des piscines. Elle se nage tous les ans pour les fêtes de la Saint-Louis où elle cohabite en parfaite harmonie avec les joutes qui sont la principale attraction de ces festivités. Plus d’une centaine de nageurs participent à cette traversée de 1800m dans les canaux de la ville. Les meilleurs nageurs français du moment n’hésitent pas à venir à Sète afin d’essayer d’inscrire leur nom au palmarès. Certains disent que « le palmarès de la traversée de Sète est celui de la natation française ». 

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Le public est également très nombreux pour encourager les nageurs dans leurs efforts. Il est très facile, tout au long du parcours, de regarder passer les nageurs depuis les quais. Mais pour suivre un nageur, c’est une autre paire de manche. Mon grand-père en a fait l’expérience. A 10 ans, mes parents m’inscrive à la traversée mais n’ont pas la possibilité de m’y amener. Mon grand père se fait un plaisir de m’accompagner.

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Nous voilà parti à Sète, le rendez-vous à lieu à la piscine des Dauphins de Sète, un espace banalisé en bois construit au bord des quais. Nous faisons la queue pour récupérer notre laisser passer et mon bonnet numéroté. A cette époque les bonnets sont en tissu avec des lanières à fixer sous le menton. Ils sont d’une grande valeur apparemment, car il nous faut laisser une caution pour éviter de l’emporter à la maison. 

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Pendant notre attente, j’apprends qu’il existe une petite traversée réservée aux régionaux de moins de 14 ans. Mais comme je suis inscrit à Lyon Natation, je n’ai pas le droit d’y participer. Je nage donc avec les seniors. Le départ a lieu à hauteur du pont-levis de la Bordigue. Une centaine de nageurs s’amasse le long du canal. Un gamin de 10 ans compressé au milieu des champions de la natation française. Je ne suis pas rassuré, mais mon grand-père est là pour m’encourager et me suivre tout le long du parcours. Le départ est donné, et je suis emporté, je ne sais comment, dans les flots.

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Oh, surprise !!! Je nage plus vite que d’habitude, car à Sète, il y a le courant et l’aspiration des nageurs qui m’entraînent. Mon obsession est de ne pas perdre mon bonnet : il faut récupérer la caution ! Voilà comment porter un stress supplémentaire à un enfant. En cours de route, je touche quelque chose de gélatineux. Tiens ! Il y en a un qui a perdu son bonnet. Erreur ! Le canal est rempli de méduses. Et là, j’apprends sur le tas, qu’il existe aussi des méduses qui ne piquent pas. Celles-là sont translucides et gélatineuses. Ce sont des « Spales et Dolioles », elles sont inoffensives et il n’est pas rare l’été de voir les enfants s’en amuser. Pour le nageur, le plus désagréable est de sentir cette masse gélatineuse entre les doigts et sur le corps, mais il n’y a pourtant aucun risque. Je continue donc mon chemin en jetant un œil sur les quais. Mon grand-père, entraîneur d’un jour, me suit d’un pas rapide, mais il se retrouve dans les 200 derniers mètres dans un cul de sac l’obligeant à faire un long détour.

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A mon arrivée, je suis pris en charge par un organisateur. Il me donne un yaourt et me tape sur les cuisses. Mais que fait-il ? Je viens de nager 1800 mètres et voilà qu’un inconnu me flanque des fessés non méritées ! J’apprends qu’il cherche tout simplement à me réchauffer. Autour de moi des nageurs sont frigorifiés et sont enroulés dans des couvertures. Pour ma part, je n’ai pas vraiment froid et cherche mon grand-père qui porte mes affaires de rechange. Je le vois arriver en courant pour me libérer enfin de ces claques non méritées.

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Je termine à la 36ème place. Nous avons ensuite rendez-vous dans un gymnase pour la remise des récompenses et le vin d’honneur. Nous restituons le précieux bonnet et grâce au laisser passer, nous nous installons sur des gradins. Sur une table, de nombreux lots sont en évidence pour récompenser les nageurs. Je cherche parmi cette caverne « d’Ali-baba », lequel je vais bien pouvoir recevoir. Nous assistons alors à une incroyable remise de récompenses. Le fameux chauvinisme Sétois illustré dans toute sa splendeur. Les récompenses débutent par le premier Sétois. Il reçoit un lot sorti de dessous la table, comme s’il avait été réservé spécialement pour lui. Puis ils enchaînent sur le premier départemental, le premier régional et la première équipe. Lorsqu’un Sétois ne gagne pas et se retrouve derrière des non régionaux, il repart avec un minimum de trois lots toujours sortis de dessous la table. Lorsque l’on arrive enfin au grand vainqueur de la traversée, celui-ci a le choix parmi les lots exposés sur la table…et il repart avec un lot de moindre valeur, jaloux des récompenses du sétois arrivé loin derrière lui. Je vous rassure, après avoir souvent été sifflées, les remises de récompenses à Sète ont bien changées les années qui suivirent.

Je ne me rappelle plus du lot que j’ai pu avoir, mais une chose est sûre aujourd’hui, c’est que mon grand-père n’a pas arrêté de parler du déroulement de cette traversée tout le restant de sa vie. 

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Au cours de cette traversée j’ai pu constater qu’en eau libre il y a des courants et qu’il faut en tirer profit au maximum. Parfois le courant n’est pas homogène, il varie en fonction du relief, de la profondeur, des obstacles et des virages. A l’intérieur des virages serrés et derrière des obstacles se crée parfois un phénomène de contre courant. En règle générale, le courant est plus fort au milieu du chenal et moins fort sur les cotés. Dans le sens du courant, il est conseillé de nager au milieu pour profiter au mieux de sa puissance. A contre courant, il est recommandé de nager le plus près du bord, là où le courant est moins fort. Cette expérience, j’aurai l’occasion de la mettre en pratique, justement à Sète en 2000. 

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Alors qu’avec les 150 participants nous nous dirigeons vers le départ, juste avant le signal du starter, le courant favorable se met à tourner et devient contraire. Arrivés dans le canal, tous les nageurs qui sont devant moi sont stoppés net. La compétition se joue alors à contre courant. Mon expérience va m’être utile à cet instant. Je prends l’ascendant sur tous les autres nageurs comme le souligne la presse locale : « Slalomant entre les bateaux et les bouées, longeant les quais pour nager dans des eaux plus clémentes, le vétéran du MUC offre une prestation spectaculaire… et très efficace, puisqu’il atteint la mi-course avec 60 mètres d’avance ».  Mais cette avance n’est pas suffisante, une fois arrivés dans des eaux plus clémentes, mes deux successeurs plus frais et beaucoup plus jeunes me doublent sur la fin. Le vainqueur, le champion de France sélectionné pour les championnats du monde déclarera à l’arrivée : « La course s’est vraiment jouée sur la fin ; Jacques a failli nous piéger sur la trajectoire. Heureusement je terminai plus frais que lui et je le passe sur les derniers mètres ». Dommage, j’aurais du m’entraîner un peu plus cet été là, mais cela m’a fait très plaisir que « Stéf » me rende ainsi hommage.

Le site de la traversée : http://www.dauphinsdesete.org/dauphins/Eau_Libre.html

Aqualove sauvetage

 

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Je vous présente le club de sauvetage le plus cool, le plus sympa en France ! Les responsables (Aurélie, Christelle, Seb et Aurélien) sont jeunes et dynamiques, sans parler de tous les adhérents.

En plus du sauvetage côtier, ce club propose des formations BNSSA, AFPS et surveillant de baignade. Ils s’occupent d’activités aquatiques comme les bébés nageurs, les cours de natation et l’aquagym. Vous comprendrez aisément que je n’ai pas hésité une seconde à m’inscrire dans ce club et d'en accepter depuis 2007 la présidence.

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20/03/2006

Banyoles : 2400m

Une épreuve de masse en Espagne
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En 1976, j’intègre la section sport étude de Font-Romeu (Pyrénées-Orientales). Là, je rencontre Eric Pétron et Fabien Polin qui seront pendant 3 ans comme des frères. Eric sera d’ailleurs le précurseur du sauvetage côtier en France et nous aurons certainement l’occasion d’en reparler.

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Photo de classe en 4ème à Font-Romeu (1976-1977)

Mais c’est également à Font-Romeu que j’apprend que non loin de là, en Espagne, se déroule chaque 2ème week-end de septembre, une traversée à la nage qui attire plus de 2000 participants ! ! ! Il s’agit de la Traversée de Banyoles avec un grand T.
En 1977, je participe pour la première fois à cette traversée. C’est incroyable le succès qu’elle a (environ 500 participants en jeunes, 800 en filles et 1200 en garçons).
Les clubs s’y rendent en bus et c’est l’occasion d’une journée pour se retrouver, nager, pique-niquer et s’amuser ensemble.
Le rendez-vous à lieu au siège du club de Banyoles. Là, parents, enfants et entraîneurs se cherchent au milieu d’une foule innombrable. Il faut le voir pour le croire…

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2 bétaillères attendent pour emporter les nageurs vers le lieu du départ. Puis c’est le grand moment, il faut monter dans ces camions. Le mot serait plutôt « s’entasser ». Et là, comprimés au milieu des odeurs de camphre et de transpiration, commence un rituel : tous les nageurs se mettent à chanter et à danser en sautant. Je ne vous raconte pas l’état des amortisseurs… Après un long (très long) voyage de 5mn, nous arrivons sur le lieu de départ. Une berge de 100 mètres de large où s’entassent 1200 nageurs derrière un filet en toile de jute. Les organisateurs nous remettent une pastille avec notre numéro de compétiteur que l’on attache à notre maillot. Tiens ! Des nageurs ont 2 maillots ? ? ?.

Et, d’un coup, le filet en toile de jute se baisse et une marée humaine se jette à l’eau. A partir de ce moment, tout ce que vous avez appris sur la technique du crawl à la piscine, peut rester au vestiaire. Une fois vous êtes au-dessus des nageurs une fois vous êtes en dessous, et là on apprend vite une nouvelle technique, pas besoin de maître-nageur. Le passage du bras hors de l’eau, se fait les poings fermés et pour avancer on s’aide des pieds de celui qui est devant ou de son maillot. Je comprends mieux maintenant pourquoi les 2 maillots ! ! ! Pour cette traversée je veille particulièrement à bien attacher mon maillot (voir la note Canet 1972), cela m’évite quelques désagréments.

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Après une « lutte » de 2300m, c’est enfin l’arrivée. Les nageurs s’alignent les uns derrière les autres en file indienne au fur et à mesure de leur arrivée. Un public nombreux se bouscule pour voir ou rechercher des nageurs. Tiens ! Certains nageurs sortent en se cachant sur le coté au milieu des arbustes. Ils ont dû mettre un seul maillot (mal attaché) et ont donc perdu leur numéro. Ils sont disqualifiés pour tenu non réglementaire. :)
Après un pique-nique et une après midi à faire les fous au bord et dans l’eau, c’est la remise des récompenses. Une estrade à ravir un vendeur de coupe tellement il y en a (plus d’une centaine).

Cette année là, je terminerais 66ème. Mon meilleur résultat sera 5ème en 1979 et 1980.

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Les années sont passées et la traversée a bien changé. Malgré le nombre augmentant de nageurs, la bétaillère a disparue et les nageurs se sont plus assagis. Mais le clou du spectacle est la remise de récompense où, depuis 1990, pour la petite traversée, le vainqueur remporte son poids en bonbons ! ! !

19/03/2006

Canet-en-Roussillon

Mes premières traversées

Dès 1970, je fais mes premières brasses dans des structures clubs. L’hiver je nage au sein du club de Lyon Natation à la piscine de Lyon-Vaise et l’été je m’entraîne avec le club de Natation Canet en Roussillon.

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A cette époque, il n'y a pas autant de piscines qu'aujourd'hui. A Canet, nous nageons dans le port, dans un bassin de 25 mètres, délimité par des troncs d'arbre et des cordages. Jusqu’en 1976 (date de la construction de la première piscine de Canet), je nage dans ce bassin au milieu des poissons, du plancton et des méduses dans une température changeante, au gré de la météo (15° à 23°).

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Dans le port de Canet

Tous les matins, mon père m’amène au port pour que je puisse me faire plaisir et nager dans l’espace banalisé. Dans l’eau les longueurs ne me font pas peur et je montre des prédispositions pour les épreuves d’endurance. A partir de 1971, le club de Canet organise un des évènements majeurs de la station : la traversée de Canet à la nage. Au début des années 70, les traversées de ville sont nombreuses et attirent foule de nageurs et de spectateurs. Elles sont à la fois conviviales et sportives.

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L’année d’après, c’est au cours d’un entraînement dans le port que mon père apprend l’existence de cette traversée. Il décide donc de m’inscrire. Je participe à ma première traversée à la nage le 28 août 1972. La petite traversée a lieu dans le port sur un parcours en forme de triangle de 800m. A l'époque je nage dans la catégorie poussin, je suis le plus jeune. Pour cette première, je termine à la 12ème place. Je suis fier, je viens de gagner mon premier T-shirt événementiel ! Il traîne encore dans un placard du grenier familial.

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L'année suivante, je reprends part à l'épreuve. Cette année-là, motivé, trop sûr de moi et un peu trop excité, j'en oublie d'attacher mon maillot. Après le départ je me retrouve nu comme un poisson. Après avoir récupéré mon maillot au milieu du banc de nageurs qui me fonce dessus, je fais une superbe remontée et finis 2ème de l'épreuve. Cela va me servir de leçon pour les prochaines fois. Petit détail qui a son importance quand on a 9 ans, l'épreuve est mixte... Mais le plus formidable, c’est que je viens de gagner ma première médaille. Tous les copains ont défilé à la maison pour admirer la récompense bien exposée dans la salle à manger.

C'est au cours de ces traversées que je commence à acquérir de l'expérience sur la nage en milieu naturel qui est très différente de celle en piscine.

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Il faut nager avec les courants, se frayer un chemin au milieu des autres nageurs et surtout savoir s'orienter.

L’orientation, un sens que j’ai développé au cours de mes traversées. Rien ne sert de nager vite, si vous prenez une mauvaise trajectoire, la victoire peut facilement vous échapper. Il est difficile de repérer une bouée en pleine mer. Une mouette sur l’eau peut être confondue avec une bouée. Cela m’est déjà arrivé à l’entraînement. La mouette est un coach impitoyable, elle reculait à chaque fois que je levais la tête. Bonjour, les mètres en plus !!! Tout ça pour dire qu’il est nécessaire de visualiser à l’avance le parcours et de prendre comme repère des éléments fixes faciles à voir, assez hauts et distincts de loin (tour, cheminée d’usine, pic rocheux…), sur les berges ou les rivages. Un conseil qui a son importance, lorsque la mer est agitée, il faut toujours chercher ces repères lorsque l’on est sur la cime de la vague. Dans le creux, vous levez la tête pour rien.

Je commence à prendre goût à cette activité de pleine nature, malgré les bébêtes marines qui ne m’enchantent guère. Parmi ces animaux aquatiques, celles que je redoute le plus sont les méduses. D’ailleurs qui ne craint pas ces animaux invertébrés qui aiment à flotter à la surface de l’eau les jours de fortes chaleurs et qui suivent généralement les courants chauds ? Parmi elles, certaines sont urticantes, la plus douloureuse est la « Pelagia noctiluca ». Elle peut être saisie mais il faut éviter les tentacules qui possèdent le venin provoquant des brûlures et des lésions locales. Lorsque l’on rentre en contact de ces animaux, on ressent comme une décharge électrique suivie d’une douleur vive qui démange ensuite. Un peu comme si vous aviez été au contact d’une ortie. Le fait de continuer à nager dans l’eau de mer apaise la sensation de brûlure. Dès que l’occasion se présente, il ne faut pas hésiter à se passer une pommade à base de corticoïdes ou un antihistaminique, prescrit par un médecin, pour aider à calmer la douleur et les démangeaisons.

Mais lorsque l’on veut nager en mer, il faut faire avec…

19/12/2005

"Montpellier Plus" du 19 décembre 2005

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12/11/2005

Les championnats de France de sauvetage 2005 dans la presse

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"Toute La Natation" de décembre 2005 / janvier 2006 :

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11/07/2005

Le tour de Manhattan 2005 dans la presse

Toute La Natation de septembre 2005 :

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Une petite vidéo de 14sec me concernant sur YOUTUBE. qui donne un petit aperçu du tour de Manhattan (New York) à la nage auquel j'ai participé en 2005.


Presse américaine :

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Midi-Libre du samedi 6 août 2005 : 

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Midi-Libre du samedi 2 juillet 2005 :

 

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09/07/2005

Le tour de Manhattan à la nage 2005 - (45km)

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Présentation :

Cathy, François et moi décidons en 2005, de participer à la 24ème édition de la « Manhattan Island Marathon Swim ».

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Cette épreuve de natation, autour de l’île de Manhattan, est longue de 45km. Ce marathon, dont la 1ère édition a eu lieu le 14 septembre 1982, est maintenant organisé par la Manhattan Island Foundation. Toutes les informations relatives à l’inscription sont sur le site de l’Association : http://www.swimnyc.org/.Evidemment, aux Etats-Unis, il n’y a pas de petits profits et participer à cette course a un coût. Si vous désirez prendre le départ, il faut compter 1200 euros (non remboursables). A ce prix, ils vous fournissent un bateau, un kayak, un juge, un T-shirt et un bonnet. Les bénéfices sont, ensuite, reversés à des associations caritatives new-yorkaises. Pour notre part, nous allons participer sous les couleurs d’une association qui lutte contre une maladie dite orpheline: la Choroïdérémie : http://france.choroideremie.free.fr

medium_map_mims.JPGLe parcours de cette épreuve de 45 km permet de faire une visite un peu différente de Manhattan. Le départ et l’arrivée se font à Battery Park, près de l’embarcadère où se trouvent les bateaux à destination de la Statue de la Liberté. Ensuite à la nage on remonte l’East River, en passant sous le célèbre pont de Brooklin et en longeant le siège des Nations-Unis. Puis on pénètre dans l’Harlem River jusqu’au pont de Spuyten Duyvil et pour finir on descend la Hudson River jusqu’à Battery. Evidemment il y aura plus de détails dans les notes sur l’épreuve elle-même. La suite à lire prochainement.

L'inscription :

Pour participer à la « Manhattan Island Marathon Swim », il faut s’inscrire par internet, il est impossible de le faire par courrier, c’est la première sélection. Ceux qui n’ont pas internet, sont déjà éliminés.A partir de l’été 2004, nous allons souvent nous rendre sur le site de l’association « Manhattan Island Foundation » afin de savoir à quelle date il faut s’inscrire. Après quelques péripéties informatiques (évidemment pourquoi tout serait si facile ?), la date du 8 janvier, s’affiche sur le site. Vite : appel à François et Cathy, pour ne pas oublier ce jour. Le 8 janvier, nous sommes tous sur nos ordinateurs respectifs afin de s’inscrire car seulement 25 nageurs individuels seront pris et pas un de plus. Les autres seront sur liste d’attente. Malchance pour moi, au moment du paiement ma carte bleue ne passe pas. J’appelle François et Cathy, qui me disent que pour eux c’est OK. Après une deuxième tentative, toujours rien. 

J’appelle François, qui m’avance l’inscription par l’intermédiaire de sa carte bleue, et là ça passe. OUF, il s’en est fallu de peu ! ! ! C’est toujours bon d’avoir des copains prêts à rendre service , même un service à 1200 euros ! Je suis le 23ème inscrit, je pourrais peut-être faire parti du voyage. Car ce n’est pas fini, now il faut que le dossier soit accepté.
medium_inscfrancois.jpgUn avant-goût de marathon va commencer. Avant fin février impérativement, il faut fournir par mail : un certificat médical, une radio des poumons, un électrocardiogramme et un justificatif comme quoi on a fait une épreuve de plus de

 4h dans une eau à 20° depuis juin 2004. Pour l’épreuve, pas de problème, car j’ai fait le détroit de Gibraltar l’année d’avant. Pour les examens médicaux, je prends les rendez-vous et obtiens les pièces demandées. 

Maintenant comment faire pour leur expédier les documents, sans envoi par courrier ni fax, quand on a pas de bon scanner et que l’on a un ordinateur qui date de 1998 ? Après pas mal de péripéties, le nécessaire va pouvoir être fait. J’en profite également pour faire les réservations pour le séjour, sans savoir si nous sommes pris car plus nous tardons et plus le tarif du billet augmente. Dans tous les cas, ce n’est pas perdu, on visitera N-Y. Reste encore quelques formalités, ils ont besoin de connaître la taille de notre T-shirt (là c’est facile XXL) et dans quelle matière nous voulons avoir notre bonnet de course (tissu, plastique ou silicone), ainsi que les coordonnées de nos accompagnateurs avant fin mars impératif. Quelle rigueur ! ! ! Cela doit être une manifestation bien rodée et on s’attend alors à trouver à l’arrivée une superbe organisation digne du marathon de New-York en course à pied.
Le verdict tombe fin avril. Nous sommes pris tous les 3. Super ! ! ! Reste à préparer nos valises.

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Le séjour :

La « Manhattan Island Marathon Swim » est prévue le 9 juillet et nous avons organisé notre séjour sur New-York du 2 au 10 juillet, afin de nous habituer au décalage horaire et nous permettre de profiter de la ville.

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Nous allons faire le plein de visites et balades dont une journée à Washington. Nous allons aussi monter sur l’Empire State building, flâner dans les rues de Time Square et Central Park, visiter le musée MOMA, assister au feu d’artifice grandiose de l’Indépendance Day… Mais nous n’oublions pas ce pourquoi nous sommes là et il faut trouver un lieu pour s’entraîner et faire des repérages du parcours.

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Il n’est pas question de nager dans l’Hudson River ou l’East River avant le jour de l’épreuve, « Baignade interdite ». Il nous faut donc trouver une piscine. Dès notre arrivée le dimanche, François et moi, nous rendons à une piscine indiquée sur la liste trouvée sur internet. Et là, quelle surprise ! ! ! Le prix d’entrée d’une piscine n’a rien de comparable à ce que l’on trouve en France. 25 dollars l’entrée ! ! ! Oui, vous avez bien lu 25 dollars (22 euros). Que faire ? A ce prix, nous décidons de laisser tomber l’entraînement du dimanche et de remettre ça le lendemain sur une autre piscine. Mais dans n’importe quelle piscine de New-York, le prix est de 25 dollars.

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Tant pis, il faut nager, nous payons. A ce prix-là, nous nous disons qu’il faut nager longtemps pour rentabiliser ! ! ! Dans les lignes d’eau nous faisons la connaissance d’un nageur américain qui a déjà participé à des épreuves organisées par la Manhattan Island Foundation et il nous explique que pour nager dans les piscines à New-York, il faut être membre du club auquel appartient la piscine. C’est pour ça que le prix est cher si l’on vient qu’une fois. Mais grâce à lui nous pouvons avoir des cartons d’invitation à la journée, ce qui va nous permettre de revenir s’entraîner jusqu’au jour de l’épreuve.

Le Briefing :

Nous sommes le vendredi 8 juillet, il pleut à torrent. Nous avons rendez-vous à 14h au bord de l’Hudson River dans un gymnase pour le briefing de la « Manhattan Island Marathon Swim ».

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Après 6 mois de relation internet, nous allons enfin mettre un visage sur l’organisateur, avocat très rigoureux, qui nous a fait miroiter une organisation sans faille. A partir de ce moment, nous allons commencer à déchanter.

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A 14h, nous nous retrouvons dans le hall du gymnase avec d’autres nageurs et accompagnateurs. Les responsables ne sont toujours pas arrivés. C’est dans ce hall que va avoir lieu le briefing, en plein milieu de l’entrée du bâtiment. Avec une heure de retard, le responsable de l’association, l’avocat, arrive et prend la parole. Avec son accent américain et en parlant super méga vite, il nous explique que ne connaissant pas la qualité de l’eau, il préfère annuler l’épreuve.

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Puis, il renchérit en disant que comme des nageurs et accompagnateurs sont venus de loin, que les bateaux d’accompagnements sont prévus, nous pourrons faire le tour de Manhattan à la nage tout autant que nous lui signions une décharge pour ne pas se retourner contre son association en cas de problème. Tous les nageurs présents voulant nager, bien sûr, nous signerons tous cette décharge.

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Puis sur un mur du hall, à l’aide d’un rétroprojecteur, il va nous expliquer le parcours, ces difficultés, ces courants… A la fin nous allons tous nous présenter chacun notre tour, en anglais évidemment. Pour moi cela fût un moment plus dur que si j’avais traversé la Manche aller-retour. ! ! !

Nous allons ensuite (à 17heures ! ! !) nous rendre à la pasta party organsiée pour tous, repas que nous avions réglé par internet, 25 dollars chacun.

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Nous allons nous retrouver dans un hangar pourri, en plein courant d’air, au bord de la rivière, livrés à nous-même. Au menu : salades, des pâtes immangeables et un gâteau américain au chocolat quant à lui délicieux pour moi. Nous allons discuter avec des nageurs mexicains très sympas assis à notre table, également un peu surpris de ce que nous venions de vivre.

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Nous allons ensuite nous séparer (toujours sous la pluie) pour nous reposer avant le jour J...

Le départ :

Ce samedi 9 juillet 2005, le rendez-vous pour participer aux « Manhattan Island Swimming Marathon » est prévu à 7h30 à South Cove près du World Financial Center.

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Nos accompagnateurs, eux, ont rendez-vous plus tôt à 6h45 à North Cove Yacht Club. Ils nous rejoindront et se mettront en place peu de temps avant le départ. Quant à nous, à Battery Park, le folklore de l’organisation continue. Des cartons sont posés sur un banc, c’est là que nous allons nous faire marquer et recevoir nos bonnets. 

Petit rappel : pour notre inscription il fallait impérativement dire dans quelle matière nous voulions notre bonnet de course, sinon nous ne pouvions nous inscrire ni participer à la course. J’avais coché la case silicone, Cathy et François également. Et là, surprise ! ! ! Nous nous retrouvons tous avec le même bonnet en plastique orange avec notre numéro inscrit dessus. C’était bien la peine de nous prendre la tête ;-) avec ça…
Vient ensuite le moment de se préparer et de se graisser.

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Mon juge discutant avec le kayakiste qui va m'accompagner

Après quelques séances photos nous nous approchons de l’eau afin de chercher nos kayakistes et nos bateaux qui vont nous accompagner lors de notre marathon. Quelle horreur ! ! ! On aurait dit que les égouts de la ville entière venaient juste de se déverser avant notre départ.

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Des détritus de partout au milieu des méduses. Pas très engageant, des kayaks s’approchent et éloignent tout ça à grand coups de pagaies.

Le départ va se faire en trois vagues. Cathy partira dans la première, moi dans la seconde et François ensuite. Entre chaque vague de départ, il y aura un écart de 2 minutes.

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Le départ prévu à 8h50 se fait attendre, sans raison. Nous nous asseyons sur un banc pour attendre, le temps est magnifique. A 9h10, enfin, la première vague est conviée à se mettre à l’eau. Puis viendra ensuite mon tour deux minutes plus tard. Je saute dans l’eau.

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La température de l’eau est de 21°C et le temps est toujours au beau fixe. Quelle belle visite des rives de Manhattan en perspective ! Le départ est donné et je m’élance à la nage dans l’Hudson River en direction des embarcadères pour la Statue de la Liberté qui pointe sa torche au loin sur ma droite. Lorsque je retrouve mon kayak ainsi que mes accompagnateurs-supporters Alexandra et Thierry, j’ai déjà pris la tête de ma vague et commence à rattraper ceux partis dans la vague précédente.

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Le courant m’entraîne tout au long de Battery Park jusqu’à l’East River devant une foule de curieux se demandant ce que l’on fait là …

La course :

Je débute la remontée de l’East River. Après deux kilomètres de nage, je passe sous le fameux pont de Brooklyn. A cet instant, je reçois comme une décharge électrique. Je viens de me faire piquer par une méduse. Cela va me brûler pendant quelques minutes. Dès que la douleur s’atténue, une deuxième décharge. Je sens qu’on va y avoir droit pendant tout le parcours. Je continue sous le pont de Manhattan et celui de Williamsburg. A ce moment de la course, j’ai rattrapé les nageurs de la première vague et me retrouve en tête.

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Je me situe à hauteur de la 23ème rue, quand soudain un hydravion amerri non loin de moi. Devant moi, le bâtiment des Nations-Unies et l’île de Roosevelt. Je dois la laisser sur ma gauche et emprunter le chenal ouest.medium_empirestate.jpg

A ce moment, je suis entraîné par un courant, qui va me faire nager à plus de 12km/h au dire de mes accompagnateurs Alexandra et Thierry. Je vais même dépasser des joggeurs sur le bord de la rive. C’est génial ! A la sortie de ce chenal, ma vitesse va se réduire pour finalement atteindre la normale. A ma surprise et celle de mes accompagnateurs, je ne suis plus en tête. Tous ceux que j’ai doublé me sont repassés devant, ainsi que ceux de la troisième vague. Que s’est-il passé ? ? ? Je ne le saurais jamais.

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Erreur de parcours de mon bateau sans doute. Contrarié, je vais remonter progressivement un par un tous les nageurs et me retrouver au 1er check point situé à l’entrée de la rivière d’Harlem et le Yankee Stadium en 2ème position. Le nageur de tête se situe à 50 mètres devant moi. Les eaux de la rivière sont calmes et le courant est nul. Il n’y a plus de méduses. Pendant les 12km de ce parcours je vais en profiter pour doubler le premier et le distancer.medium_repremier.jpg

Je vais être mitraillé par les photographes présents sur le bateau de presse, rendant difficile l’approche de mon bateau pour qu’Alexandra puisse me ravitailler.

Après 5 heures de nage, j’arrive à hauteur de Spuyten Duyvil, 2ème check point, largement en tête avec 1000m d’avance.medium_le2a1000m.jpg

Je rentre ensuite dans la rivière Hudson pour la dernière ligne droite de 20km dans le courant… tout baigne pour moi à ce moment là.

L'alerte météo :

Je viens de passer en tête au 2ème check point du tour de Manhattan à la nage. Cela fait déjà 5 heures que je nage et je suis en tête avec plus de 1000 mètres d’avance. Devant moi le pont Georges Washington. Je vais de nouveau me refaire piquer par des méduses, mais cela ne fait rien, le plus dur vient d’être fait. Mes bras sont lourds, mais je sais qu’il ne me reste plus que 2h à 2h30 à nager dans le sens du courant assez fort.medium_dernierravito.2.jpg

Trente minutes après avoir dépassé le 2ème check point et alors que j’arrivais sous le pont Georges Washington, mon bateau accompagnateur se met devant moi et me stoppe. Que se passe-t-il ? ? ? Alexandra m’informe qu’il y a une alerte météo et que tous les nageurs sont priés de monter sur leur bateau en attendant qu’elle passe. Je n’y comprends rien, je suis sous un soleil de plomb. Le juge sur le bateau pointe son doigt derrière moi, et là je m’aperçois que le ciel est très sombre et qu’effectivement il y a une tempête (les restes du cyclone Katrina en Louisiane). Je monte sur le bateau, confiant que l’on repartira lorsque ce sera fini.medium_arret.2.jpg

Malheureusement, il n’en sera pas ainsi. L’organisateur de l’épreuve, avocat de profession, dès qu’il aura l’assurance que tous les nageurs sont à bord de leur bateau, va annuler la course et demander le retour des bateaux. Là je rage, si j’avais connu ce dénouement, j’aurais continué car lors de mon arrêt j’étais encore sous le soleil.medium_alertemeteo.2.jpg

On va rentrer à toute vitesse vers South Cove et je vais finir mon tour de Manhattan … en bateau. Dix minutes après notre arrivée au port, un soleil de plomb va ressortir. La haine ! ! !

L’organisateur prenant les passages aux check point et les juges ayant noté par GPS l’endroit où nous nous sommes arrêtés, nous espérons qu’un classement sera effectué à cet endroit.medium_retourbotemp.2.jpg

Le soir même, en pénétrant dans le restaurant où vont avoir lieu les récompenses, nous voyons un déballage de trophées gravés qui sont posés au fur et à mesure sur une table. Chouette ! ! Nous aurons un souvenirs. Lors de la remise des récompenses il n’en sera pas ainsi. Et là ce sera un remake de «l’école des fans » à la sauce américaine: tout le monde a gagné ! ! ! 

medium_medaille.2.jpgIl n’y a pas de vainqueur puisque l’épreuve a été annulée et que nous ne sommes pas partis tous ensembles. La pilule est dure à avaler pour moi. Ils vont nous remettre à chacun une médaille de « Finisher », alors que nous n’avons pas terminé la course et ils vont remballer devant nos yeux… les trophées. En consolation, nous récupérerons un sac avec les souvenirs de la course, un bonnet en plastique et un T-shirt taille L (vraiment trop juste pour moi). A quoi donc ont servi toutes les infos détaillées données sur internet ?
A la question : si je compte y retourner ? La réponse est : je ne pense pas de si tôt ! ! !

La revue de press du tour de Manhattan à la nage.